le marketing éthique au delà du ‘changement d’étiquette’

les réseaux sociaux
les réseaux sociaux

Comment traduire dans son marketing l’engagement sociétal de l’entreprise ? Comment mettre en oeuvre un marketing et une communication durable ? Voici le programme ambitieux, et qui tombe fort à propos, d’une étudiante de l’ESC Toulouse (décidément une école dont on apprécie les documents de recherche), Ghizlane Mrani.

L’enjeu est de taille. Au-delà du Marketing éthique souvent réduit au « changement d’étiquette » pour reprendre l’excellent jeu de mots de Didier Heiderich, le véritable enjeu est critique car le Marketing n’a pas été inventé pour consommer moins. Comme le fait remarquer à juste titre Mlle Mrani :

Pour ce qui est de la mise en oeuvre du développement durable au niveau des fonctions marketing et communication, il faut d’abord retenir que la finalité du marketing et de la communication responsables n’est pas de faire consommer moins, mais de faire consommer mieux, tout en sensibilisant les consommateurs sur des problématiques sociales ou environnementales sur lesquelles l’entreprise souhaite prendre la parole.
Aussi, bien qu’il soit important pour l’entreprise de faire percevoir la spécificité de son écoproduit, il faut retenir que l’axe éthique ne suffit pas à faire vendre. Le produit doit être
attractif car le principal moteur reste le bénéfice client.

Et de conclure dans son résumé de direction, il faudra également que ce nouveau Marketing aille au delà de la simple déclaration et réalise des projets tangibles (« walk the walk » et non « talk the talk »).

le marketing éthique au delà du ‘changement d’étiquette’ was last modified: septembre 19th, 2009 by Yann Gourvennec

dossier WebTV : Logica, Novartis et Orange Business Services témoignent

photo Olivier Ezratty
photo Olivier Ezratty

J’ai redécouvert un dossier sur la WebTV auquel j’avais participé cet été et qui était passé hélas inaperçu. Aussi voici ce dossier dans lequel vous trouverez des témoignages concrets de pionniers de la WebTV en entreprise comme Logica, Novartis et  bien-sûr … Orange Business Services

Orange Business Services s’invite sur les réseaux sociaux

Pour Orange Business Services, les professionnels sont aussi des visiteurs assidus des réseaux sociaux. Avec sa Web TV – Orange Business TV – mise en place fin 2007, l’opérateur entend apporter des informations utiles dans leur pratique sur Internet : conseils de bonnes utilisations, Green IT ou nouvelles technologies à la mode écologique, sont quelques-uns des thèmes abordés parmi près de 150 vidéos disponibles. Pour ces flashs d’informations conçus selon un style sobre « nous avons défini une ligne éditoriale fondée sur trois principes : une seule prise, deux minutes trente de tournage et pas de montage », résume Yann Gourvennec, responsable des sites Web d’OBS. Pour tenter de renforcer sa présence au sein de la communauté des internautes, OBS complète sa palette d’outils de communication d’une newsletter spécialisée dans les nouvelles technologies. La technologie Streamlike ajoutée à la version ultérieure d’Orange Business TV devra faciliter l’accès et la diffusion de la production audiovisuelle d’Orange. A ces deux medias, les instigateurs prévoient enfin d’ajouter à l’automne prochain, un guide pratique du bon usage du téléphone mobile. Une communication à faible coût, précise incidemment Yann Gourvennec : « grâce à un effet de volume, une vidéo de 2,5 minutes nous coûte environ $30 ». La vidéo sur Internet décolle et OBS suit le mouvement. « Un effet YouTube à retardement », suggère-t-il.

dossier WebTV : Logica, Novartis et Orange Business Services témoignent was last modified: septembre 18th, 2009 by Yann Gourvennec

Comment se faire connaître en tant que peintre (2)

après que l’article de Frédéric Canevet sur ‘Comment Se Faire Connaître en Tant que Peintre‘ a attiré tant de commentaires, je me sens autorisé à faire de la publicité pour un événement lié à l’Aquarelle et qui aura lieu à Rueil Malmaison le 13 Septembre 2009 sur les bords de Seine : J’ai nommé Aquarella 2009. Voici donc un exemple d’utilisation de l’Internet pour promouvoir la peinture, ce qui en même temps servira d’invitation pour nos lecteurs qui ainsi pourront se reposer de ce monde de brute en participant à cet événement poétique sur les bords de Seine.

blog-aquarella-affiche-2009Avec la nouvelle affiche qui vient de sortir et que vous pouvez télécharger ici, voici l’annonce enfin en image d’Aquarella 2009, l’événement annuel dédié à l’aquarelle aura lieu à Rueil Malmaison comme chaque année mais un peu plus tard que d’habitude, soit le 13 Septembre 2009, c’est à dire le 2ème dimanche du mois.

Je serai présent et travaille dès à présent à de nouveaux dessins que je montrerai sur place comme les toits de Blois n°2 (étapes 123)

facebookPOUR ACCEDER À L’ÉVÉNEMENT FACEBOOK…

Comment se faire connaître en tant que peintre (2) was last modified: septembre 6th, 2009 by Yann Gourvennec

capitalisme éthique : Bernard Jouyet (AMF) « plus de 50% des transactions sont faites sur des marchés de gré à gré non régulés »

03092009165.jpg.scaled.1000Titre de la plénière « Le capitalisme serta éthique ou ne sera pas » – université du Medef où je suis invité en tant que blogueur

C’est assez paradoxal, un ex-premier ministre socialiste, connu pour ses récentes positions très anti libérales, qui défend presque le capitalisme (en mettant les positions de la gauche et de la droite face à la crise dos à dos) et un président de l’AMF – qui vit des marchés – qui attaque de façon très sévère ces mêmes marchés dont la plus grande partie échappe à son contrôle ainsi qu’à celui de ses collègues. Et il est vrai que les échanges sous le manteau sont impressionnants, ce qui n’est pas sans rappeler le marché des valeurs parallèles qui se faisait à l’extérieur de la bourse de Paris lors de la crise de 1881-1882 dans son réquisitoire contre la spéculation intitulé l’Argent et publié une dizaine d’année après le crach de l’union générale (http://fr.wikipedia.org/wiki/L’Argent.

Les politiques semblent donc marcher sur des œufs, voire même se déclarent « en délicatesse avec le sujet » mais les techniciens, probablement libérés des contraintes politiques, n’hésitent pas à dénoncer un système qui continue donc a priori de dysfonctionner, en dehors du contrôle des régulateurs. Ceci étant, si les capitalistes crient haro sur le capitalisme, c’est surtout pour accuser les voisins, les Etats Unis en premier lieu, les politiques aussi bien sûr.

Le comportement éthique ? on en reparlera une prochaine fois.

Voici mes notes prises en séance en format brut de décoffrage

Xavier Fontanet

• Président d’Essilor : 1er niveau le dogme, le 2ème la politique, 3ème l’appropriation personnelle par les individus. Trouve que la problématique est un mélange des genres. Dans le communisme aussi il y a des éléments d’éthique. N’est pas un moralisateur. A 2 questions : traites-tu tes interlocuteurs comme toi-même ? Si on retranscrit ton comportement dans le journal seras-tu fier ?

• Dans les bidonvilles indiens on croit au capitalisme, c’est un outil de développement, il ne faut pas le jeter aux orties. Il faut que chacun s’occupe de ses affaires.

Laurent Fabius, ex premier ministre

• Aussi en délicatesse avec le sujet. On a l’habitude de dire que le capitalisme c’est 1) la propriété privée 2) l’économie de marché et ses règles 3) l’actionnariat.

• Croit que quand on parle d’éthique on parle d’autre chose, ce n’est pas le même ordre, même s’il y a une dimension morale.

• Dans la presse on dit que le capitalisme est fini, mais non. Mais quand on a mis les mécanismes de contrôle comme en ce moment c’est bien mais on n’a fait qu’une partie du chemin. Il y a toute une série de questions non traitées : déséquilibre mondial, rapport Chine-Etats-unis et reste de l’Europe, dévastation climatologique, répartition du capital etc.

• Pour résumer, il faut s’efforcer individuellement d’avoir un comportement moral mais on ne peut pas le faire collectivement.

• Ceci bouscule la vision traditionnelle de la gauche et de la droite. La droite était traditionnellement dans le laisser-faire mais cette vision ne va pas marché. Mais la réponse de la gauche (d’1 côté il faut une réponse mondiale, et d’autre il faut une meilleure répartition) est une réponse non satisfaisante non plus

• Il n’y a pas 1 crise mais des crises, mais parmi les différentes causes il y a un partage inégalitaire entre les revenus du travail et du capital qui a poussé les salariés à l’endettement (aux US et les banques de façon étendue) et quand ce système s’est écroulé tout le reste aussi, comme un château de cartes

Michel Pébereau, ex-patron de la BNP

  • Au début de cette crise il y a un mystère. Comment la crise des subprimes a-t-elle pu dégénerer en crise économique mondiale. Il a fallu un certain nombre d’acteurs qui ont dysfonctionné au niveau 1) macro-économique. Il y avait des déséquilibres dans le monde depuis trop longtemps avec trop de dette aux US et un excédent d’épargne en Chine et en Allemagne. Et la politique de facilité économique aux US a forcé la crises 2) dans le secteur bancaire, cette crise a d’abord été une crise de la liquidité des banques. Essentiellement aux US et aussi ici. Les premiers responsables ont été les banques d’investissement aux US qui ont pris des risques de liquidité qu’ils n’ont pu assumer. Northern Rock au Royaume Uni était pourtant une banque de détail. Elle a aussi commis cette erreur. 3) le régulateur a été créé pour éviter les faillites. Les régulateurs des banques et des assurances, du SEC et notamment aux US ont une forte responsabilité 4) enfin une illusion du « tout marché » et on a cru qu’il était possible de récupérer de l’argent contre n’importe quel actif. Ce n’était pas juste.
  • BNP Paribas, comme toutes les banques françaises a été sérieuse dans cette crise. Les banques françaises sont passées assez bien pour les principales d’entre elles.
  • Lehman Bros a montré qu’une grande banque d’investissement pouvait faire faillite. Ceci a généré une grande crise de liquidité et c’est à ce moment que BNPP a été affectée. On est passés tout prêt d’une crise systémique, mais évitée pour 2 raisons : 1° les banques centrales ont très bien joué et notamment la BCE, la plus efficace 2° après Lehman Bros, les Etats ont dû intervenir.

Marc Lacharrière, chef d’entreprise français

  • Grâce au profit on crée de la solidarité. Il n’y a pas de modification de la façon dont on peut voir le capitalisme. Cette crise, 2 ans après, c’est une crise de la défaillance de la gouvernance américaine. Car le gouvernement US a décidé de privilégier le plein emploi.
  • La crise n’était pas le fait des privés. Pour avoir le plein emploi a dû laisser propager une bulle financière pour générer une croissance supérieure à 2.5% chiffre minimal indispensable pour atteindre le plein emploi.
  • La deuxième cause c’est que la première fois qu’un pays a réussi à contaminer le reste du monde aussi vite. La mondialisation
  • Personne ne conteste plus l’utilité des analystes financiers

Jean Pierre Jouyet, président de l’AMF

  • Pour le régumlateur, la vision c’est d’un capitalisme au service de la société qui s’appui sur des normes. L’auto régulation ç an’a pas marché.
  • Le public s’est aperçu de certaines dérives comme de la possibilité de gagner beaucoup d’argent sans résultats
  • Mais les traders c’est un symptôme, pas une cause. Le mauvais fonctionnement des marchés est à l’origine du problème. Plus de la moitié des échanges ne sont pas transparents. On ne sait pas qui achète, ni qui vend, ni combien ça vaut vraiment. Ceci paraît réparable, mais il faut changer les choses. CAC 40 : plus de 50% des transactions sont faites sur des marchés de gré à gré non régulés. A Londres et NYC c’est pire. Cela est une véritable dérive. On n’arrive pas à contrôler ces échanges.

Pierre Bellon, patron de Sodexo

  • L’enfer est pavé de bonnes intention. Le problème n’est pas l’éthique mais de savoir comment on évite que ça recommence. 1ère : il faut mettre fin à la liberalisation des marchés et la déréglementation mise en place par Ronald Reagan. Le capitalisme doit fonctionner avec des règles.
  • Trouve que l’écart entre riches et pauvres s’accroît partout et c’est très grave. Idem pour la faim dans le monde, qui devient « terrible » selon ses mots.
  • En s’adressant à Michel Péberau, il trouve que mettre les normes IFRS comme responsable de la crise, c’est trop facile. Les erreurs majeures de certains et notamment des assureurs est en jeu.
  • affiche son accord avec l’exposé de Bernard Jouyet
  • capitalisme éthique : Bernard Jouyet (AMF) « plus de 50% des transactions sont faites sur des marchés de gré à gré non régulés » was last modified: septembre 3rd, 2009 by Yann Gourvennec

    vers la créolisation du Français ?

    la publicité N97
    la publicité N97

    Bonjour à toutes et à tous en ce retour de congé.

    Dès la reprise un petit coup de gueule inspiré par la lecture de la publicité pour le Nokia N. 97 (en téléchargement ici), au demeurant un produit intéressant et qui marque l’offensive du leader finlandais sur le marché en pleine croissance des Smartphones (ou devrions-nous dire ‘téléphones intelligents’). Si d’aucuns, en souvenir de la loi Toubon restée dans les esprits depuis 1992, croient encore à la menace de l’Anglais sur le Français,  j’aimerais au contraire insister sur une réalité somme toute assez différente. Plus qu’un abandon du Français au profit de l’Anglais, j’observe une créolisation croissante de notre langue, qui se saborderait elle-même, non sous la pression de l’extérieur, mais par une sorte d’implosion. Morceau choisi (mais il y en a d’autres) : « En  profite pour « checker » mes mails. Nouveau mail perso. Léa me propose un « afterwork » ». Traduction d' »afterwork » : un « après le travail » (?!).

    Je ne sais si la publicité est un bon indicateur, mais quel sabir ! Ni anglaise, ni française, cette langue créolisée plonge les anglophones d’ailleurs dans un abîme de perplexité de la même manière que le créole pour un Français de souche qui le découvre. Dire qu’on a tué les langues régionales pour en arriver là me laisse perplexe. Le problème n’est pas tant que la langue évolue, ceci est normal et même souhaitable, mais plutôt qu’à mesure que l’Anglais devient lingua franca au détriment des autres langues et pas seulement du français, notre langue se marginalise d’elle-même, sous la pression non de l’extérieur mais par un bizarre désir d’auto-destruction.

    Si c’est là le résultat de la loi Toubon, pourrions-nous demander l’autorisation des publicités en Anglais ? Ainsi, au moins nos compatriotes pourront-ils lire une langue, une vraie, et en apprendre les subtilités qui vont bien au-delà du globish, cet ignoble simplification internationale de l’idiome britannique.

    … soupirs

    vers la créolisation du Français ? was last modified: août 31st, 2009 by Yann Gourvennec