La rupture par l’innovation technologique est-elle un mythe ?

La rupture par l’innovation technologique est-elle un mythe ? Tel était le thème de la soirée social drinkup d’Adobe de fin septembre, que nos lecteurs connaissent bien. Quel rôle va donc jouer l’innovation dans le marketing d’aujourd’hui a dit Olivier saint léger dans son introduction ? S’agit-il d’une réelle valeur ajoutée ? Cette accumulation de nouveautés technologies peuvent elles avoir un impact et une valeur pour le marketeur. Les mariages peuvent elle capter de nouvelles audiences ? Fidéliser des clients et surtout … L’investissement en compétences est-il nécessaire ? Cette conférence a aussi été l’occasion de se poser la question fondamentale de savoir si l’innovation technologique du 21ème siècle n’est pas – un tant soit peu – surévaluée. C’est bien là que nous a emmené notre ami et confrère Frédéric Cavazza avec son brio habituel.

Ne pas parler de Smartphones, mais parler d’innovation

C’est ainsi que Frédéric est rentré dans le vif du sujet, dès la première minute : “on ne va pas parler objets connectés ou smartphones mais parler d’innovations qui pourraient avoir un impact pour des directeurs marketing” a-t-il prévenu. Voilà qui était fait pour nous plaire ainsi qu’à nos lecteurs de Visionary Marketing.

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Frédéric Cavazza nous oblige à regarder plus haut que l’écran de nos Smartphones
Gartner a livré un travail remarquable avec le hype cycle a rappelé Frédéric Cavazza mais « je n’y trouve pas mon compte” nous précise-t-il. Il a donc établi un panorama d’innovations qu’il nous a décrit lors de cette conférence :

La 3D et les interfaces 3D

Il y a d’un côté les produits très médiatisés comme les Google Glass « qui ne sont rien d’autres qu’un outil de projection” a-t-il indiqué, et d’autre part, « les masques d’immersion 3D qui vous projettent dans des environnements multidimensionnels qui sont très impressionnants” a précisé Frédéric en témoignant de sa propre expérience.

Les interfaces innovantes (IHM)

Il y a ensuite les IHM innovantes comme le Lip motion, l’interface gestuelle, corporelle et même neuronale (la plus futuriste). Il existe des vidéos où on voit des actions bien isolées par la pensée nous indique Frédéric Cavazza, et je me souviens pour ma part de la première souris bougée d’ordinateur par la pensée en Angleterre en 1993 ou 1994. De quoi se redemander pourquoi les innovations qui sont censées aller si vite à notre époque vont si lentement.

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La rupture par l’innovation technologique est-elle un mythe ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Transformation digitale : ne perdez pas de vue l’expérience client ( @g9plus )

expérience clientLa conférence du G9+ du 18 septembre qui s’est déroulée dans les locaux de Microsoft a tenu ses promesses : invités de marque, amphithéâtre plein à craquer, débats intéressants générateurs d’idées, et un thème fondamental : celui de la transformation de l’expérience client par le digital. En cela, le G9+ a démontré qu’il avait tout compris des vrais enjeux de la transformation digitale en choisissant le titre parfaitement. Reste à se demander si les débats ont permis d’apporter la bonne réponse à cette bonne question…

J’ai malheureusement trop tardé pour écrire ce compte rendu et je ne peux retrouver tous les tweets de la salle qui résumaient, à mon avis, la véritable teneur du débat : en sont restés un ou deux que j’ai pu retrouver. Et notamment celui de Mark Tamis (dernier sur l’image), qui m’a frappé et orienté dans l’écriture de ce compte-rendu en forme d’analyse : « on parle quand de l’expérience client ? #cxp #G9plus » (8:19 PM – 18 Sep 2014). Cette impression je l’ai quasi systématiquement lorsque j’entends des discours sur la transformation digitale, une impression qu’on est souvent à côté de la plaque, que l’on fait de la transformation pour le digital et non de la transformation avec le digital. C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé, en mars 2014, à écrire avec Philippe Colin, mon livre blanc sur la face cachée de la transformation digitale (http://visionarymarketing.com/transfo).

 

Les tweets (entre autre) de Mark Tamis et Dolores Fraguela ont posé le débat et orienté cet article

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la table ronde du G9+ le18 septembre 2014 dans la superbe salle de Microsoft à Issy les Moulineaux. Je n’ai rendu compte que de deux des expériences présentées, celles de la SNCF et de 3DS, qui m’ont titillé les neurones

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Transformation digitale : ne perdez pas de vue l’expérience client ( @g9plus ) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Henri Seydoux (Parrot) : l’innovation ce n’est pas marrant ! #hubforum

Innovation

C’est un moment qu’on attend depuis longtemps a dit Vincent Ducrey en accueillant hier Henri Seydoux, PDG et fondateur de Parrot. Le PDG du champion français de la High Tech nous a livré une leçon magistrale d’innovation, et nous vous prévenons, ce n’est pas drôle … il va falloir travailler !

L’innovation c’est difficile

Parrot a été fondée en 1994 avec l’aide de Sofinova. Il est passé par toutes les étapes : le garage, l’ANVAR, le capital risque, le 2ème tour, puis la bourse. Dans Parrot, il a créé des “startups”, des micro équipes qui sont en ligne avec ce que Parrot sait faire mais qui innovent en dehors du cœur du métier. Parrot est à l’origine spécialisée dans le traitement de signal et ils sont devenus le leader du téléphone dans la voiture (y-compris en OEM avec des fabricants de voitures).

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Henri Seydoux sur scène au hub forum interviewé par Frédéric Simottel

L’innovation c’est très dur ce n’est pas marrant

A dit Henri Seydoux. Dans une entreprise, tout fait que c’est dur d’innover c’est pour cela qu’il faut que « le boss montre le chemin ». Il y a 450 ingénieurs chez Parrot dont une grande partie travaille pour des clients et une poignée travaille sur des startups qui créent des choses qui existeront peut-être mais ne “seront pas évidentes”. On a lancé les petits robots (mini drones) pour lancer une innovation dans le spectre du téléphonie portable qui soit proche du monde du jeu vidéo. « L’Internet des objets on l’a vu il y a longtemps », mais “j’ai vu tout de suite qu’on ne pourrait pas le faire”. Henri Seydoux nous explique pourquoi et sutout, pourquoi il ne faut pas copier les autres (surtout les champions du monde) si l’on veut innover.

Ne pas copier, et tutoyer l’interdit

Apple avait déjà développé un Apple Nano qui pouvait servir de montre et ça a décidé Seydoux de ne pas copier. La première difficulté c’est de ne pas copier. C’est pour cela que Parrot s’est lancé dans des innovations comme les drones. « C’est à la limite de l’interdit » a dit Frédéric Simottel qui l’interrogeait : “tout ce que nous faisons est à la limite de l’interdit” a répondu Henri Seydoux, et « cela doit être sans doute une des lois de l’innovation ». Aujourd’hui Parrot est le leader des drones pour architectes et ambitionne de devenir le premier pour les agriculteurs également (on le sait ici, les agriculteurs sont les champions de l’innovation, comme l’expliquait encore Hervé Pillaud que j’interviewais hier) alors qu’il commentait un film d’amateur tourné par des ingénieurs de l’entreprise. Grâce au community manager de Parrot qui est aussi un lève tôt, nous vous livrons les deux vidéos des drones ci-dessous. Comme l’explique M. Seydoux, « les drones, cela fournit toujours de belles images ». Il ne me reste plus qu’à en acquérir un pour l’antimuseum !

Henri Seydoux (Parrot) : l’innovation ce n’est pas marrant ! #hubforum was last modified: octobre 10th, 2014 by Yann Gourvennec

La CCI de France donne un carton rouge au gouvernement #hubforum

Entrepreneuriat : le chaud et le froid du Hub Forum

L’innovation, c’est le nerf de l’entrepreneuriat et c’est sous cette bannière que le Hub Forum en ce deuxième jour de son ouverture a commencé la journée. La célèbre manifestation de la communication parisienne s’est désormais installé dans le paysage des conférences et attire tous les ans. Après un tour d’échauffement avec des acteurs majeurs de l’innovation française comme FrenchWeb.fr, La French Tech, HEC, Numa.paris et la CCI de France où on a soufflé le chaud. Le chaud d’abord avec un plaidoyer de Richard Menneveux Frenchweb.fr envers les les grandes entreprises qui “doivent aller au-delà des commandes “ et de Numa qui accueille “tous les entrepreneurs et pas seulement les start-ups”. Le froid ensuite avec Vincent de Bernardi de la CCI de France, l’organisme fédérateur des CCI de France qui a averti le gouvernement sur la conséquence de ses actes. “ils vont chercher l’argent là où il n’est pas » a-t-il dit. Et de poursuivre : “nous en verrons les conséquences en 2015”.  Et d’interpeler le premier ministre qui “dit aimer les entrepreneurs dans toutes les langues et qui devrait regarder le film de Frenchweb.fr (sur les entrepreneurs).

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Clara Delétraz de la French Tech au micro du Hub Forum : la French Tech a développé un ensemble d’outils pour accélèrer le développement des startups. Et en prime, une enveloppe de 15M€ pour développer la marque French Tech à l’international 

Voilà qui ne sent pas bon pour les entrepreneurs, souhaitons qu’il se trompe. HEC nous a quand même rassuré avec les 15% des étudiants créateurs d’entreprise de HEC, selon Laurent Allard, et ce qui est frappant c’est que ces jeunes “veulent créer des emplois” et ont envie d’aller de l’avant. Nous aurons ensuite eu droit à la keynote très attendue d’Henri Seydoux, PDG et fondateur de la fameuse marque Parrot, porte-étendard de l’innovation française dans le monde, responsable notamment des premiers systèmes de communication Bluetooth pour téléphones dans les voitures, dès les années 2000 !

Clara Delétraz de la French Tech au micro du Hub Forum : la French Tech a développé un ensemble d’outils pour accélèrer le développement des startups. Et en prime, une enveloppe de 15M€ pour développer la marque French Tech à l’international 

La CCI de France donne un carton rouge au gouvernement #hubforum was last modified: octobre 16th, 2014 by Yann Gourvennec

Economie : plus de concurrence tue-t-elle la concurrence

The Rule of Three by Sheth and Sisodia

la sélection du jour est cet article daté de 2006 (le temps passe), pris sur ce même blog …

… Dans lequel je commentai le livre intitulé « la règle de trois ». Je me rends compte aujourd’hui que cette analyse est encore – ou peut-être même encore plus – pertinente, et j’ai donc décidé de remettre cet article à l’ordre du jour, de le traduire en français, et de le soumettre à votre lecture aujourd’hui :

Avez-vous déjà remarqué que la plupart des marchés, lorsqu’ils sont assez mûrs, finissent par être dominés par trois acteurs principaux ? il ne s’agit point d’une machination, mais d’un phénomène économique bien connu, décrit par deux auteurs : Sheth et Sisodia dans leur ouvrage intitulé « la règle de trois » (acheter l’ouvrage sur Amazon); les deux auteurs ont mené cette enquête dans leur livre, disponible également en version électronique (acheter la version kindle sur Amazon).

12manage.com annonce sur son site que cela n’est pas applicable à l’Europe. Au contraire,  et à toute autre zone géographique d’ailleurs, pourvu que les marchés locaux soient ouverts à une concurrence libre, non biaisée et transparente (je sais, il s’agit d’un paradoxe, la libre concurrence même à moins de concurrence en fin de compte).

Par exemple, si l’on veut prendre l’exemple du marché des télécoms, il est bien possible que vous trouverez que cette règle s’applique sur chaque pays individuellement (ou chaque zone d’influence). Il s’agit de marché multi-nationaux, et non de marché globaux. Ceci ne veut en aucun cas dire que la règle est fausse, mais juste que ces marchés, fortement réglementés, sont l’objet de l’introduction régulière de dispositifs d’incitation à la concurrence.

Aux États-Unis, la situation est très différente ; il y a quelques décennies, AT&T fut coupé en petits morceaux par le régulateur, mais en fin de compte, la règle de trois s’est encore appliquée (Stephen Colbert a décrit ce phénomène dans un sketch désormais classique, cliquez sur l’image de Colbert ci-dessous pour en voir un extrait en Anglais). le processus qui consiste à introduire plus de concurrence s’est interrompue cependant après ce phénomène, ce qui n’est pas le cas dans certains marchés européens, où de nouveaux dispositifs sont constamment mis en place pour raviver la concurrence et tirer les tarifs vers le bas (je travaille pour un opérateur, les commentaires sont volontairement neutres pour des raisons évidentes).

 

Là où les marchés sont déjà fortement mondialisés (prenons l’exemple le plus symbolique du marché des fast-foods, la règle s’applique bien au travers de l’Europe avec des acteurs comme McDonald’s, Quick et Burger King puis tout un tas d’acteurs de niche par exemple. Cela veut-il dire que le but ultime de la concurrence ouverte est d’arriver à moins de concurrence? N’est-ce pas un paradoxe intéressant ?

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Economie : plus de concurrence tue-t-elle la concurrence was last modified: mars 30th, 2015 by Yann Gourvennec