La transformation digitale des sociétés de taxis est en marche

Le conflit entre les VTC et les taxis a alimenté la presse en France et à l’étranger. La législation a encore un temps de retard, et le point d’équilibre entre les deux modèles n’a toujours pas été trouvé. Devant une telle confrontation où l’on a du mal à entrevoir une issue, on peut s’interroger sur la capacité de l’économie traditionnelle à évoluer pour tirer parti de la technologie face aux entreprises « digital natives ». En vérité, il n’y a pas bataille entre l’économie traditionnelle et l’économie numérique : l’économie dite traditionnelle doit savoir se renouveler avec le numérique si elle veut survivre à la concurrence des nouveaux venus. Cet apport de concurrence est donc bénéfique aux entreprises traditionnelles pour peu qu’elles accélèrent leur transformation digitale et deviennent à la fois plus innovantes et productives. Toutefois, lorsque l’on dit « se renouveler avec le numérique », il ne s’agit pas de considérer la technologie comme un aboutissement : elle doit permettre à l’entreprise de faire évoluer son modèle économique pour être plus efficace, et non en rester au stade du gadget… Dans cette optique, les Taxis Bleus ont choisi de réagir et de lancer une innovation qui a fait parler d’elle : des boutons, disponibles dans de nombreux points (hôtels, commerces, accueil d’entreprises…) permettent d’appeler un taxi en moins de 10 minutes. Une innovation un peu surprenante, tant nos yeux sont fixés sur les smartphones, tablettes et autres objets connectés, mais qui pourrait s’avérer payante pour cette entreprise transportant 13 millions de passages par an … à condition d’être capable de déployer cette innovation de façon suffisamment large et rapide pour que la mayonnaise prenne. Un défi, on le voit, qui n’est pas que digital. Pour nous en parler, Yann Ricordel, le directeur général des Taxis Bleus a accepté de répondre à nos questions.

Vous annoncez une innovation étonnante pour une compagnie de taxis…

Il s’agit d’un bouton connecté : on le propose à tous les restaurants, commerçants, hôteliers etc. Cela permet en une pression de commander son taxi. Le taxi le plus proche arrive en moins de 10 minutes : il est automatiquement sollicité sans intervention humaine.

Voici le bouton que vous allez bientôt voir fleurir dans les lieux publics
Voici le bouton que vous allez bientôt voir partout dans les lieux publics : une trouvaille simple et efficace, qui prouve qu’il n’y a pas besoin d’être une startup pour innover

Il n’y a pas besoin de smartphone et de logiciel pour appeler un taxi : peut-on parler de rétro-innovation ?

C’est la consécration de la simplicité. Les usages avec le smartphone sont plutôt enrichis : on rend internet riche et accessible, mais il faut s’enregistrer et utiliser des services additionnels. On est dans un monde qui se complexifie et on a tous besoin de revenir à quelque chose de moins compliqué. La technologie doit être au service de la simplicité d’usage et les objets connectés doivent amener cette simplicité dans la consommation. Appeler un taxi en appuyant sur un simple bouton, c’est ce que demandent 80% de nos clients.

Comment est branché ce bouton ?

Il y a une microsim embarquée. L’alimentation se fait par pile ou par un câble USB qui peut être connecté au secteur. On peut pré-paramétrer ce bouton selon l’adresse, mais aussi la configuration de l’endroit : par exemple dans un salon, on va préciser au taxi de se garer devant la porte E pour faciliter sa rencontre avec le client.

Dans ce domaine, on attend l’innovation chez Uber, un peu moins chez les compagnies comme la vôtre. Est-ce la crainte de l’Uberisation qui vous a poussé à innover ?

On oppose souvent trop souvent l’économie traditionnelle à l’économie numérique. Nous avons les mêmes clients, les mêmes fournisseurs. Les cultures sont parfois différentes, mais mélanger celles-ci a du bon : les startups amènent une fraîcheur, une volonté et un rythme d’innovation soutenu. Mais l’économie traditionnelle n’est pas dépourvue d’imagination, d’outils et de moyens technologiques. Nous mettons tout en œuvre pour être en avance technologiquement. Mais la technologie est un moyen, pas un aboutissement : le plus compliqué est de faire évoluer son modèle économique.

L’urgence de l’innovation est dictée par un environnement de plus en plus concurrentiel : vous n’êtes pas le dernier à intervenir dans les médias pour dénoncer cette situation.

Je ne dénonce pas la concurrence, mais la nécessité d’avoir des règles équitables. Concernant le débat Taxis/VTC, on a une réglementation en transition. On n’a pas encore trouvé le point d’équilibre, mais avant d’atteindre ce point d’équilibre, le marché est difficile pour les uns comme pour les autres. C’est une zone de méconnaissance de l’avenir où les décisions sont plus difficiles à prendre. La concurrence permet  néanmoins d’avancer plus vite car elle stimule. Aussi, l’accès à l’Internet en mobilité à moindre coût permet d’avancer au quotidien. C’est cela que nous avons essayé de mettre en place depuis quelques années avec une application mobile et une offre de prix plafond sur les courses, l’enrôlement de la carte bancaire du client… Ce sont des services additionnels que nous ne pouvions pas proposer hier avec une technologie plus ancienne.

Pour éviter le naufrage, une entreprise doit savoir naviguer sur les eaux tumultueuses du numérique...
Pour éviter le naufrage, une entreprise doit savoir naviguer sur les eaux tumultueuses du numérique…

L’économie n’est donc pas un jeu à somme nulle : plutôt que de se plaindre de l’Uberisation, il faut voir cette concurrence comme un moyen d’élargir ce marché et le développer.

Il faut aller de l’avant, trouver des moyens de s’adapter, de la croissance. Un marché comme le nôtre longtemps très figé doit évoluer. Dans cet écosystème où il est nécessaire de se développer pour survivre, la technologie joue un rôle essentiel. Il faut donc se réjouir du développement technologique plutôt que de s’en plaindre.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le développement de ces fameux boutons ?

Nous avons commencé le déploiement avec des commerciaux sur le terrain qui rencontrent le client et lui présentent  le produit. Si l’objet est simple, la commercialisation doit l’être également. Il est distribué gratuitement, le mode d’emploi fait 6 lignes, le chargement est simple. Nous espérons pouvoir ensuite envoyer les boutons par colis pour assurer un déploiement plus rapide.  Nos clients sont organisés en réseau : lorsque l’on touche un hôtel, on s’adresse à un franchisé ou un propriétaire qui possède plusieurs hôtel, de même pour les restaurants. Le bouche-à-oreille se répand très rapidement car les clients sont souvent intéressés à l’idée de pouvoir simplifier ce service.

Quel est l’objectif du déploiement ?

On espère atteindre le millier de bouton d’ici la fin de l’année. Nous commençons par un rythme lent, mais on pourra par la suite solliciter les prospects en envoyant directement le bouton avant de les appeler pour leur expliquer son fonctionnement.

Ce bouton est fabriqué par une société finlandaise. Rien n’interdit aux concurrents de récupérer cette innovation. Est-elle protégée ?

Rien n’interdit de récupérer ce contrat, j’espère au contraire que l’idée va faire son chemin et que les concurrents nous suivront. Être tout seul pour démocratiser un nouvel accès est compliqué. Si plusieurs concurrents s’y mettent, cela devient une norme parmi d’autres. Comme c’est un outil qui nous fait gagner en productivité, cela se traduit par une augmentation du volume de courses. Il faut donc que le marché évolue dans ce sens. Si cela peut faciliter l’accès au transport de personnes, tant mieux.

La différenciation va se faire sur la vitesse de déploiement.

Effectivement. On accumule également de l’expérience lorsque l’on se lance en premier. Nous sommes donc indéniablement avantagés.

Pensez-vous qu’un patron doit savoir maitriser le digital ?

Absolument. Il faut s’immerger dans cet écosystème technologique, même si cela n’est pas toujours facile. Par exemple, se mettre aux réseaux sociaux est peut-être une évidence pour certains, mais lorsque l’on est patron d’une entreprise ce n’est pas si simple d’être sur un compte twitter où l’on peut être interpellé publiquement par ses clients et ses partenaires. Je pense qu’au contraire, c’est une grande richesse car on arrête d’être coupé du monde du fait de ses fonction, et on s’immerge davantage auprès de sa clientèle.

Visionary Marketing pourra t-il un jour avoir son bouton ?

Bien sûr, il n’y a pas de liste d’attente : une de nos cibles est l’accueil des entreprises où l’on a souvent besoin de taxis. Il suffit d’envoyer une demande sur notre site pour s’en procurer un.

La transformation digitale des sociétés de taxis est en marche was last modified: juillet 27th, 2015 by Cédric Jeanblanc

Réflexion sur le succès des innovations et les vols d’ordinateurs

La sélection du jour est…

Cet article sur le site Lifehacker qui nous raconte l’histoire de son auteur, Doug Van Spronsen, capable de récupérer son ordinateur volé en rien de temps grâce à un logiciel appelé Prey (“proie” en anglais). Il y a quelques années, j’interviewais Jimmy Buchheim le fondateur d’une entreprise americano-israélienne qui s’appelle Sticknfind. Celui-ci était si convaincant qu’il m’avait persuadé que son produit serait promis un grand succès. En allant vérifier sur le site Sticknfind un tout petit peu plus de 2 ans après, je me rends compte que l’entreprise est probablement morte à la fin de 2013, c’est-à-dire quelques mois après. Comme quoi, vous pouvez lever 1 million de dollars sur une plate-forme de crowdfunding et ceci n’est absolument pas synonyme de futur succès. Et pourtant, le vol ordinateur est bel et bien un grave problème qui reste largement non résolu.

localiser les vols : le logiciel  prey
photo http://www.thewindowsclub.com/prey-anti-theft-software-review

Si je le sais, c’est parce que presque 3 mois après cette interview, je me suis fait à peu près tout voler : mon Nikon D600 tout neuf, mon iPad, mon iPhone ; tous ces produits étaient pourtant déclarés dans des sites Web et en utilisant iCloud pour les produits Apple. Je n’ai rien retrouvé et iCloud est resté sans voix pour me dire où étaient mes précieux compagnons électroniques. Prey, tel qu’il est décrit par Doug Van Spronsen, est un logiciel capable d’espionner la personne responsable du vol de votre ordinateur. Il prend des photos de celui-ci et vous envoie des e-mails et des alertes à propos de la position géographique du voleur (et même son nom s’il a le malheur de se connecter à Facebook). C’est ainsi que l’auteur a été capable de retrouver son ordinateur : d’une part grâce au logiciel Prey, et surtout car le voleur n’était pas très malin. Les professionnels ne s’y prennent pas comme ça. Ils se moqueront de voler vos données, dont ils ne pourront certainement rien faire, et ils vont se préoccuper immédiatement de rebooter votre laptop et même de reprogrammer sa Mac adresse ou son numéro de série ou Dieu sait quoi qui permettra de faire passer l’appareil sous le radar. J’avoue mon incompétence totale, je ne suis pas un voleur, mais tout ce que je peux vous dire c’est que “find my Mac/iPhone” ni n’importe quel logiciel équivalent ne pourra pas tellement vous aider. Un logiciel comme Prey ne marchera en effet que si votre voleur est un imbécile de 17 ans qui n’a pas réussi à comprendre comment faire passer vos terminaux en dessous du radar pour éviter les localisateurs (celui-ci avait du se loguer en tant qu’utilisateur « invité » en pensant que ça suffisait).

Vol d’ordinateurs : un problème en recherche d’une solution

Dernier point et non des moindres, aucun de ces systèmes ne marche si votre sac a été déplacé avant qu’on ait touché à l’ordinateur. Telle était la promesse de Sticknfind mais en regardant les commentaires des clients sur Amazon, le produit n’était pas à la hauteur de la promesse. Alors, voici un exemple parfait d’un véritable problème qui cherche sa solution, un classique de l’innovation. Le dispositif de localisation doit être petit et invisible (Stiknfind était trop gros), il doit marcher sans limitations avec tous les types de téléphones (ce n’était pas le cas avec Sticknfind non plus) et il doit marcher quand le sac est bougé ou déplacé (une sirène doit en effet retentir pour forcer le voleur a lâché le sac avant qu’il soit trop tard – sans pour autant casser les oreilles à tout le monde et de ce fait, le bouton de marche/arrêt se doit d’être simple et facile à actionner), le mécanisme pour retrouver l’ordinateur/téléphone/tablette… doit enfin marcher quelque soit la méthode de programmation/reprogrammation utilisée par le voleur. En fin de compte, un voleur ne devrait jamais être capable de mettre votre ordinateur en mode furtif. Ceci veut probablement dire que la solution logicielle doit être écartée. Les puces de localisation GPS sont probablement la meilleure solution pour résoudre cette équation, leurs problème étant qu’elles tendent à être très grosses et trop chères.

Si quelqu’un trouve la solution qui permet de relier tous les points de ce problème pour le bénéfice des utilisateurs alors il sera probablement millionnaire. Il se fera le plaisir de profiter de cet argent mais aussi la faveur de rendre le leur à des millions de gens dont les précieux ordinateurs ont été volés.

Voici l’article de Doug en anglais sur le site Lifehacker.

How I Got My Stolen Laptop Back Within 24 Hours Using Prey

Last weekend, my briefcase was stolen out of our vehicle while it was parked outside of a Bed & Breakfast. In the bag was my MacBook and all of my documents for work. Apparently while I was moving all of our stuff into the house, someone grabbed the bag and ran before I came back.Note: We’ve previously walked through how to track and potentially recover your stolen laptop with the free, open-source application Prey. This post, from Prey user Doug van Spronsen, details how the recovery process can potentially work.

Vol des ordinateurs
image : lifehacker

For a different perspective, see a few lessons learned from a stolen laptop—the kind you learn when you haven’t set up many security measures. How to Track and (Potentially) Recover Your Stolen Laptop or Android with PreyLaptops are lighter and more powerful than ever; they’re also easier to steal. Luckily, a…Read moreBecause nothing else was stolen or moved around, we didn’t even notice it was missing until the following morning. After searching around frantically, it was clear the bag was gone. Elyse suggested we file a police report, so we called the RCMP. (I was pretty skeptical of them finding anything, but we filed it anyway, which later turned out to be essential.)

Source : How I Got My Stolen Laptop Back Within 24 Hours Using Prey

Réflexion sur le succès des innovations et les vols d’ordinateurs was last modified: avril 27th, 2015 by Yann Gourvennec

Les Big Data remettent la personnalisation à l’ordre du jour du Marketing

La sélection du jour…

Est dédiée à la personnalisation dans le marketing. Le blog doc au futur m’a demandé il y a quelques semaines un article sur le sujet de la personnalisation. Je dois vous avouer avoir été au départ un peu interloqué, car ce sujet, fort à la mode il y a une vingtaine d’années, était quelque peu tombé en désuétude. Je me suis donc penché sur ce sujet, notamment à la faveur d’un événement organisé pour SFD atelier autour de la personnalisation des chaussures de sport fin mars 2015. La sélection du jour est donc double : d’abord mon article sur doc au futur où je retrace l’histoire de la personnalisation, et donne quelques exemples plus récents de véritable et pseudo personnalisation et où je relance ce débat au travers des big data. Ensuite un article très fouillé de notre ami Frédéric Canevet, qui m’a notamment interviewé sur le sujet et à donné son avis suite à la tenue de cette soirée spéciale dédiée à la personnalisation des chaussures. Comme vous le verrez, la personnalisation n’est pas morte, elle pourrait même bien faire un retour en force grâce au big data.

Le marketing personnalisé est à l’ordre du jour des innovations marketing depuis un bon bout de temps. Exemple parfait de ce que Bernard Cova a appelé les « panacées marketing ». On le voit resurgir de temps en temps, au gré des innovations technologiques. En 2015, ce sont les Big Data qui sont le principal moteur de ce Risorgimento. Est-ce justifié et la personnalisation est-elle le futur du marketing, un simple rêve de bobo, une innovation mineure, voire même un passage obligé pour innovateurs nostalgiques ? À vous de juger.

personnalisation
personnalisation des produits : la vraie ou la fausse ?

 

Personnalisation client : retour en grâce via les Big Data (docaufutur.fr)

Une innovation de 20 ans

La personnalisation existe, je l’ai rencontrée. Il y a 20 ans. Amazon l’a inventée sur le Web, en créant « la page à votre image » (the page you made). Cette invention correspondait déjà à une formidable vague d’innovation qui soulevait le marketing (une des panacées marketing comme les appelle Bernad Cova), et Don Peppers et Martha Rodgers (inventeurs du marketing 1to1) étaient érigés au rang de gourous et de grands prêtres du marketing. Il fallait se le mettre dans le crâne une bonne fois pour toute, le marketing allait devenir personnalisé, le marketing de masse était fini, on allait cesser de vendre des produits identiques à l’infini, plus rien ne serait comme avant.

Le marketing 1to1 fait Pschiiiit

En 2001 j’étais à New York pour voir officier quelques uns de ces grands prêtres du marketing dont le fameux Don Peppers. Celui-ci monta à la tribune et s’écria « ouf ! Il est fini ! On a eu chaud« . Il voulait parler du trimestre (aux USA on mesure toutes les ventes au « quarter ») et il faisait allusion au début de l’éclatement de la bulle Internet. C’était en avril 2001, il fallut encore une bonne année pour que la bulle arrive aux cerveaux parisiens, mais 3 mois plus tard, « Ciscoville » à San José, Cal. était entièrement vidée de ses employés. Quant à Don Peppers et sa fameuse personnalisation, il  n’a pas survécu à ce dé-ballonnement spectaculaire de l’économie.

via Personnalisation : retour en grâce via les Big Data | Docaufutur

Le Marketing de la Personnalisation : les évènements blogueurs & influenceurs – par ConseilsMarketing.fr

A l’origine , la personnalisation était réservé aux domaines du luxe, de l’écologie, de l’unicité mais ce « sur mesure » reste un outil de séduction pour se différencier sur des marchés plus concurrentiels. Le marketing one to one ou marketing personnalisé était à la grande mode en 1995-1997, mais la tendance était retombée jusqu’à l’avénement récent du Big Data.

Dans les années 90 jusqu’en 2002, c’était la grande époque du marketing one to one : on se faisait des films sur le fait que l’on pourrait acheter des vêtement, des cornflakes… qui seraient les « nôtres » et non celles du voisin. Or dans les faits cela s’est révélé plutôt faux car c’est le marketing de masse qui est finalement resté (ce qui est d’ailleurs assez déplorable)… la preuve c’est que nous mangeons tous les mêmes cornflakes.

Certains industriels se sont démarqués en faisant de la différenciation marketing (et non pas de la personnalisation), il suffit de le voir via les étalages dans les rayons des magasins avec une segmentation produits (ex : les smacks, les muesli…). D’autres font du « faux artisanal », par exemple avec des tartes aux pommes « façon maison » qui font croire que c’est de la boulangerie artisanale via des moules irréguliers.

Et plus récemment, il y a eu la « fausse personnalisation » des bouteilles coca-cola personnalisées avec des prénoms.

via Le Marketing de la Personnalisation : les évènements blogueurs & influenceurs – ConseilsMarketing.frConseilsMarketing.fr.

Les Big Data remettent la personnalisation à l’ordre du jour du Marketing was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Revue de Tweets : FM, cloud computing et Réalité augmentée

 On fait bien des revues de Presse …

Alors j’ai décidé de faire une revue de tweets digitale. Histoire de prouver aux sceptiques que Twitter est aussi et surtout un formidable outil de veille. J’ai donc sélectionné quelques tweets intéressants et pertinents afin d’agrémenter cette journée de vacances de printemps, où les tweets des geeks ne sont pas si nombreux que cela d’ailleurs. Ceci nous permettra, sans vouloir dénoncer les autres, de récompenser les veilleurs courageux. 

revue de tweets de @vismktg

1. Revue de Tweet : radio numérique vs. radio Internet

Pour ceux qui se demandent encore si le digital c’est important, voici une annonce amusante repérée par Jonathan Chan, un de mes fidèles lecteurs que j’ai ainsi l’occasion de remercier.

Ceci m’a permis de me pencher sur une technologie que je ne connaissais pas : le DAB ou Digital Audio Broadcasting. Comme d’habitude, il s’agit d’une vieille nouvelle technologie, qui date de … 1995 ! Elle utilise un standard de compression similaire au MP3. Etant donné cela on se demande bien pourquoi passer par cette technologie et ne pas aller directement à la radio Internet (qui a rapidement supplanté la radio satellite). J’utilise personnellement des radios Internet depuis de très nombreuses annNewImageées et de ce fait je pourrais faire mentir facilement nos amis du Gorafi (pardon, Figaro), qui prétendent que la France est encore à la traîne, alors que justement c’est probablement un opérateur français qui a été le premier à populariser ce système (j’ai fait une démo devant des australiens médusés en 2008, ils n’en revenaient pas d’entendre leur radio de Melbourne à Paris !). Sur ma chaîne HIFI, j’ai également un système numérique basé sur un serveur Linux, équipé d’une connexion filaire Ethernet et Wifi, qui me permet d’écouter mes radios préférées en qualité moyenne mais acceptable (c’est-à-dire finalement meilleure que la FM qui grésille). Il s’agit d’un système Olive (photo à droite) conçu au Royaume Uni et fabriqué en Californie. Ces systèmes sont cependant déjà dépassés et les nouvelles chaînes HIFI sont tout bêtement constituées d’un DAC (Digital to Analog Converter) et … d’un ordinateur ou d’une tablette qui permet de piloter des morceaux joués à partir d’un simple disque dur. Bref ! Tout cela pour dire qu’il n’y a plus besoin d’appareils sophistiqués pour écouter ni la radio ni la musique. C’est cela aussi la révolution numérique, même si le résultat n’est pas aussi simple ni aussi clair qu’on pourrait le croire.

revue de tweets les pays équipés de DAB (Wikipedia)
légende : (revue de tweets) les pays équipés de DAB (Wikipedia)

 

2. Revue de Tweet : la France en retard sur le cloud

A noter qu’ici on va parler de cloud computing d’infrastructure (IaaS) enfin c’est ce que je crois comprendre en lisant l’article car cela n’est pas précisé, un oubli bizarre mais remarquable. En fait, en France on aime tellement dire qu’on est en retard, on finirait par croire que ça nous fait plaisir… Heureusement qu’à la TV (pour le peu que je la regarde, on nous gratifie d’explications sur “la plus belle avenue du monde”, la “plus belle ville du monde” etc. finalement nous sommes un peu un peuple bi-polaire. Peu importe, le deuxième tweet qui m’a interpelé est cet article des Echos, relayé par Florent Letourneur (de Groupama), qui décrit le retard de l’utilisation du cloud computing en France.

April 21, 2015

Pour le coup, c’est un sujet que j’ai de nombreuses fois abordé sur les blogs de mon client Orange Cloud for Business. En bref, la France a peur. Non, ça non plus ce n’est pas nouveau, hélas ! Localisation des données (un constat étonnant et donc faux remarqué à juste titre par Sandrine Cassini), sécurisation … les entreprises françaises sont sur leurs gardes. Car il est bien entendu plus facile de réaliser sa sécurité soi-même. Ben voyons ! En fait, comme je l’ai souvent démontré sur les blogs, chiffres et témoignages à l’appui, les craintes liées à la sécurité du cloud sont souvent plus liées à la perte de l’indépendance de l’informaticien qu’à de réelles menaces sécuritaires. La probabilité que la PME des Monts d’Arrée (ça vous obligera à aller voir où ça se trouve) soit meilleure en sécurité qu’OVH, Cloudwatt/Orange Business (transparence : mon client), ou Amazon Web Services est plus qu’infime. Elle est nulle. Ceci étant, poursuivons notre lecture. Les chiffres de cette étude de l’Insee continuent et comparent la France – j’espère que les chiffres sont vraiment comparables, allez, on va leur faire confiance ! – aux vingt-huit pays de l’Union (moyenne de 19 %) :

« La France affiche donc un fort retard sur la Finlande (51 %), l’Italie (40 %) ou le Royaume-Uni (24 %). De fortes différences sont à noter entre les entreprises. Les grandes structures employant plus de 250 salariés sont mieux équipées, plus d’un tiers d’entre elles ayant acquis des services de cloud l’an passé, contre 14 % des PME. De manière assez naturelle, les entreprises oeuvrant dans les technologies sont également en avance. 39 % en achètent, alors qu’à l’inverse le secteur de la restauration et de l’hébergement est très en retard, où seulement 5 % des entreprises sont équipées ».

3. Revue de Tweet : la réalité augmentée, plus que jamais à l’ordre du jour

Le dernier tweet de cette revue de tweets est celui d’Emmanuelle Leneuf, journaliste et grand reporter qui a attiré notre attention en nous ramenant sur un sujet qui nous intéresse particulièrement et que nous traitons souvent, notamment dans le cadre du Webtostore : la réalité augmentée.

Celle-ci est partout, nous explique l’Usine Digitale, de la médecine, à l’armée en passant par le commerce et la conception assistée par ordinateurs. Mais ce n’est pas tout, car pour vous, marketeurs, les choses vont également changer avec la réalité augmentée, nous explique Julien Bergounhoux.

« La réalité virtuelle a le potentiel de transformer le marketing. Au lieu de regarder des clips de sports extrêmes sponsorisés par Redbull, on pourra vivre l’expérience directement. Même l’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie (UIMM) s’y est mise, avec une présentation décoiffante des différentes industries touchées par ses métiers (automobile, nautique, aéronautique, spatial…), réalisée par Backlight Studio, qui était présentée durant Laval Virtual.
Au lieu de regarder des images de vêtements, on pourra les essayer virtuellement. Et pas que les vêtements. Les concessions automobiles n’ont pas toujours la place d’avoir tous les modèles de la marque, mais avec la réalité virtuelle elles peuvent en avoir une infinité. Le constructeur Audi travaille déjà sur des concepts de genre pour ses showrooms Audi City.
Côté neuromarketing, pour remplacer les études de marché déjà en place utilisant de faux magasins, faux présentoirs et faux produits, les entreprises vont pouvoir créer un supermarché virtuel configurable à volonté. Elles pourront enregistrer toutes les facettes de l’expérience, en suivant le cheminement et le regard du client dans ses moindres détails tout en variant les paramètres de l’expérience au besoin ».

Revue de Tweets : FM, cloud computing et Réalité augmentée was last modified: avril 21st, 2015 by Yann Gourvennec

RSE : utilisation, efficacité et performance (tribune libre)

Depuis maintenant quelques années, les réseaux sociaux ont largement envahi nos vies personnelles : nous passons en en effet  6h45 par mois sur Facebook (source Blogdumodérateur). Mais au delà de cet usage personnel, c’est aussi au travail que nous utilisons ces réseaux, tant est si bien qu’ils sont sujet de discorde au sein des entreprises car ils nuiseraient à l’efficacité et à la productivité. Cependant, malgré la distraction qu’ils représentent au travail, les réseaux comme Facebook, Twitter ou Linkedin sont indispensables dans la vie professionnelle. La création de réseaux sociaux d’entreprise (RSE) ont notamment fait leurs preuves avec la société Atos et son avancée dans le social business. Mais pour autant, s’agit-il de la solution idéale pour les entreprises qui souhaitent développer les relations sociales au sein de leur activité ?

Facebook vs RSE

Les longues journées de travail ne sont finalement plus si longues quand on intègre le temps passé sur les réseaux sociaux (Facebook majoritairement). 6 employés sur 10 se connectent au moins une fois par jour sur ce type de réseau, dans 80% des cas pour des raisons personnelles.

Ce qui n’est pas forcément du goût de certains employeurs pour qui l’utilisation des réseaux sociaux doit être limitée au minimum pour favoriser la productivité. Cependant, avec le changement des mœurs et l’immédiateté de l’information, il est bien compliqué aujourd’hui de se séparer de ces plateformes.

Et d’ailleurs, des cas d’abus des réseaux sociaux au travail ont amené un arrêt le 26 février 2013 qui condamne comme “faute grave” cet abus. La loi progresse petit à petit par rapport à ce sujet et va dans le sens de la rédaction de chartes définissant un temps alloué aux connexions sur ces réseaux sociaux.

Exploiter certains réseaux sociaux comme véritable outil professionnel

RSE chef d'orchestre
un RSE qui  donne le « la »

On le voit de nos jours, les techniques de recrutement évoluent et se servent des réseaux sociaux : de plus en plus d’annonces pullulent sur Facebook voire même des groupes dédiés à des recherches d’emploi comme OCCAZZISSIME Jobs & Stages qui regroupe des milliers de membres. Le caractère immédiat des réponses à ces demandes d’emploi y est pour beaucoup, car le processus de recherche est souvent long et apporte rarement satisfaction. Les réseaux sociaux pallient au moins à cette rétention du temps.

Avec seulement 21 minutes passées par mois sur Twitter, les employés négligent un outil qui est pourtant précieux concernant la veille concurrentielle.
La veille est pourtant un élément capital de la vie d’une entreprise ;  c’est pourquoi, toute entreprise doit s’en parer pour être au courant de sa visibilité, de la relation qu’elle mène avec son client et du capital sympathie qu’elle dégage.

Les réseaux sociaux d’entreprise : un premier pas qui doit en appeler d’autres

Sachant que la satisfaction des employés grimpe de 20 points quand on leur permet d’utiliser les réseaux sociaux au travail (source RTL), alors pourquoi ne pas tout simplement mettre en oeuvre un Réseau Social d’Entreprise (RSE) ?

Ces réseaux sociaux regroupent tous leurs membres  et la communication interne au sein d’une même identité,  celle de l’entreprise. Grâce à leurs implémentations timides mais de plus en plus nombreuses, les RSE font notamment gagner du temps aux projets et on synthétise la communication puisque les différentes strates de la hiérarchie –direction des ressources humaines, de la communication, et générale- sont, de fait, mises en relation.

Déjà 80 % des entreprises du CAC 40 se sont paré d’un RSE, avec près de 2500 utilisateurs actifs en moyenne en plus par an d’après Les Echos. Cette solution permet de mettre tous les acteurs professionnels en réseau et de développer ce dernier par des rencontres qui seront, elles, physiques.

Objectif zéro email : le RSE selon Atos

Atos, acteur international des solutions informatiques lance depuis 2009 des outils pour les entreprises orientés autour de 4 axes : augmenter la productivité, favoriser la collaboration entre les membres d’une communauté de travail, engendrer l’innovation et enfin rendre leur pleine satisfaction aux employés.

Je me suis intéressé à quelques uns des outils proposés par cette société qui sont amenés à devenir de réelles alternatives pour les entreprises qui souhaiteraient devenir comme le dit Atos, une organisation intelligente (Smart Organization).

  • Il y a d’abord eu en 2011 le programme Zero Mail qui visait à réduire le temps passé par les employés sur leurs emails. Ce temps gagné serait optimisé sur d’autres tâches et accroitrait de fait la productivité de l’entreprise.
    Trois ans plus tard, le président d’Atos Thierry Breton se félicitait “d’avoir réduit de 60% les mails internes envoyés par ses employés”, grâce à son RSE. La moitié d’un effectif constitué de 80.000 personnes n’envoie plus qu’une quarantaine de ces messages au lieu d’une centaine auparavant.
  • Atos a aussi repris Blue Kiwi, cet éditeur de RSE, afin de permettre encore une fois la diminution du nombre d’emails mais aussi et surtout un gain considérable de productivité grâce à l’interactivité entre les membres. Celui-ci est désormais utilisé par 80% des collaborateurs d’Atos avec pas moins de 300.000 posts mensuels en février 2014 d’après la société, ce qui prouve que le partage d’informations au sein du groupe est grandissant si ce n’est culminant.

Les outils collaboratifs comme le RSE doivent encore faire leurs preuves

Un premier chiffre venant d’une étude menée par Gartner : 80% des projets collaboratifs ont ou vont échouer.
Et il existe une réponse à savoir que les entreprises idéalisent les RSE qui ne sont souvent qu’un outil de plus dans la vie d’un collaborateur. Suivez ma logique, sans réelle approche managériale, ces outils seront destinés à mourir à petit feu et seront rendus au rang de réseau social.

La vraie question est donc ce que veulent faire les entreprises de ces réseaux sociaux. Le prisme de beaucoup d’entre elles est de se parer d’un RSE pour être perçue comme digitale. Seulement, le RSE ne résout pas tout et doit être plutôt appréhendée comme un outil facilitant la productivité et qui au contraire, ne l’incarne pas. Des entreprises comme Pernot-Ricard ont su prendre ce virage grâce à l’outil Chatter et à une bonne connaissance de ses communautés.

En effet, le soucis était de “développer nos marques et mettre en réseau nos 18 800 collaborateurs dans le monde », comme l’expliquait Olivier Cavil, directeur de la communication de Pernod Ricard. C’est ainsi que 4 types de communautés ont vu le jour au sein de ce RSE à savoir les collaborateurs entre eux, les groupes formés autour d’intérêts communs, par métiers et enfin par projets. Et les chiffres sont sans appel :  un taux d’utilisation de 60% de ses collaborateurs toutes les deux semaines, 87% de satisfaction par rapport à l’outil et près de 15.000 posts déjà publiés, d’après le journaldunet.

Ainsi, il faut raisonner les réseaux sociaux d’entreprise comme une solution technologique mais qui regroupe bien des personnes amenées à collaborer “physiquement”. De plus, pour mieux apprécier ces dits résultats par rapport à la productivité, il conviendra de revoir l’avancée de ces outils à moyen/long terme.

RSE : utilisation, efficacité et performance (tribune libre) was last modified: mai 20th, 2015 by Nicolas Laurent