Facebook innove (enfin) en publicité en suivant (encore plus) les consommateurs à la trace

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La sélection du jour…

Est cet article de business insider sur une innovation que Facebook lance dans le domaine de la publicité en ligne. Il est encore un peu tôt pour se prononcer sur la réussite future de ce nouveau service de Facebook, mais ce qui est indéniable, c’est que le géant des réseaux sociaux est en train d’innover, enfin, autour de la publicité dans les réseaux sociaux. Énième, et probablement ultime étape de la mercantilisation des réseaux sociaux, cette invention dénommée « partner categories » est en train de sonner le glas définitif du Web 2.0.

Partner categories, c’est la possibilité de, prédictivement, savoir non pas ce que vous aimez (“likez” en termes Facebook), ce qui n’a qu’un intérêt limité, mais ce que vous achetez ou allez acheter (parce que vous vous êtes renseigné sur un produit). À l’évidence, ce service va faire grincer les dents de ce côté-ci de l’Atlantique, et on peut imaginer notamment quel accueil va lui être réservé dans les pays particulièrement sensibles à la protection des données personnelles que sont l’Autriche et l’Allemagne par exemple. En France, où la proportion d’utilisateurs aux médias sociaux selon le Figaro, vient de passer les 80 %, on continuera de couiner et de râler, mais de de se laisser suivre à la trace, sans nul doute.

Ah ! le Web et ses bonnes vieilles métaphores guerrières …

Cette invention fait peur à Yahoo! (comme cela est indiqué dans l’article de business insider ci-dessous). La guerre est lancée, car le monde de l’Internet est friand de ces “guerres” : guerre des navigateurs, guerre des moteurs de recherche et des portails il y 10 ans, et maintenant guerre de la publicité. Et il n’y a pas que Yahoo! Car dans un sens, plus que Yahoo!, c’est Google qui est visé ; le champion de la publicité sur Internet. Grâce à ce nouveau système, Facebook tient enfin un moyen de concurrencer le géant américain de la publicité en ligne.

À moins que le caractère intrusif de cette personnalisation outrance n’ait un caractère plus contre-productif que productif. A voir également si le résultat de ce nouveau dispositif ne va pas finir par être stigmatisé par les utilisateurs, à la manière du retargeting, qui tend à vous proposer les produits que vous avez déjà visités en ligne de façon un peu insistante.

Ce qui est marquant ici aussi, c’est le renforcement de la tendance que nous observions déjà il y a quelque temps sur le mariage du commerce en ligne et du commerce physique. Les réseaux sociaux s’en mêlent également, c’est cela véritablement le social commerce et non pas les boutiques sur Facebook qui ont fleuri il y a 2 ou 3 ans et qui ont fait Pschitt!

Affaire à suivre donc…

Facebook Partner Categories

légende : cibler les clients sur la base de ce qu’ils achètent et non plus de ce qu’ils “likent” … (image marketingland)

Le produit anti-Yahoo! est enfin né – Business Insider

A l’Automne dernier, une source proche de Yahoo! nous a confié que Facebook était en train de travailler à un produit destiné à “nous [tuer]”.  Il nous disait :

“Il y a des rumeurs qui couvent à propos de la prochaine grosse opération qu’ils montent – un nouveau business qui viendrait concurrencer Yahoo! sur son produit publicitaire phare et qui nous tuerait”.

Ce produit est enfin arrivé. Il s’appelle “partner categories”. Il permet aux annonceurs Facebook d’afficher des bannières aux utilisateurs qui ont acheté, ou qui ont montré un intérêt prononcé pour l’achat, de catégories spécifiques de produits hors Internet : cela va des produits de grande consommation, aux voitures et au-delà. Ce nouveau produit Facebook est possible du fait d’un partenariat avec une entreprise appelée datalogix. Datalogix analyse l’utilisation des cartes de fidélité dans les magasins physiques.

Facebook est donc capable, et cela a un impact non négligeable sur la confidentialité des données personnelles, de dire qui a acheté environ 50 % de tous les produits de grande consommation vendus aux États-Unis.

Datalogix c’est aussi capable de suivre à la trace les gens qui ont donné des informations d’identification au vendeur à chaque fois qu’ils ont demandé des informations sur leurs produits.

via Yahoo-Killing Facebook Product Is Finally Here – Business Insider.

>> voir aussi l’aricle de Marketingland

Facebook innove (enfin) en publicité en suivant (encore plus) les consommateurs à la trace was last modified: janvier 16th, 2016 by Yann Gourvennec

5 idées du jour pour marketeurs et innovateurs

La sélection du jour …

Ce sont cinq idées que je vous propose en fonction de mes lectures et de ma veille du jour, des idées qui pourraient pour aider à lancer un nouveau projet, créer un nouveau projet, ou simplement vous divertir. Bon week-end !

Idée §1

La première idée vient de la Harvard Business Review qui vous propose ce « elevator pitch builder » un outil pour bâtir des argumentaires rapides. Simple et direct, il suffit de remplir les cases en 5 étapes :

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Idée §2

Ah qu’il est moche ! ce site bien marqué des années 1990, mais quelle bonne idée qui vous permettra, cher entrepreneur, ou marketeur, de ne rien oublier de votre prochain business plan. Une simple liste à cocher, avec des sous listes de contrôle (produit/R&D/investissements…). Simple et efficace, vous pouvez aussi en télécharger une copie PDF et vous avez même un outil interactif pour générer un plan stratégique dynamique, en remplissant les cases … et en l’adaptant après coup à votre cas particulier.

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Idée §3

Se remonter le moral et garder sa motivation en vérifiant que les grands hommes aussi ont eu des sceptiques en face d’eux

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Idée §4

S’imprégner de ces 15 conseils simples pour réussir son site Web (au cas où vous rencontreriez les esprits médiocres sus-cités, revenir à l’idée précédente)

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Idée §5

Parfaire votre boîte à outils avec SocialMedia Examiner. Il y a, comme toujours dans ces listes d’outils, à boire et à manger, mais cela permet de tester de nouvelles choses, comme Cyfe, un tableau de bord dynamique.

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5 idées du jour pour marketeurs et innovateurs was last modified: juin 21st, 2013 by Yann Gourvennec

« En innovation, tout est dans l’exécution » – avec Pierre Yves Chaltiel

idea-visionary-marketingSuite des notes prises lors de ma visite à Telecom Paristech du 13 juin 2013. Après la théorie, la pratique, avec cette mini-conférence donnée par Pierre Yves Chaltiel. Celui-ci a 57 ans et 32 ans d’expérience. “Avec cette expérience [il] a acquis des convictions mais pas de certitudes”. Il y a travaillé à Londres, puis chez Thales, puis chez Bull, dont il a été le directeur général avant de créer sa boîte de conseil en début 2013. Il nous livre ici ses réflexions sur l’innovation et ses conseils. Une belle leçon d’innovation avec des enseignements utiles et inspirants qui permettront au lecteur avisé d’éviter de croire que le processus peut tout faire dans l’innovation, et que l’inspiration et la motivation peut faire des miracles, notamment dans le cadre d’un objectif partagé, celui de concevoir des produits de rêve …

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Pierre-Yves Chaltiel : “de l’expérience, mais pas de certitudes”

Parcours d’un innovateur

Pierre-Yves Chaltiel a travaillé à Londres après avoir fini Supelec, puis il est revenu en France, à une époque où on « s’arrachait les ingenieurs ». Il est ensuite rentré chez Dassault (aviation) où il a travaillé sur les logiciels embarqués et toute la high-tech autour des avions de combats « dont la France est encore un des rares pays à maîtriser la constructions et la conception à peu près du début à la fin » a-t-il précisé.

Il a ensuite intégré Thomson CSF dont il a été patron de la division communication et sécurité (crypto et paiements) et mobiles et réseaux pour les militaires. Il a été président de Thales Optronics (recherches associées à la vision nocturne, la reconnaissance satellitaire etc.) puis patron de Thales aéroporté spécialisé dans les « contremesures » c’est a dire comment protéger les hélicoptères, par exempl, des menaces et les éviter.  Il a fini sa carrière dans le monde de la grande industrie, de  2010 à 2012, comme DG de Bull dans le monde de l’IT, du service et des super calculateurs.

Plus que la loi de Moore

“Le calcul est devenu une denrée rare” a dit Pierre Yves Chaltiel et “Bull est un des seuls fabricants mondiaux capable de sortir des calculateurs de plusieurs pétaflops”. De quoi faire tomber quelques préjugés ; finalement, il reste encore quelque chose de notre industrie informatique. Et la croissance est exponentielle, bien plus encore que ce qui est décrit par la loi de Moore : “le problème est que tous les scientifiques ont besoin de cette puissance de calcul mais en 2020, ils auront besoin de plus de 1000 fois plus !” Donc plus que la loi de Moore, et « nous serons capables de le faire en résolvant le plus grand défi qui est énergétique et non électronique a-t-il encore expliqué.

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Il s’est depuis le début de cette année mis à son compte en créant Quantic Move où il fait du consulting, du développement international (une grande faiblesse française a-t-il dit) et où il côtoie des entrepreneurs “ce qui est très enthousiasmant ».

Qu’est-ce qui fait l’innovation ? la mise en œuvre !

Le monde de la défense n’est pas particulier selon lui et il s’est posé la question de ce qui faisait l’innovation. « Tout est dans l’exécution ! » Car beaucoup de nos entreprises vivent sur l’importance de mettre en place des processus. Dan Pink (Tedx) a fait des études et a remarqué que c’est toujours quand une action n’est pas “incentivée” qui réussit à mettre en place les innovations.

Out of the box…

Selon M. Chaltiel, en innovation il faut sortir du référentiel car on ne sait pas innover sans cela :

  • Avant de développer des « processus » d’innovation qui ne marchent pas !  (cf. mon cours sur l’innovation de Dauphine sur les études comparatives des différents modes de management de l’innovation) ;
  • L’innovation ne se décrète pas elle ne se décide pas ;
  • L’innovation ne se développe pas dans les groupes où il n’y a pas de bien-être ;
  • L’innovation touche tous les domaines, pas seulement technologiques ;
  • L’innovation « produits » requiert du marketing et ce problème est souvent occulté dans les entreprises (peut-être devrait-o rajouter “françaises”). Et les marketeurs ne doivent pas seulement être des gens qui connaissent le client, mais qui savent imaginer ce que pourrait vouloir le client ;
  • Les équipes de R&D travaillent trop loin des clients et des commerciaux ;
  • Il est fondamental d’imaginer de nouveaux usages. L’innovation n’est pas QUE technologique, elle  est aussi une innovation d’usages mais il faut les 2 (se focaliser sur un discours d’usage sans la technologie sous-jacente revient à faire un discours sur le vide).

Le concept Samsung de produit de rêve (“dream product”) 

Dream products samsung galaxy nexus caseChez Thales, Denis  Ranque avait décidé que ses cadres devaient faire des voyages. Un voyage l’a marqué et c’était en Corée, il y a 4-5 ans chez Samsung : “ils ont expliqué qu’ils avaient mis en place la notion d’un dream product”. Pierre Yves Chaltiel nous en a dressé le protrait-robot :

  • Le “dream product” … :
  • Donne de la valeur au client ;
  • Bonne part de marché  ;
  • Bonne marge ;
  • Innovation ;
  • Discréminant par rapport aux concurrents  ;
  • Sans fautes ;
  • Génère de la fierté dans l’organisation.

Le profit de Samsung proche du CA de Thales

“Le profit de Samsung est proche du CA de Thales”. a-t-il ajouté ; ça doit vouloir dire quelque chose… “Et ils déposent en ce moment plus de brevets qu’ Intel en 2004”. Ils ont également mis en place des processus de sélection des produits très sévères.  En conséquence ils sont devenus leaders de la flash mémoire, et des mobiles dans le monde, entre autres produits (Samsung est un conglomérat industriel). Ils ont également une bonne position dans la télévision de future génération (dite SmartTV).

Autres exemples de « dream products » l’iPod, bien-sûr. Dans les critères de succès, il y a aussi la rapidité de l’exécution. Si Apple a raflé une bonne part du marché avec son iPod cela est aussi beaucoup dû à son Time to Market très rapide. M. Chaltiel “ne croit pas que Nokia puisse se réinventer” face à ce raz-de-marée américain. “Si on ne peut arriver premier on a perdu !” a-t-il précisé, même si l’histoire de l’innovation est remplie de contre-exemples.

Il faut aussi avoir une excellente connaissance du marché et des clients et aussi inculquer au personnel le goût de l’amélioration permanente.

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Il a donc donné des critères à son entreprise (Thales) afin d’émuler cette méthode et de se l’appliquer à soi-même. Voici les mots d’ordre qu’il a suivis :

  • Être premier sur le marché ;
  • Nos compétiteurs ne doivent pas l’avoir ;
  • Nous n’étions pas sur ce marché avant  ;
  • Nous avons un brevet qui nous donnent un avantage concurrentiel ;
  • Haute qualité et fiabilité ;
  • Maîtrise des croissances adjacentes ;
  • Support client de très haute qualité ;
  • Bénéfice client facile à comprendre ;
  • Créer un sentiment de fierté chez les employés ;
  • Utilisabilité et retour avec des success stories.

Au feeling

Mais qu’est-ce que tout cela a donné ? La méthode a-t-elle été efficace ? Je lui ai posé la question : “J’ai appris beaucoup sur le tas” a-t-il répondu, “j’ai pris une boîte dans le rouge et 3 ans après elle faisait de la marge ; ce n’est pas seulement dû à l’innovation mais cela a eu un rôle. Il y a eu aussi la motivation du personnel et le management au quotidien mais c’était un ingrédient important”.

Chez Dasssault il a été frappé par cette intervention de Serge Dassault au moment d’une prise décision quant à un investissement important « et n’oubliez pas que c’est avec mon argent que vous jouez ! » C’est une “leçon d’une importance capitale, car chaque innovateur”, a-t-il ajouté, “devrait penser qu’il investit son propre argent”, une chose qu’il n’a pas retrouvée chez Thales, mais le lecteur trouvera lui même d’autres exemples dans les entreprises qu’il voudra.

Les silos organisationnels sont moins nocifs que vous croyez !

« J’ai vu aussi de petites entités dans de grands groupes où les gens arrivent à mieux travailler ensemble et ça fonctionne mieux ». Les processus communs a-t-il enfin conclu, cela fait certes gagner de l’argent mais en fait, le fait que chaque silo invente ses processus, même s’il s’agit de duplications, est moins nocif que la perte de motivation induit par l’imposition de processus descendants.

Personnellement, je pense plutôt que la bonne formule est celle où les processus sont partagés mais incluent directement en leur sein une portion d’autonomie qui laisse la possibilité de créer aux employés.

Dans tous les cas voici une belle leçon d’innovation avec des enseignements utiles et inspirants qui permettront au lecteur avisé d’éviter de croire que le processus peut tout faire dans l’innovation, et que l’inspiration et la motivation peut faire des miracles, notamment dans le cadre d’un objectif partagé, celui de concevoir des produits de rêve …

« En innovation, tout est dans l’exécution » – avec Pierre Yves Chaltiel was last modified: juin 19th, 2013 by Yann Gourvennec

débat au G9+ : les opérateurs télécoms sont-ils des « dinosaures » ?

« Banks are dinosaurs » est une citation, jamais prouvée, souvent citée, attribuée à Bill Gates dès 1994 comme en témoigne cet article, véritable reliquat du passé jurassique de l’Internet. Et il est vrai que Microsoft, et Quicken ont remplacé les banques … Euh ! Non, finalement, ce n’est pas ce qui est arrivé [petit divertissement : voir ici le projet de lancement de banque par Microsoft]. Et il est vrai que les  “pure players” de la banque, arrivés de façon tonitruante sur le marché au début des années 2000 ont remplacé les “dinosaures”, c’est bien connu aussi. Ah ! Non plus ? ! Banque directe a été rachetée il y a 100 ans par Axa, ING Direct (leader en France de la banque en ligne, c’est-à-dire pas leader de la banque tout court) n’est pas spécialement indépendante, Eggbank a été rachetée par Yorkshire Building Society (une banque provinciale traditionnelle du secteur du crédit immobilier donc plus dinosaure on meurt), Zebank a fait long feu, elle-même rachetée par Egg (UK), elle fut purement et simplement fermée en 2004. OK ! Il y a Bforbank (Credit Agricole, encore un “dinosaure”) et Boursorama banque … filiale de la Société Générale ! CQFD. Si tant est  qu’on décrive ce qu’est réellement un dinosaure, au-delà de l’effet comique.

Alors, que penser de ce débat au G9+ auquel je vous encourage d’aller, le 24 juin à 18h30 à la maison des arts et métiers avenue d’Iena à  Paris ? Certainement qu’il est intéressant et propre à susciter les réflexions.

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Digiworld Yearbook 2013

digiwordEn guise d’introduction, je propose que nous nous replongions dans la littérature (fraîche) du rapport Digiworld Yearbook 2013 de l’Idate qui vient de sortir, et qui dresse un panorama du secteur digital, avec un angle Telecom assez prononcé. Ce rapport est un classique de ce marché, et je ne saurais trop en conseiller une lecture approfondie. Alors, quels sont les enjeux dans les télécom aujourd’hui ?

  • Tout d’abord un environnement de crise, mais là, rien de nouveau sous le soleil, ce n’est pas particulier au secteur ;
  • Une errosion des valeurs (on l’a vécu en France récemment, mais dans la plupart des pays européens ce n’est pas nouveau ; en Allemagne, en 2012, 22% du marché des mobiles était déjà aux mains des MVNO; mais que dire du Danemark ou des Pays-Bas ou de l’Autriche et de la Suisse etc.) ;
  • Une montée en flèche des acteurs de l’Internet (voir ci-dessous, et aussi l’infographie complète  ici) alors que le marché du cœur du numérique (donc traditionnels comme les Telecom) sont plus à la peine : c’est surtout cela qui préoccupe le secteur, et sans doute ce qui doit justifier la bonne vieille analogie du “dinosaure” (on se demande bien ce que cela veut dire d’ailleurs, trop gros ou trop vieux?) …

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  • Doublée d’un jeu de Go avec  les nouveaux acteurs dits “OTT” (Over The Top). Over the Top, puisque c’est la signification de cet ATL (Acronyme en 3 Lettres ), ce sont les acteurs qui sont supposés créer la valeur au-dessus du réseau et non plus, comme cela était le cas par le passé (on pourrait débattre de cela d’ailleurs) via le réseau. On rappellera qu’en Anglais “Over The Top” se dit aussi de quelqu’un qui en fait un peu trop, un frimeur, en quelque sorte. Une expression fort intéressante issue … des tranchées de 1914. Les acteurs de l’Internet qui sont au top du hit parade de l’Idate sont-elles donc “absolutely over the top”? ;
  • Peut-être pas tant que ça. La vision de l’économie binaire, des perdants et des gagnants s’applique rarement. Car l’économie n’est pas un jeu à somme nulle. Même dans la photographie, symbole d’un secteur « désintermédié » où des géants du secteurs sont morts KO debout, voyez comment les acteurs traditionnels du secteur comme Nikon et Canon (et Minolta via Sony) ont bien résisté aux changements et même redéveloppé un nouveau business bien juteux, en rétablissant leur duopole leader. Certes, Ilford et Kodak font partie du passé. Mais il n’y pas de jeu à somme nulle où les sommes perdues par les autres = les sommes gagnées par les uns. C’est une vue idiote et simpliste de l’économie décriée par le Professeur Simonnot dans un livre fameux (Philippe Simonnot : 39 leçons d’économie contemporaine) ;
  • La preuve en image avec Vincent Bonneau de l’Idate :

http://i2.wp.com/blog.idate.fr/wp-content/uploads/2013/05/5_telco_vs_ott_equation.png?resize=450%2C268

Plus d’infos sur le Yearbook 2013 via cette présentation :

Alors, Dinosaures ou non dinosaures ? Sauf à jouer à se faire peur, je ne vois pas de honte à faire du business avec des services d’infrastructure. D’ailleurs, certains acteurs de l’Internet y sont venus et avec brio, c’est quelque part la preuve qu’il y a de la valeur dans l’infrastructure, et pas une opposition, artificielle, entre ce qui serait SUR le réseau (ou le data center) et DANS le réseau (etc.). Sans infra, donc pas d’Internet. Sans FAI, pas d’OTT. Sans une technologie de rupture, qui permette de se passer de l’infrastructure actuelle ou en cours de construction, pas de dinosaures. C’est un peu comme les pneumatiques du début 1900 dont on peut encore admirer la vieille usine quai d’Ivry, à l’école d’architecture de Paris. Le télégramme et le téléphone ont tué le pneumatique. La technologie, supérieure, a permis de rendre obsolète le réseau de pneumatique. Aujourd’hui, je ne vois pas de technologie de rupture émerger. Le Wimax ? Non. Le roaming Wifi ? Non.

Je ne crois donc pas à un fatalisme du secteur des Telecom. Il y aura certes, à terme, comme dans la photo, les Kodak et les Nikon. La question n’est pas celle d’un jeu à somme nulle, mais d’une transformation industrielle, dans laquelle il y aura les bons et les mauvais.

Quelque part, j’ai la sensation que c’est la conclusion à laquelle arriveront peut-être les débateurs du G9+.

A vos souris !

Grand débat organisé par le G9+: Quel avenir à l’horizon 2020 pour les opérateurs télécoms? RV le 24 juin à 18h30

Cinq personnalités majeures du secteur apporteront leur propre vision sur les évolutions à venir : usages, technologie, valorisation financière, aspects économiques et politiques, …

Côté scène : augmentation des usages et débits, mobilité, objets intelligents/connectés, virtualisation (cloud), hébergement applicatif … , une profusion de nouvelles offres à donner le tournis. Côté coulisse : une concurrence féroce entre les opérateurs télécom et les acteurs venant du web, dont le marché mondialisé et les autorités de régulation sont les arbitres. Dans un tel contexte, combien d’acteurs subsisteront d’ici 5 ans et quels seront leurs positionnements, leurs stratégies industrielles et les chaines de valeurs associées ?

Tradition « sans langue de bois » oblige, le G9+ vous permettra d’interagir avec eux, de challenger leurs visions et de déceler des opportunités personnelles, professionnelles et business pour les 5 années à venir. A l’issue de la conférence, un cocktail permettra de prolonger les échanges avec les intervenants.

Pour s’incrire en ligne, cliquer sur le bouton suivant :

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Fleche titre Intervenants
François Artignan, Head of Media and Telecom Finance de BNP-Paribas

  • Thierry Bonhomme, Directeur Executive de FT – Orange
  • Philippe Distler, Membre du Collège de l’Arcep
  • John Stratton, President de Verizon Enterprise Solutions
  • Richard Viel, Directeur Général des Opérations Commerciales de Bouygues Telecom
  • Animation : Yves Gassot, Directeur Général de l’IDATE

Cet échange sera animé par l’un des meilleurs spécialistes du secteur : Yves Gassot, DG de l’IDATE.

Date
le lundi 24 juin 2013 à 18:30

Lieu
Maison des Arts & Métiers
Salle la rochefoucauld
9 Avenue d’Iéna, 75016 Paris

Retrouvez dès maintenant la vidéo d’introduction sur G9plus.TV et réagissez !

Inscription par e-mail si problème avec inscription en ligne

débat au G9+ : les opérateurs télécoms sont-ils des « dinosaures » ? was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Telecom Ecole de Management lance son eMBA 100% digital et innovation

earth-smallHier soir, 13 juin 2013, j’ai bravé la grève et le froid sibérien afin d’assister à la présentation de l’executive MBA de Mines Telecom Paris (la réunion des 2 grandes écoles sous le nom de ParisTech). Le nom du MBA est “leading innovation in a digital world”. Didier Tranchier, Directeur du Programme MBA, nous a présenté le programme, sa spécificité et sa philosophie, 100% digitale et innovation.

Telecom Paris faisait partie du groupe Telecom (sur ses campus de Brest, Evry, et de Telecoms Ecole de management). Le campus de Telecom Ecole de Management est à Evry, mais depuis la fusion avec Mines (même si sur le Web tout cela paraît encore largement confus) le regroupement au sein de ParisTech l’ensemble constitue un des premiers campus européens fait du regroupement de 13 écoles d’ingénieurs (j’en compte beaucoup peu plus que ça sur le site Web, surtout si on ajoute les écoles associées).

Un nouveau eMBA, 100% innovation et digital

Il y a 6 mois, ils ont lancé leur eMBA, accrédité par Aacsb et AMBA (ce qui leur vaut le rang 41 sur la liste du FT des masters in managament) qui est entièrement centré sur l’innovation technologique. Selon Didier Tanchier, Directeur du Programme MBA, entrepreneur et business angel, il s’agirait selon lui du seul MBA en Europe basé sur l’innovation technologique.

Le système est très différent aux USA où on mélange à la fois science et business nous dit Didier. Ce n’est pas le cas en France où écoles de management et d’ingénieurs se tournent le dos. Et pourtant, pour innover, on le répète assez sur ce blog depuis la nuit des temps, il faut comprendre les 2 aspects. Le eMBA de Telecom Institut de Management reprend donc cet état d’esprit des grandes universités américaines pour aider à comprendre la numérisation et la transformation de l’économie via les technologies et l’Internet.

18 mois pour devenir un leader de l’innovation

Il y a dans ce eMBA des programmes similaires au MIT et Stanford selon Didier Tranchier. Un Executive MBA, c’est une pause offerte dans une carrière pour des personnes entre 5 et 15 ans d’expérience qui continuent à travailler et veulent rebondir. Le cycle dure 18 mois ; la prochaine promotion commence en janvier 2014 et finit en avril 2015. La formation est organisée en sessions de 3 jours qui ont lieu à l’ENST (Paris 13ème, rue Barrault) ou aux Mines de Paris (au Luxembourg, que les amis de Media Aces connaissent bien).  A la fin de chaque période un voyage d’étude est organisé. Le 1er voyage, sera Chennai (anciennement Madras) et Bangalore (2 villes très différentes). Le 2ème emmènera les étudiants en Finlande (à Tampere) et il y aua l’inévitable Silicon Valley. Chennai : c’est la nouvelle capitale de l’informatique en Inde. “On y recrute et on y garde le personnel plus facilement” selon Didier Tranchier. Ce ne sont pas forcément des SSII sous traitantes qui s’y implantent “mais des boîtes qui travaillent l’informatique de bout en bout”.

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Légende : Didier Tranchier lors de la présentation du eMba de Telecom Institut de Management

Apprendre aussi des erreurs des autres  …

Pourquoi la Finlande ? “C’est Nokia qui a fait décoller le téléphone mobile mais aujourd’hui Nokia a été éclipsé par Apple” a expliqué Didier Tranchier. La Finlande est pourtant un pays innovant avec un écosystème extrêmement riche. Un nouveau champion mondial va-t-il se développer en Finlande ? C’est toute la question, à laquelle les étudiants pourront tenter de répondre.

Pourquoi ne trouve-t-on pas Silicon Roundabout ni Tel Aviv dans ce programme ? Israël est la « startup nation » nous dit Didier Tranchier mais “son souci est qu’ils n’ont pas de clients locaux” même si la diaspora est très forte et très solidaire.  “Ils sont très forts sur la partie militaire vu la proximité avec l’armée israélienne”. Mais le “but n’est pas d’aller dans tous les endroits (il y a Berlin aussi, et ce serait même plus fort que Londres)”. Quant à la Silicon Valley, “elle commence à être déséquilibrée car le coût du développement est exorbitant et le modèle est en panne” même si la machine est loin d’être arrêtée, on en conviendra.

Aujourd’hui, Didier voit aussi beaucoup de startups venir d’Afrique et autres endroits où il n’y a pas d’infrastructure. De nouvelles perspectives s’ouvrent. Une affirmation confirmée le soir même par Richard Attias sur LCI, “la croissance de certains pays africains comme la Côte d’Ivoire approche de 10% et fait émerger de nouveaux chammpions, où malheureusement la pauvreté subsiste en parallèle” a-t-il dit en substance.

La France n’a pas à rougir

Master Class de Olivier EzrattyLe choix du mba est de comprendre ce qui se passe dans certains endroits mais pas de tout voir. La France n’a pas à rougir selon lui et elle est même bien positionnée notamment sur la R&D. Les profs viennent de France et de l’international (on y trouve Olivier Ezratty entre autres, qui est un de mes confrères auteur chez Kawa éditions).

Une originalité : enseigner le savoir-être

Une des caractéristiques du programme est d’insister sur le savoir-être et non pas se limiter au savoir-faire. Les aspects socio-culturels sont importants et le programme encadre les étudiants et incube aussitôt des startups. Sur la partie multiculturelle le programme traite aussi des sujets comme le management de s équipes à distance par exemple. La crise est une énorme opportunité selon Didier ;  “on est en train de reconstruire une nouvelle économie avec le digital a-t-il conclu”. Car la technologie créé aussi des marchés sans limites du moins sans limites visibles.

Le coût du programme

Il en coûtera 30k€ pour le programme. 10 étudiants seront recrutés sur la première promotion, et la limite “sera fixée à 20 étudiants dans le futur” a précisé Didier Tranchier. Les étudiants auront des origines diverses, avec des commerciaux, des ingenieurs et même des littéraires, des gens de startups et de grands groupes. Les cours sont livrés en Anglais par des professeurs français et étrangers.

>> pour s’inscrire au eMBA

Telecom Ecole de Management lance son eMBA 100% digital et innovation was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec