PME innovantes et grands groupes : une histoire d’amour ? #uemedef13

La question peut paraître évidente et pourtant … une conférence qui s’est tenue hier après midi aux universités du Medef nous a permis de nous poser les bonnes questions sur ce sujet. Voici donc en 2 temps la réponse à cette question : d’une part au travers du baromètre de la relation entre PME et grandes entreprises réalisée par PAC (voir la présentation ci-dessous sur mon espace Slideshare grâce à l’aimable collaboration de l’IE-Club) et des trophées de l’observatoire, qui remettaient les prix aux meilleurs binômes innovants PME/Grandes entreprises.

J’ai découvert pour ma part, l’IE-Club, une association loi 1901 formée dans les années 2000, chargée de promouvoir l’innovation dans les entreprises en rapprochant investisseurs/centres de recherche/grands groupes et PME et organismes publics. Cette initiative fort louable a en outre le mérite de patronner un baromètre annuel, qui en est à sa 8ème édition, et qui décrit l’état des relations entre grands groupes et PME.

La réunion, animée de main de maître par notre ami André Dan, a débuté par la présentation des résultats de l’enquête annuelle de l’observatoire par Arnold Aumasson, SVP de Pierre Audoin Consultants. “C’est la huitième année d’études sur un panel stable pour capter les tendances des relations entre PME innovantes et grands groupes” a commenté M. Aumasson.

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Arnold Aumasson de Pierre Audoin Conseil hier au Medef

une bonne et une mauvaise nouvelle

La mauvaise nouvelle, commençons ainsi et nous finirons sur une note positive, c’était quant on avait en 2012 12% d’interviewés qui jugent que la situation avec les grands groupes s’étaient dégradées. Ce chiffre est passé à 39%. La bonne nouvelle c’est Que 38% pensent que cette même relation s’est améliorée.

Environ 2/3 des PME interrogées réalise son CA avec les grandes entreprises.

Les deux éléments de poids dans cette relation sont la récurrence été la référence et cela ne change pas, mais ce qui change est la notion de taille qui prend de plus en plus d’importance et donc les PME doivent, de plus en plus, avoir une taille critique pour que leurs relations avec les grands groupes soient bonnes (les services achats n’hésitant pas à pénaliser les fournisseurs trop petits et/ou trop dépendants d’un seul client, ce qui a un effet redoutable sur certains petits fournisseur qui sont en phase de démarrage et se retrouvent dans une situation de poule et d’œuf).

Une diminution du facteur partenarial, des directions Achats de plus en plus impitoyables

La dimension partenariale, d’incubation tend à s’estomper au profil de la relation purement commerciale également. Pour ce qui est de la conquête internationale, les PME doivent toujours se débrouiller seules. Les 3/4 des PME déclarent également ne pas recourir aux organismes publics pour améliorer leurs relations avec les grandes entreprises. 2/3 des grandes entreprises ne s’estiment plus adaptées aux PME non plus du fait des règles d’achat qui évoluent notamment.

Les directions d’achat sont aussi impliquées dans les partenariats et mettent de plus en plus de règles et de processus qui viennent comiques la vie des PME. Au final, la situation est principalement bonne et positive, mais tendue.

La réunion s’est poursuivie par la remise des …

Trophées de l’observatoire de la relation grandes entreprises – PME innovation

les trophées étaient remis par :

  • Aurélie Barbaux, journaliste à l’usine nouvelle ;
  • André Dan, Challengy, également animateur de toute la présentation avec son habituelle joie de vivre communicative ;
  • Robert Kalocsai, software continuity.

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10 binômes ont été sélectionnés qui ont présenté pendant une minute où ils ont décrit leur partenariat. Voilà ce que j’ai pu capter de leurs présentations grâce à ma tablette :

  • ABB/myCO2 : partenaires dans l’efficacité du bâtiment et du Développement Durable (afficher les différentes consommations d’eau dans le bâtiment et les restituer de manière ludique). ABB groupe international est dans le comptage d’énergie. Cherchait à faire un démonstrateur dans le bâtiment et cherchait un partenaire flexible.
  • Bouygues construction/Ayudo : Ayudo travaille pour le groupe Bouygues depuis 2 ans. C que Bouygues est venu chercher c’est de l’adoption et de la réactivité pour proposer des solutions adaptées dans un délai très court. Bouygues a trouvé un partenaire avec qui avancer en confiance pour sortir des sentiers battus sur ses applications terrain dans le coeur de métier
  • Bouygues construction/Techniwood : Techniwood est une Startup qui a un système de construction bois.
  • Chronopost/mooville : muses développe des véhicules électriques, chrono post utilise des véhicules électriques depuis de nombreuses années et ont trouvé produit innovant et ils ont souscrit un partenariat avec la société Muse
  • Docapost/localeo : localeo est pionnier des systèmes de gestion citoyen. Dans ce partenariat Docapost a mis à disposition de la PME le réseau national de la Poste. Docapost est une filiale de la poste et souhaitait renforcer son offre de documentation numérique a disposition des élues locaux et s collectivités locales.
  • Sidetrade/Euler hermès : partenariat technologique et commercial basé sur une vision commune. Le succès est base sur les gains de temps et de ROI. Premiers succès commerciaux
  • Rueducommerce.com/generative objects : RDC a été créée en 1999 et a ouvert une galerie marchande en 2007. Ils ont trouvé à travers la PME l’ouverture d’esprit d’équipes techniques ouvertes et une opportunité de faire participer les fonctionnels et les techniciens.
  • Sanofi/groupe FG Design : le challenge était de répondre aux enjeux des achats chez Sanofi. Nécessité d’une relation à long terme et développer l’innovation
  • Sodexo/Linkbynet : infogérance ebusiness 450 collaborateurs, partis de zéro (2 collaborateurs) et se sont développés grâce à Sodexo et un partenariat de long terme. Choix d’un partenaire petit qui a accepté de prendre des risques et s’est lancé dans le cloud dès le départ
  • Veolia/incubethic : efficacité énergétique sur les sites industriels. Convaincre du patron au technicien sans oublier le côté comportemental qui est le point le plus important.

Les 3 catégories des trophées :

Initiative soutenue par La CDC et les prix ont été remis par Karen Le Chenadec, directrice du département développement numérique de la Caisse des dépôts et consignations. Les prix ont été remis dans 3 catégories différentes :

  • Industrie : Bouygues et Techniwood ont mis au point un dispositif de construction de maisons préfabriquées durables en 2 jours. Bouygues a aidé la société à obtenir la certification. C’est un gros investissement à dit son fondateur. Bouygues R&D mène une stratégie de partenariats notamment avec des PME innovantes, et plus particulièrement dans le domaine de la construction durable.
  • Logiciel : prix remis par Amaury de Buchet (au micro ci-dessous) à Euler Hermès et Sidetrade. C’est le mélange « d’une équipe innovante et sauvage avec les moquettes épaisses de la défense » pour innover dans le domaine du risque et de l’assurance crédit et une première vente a eu lieu au mois de juin. La solution commune « montre bien cette imbrication et qu’on s’implique à long terme ».

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  • Développement durable :  ce prix à été remis par Hervé Schricke, President du directoire de Xange Private Equity Co fondateur de l’observatoire. Il a été attribué à Chronopost et Muse. Le partenariat a été lancé il y a 4 ans, et Chronopost a pris 2 risques, un sur le produit innovant lui-même, et celui de confier son business modèle à son partenaire a dit le fondateur de Muse. Chronopost a essayé de ne pas appliquer des procédures d’achat trop strictes et le résultat est que Chronopost trouve ainsi des véhicules sur mesure adaptés à son besoin et Chronopost va tenter de les porter à l’international selon le représentant de la filiale de la Poste.

Les PME, moteur de la compétitivité de la France

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La conclusion a été faite par Philippe Lemoine (ci-dessus sur la photo), qu’on ne présente plus, qui a insisté sur l’importance du paramètre macro économique derrière la réalité micro économique, a savoir la compétitivité de la France au travers de ses PME. En France selon M. Lemoine, c’est que peu de startups sont rachetées par de grandes entreprises. On voit peu de deals comme ceux de Waze avec Google où le géant US s’est engagé de laisser le centre de R&D en Israël. “Les initiatives comme celles de l’IE Club vont dans le bon sens” selon lui et “le Medef les encourage”.

PME innovantes et grands groupes : une histoire d’amour ? #uemedef13 was last modified: août 30th, 2013 by Yann Gourvennec

Révolutionner la formation par le numérique : stratégie gagnante pour 2020 ? #uemedef13

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C’est la conférence de la rentrée pour ce blog et ceci dans le cadre des universités du Medef 2013, avec son nouveau President, Pierre Gattaz.

Le numerique c’est 3.7% des emplois en France seulement mais « cela touche tous les employés » a dit en guide d’introduction Amaury de Buchet ; et c’est pour cela que le medef a choisi le numérique comme thème des UE de cette année. Ma première conférence était donc logiquement dédiée à ce thème et notamment à comment le numérique peut devenir la « stratégie gagnante pour toutes les entreprises ». Si vous doutiez encore de l’importance du numérique, les quelques témoignages suivants vous aideront à comprendre l’importance de ce phénomène. Et encore une fois, se développe un paradoxe numérique, où la demande d’embauches dans le numérique est en plein essor, alors même que nos niveaux de chômage sont incroyablement élevés, et où pourtant les apprenants dans ces domaines et les offres de formations sont en régression depuis 2005 (un comble si on pense que la révolution du Web social est arrivée en 2004). De même, les experts de la formation insistent à juste titre sur la formation sur la durée de la vie (lifelong learning) et la fin de la formation par l’expert et le « sachant » alors que les amphis n’ont jamais été aussi pleins et que les formes de formation sont très traditionnelles et le restent.

20130829-103243.jpg Légende : de gauche à droite, Patrick Galiano, Diane Lubin et Amaury de Buchet, animateur de cette passionnante conférence

Mais les choses changent cependant dans certains pays qui sont sans doute en passé de devenir les champions numériques de demain : l’Allemagne, les pays bas et les pays nordiques ont déjà pris de l’avance en ces domaines. L’Espagne et l’Italie réagissent également, poussés par une crise sans précédente. Alors quid de la France ? André Richier de la commission européenne nous a incités à faire de même, nul doute qu’il ne faudra pas oublier cette recommandation si nous voulons « faire gagner la France en 2020 » (nom du programme d’action du Medef) !

Titre de la conference : Conquérir c’est transmettre

Intervenants :
Gregory Flipo, chief happiness officer Sikana
Alexis Christine Amara, Codingame
André Richier, commission européenne
Patrick Galiano, Cegos
Diane Lubin, Air France
Amaury de Buchet, comité innovation du Medef

Air France : transformer nos pratiques managériales en profondeur

Diane Lubin d’Air France a initié le débat en narrant l’histoire du numérique chez Air France, qui s’est développé au début sous forme de silos indépendants, mono canal, et au bout de 10 ans, l’Internet est devenu « le canal le plus important » et c’est ainsi que l’ensemble des directions ont été repositionne es début 2012 autour d’Internet. Ce qui est apparu comme une évidence c’est que l’ensemble des directions apportaient le support au client. L’ensemble du projet a été de ans former profondément l’entreprise et exploiter à fond la puissance du numérique dans un esprit beaucoup plus « démocratique » ce qui impose une réforme managériales en profondeur : les sachants ne sont plus les mêmes, les générations nouvelles et le monde collaboratif vient redéfinir la façons dont neufs travaillons.

Commission européenne : en matière d’emploi, une offre inférieure à la demande (carte savoirs numériques)

Nous avons remarqué un déficit quanti et quali en termes de postes non satisfaits dans le numérique : à partir de 2005 on a remarqué j’en baisse d’intérêt sauf en Allemagne ou en Pologne pour les formations numériques … (-30% au Royaume Uni !) Ceci au moment même où la demande augmente, ce qui crée un fort déficit. 70% des besoins non satisfaits sont dans les PME. C’est dans les pays développés et en Europe où les besoins sont les plus fortś l’inertie est dans les pays du Sud. Il faut donc avoir une politique qui prend les dimensions de formation, d’emploi, des compétences spécifiques et tout ce qui concerne les jeunes et les seniors (dimension d’inclusion importante). Les pays qui réussissent le mieux comme les pays bas, l’Allemagne et les pays scandinaves organisent des manifestations avec les entreprises et ils mettent des feuilles de route et des plans d’action. En France il y a des feuilles de route mais … Les organismes de formation ne sont prêts à aller de l’avant que si la demande est avérée. C’est donc un peu un problème d’oeuf et de poule. « Notre but n’est pas d’établir des curriculum » adit André Richier, mais d’établir des bonnes pratiques et d’inciter. (Carte de la commission européenne). Le pays qui a réagi le premier pour réaliser une coalition nationale, c’est l’Espagne, du fait de la difficulté de la situation actuelle. L’Italie a réagi aussi. La commission européen essaie de faciliter la mobilité. SAP a créé l’académie Cube en Allemagne également. Des « coalitions » publiques/privées s créent un peu partout pour faire avancer le savoir.

  • Pour le référentiel européen : ecompetence framework : http://www.ecompetences.eu/

Codingame : aider les entreprises à recruter les talents

Se réunir dans des communautés de codeurs passionnés, c’est la vocation de Codingame qui propose des challenges de programmation et ils mettent les jeunes en relation avec les entreprises qui reçoivent les classements des challenges avec les cordonnées de contact pour pouvoir recruter les jeunes.

Sikana : former le monde avec le digital

Ouvre des écoles en ligne (cuisine, musique etc.) où tout le monde peut se former gratuitement sur YouTube et tout le contenu sera bientôt traduit en 10 langues. Il faut apprendre à pêcher aux gens, plutôt que leur donner du poisson pour « les nourrir pour la vie ». C’est selon Gregory Flipo le vrai enjeu du développement. 2000 vidéos seront en ligne à la fin du mois, et en 10 langues, cela fera bientôt 20000 vidéos. L’entreprise est encore toute petite, incubée par ESCP, mais elle « se développe de manière exponentielle » a expliqué Gregory Flipo. Avec passion, il a expliqué que la formation était une des révolutions les plus importantes de notre époque. Le but n’est plus de remplir le cerveau des formateurs ni de remplir des amphis à outrance, mais de susciter des envies. M. Flipo insiste sur la notion de « lifelong learning ».

Cegos : le numérique a bousculé le monde de la formation

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Le numérique vient bouleverser les marchés. Et ceci est très marqué dans le marché de la formation car l’elearning est arrivé dans les années 2000. Patrick Galiano travaille à la Cegos depuis 5 ans et y est en charge de l’elearning. Les formations électroniques ont bouleversé la formation : l’accès à la formation peut se faire de n’importe où, le savoir devient quasiment gratuit, et aussi la production de l’information est aussi touchée par le phénomène du collaboratif (commentaires/débats/réécriture : le meilleur exemple étant Wikipedia, disponible en 270 langues). C qui ne change pas par contre, c’est l’assimilation et la mise en pratique du savoir à précisé M. Galiano. « On peut lire une vidéo de 5 minutes pour apprendre à bricoler, mais sans la pratique, rien n’est possible » a-t-il ajouté. Il faut s’approprier le savoir ! L’auto régulation est primordiale. Les MOOC (massive online open courses, voir opencourseware sur ocw.mit.edu et coursera.org, edx.org entre autres. ) sont des cours ouverts à tous et c’est passionnant, mais les limites sont celles « fixées par l’infobésité » et c’est là que Cegos est positionné. Il va y avoir aussi un besoin de plus en plus fort d’accompagnement, soit de la part de pairs, soit de coaches. Nous sommes sans cesse en train de nous adapter et faire face à l’incertitude et « il y a une notion de jeu qui est de plus en plus importante » a-t-il ajouté car les systèmes de jeu permettent de faciliter l’apprentissage en apprenant sans faire prendre conscience qu’on apprend. La question s’est posée de la complémentarité entre les modes numériques et traditionnels de formation ; cette question n’est pas nouvelle, au début du Elearning la question s’est déjà posée mais en fait, il y a toujours besoin d’un enseignant qui vient guider l’apprenant. Ce qui a changé fortement c’est le temps disponible pour la formation avec des clients qui veulent les mêmes contenus mais sur des périodes plus courtes. Il faut donc des moyens d’utiliser le numérique pour rapprocher l’apprenant du lieu de formation, et l’apprenant devient de plus en plus autonome mais cela ne fait pas disparaître le rôle du formateur selon Patrick Galiano, cela l’oblige à s’adapter.

Révolutionner la formation par le numérique : stratégie gagnante pour 2020 ? #uemedef13 was last modified: août 29th, 2013 by Yann Gourvennec

les grandes agences de communication sont-elles « digital natives » ?

Suite de mes comptes-rendus du social drink-up d’Adobe qui se tenait fin juin à la maison du Danemark sur les Champs-Élysées. Après la remarquable présentation de Jacques Froissant, la barre était placée assez haut, mais le défi fut relevé avec brio, comme à son habitude, par notre ami Nicolas Bordas, un des patrons d’agence que j’apprécie le plus, par sa compréhension du domaine digital, qu’il vit de l’intérieur, et qui n’hésite pas à prendre son bâton de pèlerin pour aller prouver l’importance de notre secteur à ses clients (notamment en juin, avec Media Aces).

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Nicolas Bordas et la vision agence de la transformation digitale

Et c’est vrai qu’il y a du travail ; nous nous en rendons compte en ce moment où nous bouclons, avec une série de relectures intensives, notre nouvel ouvrage la communication digitale expliquée à mon boss.

Alors, en ces temps où la transformation digitale est, et sera de plus en plus alors du jour des entreprises (il vous faudra attendre l’automne pour obtenir l’ensemble de la démonstration réalisée par notre travail livresque chez Kawa), peut-on considérer que les agences de communication se sont véritablement transformées, digitalisées, ou sont-elles restées des dinosaures de papier au service de clients qu’il faut plus rassurer que bousculer ?

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La réponse n’est pas aisée.

S’il y a une chose indéniable, c’est qu’il y a une véritable volonté de transformation, soit par de la réforme interne, c’est ce qu’a choisi comme voie TBWA, ou l’apport de véritables spécialistes du digital comme notre ami Dominique Delport chez Havas (qui nous a fait la gentillesse décrire la postface de notre livre) voire même par des politiques volontaristes de rachat comme c’est le cas chez Publicis. En fait, l’image du paysage des agences de communication est beaucoup moins caricaturale qu’on pourrait le croire. Ici et là, vous trouverez, notamment chez Publicis, d’excellents professionnels, et même parmi les meilleurs. Cela veut-il dire pour autant que l’entreprise en entier s’est transformée ? Probablement pas.

L’enjeu, pour la communication digitale et pour les agents de communication particulier n’est pas tant de se spécialiser dans un domaine qui reste un domaine d’expertise (on ne peut y échapper : à défaut de baigner dans le bain digital, comme le rappelle Pierre Philippe Cormeraie dans sa préface du livre, on n’y comprend rien, un point c’est tout) mais plutôt d’inspirer l’ensemble des métiers à l’intérieur de la communication afin qu’il se digitalisent tous. C’est d’ailleurs la voie impulsée par Nicolas Bordas dans son agence.

Le contexte et les différences de pays à pays

Mais avant tout, comme souvent, il faut se reposer la question du contexte et de la diversité culturelle et économique dans les différents pays. Si je me base sur une étude que je n’ai malheureusement pas le droit de partager avec vous, qui décrit le paysage de la communication digitale au Royaume-Uni en France et aux États-Unis, environ 50 % du marché français est aux mains d’agences de communication indépendantes purement digitales, pour seulement un peu plus de 30 % au Royaume-Uni et moins de 20 % aux États-Unis.

2 logiques qui s’attirent et se repoussent

Qu’est-ce que cela signifie ? En fait, dans le domaine de la communication digitale, il y a 2 logiques à la fois amies et ennemies qui se rejoignent et s’opposent en même temps. D’une part, la logique publicitaire du « message », du « coup publicitaire » et de la « campagne ». De l’autre bord, dans une démarche purement digitale, il y a l’approche du marketing du bouche-à-oreille, du bian digital et de la durée (si, si ! les vrais experts du digital savent se hâter lentement, à l’inverse des autres qui veulent tout tout de suite), en général l’apanage de sociétés plus petites, positionnées sur des marchés de niche, qui n’hésitent pas à travailler en corps à corps sur le terrain avec les internautes.

Celles-ci sont des « digital natives » qui sont agiles, impertinentes et pertinentes. Plus le paysage se resserre autour des grandes agences, plus la démarche publicitaire l’emporte, mais aussi, plus celle-ci se transforme … sans pour autant changer à 100 %. Il n’est pas question de rejeter la publicité, celle-ci est nécessaire et ne date pas d’aujourd’hui (quiconque a lu le bonheur des dames s’en souvient bien) mais bien de décrire des cultures qui sont un peu comme l’eau et l’huile, capables de se mélanger mais jamais de se fondre l’une dans l’autre.

Le paradoxe, c’est qu’en France le paysage des indépendants et en plus des importants, ce mélange se réalise d’autant moins. Mais bien sûr il y a des exceptions et je laisse donc la parole à Nicolas pour décrire le détail de sa démarche, qui se rapproche plus de celle d’une SSII que d’une agence de communication. Vision du futur, “coups d’innovation” publicitaires ou changement de métier, je vous laisse juger. Peut-être un peu tout ça à la fois ; c’est d’ailleurs une démarche qu’on voit se développer un peu partout (Tesco à Seoul, agence Cheil.com). à suivre …

1984 – Apple (par TBWA)

Nicolas Bordas : la vision agence, vue de TBWA

TBWA était l’agence d’Apple en 1984. Et Steve Jobs, en revenant dans l’entreprise a repris la même agence. Il y a eu 3 phases de transformation chez TBWA.

La première phase :

  • Pour une société de service, le premier but a été de trouver les bons profils. “Il y a eu l’école Publicis (acheter des savoir faire et les laisser vivre) et l’école omnicom (intègrer des profils digitaux dans chacun de nos métiers) et c’est ce qu’on fait : digitaliser partout et dans tous les services en recrutant des gens au cœur des agences, pas dans un coin mais au cœur du Système”. Il faut que des petites agences ouvrent des marchés avec des enjeux internationaux avec des enjeux de coûts de main d’œuvre non négligeables (faire en Inde c’est moins cher)
  • Donc les enjeux ont été de 1) digitaliser partout et 2) s’organiser
  • La limite : on ne peut pas avoir d’experts digitaux de chacun des métiers dans tous les pays,  il y a donc d’énormes limites.

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La deuxième phase : fédérer plus intelligemment ce qu’on fait dans le monde

  • Généraliste a une valeur faible, il faut être multi spécialiste
  • “On a fait du lego en spécialisant les agences dans le réseau en fonction de leur point de force en connaissant aussi leur faiblesse”
  • Ex : TBWA Finlande est dans le bureau de Rokio et a donc une expérience particulière dans le jeu et a même pu lancer des operations en partenariat avec eux
  • En complément des connaissances digitales de chaque agence, on a adoubé des Labs sur des compétences particulières démontrées. Sur chaque compétence distinctive (SEO, analytics, social media, data etc.) on a repéré l’agence idoine dans le monde. Chaque agence a un nom et certaines ont même inventé leurs propres noms. Ex : Pilot
  • Ainsi on va dans les pays idoines et on a des gens qui ont des expériences concrètes

le DAN : Digital arts Network, l’innovation communicante

  • On se rend compte, c’est la plus grosse découverte pour les agences de com, que c’est l’innovation communicante qui est l’avenir et donc on se rend compte qu’on est en train de remonter dans la chaîne de valeur : 1) on rentre dans le dur du commerce 2) les liens avec des startups innovantes devient un avantage concurrentiel
  • Ex : Cannes Lions, Adidas Neo ou TBWA Finlande a travaillé sur un moyen de rendre le shopping plus ludique et de faire passer la chaussure directement de la vitrine vers téléphone d’un simple geste, l’acheter et se faire livrer. Adidas a annoncé qu’ils allaient étendre cette innovation en Europe
  • Autre cas : Nissan au Japon. Est-ce qu’une voiture électrique ne pourrait pas alimenter une maison. Projet aerohouse:

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  • Il y a un énorme saut entre ce que sont le marketing et la com aujourd’hui et ce qu’ils seront dans 10 ans. Même si on écart des bouquins sur le marketing synchronisé personne ne le fait. L’enjeu pour Nicolas n’était pas le 360° mais le 365 jours par an …
  • La  difficulté est la maturité des clients car on est déjà trop en avance par rapport à nos clients et cette transformation digitale n’a pas de sens si elle est trop en amont (pas applicable pour les pris du ecommerce) 
  • Intervention de la salle : Limite : c’est de l’image ou de l’innovation ? La maison s’éclaire avec la voiture mais on ne peut plus revenir. Le risque étant de créer une déception par rapport au résultat. O est bombardé d’informations mais la difficulté est de faire le tri.
les grandes agences de communication sont-elles « digital natives » ? was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Sinek : le cercle d’or de l’innovation (golden circle)

La sélection du jour …

idea-visionary-marketing.gifEst cette superbe et motivante vidéo de Simon Sinek, qui a l’art de vous captiver en vous apprenant 1 seule chose et en vous démontrant qu’il a raison plusieurs fois au cours de la même vidéo. Aussi impressionnant pour ce qu’il dit que pour la façon dont il le dit. Sinek est à l’origine du concept de “Golden Circle of innovation”.

Le cercle d’or de l’innovation est quelque chose de simple, et comme souvent, ce sont les choses les plus simples qui sont les plus efficaces, même si la simplicité réside surtout dans la présentation et l’élocution d’un orateur de classe. Le phénomène en question est une explication du leadership, de l’innovation et de la raison pour laquelle les vrais leaders réussissent à innover et à passer le gouffre de Geoffrey Moore (voir ci-dessous), de convaincre la majorité. Ceci, non pour une forme d’innovation en particulier, mais quoi qu’ils fassent. Sinek prend 3 exemples très différents :

  • Jobs chez Apple [“car tout le monde pourra comprendre cet exemple là” dit-il, en substance] ;
  • Martin Luther King [“qui a partagé un “rêve” et non un “plan”] ;
  • et les frères Wright [qui ont réussi à faire voler un avion alors qu’ils n’avaient rien, pas d’argent, et même pas l’éducation, pour réussir].

Crossing the Chasm par Tom Fishburne

La vidéo de Simon Sinek
Golden Circle of innovation
The Golden Circle of Innovation – Simon Sinek

L’astuce ? Elle est simple, du moins en apparence : il suffit de se focaliser sur le “pourquoi” des choses, et le reste suivra. Or, nous (les marketeurs) nous centrons sur le “quoi” et le “comment” des choses : nous nous appesantissons sur les caractéristiques plus ou moins intéressantes – la plupart du temps pas intéressantes du tout – de nos produits, alors que nous oublions une chose essentielle : pourquoi nous les faisons, dans quel esprit, avec quelle vision.

Comme toutes les choses simples, c’est bien entendu ce qu’il y a de plus compliqué à réaliser : d’une part, cela ne veut pas dire que vos produits doivent avoir n’importe quelle caractéristique (Jobs – et Ives – était un obsédé du produit et de la qualité mais il le faisait avec une vision) ; cela ne veut pas dire que vous serez capable d’avoir une vision (en fait la plupart des gens sont obnubilés par les détails et n’ont aucune capacité d’abstraction) ; et enfin, toutes les visions ne sont pas bonnes (il y a des tonnes de visionnaires qui sont vus – et resteront vus à jamais – comme des illuminés qui prêcheront dans le désert).

Avoir de la vision, de la capacité d’inspiration, d’innovation, de mobilisation, cela ne s’apprend pas, il faut plus qu’une recette pour être innovateur ; c’est un état d’esprit, une tournure d’esprit, “a way of life” diraient les anglophones. Et il ne faut pas avoir peur de déplaire pour cela …

Merci à Séverine Ghys de webrédacteurs d’avoir partagé ce lien avec moi.

Sinek : le cercle d’or de l’innovation (golden circle) was last modified: avril 27th, 2016 by Yann Gourvennec

La communication digitale expliquée à mon boss dans la dernière ligne droite

book-new-smallNos lecteurs ont failli attendre, mais qu’ils se rassurent, il n’y en a plus pour bien longtemps. Le manuscrit de la communication digitale expliquée à mon boss a été remis à l’éditeur, ou plutôt à sa relectrice cette semaine. L’ouvrage est une somme de la communication digitale, basé sur l’expérience de ses 2 auteurs, bourré d’exemples, d’anecdotes, de références et de liens. Il a déjà été relu 5 fois par 4 relecteurs différents, avant même d’avoir été envoyé à l’éditeur afin d’assurer une qualité de lecture maximale. C’est pour cela que nous avons pris un peu de retard et qu’au lieu d’un lancement en Juin, nous ne publierons le livre final qu’à la rentrée 2013. Encore une nouveauté : le livre sortira également (en format électronique) en Anglais sous le titre Mastering Digital Media Like A Boss, Beyond Social Media. La version anglaise sera revue un peu plus tard. Elle est rédigée en partenariat avec Futurity Media à Londres.

Sortie prévue : automne 2013

imageCet ouvrage est un véritable concentré des expériences des deux auteurs, pionniers du Web et des médias sociaux en France et en Europe. Il devrait compter environ 500 pages, et est rempli d’exemples, de méthodologies, de schémas, de paroles d’experts, de témoignages de grandes entreprises et illustré par Mathias Bergeaud. Il s’agit d’un ouvrage collectif de l’association Media Aces, sous la direction de ses co-fondateurs, Hervé Kabla et Yann Gourvennec.

Pourquoi ce livre ? Quel angle d’approche et pourquoi la communication digitale ?

Deux ans et quelques mois après notre premier ouvrage, qui connut un franc succès auprès de tous ceux qui se sentaient concernés par l’arrivée des médias sociaux en entreprise, voici donc un nouveau pavé, quelques centaines de pages, quelques centaines d’heures passées à compiler informations et témoignages, sur un sujet bien plus vaste que le précédent : la communication digitale. Avant de vous lancer à la découverte des quelque 90 chapitres de cet ouvrage, voici quelques mots pour vous aider à en tirer le meilleur parti.

Ce livre se veut un guide pratique de la communication digitale en entreprise, expliquée par ceux qui la pratiquent réellement tous les jours sur le terrain. Il ne s’agit pas d’un ouvrage théorique sur la question, même si pourrez trouver, çà et là, des développements plus généraux destinés à éclairer la méthodologie ou la réflexion sur la communication digitale. Ces développements plus théoriques ne sont que le résultat de l’expérience des praticiens interviewés ou de la nôtre, remise en forme et ordonnée de façon à la rendre utilisable et accessible à tous.

la communication digitale expliquée à mon boss

Puisque nous en sommes dans les préliminaires, évacuons tout de suite un problème qui nous a bien ennuyés lors du lancement de l’ouvrage : doit-on dire « digital » ou « numérique » ? Le problème n’est pas si trivial à un moment où la langue française est en pleine mutation. « Digital » est un barbarisme, bien-sûr et nous sentons venir les critiques, partiellement justifiées, qui nous fustigeront pour ne pas avoir utilisé son équivalent, plus correct. Mais sa présence dans le dictionnaire le trésor de la langue française informatisé d’une part, et d’autre part le fait que la pratique s’oriente vers l’utilisation systématique du vocable « communication digitale » nous a fait pencher pour ce terme. Nous utiliserons donc « digital » la plupart du temps et à d’autres moments, « numérique » comme un synonyme.

Nous avons donc conçu ce livre en nous basant sur notre propre expérience de la mise en œuvre de la communication digitale au sein des entreprises, une démarche bien plus ardue que celle qui consiste à regarder les choses de l’extérieur. Dans ces pages, vous trouverez donc uniquement du concret et du réel, éprouvé sur le terrain, avec une forte dose de conduite du changement. Le responsable – ou futur responsable – de la communication digitale en entreprise doit être capable d’aller au-delà de la simple session de « brainstorming » et de diagnostic / recommandations : il doit aussi et surtout mener une conduite du changement et enfin, vivre avec ce changement, afin de le porter et de l’inscrire dans la durée.

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La communication digitale expliquée à mon boss dans la dernière ligne droite was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec