Moteur de recherche : Internet redevient humain

Il y a quelques mois, Michael Kohen, co-fondateur du « moteur de recherche humain » Askwonder a visité nos locaux à Paris. Il a débattu avec Yann Gourvennec de l’évolution de la recherche sur Internet. Est-elle plus efficace aujourd’hui, ou lorsque l’homme intervenait ? Aujourd’hui, pour n’importe quelle question, on se tourne vers notre moteur de recherche préféré, Google, qui a la réponse à tout. Est-ce vraiment la solution la plus pratique lorsque l’on est chef d’entreprise et que l’on a pas vraiment le temps de regarder tous les résultats de recherche ? Nous vous présentons aujourd’hui un concept qui a retenu notre attention, le moteur de recherche humain. 

Retour au moteur de recherche humain

moteur de recherche humainAvant le Web, le savoir et l’information se trouvaient dans les bibliothèques physiques. On marchait dans les différents rayons, on s’arrêtait pour consulter les titres des livres, chercher des auteurs, consulter les index et tourner les pages à la recherche de l’information précieuse qui nous manque…
 Maintenant que tout  est disponible en ligne, l’aide et le suivi de la bibliothécaire a disparu petit à petit, et l’on est désormais seul face à son ordinateur, les allées de la bibliothèques ont été remplacées par une simple barre de recherche et l’on scroll désormais les pages de contenus comme on feuilletait autrefois les pavés.
Le concept apporté par Michael Kohen, et c’est ce qui a retenu notre attention, est d’utiliser le digital tout en y réintroduisant l’élément humain, qui est importantissime dans toute recherche. Combiner les deux approches, à la fois la puissance de calcul illimitée des machines et l’itelligence humaines que la meilleure des IA ne peut égaler, semble, au moins en théorie, le meilleur des deux mondes.
Moteur de recherche : Internet redevient humain was last modified: septembre 19th, 2016 by Mia Tawile

Retraites : Agirc Arrco dope sa relation « clients » au digital

simulation retraires

Le 19 mai je me suis rendu à une soirée organisée par Agirc Arrco, l’organisme en charge de nos retraites. Attiré par le nom de l’entreprise – que j’ai appris à mieux connaître sur place – dont je suis affilié à double titre, celui de cotisant et celui de chef d’entreprise, je connaissais Agirc Arrco pour avoir vu des papiers de temps en temps qui m’annonçaient et me promettaient une retraite dont l’arrivée me paraissait aussi hypothétique qu’annonciatrice de lendemains qui déchantent. Je dois avouer que j’ai été agréablement surpris par l’accueil de nos hôtes et surtout cette volonté de nous convaincre que nous étions des « clients » et non de simples cotisants et que notre partie du gâteau pourrait bien arriver plus vite qu’on pense et plus grosse que prévu. Voilà une bonne nouvelle qu’il me fallait résumer en ces quelques lignes que voici et qui redonneront du baume au coeur, je l’espère, à tous ces cadres qui ont cotisé pendant des années pour payer la grasse retraite de leurs aînés et qui n’attendaient plus rien d’un système qu’on disait en faillite. Place à mon entretien exclusif avec François Xavier Selleret, Directeur Général d’ Agirc Arrco.

Agirc Arrco paie vos retraites

Qu’est-ce qu’Agirc Arrco ? Tout simplement l’organisme paritaire (c’est-à-dire géré conjointement par le patronat et les syndicats) « qui gère la retraite complémentaire de 30 millions de Français » nous a expliqué François Xavier Selleret. Ces 30 millions de Français pouvant être répartis entre 18 millions d’actifs et 12 millions de retraités. C’est donc Agirc Arcco ( en soit le rapprochement de deux organismes différents qui bientôt changeront de nom pour n’en plus faire qu’un) qui est chargé de verser les retraites de toutes ces personnes. Et donc probablement les nôtres d’ici un certain temps. Or chest bien là que le bât blesse, car la plupart des influenceurs qui étaient invités autour de la table, n’avait pas l’air de croire qu’ils auraient jamais une retraite. D’aucuns, parce qu’il ne souhaitait pas et voulaient « travailler jusque la mort », d’autres, dont je faisais partie, car il pensaient jamais ne pouvoir en toucher.

En outre, les rumeurs vont bon train sur la soi-disant « faillite » des retraites. François-Xavier Selleret a tenu absolument à nous rassurer sur ce point : « on a dit cela effectivement il y a un certain temps, mais depuis le 30 octobre 2015, les partenaires sociaux se sont mis d’accord pour assurer la pérennité des retraites ». On est bien obligé de le croire, mais cela semble plutôt une bonne nouvelle pour tous ceux qui comme moi cotisent depuis plus de 30 ans et qui aimeraient bien pouvoir en toucher un bénéfice un jour ou l’autre. Mais ce n’est pas tout, car pour pouvoir rassurer la population sur sa capacité les retraites, François-Xavier Selleret nous informe qu’un fonds spécial de 60 milliards d’euros a été mis de côté par l’organisme paritaire. Qu’est-ce que cela veut dire ? Si j’en crois le directeur général d’Agirc, il s’agit d’une réserve monétaire qui permet de payer les retraites des Français pendant un an, même au cas où plus personne ne travaillerait et où les cotisations seraient tombées à zéro. On se doute bien qu’il s’agit d’un cas extrême dont la probabilité est quasi nulle.

retraites -simulation

Le simulateur est assez simple et efficace. Il faut juste le trouver ce qui n’est pas encore très aisé. Pour vous y aider, voici le lien : https://services.agirc-arrco.fr/accueil 

Ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans l’approche d’Agirc, c’est surtout cette démarche de renouer avec ses « clients ». Le mot n’est pas anodin. Il me fait penser à cette période que j’ai connue, où Michel Bon officiait à la tête de France Télécom. Un patron d’une grande valeur que j’ai beaucoup apprécié, mais qui a malheureusement toujours eu des problèmes avec la finance. Son mérite, chez l’opérateur historique était d’avoir amené cette notion de client (et non d’usager), ce qui a permis au France Telecom d’hier de devenir l’Orange de demain. La démarche de François-Xavier Selleret est similaire, même si elle va encore plus loin, en considérant les cotisants et retraités, qui stricto sensu n’en sont pas, comme des clients. Ceci implique le sens du service et un devoir d’information envers ces fameux « clients ».

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Retraites : Agirc Arrco dope sa relation « clients » au digital was last modified: juin 9th, 2016 by Yann Gourvennec

5 révolutions des télécoms et de la communication unifiée

Les télécoms sont en pleine ébullition, et le marché évolue tous azimuts. Nous assistons en effet à l’aboutissement de concepts que j’ai vu naître à la fin des années 90 quand j’ai rejoint ce secteur. On y parlait déjà à l’époque des communications unifiées : c’est-à-dire la possibilité de rassembler toutes les communications au travers de divers canaux (téléphone-mobile-ordinateur, pager à l’époque etc.) et d’unifier les messages. Mais c’était bien trop tôt à l’époque. Il fallait attendre en effet que les utilisateurs évoluent dans leurs comportements et qu’ils se soient habitués complètement aux nouveaux outils qu’étaient Internet et le mobile. Le Smartphone, né quelques années plus tard (les premiers PDA connectés Qtek sont arrivés sur le marché en 2002) et réinventé par Apple en 2007 ont permis de faire adhérer les utilisateurs à ce principe de convergence, car ces appareils alliaient déjà Internet et téléphonie, et tout cela en mobilité. 15 ans plus tard, le concept mûrit et les télécoms vivent une véritable révolution. Dans cette interview, Erwan Salmon (photo), directeur général d’Avaya France, nous décrit les 5 révolutions des télécoms autour de la convergence.

Première tendance des télécoms : l’entreprise devient mobile 

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Ce critère a une importance croissante, variable en fonction du type d’entreprise et de sa localisation. Si l’on prend les forces commerciales ou même les fonctions support (qui sont proches du client), on s’aperçoit qu’elles sont équipées en mobilité. Les estimations se situent entre 60  à 80% des employés ayant ce type de profil, et qui aujourd’hui basculent de façon massive dans la mobilité. Il y a cependant encore un grand décalage avec les pays du nord de l’Europe et les Etats-Unis et on s’aperçoit que malheureusement l’Europe du Sud (dont la France fait partie dans la terminologie anglo-saxonne, NDLR) est moins propice au changement que les pays anglo-saxons. C’est culturel, et il y a toujours un petit décalage de quelques années (environ 4 ou 5 ans) entre la France et les pays anglo-saxons.

Ce monde qui devient mobile induit une transformation des comportements, car les applications que vous aviez avant sur votre poste de travail se retrouvent sur votre Smartphone, votre tablette et de ce fait les entreprises doivent réadapter la façon de développer leur logiciel et d’organiser le travailler, puisque cela a de fortes répercussions en termes de sécurité, de mobilité et d’ergonomie (vous n’avez pas le même espace sur un smartphone que sur un PC).

télécoms
Télécoms : cela a pris près de 20 ans, le mobile aura bientôt eu raison des bons vieux téléphones

Deuxième tendance des télécoms : le bon vieux téléphone en voie d’extinction

On s’aperçoit qu’il y a une lente érosion des ventes de téléphone. On se pose désormais la question de l’utilité puisque la plus part des employés sont équipés de smartphones et utilisent leur PC comme terminal de communication, avec des logiciels de communication aux fonctionnalités avancées. Il y a des réflexions profondes à avoir sur l’utilité du téléphone : il y a encore des personnes qui utilisent le téléphone, mais les nouvelles générations ne seront pas beaucoup perturbées sans téléphone. C’est un changement qu’on voit au niveau mondial : la vente de téléphone hardware est en diminution constante depuis quelques années. La répartition de notre chiffre d’affaire dans ce segment a baissé puisque nous faisions en 2010, près de 50% de chiffre d’affaires en hardware, contre 28% en 2015. Il y a un basculement important de la partie logiciel au détriment de la partie hardware : cela provient du fait que nos solutions aujourd’hui sont complètement virtualisées.

« Nous faisons 28% de notre CA en Hardware en 2015, contre 50% en 2010 »

Erwan Salmon Lire la suite

5 révolutions des télécoms et de la communication unifiée was last modified: mars 3rd, 2016 by Yann Gourvennec

Innovation : quatre secrets du succès de la Silicon Valley

Berceau des géants du net, véritable mine d’innovation, centre névralgique des nouvelles technologies, la Silicon Valley est une source de fascination pour nombre d’entreprises qui rêvent de découvrir les secrets de cette réussite. C’est le but du livre écrit par Guillaume Villon de Benveniste, intitulé Les secrets des entreprises de la silicon valley : innover pour devenir leader et paru aux éditions Eyrolles.

On entend beaucoup parler de la Silicon Valley, comment peut-on la décrire ?

On peut la définir comme l’épicentre mondial de l’innovation. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a 120 ans, la Silicon Valley était à Paris, ici dans le neuvième arrondissement. On imaginait à l’époque que depuis l’Avenue de l’Opéra, qui était très large, on pourrait y faire décoller des avions !

Silicon Valley
Quels sont les secrets pour que les efforts d’innovation réalisés par les entreprises portent leurs fruits ?

Nous allons parler des entrepreneurs de la Silicon Valley. As-tu fait un choix parmi ces entrepreneurs ? Est-ce la bio-Tech ? La Hi-Tech informatique ?

Je n’ai pas de choix particulier, mais je me suis beaucoup inspiré d’Apple, car cette entreprise a réalisé une performance sans égale en matière d’innovation, sur la dernière décennie. Je me suis également inspiré de la façon d’innover dans la Silicon Valley. On pourrait en apprendre beaucoup en France. L’objectif est d’expliquer ce que les gens font dans la Silicon Valley, et la façon dont ils réussissent l’innovation là où nous avons peut-être quelques difficultés.

Quels sont ces secrets ?

Il y en a quartre :

Le premier secret, qui nous concerne, je pense, nous Français, est de se convaincre que le vecteur de compétitivité majeur, c’est l’innovation. Je dis cela car si l’on se penche sur nos 30 dernières années France, les coûts sont rationnalisés, vont dans les pays émergeants, vers les fusions et acquisitions etc. Dans la Silicon Valley, on s’aperçoit qu’il y a une foi dans l’innovation, pas juste parce que l’on trouve que c’est sympa d’innover, mais car il y a une compréhension de sa fonction économique et de son apport en compétitivité.

Le deuxième secret est de donner un sens à ce qu’est l’innovation. Il y a différentes façon de donner un sens, et l’écueil qui est le nôtre en France est, de mon point de vue, que l’on est capable de faire de nouvelles choses que personne n’achète. On fait ce que j’appelle de l’invention, sans avoir cette culture commerciale. Dans un processus d’innovation la première question est : « qu’est-ce qui va déclencher l’acte d’achat ? ». C’est quelque chose que l’on a moins l’habitude de faire en France. Les entreprises de la Silicon Valley sont moins focalisées sur la technologie et plus sur ce qui fait qu’un client va acheter.

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Innovation : quatre secrets du succès de la Silicon Valley was last modified: janvier 25th, 2016 by Cédric Jeanblanc

Prédictions 2016 : le passé promis à un bel avenir

Je ne vais pas vous casser les pieds avec mes prédictions de 2016

Je vous propose à l’inverse une lecture à rebrousse-poilsles héros des prédictions de certaines prédictions des gourous du Web, prises ici et là et passées au crible de mon analyse. C’est même l’objet d’un double article publié sur le blog de mon client Zebaz. La nouvelle année est arrivée, effaçant la précédente, que nous n’aurons pas de mal à oublier tant elle a été difficile sur le plan humain. Passons. Profitons-en pour souhaiter une bonne et heureuse année, bien plus heureuse, à nos lectrices et lecteurs, même si elle commence mal, avec l’annonce du décès d’un musicien aimé de (presque) tous, David Bowie (la visite est d’ailleurs terminée). La liste des décès des vedettes des années 60-80 ne fait que commencer, nous assistons certainement à la fin de la période des grandes stars universelles. Voilà ma première prédiction, mais elle est certainement le fait d’un biais d’observation. Il y a peu de chances pour que mon fils sache qui est David Bowie, et encore moins qu’il me chante par coeur “We could be heroes, just for one day…” (est-ce là le but de nos prophètes du marketing ? Devenir les héros d’un jour ?). C’est cette réflexion qui m’a mis sur la piste de cet article : tout le monde nous gratifie de ses prévisions marketing de l’année, mais que valent-elles ? Quel regard porter sur ces idées, et quelle valeur leur accorder ? Je vous propose un petit tour de piste de l’innovation, et enfin, je vous inviterai à lire l’article complet.

L’hyperbole des prédictions et du marketing

On ne peut nier une certaine tendance à l’exagération dans les prédictions qui fleurissent ici et là sur Internet. Non qu’elles ne soient pertinentes. J’ai notamment beaucoup apprécié les annonces sur la transformation digitale de notre ami Duperrin. Bon, c’est Bertrand, en même temps, on connaît le bonhomme et on sait qu’il est pertinent. Si on omet le visuel un peu prédictif, il a quelques mots saignants sur les CDO qui me rappellent des souvenirs. A part cela, on sait que le monde du marketing et de la high tech sont des habitués de l’exagération et de l’hyperbole. On y aime les superlatifs, les mots anglais (souvent vides de sens comme le dit le visuel). Le tout est de garder les cheveux bien attachés derrière la tête ce qui, vous en conviendrez, est un exercice particulièrement périlleux pour ce qui me concerne.

prédictions marketing
pour faire de bonnes prédictions marketing, il faut garder les cheveux bien attachés derrière la tête. C’est pour cela que je n’en fais pas !

L’exercice annuel – pourquoi annuel d’ailleurs, est-ce à ranger aux côtés des bonnes résolutions de début d’année ? – des prédictions marketing est donc un pensum auquel nous avons tous droit. Pourtant, un regard critique sur ces prédictions me semble salutaire. Car les innovations ne sont pas linéaires, et encore moins binaires. Comme nous l’avons déjà démontré au travers de la critique de l’ouvrage de Scott Berkun intitulé “Les Mythes de L’innovation”, les chemins de l’innovation sont souvent impénétrables et appellent à l’humilité. La récente lecture de Wired World 2106(UK) à l’occasion de mon dernier voyage à Londres, m’a permis encore d’aiguiser les réflexions que j’ai développées dans l’article du blog de nos confrères nantais.

Prédiction : le monde de demain ressemblera au monde d’aujourd’hui et d’hier

Le titre n’est pas de moi. Il est de Russell Davies, le monsieur digital du gouvernement britannique. Son propos est simple : les innovations arrivent lentement, les comportements changent lentement, nos sociétés développées ne sont pas bouleversées, sauf à la marge.

prédictions et innovations
prédiction : nous sortirons un livre blanc sur l’innovation conjointe en 2016 (oui cela est une vraie prédiction) – graphique issu de notre prochain livre blanc

Un peu radical le bonhomme. Mais en fait il n’a pas complètement tort. Placez vous en haut des champs Elysées et regardez autour de vous. Maintenant, faites un rembobinage de 30 ans et retrouvez-vous au même endroit en 1986. Que voyez-vous. Hmm. Si on devait faire un film sur le monde qui a changé autour de nous en passant les années à l’accéléré sur les 40 dernières années on s’ennuierait un peu. Sans doute que si on enlevait Internet (et le sempiternel SmartPhone, qui n’est d’ailleurs qu’une évolution lente et prévisible de la téléphonie et aussi de la communication radio telle qu’on la pratiquait déjà pendant la 2ème guerre mondiale) on ne trouverait pas grand-chose. Et souhaitons que les nombreuses atteintes à la net neutralité de ces dernières années ne viennent pas mettre fin à cette belle et fondamentale innovation, qui est aussi devenu un de nos droits les plus ouverts à l’expression et d’accès à la connaissance. Ceci étant, Russel Davies a du travail. Finalement, les petits français, tout grognons qu’ils sont, sont bien meilleurs en e-government que les britanniques, selon le rapport 2014 des nations unies. Nous attendrons le prochain rapport avec impatience. Lire la suite

Prédictions 2016 : le passé promis à un bel avenir was last modified: janvier 12th, 2016 by Yann Gourvennec