Marketing du contenu : 3 conseils à suivre et 5 pièges à éviter pour ses livres blancs (1/2)

book-new-largeCe billet est le premier volet d’une série de 2 articles écrits à quatre mains avec Jérôme Delacroix de Smartwords. Le sujet en est la rédaction de livres blancs de qualité. Il propose trois critères de succès pour un livre blanc efficace, de nature à générer des leads. Je reviendrai pour ma part demain sur les 5 pièges qu’il est important d’éviter, dans le cadre de la deuxième partie de cet article :

Partie n°1 par Jérôme Delacroix, Smartwords 

Depuis maintenant 8 ans que nous écrivons des livres blancs, nous avons acquis une certitude : le livre blanc est un élément clé d’une démarche de marketing de contenu (brand content) en B2B. Les taux de téléchargement et de lecture de nos ouvrages (ex. : plus de 30 000 vues pour Social CRM, vers la relation client augmentée) et les échos informels que nous pouvons recevoir, confirment cette certitude.

Dans ce billet, nous allons prendre un peu de recul pour nous demander ce qui fait la qualité d’un livre blanc. Sans doute n’y a t-il pas une seule façon de rédiger un ouvrage efficace. Mais chez Smartwords, nous avons une conviction : nos livres blancs rencontrent leurs cibles parce qu’il s’agit de vrais livres, avec tout l’aspect qualitatif que cela comporte.

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Jérôme Delacroix de Smartwords, photo antimuseum.com

Conseil n°1 : le livre blanc, des histoires vraies

Nos livres blancs reposent tous sur des retours d’expérience de professionnels (une dizaine au minimum et jusqu’à une centaine dans le cas des référentiels de bonnes pratiques). C’est ce qui les rend vivants. Les contributeurs que nous rencontrons dans les entreprises aiment raconter leurs histoires professionnelles. Ce plaisir qu’ils ont à témoigner de leurs projets et de leurs analyses se ressent et touche le lecteur. Il est communicatif car, de l’autre côté, les destinataires du livre blanc (c’est-à-dire, in fine, les cibles marketing de l’ouvrage) aiment lire des histoires. Les lecteurs se projettent dans les témoignages qu’ils lisent, se retrouvent dans les interrogations des contributeurs et dans les réponses qu’ils ont trouvées, en tirent leurs propres enseignements. Quoi de plus normal ? Nous aimons tous lire des histoires.

Toutefois, cela ne suffit pas. Un bon livre blanc ne saurait être la juxtaposition de témoignages. Nous dénonçons ainsi le mythe du livre blanc collaboratif : ce n’est pas parce que les contributeurs apportent le cœur de la matière de l’ouvrage que l’on doit s’imaginer que ce sont eux qui font tout le boulot. Encore faut-il que les témoignages soient mis en contexte, se répondent les uns aux autres, éclairent différentes facettes d’un problème. C’est la dimension pédagogique du livre blanc.

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Conseil n°2 : le livre blanc, une approche pédagogique

Un livre blanc doit permettre à un lecteur de prendre une décision : cette technologie peut-elle me rendre service, dans mon contexte particulier ? Comment aborder tel ou tel aspect de la gouvernance de mon entreprise ? C’est pourquoi nous préconisons qu’un livre blanc cherche à donner une vision à 360° d’une question. L’ouvrage doit être problématisé, ne pas occulter des limites ou des écueils s’il y en a. L’entreprise n’y cherchera pas un moyen de vendre à tout crin sa technologie ou son savoir-faire, mais se servira du livre blanc pour instaurer une relation de confiance avec ses prospects, par un discours de vérité. Demain, les ventes viendront par surcroît.

Il s’agit donc de mener une enquête avec une approche de type journalistique. Les retours d’expérience seront ainsi mis en relief par des études statistiques, des encadrés méthodologiques, des explications de tel ou tel aspect technique ou juridique pointu (cf. nos ouvrage sur le cloud computing ou la voix sur IP, par exemple). Il n’est pas exclu que la rédaction amène à mettre en évidence des tensions, voire des contradictions, entre les témoignages des contributeurs. Ce n’est pas grave : une situation n’est pas l’autre, c’est au lecteur de se faire sa propre opinion, en s’aidant des exemples concrets des entreprises interrogées.

Cette approche est d’autant plus importante quand une marque souhaite capitaliser sur de nouveaux usages ou affirmer sa légitimité sur une technologie émergente, lorsque les tendances du marché ne se distinguent pas encore clairement. Ce qu’attendent ses prospects, c’est que le livre blanc les aide à comprendre ces mutations, face auxquelles ils s’interrogent.

Conseil n°3 :  le livre blanc, un vrai livre

Dernier conseil, et non des moindres : le livre blanc se doit d’être un vrai livre, sur le fond et sur la forme. Il doit être structuré, avec un plan bien ficelé. La marque mettra un point d’honneur à proposer un ouvrage au style clair et à l’orthographe impeccable. Il en va de l’image de professionnalisme qu’elle cherche à véhiculer. En fin de course, elle aura tout intérêt à faire appel aux services d’un relecteur professionnel, apte à débusquer la moindre faute d’accord ou ponctuation incertaine. L’aspect graphique est aussi très important : rien de tel qu’un schéma pour faire passer une idée complexe, comme une architecture technique ou un processus industriel par exemple. La présence des portraits des contributeurs est, quant à elle, de nature à valoriser ces derniers (qui ont accepté d’accorder de leur temps, ne l’oublions pas) et à humaniser le livre. La mise en page et le choix des couleurs seront au service de la lisibilité du livre blanc, et en cohérence avec la charte graphique de la marque.

Pour aller plus loin, arrêtons-nous un instant sur l’ « objet » livre blanc. A une époque marquée par la dématérialisation, sa mise à disposition au format pdf est bien sûr de nature à favoriser sa diffusion. Toutefois, l’entreprise a tout à gagner à proposer à ses prospects davantage qu’un simple fichier pdf. Un ouvrage physique relié reste le must. Non seulement il peut être remis en entretien commercial, en avant-vente, mais en plus il valorisera son détenteur si c’est réellement un bel objet. Sans compter la facilité qu’il y a à lire un livre physique dans les transports, par exemple. En complément, une application mobile est intéressante pour rendre possible la consultation du livre blanc sur smartphone ou tablette, et ajouter de l’interactivité (interviews audio et vidéo, animations, par exemple).

En réunissant ces trois critères, vous donnez toutes les chances à votre livre blanc de jouer son rôle de génération de leads. A condition, toutefois, d’éviter certains pièges, qui seront décrits par Yann Gourvennec dans le deuxième volet de cette série. Une dernière recommandation : le projet ne s’arrête pas à l’apposition du point final sur le manuscrit. La force du livre blanc, c’est que son impact peut être démultiplié sur de multiples canaux : blog de l’entreprise, reprise sur les médias sociaux, diffusion d’extraits sur des sites comme Slideshare, adaptations sous la forme de présentations graphiques, etc. C’est en ce sens que le livre blanc peut créer un véritable effet de levier pour la stratégie de marketing de contenu de la marque.

imageSmartwords est une société spécialisée en contenus de nouvelle génération, et experte notamment dans la rédaction de livres blancs (voir quelques exemples ici). Smartwords, fondée par Jérôme Delacroix, accompagne ses clients dans la réalisation de contenus et en particulier de livres blancs de qualité. Vous pouvez contacter Jérôme Delacroix directement depuis le site Web de Smartwords si vous désirez vous renseigner et/ou vous faire accompagner dans cette démarche.

Marketing du contenu : 3 conseils à suivre et 5 pièges à éviter pour ses livres blancs (1/2) was last modified: février 28th, 2015 by Yann Gourvennec

Sinek : le cercle d’or de l’innovation (golden circle)

La sélection du jour …

idea-visionary-marketing.gifEst cette superbe et motivante vidéo de Simon Sinek, qui a l’art de vous captiver en vous apprenant 1 seule chose et en vous démontrant qu’il a raison plusieurs fois au cours de la même vidéo. Aussi impressionnant pour ce qu’il dit que pour la façon dont il le dit. Sinek est à l’origine du concept de “Golden Circle of innovation”.

Le cercle d’or de l’innovation est quelque chose de simple, et comme souvent, ce sont les choses les plus simples qui sont les plus efficaces, même si la simplicité réside surtout dans la présentation et l’élocution d’un orateur de classe. Le phénomène en question est une explication du leadership, de l’innovation et de la raison pour laquelle les vrais leaders réussissent à innover et à passer le gouffre de Geoffrey Moore (voir ci-dessous), de convaincre la majorité. Ceci, non pour une forme d’innovation en particulier, mais quoi qu’ils fassent. Sinek prend 3 exemples très différents :

  • Jobs chez Apple [“car tout le monde pourra comprendre cet exemple là” dit-il, en substance] ;
  • Martin Luther King [“qui a partagé un “rêve” et non un “plan”] ;
  • et les frères Wright [qui ont réussi à faire voler un avion alors qu’ils n’avaient rien, pas d’argent, et même pas l’éducation, pour réussir].

Crossing the Chasm par Tom Fishburne

La vidéo de Simon Sinek
Golden Circle of innovation
The Golden Circle of Innovation – Simon Sinek

L’astuce ? Elle est simple, du moins en apparence : il suffit de se focaliser sur le “pourquoi” des choses, et le reste suivra. Or, nous (les marketeurs) nous centrons sur le “quoi” et le “comment” des choses : nous nous appesantissons sur les caractéristiques plus ou moins intéressantes – la plupart du temps pas intéressantes du tout – de nos produits, alors que nous oublions une chose essentielle : pourquoi nous les faisons, dans quel esprit, avec quelle vision.

Comme toutes les choses simples, c’est bien entendu ce qu’il y a de plus compliqué à réaliser : d’une part, cela ne veut pas dire que vos produits doivent avoir n’importe quelle caractéristique (Jobs – et Ives – était un obsédé du produit et de la qualité mais il le faisait avec une vision) ; cela ne veut pas dire que vous serez capable d’avoir une vision (en fait la plupart des gens sont obnubilés par les détails et n’ont aucune capacité d’abstraction) ; et enfin, toutes les visions ne sont pas bonnes (il y a des tonnes de visionnaires qui sont vus – et resteront vus à jamais – comme des illuminés qui prêcheront dans le désert).

Avoir de la vision, de la capacité d’inspiration, d’innovation, de mobilisation, cela ne s’apprend pas, il faut plus qu’une recette pour être innovateur ; c’est un état d’esprit, une tournure d’esprit, “a way of life” diraient les anglophones. Et il ne faut pas avoir peur de déplaire pour cela …

Merci à Séverine Ghys de webrédacteurs d’avoir partagé ce lien avec moi.

Sinek : le cercle d’or de l’innovation (golden circle) was last modified: avril 27th, 2016 by Yann Gourvennec

La communication digitale expliquée à mon boss dans la dernière ligne droite

book-new-smallNos lecteurs ont failli attendre, mais qu’ils se rassurent, il n’y en a plus pour bien longtemps. Le manuscrit de la communication digitale expliquée à mon boss a été remis à l’éditeur, ou plutôt à sa relectrice cette semaine. L’ouvrage est une somme de la communication digitale, basé sur l’expérience de ses 2 auteurs, bourré d’exemples, d’anecdotes, de références et de liens. Il a déjà été relu 5 fois par 4 relecteurs différents, avant même d’avoir été envoyé à l’éditeur afin d’assurer une qualité de lecture maximale. C’est pour cela que nous avons pris un peu de retard et qu’au lieu d’un lancement en Juin, nous ne publierons le livre final qu’à la rentrée 2013. Encore une nouveauté : le livre sortira également (en format électronique) en Anglais sous le titre Mastering Digital Media Like A Boss, Beyond Social Media. La version anglaise sera revue un peu plus tard. Elle est rédigée en partenariat avec Futurity Media à Londres.

Sortie prévue : automne 2013

imageCet ouvrage est un véritable concentré des expériences des deux auteurs, pionniers du Web et des médias sociaux en France et en Europe. Il devrait compter environ 500 pages, et est rempli d’exemples, de méthodologies, de schémas, de paroles d’experts, de témoignages de grandes entreprises et illustré par Mathias Bergeaud. Il s’agit d’un ouvrage collectif de l’association Media Aces, sous la direction de ses co-fondateurs, Hervé Kabla et Yann Gourvennec.

Pourquoi ce livre ? Quel angle d’approche et pourquoi la communication digitale ?

Deux ans et quelques mois après notre premier ouvrage, qui connut un franc succès auprès de tous ceux qui se sentaient concernés par l’arrivée des médias sociaux en entreprise, voici donc un nouveau pavé, quelques centaines de pages, quelques centaines d’heures passées à compiler informations et témoignages, sur un sujet bien plus vaste que le précédent : la communication digitale. Avant de vous lancer à la découverte des quelque 90 chapitres de cet ouvrage, voici quelques mots pour vous aider à en tirer le meilleur parti.

Ce livre se veut un guide pratique de la communication digitale en entreprise, expliquée par ceux qui la pratiquent réellement tous les jours sur le terrain. Il ne s’agit pas d’un ouvrage théorique sur la question, même si pourrez trouver, çà et là, des développements plus généraux destinés à éclairer la méthodologie ou la réflexion sur la communication digitale. Ces développements plus théoriques ne sont que le résultat de l’expérience des praticiens interviewés ou de la nôtre, remise en forme et ordonnée de façon à la rendre utilisable et accessible à tous.

la communication digitale expliquée à mon boss

Puisque nous en sommes dans les préliminaires, évacuons tout de suite un problème qui nous a bien ennuyés lors du lancement de l’ouvrage : doit-on dire « digital » ou « numérique » ? Le problème n’est pas si trivial à un moment où la langue française est en pleine mutation. « Digital » est un barbarisme, bien-sûr et nous sentons venir les critiques, partiellement justifiées, qui nous fustigeront pour ne pas avoir utilisé son équivalent, plus correct. Mais sa présence dans le dictionnaire le trésor de la langue française informatisé d’une part, et d’autre part le fait que la pratique s’oriente vers l’utilisation systématique du vocable « communication digitale » nous a fait pencher pour ce terme. Nous utiliserons donc « digital » la plupart du temps et à d’autres moments, « numérique » comme un synonyme.

Nous avons donc conçu ce livre en nous basant sur notre propre expérience de la mise en œuvre de la communication digitale au sein des entreprises, une démarche bien plus ardue que celle qui consiste à regarder les choses de l’extérieur. Dans ces pages, vous trouverez donc uniquement du concret et du réel, éprouvé sur le terrain, avec une forte dose de conduite du changement. Le responsable – ou futur responsable – de la communication digitale en entreprise doit être capable d’aller au-delà de la simple session de « brainstorming » et de diagnostic / recommandations : il doit aussi et surtout mener une conduite du changement et enfin, vivre avec ce changement, afin de le porter et de l’inscrire dans la durée.

Lire la suite de l’article en ligne sur visionarymarketing.com

Lire le précédent ouvrage avec Yooboox

Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, Les médias sociaux expliqués à mon boss peut être consulté gratuitement (avec publicité) et acheté sur Yooboox.fr

La communication digitale expliquée à mon boss dans la dernière ligne droite was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Le Web entre nouvelle économie et capitalisme hégémonique

ebook-largeOuf ! Nous sommes en train de mettre la dernière main à notre nouvel ouvrage La communication digitale expliquée à mon boss, suite de notre précédent livre dédié aux médias sociaux.

Il va s’agir d’une véritable somme du digital sur laquelle nous nous penchons actuellement, en pleine phase de relecture (ce n’est pas la plus drôle je vous l’avoue). En fait, il s’agit même d’un ouvrage double puisque nous l’écrivons à la fois en Français et en Anglais (le titre Anglais en sera Mastering Digital Communications Like A Boss, Beyond Social Media). La version française se construis un poil plus vite, en amont de la version anglaise que nous ré-adaptons entièrement ; elle représente aujourd’hui un corpus de environ 500 pages, avec un grand nombre d’illustrations, de planches PowerPoint (qui seront partagées sur Slideshare comme en 2011 pour le précédent livre), de conseils pratiques, et même de vidéos et d’un panorama assez large et complet de la plupart des aspects de la communication digitale.

Une place importante y est faite bien entendu à la conduite du changement, l’analyse, les chiffres, les moyens et les astuces pour pouvoir convaincre sa direction, mais aussi ses collègues de la pertinence du monde digital tout en faisant valoir ses compétences et son expertise. C’est également un moyen de se perfectionner aux aspects stratégiques du Web.

Nous avons  laissé à nos lecteurs sans nouvelles, malgré nos promesses, depuis de nombreux mois sur ce sujet, alors que nous avions prévu de publier régulièrement des vidéos, honte sur nous ! c’est que la rédaction d’un ouvrage comme celui-là est très prenante : plus de 90 articles d’environ 1500 mots ont été écrits, intégrées, relayés à l’ensemble, cela rend particulièrement de temps.

Mais assez parlé de nous !

Parlons plutôt aujourd’hui du livre d’un de nos confrères, Bertrand Jouvenot, qui vient de publier aux éditions Kawa (transparence : notre éditeur également), dans la collection tout savoir sur… Un livre sur « les dessous du Web ».

Voilà un aspect, que nous n’aborderons pas véritablement dans notre livre, mais qui est aussi une facette intéressante du sujet, celle de l’ambiguïté du Web, qui hésite toujours – nous en avions touché plus d’un mot dans notre premier ouvrage – entre le mouvement libertaire de ses débuts, issu du mouvement hippie de la Californie, et la présence hégémonique de quelques grands groupes capitalistiques, qui tendent de plus en plus à se comporter comme des acteurs historiques en tentant de prendre la totalité ou à tout le moins l’immense majorité d’un marché (“The winner takes almost all” selon l’expression de Seth Godin)

Pas besoin d’attendre d’avoir fini le livre pour savoir ce qu’il y a dedans, Frenchweb nous en livre des extraits publiés régulièrement en voici ci-dessous les 2 premiers. Je livrerai quant à moi les impressions des que j’aurais fini le livre.

À vos souris !

Tout savoir sur … les dessous du Web

Le Web est tout en contrastes. Il ressemble à une pièce de monnaie dont les deux faces ne se quittent jamais, mais ne se rencontrent jamais non plus.

Du côté face, l’apparition d’une nouvelle économie, des créations d’emplois, la croissance spectaculaire d’un nouveau type d’entreprises, l’invention de nouveaux services, l’accélération de l’innovation, la diffusion des idées et des savoirs, l’évolution des modes d’interaction entre les individus, etc.

lesdessouduwebDu côté pile, l’hyper-puissance d’acteurs organisant l’information au niveau mondial, la destruction de pans entiers de l’industrie (musique, cinéma…), la disparition de medias traditionnels (journaux, radios…), le remplacement de l’information par l’opinion, la remise en question de la propriété intellectuelle, l’évaporation de prérogatives des États Nations…

Mac vs. PC ? Derrière cette simple opposition entre deux familles informa­tiques, deux philosophies d’affrontent.

Celle du PC, ou personnal computer, est héritée du passé. Elle demande à l’homme de s’adapter à la machine. Celle du Macintosh est plus moderne. Elle s’efforce d’adapter la machine à l’homme. La première capitalise sur les capacités d’adaptation de l’individu tandis que la seconde s’appuie sur ses potentialités. Dans le premier cas, l’homme est au service de la machine. Dans le second, la machine est au service de l’homme. La première est machine centric, la seconde est human centric. Toutes nos entreprises, nos stratégies, nos process, suivent la logique PC. L’homme est convié à se plier à des règles, des modes de fonctionnement, des habitudes, une hiérarchie, des tableaux de bord, des ERP, des progiciels, etc. Et quand cela ne marche plus, les organisa­tions demandent à leurs collaborateurs de s’adapter encore plus, en devenant toujours plus flexibles, mobiles, souples… Et parce que nous ne sommes pas à un paradoxe près, on observe les vainqueurs du moment, tel Google ou Apple, et on en on déduit que la clef du succès se trouve dans la créativité, l’innovation, la communication… Bref dans les potentialités de l’homme, que la philosophie du Mac se propose précisément de libérer.

via Extrait #1 : Mac vs. PC | FrenchWeb.fr.

Extrait #2 : Le foyer digital | FrenchWeb.fr

Le monde change, l’économie aussi. Elle se tertiarise comme disent les écono­mistes. Le poids des services dans les PIB et autres PNB augmente.

Les équipements informatiques, les connections Internet, les téléphones et autres terminaux, sont devenus les outils de travail, de production et de productivité des salariés. Les collaborateurs d’une entreprise sont désormais mieux équipés, mieux outillés techniquement, informatiquement, télépho­niquement… à titre personnel, qu’à titre professionnel. Quand ils ont deux téléphones et qu’ils ne sont pas dans les sommets de l’organigramme, celui que leur a fourni leur entreprise est rarement le mieux des deux. A la maison, l’ordinateur dont ils disposent est souvent plus récent, mieux équipé en logi­ciels, doté de plus de mémoire que celui qu’ils utilisent au travail.

via Extrait #2 : Le foyer digital | FrenchWeb.fr.

Le Web entre nouvelle économie et capitalisme hégémonique was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Faux commentaires : un ex-dirigeant d’Accor coupable d’un défaut de transparence sur Tripadvisor

newspaper-largeQue ce soit avec Media Aces, ou sur ce blog, voire dans nos ouvrages comme les médias sociaux expliqués à mon boss publié en 2012, Hervé Kabla et moi-même sommes fatigués de le répéter : les exigences de transparence dans les médias sociaux (ou en dehors des médias sociaux d’ailleurs) sont impératives, et notre bonne société française n’y échappe pas. Un épisode récent, relayé le 24 mai sur le site du Daily Telegraph au Royaume-Uni, a mis en cause l’entreprise française Accor au travers d’un de ses ex-représentants en Australie (cf. l’annonce de sa mise à l’écart ici). Accor a pu faire valoir sa charte des médias sociaux qui incluait une clause de transparence. Cet incident vient nous rappeler le caractère crucial de ces règles de transparence, souvent minimisées, voire raillées dans nos entreprises.

« L’astro surfing », ou l’art de manipuler l’influence

La manipulation de l’influence, n’est pas nouvelle. Même si le termes « astro surfing », lui-même dérivé du terme « astro turfing**» est assez récent, de tout temps les techniques « d’entrisme, » ont été utilisé une, notamment la politique. Ces approches, hautement non éthiques, sont cependant régulées, notamment en Europe au travers d’une directive européenne de 1972. L’astro surfing, peut se pratiquer en faveur de la société elle-même, ou en la défaveur de ses concurrents. Dans les 2 cas, il s’agit d’avancer masquer, voire de payer une entreprise spécialisée, préférence offshore, afin de parsemer le Web de fausses critiques et de commentaires bidons.

**le terme astro turf est une marque de gazon artificiel. L’expression a été créée pour souligner la différence entre un mouvement du terrain (grassroots) et un mouvement artificiellement créé au travers de l’entrisme. Le terme astroturfing daterait de 1985.

photo : antimuseum.com

Le rappel des faits

Le directeur de la communication d’Accor hôtels en Australie, auteur d’une centaine de revues sur trip Advisor, sur ses propres hôtels et sur ceux de sa concurrence, se fait prendre la main dans le sac au travers de l’application mobile trip Advisor, qui requiert une identification au travers de son compte Facebook (a priori supprimé), ce qui l’a exposé aux yeux de ses concurrents et du monde. En rupture avec la règle de transparence édictée par la société Accor sur son intranet et sur slideshare, le responsable de la communication australien, autoproclamé « directeur de la propagande » (Sic !) a été démis de ses fonctions. Son compte Twitter a subséquemment disparu , mais son compte LinkedIn, dont je ne suis éloigné que de 2 niveaux, est quant à lui toujours visible.

Le bruit fait autour de ce problème a été assez conséquent dans la sphère anglophone du Web, est quasi, voire inexistant en France comme en témoigne cette recherche sur le Google local en Français***.

***Rappelons, pour ceux qui l’ignoreraient encore, que les résultats de Google varient en fonction : 1) de la langue 2) du domaine 3) de l’IP … et même de la connexion aux médias sociaux, depuis peu. La requête tripadvisor Accor ne montre aucun résultat en France et en Français.

Le rappel des règles

exclamation-largeLa vertu de la répétition dans l’éducation n’étant plus à faire (bis repetita placent) rappelons, en la résumant en une phrase, ce qu’est l’exigence de transparence : elle peut se traduire simplement en disant que, quand je m’exprime sur une marque pour laquelle je travaille, je dis qui je suis, pour qui je travaille, puis je peux m’exprimer. Ceci s’applique aussi bien aux articles dans les blogs, que dans les commentaires dans des sites collaboratifs ou commerçants, comme Amazon ou trip Advisor. Cette règle, qui s’applique aussi aux sous-traitants, a été détaillée par socialmedia.org, et ce document traduit et mis à disposition par l’association media aces, dont je suis le président co-fondateur, ainsi que dans le livre « les médias sociaux expliqués à mon boss ».

Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà

Bien entendu, en France, pays de l’intelligence suprême, cette règle ne s’applique pas. Elle n’est valable que pour l’étranger, qui est retors et manipulateur, alors que nous sommes parfaits et irréprochables. Soupirs … Blaise Pascal, sors de ce corps !

C’est un fait, les histoires de ce genre, dans les journaux, en France, sont très rares. Même cette anecdote récente concernant pourtant une société française majeure ; mais, me dire-vous, le mal vient encore de l’étranger et le journaliste est Anglais, ce qui explique pourquoi il ne trouve aucun écho de ce côté-ci de la Manche. Pourtant, l’impact sur la marque, dans ce cas, est bien mondial, et ne préserve pas notre champion hôtelier national. D’autant plus qu’en France il existe une loi ancienne, qui préexiste aux médias sociaux, alors qu’en Grande-Bretagne, celle-ci est récente et issue de la législation européenne. Pourquoi donc si peu d’attention est-elle donnée à ces dérives ?

Peut-être bénéficie-t-on d’une mansuétude plus grande de la part des journalistes chez nous ? Je ne sais. Au Royaume Uni, les affaires de ce genre éclatent au grand jour et sont monnaie courante. Les journalistes, redoutables et implacables, s’en donnent à cœur joie à longueur d’année. On ne badine pas avec le mensonge de l’autre côté de la Manche.

Peu importe, l’erreur est commise, il faut la réparer. Certes, Accor avait pris toutes les précautions à la fin de 2012 (c’est assez récent, mais bien stipulé dans la règle n° 4), dans sa charte des médias sociaux, qui lui a permis de se dédouaner du problème, et probablement de mettre en vacances l’individu en question ; reste à prendre les mesures correctives pour que cela n’arrive plus et communiquer sur ces dernières.

Je profite de cet épisode pour répéter … quelques règles de conduite quant à la transparence

  1. De toutes les règles que vous édictez dans votre charte des médias sociaux, la charte de transparence est probablement la plus importante sinon la seule qui soit importante. Les entreprises prennent un temps infini à essayer de régenter les droits et les devoirs de leurs utilisateurs, alors que j’ai remarqué un certain laxisme, pour dire les choses gentiment, eu égard à ces règles de transparence. Je ne parle pas, de ces collègues à qui j’essaie toujours d’expliquer ce point et qui refusent, ou qui sont incapables, de le comprendre ( “ah bon ! c’est vrai ? mais pourquoi ?!” … re soupirs)
  2. Le problème ne vient pas toujours du bas, cet exemple chez accord montre effectivement l’implication d’un directeur de la communication, à un niveau de direction important de l’entreprise. Ne partez pas du principe que les seuls à surveiller sont le « petit personnel » ;
  3. Il faut s’assurer à tout prix que la charte des médias sociaux a été vue et acceptée : il est par exemple conseillé de la fusionner avec les conditions d’accès à l’Internet, en stipulant que leur acceptation vaut l’acceptation également de la charte de transparence ;
  4. L’évangélisation vaut mieux que la dénégation. Et celle-ci commence par le haut. Répétons-le, le danger ne vient pas que du « petit personnel ». Cet exemple vient nous le rappeler et le démontrer ;
  5. Dans le cadre d’un problème comme celui-ci, apporter 1 démenti, ou 1 mise au point, ne suffit pas tout à fait. Il faut également répéter, de façon ouverte officielle et claire, l’engagement de l’entreprise au respect de la règle de transparence. Ceci a un double effet : envoyer le message clair vers l’extérieur que ceci ne se reproduira plus, et que la société est respectueuse et de sa concurrence et de sa clientèle. Et d’autre part, ceci envoie un message clair aux employés qui doivent lire, comprendre, admettre et respecter cette règle de transparence de façon absolue.

Quelques remarques sur trip Advisor et les sites d’évaluation

Il serait facile de jeter trip Advisor avec l’eau du bain ; trop facile. Les sites d’évaluation sont souvent meilleurs et plus utiles qu’on le croit, même si de temps en temps un canard boiteux fait son apparition. D’une part, le canard boiteux en question est souvent démasqué, ce qui a été le cas ici même. D’autre part, je m’en suis moi-même mordu les doigts lorsque en réservant un hôtel à San Francisco sans réfléchir, je me suis aperçu rétrospectivement que j’avais oublié de lire les avis sur ce site. Cette précaution m’aurait évité bien des problèmes (lire les avis de cet hôtel désastreux pour comprendre ce que j’aurais pu éviter).

Quelques conseils pour bien décoder les avis sur 1 site d’évaluation comme trip Advisor

Je me suis inspiré ici de quelques conseils sur le site d’AOL, que je me suis permis de personnaliser et d’adapter :

  1. Ne pas se limiter à 1 seule revue sur 1 hôtel/restaurant, en lire un grand nombre, et éviter celles qui paraissent « suspectes ». Ne garder en tête les critiques hyper positive ou hyper négative que si elles sont d’une part très argumentées et d’autre part corroborées par d’autres évaluations du même genre ;
  2. Soyez vous-même régulièrement contributeurs, plus il y a de contributeurs individuels, plus vous découragerez et diluerez les astro-surfeurs ;
  3. Si le responsable de l’hôtel ou du restaurant répond lui-même à chacune des critiques, et qu’il apporte un réponse à celle-ci, alors il y a de fortes chances qu’il apporte même soin à son établissement ;
  4. Méfiez-vous des commentaires dont le vocabulaire se rapprocherait de celui d’une brochure commerciale, il s’agit
    probablement d’une fausse évaluation. De même, les évaluations écrites dans une langue approximative, sont peut-être l’œuvre d’une entreprise offshore spécialisée en commentaires bidons ;
  5. Souvent, une fausse évaluation incluera quelques critiques mineures afin de paraître plus crédible, ou l’inverse s’il s’agit d’une fausse évaluation destinée à un concurrent ;
  6. Plus la photo semble professionnelle, moins elle risque de venir d’un utilisateur lambda ;
  7. Toujours regarder le pseudo de l’utilisateur qui a commenté si vous avez un doute sur ce commentaire. Une brève recherche dans Google vous amènera sur d’autres commentaires du même utilisateur ;
  8. Il est difficile de se faire une idée sur un établissement lorsque les évaluations sont peu nombreuses, privilégiez donc ceux où les évaluations sont diverses et variées ;
  9. Et comme d’habitude, il faut croiser vos informations via d’autre sites de façon à vous assurer de leur véracité.
Faux commentaires : un ex-dirigeant d’Accor coupable d’un défaut de transparence sur Tripadvisor was last modified: mai 27th, 2013 by Yann Gourvennec