2012 : la fin des médias sociaux … tels qu’ils sont pratiqués aujourd’hui

La sélection du jour … et de l’année 2011 est …

L’article sur les médias sociaux publié par mon alter ego de Media Aces Hervé Kabla il y a quelques et jours sur lequel je me dois de revenir aujourd’hui, en ce dernier jour ouvré, pour ce qui me concerne, de l’année 2011. Cette année a été riche en événements pour les médias sociaux, avec notamment la sortie de notre ouvrage « les médias sociaux expliqués mon boss ». Plus de 2000 exemplaires plus loin, dont la plupart vendus par bouche-à-oreille, l’importance prise par les médias sociaux en entreprise n’est plus à démontrer. Mais voilà, les choses évoluent vite dans ce monde cybernétique.

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[photo Yann Gourvennec – http://bit.ly/picasayann]

D’une part, le marché a mûri. Cinq ans après nos premières expériences sur les médias sociaux en entreprise, ceux-ci ne peuvent plus être considérés aujourd’hui comme une innovation. Des trois phases décrites dans notre ouvrage (déclenchement, développement, structuration), c’est cette phase de structuration qui désormais nous occupe à temps plein. Et la crise va passer par là ! L’année 2012 porte en elle tous les prémices d’une annus horribilis pour reprendre les mots du souverain britannique lors d’une autre période difficile. Il n’est pas besoin d’être futurologue pour savoir que les budgets vont souffrir l’année prochaine. D’ailleurs, c’est déjà le cas avant même qu’elle ait commencé

2012 va donc être une année de retour aux fondamentaux. Se recentrer sur les choses les plus utiles, supprimer celles les plus coûteuses, en argent et en ressources, optimiser les équipes et les actions, recentrer l’activité Web et e-marketing autour du bon vieux site Web, qui n’en déplaise à certains est loin d’être mort, et n’a pas fini de se développer et de se transformer. Le véritable enjeu de 2012 est là ! Dans la socialisation des sites Web, dans la consolidation des activités, dans le recentrage et la productivité, dans les enjeux de la mobilité aussi, loin d’être réductibles aux simples applications mobiles. Pour ma part, je n’ai pas attendu 2012 avec mon équipe pour préparer cela  car depuis plus de six mois nous travaillons sur notre usine à sites qui va nous permettre d’optimiser notre performance sur le Web. Les médias sociaux font partie intégrante de ce recentrage nécessaire qui de toute façon nous sera imposé.

Mais ce n’est pas tout ! Quand je commençais mes cours sur ce qu’on appelait à l’époque Web 2.0 à l’école supérieure de gestion de Paris et à Dauphine en 2007, j’évoquais déjà la possibilité d’une bulle dans le domaine du Web social. La question qui se posait à l’époque était celle-ci : sommes-nous dans une bulle marketing ou dans une bulle financière ? La réponse était que nous étions dans une bulle marketing, empreinte d’exagérations, en même temps que nous étions dans une vague de créativité et d’innovation très importante, et que cette innovation et cette créativité s’exerçaient avec de très faibles moyens financiers. L’évolution de la situation en a décidé autrement, avec des cotations (foursquare et Facebook notamment) qui deviennent très largement surévaluées, voire qui sont sanctionnées immédiatement par les marchés comme dans le cas de Groupon. Et passons sur les mirages de la publicité. Nous les connaissons depuis longtemps, tout cela a été vécu déjà par les anciens, il faut aussi écouter les bons oracles comme Martin Sorrell, le patron de WPP. Il ne faudrait pas croire qu’on peut faire de l’argent avec tout ; c’est d’ailleurs rassurant, quelque part, de connaître des endroits où les marques soient juste invitées et doivent jouer avec des règles qui ne sont pas fixées par elles. Il y a bien assez d’autres endroits où nous pouvons faire du commerce, en toute éthique, et toute transparence pour ne pas aller les chercher ailleurs.

Cela veut-il dire que les médias sociaux vont disparaître ? En aucun cas et bien au contraire ! À toute phase de bulle, succède une autre de correction, salutaire, qui permet à la réalité de reprendre ses droits. Ceux qui auront réussi à s’inscrire dans la durée des médias sociaux et de l’entreprise, et qui auront à la manière de ce que décrit Bob Pearson dans Pre-commerce, réussi à faire le lien entre médias sociaux et le reste du business, non seulement seront encore là demain, mais auront réussi à prendre des places dominantes sur un marché de la e-réputation et du bouche à oreille de plus en plus encombré.

Ceci étant dit, il ne fait aucun doute que, comme le souligne Hervé dans son article, cette question de l’exagération autour du domaine du Web social sera une question centrale de 2012 dans la sphère économique, et notamment dans le cadre de notre association Media Aces Nul doute, que des débats passionnants vont naître autour de cela et que nous saurons ensemble, encore une fois, ré-inventer le Web de demain qui plus que jamais, sera collaboratif.

2012, la fin des médias sociaux ? | Le Cercle Les Echos

2012 sera une année d’élections, c’est certain ; une année de J.O., sans aucun doute ; une année de crise de plus, très probablement. Mais sera-t-elle la dernière année où l’on parlera des médias sociaux ? Après une croissance phénoménale durant les cinq dernières années, les médias sociaux pourraient en effet disparaître aussi vite qu’ils sont apparus.

C’est du moins le bruit qui court dans certains milieux concernés par ce type d’outil. Crainte existentielle exagérée ou véritable signal d’alerte pour les experts des médias sociaux, voici quelques pistes de réflexion pour bien comprendre de quoi il s’agit. Quatre phénomènes menacent en effet la pérennité des médias sociaux : l’explosion exponentielle des contenus, la saturation des utilisateurs, l’évolution des interfaces et la banalisation du web conversationnel.

via 2012, la fin des médias sociaux ? | Le Cercle Les Echos

2012 : la fin des médias sociaux … tels qu’ils sont pratiqués aujourd’hui was last modified: janvier 3rd, 2012 by Yann Gourvennec

Olivier Cimelière : Non, le journalisme n’est pas mort !

couv_journaliste_besoin_de_vousC’est un véritable cri du cœur, mais aussi un appel aux armes que lance Olivier Cimelière. Olivier a une expérience intéressante car il a vu le monde du journalisme des deux côtés de la barrière, une première fois comme journaliste même, et ensuite comme directeur de la communication et responsable des relations Presse dans de grandes entreprises et ex membre de Media Aces. Il revient dans un ouvrage sur lequel il a travaillé pendant deux années intitulé « journalistes, nous avons besoin de vous !» sur une profession en mutation, souvent décriée et dont d’aucuns annoncent la disparition. J’ai reçu Olivier dans mon bureau il y a quelques semaines pour évoquer ce sujet controversé. Voici ce qu’il faut retenir de cette interview (voir la vidéo ci-dessous) :

  1. le journalisme, malgré les prédictions catastrophistes n’est pas mort !
  2. il est en crise (journalisme écrit et TV) et en mutation et ses modèles économiques sont en refonte ;
  3. la révolution numérique : contrairement à la vulgate, les journalistes ont vu le Web comme une opportunité avant la bulle (97-2000) ;
  4. l’arrivée des blogs à ébranlé les rédactions, mais les blogueurs ne sont pas des journalistes (même s’ils sont souvent soumis aux mêmes règles éthiques) ;
  5. les blogueurs se sont construits contre les journalistes et les deux mondes se sont opposés, mais nous sommes en train de sortir de ce combat ;
  6. la Presse était en crise bien avant l’arrivée d’Internet, car la publicité a été le modèle économique unique de la profession ;
  7. la profession fait partie des plus décriées (rejet des élites) ;
  8. l’iPad a généré un concert de louanges de la part des journalistes qui l’ont considéré comme « la bouée de sauvetage de la Presse » mais les choses ne sont pas aussi simples ;
  9. il faut revenir à la source, le mode de distribution ne suffit pas, et se reposer la question du vecteur différenciant en termes de contenus ;
  10. la tendance est de ne plus avoir qu’une rédaction (newsroom) et de différencier le canal en fonction du contenu ;
  11. les nouvelles générations sont aussi des lecteurs friands d’informations, mais surtout sur écran. Par contre, ils ont développé moins leur esprit critique que leurs aînés ;
  12. les journalistes peuvent encore se remettre au centre des débats
[voir le blog d’Olivier Cimelière : http://www.leblogducommunicant2-0.com/]
Olivier Cimelière dans un plaidoyer pour un journalisme réinventé !
Olivier Cimelière : Non, le journalisme n’est pas mort ! was last modified: janvier 2nd, 2012 by Yann Gourvennec

Fadhila Brahimi : « tout le monde peut s’essayer au personal branding ! »

comment devenir une star
comment devenir une star - photo YAG

Aujourd’hui est un jour important. J’annonce sur ce blog la sortie du livre de Fadhila Brahimi, Moi 2.0, adaptation qu’elle a réalisée du best-seller de Dan Schawbel: Me 2.0. Cette annonce coïncide d’ailleurs exactement avec la sortie du livre par les éditions LEDUC. Je connais Fadhila depuis près de trois ans et j’ai eu maintes fois l’occasion de me rendre compte de sa compétence, mais aussi de sa gentillesse et de son engagement personnel. Moi 2.0 représente l’aboutissement de cet engagement, un ouvrage où sont consignées les astuces les plus efficaces pour mettre le Personal branding à la portée de tous. Arrêt sur image et interview vidéo :

mon expérience personnelle …

le Personal branding, je connais un peu, j’en fais-comme M. Jourdain depuis 1995 ; le jour où j’ai compris que j’étais devenu un « produit » sur un marché de l’emploi, qu’il fallait que je fasse moi-même mon marketing et que je devais pour cela créer un site web (Visionarymarketing.com). Le but au départ était de “sauver ma peau”, car dans une société qui passait de 120.000 personnes à 30.000 en à peine 7 ans, il fallait faire montre d’une certaine résilience ! En fin de compte, non seulement je ne fis pas partie des nombreuses victimes de la crise de l’informatique de 1990-1996, mais je réussis à me positionner durablement sur les métiers de l’Internet et même à passer chez Cap Gemini ensuite pour aller y exercer mes talents. Ça c’est pour la Préhistoire…

trop peu de gens s’y mettent …

Mais en 2011 – soit 16 ans plus tard ! – encore trop peu de gens sont conscients de l’importance du réseautage et du développement d’une marque personnelle dans une carrière. Fadhila s’explique : lorsqu’elle était chez Airlib, elle enchaînait les plans sociaux en tant que responsable RH (certains se souviendront des problèmes de l’ex compagnie aérienne sauvée puis coulée par les mêmes personnes dans des circonstances troubles). Et elle a découvert beaucoup « d’employés démunis car il ne savait pas faire autre chose (ndlr: que le métier qu’ils venaient de perdre) ». Les bénéficiaires potentiels sont ceux-là ; M. tout le monde, mais surtout les jeunes en recherche d’emploi, et aussi les seniors qu’on va bientôt mettre dehors, tout en leur ayant expliqué qu’ils doivent encore travailler pendant 15 ou 20 ans avant la retraite … L’heure est grave, l’employé doit entrer en guerrilla ! Il faut donc savoir se vendre, mais comment y arriver quand on n’est pas un « expert de la communication ? »

l’interview de Fadhila au Hub Forum dans des conditions … extrêmes !

le personal branding est pour tout le monde

Ceci n’est pas un problème nous dit Fadhila : « tout le monde peut s’essayer au Personal branding », avec ses moyens propres, pour peu qu’on y passe du temps et qu’on adopte une démarche proactive. Il n’est pas en effet envisageable selon elle, de « créer un compte Twitter, LinkedIn ou Viadeo et de s’arrêter là ! ».

A ceux qui auront écouté l’interview vidéo de Fadhila (ci-dessus), je recommande ensuite de lire le livre de Dan Schawbel qu’elle a adapté en français ; je salue au passage les efforts de traduction et d’adaptation : enfin un livre écrit en Français et non en sabir mâtiné de globish (*) ! Dans ce livre, Schawbel explique, au travers de son expérience personnelle, comment créer et promouvoir sa propre image. Il y décrit, sur la base de ses réalisations extérieures, comment il a décroché le job de ses rêves chez EMC en 2007, devenant ainsi un des premiers responsables médias sociaux dans un groupe américain. Et il est désormais reconnu comme « gourou » incontesté du Personal branding selon le New York Times ! Le livre très simple à lire et bourré de conseils pratiques : comment et où créer son blog, comment dépasser le CV traditionnel, comment remplir un profil Google+ efficacement (le livre est mis à jour avec les dernières nouveautés), comment catégoriser son réseau, établir un « dossier de presse » personnel etc.

(*) je fais une exception pour le titre, qui ne se traduit pas très bien en Français, il est des cas où le nom original est plus adapté.

pas seulement un hobby pour chômeurs de longue durée

Un dernier mot : entretenir sa réputation sur Internet n’est pas réservé aux chômeurs de longue durée. Je passe personnellement un temps non négligeable à réseauter, malgré un emploi du temps très chargé et bien qu’étant très heureux là où je me trouve ; car le réseautage me sert de façon quotidienne à inventer, créer, lancer de nouvelles idées et faire avancer mes projets. Sans le réseautage, je ne pourrais pas réussir ces projets.

Allez donc acheter Moi 2.0, c’est une lecture indispensable, que vous soyez chercheur d’emploi, senior en pleine crise de 40 ans, ou tout simplement professionnel en quête d’excellence, il ne vous en coûtera que €20 !

Fadhila Brahimi : « tout le monde peut s’essayer au personal branding ! » was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

de la pensée lente et des recettes de management en 5/7/10 leçons

[photo Yann Gourvennec]

Vendredi 20 mai 2011, alors que la Twittosphère n’avait d’yeux et d’oreilles que pour les turpitudes d’un ex futur candidat potentiel à la présidentielle [1], je tombai sur un article qui attira mon attention. On y critiquai « l’Art de la guerre » de Sun Tzu. Ni une ni deux, j’envoyai immédiatement le lien à notre ami Vincent Berthelot et voici ce qu’il m’a répondu, sans mâcher ses mots, est-il besoin de le signaler, en parlant de Vincent ?

[1] au point d’en avoir fait baisser les visites sur les blogs qui évitaient soigneusement le sujet, comme j’ai pu le vérifier lors d’une discussion avec mon amie Fadhila Brahimi)

par Vincent Berthelot, Conseil Web Social

J’ai bien souvent montré mon agacement envers le tic et la facilité américaine de faire des articles du type « les 5 clefs essentielles du marketing », « comment réussir sur les réseaux sociaux en 12 étapes » … qui malheureusement a été rapidement adopté par de nombreux blogueurs français. On a tous au moins fait un article comme cela, mais abuser de cette ficelle conduit à écrire des articles préformatés.

Alors quand Yann m’a passé un tweet pour me signaler un billet culte pour illustrer cette veine je n’ai pas résisté à expliquer mont point de vue; mais Twitter c’est court … alors j’ai accepté la proposition de Yann d’en faire un article à partager sur son blog.

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Ce brave Geoffrey James a cédé à la tentation avec un titre plein de finesse « 7 Vastly Overrated Business Books ».

Dans ce billet « les 7 livres de business les plus largement sur estimés » Geoffrey met dans le même panier des best-sellers américain de ces 20 dernières années et ni plus ni moins que la richesse des nations d’Adam Smith ou l’Art de la guerre de Sun Tzu… On sent déjà là tout le sérieux de la démarche et son niveau d’analyse.

La lecture du billet, bien-sûr, demandant de cliquer sur autant de liens que de livres pour amener plus de trafic sur un seul et même contenu – on est un pro du Marketing ou pas – confirme ce jugement rapide je vous l’accorde. Geoffrey, décidément en pleine forme, nous explique ensuite que du temps d’Adam Smith il n’y avait pas les multinationales de maintenant et que l’art de la guerre est juste bon pour celui qui veut s’amuser à des jeux de rôle. En effet le business n’est pas la guerre et les conseils de Sun Tzu datent d’un autre temps.

Geoffrey devrait élargir sa palette de critiques et recommandations en repassant à sa moulinette intellectuelle, Marc-Aurèle, Clausewitz, Machiavel, entre autres.

Le contexte se prête mal à une analyse telle que je vais la faire dans les lignes suivantes, mais je ne peux résister à voir dans ce billet un reflet de la pensée utilitariste qui marque une bonne partie des ouvrages américains. On ne lit pas de tels livres pour avoir des « recettes », on n’aborde pas Sun Tzu en idolâtrant son œuvre ou en voulant la traduire de suite en plan d’action marketing.

Ces œuvres sont des œuvres pour nous permettre d’avoir une base multiculturelle et une mesure du temps universelle. Sun Tzu par exemple ne peut, ne doit se lire d’une traite. Il doit lentement vous imprégner par ses messages de fond et non pas ces quelques lignes de tactique militaire bien sur largement dépassées. C’est la stratégie qui nous importe, le postulat de Sun Tzu, celui de tout faire pour gagner la guerre sans devoir la faire, influence, analyse, placement des bonnes personnes, leviers à utiliser, gestion des hommes, techniques de management, adaptation aux circonstances.

Tout l’art de la guerre est écrit pour penser la conquête en terme de R.O.I et sur le principe du Tai-chi, le moins d’énergie pour le plus grand résultat avec la même image de la puissance non pas du lourd et du rigide mais du liquide et adaptable comme l’eau. Alors oui pour ceux qui ne veulent pas imaginer, interpréter, traduire et s’approprier ce que nous a légué Sun Tzu il est préférable de continuer à lire des ouvrages aussi essentiels que « Comment être un pro du marketing en 12 leçons ».

de la pensée lente et des recettes de management en 5/7/10 leçons was last modified: mai 23rd, 2011 by Yann Gourvennec

selon Emmanuel Fraysse, le like importe plus que le lien

On connaissait « le lien qui importe plus que le bien » de Bernard Cova, voici désormais que le « like » a dépassé le lien (http) dans une nouvelle révolution du Web collaboratif et une nouvelle version du bouquin d’Emmanuel Fraysse : « Facebook, Twitter et le Web social, les nouvelles opportunités de business »

transparence : Emmanuel a publié son livre chez le même éditeur que nous http://amonboss.com 

selon Emmanuel Fraysse, le like importe plus que le lien was last modified: avril 22nd, 2011 by Yann Gourvennec