Big Data : Retour aux Fondamentaux

la sélection du jour de…

eye-large_thumb.gifEst cet article de l’expert belge Pierre Nicolas Schwab sur le big data, basé sur son expérience terrain issue de missions récentes. Lorsque j’ai découvert la prose de Pierre Nicolas, je dois avouer que je me suis senti mieux et surtout moins seul, en découvrant que le problème des « small data, n’est pas limité à l’Hexagone. Selon lui, il y a 3 erreurs communes que les entreprises commettent dans leurs initiatives big data :

  1. la première est de ne pas que savoir où les données se trouvent (en fait, j’ajouterai même que parfois, elles le savent, mais que l’entité à laquelle vous vous adressez n’a pas le droit de les utiliser. Très souvent, un département d’entreprise met la main sur les données et interdit à quiconque d’autre de les utiliser. Ceci est surtout vrai des donnés clients, notamment dans le B2B, et j’ai même vécu ce cas dans des entreprises de taille moyenne, ce n’est pas seulement une question de grands comptes) ;
  2. la 2e c’est qu’elles ne savent pas quoi faire de leur données : cela peut aussi sembler ridicule, mais il est vrai que les big data requièrent à la fois des connaissances en business/marketing et des connaissances techniques, il est facile pour beaucoup de se noyer dans les données sans savoir quoi en faire ;
  3. enfin, beaucoup croient encore, après tant d’années, que les données se traitent et s’améliore de façon magique, car l’informatique garde ce caractère mystérieux et miraculeux pour beaucoup. Ces personnes pensent donc qu’il n’y a rien à faire et que les systèmes le feront pour eux. Bien entendu, ce n’est pas vrai, et manipuler des données demande beaucoup de travail et d’implication, des essais des erreurs, et surtout de raffiner les données sans cesse. Dans certains cas (dans le domaine de la distribution par exemple) il est vrai que beaucoup de données de très bonne qualité sortent des systèmes automatisés de caisse et qu’il n’y a pas grand-chose à faire sur la données brutes… Sauf qu’il vous faudra quand même maîtriser les techniques de datamining et d’analyse complexe des systèmes que seuls les data scientists connaissent, or, il est très difficile d’internaliser ces compétences.

Une dernière chose que je voudrais ajouter est la piètre qualité des données elles-mêmes, quand elles ont été entrées manuellement au départ et, rarement ou jamais mise à jour correctement. J’ai connu une personne, avec laquelle j’ai travaillé pendant longtemps, qui a passé toute sa carrière à maintenir des bases de clients pour une grande compagnie d’informatique car cela est un job sans fin… Même si de grandes bases de données existent, dont certaines qu’on peut acheter, si vous possédez la donnée, vous aurez besoin sans cesse de la nettoyer et de la mettre à jour, c’est une tâche énorme.

via How and why data analysis can help increase your profitability and fuel your growth – Marketing, customer satisfaction and loyalty.

Big Data : Retour aux Fondamentaux was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Crowdsourcing : Novin fabrique les rêves des internautes

crowdsourcingL’innovation conjointe est au cœur du renouveau du marketing, comme nous l’avons vu récemment avec Lidia Boutaghane, dans un article dédié à la co-création avec les clients (marketing collaboratif). Voici un autre exemple, plus dans la lignée de ce que l’on appelle le Crowdsourcing, même si cette initiative nouvelle, d’une start-up de la région de Saint-Étienne (c’est assez original pour être souligné) va bien au-delà de la simple soumission d’idées et la définition étroite et habituelle du crowdsourcing. En effet, ici, le projet voit son aboutissement dans la création et la fabrication du produit, il s’agit d’un projet ambitieux, inspiré d’un site américain, lui aussi récemment lancé localement. Des débuts prometteurs donc, avec un exemple concret cité par le responsable de la communication de Novin Aurélien Désert, dans cette interview que j’ai réalisée il y a quelques semaines, mais aussi de nombreux défis, comme toujours dans la création en commun et la participation, qui consiste à avoir suffisamment d’idées, suffisamment solides, pour pouvoir aller au bout du projet. L’avenir nous dira donc si ce genre de concept fonctionne, mais nous pouvons dans tous les cas, souligner son caractère novateur.

Du crowdsourcing à la fabrication : interview d’Aurélien Désert : Novin

Novin est une plate-forme d’innovation collaborative. Le principe en est de permettre à chaque internaute de déposer une idée innovante et de participer ensuite à son développement afin qu’elle soit ensuite commercialisée. On s’est rendu compte qu’en France, au moment où on a lancé Novin, il n’existait rien qui permette à tous les consommateurs, quel que soit leur niveau de compétence, de participer au développement d’un produit. Il existait pas mal de plates-formes qui permettaient à des entreprises de faire de l’innovation participative, et qui permettaient également de faire du Crowdsourcing en faisant appel à des profils techniques, mais rien qui implique réellement tous les consommateurs dans le développement d’un produit.

L’inspiration : Quirky.com

image Novin - crowdsourcingOn s’est inspiré d’une plate-forme américaine qui s’appelle Quirky.com qui s’est créée il y a quelques années aux États-Unis et qui a très bien marché, sans doute car là-bas le do it yourself marche très bien. Cette plate-forme s’est lancée en France il y a quelque temps, c’est très récent ; il y a quelques produits qui sont en place, mais rien pour l’instant qui pointe son nez pour être produit prochainement. Quirky a cependant mis en place avec Auchan, un partenariat mondial qui fait que le distributeur nordiste a l’exclusivité sur la vente en magasin des produits Quirky.

Avoir des concurrents n’est pas un handicap !

Ce qui nous a fait vraiment plaisir, c’est que depuis que nous avons lancé Novin en décembre 2012, il y a au moins 2 concurrents français qui se sont créés dans la foulée, dont un qui s’est calé exactement sur le même modèle que Novin. Donc c’est plutôt enthousiasmant.

Pour l’instant, nous avons dépassé le millier de membres actifs sur le site. On aimerait bien atteindre 5000 d’ici le milieu 2014, et si possible 10 000 fin 2014. Car l’idée, à terme, est de pouvoir produire 2 à 3 produits par an.

Au départ, l’internaute décrit son idée dans un brief, c’est-à-dire qu’il va exprimer un problème à résoudre, ou un besoin, et ensuite il va décrire le produit éventuel et les fonctions que celui ci pourrait avoir. Il présente aussi des produits qui existent déjà ou qui pourraient se substituer à ce produit, il définit une cible. Pendant un certain temps qui est variable en fonction des projets, toute la communauté des « novacteurs », et potentiellement tous les internautes, peuvent venir et proposer une amélioration sur ce brief. Ce n’est qu’une fois qu’on a commencée à affiner l’idée qu’on va pouvoir lancer des challenges, qui vont viser à solliciter l’avis des internautes pour des concepts techniques, pour fabriquer l’objet : sur le design, sur la cible, sur le nom du produit, le nom de marque etc. Les challenges représentent une étape plus aboutie du développement des produits.

Des exemples

Au départ, un jeune ingénieur qui habite à Taiwan s’est rendu compte que quand il faisait du sport en salle, il avait un problème pour ranger ses vêtements de travail et de sport dans le même sac car les uns peuvent être souillés par les autres. Et donc il a eu l’idée de concevoir un sac qui soit compartimenté pour pouvoir y ranger surtout les vêtements humides, les vêtements secs, les chaussures et le pantalon dans êtes compartiments différents, notamment, ce sac est prévu avec un porte pantalon.

Idée Produit

Le smart bag sur novin.fr

Il a déposé son idée et cela a très bien fonctionné, et certains sont venus apporter des idées complémentaires, par exemple sur la sécurité du sac. Ce n’était pas une problématique qui était présent au début, c’est la communauté qui est venue soulever ce problème. Il y a plusieurs challenges qui ont été mis en place, en partenariat avec un designer de la région de Saint-Étienne qui a fait des propositions sur la base des besoins exprimés par des membres de la communauté. Il a fait 3 propositions de design pour ce sac, et un des challenges a été de choisir le design du sac, un autre d’en choisir le nom. Aujourd’hui, tout ça est très bien engagé, et des bêta testeurs vont recevoir gratuitement un exemplaire de la première série qui va être fabriquée courant février. Une fois qu’ils l’ont reçu, ils vont le tester, ils nous en feront un retour, et ceci nous permettra de vérifier les problématiques de conception et d’usages et de lancer la série finale en production.

Le « novacteur » peut théoriquement sans doute fabriquer en Chine ou en Tunisie lui-même mais il a peu d’intérêts à le faire. L’objectif, c’est que nous fournissions tout le circuit de fabrication pour permettre à tout un chacun de produire, car en principe les quidams n’ont pas accès aux circuits de fabrication.

 

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Crowdsourcing : Novin fabrique les rêves des internautes was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

médias sociaux : la prise de parole du « quidam » a révolutionné la communication (Olivier Cimelière)

Il y a quelques semaines, j’ai lu le livre de notre ami et confrère Olivier CimelièreManagers, parlez numérique !” publié aux éditions Kawa*. Olivier, Président de Heuristik communication, y dit des choses fondamentales, sans langue de bois (c’est un euphémisme) que les entreprises doivent désormais apprendre à mettre en œuvre, au-delà des discours. Je l’ai interviewé afin d’en savoir plus et de le titiller sur quelques points trouvés dans son livre.

* transparence : Kawa est aussi notre éditeur

Interview d’Olivier Cimelière – Managers parlez numérique !

Pour résumer mon livre en une seule phrase, je dirais que ce livre, traite des 10 bouleversements principaux que les médias sociaux et plus généralement la communication digitale introduisent dans la communication des entreprises et des dirigeants.

Qu’est-ce qui a changé avec les médias sociaux et qui a été bouleversé dans la communication ?

Beaucoup d’éléments ont été bouleversés, mais sans conteste l’élément le plus important et le plus brutal pour beaucoup de gens a été la prise de parole du quidam. Il s’agit de personnes qui auparavant ne s’exprimaient pas. On est dans des communications unilatérales, avec les sachant qui parlait à ceux d’en bas, aujourd’hui ceux d’en bas, non seulement conteste ce don, mais en plus ils expriment ils font entendre leur voix. Et ceci fait voler en éclats tous les schémas de communication traditionnelle. Le ton en plus ce n’est pas toujours très policé, on est parfois dans le brut de fonderie, dans la mauvaise foi aussi, mais cela a eu le mérite d’ouvrir des portes, de laisser entrevoir de nouvelles choses, et à des experts, des gens qui avaient des choses valables à dire, mais qui n’avait pas forcément les moyens de le dire, de faire savoir d’autres, de se positionner sur ce terrain de jeu, et de devenir à leur tour des influenceurs.

verypresstrip
Même si cette vidéo est un ODni (objet digital non identifié en provenance d’un service de RP qui s’est fait plaisir) elle est révélatrice d’un monde qui change. Il ne manque plus qu’à appliquer la leçon sur le terrain:    VERY PRESS TRIP – Bande Annonce VOST par l’agence So Bam on Vimeo.

Est-ce qu’on peut y échapper ?

C’est le souhait de certains, de reculer l’échéance, de contourner, d’y échapper, ou d’essayer de dupliquer les bonnes vieilles méthodes sur ce nouveau terrain de jeu, mais quoi qu’il en soit, non, c’est inexorable, ça va continuer, les gens vont se professionnaliser et ils vont continuer à s’exprimer. Le niveau de savoir a augmenté aussi, car on a accès aujourd’hui à un grand nombre d’informations. Ce qu’il reste à faire à ses acteurs traditionnels aujourd’hui, c’est de changer leur posture, d’écouter ces nouvelles personnes qui les interpellent, dialoguer avec elle, et de d’essayer de tisser de nouveaux modes relationnels. Celui qui voudra y échapper, pourra essayer, mais dans ce cas-là, il risque tout simplement de passer pour quelqu’un de suspects, car à vouloir être silencieux et se cacher, on vous prêtera forcément de mauvaises intentions.

Les gens qui font de la « communication à la papa », s’ils continuent d’appliquer leurs bonnes vieilles méthodes, vont aller dans le mur directement.

David et Goliath

Goliath, c’est ce que je mentionnais au début de cette interview, c’est ce qui avait accès à la parole, ce que j’appelle dans le livre cette oligarchie de la parole, c’était principalement les dirigeants, politique et économie, les grandes entreprises, les marques les médias, les quelques experts de renom, cela s’arrêtait là. David, c’est tous les autres, ce sont tous les petits qui ne s’exprimaient que comme ils pouvaient, en écrivant ou courrier du lecteur d’un journal, en téléphonant sur la ligne du service après-vente, on les entendait pas beaucoup. Aujourd’hui, ces se David, qui peut s’exprimer, il suffit d’un tweet pour cela. Et cela suffit pour faire vaciller une grosse marque et créer un Bad buzz ! Mais l’Goliath ne sont pas morts, ils peuvent tout à fait intelligemment comprendre simplement que la posture doit changer, un bon exemple et ses Nestlé, qui s’est fait « ratatiner » il y a 3 ans par Greenpeace par une attaque virale d’une puissance incroyable, et que justement ils avaient réagi selon les bonnes vieilles méthodes en envoyant les avocats. Aujourd’hui, ils ont installé une war-room, qui écoute en permanence le Web et les médias sociaux et qui interagit avec les gens. Alors tout n’est pas parfait, mais en 3 ans ils ont été capables d’accomplir cette mue, et cela montre bien que cela n’empêche pas à être Nestlé de continuer à être ce qu’ils sont.

Est-ce qu’on change le produit aussi ?

C’est là le piège, car être présent sur ces espaces n’est pas seulement ouvrir une page Facebook, et dire seuil et je suis digital ! C’est aussi d’adapter la culture qui va avec, c’est ça le grand problème aujourd’hui, la mutation, dans la posture les attitudes est loin d’être achevées !

La communication interne va disparaître

C’est un peu radical, mais moi je le pense, car là aussi je pense que le public interne a été longtemps négligé par les entreprises et leur management tout simplement parce qu’on partait du principe que les salariés c’était un public HT acquis, dans le meilleur des cas, ou en tout cas un public captif, car ils ont un emploi et n’ont pas envie de perdre, mais c’est fini ce temps-là. Les gens sont très informés savent beaucoup de choses ils connaissent l’entreprise, et sont capables de décoder la parole du dirigeant, et ils sont capables aussi de s’exprimer sur l’entreprise. Donc on a tout aussi intérêt d’avoir une posture de dialogue de conversation pour que les salariés, au lieu de devenir des râleurs, deviennent des ambassadeurs. Spontanément, ils sont enclins à le faire.

Journaliste blogueurs : la guerre ?

Je pense qu’il faut dépasser l’affrontement blogueurs et journalistes. C’est vrai que les blogueurs ont été très mal vu au début par les journalistes à ce qu’ils avaient l’impression de se faire un peu piqué leur boulot. Mais pour moi ils sont complémentaires. Les blogueurs ont des expertises à faire savoir, les journalistes ont la capacité, car c’est leur métier, d’enquêter, de contexte lisait, de regrouper, ce qu’un blogueurs ne peut pas toujours faire, car bien souvent il a un métier à côté, et il n’a pas forcément été formé pour cela. D’ailleurs on le voit aujourd’hui, plein de médias accueil des blogueurs dans leurs colonnes numériques, et ont compris que c’était plutôt un partenariat éditorial qu’il fallait faire, que passer son temps à se montrait du doigt. Il y a encore le côté « casse » de certains journalistes, mais il va résister de moins en moins, car la nouvelle génération de journalistes et totalement numérique, et pour eux, le papier et même à la limite de l’ovni, cela va s’estomper. Et maintenant, les rôles sont identifiés, et cette comme avant, quand les premiers journalistes TV sont arrivés dans les conférences de presse, les gens du papier les regardaient avec un mépris total car c’était la télé ! Aujourd’hui, plus personne ne songerait à cloisonner les gens de la télé du papier.

médias sociaux : la prise de parole du « quidam » a révolutionné la communication (Olivier Cimelière) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Marketing collaboratif : une indispensable culture du changement

marketing collaboratif et culture du changement

Le Focus group ou le Crowdsourcing sont beaucoup moins exigeants que le véritable marketing collaboratif, qui va amener un travail en commun et en profondeur avec ses clients et va nécessiter ‘l’instauration d’une véritable culture du changement. Lidia Boutaghane a une longue expérience de la relation client qu’elle met au service de ses clients. Depuis 2005, elle a été pionnière dans les approches collaboratives du CRM, et notamment de la notion de client collaborateur ainsi que la nécessité d’une politique multicanal. Dans cette interview fondamentale, Lidia répond à mes questions sur ce que veut dire “mettre le client au cœur”, la collaboration, le Crowdsourcing et … l’avenir du marketing. Car avouons-le, un marketing, et il y en a encore beaucoup, qui ne met pas le client au cœur, on se demande bien à quoi ça sert !?

le marketing collaboratif pour mieux satisfaire ses clients

Client au cœur, cela veut dire mettre le client au cœur de son business, des stratégies et des décisions qui sont prises par l’entreprise, et c’est le nom de mon blog, clientaucoeur.com. Le Crowdsourcing est seulement une partie du marketing collaboratif, donc je préfère le terme marketing collaboratif, qui est plus large, parce que cela englobe aussi bien la stratégie, les méthodes et les outils. Le Crowdsourcing ne concerne pas toujours les clients, cela concerne les prospects, les clients, les gens en général … on va les solliciter pour aller chercher des idées, soit de création produit, de communication et même un nom d’entreprise, un logo etc. Je suis plutôt spécialisé dans le collaboratif client pour faire tout ce qui précède mais aussi améliorer ses processus en interne. Par exemple, pour mieux satisfaire les clients..

la collaboration client, affaire de temps, de maturité et de conduite du changement

Le marketing collaboratif : une question de maturité

Wikinomics, c’est un peu comme le Crowdsourcing, c’est quelque chose à l’échelle d’une population mondiale. Les réseaux sociaux sont justement un très bon exemple de réussite du participatif. Aujourd’hui, Madame “Michu” peut-être blogueuse, donner son avis sur une plate-forme, pour faire évoluer le produit et elle peut dire “je préfère le goût mangue ou praline” pour les “Danettes”, par exemple. On ne peut pas dire que le concept ait échoué, même si Wikinomics n’a pas été une très grande réussite. Il est peut-être arrivé un peu tôt. Il a fallu une certaine maturité aussi bien pour les entreprises que les consommateurs, pour arriver à faire du Crowdsourcing, de la collaboration clients, de la co-création avec les clients.

Concrètement, à quoi ça sert !?

J’ai un client dans un groupe de cosmétiques international qui est venu me voir en me disant qu’ils avaient une problématique sur une ligne de produits, qui ne marchait pas, alors que tous les autres segments sont en croissance. Le CA stagnait depuis 3 ans, et il se demandait s’il n’avait pas intérêt à collaborer avec ses clients pour voir comment trouver des solutions avec eux pour faire décoller les ventes. C’est la direction marketing client qui a fait appel à moi, pas le marketing produit.

Il y a un autre exemple dans l’hôtellerie, où ils sont partis sur des thématiques plus larges et ils ont créé des ateliers en interne avec des gens du marketing mais aussi avec des adhérents, car c’est une enseigne avec des hôteliers qui sont adhérents et donc, en réunissant des adhérents, des gens du marketing et des clients, ils ont pu faire avancer les concepts qu’ils avaient envisagés pour améliorer la relation client, qui étaient des concepts de customer-care, de segmentation d’offres, plus personnalisées, pour ce type de clientèle.

Il y a un 3e exemple, dans la distribution, il s’agit d’une enseigne de grande distribution spécialisée, Ils veulent « impliquer le client dans la vie du magasin », et ils sont venus me voir pour voir comment mettre cela en œuvre. Ils ont d’abord organisé un voyage, et ils sont allés voir différentes entreprises, afin de regarder ce que faisaient ces entreprises avec leurs clients et suite à cela, je les ai aidés à débriefer sur toutes ces thématiques et avec l’expérience que j’ai du collaboratif client, nous avons analysé et choisi ensemble les méthodes et les moyens qui vont leur permettre d’impliquer les clients dans la vie du magasin tout en tenant compte à la fois de leur business model, de leur typologie de clientèle et de leur organisation interne..

Accepter de changer son produit

[Accepter de changer son produit à la suite d’un processus collaboratif], ce n’est pas évident, cela demande de la maturité. Le Crowdsourcing, ça n’implique pas tant que ça les entreprises : quand elles font appel à du Crowdsourcing, elles disent « moi j’ai une idée, j’ai un peu d’argent, je lance un appel d’offres, il faudrait me créer un logo, un emballage, une publicité… comme les galettes Saint-Michel avaient fait avec Eyeka dans les années 2008 2009. Ceci n’est pas très impliquant en définitive.

Par contre, quand on amène les clients dans l’entreprise, qu’on les fait collaborer étroitement avec des salariés de l’entreprise, alors là, c’est très différent. Il y a une culture du changement à instaurer dans l’entreprise, pour que les collaborateurs soient réceptifs et qu’ils soient prêts à jouer le jeu jusqu’au bout.

Il ne faut pas se contenter seulement de récolter des idées en interrogeant ses clients, sinon on prend un focus group et on s’en contente, mais on va véritablement suivre toute l’histoire du produit avec le client, à savoir depuis la génération d’idées, en passant par le prototypage, jusqu’au test du produit, la promotion, en stimulant les clients ambassadeurs, et ensuite en allant jusqu’au bout du processus.

Les aspects culturels

Si je regarde le type de clients que j’ai, je vois plutôt cette maturité au niveau des grandes entreprises. Par contre j’ai un petit client qui est une exception à la règle, c’est un petit éditeur informatique qui lui est très centré client, car il a une démarche déjà qualitative de la relation client et il a lancer une communauté “copyleft”, pour impliquer les clients dans le développement de ses applications. C’est une petite entreprise d’une vingtaine de personnes, qui édite une suite de logiciels informatiques pour les professionnels de santé, et qui est à fond, dans sa démarche de collaboratif client.

Marketing client vs marketing produit ?

En fait, jusqu’à présent, en France, le marketing est d’essentiellement dédié aux produits. J’ai travaillé pendant 9 ans dans le secteur de l’ameublement et j’appelais ça « le bout de bois ». Le meuble, c’était ce qui avait le plus important, et tous les efforts de réflexion, d’études de marché et de satisfaction était lié autour du processus du produit : est-ce que le produit répond d’un point de vue fonctionnel aux attentes du client… ? Et là on est complètement centré sur le produit, alors qu’avec l’avènement du participatif, et la prise de pouvoir par le client, il y a un équilibre qui se refait du côté du client, d’autant plus que maintenant, les entreprises sont amenées à se poser la question de l’expérience du client, de savoir s’il est satisfait non pas seulement par rapport aux fonctionnalités du produit, mais dans l’ensemble : la relation à la marque, les canaux, le mobile, Internet, le téléphone, les hotlines…

Mais à un moment donné, il ne faudra plus raisonner comme ça, il faudra que le marketing dépasse ce stade, que tout le monde devienne plus ou moins marketeur dans l’entreprise et qu’il y ait une transversalité des décisions dans l’entreprise.

 

Marketing collaboratif : une indispensable culture du changement was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

réseaux sociaux : les employés ambassadeurs de la marque avec Sokorpo

Grégoire CharlesVoilà pour bien commencer l’année nouvelle, chers lecteurs, un article sur le sujet des ambassadeurs de la marque, un sujet loin d’être épuisé, je m’en suis rendu compte en discutant avec Grégoire Charles, co-fondateur de Sokorpo, une startup qui permet aux entreprises d’organiser leurs programmes d’ambassadeurs de la marque. Le système est bien pensé, et apporte aussi quelque chose de nouveau dans le principe, et notamment la « rémunération » des ambassadeurs ; celle-ci n’étant pas toujours une question d’argent, c’est même sans doute la plus mauvaise méthode. Plongeons dans cette interview avec Grégoire afin de comprendre leur projet et qui sait … voir s’il pourrait s’adapter à vos besoins …sans oublier l’accompagnement indispensable dans ce genre de projets :

Qu’est-ce que Sokorpo ?

Sokorpo, c’est une plateforme qui permet aux collaborateurs de l’entreprise de s’engager sur le contenu de leur marque, sur les réseaux sociaux, afin d’en faire les meilleurs ambassadeurs de l’entreprise. On est dans une plateforme qui est totalement réservée l’univers de la marque, réservé aux collaborateurs de l’entreprise, qui pour s’inscrire, doivent entrer leur adresse e-mail professionnelle ; une fois qu’ils accèdent à cette plateforme, ils sont en contact avec l’ensemble des contenus publiés par leur marque sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Google + etc. Tout est agrégé dans un seul et unique espace de manière à centraliser l’ensemble des informations externes à l’entreprise, et permettre aux collaborateurs de créer de l’engagement sur ses contenus. Si on prend l’exemple de Facebook, c’est par exemple créer des commentaires, de façon à renforcer l’engagement sur les publications. On sait qu’aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, l’engagement est ce qui amène de l’accessibilité au contenu, donc au travers de cet outil on va pouvoir décupler l’engagement sur les comptes de la marque.image

l’espace sokorpo de endemol, la maison de prod de Secret Story

Ambassadeurs forcés ou volontaires ?

En termes d’inscription, on est sur un processus qui est démocratique et l’on ne force absolument pas les gens à participer au dispositif [NDLR : il faut également que le client entreprise joue le jeu, ce qui est impératif si on veut que ça marche], cela résulte d’une démarche de l’employé, qui va vouloir s’inscrire dans la politique de communication de sa marque vis-à-vis des réseaux sociaux. Lorsque l’employé s’implique, à chaque action qu’il va effectuer sur la plateforme, on va le récompenser pour son engagement au travers de l’attribution de points, qui vont pouvoir être traduits ensuite en cadeaux.

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chiffres sokorpo.com

Quand on parle de cadeaux, c’est un mot qui est assez large, on propose effectivement des cadeaux classiques par défaut comme des cartes cadeaux, mais on propose aussi aux marques de proposer leurs propres cadeaux, qui sont peut-être des cadeaux matériels, mais aussi des cadeaux à connotation Corporate, c’est ce qu’on leur suggère, comme par exemple un déjeuner d’équipe, un café avec le DG, une après-midi avec une activité d’équipe etc.

Les points nous les appelons les « Korpos », mais chaque entreprise peut en changer le nom. Pour créer un espace Sokorpo, ça ne prend qu’une vingtaine de minutes. Il suffit de nous contacter, de paramétrer son espace qui est au nom de lamarque.sokorpo.com. On peut personnaliser l’adresse de façon à ce que le mot Sokorpo n’apparaisse pas du tout dedans. Ensuite, ça prend quelques minutes pour simplement connecter les comptes sociaux de la marque, et à partir du moment où la plateforme est connectée aux médias sociaux, la plateforme est lancée et il n’y a plus qu’à l’ouvrir aux collaborateurs et à les solliciter de façon à ce qu’ils s’inscrivent de manière libre.

Que coûte Sokorpo ?

Ça ne coûte pas très cher, aujourd’hui, on est sur un format qui est basé sur le volume de collaborateurs d’entreprise, et on est sur une facturation mensuelle en mode SaaS ou on va tourner autour de 2 € par mois par collaborateurs. A ce budget, il va falloir rajouter le budget cadeaux, en fonction de la stratégie de la marque. On applique aussi une limite, de façon à ce que les entreprises qui ont plus de 1000 collaborateurs ne paient pas des sommes astronomiques. On a commencé la commercialisation du produit au mois juin 2013. Le produit est encore en train d’évoluer et on travaille notamment avec Groupon, avec Endemol, avec d’autres sociétés qui sont encore de signature, et en est plutôt confiant pour la suite

Travaux en cours

Nous travaillons encore sur plusieurs types de modules, on a parlé du module médias sociaux. Nous permettons également aux employés de partager des actions promotionnelles de la marque, comme les jeux concours, les vidéos promotionnelles, et on permet aux employés de partager des URL à destination de leurs réseaux, afin de pouvoir traquer l’influence de chacun de ces collaborateurs vis-à-vis de cette opération marketing. C’est un module très utilisé pour tout ce qui est partage d’opération marketing et aussi par rapport aux offres d’emploi (parrainage).

Par rapport au service client, on travaille effectivement sur un nouveau module qui permettrait aux autres collaborateurs de l’entreprise de jouer le tampon entre les utilisateurs avec lesquels ils sont en contact sur les réseaux sociaux qui viendraient sur les comptes sociaux de la marque d’une manière ou d’une autre, de façon à leur permettre de faire le tampon avec le service client et de leur permettre d’assister les clients directement. Cela a plutôt tendance à apaiser les clients mécontents. Aujourd’hui, on n’est pas du tout catégorique sur la nécessité de lancer ce genre de module, cela correspond à la demande de certains de nos clients, on verra dans le temps, si on le déploie.

Concurrence ?

Par rapport à la concurrence, on est dans l’univers des ambassadeurs de marque et les programmes d’ambassadeurs, aujourd’hui il y a quelques concurrents qui existent, plus spécifiquement sur le grand public, où on implique les fans et les followers et les clients de la marque dans un programme d’ambassadeurs de manière à leur donner de la visibilité. Aujourd’hui il y a assez peu d’acteurs qui sont positionnés sur notre créneau à savoir engager les collaborateurs de l’entreprise dans un programme d’ambassadeurs.

France ou international ? levée de fonds ?

On a tendance à se spécialiser sur le marché français, mais néanmoins on a déjà quelques contacts à l’international, et probablement que nous y viendrons un jour, mais nous considérons que nous avons déjà pas mal de choses à faire ici. Notre potentiel de croissance est déjà très fort sur le marché français. Aujourd’hui, par rapport à notre besoin de financement on souhaite encore gagner en notoriété et acquérir encore quelques clients pour solidifier notre offre et avoir encore plus de retours et de métriques sur ce que l’on peut apporter aux marques en matière notamment de visibilité et et de taux de conversion, avant d’aller lever des fonds.

On a déjà fait la preuve du concept avec pas mal de clients, on cherche intensifier à la renforcer avant de lever des fonds, même si on est déjà qu’on contact avec quelques fonds d’investissement et que cela se fera plutôt à l’horizon premier semestre 2014.

réseaux sociaux : les employés ambassadeurs de la marque avec Sokorpo was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec