Comment illustrer son blog sans risquer la prison (banques d’images gratuites)

La lecture du jour …

visionary-publishingEst cet article qui donne 50 tuyaux utiles pour illustrer un blog ou un site Web. C’est la rentrée, et vous allez sans doute vous précipiter pour mettre votre blog ou site Web à jour, après l’avoir dépoussiéré suite à un mois d’inactivité (il faut bien couper un peu l’accès Internet pour faire autre chose !). Or, si mettre une photo ou une illustration sur un blog peut sembler être quelque chose de naturel, voire de quasi automatique, il n’en est rien. On se précipite sur Google images, on tape un mot clef, on fait un copier-coller et … hop ! On enfreint immédiatement et sans difficulté le droit à l’image et le droit d’auteur – qui est inaliénable en France, c’est-à-dire qu’il ne disparaît pas une fois une œuvre achetée, sauf au-delà de la prescription de 70 ans (inaliénable veut dire aussi que la mention D.R. qui semble ignorer l’auteur n’a aucune valeur si celui-ci se déclare et prouve la paternité de l’œuvre en question).

antimuseum.com-summer13-1206Au menu : une bonne manière d’illustrer un blog sans risquer de se faire taper sur les doigts : faire ses images soi-même (photo : antimuseum.com c’est-à-dire … mon site de photos !)

Et ce n’est pas une invention. Les sociétés de banque d’images payantes sont à l’affût. Le champion étant indiscutablement Getty images, passé expert dans la protection de son fonds documentaire (voir les nombreux débats ici). Il est vrai qu’ils ont fort à faire, car les usages du Web en matière d’images sont désastreux. La pratique qui consiste en effet à prendre n’importe quelle image et de la mettre sur son site est non seulement détestable, elle est aussi inefficace, car l’identité de votre contenu dépend aussi et surtout des illustrations qui le composent et l’agrémentent. Les méthodes utilisées par ces sites d’images ne sont toutefois pas toujours légales non plus ; j’en ai été témoin une fois : un agent vous appelle depuis un pays étranger, le Royaume Uni en général, et vous réclame une somme assez conséquente pour une image – aussi petite soit-elle, une vignette dans le cas que j’ai observé – qui dans l’exemple étudié se montait à 6000€ pour une image de très petit format (environ 100px x 100px). Il ne faut pas se laisser intimider ; cette démarche est illégale en France, où la loi impose que la réclamation soit faire par huissier, dans le pays, et via un courrier recommandé. Dans le cas précité, la bonne démarche consiste donc à faire la sourde oreille, à obtempérer immédiatement en enlevant l’image incriminée (il faut donc rapidement la retrouver), et à attendre que le harcèlement cesse … ce qui peut prendre un peu de temps. Certes, la plupart des démarches de réparations suite à un abus de droits (Copyright Infringement en anglais, qui donnent suite à une procédure de mise en demeure : « cease and desist »), notamment pour les textes, se déroule de façon beaucoup plus courtoise. Le lésé, Harvard Business Review par exemple, vous contactera et vous demandera poliment – mais fermement – de retirer le contenu incriminé, vous vous excuserez, obtempérerez et vous en serez quittes. Mais pour les images, la pratique est beaucoup plus violente. La compagnie lésée vous réclamera de l’argent et de façon insistante, car elle est en effet dans son droit.

Il est donc urgent d’agir et de trouver un ou plusieurs moyens d’agrémenter élégamment sont blog ou son site en trouvant des moyens originaux et peu onéreux, quand on est indépendant, une PME ou même une entité fauchée dans un grand groupe … Les temps sont durs.

La première solution est d’apprendre à dessiner, mais cela n’est pas donné à tout le monde. J’utilise Paper de fiftythree.com (voir l’illustration ci-dessus) mais il faut non seulement savoir dessiner, il faut être capable d’apprendre à le faire avec ce nouveau medium, ce qui n’est pas donné à tous. Si vous y arrivez (avec un stylet, le stylet de Kensington à 15€ environ faisant parfaitement l’affaire), je recommande vivement cette application sur iPad qui permet de faire de très jolies illustrations, très rapidement et de s’affranchir des droits à l’image.

Vous pouvez aussi acheter un appareil photo et apprendre la photographie mais là aussi, il s’agit d’un Art – d’ailleurs pas si éloigné que ça du dessin – qui requiert un peu de savoir-faire, artistique et technique. C’est ce que je fais aussi avec mon site antimuseum.com où je distribue des images libres de droit – mais pas de droits d’auteur rappelons-le encore une fois – et que vous pouvez utiliser en citant l’auteur et en faisant pointer un lien vers la source … que vous n’aurez pas modifiée.

Pour les autres, ceux qui ne veulent ou ne peuvent dessiner ou réaliser leurs photos eux-mêmes, alors il reste les banques d’images payantes et les … les banques d’images gratuites telles celles citées dans l’article en référence ci-dessous.

Mon conseil aux entreprises

Quant aux entreprises ? mon conseil est de ne jamais transiger sur le droit à l’image, de payer (même si la démarche de poursuite est plus ou moins légale) et de s’assurer que la licence de ses images est valable, voire de n’utiliser que des images internes ou prises sur le vif par vos soins. Car dans ce cas, la démarche de recours décrite ci-dessus, même illégale, n’est pas opposable si vous êtes une entreprise. Dans ce cas, vous ne pourrez pas faire le mort.

Et surtout : n’oubliez pas d’acheter de vous assurer que la licence de vos images n’expire pas dans le temps car dans ce cas, vous seriez obligé(e) de vous assurer qu’à la date prescrite, les images en question sont retirées, ce qui est difficilement gérable.

… la sélection du jour

50 Banques d’images gratuites.

En vérité toute image que vous trouvez sur Internet et que vous pouvez télécharger est gratuite, vous pouvez en faire ce que vous voulez pour un usage privé, il est donc inutile de se poser la question. Puis-je utiliser telle ou telle photo que j’ai trouvée sur Internet? Réponse : oui. Oui à partir du moment où l’usage de la photo est privé (répétition volontaire). En revanche, si vous commencez à bloguer, à vous servir d’une photo pour faire de la pub, créer des encarts publicitaires, les choses sont un peu moins évidentes et il ne s’agit donc pas rigoler sous peine d’avoir quelques ennuis, même si la probabilité d’avoir des problèmes avec la justice est minime, je ne tenterais pas trop le diable.

Pour utiliser des photos pour votre travail, il y a trois solutions :

  1. Fabriquer vos photos vous-même.
  2. Trouver des images libres de droit.
  3. Achetez des photos.

Personnellement, je pense que je viole en permanence le droit d’image sur ce blogue, car mes illustrations sur ce blogue sont des copies d’écran de produits Internet. Ainsi, je montre un logo, une copie d’écran de logiciel, je suis limité en termes de droit d’image. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne m’a réclamé quoi que ce soit, car il s’agit d’une formule “win win”. En effet quand je parle d’un produit, j’en fais la promotion, il serait dommage que le créateur du produit me réclame des dommages et intérêts sur une des images que j’ai produite sur ce blogue.

En tout état de cause, l’usage d’une photo de façon publique doit être premièrement régie par le bon sens. Et le bon sens consiste au moins à citer la source de la photo quand il s’agit d’un blogue. Maintenant s’il s’agit de créer une pub à afficher dans le métro, vous aurez plutôt intérêt à acheter la photo. Pour nous blogueurs, c’est tout de même moins contraignant.

Voilà une liste à jour des sites qui proposent des images libres de droit et gratuites, il y a parfois des restrictions dans l’usage des photo, par exemple la gratuité est limitée par la taille de l’image, par l’obligation de faire un lien vers l’auteur de la photo… Je viens de remettre à jour cette liste, car les choses bougent beaucoup, des sites disparaissent, des photos deviennent payantes…

Cette liste est classé par ordre alphabitique, sans préférence.

via 50 Banques d’images gratuites.

Comment illustrer son blog sans risquer la prison (banques d’images gratuites) was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Révolutionner la formation par le numérique : stratégie gagnante pour 2020 ? #uemedef13

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C’est la conférence de la rentrée pour ce blog et ceci dans le cadre des universités du Medef 2013, avec son nouveau President, Pierre Gattaz.

Le numerique c’est 3.7% des emplois en France seulement mais « cela touche tous les employés » a dit en guide d’introduction Amaury de Buchet ; et c’est pour cela que le medef a choisi le numérique comme thème des UE de cette année. Ma première conférence était donc logiquement dédiée à ce thème et notamment à comment le numérique peut devenir la « stratégie gagnante pour toutes les entreprises ». Si vous doutiez encore de l’importance du numérique, les quelques témoignages suivants vous aideront à comprendre l’importance de ce phénomène. Et encore une fois, se développe un paradoxe numérique, où la demande d’embauches dans le numérique est en plein essor, alors même que nos niveaux de chômage sont incroyablement élevés, et où pourtant les apprenants dans ces domaines et les offres de formations sont en régression depuis 2005 (un comble si on pense que la révolution du Web social est arrivée en 2004). De même, les experts de la formation insistent à juste titre sur la formation sur la durée de la vie (lifelong learning) et la fin de la formation par l’expert et le « sachant » alors que les amphis n’ont jamais été aussi pleins et que les formes de formation sont très traditionnelles et le restent.

20130829-103243.jpg Légende : de gauche à droite, Patrick Galiano, Diane Lubin et Amaury de Buchet, animateur de cette passionnante conférence

Mais les choses changent cependant dans certains pays qui sont sans doute en passé de devenir les champions numériques de demain : l’Allemagne, les pays bas et les pays nordiques ont déjà pris de l’avance en ces domaines. L’Espagne et l’Italie réagissent également, poussés par une crise sans précédente. Alors quid de la France ? André Richier de la commission européenne nous a incités à faire de même, nul doute qu’il ne faudra pas oublier cette recommandation si nous voulons « faire gagner la France en 2020 » (nom du programme d’action du Medef) !

Titre de la conference : Conquérir c’est transmettre

Intervenants :
Gregory Flipo, chief happiness officer Sikana
Alexis Christine Amara, Codingame
André Richier, commission européenne
Patrick Galiano, Cegos
Diane Lubin, Air France
Amaury de Buchet, comité innovation du Medef

Air France : transformer nos pratiques managériales en profondeur

Diane Lubin d’Air France a initié le débat en narrant l’histoire du numérique chez Air France, qui s’est développé au début sous forme de silos indépendants, mono canal, et au bout de 10 ans, l’Internet est devenu « le canal le plus important » et c’est ainsi que l’ensemble des directions ont été repositionne es début 2012 autour d’Internet. Ce qui est apparu comme une évidence c’est que l’ensemble des directions apportaient le support au client. L’ensemble du projet a été de ans former profondément l’entreprise et exploiter à fond la puissance du numérique dans un esprit beaucoup plus « démocratique » ce qui impose une réforme managériales en profondeur : les sachants ne sont plus les mêmes, les générations nouvelles et le monde collaboratif vient redéfinir la façons dont neufs travaillons.

Commission européenne : en matière d’emploi, une offre inférieure à la demande (carte savoirs numériques)

Nous avons remarqué un déficit quanti et quali en termes de postes non satisfaits dans le numérique : à partir de 2005 on a remarqué j’en baisse d’intérêt sauf en Allemagne ou en Pologne pour les formations numériques … (-30% au Royaume Uni !) Ceci au moment même où la demande augmente, ce qui crée un fort déficit. 70% des besoins non satisfaits sont dans les PME. C’est dans les pays développés et en Europe où les besoins sont les plus fortś l’inertie est dans les pays du Sud. Il faut donc avoir une politique qui prend les dimensions de formation, d’emploi, des compétences spécifiques et tout ce qui concerne les jeunes et les seniors (dimension d’inclusion importante). Les pays qui réussissent le mieux comme les pays bas, l’Allemagne et les pays scandinaves organisent des manifestations avec les entreprises et ils mettent des feuilles de route et des plans d’action. En France il y a des feuilles de route mais … Les organismes de formation ne sont prêts à aller de l’avant que si la demande est avérée. C’est donc un peu un problème d’oeuf et de poule. « Notre but n’est pas d’établir des curriculum » adit André Richier, mais d’établir des bonnes pratiques et d’inciter. (Carte de la commission européenne). Le pays qui a réagi le premier pour réaliser une coalition nationale, c’est l’Espagne, du fait de la difficulté de la situation actuelle. L’Italie a réagi aussi. La commission européen essaie de faciliter la mobilité. SAP a créé l’académie Cube en Allemagne également. Des « coalitions » publiques/privées s créent un peu partout pour faire avancer le savoir.

  • Pour le référentiel européen : ecompetence framework : http://www.ecompetences.eu/

Codingame : aider les entreprises à recruter les talents

Se réunir dans des communautés de codeurs passionnés, c’est la vocation de Codingame qui propose des challenges de programmation et ils mettent les jeunes en relation avec les entreprises qui reçoivent les classements des challenges avec les cordonnées de contact pour pouvoir recruter les jeunes.

Sikana : former le monde avec le digital

Ouvre des écoles en ligne (cuisine, musique etc.) où tout le monde peut se former gratuitement sur YouTube et tout le contenu sera bientôt traduit en 10 langues. Il faut apprendre à pêcher aux gens, plutôt que leur donner du poisson pour « les nourrir pour la vie ». C’est selon Gregory Flipo le vrai enjeu du développement. 2000 vidéos seront en ligne à la fin du mois, et en 10 langues, cela fera bientôt 20000 vidéos. L’entreprise est encore toute petite, incubée par ESCP, mais elle « se développe de manière exponentielle » a expliqué Gregory Flipo. Avec passion, il a expliqué que la formation était une des révolutions les plus importantes de notre époque. Le but n’est plus de remplir le cerveau des formateurs ni de remplir des amphis à outrance, mais de susciter des envies. M. Flipo insiste sur la notion de « lifelong learning ».

Cegos : le numérique a bousculé le monde de la formation

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Le numérique vient bouleverser les marchés. Et ceci est très marqué dans le marché de la formation car l’elearning est arrivé dans les années 2000. Patrick Galiano travaille à la Cegos depuis 5 ans et y est en charge de l’elearning. Les formations électroniques ont bouleversé la formation : l’accès à la formation peut se faire de n’importe où, le savoir devient quasiment gratuit, et aussi la production de l’information est aussi touchée par le phénomène du collaboratif (commentaires/débats/réécriture : le meilleur exemple étant Wikipedia, disponible en 270 langues). C qui ne change pas par contre, c’est l’assimilation et la mise en pratique du savoir à précisé M. Galiano. « On peut lire une vidéo de 5 minutes pour apprendre à bricoler, mais sans la pratique, rien n’est possible » a-t-il ajouté. Il faut s’approprier le savoir ! L’auto régulation est primordiale. Les MOOC (massive online open courses, voir opencourseware sur ocw.mit.edu et coursera.org, edx.org entre autres. ) sont des cours ouverts à tous et c’est passionnant, mais les limites sont celles « fixées par l’infobésité » et c’est là que Cegos est positionné. Il va y avoir aussi un besoin de plus en plus fort d’accompagnement, soit de la part de pairs, soit de coaches. Nous sommes sans cesse en train de nous adapter et faire face à l’incertitude et « il y a une notion de jeu qui est de plus en plus importante » a-t-il ajouté car les systèmes de jeu permettent de faciliter l’apprentissage en apprenant sans faire prendre conscience qu’on apprend. La question s’est posée de la complémentarité entre les modes numériques et traditionnels de formation ; cette question n’est pas nouvelle, au début du Elearning la question s’est déjà posée mais en fait, il y a toujours besoin d’un enseignant qui vient guider l’apprenant. Ce qui a changé fortement c’est le temps disponible pour la formation avec des clients qui veulent les mêmes contenus mais sur des périodes plus courtes. Il faut donc des moyens d’utiliser le numérique pour rapprocher l’apprenant du lieu de formation, et l’apprenant devient de plus en plus autonome mais cela ne fait pas disparaître le rôle du formateur selon Patrick Galiano, cela l’oblige à s’adapter.

Révolutionner la formation par le numérique : stratégie gagnante pour 2020 ? #uemedef13 was last modified: août 29th, 2013 by Yann Gourvennec

les grandes agences de communication sont-elles « digital natives » ?

Suite de mes comptes-rendus du social drink-up d’Adobe qui se tenait fin juin à la maison du Danemark sur les Champs-Élysées. Après la remarquable présentation de Jacques Froissant, la barre était placée assez haut, mais le défi fut relevé avec brio, comme à son habitude, par notre ami Nicolas Bordas, un des patrons d’agence que j’apprécie le plus, par sa compréhension du domaine digital, qu’il vit de l’intérieur, et qui n’hésite pas à prendre son bâton de pèlerin pour aller prouver l’importance de notre secteur à ses clients (notamment en juin, avec Media Aces).

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Nicolas Bordas et la vision agence de la transformation digitale

Et c’est vrai qu’il y a du travail ; nous nous en rendons compte en ce moment où nous bouclons, avec une série de relectures intensives, notre nouvel ouvrage la communication digitale expliquée à mon boss.

Alors, en ces temps où la transformation digitale est, et sera de plus en plus alors du jour des entreprises (il vous faudra attendre l’automne pour obtenir l’ensemble de la démonstration réalisée par notre travail livresque chez Kawa), peut-on considérer que les agences de communication se sont véritablement transformées, digitalisées, ou sont-elles restées des dinosaures de papier au service de clients qu’il faut plus rassurer que bousculer ?

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La réponse n’est pas aisée.

S’il y a une chose indéniable, c’est qu’il y a une véritable volonté de transformation, soit par de la réforme interne, c’est ce qu’a choisi comme voie TBWA, ou l’apport de véritables spécialistes du digital comme notre ami Dominique Delport chez Havas (qui nous a fait la gentillesse décrire la postface de notre livre) voire même par des politiques volontaristes de rachat comme c’est le cas chez Publicis. En fait, l’image du paysage des agences de communication est beaucoup moins caricaturale qu’on pourrait le croire. Ici et là, vous trouverez, notamment chez Publicis, d’excellents professionnels, et même parmi les meilleurs. Cela veut-il dire pour autant que l’entreprise en entier s’est transformée ? Probablement pas.

L’enjeu, pour la communication digitale et pour les agents de communication particulier n’est pas tant de se spécialiser dans un domaine qui reste un domaine d’expertise (on ne peut y échapper : à défaut de baigner dans le bain digital, comme le rappelle Pierre Philippe Cormeraie dans sa préface du livre, on n’y comprend rien, un point c’est tout) mais plutôt d’inspirer l’ensemble des métiers à l’intérieur de la communication afin qu’il se digitalisent tous. C’est d’ailleurs la voie impulsée par Nicolas Bordas dans son agence.

Le contexte et les différences de pays à pays

Mais avant tout, comme souvent, il faut se reposer la question du contexte et de la diversité culturelle et économique dans les différents pays. Si je me base sur une étude que je n’ai malheureusement pas le droit de partager avec vous, qui décrit le paysage de la communication digitale au Royaume-Uni en France et aux États-Unis, environ 50 % du marché français est aux mains d’agences de communication indépendantes purement digitales, pour seulement un peu plus de 30 % au Royaume-Uni et moins de 20 % aux États-Unis.

2 logiques qui s’attirent et se repoussent

Qu’est-ce que cela signifie ? En fait, dans le domaine de la communication digitale, il y a 2 logiques à la fois amies et ennemies qui se rejoignent et s’opposent en même temps. D’une part, la logique publicitaire du « message », du « coup publicitaire » et de la « campagne ». De l’autre bord, dans une démarche purement digitale, il y a l’approche du marketing du bouche-à-oreille, du bian digital et de la durée (si, si ! les vrais experts du digital savent se hâter lentement, à l’inverse des autres qui veulent tout tout de suite), en général l’apanage de sociétés plus petites, positionnées sur des marchés de niche, qui n’hésitent pas à travailler en corps à corps sur le terrain avec les internautes.

Celles-ci sont des « digital natives » qui sont agiles, impertinentes et pertinentes. Plus le paysage se resserre autour des grandes agences, plus la démarche publicitaire l’emporte, mais aussi, plus celle-ci se transforme … sans pour autant changer à 100 %. Il n’est pas question de rejeter la publicité, celle-ci est nécessaire et ne date pas d’aujourd’hui (quiconque a lu le bonheur des dames s’en souvient bien) mais bien de décrire des cultures qui sont un peu comme l’eau et l’huile, capables de se mélanger mais jamais de se fondre l’une dans l’autre.

Le paradoxe, c’est qu’en France le paysage des indépendants et en plus des importants, ce mélange se réalise d’autant moins. Mais bien sûr il y a des exceptions et je laisse donc la parole à Nicolas pour décrire le détail de sa démarche, qui se rapproche plus de celle d’une SSII que d’une agence de communication. Vision du futur, “coups d’innovation” publicitaires ou changement de métier, je vous laisse juger. Peut-être un peu tout ça à la fois ; c’est d’ailleurs une démarche qu’on voit se développer un peu partout (Tesco à Seoul, agence Cheil.com). à suivre …

1984 – Apple (par TBWA)

Nicolas Bordas : la vision agence, vue de TBWA

TBWA était l’agence d’Apple en 1984. Et Steve Jobs, en revenant dans l’entreprise a repris la même agence. Il y a eu 3 phases de transformation chez TBWA.

La première phase :

  • Pour une société de service, le premier but a été de trouver les bons profils. “Il y a eu l’école Publicis (acheter des savoir faire et les laisser vivre) et l’école omnicom (intègrer des profils digitaux dans chacun de nos métiers) et c’est ce qu’on fait : digitaliser partout et dans tous les services en recrutant des gens au cœur des agences, pas dans un coin mais au cœur du Système”. Il faut que des petites agences ouvrent des marchés avec des enjeux internationaux avec des enjeux de coûts de main d’œuvre non négligeables (faire en Inde c’est moins cher)
  • Donc les enjeux ont été de 1) digitaliser partout et 2) s’organiser
  • La limite : on ne peut pas avoir d’experts digitaux de chacun des métiers dans tous les pays,  il y a donc d’énormes limites.

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La deuxième phase : fédérer plus intelligemment ce qu’on fait dans le monde

  • Généraliste a une valeur faible, il faut être multi spécialiste
  • “On a fait du lego en spécialisant les agences dans le réseau en fonction de leur point de force en connaissant aussi leur faiblesse”
  • Ex : TBWA Finlande est dans le bureau de Rokio et a donc une expérience particulière dans le jeu et a même pu lancer des operations en partenariat avec eux
  • En complément des connaissances digitales de chaque agence, on a adoubé des Labs sur des compétences particulières démontrées. Sur chaque compétence distinctive (SEO, analytics, social media, data etc.) on a repéré l’agence idoine dans le monde. Chaque agence a un nom et certaines ont même inventé leurs propres noms. Ex : Pilot
  • Ainsi on va dans les pays idoines et on a des gens qui ont des expériences concrètes

le DAN : Digital arts Network, l’innovation communicante

  • On se rend compte, c’est la plus grosse découverte pour les agences de com, que c’est l’innovation communicante qui est l’avenir et donc on se rend compte qu’on est en train de remonter dans la chaîne de valeur : 1) on rentre dans le dur du commerce 2) les liens avec des startups innovantes devient un avantage concurrentiel
  • Ex : Cannes Lions, Adidas Neo ou TBWA Finlande a travaillé sur un moyen de rendre le shopping plus ludique et de faire passer la chaussure directement de la vitrine vers téléphone d’un simple geste, l’acheter et se faire livrer. Adidas a annoncé qu’ils allaient étendre cette innovation en Europe
  • Autre cas : Nissan au Japon. Est-ce qu’une voiture électrique ne pourrait pas alimenter une maison. Projet aerohouse:

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  • Il y a un énorme saut entre ce que sont le marketing et la com aujourd’hui et ce qu’ils seront dans 10 ans. Même si on écart des bouquins sur le marketing synchronisé personne ne le fait. L’enjeu pour Nicolas n’était pas le 360° mais le 365 jours par an …
  • La  difficulté est la maturité des clients car on est déjà trop en avance par rapport à nos clients et cette transformation digitale n’a pas de sens si elle est trop en amont (pas applicable pour les pris du ecommerce) 
  • Intervention de la salle : Limite : c’est de l’image ou de l’innovation ? La maison s’éclaire avec la voiture mais on ne peut plus revenir. Le risque étant de créer une déception par rapport au résultat. O est bombardé d’informations mais la difficulté est de faire le tri.
les grandes agences de communication sont-elles « digital natives » ? was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

e-réputation : 10 pièges à éviter selon Emmanuel Vivier

book-new-largeJe me suis rendu le 11 juillet 2013 chez Ladurée à l’invitation de Synthesio (qui poursuit son développement international de façon spectaculaire) pour écouter notre ami Emmanuel Vivier, du Hub forum institute, et ancien patron de Vanksen.

Emmanuel est un vieux routard du Web collaboratif ; dans cette présentation, dont vous trouverez les slides à télécharger ci-dessous, vous avez l’essentiel des pièges à éviter. Rien à redire, sinon que bien entendu la mise en œuvre est toujours plus difficile que la théorie. Encore faut-il la connaître.

Notes prises sur la présentation d’Emmanuel vivier : les erreurs à ne pas commettre en e-réputation

Hub institute : think tank sur le digital et accompagnement des clients sur la transformation digitale. Le digital est un des sujets actuels et la conséquence du digital est que “plus l’expression se libère pour les clients et les employés, plus on voit les crises se multiplier”. On parle beaucoup de digital, mais cela reste le problème de vrais gens avec des problèmes qui sont loin d’être virtuels et qui finissent dans la presse. Les secteurs les plus touchés : aérien, nourriture, FMCG, il faut se poser la question en fonction de son secteur …

comment bien se protéger sur Internet (photo antimuseum.com)

Dans le crash de SF il y avait des gens qui tweetaient quelques minutes après le crash ! Avant d’acheter quelque chose, on sait tout sur les produits et avant d’avoir acheté le produit on sait tout sur lui.  La valeur de la marque est aussi liée à ce qu’on dit sur elle et aujourd’hui on a des gens qui ont, avec les réseaux sociaux, ont autant d’outils et d’infos que les marques et qui sont plus malins et qui sont très renseignés. 

Entre dire que c’est important et s’y lancer, il y a une marge … La difficulté est de savoir qui parle de vous et de quoi ils parlent et si on veut organiser ça avec un tableur ça va être un peu compliqué et ensuite il va falloir quantifier et qualifier tout ça.  Au niveau du web il y a énormément de sites et il ne faut pas oublier les forums.

10 erreurs à ne pas commettre quand on surveille sa e-reputation

Première erreur : croire que c’est simple

  • Si on fait la Chine et qu’on n’a pas Sina Weibo on n’ira pas très loin, il fau d’abord connaît les réseaux locaux
  • Ensuite il y a de la quantification (ça se passe plutôt bien sur la plupart des plateformes)
  • La où ça se corse c’est quand on veut ajouter du qualificatif notamment si du positif et du négatif existe dans la même revue de produits. Les produits permettent de pré qualifier mais il est difficile de tout demander à l’outil.
  • L’aspect réactif est loin d’être aisé

La deuxième erreur : pas un seul outil

  • C’est un écosystème en mouvement il n’y aura jamais l’outil parfait les fonctions bougent tout le temps
  • Se poser les questions sur la vision et la R&D du partenaire de veille
  • On veut tout tout de suite et ce n’est pas possible
  • Si on met des mots clefs trop generiques, c’est mauvais si on est trop précis on passe à côté de beaucoup de choses
  • Exemple : Wdmtg.com pour suivre un Tweet
  • Quel est la disponibilité du prestataire (les US regardent la France comme la Corse des États Unis)
  • Capacité d’analyse : ai-je les équipes qui sont capables par exemple d’analyser les mentions en Arabe ?
  • Capacité de stockage des historique ? (Bases de firehose Twitter sont assez chères)
  • Quels outils de réaction ? Comment savoir si ont a réagi aux mentions et qu’on a agi
  • Multilinguisme
  • Fréquence de mises à jour et éviter de passer à côté d’un problème

Troisième point : toutes les marques ne sont pas egales

  • Pur filtrer entre le bruit et le signal c’est très difficile
  • Playstation : 220000 citations mais beaucoup soient des mentions de compatibilité des jeux dans les descriptions produits donc ça n’a aucune importance
  • Benetton
  • Les opérateurs Telecom

Quatrième erreur : penser qu’un outil est suffisant

  • Si on ne s’oblige pas à y aller, à quoi ça sert d’acheter un outil ?

Cinquième erreur Se contenter de répondre aux bad Buzz

  • Il faut surveiller ses noms de domaine
  • Écouter c’est bien mais il va falloir aussi répondre notamment quand des gens écrivent quelque chose de bien sur vous. Il faut encourager les fans
  • Essayer de gérer les râleurs en amont (sauf si ce sont des zélotes), même si c’est un petit détail mais il faut éviter au consommateur d’avoir un problème et de le laisser se développer
  • Il faut créer des processus pour que les CM sache quand c’est OK ou pas OK de répondre, de réveiller son boss, etc. Il y a un boulot de sensibilisation à mener …
  • Rien que la perte d’un mobile peut démarrer une crise
  • Chez coca cola il y a une adresse dans le monde qui gère la crise au niveau mondial
  • Certains employés peuvent aussi se retourner contre leur employeur (cf. sondent qui n’était pas un top manager et qui a réussi à créer une crise mondiale)
  • Exemple : dirty dirty dominos pizza (plus de chercher à nuire, c’est de la bêtise. Les conséquences ont été importantes pour la marque)
  • Les social media policies de Coca Cola sont hyper simples et les employés ne sont pas autorisés à s’exprimer sur les média sociaux sans avoir passé l’agrément.
  • Il faut aussi tenir compte des lourdeurs de l’organisation car les méthodes de crise traditionnelles sont trop lentes et le digital ne permet pas de se contenter de la complexité de l’organisation et des multiples couches.
  • But but a formé sa communauté de vendeur et la nommée Twelpforce. Il y a des inventives pour les vendeurs afin de les inciter à être plus participatifs et à prendre des initiatives auprès des consommateurs.
  • Vidéo Cisco social miner tarentule

Sixième erreur : être lent à agir

Septième erreur : penser qu’on peut agir seul

  • Il faut trouver ses fans et ses détracteurs et créer une relation privilégiée avec ses fans
  • I faut connaître les influenceurs
  • Éviter d’envoyer un CP à tous comme ça :

Huitième erreur : ne voir que l’aspect ereputation

  • Vous dépensez plein en études et vous passez à côté de la capacité des médias sociaux en termes de retours d’insights
  • Mc do a lancé une Mc raclette car ils ont perçu cette tendance dans les médias sociaux et ils oint lancé le produit, le résultat à été au rendez-vous

Neuvième : se contenter de répondre et de réagir mais … Ne rien changer

  • C’est l’idée derrière le Buzz monitoring, s’il y a des gens qui râlent, il faut changer les choses

Dixième erreur : ne pas intégrer la ereputation dans son marketing

  • C’est bien de savoir si quelqu’un râle mais c’est mieux de savoir si c’est un client, un bon ou un mauvais client etc.
  • Il y a une force tendance avec Adobe, Salesforce et Oracle qui rachètent tout le monde et ceci place le social CRM au centre des préoccupations.
  • À côté des gros mastodontes, il y a aussi des petits acteurs plus souples (suivez mon regard 😉 et plus spécialisés.

Cet écosystème bouge beaucoup et n’est pas facile à comprendre et qui se construit beaucoup en marchant.

e-réputation : 10 pièges à éviter selon Emmanuel Vivier was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

La communication digitale expliquée à mon boss dans la dernière ligne droite

book-new-smallNos lecteurs ont failli attendre, mais qu’ils se rassurent, il n’y en a plus pour bien longtemps. Le manuscrit de la communication digitale expliquée à mon boss a été remis à l’éditeur, ou plutôt à sa relectrice cette semaine. L’ouvrage est une somme de la communication digitale, basé sur l’expérience de ses 2 auteurs, bourré d’exemples, d’anecdotes, de références et de liens. Il a déjà été relu 5 fois par 4 relecteurs différents, avant même d’avoir été envoyé à l’éditeur afin d’assurer une qualité de lecture maximale. C’est pour cela que nous avons pris un peu de retard et qu’au lieu d’un lancement en Juin, nous ne publierons le livre final qu’à la rentrée 2013. Encore une nouveauté : le livre sortira également (en format électronique) en Anglais sous le titre Mastering Digital Media Like A Boss, Beyond Social Media. La version anglaise sera revue un peu plus tard. Elle est rédigée en partenariat avec Futurity Media à Londres.

Sortie prévue : automne 2013

imageCet ouvrage est un véritable concentré des expériences des deux auteurs, pionniers du Web et des médias sociaux en France et en Europe. Il devrait compter environ 500 pages, et est rempli d’exemples, de méthodologies, de schémas, de paroles d’experts, de témoignages de grandes entreprises et illustré par Mathias Bergeaud. Il s’agit d’un ouvrage collectif de l’association Media Aces, sous la direction de ses co-fondateurs, Hervé Kabla et Yann Gourvennec.

Pourquoi ce livre ? Quel angle d’approche et pourquoi la communication digitale ?

Deux ans et quelques mois après notre premier ouvrage, qui connut un franc succès auprès de tous ceux qui se sentaient concernés par l’arrivée des médias sociaux en entreprise, voici donc un nouveau pavé, quelques centaines de pages, quelques centaines d’heures passées à compiler informations et témoignages, sur un sujet bien plus vaste que le précédent : la communication digitale. Avant de vous lancer à la découverte des quelque 90 chapitres de cet ouvrage, voici quelques mots pour vous aider à en tirer le meilleur parti.

Ce livre se veut un guide pratique de la communication digitale en entreprise, expliquée par ceux qui la pratiquent réellement tous les jours sur le terrain. Il ne s’agit pas d’un ouvrage théorique sur la question, même si pourrez trouver, çà et là, des développements plus généraux destinés à éclairer la méthodologie ou la réflexion sur la communication digitale. Ces développements plus théoriques ne sont que le résultat de l’expérience des praticiens interviewés ou de la nôtre, remise en forme et ordonnée de façon à la rendre utilisable et accessible à tous.

la communication digitale expliquée à mon boss

Puisque nous en sommes dans les préliminaires, évacuons tout de suite un problème qui nous a bien ennuyés lors du lancement de l’ouvrage : doit-on dire « digital » ou « numérique » ? Le problème n’est pas si trivial à un moment où la langue française est en pleine mutation. « Digital » est un barbarisme, bien-sûr et nous sentons venir les critiques, partiellement justifiées, qui nous fustigeront pour ne pas avoir utilisé son équivalent, plus correct. Mais sa présence dans le dictionnaire le trésor de la langue française informatisé d’une part, et d’autre part le fait que la pratique s’oriente vers l’utilisation systématique du vocable « communication digitale » nous a fait pencher pour ce terme. Nous utiliserons donc « digital » la plupart du temps et à d’autres moments, « numérique » comme un synonyme.

Nous avons donc conçu ce livre en nous basant sur notre propre expérience de la mise en œuvre de la communication digitale au sein des entreprises, une démarche bien plus ardue que celle qui consiste à regarder les choses de l’extérieur. Dans ces pages, vous trouverez donc uniquement du concret et du réel, éprouvé sur le terrain, avec une forte dose de conduite du changement. Le responsable – ou futur responsable – de la communication digitale en entreprise doit être capable d’aller au-delà de la simple session de « brainstorming » et de diagnostic / recommandations : il doit aussi et surtout mener une conduite du changement et enfin, vivre avec ce changement, afin de le porter et de l’inscrire dans la durée.

Lire la suite de l’article en ligne sur visionarymarketing.com

Lire le précédent ouvrage avec Yooboox

Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, Les médias sociaux expliqués à mon boss peut être consulté gratuitement (avec publicité) et acheté sur Yooboox.fr

La communication digitale expliquée à mon boss dans la dernière ligne droite was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec