communication digitale : conférence #mediaaces du 14/11/2013 (2/2)

Compte-rendu par Thierry Moussu pour Visionarymarketing.com

book-new-smallDeuxième partie du compte-rendu de la conférence Media Aces qui s’est tenue ce jeudi 14 novembre dans les locaux du MBA ESG, à l’occasion de la sortie du livre « La communication digitale expliquée à mon boss ».  La première partie se trouve ici.

Marina Tymen, fondatrice de l’agence Influenty, auparavant chargée de l’influence digitale, du community management et des relations presse chez Air France a apporté deux témoignages concrets de gestion de crise.

1. Réponse pro-active de défense de la marque

En novembre 2012, Canal+ diffusait un reportage intitulé « Air France, la chute libre ». Pour des raisons qui n’appartiennent qu’à elle, la compagnie n’avait pas souhaité intervenir dans le reportage. Mais elle était parvenue à obtenir auprès de la chaîne une copie de l’émission avant sa diffusion, pour pouvoir se préparer aux inévitables commentaires sur le web social le jour J.

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Quelques uns des (heureux) acheteurs du livre http://amonboss.com

Une vingtaine de tweets avaient donc été pré-écrits, prêts à être envoyés via le compte @AFnewsroom, le compte officiel des actualités d’Air France pendant et juste après l’émission. Dès le début de l’émission, les commentaires acerbes n’ont pas manqué de fleurir sur Twitter. Marina – qui était habilitée à répondre au nom de la compagnie en temps-réel et sans besoin de validation – a donc passé plusieurs heures derrière son écran (pour l’anecdote, jusqu’à 3H du matin !). Elle a utilisé les tweets préparés pour répondre en direct pendant l’émission, en priorité aux influenceurs (journalistes, spécialistes de la communication digitale et/ou de crise, blogueurs influents, qu’elle connait dans leur grande majorité, au minimum via leur présence sur les réseaux sociaux).

IMG_4781-23 Marina Tymen en pleine explication

Les tweets avaient un double but : rétablir les faits via des liens vers des documents concrets et intangibles (et ainsi montrer que l’Entreprise est transparente), mais aussi – et surtout ? – engager la conversation, en adoptant une attitude ouverte, et pas seulement diffuser froidement une information « top down ». En focalisant ses réponses sur des faits et en répondant systématiquement aux Twittos qui se posaient des questions ou remettait en cause sa bonne foi, Air France s’est préservée de la polémique, et a même trouvé des alliés spontanés, dont plusieurs blogueurs spécialistes du digital (très) influents qui ont retweeté les informations diffusées !

2. Veille, réactivité et engagement pendant une crise soudaine

Le déroutement d’un avion d’Air France qui faisait la liaison entre Paris et Beyrouth, le 15 août 2012 (si cela tombe un jour non-férié, c’est moins drôle !) vers l’aéroport de Damas en Syrie (alors non desservi pour les raisons de tensions politiques très fortes que l’on connait) a « offert » à Marina une occasion de montrer son savoir-faire dans la gestion de crise. Quand un tweet du Monde (1.8 million d’abonnés à ce jour !) annonce le déroutement de l’avion, Marina le capte immédiatement via son outil de veille et prévient les services concernés.

Dans un cas comme celui-ci, le temps presse : faute de pouvoir communiquer de manière officielle (toujours via le compte Twitter Newsroom d’Air France), car en attente d’une dépêche AFP contenant plus d’information, Marina engage immédiatement 3 types d’actions, via son compte Twitter personnel, pour faire acte de présence et faire patienter les parties prenantes :

  • Rétablissement de l’information : Tweets « Bonsoir, avion dérouté, pas détourné » à ceux qui confondent les deux termes
  • Information des parties prenantes : Explication via Twitter de la nécessaire attente de confirmation par l’AFP avant de pouvoir réagir
  • Prise d’information sur l’ensemble des personnes qui tweetent sur le sujet : détection des passagers du vol qui se mettent à Live Tweeter l’évènement, et qui fournissent de l’information « live » potentiellement très utile. [Petit aparté : en cas de problème dans un avion, les informations indispensables à tweeter sont le n° du vol, l’aéroport de départ et celui de destination]

En réagissant très rapidement et en faisant preuve de transparence, la compagnie (qui aura à se justifier à maintes reprises par la suite par voie de presse « classique » sur ce déroutement, compte-tenu de la situation économico-politique de la Syrie, mais aussi parce que – conformément  à une disposition prévue à l’article L6522-4 du code des transports – le commandant de bord avait alors procédé à un recensement d’avoirs en liquide auprès des passagers pour payer le kérosène) a une fois encore éteint rapidement le « feu » de la crise, et s’est trouvée des alliés parmi les twittos, dont @Shadaomar, journaliste TV libanaise aux 130 000 followers, qui s’est spontanément proposée de traduire les tweets publiés en arabe par les passagers et, inversement, les tweets d’Air France vers l’arabe pour rassurer ses pairs !

Pour conclure son intervention, Marina a donné trois recommandations fort utiles :

  1. Disposer d’un compte Twitter « newsroom » dédié qui soit identifié comme la voie de l’Entreprise, ce qui permet par ailleurs d’éviter de polluer les autres comptes de la marque
  2. Apprendre à connaitre et solliciter vos alliés / ambassadeurs et vos communautés, à la fois en amont et pendant une crise
  3. Former par anticipation et solliciter les experts internes pendant une crise, pour renforcer la crédibilité des messages et le sentiment de confiance des parties prenantes (car comme le dit Marina : « si on ne connait pas bien le sujet, on passe la main ! »).

A la suite de la présentation de Marina, François Pétavy, DG d’Eyeka, plate-forme de mise en relation entre les marques et des créatifs de tous horizons, est venu nous parler de crowdsourcing, ou comment faire appel à des communautés d’individus volontaires pour créer et inventer de nouveau produits ou services. Et fort est de constater que le succès est au rendez-vous, Eyeka pouvant se targuer d’être présente sur 154 pays via 260.000 créateurs (« good ideas have no borders »).
Les membres du site sont alternativement des étudiants en école de design ou de publicité, des freelances, ou des particuliers qui ne peuvent exprimer leur créativité au sein de leur métier par exemple. Il n’est pas question ici de représentativité au sens des études marketing, tous ceux qui sont intéressés peuvent participer.

Partant du principe que la collaboration entre les consommateurs et les marques est le futur du marketing et de l’innovation, François fait le parallèle entre la règle des « 1/9/90 » de participation sur Internet et son pendant en termes de marketing créatif :

Concrètement, le principe de la plateforme est assez simple : les marques soumettent des idées de réflexion aux membres du site, qui ont 3 à 5 semaines pour produire une création (vidéo, image, slogan, packaging, etc…). En échange, la marque valorise les meilleures idées à la fois en rémunérant les meilleures (jusqu’à plusieurs milliers d’euros !) et en réutilisant leur création – soit directement, soit après optimisation – au sein de sa stratégie de communication ou de sa gamme de produits / services par exemple.

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François Pétavy (gauche) et Michael Tartar (droite) les 2 derniers présntateurs de la journée

Qu’importe si parmi les créations des membres il n’y a aucune « perfect idea » (même si cela arrive parfois), l’essentiel pour les marques est de disposer de « routes créatives » qui seront ensuite soumises alternativement aux experts internes, à des tests de concept réalisés par des instituts d’études marketing ou aux bêta-testeurs de la marque, pour optimiser si besoin un concept, un message ou un visuel par exemple. Pour certaines grandes marques qui ont besoin de produire 250 à 300 « contenus » par an pour les besoins de leur communication digitale, le crowdsourcing s’impose donc comme une nécessité pour ne pas se laisser enfermer dans des pistes créatives redondantes.

De grandes marques comme Nestlé ou Coca-Cola font très régulièrement appel à Eyeka, et les résultats sont assez édifiants. Par exemple pour Coca-Cola, qui s’est appuyé sur Eyeka pour imaginer une publicité originale sur le concept de « energizing refreshment » : la pub vidéo créée par un des membres a quasiment été reprise telle quelle par la marque, avec la portée suivante :

  • 6 millions de mentions online
  • Top 10% des meilleurs publicités de tous les temps dans l’étude Link™ de Millward Brown
  • 100% d’adoption du matériel créatif, contre 47% en moyenne
  • Une réduction des coûts de création de 92%

Dernier intervenant de cette conférence passionnante, Michaël Tartar, expert du marketing digital (en recherche d’un poste de Chief Digital Officer …) nous a expliqué « comment calculer le ROI (Return On Investment ou Retour Sur Investissement en français) des projets digitaux sans perdre la tête ».

Qui dit ROI, dit chiffres, tableaux, calculs de rentabilité, finance, etc… des concepts pas évident pour la plupart des Chefs de Projet digital, qui ne sont quasiment pas formé à l’exercice (tiens, encore un besoin de formation détecté au cours de cette conférence…), et pourtant indispensable pour convaincre la direction financière d’engager des dépenses en amont d’un projet, et de prouver par la suite au Comité de Direction le succès d’une opération digitale. Pour arriver au calcul (prévisionnel) du ROI d’un projet, il faut être très pragmatique et passer par plusieurs étapes :

1. Analyser
Faire l’exercice de la mise en place d’un diagramme de causalité (exemple simplifié ci-dessous tiré du livre) permet de réfléchir à l’ensemble des paramètres qui feront le succès – ou l’échec – d’un projet digital.

2. Modéliser
Poser une équation plus ou moins complexe, dans laquelle chaque « action » en aval du projet aura un impact sur sa rentabilité. SI on prend l’exemple de la mise en place de fiches explicatives sur un site web, les paramètres de calcul du ROI seront par exemple :

  • le nombre d’appels moyen au service client avant le lancement de ce Helpdesk
  • le pourcentage de clients qui iront sur le site web au lieu d’appeler le service client
  • le coût d’un appel au service client pour la marque.

3. Chiffrer
Cela peut paraître la partie la plus compliquée, mais il y a toujours moyen de chiffrer les paramètres de calculs. Dans notre exemple, le nombre d’appel au service client peut être obtenu justement auprès du service client ; le % de clients allant sur le site web au lieu d’appeler le service client est une information que l’on peut trouver – agrégée par type d’industrie – dans les bases de données de consommation de Forrester ou de TNS Sofres par exemple ; et le coût d’un appel au service client sera donné par la direction financière, pour arriver au calcul suivant sur une période donnée : 22 000 appels au service client x 5% de clients allant sur le Web x 6,35€ par appel au service client = 6 935€ économisés.

4. Présenter
Parce que les chiffres bruts, c’est rébarbatif et compliqué à comprendre au premier coup d’œil, il faut s’attacher à produire des graphiques très visuels, et qui contiennent toutes les informations dont chacune des parties prenantes a besoin (mieux vaut donc se renseigner avant en posant simplement la question).

Michaël conseille vivement d’utiliser ce type de graphique, sur lequel le « financier » se concentrera surtout sur le temps nécessaire pour atteindre le « point mort » (moment où l’entreprise commence à gagner de l’argent sur le projet), alors que le Comité de Direction sera peut-être plus intéressé sur le potentiel de gain à plus long terme.

Et Michaël de conclure avec cette phrase « Un beau projet sans argent, ça reste un beau projet ». Tout est dit !

Pour aller plus loin, vous pouvez retrouver les présentations de François Pétavy et de Michaël Tartar sur le compte Slideshare de Media Aces.

communication digitale : conférence #mediaaces du 14/11/2013 (2/2) was last modified: mai 20th, 2015 by Thierry Moussu

communication digitale : conférence #mediaaces du 14/11/2013 (1/2)

Compte-rendu par Thierry Moussu pour Visionarymarketing.com

A l’occasion de la sortie du livre « La communication digitale expliquée à mon boss », co-écrit par Hervé Kabla et Yann Gourvennec, Media Aces a organisé ce jeudi 14 novembre une conférence dans les locaux du MBA ESG, à laquelle participaient plusieurs experts ayant témoigné dans le livre.

Ce premier billet rend compte des trois premières interventions. Le prochain traitera des trois dernières.

La communication digitale expliquée à mon bossPremier à s’exprimer, Philippe Gérard, manager à la Cegos a pris la parole sur les nouveaux métiers de la Communication digitale.

La sphère de la Communication Corporate, compte – en 2001, source IFOP – 110 000 professionnels, dont 14.5% sont impliqués dans la Communication Digitale, soit environ 16 000 personnes. On peut raisonnablement imaginer que ce total tourne aujourd’hui plutôt autour de 20/25 000 personnes.

On connait depuis maintenant un bon moment les webmaster, media planner, traffic manager, référenceur, curateur, webmarketeur, blogueur : chacun apporte sa pierre à l’édifice depuis quelques années voire quelques décennies.

Philippe Gérard de la CEGOS

Aujourd’hui, il faut repenser les schémas classiques de la communication. Le principe de Shannon (l’émetteur – l’entreprise – envoie un message au récepteur – le consommateur) s’est inversé : les « messages » vont des récepteurs vers l’émetteur, et encore, quand les « récepteurs » ne parlent pas entre eux de l’émetteur !

A l’heure où tous les métiers sont impactés par le digital (Marketing, Informatique, Communication, CRM, RH, …), on a vu apparaître les métiers de Community Manager et – plus récemment – de Digital ou Social Media Strategist, l’équivalent en Communication « classique » des Chargés de Communication et Directeur de la Communication.

Pour coordonner la Communication Digitale, un nouveau métier est en train de voir le jour, celui de CDO ou Chief Digital Officer (aussi appelé « Head of digital » par les anglo-saxons, et que l’on pourrait traduire par Directeur du digital / du numérique). Et visiblement, il y a un fort besoin : Gartner prédit que 25% des organisations se seront dotées d’un CDO d’ici 2015 ! Et bien entendu, les CDO devront être intégrés aux Comités de Direction. En France, des entreprises comme Total, Yves Rocher, April ou Bouygues ont déjà nommé des CDO.

Les métiers du digital devenant de plus en technologiques et complexes (cf. Big Data), le CDO ne pourra pas tout gérer par lui-même : il aura besoin de s’appuyer sur des Data Scientists (plutôt des profils ingénieurs ou statisticiens) et des Data Analysts (de formation en Marketing), encore deux nouveaux métiers !

Les principales missions du CDO, dont le métier amené à disparaître lorsque le digital sera – réellement – intégré dans les moindres recoins des entreprises, sont multiples :

  • Elaborer et appliquer la stratégie digitale globale
  • Tracer la feuille de route pour l’ensemble des services impliqués
  • Accompagner les managers et les équipes
  • Définir les KPI (Key Performance Indicators ou Indicateurs Clés de Performance) et mettre en place un plan de mesure
  • Développer les bonnes pratiques
  • Repérer les nouvelles techniques / technologies du digital
  • Veiller, créer et … développer

Un exemple des défis qui vont accompagner la montée en puissance des CDO, l’Internet Des Objets (ou IOT en anglais pour Internet Of Things), qui est selon Philippe la prochaine révolution du digital.

Pour conclure, il pose la question de la formation à l’ensemble de ces nouveaux métiers, soit via des filières spécifiques à créer (à ce jour, il existe 17 formations en France sur les technologies du Big Data), soit par la formation continue. Une bonne base de réflexion quand on sait qu’il y a déjà pénurie de Data Scientist et qu’aujourd’hui la plupart des CDO sont soit des anciens Directeur du Marketing, soit des anciens Directeur des Systèmes Informatiques, mais que rares sont ceux qui possèdent l’ensemble des compétences requises (marketing, stratégie et informatique principalement) !

Dans le même esprit, Olivier Cimelière, président fondateur de Heuristik Communication, a axé sa présentation sur le nécessaire effort que doivent fournir les dirigeants et manager vis-à-vis de la communication digitale. Et de commencer par évoquer les 6 paradigmes qui changent tout :

AvantAujourd’hui
Top DownBottom Up
Emetteur vers récepteurEmetteur / Récepteur en alternance
Info rare / Temps quotidien / chroniqueInfobésité / Temps réel / Connectivité
Incantation (croyez-nous)Conversation (Convainquez-nous)
Savoir académique / ExpertsMode collaboratif / peer-to-peer
Opacité relativeTransparence accrue

Expliquant que « La com’ à papa », c’est bel et bien fini, Olivier cite plusieurs exemples qui montrent bien que la Communication est entrée dans une nouvelle ère :

  • « David à un clic de Goliath » : Edward Snowden vs. la NSA, ou comment un simple « quidam » a mis une pagaille monstre en divulguant quelques informations bien senties à un blogueur influent, ou le passager mécontent de British Airways qui n’a pas hésité à dépenser 1000 dollars pour se payer un tweet sponsorisé jetant le discrédit sur la compagnie aérienne !
  • Le développement de mouvements spontanés tels que la page Facebook de soutien au « Bijoutier de Nice », qui a réussi l’exploit d’accumuler 1.4 millions de Like en quelques jours (soit environ 4% des utilisateurs français de Facebook)
  • La montée en puissance des plateformes numériques de pétition en ligne telles que Change ou One : la pétition lancée par les parents de Trayvon Martin (un garçon noir de 17 ans abattu le 26 février par un vigile de Floride) pour que l’auteur du meurtre soit incuplé, a recueilli plus de 2.2 milions de signatures en début d’année.

Olivier Cimelière, fondateur de Heuristik Communication

Pour Olivier, les Entreprises ont encore un problème de posture vis-à-vis de la communication digitale : le web social n’est pas juste un « tuyau à communiquer », il leur faut passer du déni à l’écoute active, ce qu’à fait par exemple Nestlé après le bad buzz « Kit-Kat » en 2010, en s’équipant d’une « Digital War Room ». Mais aussi « penser collaboratif », pour impliquer les consommateurs qui meurent d’envie de s’exprimer !

De même, les Entreprises négligent encore trop souvent aujourd’hui leurs collaborateurs en tant que vecteurs de communication positive : quand 64% des entreprises restreignent l’accès aux réseaux sociaux à leurs salariés, elles devraient savoir que, lorsqu’ils s’expriment sur leur employeur, on constate que la très grande majorité des prises de parole sont positives ! Et nourrissent donc la Marque Employeur à peu de frais…

Sur le même sujet : à une question de la salle sur la nécessité de rédiger une Charte d’utilisation des Medias Sociaux, Olivier conseille plutôt de diffuser un guide des bonnes pratiques, plus pédagogique.

Enfin, à l’heure ou le « Storytelling » – développé à partir d’une trame purement marketing – est de plus en plus taxé de « lavage de cerveau », Olivier recommande de plutôt faire du « Storydoing », basé sur des faits concrets et avérés. Je vous conseille à ce propos le récent et très instructif article de Doc News.

Dans un tout autre registre, Jean-Marc Goachet, Responsable communication digitale et web marketing de l’école MINES ParisTech est venu nous parler de la nécessaire digitalisation des établissements d’enseignement supérieur et en particulier des enseignants-chercheurs : il y a à peine trois ans, les écoles et universités se demandaient encore s’il fallait ou non se rendre sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, se pose la question de « comment y aller ».

Jean Marc Goachet de Mines Paritech

Au jour le jour, Jean-Marc s’attache à évangéliser l’utilisation des médias sociaux auprès des enseignants-chercheurs de MINES ParisTech. Pour ce faire, il s’appuie sur une liste de conseils :

#1 : Exister
Cela peut paraitre banal, mais c’est indispensable : les étudiants « googlise » très souvent leurs professeurs et ceux qui ne sont pas présents sur Internet partent avec un handicap à leurs yeux ! De plus, cela permet d’éviter le cybersquatting.

#2 : Publier
« Publish or Perish » : les enseignants-chercheurs ont déjà l’habitude de publier les résultats de leur travaux de recherche, quoi de plus simple que de relayer ses publications sur Twitter ou Google+ par exemple, ou même encore sur des plateformes de publication collaboratives comme Zotero, Mendley ou Openedition par exemple.

#3 : Echanger
Ne pas se contenter de publier de manière « top down », mais en profiter pour susciter les commentaires de son audience pour engager la conversation. Tout en s’adaptant au public : on ne parle pas à des étudiants comme on discute avec d’autres chercheurs !

#4 : Réseauter
Il existe une multitude de réseaux professionnels spécialisés pour les enseignants, comme Scientix, PeerEvaluation, ou ResearchGate. Sans oublier linkedin !

#5 : Contribuer
Tout comme les salariés d’une entreprise, les enseignants-chercheurs sont les meilleurs ambassadeurs possibles de leur école ou université, et peuvent (doivent ?) donc contribuer à la Communication de leur établissement en relayant les valeurs et les messages clés.

#6 : Piloter sa réputation
Pour éviter le discrédit (le web n’oublie jamais), l’enseignant-chercheur se doit d’assumer ses positions – quelles qu’elle soient – en ayant le même discours offline et online. Et donc gérer sa « marque personnelle », sans nuire à celle de son école ou université.

#7 : Enseigner autrement
A l’heure où les étudiants ont leur mobile ou leur PC portable avec eux et n’hésitent pas à vérifier sur wikipédia ce que le professeur vient de dire, et sont habitués à la consommation collaborative, les cours doivent l’être aussi. Terminés les cours unidirectionnels où le professeur fait un long monologue !
Jean-Marc cite l’exemple des « nuggets », des vidéos courtes diffusées à l’attention des élèves quelques jours avant un cours, sur lesquelles les étudiants seront amenés à débattre / argumenter le jour J. Et de prédire que les SPOC (Small Private Online Courses) détrôneront rapidement les MOOC (Massive Open Online Courses) !

#8 : S’ouvrir
Faisant écho à l’Open Source, il existe des plateformes dédiées qui permettent aux enseignants-chercheurs de partager les données dont sont issues leurs travaux, comme par exemple RunMyCode ou MyExperiment. Dans un autre registre, le réseau FING met en relation des chercheurs, scientifiques, experts ou étudiants sur des projets de réflexion sur la place du numérique.

#9 Militer
En participant aux efforts d’ingénierie pédagogique (qui vise à repenser les supports de cours au niveau des 3 unités que sont le temps, de lieu et d’action), et en accompagnant les élèves (toujours en mode collaboratif).

Pour conclure, Jean-Marc a insisté sur le manque de formation des enseignants-chercheurs au digital directement par l’Education Nationale : à combler au plus vite !

En attendant la suite de ce compte-rendu dans un prochain billet de blog, les présentations de ces 3 premiers intervenants sont d’ores et déjà disponibles sur le compte Slideshare de Media Aces :

communication digitale : conférence #mediaaces du 14/11/2013 (1/2) was last modified: mai 20th, 2015 by Thierry Moussu

Quand les boss communiquent grâce au SyntecRP – le résumé #com2dirigeant

 eye-largeJ’ai eu la chance et l’honneur d’être invité mardi 05/11 le par le SyntecRP et notre ami Thierry Welhoff qui dirige les Agoras du syndicat des agences RP/Communication, afin de répondre à quelques questions, en rapport avec notre nouvel ouvrage la communication digitale expliquée à mon boss ». Je relaie aujourd’hui la tribune d’Anthony Courtat du Syntec qui a résumé pour nous sur son blog la teneur de l’événement. Panels de speakers de très grande classe, superbe salle de conférence ultra moderne à Paris Dauphine, excellents sujets et débat mené de main de maître par Pascal Berthelot d’Europe 1, on ne peut que rêver que tous les événements se hissent à ce niveau de qualité. Assurez-vous donc, chers lecteurs, de ne pas rater les numéros suivants :

Agora d’automne Syntec RP dédiée à la #com2dirigeant : le débrief !

Il y a des jours comme ça où l’Agora vous nourrit ! Celle d’automne organisée par @syntec_rp, ses agences membres et partenaires, qui s’est tenue hier matin à l’Université Paris Dauphine, n’a pas failli à la règle. Sa thématique, un sujet d’actualité: #dirigeants et communicants, enjeux de la prise de parole (2.0).

Avec l’avènement du numérique, ce sujet est au cœur du questionnement des dirigeants. Leur mission première est bien de manager. Pourtant, volontaires ou contraints, ils doivent désormais ajouter une nouvelle corde à leur arc de compétences et de responsabilités : la communication. Ils se demandent dès lors comment faire, comment engager leur mue (numérique), tout en veillant sur leur actif principal : la réputation de l’entreprise. Quels sont les enjeux ? Leurs freins ? Le digital ferait-il si peur pour que l’engagement de nos dirigeants (CAC40, PME) soit si faible ?

Pour certains, il est appréhendé comme un OVNI incontrôlable (pour Objet Viral Non Intégré).  Il renvoie à des peurs naturelles, celle de l’inconnu, du #fail, de la perte de contrôle et d’anonymat. Ceux-là sont plutôt partisans de la parole rare, du « vivons heureux, vivons cachés ». Pour d’autres, plus curieux, parfois téméraires, ou tout simplement « digital natives », le digital est un eldorado, un espace d’expression créateur de valeur et d’opportunités. Ici, il ne s’agit évidemment pas de porter un jugement sur ces profils, leurs craintes et motivations sont légitimes. Chaque posture est louable à condition qu’elle soit en cohérence avec les objectifs et la stratégie de l’entreprise. Un premier enseignement de l’Agora.

– See more at: http://blog.syntec-rp.com/index.php/2013/11/07/debrief-agora-automne/#sthash.wBgQOzXB.dpuf

Par Anthony Courtat @acourtat
Directeur Conseil de Waggener Edstrom
Pilote de l’Agora d’automne 2013 de Syntec RP


Agora d’automne Syntec RP dédiée à la #com2dirigeant : le débrief !

Il y a des jours comme ça où l’Agora vous nourrit ! Celle d’automne organisée par @syntec_rp, ses agences membres et partenaires, qui s’est tenue hier matin à l’Université Paris Dauphine, n’a pas failli à la règle. Sa thématique, un sujet d’actualité: #dirigeants et communicants, enjeux de la prise de parole (2.0).

Avec l’avènement du numérique, ce sujet est au cœur du questionnement des dirigeants. Leur mission première est bien de manager. Pourtant, volontaires ou contraints, ils doivent désormais ajouter une nouvelle corde à leur arc de compétences et de responsabilités : la communication. Ils se demandent dès lors comment faire, comment engager leur mue (numérique), tout en veillant sur leur actif principal : la réputation de l’entreprise. Quels sont les enjeux ? Leurs freins ? Le digital ferait-il si peur pour que l’engagement de nos dirigeants (CAC40, PME) soit si faible ?

Pour certains, il est appréhendé comme un OVNI incontrôlable (pour Objet Viral Non Intégré).  Il renvoie à des peurs naturelles, celle de l’inconnu, du #fail, de la perte de contrôle et d’anonymat. Ceux-là sont plutôt partisans de la parole rare, du « vivons heureux, vivons cachés ». Pour d’autres, plus curieux, parfois téméraires, ou tout simplement « digital natives », le digital est un eldorado, un espace d’expression créateur de valeur et d’opportunités. Ici, il ne s’agit évidemment pas de porter un jugement sur ces profils, leurs craintes et motivations sont légitimes. Chaque posture est louable à condition qu’elle soit en cohérence avec les objectifs et la stratégie de l’entreprise. Un premier enseignement de l’Agora.

via Agora Automne – Le Debrief – Syntec Conseil en Relations Publics.

Quand les boss communiquent grâce au SyntecRP – le résumé #com2dirigeant was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

#Tourparis13 : ils ont tout compris au transmedia … et à l’Art !

eye-large_thumb.gifLa tour Paris 13, ma femme l’avait vue la première. “tu devrais aller voir, près du pont de Bercy, c’est fantastique” m’a-t-elle dit en me montrant une photo prise sur son mobile en passant en métro. Et il est vrai que c’était intriguant. Puis c’est un ami en discutant autour d’un verre qui m’en a reparlé. « Tu devrais voir la Tour Paris 13 et aller prendre des photos » m’a-t-il dit, et c’est là que j’ai appris que notre confrère et ami de Media Aces, Jérôme Deiss était très impliqué dans cette opération. Ce n’est que bien plus tard que j’en ai entendu parler à la télévision – un jour de perdition où je l’avais allumée. C’est bien cela le bouche à oreille, un mécanisme de « non publicité », un objet de communication non identifié qui circule tout seul ; et vous savez pourquoi il circule tout seul ? Parce que c’est cher ? Non ! Parce qu’il y a des gens célèbres ? Non ! Parce qu’il y a eu de la pub à la TV ? Non plus ! Si ce bouche à oreille a circulé, c’est que les internautes – donc monsieur et madame tout le monde – s’en sont emparés, que cela leur plaisait, que ce contenu était bon, il était fait pour eux, pas dans un esprit mercantile.

Je n’ai pas regretté mon coup de fil à Jérôme, car les photos que j’ai prises valaient vraiment le coup et je m’en suis mis plein la vue. Alors, voici : pour les artistes dans l’âme, vous pourrez cliquer sur les photos de l’Antimuseum et vous régaler, et pour les marketeurs en mal de buzz, vous pourrez lire le compte-rendu de Jérôme, ci-après, pour comprendre les astuces qu’ils ont employées. Une remarquable opération à mon avis, et au tout premier chef du fait de la qualité des artistes et des œuvres proposées.

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une opération de transmédia ? … avant tout des oeuvres d’Art, comme cette superbe panthère violette, dont le visage est reflété dans une glace placée le long d’un mur.

Tour Paris 13 : quand le transmedia grave le street-art sur le Web

Le transmédia est une nouvelle méthode pour raconter une histoire (storytelling) dont le déroulé sera suivi sur différents supports qu’ils soient off ou online. Dans cette optique le transmedia permettra donc de franchir la membrane poreuse entre la réalité et le virtuel. C’est le dispositif qui a été choisi pour mettre en lumière l’histoire de la Tour Paris 13.

imageDepuis le premier octobre et pour une durée de 30 jours, la Tour Paris 13 est ouverte au public, le quidam traverse l’univers du street-art à travers les œuvres d’une centaine d’artistes de tous pays et de techniques hétérogènes. Le street-art a modifié la façon de regarder la rue, l’environnement urbain dans lequel je me déplace. Le projet Tour Paris 13 a modifié la perception du street-art et des street-artistes, mais aussi la manière de traduire une expérience esthétique.

Tour Paris 13 par tourparis13

Un enjeu temporel

C’est lorsque la décision de détruire cette tour, qui se dresse au cœur du 13ème arrondissement de Paris, est devenue irrévocable qu’a émergé le projet Tour Paris 13. Les street-artistes se sont emparé de cet édifice à l’abandon : Au départ une simple goutte orange fluo, et petit à petit la magie couplée à la technique des street artistes a donné naissance à un véritable joyau du street-art sur 11 niveaux, du sous-sol au 9ème étage, en passant par le rez-de-chaussée. Par définition le street-art est éphémère et la force du projet de la Tour Paris 13 est justement de ne pas aller à l’encontre des choses. La démolition de la Tour 13 est la meilleure chose qui puisse arriver aux oeuvres dans le monde réel. Mais avec la mise en ligne du site Tour Paris 13 c’est toute la puissance du transmédia qui donne une autre dimension au projet. Permettre de garder la seule trace numérique de quelques street-artistes sur le Web. L’engouement pour la tour Paris 13 est réel à tel point que sont apparues des pétitions pour prolonger la durée des visites avant la destruction :

Pétitions Tour Paris 13

http://www.mesopinions.com/petition/art-culture/prolongement-visite-tour-paris-13/10777

Dès l’inauguration de la tour 13 le hashtag TourParis13 et les photos sont propulsées sur Twitter, Facebook et instagram via les smartphones.

Le rôle du hashtag

Le hashtag « TourParis13 » permet de suivre l’ensemble des conversations, interactions, Twitter, Facebook, Instagram, Pinterest, Google+… Il envahit littéralement les réseaux sociaux les plus importants, c’est le tatouage numérique que chaque visiteur a apposé sur les photos ou commentaires.

viaTour Paris 13 : quand le transmedia grave le street-art sur le Web.

#Tourparis13 : ils ont tout compris au transmedia … et à l’Art ! was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

conférence sur la communication digitale – 14/11/13 à Paris – @mediaaces

book-new-largeCe n’est pas une conférence media aces, c’est LA conférence media aces et encore, c’est une double conférence, avec 2 salles ! Celle qui va être l’aboutissement d’un travail énorme, fruit de 9 mois de nuits blanches, qui a vu, au terme de cette gestation, la naissance de la communication digitale expliquée à mon boss, notre nouvel ouvrage. Alors ! quoi de plus normal que de convier quelques uns des nombreux contributeurs du livre qui viendront nous narrer leurs anecdotes et nous transmettre leurs astuces IRL à Paris, le 14 novembre 2013 à l’ESG à Paris (Nation).

la communication digitale 14 nov 2013

Le jeudi 14 novembre de 9h à 12h Dans les locaux du MBA ESG, 35 avenue Philippe Auguste à Paris
 
Avec en prime, la possibilité de commander le livre avec 25% de réduction et de vous le faire dédicacer sur place par les auteurs et les multiples contributeurs! Attention, nombre de places limité! Inscrivez-vous vite!

INSCRIVEZ-VOUS A l’EVENEMENT :

conference-mediaaces-14nov2013Programme : les contributeurs du livre “la communication digitale expliquée à mon boss”

8:30 – 9:00 Accueil café

9:00 – 9:30 Managers boostez votre communication avec le storytelling numérique

Sans contenu, point de salut dans le digital ! La phrase est peut-être lapidaire mais elle est la condition sine qua non de la réussite ou non d’une stratégie de communication numérique. Or, s’il est bien une technique narrative capable de relever le défi du contenu avec brio et efficacité sur les médias sociaux, c’est effectivement le storytelling.

par Olivier Cimeliere,
Président fondateur
Heuristik Communication

9:30 – 10:00 Les nouveaux métiers de la Communication

Le digital a impacté de plein fouet les métiers de la communication en entreprise, invitant à repenser la vision même de la fonction. Le point sur ces nouveaux et futurs métiers de la communication digitale.

par Philippe Gérard
manager , CEGOS

10:00 – 10:30 Comment calculer le ROI des projets digitaux sans perdre la tête

Le calcul du retour sur investissement d’un projet digital n’est, en général, pas ce que le responsable du projet préfère faire. Se plonger dans les chiffres, les mettre en ordre avec plus ou moins de bonheur dans un tableur, essayer d’expliquer le rationnel qui se cache derrière et mettre le tout dans une jolie présentation plus ou moins fumeuse, voilà qui n’a rien d’enthousiasmant. Pourtant, moyennant un peu de méthode, il est possible d’évaluer le retour sur investissement d’un projet digital, sans pour autant perdre la tête

par Michaël Tartar
Directeur Digital

10:30 -10:45 Pause café

10:45 – 11:15 La digitalisation des établissements d’enseignement supérieur

Il y a à peine trois ans, les établissements d’enseignement supérieur se demandaient encore s’il fallait ou non se rendre sur les réseaux sociaux. Depuis, les choses ont bien évolué.

par Jean-Marc Goachet
Responsable communication digitale et web marketing, MINES ParisTech

11:15 – 11:45 Comment se lancer dans le crowdsourcing?

Poursuivons notre panora des différents moyens à notre disposition pour développer la communication digitale et intéressons-nous, maintenant, au « crowdsourcing », cette technique visant à faire appel à des communautés d’individus pour créer et inventer de nouveaux produits, de nouveaux services

par François Petavy
DG
Eyeka

11:45 – 12:15 Stratégie d’influence et communication de crise

En charge de l’influence digitale, du community management et des relations presse chez Air France, Marina Tymen s’est parfois trouvée dans des situations de crise d’importance variable. Elle nous montre, au travers de deux cas différents, comment instaurer une démarche proactive de défense de la marque sur les médias sociaux

par Marina Tymen, INFLUENTY

12:15 – 12:45 Conclusion et séance dédicaces

conférence sur la communication digitale – 14/11/13 à Paris – @mediaaces was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec