Retour de Yahoo! sur fond de guerre économique entre géants de la nouvelle économie

Le week-end n’a pas été très favorable aux vacanciers de la Pentecôte, mais comme ceux-ci s’ennuyaient ferme, ils purent lire leur journal et s’apercevoir que Yahoo! était passé à l’offensive en proposant ed racheter Tumblr et en musclant, ce matin-même, Flickr. C’est le retour du Freemium. Accrochez-vos ceintures et comptez les milliards !

C’est officiel depuis ce matin. Si, comme moi (cf. mon compte ici), vous avez un compte Flickr, le service de partage de photos préféré des photographes, vous êtes un utilisateur heureux, et vous allez pouvoir ranger votre carte bancaire : Flickr passe au tout gratuit.

image

Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiig data

Le changement est spectaculaire, car le stockage y devient quasiment illimité (soit environ 537,731 d’une résolution moyenne de 6.5 megapixels) : “les autres mesures en gigabytes, Flickr vous en donne 1000 fois plus. Un plein terrabyte. Gratuitement” tel est le message. Et moi qui venait de renouveler ma carte bancaire pour Flickr le mois dernier et pour Google Storage hier ! On peut s’attendre à des alignements de “prix” vers le bas.

Changement de cible

Il s’agit aussi et surtout d’un changement de cible : alors que Flickr se spécialisait, en se focalisant sur les photographes et les partages plutôt haut de gamme, il se prémunissait aussi, par un modèle payant des partages bas de gamme (photos mobiles, filtres préfabriqués Instagram) et les conséquences en trafic étaient prévisibles. On les voit nettement dans ce graphique (non certifié) de Alexa.com, qui indique et confirme la tendance. Elle n’est pas bonne.

image

Yahoo! va donc recentrer son système de photos vers le mobile (la métrique est de 6.5 megapixels, un appareil haut de gamme, oscille entre 16 et 34 megapixels), et se détourner des amateurs de la photo qui risquent d’aller chercher un service plus stable … ou se contenter de Flickr mais en cessant de le payer ; car Yahoo! vous le propose : repassez au gratuit et la seule chose que vous perdez sont … les statistiques et les publicités.

image

Retour de la nouvelle économie : “le chiffre d’affaires vaut-il 1 milliards €”

C’est le retour de la bonne vieille “nouvelle économie”, et des questions idoines. Quand Yahoo! propose de racheter Tumblr pour 1 milliard de $, la question fuse “une entreprise d’à peine 150 personnes qui fait peu ou pas de chiffre d’affaires vaut-elle aussi cher” demandait en substance un journaliste de France Info ce week-end.

Ce qu’il manquera toujours à Yahoo! cependant, c’est un véritable réseau social à la Google+ ou Facebook. Doit-on s’attendre à un nouveau rachat (les restes fumants de Myspace, juste relooké pour l’occasion ?) à coup de milliards ? ou à la création d’un nouveau (bâillement !) réseau social ? En tout cas, rassurez-vous et prémunissez-vous des analyses à l’emporte pièce, Yahoo! est encore très très riche, car il dispose encore de beaucoup de parts de Alibaba, le géant chinois du e-commerce, part évaluée par Forbes à l’équivalent de la capitalisation boursière de Yahoo! elle-même.

Yahoo! peut donc encore se permettre des erreurs et des achats à coups de milliards.

La guerre économique des géants

L’enjeu va bien au-delà des intérêts et des passions de collaboration des photographes amateurs qui ont pourtant fait l succès de Flickr (admirez le talent de photographes comme Mike Mike Milkshakes par exemple). Certes, les snobs de l’appareil photo – dont je fais probablement partie – iront probablement se réfugier sur Behance, le nouveau service ouvert par Adobe (voir ci-dessous).

image

Behance.net, le nouveau bébé d’Adobe, futur refuge des amateurs de photos ?

Mais l’enjeu pour Yahoo! est ailleurs, il est de rester dans la course, voire de recommencer à la mener, course qui implique les 2 autres géants du Web : Google (avec Drive, que Google a fusionné avec Picasa et Google+), Facebook (et Instagram).

image

Les “nouveaux” tarifs de Google Drive vont sans doute être revus à la baisse

Une fuite en avant … la Police suit de près

Tout ceci donne le goût d’une fuite en avant, à un moment où le Web social s’essouffle, mûrit et, logiquement, la bataille se déplace sur le prix, sans cesse plus bas du stockage en ligne ; on se demande même si on ne va pas vous donner de l’argent pour stocker vos données ! (peut-être une idée de start-up ? après tout, c’est l’utilisateur qui crée le contenu, pourquoi n’est-il pas rémunéré, et autrement que par les clopinettes habituelles, si c’est lui qui génère la valeur ?)

Il est encore tôt pour dire si ces gesticulations de Yahoo! seront suffisantes pour lui redonner sa position perdue de la fin des années 90, mise à mal par Google (que Yahoo! rappelons-le, a refusé d’acheter en son temps, cf. l’anecdote narrée par Scott Berkun dans son livre sur les mythes de l’innovation).

L’enjeu est plus que jamais sur les audiences, et l’inflation à la baisse pour les attirer n’a jamais été aussi incroyable. Mais tous ces sacrifices financiers mènent aussi à l’optimisation fiscale qui commence à irriter sérieusement les gouvernements, pas seulement français, comme ici au Royaume Uni, et c’est nouveau, même aux Etats Unis (en commençant par Apple).

à suivre …

Retour de Yahoo! sur fond de guerre économique entre géants de la nouvelle économie was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Les boss qui tweetent @MediaAces le 11 /06 – derniers jours de l’Early bird 50% (20 mai) !

boss-qui-twittente-carreSi les médias sociaux en entreprise sont devenus une réalité assez commune, rares sont pourtant les dirigeants et chefs d’entreprise à en faire un usage régulier. Certains, pourtant, s’y sont investis, et avec succès. Nous avons décidé d’en savoir plus sur les enjeux et les motivations de leur présence sur Twitter, et c’est pourquoi la prochaine conférence Media Aces portera sur ce thème passionnant.

Les boss qui tweetent .. et ceux qui ne tweetent pas

Le11 juin prochain, de 8h30 à 12h00, A MINES ParisTech 60 Bd Saint-Michel, 75005 PARIS – RER Luxembourg

Programme:

ipsos_biggerPrésentation d’une étude exclusive réalisée par Ipsos sur les patrons et les médias sociaux, en collaboration avec Media Aces
Francoise GriFrançoise Gri, @fgri, CEO Pierre&Vacances-CenterParcs, passionnée mondes emploi et techno, ambitieuse pour les femmes. #womenpower en librairies http://bit.ly/OH6uRL
Clara GaymardClara GAYMARD, @Clara_Gaymard, Présidente et CEO de @GE_France, Présidente de l’AmCham France (@amchamfrance), et membre de la mission #MarqueFrance
Nicolas BordasNicolas Bordas, @nicolasbordas, Auvergnat. Président BEING Worldwide, Vice-Président de TBWAEurope. Enseignant SciencesPo (Cours sur La Marque). Auteur de L’idée qui tue.
Bruno WitvoëtBruno Witvoët, PDG Unilver France, administrateur de l’université de Paris-Dauphine
Gonzague de BlignieresGonzague de Blignières, Senior partner d’Equistone Partners Europe, ex Président du conseil de surveillance de la banque Barclays
media acesTable ronde avec les intervenants

Les boss qui tweetent @MediaAces le 11 /06 – derniers jours de l’Early bird 50% (20 mai) ! was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Captain Dash, futur super héros du Big Data

J’ai rencontré Gilles Babinet un soir d’avril pour évoquer avec lui sa nouvelle aventure : Captain Dash. Armé de ma tablette (sur laquelle j’avais préalablement chargé l’application idoine), j’ai découvert, démonstration à l’appui, qu’un Captain Dash pouvait en cacher un autre…

« L’institutionnel c’est bien, mais la start-up c’est génial ! »

Gilles Babinet, vous le connaissez déjà (voir la superbe transcription d’une de ses dernières présentations sur la révolution de la société par Internet, retranscrite par Michael Tartar). C’est qu’il est fort présent pour défendre et vendre le secteur digital français, non seulement en France, mais en Europe. Ses responsabilités, au sein du CNN, Conseil National du Numérique sont importantes, mais s’il a « beaucoup fait d’institutionnel » m’a-t-il confié, il a aussi enchaîné immédiatement pour me dire que « la start-up, c’est génial »…

big data : 2 ans et demi de développement

C’est ainsi que l’ex fondateur de Eyeka est reparti à l’aventure, et ce n’est pas un vain mot : « cela représente 2 ans et demi de développement » a-t-il dit. Et Captain Dash grossit vite : « déjà 30 personnes, et 30 ans de moyenne d’âge ! ». L’entrepreneur, un temps actif parmi les « pigeons », a remis le couvert : « j’ai mis de mon argent » a-t-il précisé, mais il n’est pas seul Bruno Walther (ex Ogilvy) est le co-fondateur de la start-up, et le fonds d’investissement isource les a soutenus.

[mon “univers” statistique avec Captain Dash]

Réinventer le tableau de bord

La mission de Captain Dash, c’est de devenir le super-héros du tableau de bord. Les connecteurs les plus habituels sont Twitter, Facebook et Google Analytics bien-sûr. Mais la version du grand public, n’est pas le but ultime ; les véritables cibles, ce sont les grands comptes, nous y reviendrons, en direct ou plus souvent au travers des agences. Captain Dash, c’est donc un moyen ludique et esthétique de visualiser les statistiques, et il est vrai je suis pris au jeu, notamment des fameuses « Battles », qui permettent instinctivement de comparer les résultats à l’intérieur des données statistiques.

[le mode battle]

à l’assaut des grands comptes

Tout cela est fort beau, mais ce n’est pas là que notre super héros frappe le plus fort ! C’est que celui-ci est déjà parti à l’assaut des grands comptes. « Notre métier, c’est la prestation de services » explique Gilles. « On va au-delà de la mesure de social media, avec la possibilité d’analyser finement les retombées de la publicité télévisée et en ligne ».

Big data : comment corréler les événements statistiques

Car le véritable sujet est ici, c’est le big data, le fameux Graal du marketing du XXIe siècle que nous ne cessons de documenter dans ces pages, et que nous n’avons pas fini de décrire, tant il s’agit d’une discipline qui se structure au fur et à mesure où elle s’invente.

« C’est avec des applis comme Captain Dash » poursuit Gilbert Babinet, « que l’on est capable de dire que le taux de clic (CTR = Click Through Rate) explose 6 à 7 fois juste après une publicité TV ». Ainsi, en liant les bases de données et les statistiques, le Big Data permet des corrélations directement actionnables. Conclusion : si vous voulez augmenter l’efficacité de vos publicités en ligne, concentrez vos efforts sur les périodes qui suivent les passages TV. Ceci n’est qu’un exemple de ce qui est possible Captain Dash bien-sûr.

Car derrière Captain Dash, il y a la grosse artillerie : Hadoop qui sert de base arrière (HDFS, ou Hadoop File System est un système de fichiers open source distribué, sous licence Apache, qui permet de traiter de gros volumes de données) et l’équipe du Captain « superpose les données en provenance des publicités en ligne, des comptes de régie, des flux Google etc. et tout ceci peut être synchronisé avec les données métiers ». Autre exemple : en fonction des prévisions météo, les marques grand-public sont capables d’aligner leurs prévisions de vente. Ainsi, les ventes de boissons, mais pas seulement, sont très sensibles aux variations climatiques. Avec Captain Dash, il est facile donc de faire des corrélations de ce genre.

 

Gilles_babinet2

Captain Dash ne vend pas en fonction des volumes, mais il fonctionne sous forme de licence. Si les clients principaux sont des agences, les grands comptes ne sont pas les derniers à s’intéresser à la nouvelle start-up de Gilles. On y trouvera les grandes marques de l’alimentaire suisse, des géants des cosmétiques français, que pour des raisons de confidentialité, nous ne pouvons nommer, mais que vous reconnaîtrez aisément.

Des rapports… Et les recommandations

Comme toujours sur ces outils de business intelligence, l’essentiel de la valeur se trouve dans le conseil. Celui-ci est fourni par les agences qui accompagnent ainsi les rapports de recommandations stratégiques pour leurs clients.

30 000 téléchargements…

L’application gratuite a déjà été téléchargée 30 000 fois ; « elle a obtenu l’excellente note de 4.7/5, avec un taux d’utilisation de 90 % » a précisé l’entrepreneur (proportion des utilisateurs ayant paramétré l’application). La fréquence d’utilisation sur IOS y est excellente, avec « 9 sessions en moyenne sur 10 jours ».

… Et des connecteurs à ajouter

LinkedIn, Viadeo, YouTube et Dailymotion seront ajoutés en cours d’année, ainsi que “ les réseaux sociaux étrangers comme Badoo, Sina Weibo, mais dans un 2e temps” a précisé Gilles.

L’application est disponible sur iPad et, c’est plus inhabituel, sur Windows 8 ; “on parle au ‘corporate’ et il y a un gros enjeu de sécurité” c’est donc pour cela que Microsoft a été choisi. De même, le capitaine a délaissé quelque temps son colant en nilon pour endosser le blazer bleu marine d’IBM dans le cadre de ce que Gilles a nommé “un gros partenariat stratégique”. “Amazon est l’ennemi de tous les clients FMCG**” a précisé notre entrepreneur, “les clients veulent installer leurs données sur leurs clouds”. Il es vrai que certains des clients sont des géants, comme SEB, avec ses 600 sites Web, cela génère des volumes de données conséquents. Les PME ne sont pas encore dans le radar de Captain Dash, qui a préféré amener sa dashmobile sur le terrain des grandes entreprises, mais une version sera un jour disponibles pour elles quand-même, sans pour autant que nous puissions donner de date. Les petits utilisateurs pourront néanmoins se satisfaire un temps de la version gratuite,sur IOS et Windows 8.

Aider les marketeurs à prendre de meilleures décisions, en France et … aux USA !

Un projet Captain Dash demande du paramétrage : 1 mois en moyenne pour un projet complexe, mais les projets simples peuvent se régler en à peine 1 semaine a indiqué Gilles. Une fois le paramétrage réalisé, il faut que les tuyaux se remplissent avant que les statistiques commencent à parler. L’intégration est payante, c’est là le vrai business model, puis le pricing s’établit par marque et par pays (1500€) sans limite de sièges, le client pouvant ainsi propager l’expérience utilisateur auprès de ses employés, sans restriction.

Comme l’explique la plaquette ci après [Profession de foi Captain Dash en PDF], en 2013, malgré la sophistication des outils mis à leur disposition, les marketeurs prennent encore des décisions sur de vagues intuitions, alors qu’ils sont noyés de données et n’en utilisent pas plus de 1%.

L’enjeu suivant pour la jeune pousse parisienne est d’attaquer les Etats-Unis, “on y est en mode “grass-roots” a indiqué Gilles, mais “dès qu’on peut on ouvre un bureau à New York” a-t-il indiqué.

Captain Dash est une initiative intéressante car non seulement elle donne vie au Big data dont tout le monde parle mais qui a du mal à se donner un visage, mais en plus elle le fait de manière ludique et esthétique, afin de mieux évangéliser sur un public encore réticent à passer du temps sur l’analyse de ses données. La prouesse de notre super-héros est de mettre l’ergonomie du tableau de bord au service de l’entreprise, l’enjeu va bien au-delà d’une simple application iPad grand-public, un Captain Dash peut en cacher un autre …

** Fast Moving Consumer Goods, produits grand-public de consommation courante

Captain Dash, futur super héros du Big Data was last modified: janvier 14th, 2016 by Yann Gourvennec

Non ! Non ! Non ! Le Web social, n’est pas mort … Il s’est juste professionnalisé !

Si vous avez besoin d’une preuve de la concordance des temps entre l’éclatement de la bulle (2000 et 2001-2002 en France) et la période actuelle, période de professionnalisation du Web, il suffit de vous replacer dans le débat au travers des échanges de blogs avec mes amis Grégory Pouy et Hervé Kabla. Échanges d’ailleurs fort courtois et amicaux, tout n’est donc pas mort dans la sphère des « bisounours » 2.0. Alors, qu’en est-il vraiment ? Revenons, comme toujours avec froideur et recul sur les événements et leur interprétation… Et voyons pourquoi je pense que la conclusion qui voudrait que le Web social est mort est fausse. Avec en prime, une vidéo interview de Marilyne Lacaze à l’issue de la conférence.

Un seul être vous manque…

Partons de ce constat qui peut nous rassembler : si Facebook a dépassé le milliard d’utilisateurs vers la mi 2012, il est vrai que l’audience du plus gros de nos réseaux sociaux stagne. Un bref regard à Social Bakers montre que l’audience du réseau de Monsieur Zuckerberg est en effet restée à environ 1 milliard d’utilisateurs. Cela doit sans doute être très grave. Certes, Google+ annonce des chiffres mirobolants, mais chacun sait, sauf à être vraiment de mauvaise foi, qu’il ne s’y passe pas grand-chose. Les sources me disent même que les « rats » (les initiateurs du projet chez Google) auraient même déjà quitté ce navire. Facebook reste donc, qu’on le veuille ou non incontournable. Et si cela changeait ? Eh bien, nous passerions à l’outil suivant, cela ne serait pas la première fois.

[Facebook est-il devenu un désert ? …. hmmmm]

Revenons sur les notes de ce débat qui a eu lieu dans la première moitié d’avril au salon marketing direct, que j’ai animé comme tous les ans, et dont j’étais membre du comité de programme ; il s’intitulait « Facebook pour les marques, comment l’aborder ». Il regroupait un panel de qualité et les échanges étaient de très bon niveau, voire très techniques, signe, s’il en fallait, que la professionnalisation des médias sociaux est une réalité. Pour être tout à fait franc, je me demande même si la salle a vraiment tout compris tant c’était technique.

Voici les panélistes :

  • Marilyne Lacaze, directrice digitale du parc Astérix
  • Danielle Kindermans, Directeur des Opérations Digitales chez GRENADE & SPARKS
  • Laurent Michel, patron de Playapp
  • Benjamin Lemaire, responsable des médias sociaux de Gaumont Pathé

1. Le constat : on ne se pose plus la question

Premier tour de table : la question de savoir si on était présent sur Facebook ne se pose plus. Certes, il y a les « Loved brands » comme parc Astérix ou Gaumont Pathé qui sont un peu atypiques, mais Laurent Michel a aussi cité des clients comme la mutuelle des armées (UNEO) qui avait su aussi tirer parti du réseau. On passe donc à la question suivante…

2. Professionnalisation

Marilyne, a déclaré à juste titre « c’est hallucinant qu’on ne parle que de Facebook » car elle préfère parler de CRM et de « lever les barrières à l’entrée » grâce aux médias sociaux. La démarche se professionnalise, la « course aux fans » que nous avons très tôt décriée, est finie. Ouf ! Attachez vos ceintures. Gaumont approuve la même stratégie de Parc Astérix, car leur métier est de « vendre des billets » et non pas d’accumuler les fans sur Facebook. D’ailleurs Benjamin Lemaire fait remarquer que 250 000 fans, « c’est ridicule, mais il faut bien commencer quelque part », en faisant référence à la proportion de fans par rapport au nombre de clients. L’objectif n’est donc pas d’essayer de faire concurrence au commerce, mais bien « d’amener les clients dans les cinémas à partir des médias sociaux », même si au départ on parle à une petite proportion de gens.

Laurent Michel a ajouté qu’on peut intégrer Facebook à plein d’endroits : le nombre de fans est un chiffre concret pour se comparer aux autres certes, mais la bataille de Facebook en ce moment est sur le flux d’actualités des utilisateurs et non pas sur les pages des marques. il y a donc « une nouvelle stratégie à repenser » selon lui.

Damien insiste également sur Facebook comme plateforme technique, via opengraph2. La principale fonction de Facebook se reporte sur son Facebook connect et son login, qui lui est comptabilisé avec les statistiques de Facebook. Ceci permet de rebondir sur ses audiences et de profiter de leur capacité sociale ; sans être obnubilé par sa page fan.

3. Facebook fatigue … mon œil !

Benjamin Lemaire nous a rappelé que « on a tous le souvenir de MySpace ». La même chose peut arriver donc à Facebook. « Notre métier n’est pas de faire des médias sociaux mais de vendre des billets » a-t-il rappelé à juste titre. Il y a donc des gens qui risquent de quitter Facebook… Mais les internautes continueront d’initier des discussions !

clip_image002Marilyne a fait également allusion au fameux rapport montré par Grégory sur les digital détox (Dagobert) en montrant facétieusement une bouteille de boisson de régime ; mais elle a expliqué que c’était un peu « comme une crise d’adolescence ». Dans cette crise, on peut moins manger, « Maisonneuve passait de manger ». Il faut donc « revenir aux fondamentaux et « se poser la question de savoir ce que veulent les gens ». Damien Kindermans a précisé que le Web communautaire a existé avant (c’est un ancien de multimania il y a 14 ans, il sait de quoi il parle) et il existera après. Intégrer le communautaire dans le service ou le produit, c’est baser sa stratégie sur ses clients.

Damien cependant fait remarquer que pour la première fois, on avait des fermetures de comptes, et même qu’il y avait une sorte de paranoïa sécuritaire, relayée par les médias ; dans un sens c’est plutôt bon cela permet de d’éviter les excès.

Laurent Michel a fait quand même remarquer que 1 milliard d’utilisateurs sur 2 milliards d’internautes est peut-être le signe que l’on avait atteint un plateau et que cela était normal. Facebook représente encore selon lui environ 40 % du temps sur les smartphones (chiffre comscore), et Facebook est rapidement devenu le premier acteur de la publicité mobile (meilleure régie sur ce canal). Dans l’avenir, il est difficile de savoir ce qu’ils vont faire. Quant à Google +, Laurent insiste sur le fait que ces 500 millions d’utilisateurs, sont souvent poussés par Gmail.

Un exemple concret, il cite les pages du PSG, avec 2.8 millions de fans sur Facebook et à peine 220 000 sur Google+. 15 000 like sur Facebook sur le même poste, génèrent environ 87+ sur Google +. Fin de la démonstration.

Marilyne Lacaze a enfoncé le clou en disant que Google+ c’était « quasi rien du tout », et qu’elle préférait se focaliser sur des outils comme tripadvisor par exemple, très important dans le domaine du tourisme.

La question de la Facebook fatigue n’a donc pas soulevé de débat parmi nos professionnels, la question ne semble pas être là

4. Le mass social media ?

J’ai voulu amener le panel sur cette question de savoir si on n’était pas passé du social média, micro ciblé éthique et responsable, au mass social media, publicitaire et intrusif.

Marilyne fait remarquer que cela rejoignait la fameuse question du ROI que nous nous posons depuis de nombreuses années, et qui commence à trouver de véritables réponses aujourd’hui. Cette question trouve sa réponse dans la vente, mais aussi la collecte de données (au travers des jeux) mais aussi au travers de techniques publicitaires sophistiquées comme le RTB (vente de bannières en temps réel aux enchères) et des formes innovantes de publicité sociale.

Elle a fait remarquer que c’était même le sujet sur lequel elle investissait de plus en plus. Une proportion non négligeable de leur budget Google qui passe dans les médias sociaux, c’est un risque, mais qu’elle assume car le retour sur investissement et les impacts sur les fréquentations des visiteurs sont bons. Le parc Astérix se lance donc courageusement sur toutes les nouvelles formes de publicité en faisant baisser les publicités à la performance et en diminuant la pression publicitaire sur les clients. L’objectif c’est de faire de la publicité sociale en se basant sur la préférence des amis.

Les autres participants ont également acquiescé sur ce point en confirmant l’importance de la publicité sur le social. Laurent Michel, qui a commencé sur Facebook en 2009 fait également remarquer que les tarifs de la publicité sociale avaient bien augmenté depuis lors. Si en 2009, pour arriver à 2000 fans, un budget de 1000 € en Facebook ads était suffisant, en 2013 le dispositif se doit d’être beaucoup plus complexe, avec 20 % de ce budget sur la production de jeux et 80 % sur le média en achat d’espaces, et un coût final à l’arrivée qui se rapproche de 1€ par fan (l’exemple donné a été un fabricant de pneus, mais j’étais arrivé à la même conclusion sur d’autres secteurs).

Non ! Non ! Non ! Le Web social, n’est pas mort … Il s’est juste professionnalisé ! was last modified: septembre 7th, 2016 by Yann Gourvennec

Get+ optimise la génération de leads sur le Web … et accède à la finale de la BFM Académie : votez !

$-largeJe connais Hervé Gonay depuis de nombreuses années, et sa solution dont j’ai même été un des premiers clients, dès 2008. Sa solution s’est affinée de plus en plus au fil des années et il en a même fait un fer de lance de la prospection pour les PME/TPE : “1% seulement des visiteurs d’un site laissent leurs coordonnées sur un site Web” explique Hervé, et c’est pour cela qu’il a créé une solution très astucieuse (basée sur ce qu’on appelle le Reverse DNS Lookup, qui permet de retrouver l’origine des visites à partir de l’adresse IP), c’est-à-dire récolter les 99% qui restent ! Sa solution a été maintenant encore améliorée afin de la lier aux réseaux sociaux professionnels (dans le respect des personnes et de l’éthque bien-sûr). Jusqu’au 25 avril vous pouvez voter pour Get+, quant à moi, j’ai déjà voté !

Get+ sur BFM TV: votez pour que le marketing B2B accède aux finales!

Depuis le 20 Avril et jusqu’au 25 avril, vous pouvez assister depuis cette page à la session de la BFM Académie sur BFM TV consacrée à Get+.

Hervé Gonay présente Get+ sur BFM TV

Hervé Gonay est soumis au feu roulant des questions du jury de la BFM Academie*, qui évalue la proposition de valeur de l’offre Get+. Si vous n’avez jamais assisté à un grand oral sans concession, ou si vous voulez tout savoir de Get+ (y compris les réponses à des questions politiquement incorrectes), visionnez cette Vidéo.

L’émission se présentant comme un match entre deux solutions innovantes, vous pouvez dès maintenant encourager Get+ et VOTER pour qu’une solution webmarketing B2B soit présente en play-off du tournoi. A vos bipers!

* La BFM Academie est une émission culte de la chaine TV/radio BFM (saison 8!). Elle a pour vocation de présenter au grand public des projets d’entrepreneurs. Animée par Nicolas Doze, Eve Chegaray, Sylvain Orebi et Alain Bosetti, elle se caractérise par une analyse sans langue de bois dans un timing très dynamique. Mais c’est aussi une compétition: comme dans un tournoi, chaque projet dispute un match dont le vainqueur est invité à se présenter au tour suivant. C’est le vote du public, sur le web, qui désigne le vainqueur.

via Get+ sur BFM TV: votez pour que le marketing B2B accède aux finales!.

Get+ optimise la génération de leads sur le Web … et accède à la finale de la BFM Académie : votez ! was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec