Une bureautique Microsoft gratuite dans votre tablette – appli du jour

imageProfitons des vacances qui commencent aujourd’hui, pour certains, pour nous divertir avec cette application de la semaine : cloudon. Tout au long du mois de juillet et je ferai quelques jours sur des applications que je te particulièrement sympathique ou qui ont changé ma façon de travailler, de me divertir, à moins que ce soient les 2 en même temps. Cette semaine, nous nous pencherons sur l’application cloudon, tellement extraordinaire, que je me demande encore comment ils font de l’argent. Est-ce un nouveau mystère de la nouvelle économie ?

Commençons par nous rendre sur le site de l’application, pour nous rendre compte qu’elle existe bien dans les versions Android et Apple. Après vérification vous pouvez la télécharger aussi bien sur votre iPad que votre iPhone.

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Étape numéro 1: après installation, ouvrez l’application. Il vous faudra d’abord paramétrer l’accès à vous espace disque en ligne habituel : 4 espaces sont mis à votre disposition, que vous pouvez cumuler en parallèle. Pour ma part, j’ai paramétré Google drive et Skydrive (de Microsoft, mon préféré, car étant un des premiers utilisateurs, je dispose de 25 Go gratuits). J’ai laissé Dropbox et box de côté pour l’instant mais je pourrais y revenir plus tard les rajouter quand je désirerais. Pour cela il suffit d’autoriser London à accéder à votre espace disque.

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Étape numéro 2 : après avoir sélectionné le disque en ligne correspondant (ici skydrive), l’arborescence de votre disque vous est ensuite présentée, vous pouvez afficher sous forme de liste ou d’icônes.

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Étape numéro 3 : après avoir changé l’affichage (option icônes) je sélectionne le répertoire où je stocke les brouillons de mon blog. Il s’appelle « blogposts »

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Étape numéro 4 : Je sélectionne l’article en format Word dont je vois qu’il a été modifié le 24 juin à 7h39.

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Étape numéro 5 : le fichier se télécharge depuis Internet, la fin de l’afficher, c’est l’image suivante, directement sur ma tablette dans une fenêtre Microsoft Word, un peu chose près identique à celles que j’ai sur mon PC (il s’agit d’une version simplifiée de la version 2010 de Microsoft Word, similaire à celle qu’on retrouve sur scannera lui-même. C’est d’ailleurs la seule faiblesse que je remarque dans cette application, à savoir la lenteur relative à télécharger le fichier à ce moment. Il est fort à parier que nous verrons une amélioration des performances sensibles d’ici les prochains mois si ce système perdure. On comprend aussi que nous sommes véritablement en voie vers un phénomène que j’ai décrit maintes fois sur ce blog, et qu’on appelle « ubiquitous computing » ou informatique omniprésente. Le maillon faible de la chaîne en est la connectivité, même si des progrès énormes ont été faits ces dernières années. Il faudra certainement encore 2 ou 3 ans, peut-être 5, pour avoir une connectivité sans couture, avec un confort d’utilisation similaire à celui dont je bénéficie derrière mon ordinateur au moment de la composition de cet article.

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Étape numéro 6 : je peux écrire directement dans le fichier qui est immédiatement modifiable ; pour le démontrer j’ai souligné un mot en appuyant longuement dessus, ce qui a fait apparaître le menu contextuel Microsoft que tout le monde connaît et qui équivaut au clic droit de la souris sur un ordinateur.

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Étape numéro 6 : je clique sur l’icône qui représente un compas en haut à droite de l’écran, ce qui ouvre un sous menu permettant de créer un nouveau fichier : soit un tableur (peut-être pas ce qu’il y a de plus facile à modifier sur une tablette), un fichier de traitement de texte Word, ou une présentation PowerPoint. Je choisis cette dernière …

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Étape numéro 7 : je donne un nom à ce nouveau fichier qui sera sauvegardé directement dans le répertoire de départ.

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Étape numéro 8 : s’ouvre ensuite un fichier vide PowerPoint que je vais pouvoir remplir exactement comme si j’étais sur mon ordinateur, avec cette version simplifiée de PowerPoint 2010. Simplifiée, mais quand même très complète, avec la gestion des modèles de base Microsoft. Pour créer une présentation dans un modèle personnalisé, je vous conseille d’utiliser une présentation que vous aurez préalablement chargée à vide sur votre ordinateur, afin de bénéficier de tous les modèles de pages. Ceci fait gagner beaucoup de temps et vous évite de bidouiller les modèles de pages sur la tablette, ce qui n’est pas très pratique. Vous pourrez donc ainsi vous limiter à ajouter du texte mais aussi des cliparts, et des images, des vidéos etc. Il est donc tout à fait possible de modifier une présentation PowerPoint et même de la créer directement depuis une tablette, puis de la récupérer ensuite sur un ordinateur afin de la finaliser, ou vice versa. Je rappelle qu’avec Skydrive, il n’y a pas non plus besoin de disposer d’une version locale de Microsoft PowerPoint, puisqu’elle existe en ligne. Personnellement, étant professeur et bénéficiant du tarif spécial enseignant, la possession d’une licence Microsoft locale, reste préférable, d’autant plus qu’elle ne coûte pas une somme extraordinaire.

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Au-delà du côté sympathique, pratique et surtout gratuit de cette application, on peut se poser plusieurs questions. D’une part, qu’elle va être le modèle de revenus de Microsoft dans ses prochaines années. On peut faire un pari, sur le fait que l’accès aux logiciels se fera de plus en plus dans le réseau, notamment à partir du moment où le défi de connectivité est réglé. Des lors, on se demande encore si le modèle de l’application à télécharger survivra très longtemps. Or c’est cela qui a fait vivre le géant du logiciel pendant toutes ces années. Par ailleurs, on peut se poser également la question du modèle économique de cloudon. On dehors de son éventuel rachat par Microsoft.

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Cloudon a, c’est bizarre, peu fait parler de lui, même si un grand nombre de téléchargements ont déjà été réalisés, force est de remarquer que le bruit médiatique autour de la société de Palo Alto est resté un peu coincé sur 2012. Gageons qu’ils n’en resteront pas là, et que les utilisateurs rattraperont le wagon un peu plus tard. Wired a fait remarquer que l’application avait ses limites notamment du fait du stockage des données sur le cloud, ce qui rendait l’affichage un peu ‘”trouble” mais utilisable quand-même. La remarque est valide, mais sur PowerPoint, on n’observe pas ce genre de problèmes.

Il y a bien quelques limites à l’utilisation pour ce qui concerne la diffusion et l’affichage de la présentation en public, mais dans ce cas, je vous recommanderai une autre application gratuite qui fonctionne de façon similaire, dans un prochain article. Comme le fait remarquer Wired, il est encore difficile d’utiliser ces applications de façon à créer une présentation de A à Z et l’utilisation de Cloudon est sans doute, pour aujourd’hui, limitée aux modifications mineures.

Gageons que les “visionnaires” auto-proclamés de Palo Alto n’en resteront pas là.

Une bureautique Microsoft gratuite dans votre tablette – appli du jour was last modified: juillet 1st, 2013 by Yann Gourvennec

Le Web entre nouvelle économie et capitalisme hégémonique

ebook-largeOuf ! Nous sommes en train de mettre la dernière main à notre nouvel ouvrage La communication digitale expliquée à mon boss, suite de notre précédent livre dédié aux médias sociaux.

Il va s’agir d’une véritable somme du digital sur laquelle nous nous penchons actuellement, en pleine phase de relecture (ce n’est pas la plus drôle je vous l’avoue). En fait, il s’agit même d’un ouvrage double puisque nous l’écrivons à la fois en Français et en Anglais (le titre Anglais en sera Mastering Digital Communications Like A Boss, Beyond Social Media). La version française se construis un poil plus vite, en amont de la version anglaise que nous ré-adaptons entièrement ; elle représente aujourd’hui un corpus de environ 500 pages, avec un grand nombre d’illustrations, de planches PowerPoint (qui seront partagées sur Slideshare comme en 2011 pour le précédent livre), de conseils pratiques, et même de vidéos et d’un panorama assez large et complet de la plupart des aspects de la communication digitale.

Une place importante y est faite bien entendu à la conduite du changement, l’analyse, les chiffres, les moyens et les astuces pour pouvoir convaincre sa direction, mais aussi ses collègues de la pertinence du monde digital tout en faisant valoir ses compétences et son expertise. C’est également un moyen de se perfectionner aux aspects stratégiques du Web.

Nous avons  laissé à nos lecteurs sans nouvelles, malgré nos promesses, depuis de nombreux mois sur ce sujet, alors que nous avions prévu de publier régulièrement des vidéos, honte sur nous ! c’est que la rédaction d’un ouvrage comme celui-là est très prenante : plus de 90 articles d’environ 1500 mots ont été écrits, intégrées, relayés à l’ensemble, cela rend particulièrement de temps.

Mais assez parlé de nous !

Parlons plutôt aujourd’hui du livre d’un de nos confrères, Bertrand Jouvenot, qui vient de publier aux éditions Kawa (transparence : notre éditeur également), dans la collection tout savoir sur… Un livre sur « les dessous du Web ».

Voilà un aspect, que nous n’aborderons pas véritablement dans notre livre, mais qui est aussi une facette intéressante du sujet, celle de l’ambiguïté du Web, qui hésite toujours – nous en avions touché plus d’un mot dans notre premier ouvrage – entre le mouvement libertaire de ses débuts, issu du mouvement hippie de la Californie, et la présence hégémonique de quelques grands groupes capitalistiques, qui tendent de plus en plus à se comporter comme des acteurs historiques en tentant de prendre la totalité ou à tout le moins l’immense majorité d’un marché (“The winner takes almost all” selon l’expression de Seth Godin)

Pas besoin d’attendre d’avoir fini le livre pour savoir ce qu’il y a dedans, Frenchweb nous en livre des extraits publiés régulièrement en voici ci-dessous les 2 premiers. Je livrerai quant à moi les impressions des que j’aurais fini le livre.

À vos souris !

Tout savoir sur … les dessous du Web

Le Web est tout en contrastes. Il ressemble à une pièce de monnaie dont les deux faces ne se quittent jamais, mais ne se rencontrent jamais non plus.

Du côté face, l’apparition d’une nouvelle économie, des créations d’emplois, la croissance spectaculaire d’un nouveau type d’entreprises, l’invention de nouveaux services, l’accélération de l’innovation, la diffusion des idées et des savoirs, l’évolution des modes d’interaction entre les individus, etc.

lesdessouduwebDu côté pile, l’hyper-puissance d’acteurs organisant l’information au niveau mondial, la destruction de pans entiers de l’industrie (musique, cinéma…), la disparition de medias traditionnels (journaux, radios…), le remplacement de l’information par l’opinion, la remise en question de la propriété intellectuelle, l’évaporation de prérogatives des États Nations…

Mac vs. PC ? Derrière cette simple opposition entre deux familles informa­tiques, deux philosophies d’affrontent.

Celle du PC, ou personnal computer, est héritée du passé. Elle demande à l’homme de s’adapter à la machine. Celle du Macintosh est plus moderne. Elle s’efforce d’adapter la machine à l’homme. La première capitalise sur les capacités d’adaptation de l’individu tandis que la seconde s’appuie sur ses potentialités. Dans le premier cas, l’homme est au service de la machine. Dans le second, la machine est au service de l’homme. La première est machine centric, la seconde est human centric. Toutes nos entreprises, nos stratégies, nos process, suivent la logique PC. L’homme est convié à se plier à des règles, des modes de fonctionnement, des habitudes, une hiérarchie, des tableaux de bord, des ERP, des progiciels, etc. Et quand cela ne marche plus, les organisa­tions demandent à leurs collaborateurs de s’adapter encore plus, en devenant toujours plus flexibles, mobiles, souples… Et parce que nous ne sommes pas à un paradoxe près, on observe les vainqueurs du moment, tel Google ou Apple, et on en on déduit que la clef du succès se trouve dans la créativité, l’innovation, la communication… Bref dans les potentialités de l’homme, que la philosophie du Mac se propose précisément de libérer.

via Extrait #1 : Mac vs. PC | FrenchWeb.fr.

Extrait #2 : Le foyer digital | FrenchWeb.fr

Le monde change, l’économie aussi. Elle se tertiarise comme disent les écono­mistes. Le poids des services dans les PIB et autres PNB augmente.

Les équipements informatiques, les connections Internet, les téléphones et autres terminaux, sont devenus les outils de travail, de production et de productivité des salariés. Les collaborateurs d’une entreprise sont désormais mieux équipés, mieux outillés techniquement, informatiquement, télépho­niquement… à titre personnel, qu’à titre professionnel. Quand ils ont deux téléphones et qu’ils ne sont pas dans les sommets de l’organigramme, celui que leur a fourni leur entreprise est rarement le mieux des deux. A la maison, l’ordinateur dont ils disposent est souvent plus récent, mieux équipé en logi­ciels, doté de plus de mémoire que celui qu’ils utilisent au travail.

via Extrait #2 : Le foyer digital | FrenchWeb.fr.

Le Web entre nouvelle économie et capitalisme hégémonique was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

innovation ou rénovation ? le 21ème siècle est-il vraiment si innovant ?

eye-largeSuite de notre précédent article pour le compte de l’Adetem en amont de la 8e édition de la nuit du marketing, marquée par une innovation, celle du prix de l’excellence marketing auquel nous participerons en tant que membre du jury, avec nombre d’autres blogueurs. Revenons donc à l’innovation proprement dite et un 2e billet sur l’innovation marketing. Cette fois-ci encore je m’en tiendrai à mon sujet de prédilection, l’innovation high-tech. Après le chapitre introductif, nous avons vu qu’il fallait en matière d’innovation technologique et savoir se hâter lentement. Je voudrais poursuivre avec une idée assez provocatrice, quitte à bousculer un préjugé bien établi qui voudrait que nous soyons au siècle de l’innovation, que notre environnement est en perpétuel changement, et que l’innovation est au cœur de notre vie.

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La 2e question de nos amis de l’Adetem consisté à mettre en exergue une innovation qui m’a frappé en 2013. Je voudrais remonter un cran plus haut, et me poser la question de savoir quel est l’impact, et l’ampleur des innovations qui nous occupent tous les jours sur Internet ou ailleurs. Vais-je jeter mon dévolu sur Google glass, dont les débats remplissent blogs et journaux ad nauseam depuis au moins le début 2013 ? La nouvelle version de IOS7 ? La nième tentative de tablettes hybrides pour concurrencer Apple ? Probablement pas.

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Légende : vers 1899, un ingénieur allemand gèle artificiellement la Seine pour permettre le creusement du tunnel du métro vers St Michel au niveau du pont au change préfigurant ainsi le Ice Nine du livre Cat’s Cradle de Kurt Vonnegut en 1963. En 2013, la ligne 4 du métro vient de se prolonger d’1 station au-delà du périphérique ; il a fallu près de 4 ans pour la construire.

Google glass, IOS 7 etc. sont à l’innovation ce que CNN est à l’information journalistique : ça bouge, ça remue, ça change tout le temps, mais on ne comprend rien. Et il y a fort à parier que les lunettes Google finissent au rebut de l’innovation, voire même à l’index des tribunaux (se pourrait-il qu’il s’agisse d’un accessoire d’espionnage, d’aucuns pourront le penser, même si on a vu plus discret ; à juger comment je me fais régulièrement agresser dans la rue car je prends des photos, tout en faisant bien attention à éviter les personnes, alors que la paranoïa fait rage… Attendons donc 10 ans !)

Le siècle de l’innovation ou de la futilité ?

Quant à IOS 7, je ne vois pas trop à quoi peut servir de commenter, comme je l’ai vu, sur la qualité graphique de l’icône de setup. N’y a-t-il pas des choses plus importantes ? L’innovation de ce fameux siècle innovant se résume-t-elle à la qualité d’une icône. Le XXIe siècle est donc probablement bien vide pour monopoliser l’attention de millions de gens sur des choses si futiles.

Le XXIe siècle, soyons provocateur, n’est probablement pas le siècle de l’innovation.

Celui-là, est arrivé il y a 200 ans, quand tout ou presque était à inventer, quand les hommes ont tout découvert et développé, les déplacements sur terre, sur rail, dans les airs, et même la mécanisation au travers des premiers métiers à tisser, qui ont donné déjà lieu aux premières manifestations d’opposants aux changements technologiques, celle des Luddites. Tout a été inventé à cette époque-là. Même la dégradation de l’environnement, l’industrialisation, la mécanisation, jusque dans ce déluge de fer, de feu et de sang de la guerre 14, et même l’exode rural (notre village d’Ariège s’est vidé dès 1900).

Si le XIXe siècle a été le siècle de l’innovation, le XXe siècle, a été celui de la modernité, de l’industrialisation, de la mécanisation et de l’automatisation à outrance. Toutes les innovations du XIXe siècle y ont été agrandies, améliorées, renforcées, développées… sous la poussée de 3 guerres qui, au travers de leur macabre recherche de l’efficacité, ont poussé l’innovation (j’inclus 1870 qui est déjà annonciatrice de la guerre moderne, cf. la débâcle de Zola). Remarquez que je n’ai pas dit progrès.

La R&D ne fonctionne plus… quoi d’étonnant à cela ?

Le XXIe siècle, lui, est le siècle de la parabole (au sens du réseau, mais aussi au sens du symbole, de ces analystes symboliques que nous sommes devenus) et de l’hyperbole ; de l’excès et de la massification (cf. l’hypermodernité de Lipovetsky). L’innovation n’y est plus fondamentale, elle y est utilitaire, pratique et massive. Alors, quoi de surprenant, comme nous le dit Pierre Yves Chaltiel que la R&D ne fonctionne plus. La R&D est affaire d’assemblage, d’ « intégration » (au sens informatique du terme), et le Marketing de l’innovation est donc de plus en plus un marketing de projets. Scott Berkun conseille aux innovateurs, de ne jamais utiliser le mot d’innovation; c’est vrai qu’il est pratique car il permet se raccrocher à quelque chose, mais ce terme n’a pas beaucoup de signification intrinsèque. Il exprime dans cet article que le véritable innovateur parle de nouveaux produits, de projets, de jalons, mais il ne perd pas de temps avec des concepts abstraits. Quoi d’étonnant ainsi à ce que les marketeurs qui réussissent soient de bons chefs de projets ?!

Le siècle de la massification

idea-visionary-marketingLe XXIe siècle n’est pas le siècle de l’innovation, c’est le siècle du perfectionnement et de la masse. La véritable différence, c’est la montée en charge et l’impact des masses touchées par cette révolution digitale.

D’ailleurs, nous ne devrions plus parler d’innovation, mais de rénovation peut-être. Alors, si je ne devais prendre qu’une innovation high-tech à titre symbolique, ce serait une méta innovation celle du Cloud computing, aboutissement de 20 ans de tâtonnements, sur les réseaux et de déplacement du monde logiciel vers le tout numérique et tout connecté ; il faudra attendre probablement encore 5 ans au-moins pour atteindre l’état suprême du ubiquitous computing, celui où nos données et nos SI sont disponibles partout et en tout lieu.

C’est que le Cloud computing logiciel (SaaS) est en passe de changer non notre rapport au logiciel, mais notre rapport au monde. Voici comment se matérialise ce changement au travers de mon usage de ces logiciels. Muni d’une simple tablette connectée, 3G/Wifi, aujourd’hui, il est possible de :

  • avec Skydrive (ou Dropbox, Google drive etc.) d’emporter nos données partout ;
  • avec Cloudon (icône ci-dessus), de les modifier en tout lieu (de façon encore assez maladroite mais ça s’améliorera sans doute) ;
  • avec Slideshark, d’afficher mes cours en temps réel (là encore c’est perfectible mais on progresse) ;
  • avec WordPress, de publier et de parler au monde entier ;
  • avec Evernote, d’écrire des articles sans clavier en temps réel avec ma tablette ;
  • avec Penultimate de prendre des notes manuscrites, de les stocker et même d’effectuer des recherches ;
  • avec Paper 53 de dessiner partout et en tout lieu même dans le métro ;
  • et avec les médias sociaux, de diffuser partager les infos dans le monde.
  • etc. etc. la liste n’est pas close, adaptez-là à votre goût …

note : certaines de ces « innovations » n’ont rien de nouveau. Dès 1999, j’avais une ardoise électronique (j’en ai possédé au moins 5 de 1999 à 2007 qui progressaient régulièrement) qui permettait de prendre des notes manuscrites en mode de reconnaissance de l’écriture. En somme, il y a même eu régression technologique très nette sur beaucoup de points depuis 2000.

Entendez-moi bien, je ne fais pas la promotion ici d’une application, qui sera probablement remplacée par une autre et une autre et une autre encore. Je vous expose un mode de vie, mais aussi un mode de travailler, une façon d’interagir avec le monde et le réel, de vivre et de respirer digital à chaque moment de votre vie, c’est cela qui me fait dire que l’univers digital qui nous entoure et que d’aucuns maîtrisent avec aisance, ils sont de plus en plus nombreux, est un véritable changement de paradigme. Ce changement de paradigme change notre attitude notre rapport au monde, au travail, au temps. Voilà une véritable « innovation ». Plus qu’une simple icône. À supposer qu’ IOS 7 soit vraiment très mauvais, nos utilisateurs migreront sur un autre système d’exploitation, et il est fort à parier que ces systèmes d’exploitation n’aient plus aucune importance dans un futur assez proche de la téléphonie, et que l’intelligence se déplace, comme d’habitude, dans le réseau via Internet.

Ce changement de paradigme, je vous inviterai bientôt à le découvrir en détail dans notre prochain ouvrage, la communication digitale expliquée à mon boss, qui sortira en septembre 2013 (si tout va bien, nous avons pris un peu de retard, c’est qu’il faut relire cet ouvrage massif de près de 500 pages !).

C’est cette innovation incrémentale, aboutissement de décennies de perfectionnements qui à mon avis constitue le niveau actuel de l’innovation marketing high-tech d’aujourd’hui, bien plus que l’innovation d’une paire de lunettes … qui intégrera peut-être un jour avec force modifications notre univers, et qui rejoindra et sera englobée, dans ce cas, cette méta innovation.

innovation ou rénovation ? le 21ème siècle est-il vraiment si innovant ? was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Facebook innove (enfin) en publicité en suivant (encore plus) les consommateurs à la trace

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La sélection du jour…

Est cet article de business insider sur une innovation que Facebook lance dans le domaine de la publicité en ligne. Il est encore un peu tôt pour se prononcer sur la réussite future de ce nouveau service de Facebook, mais ce qui est indéniable, c’est que le géant des réseaux sociaux est en train d’innover, enfin, autour de la publicité dans les réseaux sociaux. Énième, et probablement ultime étape de la mercantilisation des réseaux sociaux, cette invention dénommée « partner categories » est en train de sonner le glas définitif du Web 2.0.

Partner categories, c’est la possibilité de, prédictivement, savoir non pas ce que vous aimez (“likez” en termes Facebook), ce qui n’a qu’un intérêt limité, mais ce que vous achetez ou allez acheter (parce que vous vous êtes renseigné sur un produit). À l’évidence, ce service va faire grincer les dents de ce côté-ci de l’Atlantique, et on peut imaginer notamment quel accueil va lui être réservé dans les pays particulièrement sensibles à la protection des données personnelles que sont l’Autriche et l’Allemagne par exemple. En France, où la proportion d’utilisateurs aux médias sociaux selon le Figaro, vient de passer les 80 %, on continuera de couiner et de râler, mais de de se laisser suivre à la trace, sans nul doute.

Ah ! le Web et ses bonnes vieilles métaphores guerrières …

Cette invention fait peur à Yahoo! (comme cela est indiqué dans l’article de business insider ci-dessous). La guerre est lancée, car le monde de l’Internet est friand de ces “guerres” : guerre des navigateurs, guerre des moteurs de recherche et des portails il y 10 ans, et maintenant guerre de la publicité. Et il n’y a pas que Yahoo! Car dans un sens, plus que Yahoo!, c’est Google qui est visé ; le champion de la publicité sur Internet. Grâce à ce nouveau système, Facebook tient enfin un moyen de concurrencer le géant américain de la publicité en ligne.

À moins que le caractère intrusif de cette personnalisation outrance n’ait un caractère plus contre-productif que productif. A voir également si le résultat de ce nouveau dispositif ne va pas finir par être stigmatisé par les utilisateurs, à la manière du retargeting, qui tend à vous proposer les produits que vous avez déjà visités en ligne de façon un peu insistante.

Ce qui est marquant ici aussi, c’est le renforcement de la tendance que nous observions déjà il y a quelque temps sur le mariage du commerce en ligne et du commerce physique. Les réseaux sociaux s’en mêlent également, c’est cela véritablement le social commerce et non pas les boutiques sur Facebook qui ont fleuri il y a 2 ou 3 ans et qui ont fait Pschitt!

Affaire à suivre donc…

Facebook Partner Categories

légende : cibler les clients sur la base de ce qu’ils achètent et non plus de ce qu’ils “likent” … (image marketingland)

Le produit anti-Yahoo! est enfin né – Business Insider

A l’Automne dernier, une source proche de Yahoo! nous a confié que Facebook était en train de travailler à un produit destiné à “nous [tuer]”.  Il nous disait :

“Il y a des rumeurs qui couvent à propos de la prochaine grosse opération qu’ils montent – un nouveau business qui viendrait concurrencer Yahoo! sur son produit publicitaire phare et qui nous tuerait”.

Ce produit est enfin arrivé. Il s’appelle “partner categories”. Il permet aux annonceurs Facebook d’afficher des bannières aux utilisateurs qui ont acheté, ou qui ont montré un intérêt prononcé pour l’achat, de catégories spécifiques de produits hors Internet : cela va des produits de grande consommation, aux voitures et au-delà. Ce nouveau produit Facebook est possible du fait d’un partenariat avec une entreprise appelée datalogix. Datalogix analyse l’utilisation des cartes de fidélité dans les magasins physiques.

Facebook est donc capable, et cela a un impact non négligeable sur la confidentialité des données personnelles, de dire qui a acheté environ 50 % de tous les produits de grande consommation vendus aux États-Unis.

Datalogix c’est aussi capable de suivre à la trace les gens qui ont donné des informations d’identification au vendeur à chaque fois qu’ils ont demandé des informations sur leurs produits.

via Yahoo-Killing Facebook Product Is Finally Here – Business Insider.

>> voir aussi l’aricle de Marketingland

Facebook innove (enfin) en publicité en suivant (encore plus) les consommateurs à la trace was last modified: janvier 16th, 2016 by Yann Gourvennec

débat au G9+ : les opérateurs télécoms sont-ils des « dinosaures » ?

« Banks are dinosaurs » est une citation, jamais prouvée, souvent citée, attribuée à Bill Gates dès 1994 comme en témoigne cet article, véritable reliquat du passé jurassique de l’Internet. Et il est vrai que Microsoft, et Quicken ont remplacé les banques … Euh ! Non, finalement, ce n’est pas ce qui est arrivé [petit divertissement : voir ici le projet de lancement de banque par Microsoft]. Et il est vrai que les  “pure players” de la banque, arrivés de façon tonitruante sur le marché au début des années 2000 ont remplacé les “dinosaures”, c’est bien connu aussi. Ah ! Non plus ? ! Banque directe a été rachetée il y a 100 ans par Axa, ING Direct (leader en France de la banque en ligne, c’est-à-dire pas leader de la banque tout court) n’est pas spécialement indépendante, Eggbank a été rachetée par Yorkshire Building Society (une banque provinciale traditionnelle du secteur du crédit immobilier donc plus dinosaure on meurt), Zebank a fait long feu, elle-même rachetée par Egg (UK), elle fut purement et simplement fermée en 2004. OK ! Il y a Bforbank (Credit Agricole, encore un “dinosaure”) et Boursorama banque … filiale de la Société Générale ! CQFD. Si tant est  qu’on décrive ce qu’est réellement un dinosaure, au-delà de l’effet comique.

Alors, que penser de ce débat au G9+ auquel je vous encourage d’aller, le 24 juin à 18h30 à la maison des arts et métiers avenue d’Iena à  Paris ? Certainement qu’il est intéressant et propre à susciter les réflexions.

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Digiworld Yearbook 2013

digiwordEn guise d’introduction, je propose que nous nous replongions dans la littérature (fraîche) du rapport Digiworld Yearbook 2013 de l’Idate qui vient de sortir, et qui dresse un panorama du secteur digital, avec un angle Telecom assez prononcé. Ce rapport est un classique de ce marché, et je ne saurais trop en conseiller une lecture approfondie. Alors, quels sont les enjeux dans les télécom aujourd’hui ?

  • Tout d’abord un environnement de crise, mais là, rien de nouveau sous le soleil, ce n’est pas particulier au secteur ;
  • Une errosion des valeurs (on l’a vécu en France récemment, mais dans la plupart des pays européens ce n’est pas nouveau ; en Allemagne, en 2012, 22% du marché des mobiles était déjà aux mains des MVNO; mais que dire du Danemark ou des Pays-Bas ou de l’Autriche et de la Suisse etc.) ;
  • Une montée en flèche des acteurs de l’Internet (voir ci-dessous, et aussi l’infographie complète  ici) alors que le marché du cœur du numérique (donc traditionnels comme les Telecom) sont plus à la peine : c’est surtout cela qui préoccupe le secteur, et sans doute ce qui doit justifier la bonne vieille analogie du “dinosaure” (on se demande bien ce que cela veut dire d’ailleurs, trop gros ou trop vieux?) …

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  • Doublée d’un jeu de Go avec  les nouveaux acteurs dits “OTT” (Over The Top). Over the Top, puisque c’est la signification de cet ATL (Acronyme en 3 Lettres ), ce sont les acteurs qui sont supposés créer la valeur au-dessus du réseau et non plus, comme cela était le cas par le passé (on pourrait débattre de cela d’ailleurs) via le réseau. On rappellera qu’en Anglais “Over The Top” se dit aussi de quelqu’un qui en fait un peu trop, un frimeur, en quelque sorte. Une expression fort intéressante issue … des tranchées de 1914. Les acteurs de l’Internet qui sont au top du hit parade de l’Idate sont-elles donc “absolutely over the top”? ;
  • Peut-être pas tant que ça. La vision de l’économie binaire, des perdants et des gagnants s’applique rarement. Car l’économie n’est pas un jeu à somme nulle. Même dans la photographie, symbole d’un secteur « désintermédié » où des géants du secteurs sont morts KO debout, voyez comment les acteurs traditionnels du secteur comme Nikon et Canon (et Minolta via Sony) ont bien résisté aux changements et même redéveloppé un nouveau business bien juteux, en rétablissant leur duopole leader. Certes, Ilford et Kodak font partie du passé. Mais il n’y pas de jeu à somme nulle où les sommes perdues par les autres = les sommes gagnées par les uns. C’est une vue idiote et simpliste de l’économie décriée par le Professeur Simonnot dans un livre fameux (Philippe Simonnot : 39 leçons d’économie contemporaine) ;
  • La preuve en image avec Vincent Bonneau de l’Idate :

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Plus d’infos sur le Yearbook 2013 via cette présentation :

Alors, Dinosaures ou non dinosaures ? Sauf à jouer à se faire peur, je ne vois pas de honte à faire du business avec des services d’infrastructure. D’ailleurs, certains acteurs de l’Internet y sont venus et avec brio, c’est quelque part la preuve qu’il y a de la valeur dans l’infrastructure, et pas une opposition, artificielle, entre ce qui serait SUR le réseau (ou le data center) et DANS le réseau (etc.). Sans infra, donc pas d’Internet. Sans FAI, pas d’OTT. Sans une technologie de rupture, qui permette de se passer de l’infrastructure actuelle ou en cours de construction, pas de dinosaures. C’est un peu comme les pneumatiques du début 1900 dont on peut encore admirer la vieille usine quai d’Ivry, à l’école d’architecture de Paris. Le télégramme et le téléphone ont tué le pneumatique. La technologie, supérieure, a permis de rendre obsolète le réseau de pneumatique. Aujourd’hui, je ne vois pas de technologie de rupture émerger. Le Wimax ? Non. Le roaming Wifi ? Non.

Je ne crois donc pas à un fatalisme du secteur des Telecom. Il y aura certes, à terme, comme dans la photo, les Kodak et les Nikon. La question n’est pas celle d’un jeu à somme nulle, mais d’une transformation industrielle, dans laquelle il y aura les bons et les mauvais.

Quelque part, j’ai la sensation que c’est la conclusion à laquelle arriveront peut-être les débateurs du G9+.

A vos souris !

Grand débat organisé par le G9+: Quel avenir à l’horizon 2020 pour les opérateurs télécoms? RV le 24 juin à 18h30

Cinq personnalités majeures du secteur apporteront leur propre vision sur les évolutions à venir : usages, technologie, valorisation financière, aspects économiques et politiques, …

Côté scène : augmentation des usages et débits, mobilité, objets intelligents/connectés, virtualisation (cloud), hébergement applicatif … , une profusion de nouvelles offres à donner le tournis. Côté coulisse : une concurrence féroce entre les opérateurs télécom et les acteurs venant du web, dont le marché mondialisé et les autorités de régulation sont les arbitres. Dans un tel contexte, combien d’acteurs subsisteront d’ici 5 ans et quels seront leurs positionnements, leurs stratégies industrielles et les chaines de valeurs associées ?

Tradition « sans langue de bois » oblige, le G9+ vous permettra d’interagir avec eux, de challenger leurs visions et de déceler des opportunités personnelles, professionnelles et business pour les 5 années à venir. A l’issue de la conférence, un cocktail permettra de prolonger les échanges avec les intervenants.

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Fleche titre Intervenants
François Artignan, Head of Media and Telecom Finance de BNP-Paribas

  • Thierry Bonhomme, Directeur Executive de FT – Orange
  • Philippe Distler, Membre du Collège de l’Arcep
  • John Stratton, President de Verizon Enterprise Solutions
  • Richard Viel, Directeur Général des Opérations Commerciales de Bouygues Telecom
  • Animation : Yves Gassot, Directeur Général de l’IDATE

Cet échange sera animé par l’un des meilleurs spécialistes du secteur : Yves Gassot, DG de l’IDATE.

Date
le lundi 24 juin 2013 à 18:30

Lieu
Maison des Arts & Métiers
Salle la rochefoucauld
9 Avenue d’Iéna, 75016 Paris

Retrouvez dès maintenant la vidéo d’introduction sur G9plus.TV et réagissez !

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débat au G9+ : les opérateurs télécoms sont-ils des « dinosaures » ? was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec