Tikimee réinvente la signature d’email pour les entreprises

les signatures email de Tikimee

J’ai reçu récemment mon ami Xavier Pawlik qui est venu expliquer l’évolution de sa start-up : Tikimee. J’ai trouvé intéressant de convier Xavier à venir expliquer son histoire chez Visionary Marketing pour deux raisons principales. La première, c’est que l’évolution de sa start-up elle-même, et le “ pivot” qu’il a réussi récemment. C’est à mon avis un bon exemple pour tous les start-uppers qui se demandent comment réaliser un pivot, ce qu’il faut faire ce qu’il ne faut pas faire. En l’occurrence, il était parti d’une idée, la carte de visite personnalisable pour les entreprises, et en développant son affaire, il s’est aperçu que les entreprises avaient un véritable besoin de signature électronique dans leurs emails, notamment de gestion de cette signature de façon centralisée. Une deuxième raison, c’est ce nouveau marché de la signature email, queTikimee est en train d’ouvrir, et que Xavier nous a décrit précisément cette interview. Alors voyons, comment votre marque elle aussi, peut améliorer sa présence de marque (pour ne pas dire “branding”) au travers de sa signature email.

Tikimee, du personal branding au corporate branding

L’idée était de créer un équivalent de about.me qui a émergé aux Etats Unis autour de 2010. L’idée est de permettre aux gens de faire leur « personal branding en ligne ». Cela s’adressait au départ aux individuels et aux professionnels indépendants, et un an après le démarrage, nous nous sommes aperçu que développer sa marque personnelle concerne finalement peu de personnes. Nous sommes donc entrés en contact avec des entreprises qui avaient des problématiques de développement de marques internes ou de marques individuelles pour lesquelles notre solution pouvait apporter une réponse tout à fait nouvelle.

Tikimee et ses signatures email - photo antimuseum
Légende : faire réussir une start-up dans le monde hyper rapide de l’Internet est aussi une question de temps et surtout … de timing ! (photo antimuseum.com)

D’un produit de personnal branding, vous vous êtes orienté vers la signature d’email. Pourquoi ?

Lorsque l’on s’intéresse à la marque diffusée au travers des entreprises, on s’aperçoit que bien des choses passent par les échanges interpersonnels, et entre entreprises, qu’on le veuille ou non, les échanges se résument principalement à l’envoi d’email. Les échanges sur les réseaux sociaux se développent, mais ils n’ont pas encore remplacé l’email. Nous pensons donc qu’enrichir la signature des collaborateurs est un excellent moyen de créer de la conversation et de diffuser à la fois la marque de l’individu et la marque de l’employeur.

Dans une entreprise, il y a autant de signatures qu’il y a d’individus…

On trouve tous les cas de figure. Certains ne font rien, d’autres mettent des bannières, il y a également des problématiques de cohérence, d’image… C’est quelque chose de très artisanal, même dans les grandes entreprises.

Dans une signature email, il était au début spécifié qu’il ne fallait pas mettre d’images… Peut-on le faire aujourd’hui ?

On peut, mais il faut faire attention, notamment avec les filtres automatiques anti-spam. Il y a une vraie technicité dans la construction de la signature email, qui est un HTML plus compliqué à réaliser aujourd’hui, car il y a des contraintes un peu plus fortes. Pour ce qui concerne les images, il faut éviter de les joindre directement dans l’email, mais plutôt faire des images distantes, ce qui n’alourdit pas les messages.

L’histoire du nouveau Tikimee a commencé avec les cabinets de consultants

Thalès avait une entité interne de conseil qui cherchait à gagner en visibilité auprès de ses propres clients. Ils ont eu l’idée de développer leur propre image à travers celle de leurs collaborateurs. Ils ont tout d’abord réfléchi à des cartes de visite enrichies, et de fil en aiguille sont arrivés à utiliser l’email et enrichir ce profil individuel pour cette entité.

Vous êtes ensuite passé à Capgemini

La problématique de Capgemini était de transformer son entreprise en ambassadeur du digital. Pour cela, nous avons créé pour eux une signature mail à l’aide de notre plateforme qui a été utilisée partout dans le monde par l’ensemble des VP et est encore utilisée aujourd’hui. Ce qui est intéressant, c’est de voir les différences culturelles. Cela a permis à Capgemini de faire une cartographie du niveau de maturité digitale de ses VP : ils ont à la fois découvert qu’il y avait des personnes qui généraient beaucoup d’interaction dans leur quotidien et d’autres un peu plus en retrait. C’était à la fois une prise de température et un moyen d’amener ses troupes à mieux communiquer.

Après Capgemini, avec qui avez-vous travaillé ?

L’étape suivante importante était Deloitte. Cela a commencé avec une entité interne innovante (comme pour Thalès) qui cherchait à créer de la visibilité à la fois en interne et en externe, puis Deloitte a décidé de le déployer sur l’ensemble de ses collaborateurs. Nous avons pris une dimension supplémentaire dans l’accompagnement des entreprise et la motorisation de leurs signatures email.

Finalement, votre succès a conduit au rachat de Tikimee…

Nous avons été racheté par une entreprise de communication dans le B2B, ce qui nous permet aujourd’hui de proposer non seulement un outil technologique, mais aussi un accompagnement de l’entreprise pour identifier le bon contenu à diffuser auprès de ses collaborateurs et aller jusqu’à aujourd’hui, par exemple pour Manpower à gérer de véritables campagnes de signature mail.

Comment fonctionne votre système de signature email ?

L’installation est extrêmement simple car on arrive à tout automatiser à l’aide notamment d’un plugin sur Outlook ou sur Gmail. On définit en ligne les contenus et le format de la signature et en installant le plugin sur chaque poste qui peut être télédistribué sur de grosses organisations du jour au lendemain.

On peut ainsi lancer des campagnes…

Absolument. Et ce qui est très particulier dans un contexte d’entreprise c’est que l’on va passer d’une signature unique à un ensemble de signatures en fonction de la région (contenu localisé) et de la position dans l’entreprise pour que chaque entité communique en fonction de son audience. Cela donne à l’entreprise la capacité à adresser le bon message à la bonne population.

Quel est l’avenir de Tikimee ?

Aujourd’hui, nous investissons dans une plateforme de BI (business intelligence) dans laquelle nous sommes en train d’analyser toutes ces données que l’on collecte pour les entreprises et on cartographie ainsi ce qui se passe à travers les emails de leurs collaborateurs. Par exemple, on donne une information toute simple aux entreprises que celles-ci n’ont pas : la part d’emails internes et externes, et ce que cela génère comme consultation de contenu. On s’aperçoit que certains contenus portent la valeur de l’entreprise, en particulier des films ou des vidéos. Il y a un effet à la fois vers l’interne et vers l’externe qui est extrêmement intéressant pour le marketing, la communication et les RH.

Quid de l’international ?

C’est dans nos projets. Nous avons déjà des clients qui ont une portée internationale comme Capgemini. Plus concrètement, nous accentuerons ce déploiement en 2015. Nous sommes aujourd’hui dans des business qui peuvent s’opérer partout dans le monde et nous n’avons pas l’intention de nous arrêter en si bon chemin.

Tikimee réinvente la signature d’email pour les entreprises was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Pour réussir sur le Web il faut se hâter lentement

Web Le Web est une source inextinguible de contradictions. Certes, il s’agit d’un domaine où la rapidité d’exécution est clé (en anglais on employait aux début du Web l’expression « the land of the swift » pour le désigner, ce qui signifie à peu près « le pays des gens qui vont vite »). Et pourtant, comme dans le domaine de l’innovation en général, il faut savoir, comme l‘Empereur Auguste fidèle à sa maxime, se hâter lentement (« Festina lente »). Car plus on a l’impression que les choses vont vite, plus faut s’inscrire dans la durée.

Prenons les blogueurs par exemple. Le taux de mortalité de ceux-ci est incroyablement élevé. Prenez n’importe quel sujet, et vous verrez que les blogueurs d’un domaine se sont renouvelés au moins cinq ou six fois dans les 10 dernières années. Or, la qualité d’un référencement, les véritables résultats et le retour sur investissement d’une stratégie de contenus se fait dans la durée. Quand j’ai créé visionarymarketing.com il y a 20 ans je savais probablement pas ce que j’avais en faire aujourd’hui (je décris cette période brièvement dans l’interview). Toutefois, si mon business arrive à décoller aujourd’hui et si je reçois des sollicitations de l’extérieur, spontanées , de la part de clients ou de clients potentiels, c’est aussi et surtout parce que depuis tout ce temps, j’ai réussi à créer un corpus de contenu cohérent et ai été constant dans l’effort d’écriture et de création de contenus. Il y a tendance à croire que l’Internet est un domaine d’immédiateté, et que l’on obtient des résultats aussi immédiatement ; et que surtout ceux-ci sont constants dans le temps. Il n’en est rien et ceci est à l’origine d’ailleurs des malentendus qui se traduisent par des stratégies d’acquisition massives à court terme par les marques, comme le témoigne cet exemple graphique pris d’une grande marque que nous ne citerons pas. Je renvoie d’ailleurs à cette présentation que j’ai effectuée la semaine dernière pour le compte de stratégie et qui est intitulée : « oubliez le message et pensez au partage !»

Je vous laisse découvrir l’interview podcaster de Jérôme de Beauvoir ci-après.

Dans ce septième épisode,  je vous propose un échange avec Yann Gourvennec, CEO de Visionary Marketing, l’agence digitale qui accompagne ses clients depuis l’influence jusqu’à la performance. Vous pouvez lire la transcription des premières minutes ci-dessous, l’écouter ici ou vous y abonner depuis Itunes.

Dans ce podcast, vous trouverez notamment le point de vue de Yann à propos de :

  • le long terme à l’heure de Twitter
  • la transformation digitale
  • IRL or nor not IRL ?
  • Influence et performance
  • holacratie et compétence

JB : Yann Gourvennec bonjour, merci d’être avec moi pour ce nouvel épisode du Socialcast. Vous êtes passé de « intra-preneur » chez Orange à entrepreneur en tant que CEO de l’agence de Visionary Marketing.

YG : Oui, je suis allé chercher le mot très loin par ce que j’ai créé Visionary Marketing il y a 20 ans.

JB : Ce nom, que vous n’avez pas choisi par hasard, fait évidemment référence au long terme. Est-ce que le long terme, à l’heure de Twitter, ça n’est pas plus les important que jamais ?

YG : Plus ça va vite, et plus il faut aller lentement. Le Web, et c’est le paradoxe, ça va très très vite, et en même temps, ça va très lentement. Quelqu’un me faisait la remarque il y a quelques jours en me disant « comment ça se fait qu’au XXIe siècle il faille toujours 10 à 15 ans pour qu’une technologie soit adoptée par le public… pour peu qu’elle le soit ? ». Et bien c’est tout bêtement parce qu’il faut 10 à 15 ans pour qu’une technologie s’instaure et trouve son public.

via En altitude avec Yann Gourvennec de Visionary Marketing.

 

Pour réussir sur le Web il faut se hâter lentement was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Médias sociaux et B2B : une histoire d’amour ?

Voilà un événement qui va plaire à mes lecteurs de Visionary Marketing !

EVÉNEMENT – INNOVATION FACTORY

Animée par Hervé Kabla, serial-best seller (« La communication digitale expliquée à mon boss », en tête des ventes B2B), cette table ronde va faire… le tour d’une question que beaucoup de marketers business to business se posent: les medias sociaux peuvent-ils me rapporter du business?

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Evènement - Innovation Factory, le 4/12 à Paris: Média sociaux et B2B, une histoire d'amour ?LE 4/12 À PARIS: MÉDIA SOCIAUX ET B2B, UNE HISTOIRE D’AMOUR ?

Jeudi 4 décembre 2014 de 18:00 à 19:30
Avec Hervé Gonay (Getplus) et Aurélien Blaha (Dassault Systèmes).
Campus Cluster Paris Innovation 59 Rue Nationale – 75013 Paris

« Qu’il s’agisse de produire du contenu, de gérer sa réputation, de qualifier des leads ou d’animer des communautés, les médias sociaux offrent une liberté d’action et une puissance de feu exceptionnelles en B2B, dans tous les secteurs de l’économie … mais finalement encore peu exploitée pour cause de frilosité des entreprises. Et s’il était temps de réconcilier B2B et médias sociaux pour éviter de passer à côté de nouvelles sources de business ? »

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Médias sociaux et B2B : une histoire d’amour ? was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Le vrai-faux de la mondialisation du Web

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En matière de mondialisation, les poncifs sont nombreux. À commencer, celui qui voudrait que les Français sont nuls et incapables de comprendre les langues et les cultures. J’ai eu la chance de visiter Datawords à Levallois-Perret le mois dernier, en compagnie de son cofondateur Alexandre Crazover (lui-même parlant chinois couramment et ayant vécu en Asie). J’ai rencontré Alexandre (photo ci-dessous) pour la première fois lors de la conférence e-commerce Monaco one to one au début de cette année, et nous sommes restés en contact. J’ai été conquis par l’enthousiasme d’Alexandre, enthousiasme d’entrepreneur, mais pas seulement. Celui-ci est aussi le produit d’une passion sans bornes pour le multiculturalisme, dont certes il a fait son métier, mais aussi sa ligne de conduite dans sa vie personnelle. J’aime cette façon de s’engager dans une éthique est une philosophie, et d’aller jusqu’au bout de la démarche, sans compromis. C’est que la conviction d’Alexandre, va complètement à contre-courant de ce que tout le monde pense du Web et de la mondialisation. Démonstration avec cette interview sous forme de vrai-faux de la mondialisation du Web.

Mondialisation du Web : parlons plutôt de “glocalisation” (global/local)

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Alexandre Crazover : appelez-le 柯胜愉

28-42-2014_07.42.52-CapturFilesLa tendance généralisée est de croire que, alors que l’union européenne vient de condamner Google pour abus de position dominante, l’ensemble du monde parle anglais, utilise les mêmes moteurs de recherche, les mêmes médias sociaux, et fabrique des sites Web exactement de la même façon. Et bien ce n’est pas vrai ! Et cela est même tellement faux qu’Alexandre Crazover et ses cofondateurs de Datawords ont voulu et pu le démontrer au travers de la création d’une société dédiée à l’internationalisation des sites Web et de leur déploiement dans le monde. Hélas, pour des raisons de confidentialité clients, je n’ai pas eu l’autorisation de prendre des photos chez Datawords. C’est bien dommage, car dans leurs superbes locaux de Levallois-Perret, on y découvre une foultitude de gens de toutes les nationalités, qui parlent toutes les langues et j’aurais bien aimé faire une sorte de micro trottoir sur les plateaux, tant cela est sympathique. Surtout, à l’heure où on outsource à l’autre bout du monde les actions qui peuvent être faites en France, Alexandre ses collègues ont démontré qu’on pouvait faire l’inverse, internationaliser le monde depuis la France, et aussi installer une entreprise française à l’autre bout du monde (pour autre raison que l’évasion fiscale) : aux États-Unis à Hong Kong et ailleurs. C’est une belle réussite qui a été d’ailleurs couronnée récemment (le 22 octobre) par un trophée de la French Tech, événement organisé par UBIFrance et auquel mon compère Hervé Kabla a dédié un compte rendu circonstancié.

Voyons maintenant avec Alexandre et cette interview vidéo prise sur le vif, le vrai et le faux de la mondialisation du Web :

1. Le Web est global

FAUX : On considère qu’il n’y a pas un Internet mais plutôt des Internet(s), que le Web est territorialisé et qu’il faut au contraire l’appréhender localement, le Web n’est pas global. Cette approche que l’on appelle l’e-multiculturalisme est à prendre en compte pour déployer, accélérer sa présence digitale dans le monde.

2. Des site comme Google, Amazon, Facebook, sont partout dominants …

FAUX : Même si Google est présent dans beaucoup de régions, il n’est pas présent majoritairement en Russie (Yandex), en Chine (Baidu), en Corée (Naver), au Japon (Yahoo) et même dans les régions où Google est présent, il ne l’est que localement. Il s’intègre dans la culture locale. Les requêtes des mots clés en Arabie Saoudite ou en Turquie ne se font pas en anglais. C’est cela l’e-multiculturalisme : c’est prendre en compte les spécificités locales et comprendre qu’internet n’est pas un ensemble uniforme.

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Le vrai-faux de la mondialisation du Web was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Internet et capitalisme : utopie et dystopie avec Rifkin et Attali au @G9plus

Luc Bretones pendant son introduction Hier soir, la conférence du G9+ était extraordinaire et nos félicitations vont aux organisateurs (et notamment nos amis d’Orange comme Luc Bretones, à gauche, photographié pendant son introduction). On est bien sortis du consensus pendant cette soirée et je ne serai pas en reste. Deux vues se sont en effet opposées hier, celle de Jeremy Rifkin, assez discutable, même si elle a amené sur la table des points de réflexion stimulants. Et l’autre, plus réaliste mais alarmiste, et donc peu enthousiasmante, avec Jacques Attali. Le mode d’interaction imposé par la distance (comme quoi la technologie ne peut pas tout faire, ce n’est pas nouveau) n’a pas permis les débats mais a rendu possible le développement de  deux visions du monde, l’une technoscientiste et l’autre technosceptique, qui nous font poser la question de savoir s’il y a de la place dans le monde pour autre chose que le yoyo entre utopie et dystopie. En un sens, un yoyo assez connu des observateurs du monde de l’innovation et des innovations technologiques en particulier. Une bien belle conférence en somme, dont voici mon compte rendu.

Internet va-t-il tuer le capitalisme ou est-il au contraire l’épitomé de sa formidable capacité d’assimilation ?

Ce qu’il y a de fantastique avec Internet, et cela fait 20 ans que ça dure, c’est qu’on n’hésite pas à aller d’un extrême à l’autre. D’une part les hippies de la Californie, libertaires et ouverts sur le monde, qui ont donné naissance au contenu généré par l’utilisateur, le web 2.0, le wiki, le crowdsourcing etc. Un monde de Bisounours où tout le monde aime tout le monde et le monde devient comme le dit Rifkin, un « village mondial où les habitants ont le sentiment d’appartenir au même village ». D’autre part, le capitalisme sauvage, où « le gagnant emporte tout » (« the Winner takes almost all » pour la version intégrale de Seth Godin) pour utiliser les mots de Jacques Attali ; si tant est qu’on pense que ces monopoles dont Internet serait le but ultime (Attali), seraient le seul fait de l’économie digitale (ce que les lecteurs de Visionary Marketing savent être faux). Entre les agneaux (les premiers) et les loups (les vilains capitalistes monopolistiques), au bord de la route, les philosophes goguenards, voire apôtres de l’apocalypse qui nous annoncent la fin du monde ou à tout le moins la fin de la démocratie, car elle « n’a pas su se globaliser, seul le marché l’a fait ».

Groundhog Day?

Le jour sans fin C’est qu’en fait on croirait revivre la nième rediffusion de cette émission intitulée « visions of heaven and Hell » – je vous l’accorde, il fallait se trouver à Londres à ce moment-là – de Channel Four en 1994 où se succédaient les personnalités (Esther Dyson, Faith Popcorn, Charles Handy, et bien d’autres encore). Qu’y voyait on ? D’un côté, les optimistes mettaient toute leur foi dans la technologie toute puissante qui allait régler tous les problèmes : hiérarchies pesantes, États pléthoriques, état écologique inquiétant (déjà), consommation, économie … L’Internet (que personne alors n’avait vraiment vu !) allait tout résoudre. Et de l’autre côté, les pessimistes qui voyaient le monde en noir, et le diable incarné dans cette révolution technologique qui allait tout tuer, la vie privée, la démocratie, la liberté … Bref, en somme, rien de nouveau depuis les Luddites du 19ème siècle, et depuis 25 ans on n’en finit pas de se poser les mêmes questions.

la digestion des technologies
La fameuse courbe de la digestion des technologies issue de notre premier ouvrage “les medias sociaux expliqués à mon boss”. Cette digestion des innovations amenées par Internet ressemble plus, 25 ans plus tard à une indigestion.

Et nous avons assisté à cette rediffusion hier. D’un côté une extrapolation bizarre et jamais étayée, noyée dans un galimatias faussement séduisant et fait d’ « évidences » sans preuves et de l’autre côté l’apocalypse du genre humain du fait de la technologie, qui serait même un jour à l’origine de la « résurgence du fascisme » (en substance, J Attali). C’est lui faire trop d’honneur. L’Internet des objets est un outil, ou une collection d’outils : de simples objets techniques (on parle abusivement de technologies). Qu’il ne convient ni de diaboliser ni de défier, mais d’essayer d’utiliser le moins bêtement possible (et Dieu sait que les hommes sont bêtes lorsqu’il s’agit d’utiliser la technologie).

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