à quoi servent (vraiment) les applications mobiles – petit déjeuner Skema (1/2)

imageLa semaine dernière, le club Solomo de Skema Business School (contacter Quentin ici) a organisé sa première réunion publique (thème : « Le mobile et les réseaux sociaux : quels outils, pour quels usages ? ») – devant un auditoire d’environ 40 personnes, rue du faubourg Saint-Honoré – qui est peut-être le point médian entre Paris et Nice, à condition de faire un effort d’imagination. Les participants ont eu droit à 3 présentations lors de cette conférence : d’une part Bruno Vercelli de Sentinelo, Président des anciens élèves de Skema, a parlé des applications mobiles ; Antoine Spadoni, fondateur de socialshaker, a ensuite dressé un panorama complet des médias sociaux, chiffres à l’appui, et enfin, je me suis livré un exercice de stratégie associée à la marque, avec la nouvelle version (française) entièrement revue de ma présentation « médias sociaux : quels outils pour quels messages ? ». Voici les points qu’il fallait retenir de cette conférence, en 2 parties, en commençant par la présentation de Bruno :

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[Antoine Spadoni (à gauche) et Bruno Vercelli (au fond à droite derrière la foule)]

Bruno Vercelli : état des lieux des applications mobiles

Bruno a commencé sa présentation en expliquant l’état des lieux du paysage mobile: il ne s’agit pas d’un épiphénomène : 20 millions de Smartphones existent en 2012, 40 millions seront disponibles en 2014, en France uniquement. Ce n’est plus non plus un phénomène de geeks et de jeunes, car la barre des 50 % de possesseurs de Smartphones a été franchie. Il y a, selon Bruno, un parallèle à faire entre applis mobiles et début du Web. « Au début, il fallait avoir une application parce que c’était à la mode, mais c’est devenu cher, et il fallait savoir également ce qu’on voulait en faire ! ».

Avant toute chose, il faut noter que les applis mobiles ne sont pas que pour les Pure Players a précisé Bruno dans son introduction. Les entreprises à forte notoriété les utilisent aussi pour fidéliser, également pour le multicanal, ainsi que pour localiser leurs magasins.

Les market stores : un problème d’œuf et de poule

Il n’est cependant pas toujours facile de se faire entendre sur ce marché dominé par deux acteurs (IOS d’Apple et Android de Google). L’arrivée des nouveaux entrants (BB10 et Windows Phone 8) pourrait ainsi changer la donne, sans compter les systèmes d’exploitation libres comme Firefox et Tizen qui sont soutenus par les opérateurs**. Mais en attendant, il faudra faire avec ces acteurs dominants… et probablement un troisième, Amazon, qui veut aussi sa part du gâteau.

** voir ici l’annonce récente de Telefonica, au Mobile World Congress

Le problème de base, pour le développeur d’application, c’est la notoriété : « comment être au top du référencement dans un market store qui contient plus de 800,000 applications ?  Le référencement naturel par mots-clés est restreint » a-t-il prévenu « et le référencement payant n’est pas possible ». « Le seul critère est le nombre de téléchargements » a-t-il poursuivi, ce qui finalement crée un joli cercle vicieux : si pour être beaucoup téléchargé, il faut être vu, et qu’on n’est vu que lorsqu’on a été beaucoup téléchargé, la boucle est bouclée.

D’ailleurs, les statistiques ne sont guère encourageantes. La durée de vie sur l’écran d’accueil (le « Springboard » dans le jargon, voir celui de l’iPhone à gauche) d’un utilisateur est de 3 mois (sans pour autant avoir été utilisée), et 93 % des applications ne sont utilisées qu’une seule fois conclue Bruno Vercelli.

Revenir aux fondamentaux du commerce

C’est là qu’il faut revenir aux fondamentaux : 73 % des recherches Web (pas seulement mobiles) sont locales (horaires, recherche de magasins etc.) indique Bruno (photo) et « 92 % du CA global du commerce en France est réalisé dans les magasins physiques, ceci malgré l’augmentation du commerce en ligne ».

C’est donc de cela qu’il faut s’occuper, en se dévouant au ROBO (« research online, buy offline » : recherche en ligne, achat en magasin) car « 70 % des chercheurs d’information sur le Web finissent par acheter en magasin ». BUT a même trouvé qu’un utilisateur pouvait aller chercher de l’information 8 à 10 fois avant de passer à l’acte, et c’est pour cela qu’ils ont décidé de se lancer dans le show-rooming, un nouveau concept où on accueille le client en magasin, avec un stock restreint, et où la commande se fait depuis le lieu d’achat, en ligne avec un conseiller, qui livre le client à domicile.

Pour ceux qui douteraient encore de l’importance de l’expérience client, Amazon vient de leur envoyer un message fort. Et pour en rajouter un peu, Le Monde de dimanche/lundi du 1er avril a décrit la crise actuelle du e-commerce qui a subit la crise de plein fouet, en même temps qu’il se développe (un paradoxe compréhensible car si le gâteau grandit, le nombre de bouches à nourrir aussi).

3 options

Comment donc les applications mobiles peuvent-elles soutenir les commerçants ? Il existe 3 façons de faire selon Bruno Vercelli :

  1. Le « Web to store » : c’est donner le choix aux clients d’aller chercher le produit en magasin (livraison en boutique, store locator, stocks en temps réel …) ;
  2. Le Couponing : « cela marche bien, mais s’adresse surtout aux chasseurs de promotions » selon Bruno ;
  3. Le « mobile to store » : dans ce cas, c’est l’application mobile qui a pour but de ramener le client dans le magasin, comme dans le cas de Sentinelo, dont Bruno est un des cofondateurs (voir ici une présentation d’une de ses présentations antérieures).

La conclusion, c’est que la tendance du commerce de demain, c’est la convergence, et non l’opposition entre commerçants en ligne et physiques (voir aussi ses autres exemples dans une présentation que j’ai faite récemment).

La suite avec la présentation d’Antoine Spadoni, sur l’état des lieux des médias sociaux (et la mienne) dans un article à paraître incessamment …

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à propos de l’événement Skema (par le bureau de Skema)

SKEMA Alumni a eu le plaisir d’accueillir près de quarante diplômés au petit-déjeuner/conférence du Club SOLOMO (Social Local Mobile) du 26 mars sur le thème : « Le mobile et les réseaux sociaux : quels outils, pour quels usages ? »

Le club SOLOMO a pour objet de réunir, d’échanger et de partager autour des nouvelles technologies, de la mobilité et des réseaux sociaux.

Communiquer via le mobile et les réseaux sociaux, pour quelle stratégie de communication opter et pour qui ? Quels outils choisir, pour quels messages ? Quel retour sur investissement est généré par ces nouveaux moyens de communication ?

  • Bruno VERCELLI (Vice-Président et Cofondateur de SENTINELO) a exposé l’importance du mobile dans notre société actuelle et l’intérêt de développer une application de géolocalisation des produits/services d’une entreprise. Ce concept répond à une attente du consommateur dont le comportement est d’acheter en magasin après une recherche online, appelé aussi « phénomène ROBO (Research Online Buy Offline) » ;
  • Antoine SPADONI (Fondateur et Dirigeant SocialShaker) a mis en évidence le panorama de réseaux sociaux à disposition des entreprises et a présenté les différents bénéfices des réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Google+,… ;
  • Yann GOURVENNEC (Président et co-fondateur de Media Aces, créateur de Visionarymarketing.com) est quant à lui intervenu sur le choix stratégique et le retour sur investissement de ces outils qui dépendent avant tout, du message souhaité et de la cible visée. Yann anime un blog et est également le co-auteur des livres « Les médias sociaux expliqués à mon boss » et « La communication digitale expliquée à mon boss » (ce dernier sort en juin 2013).

Les anciens de Skema Business School qui sont intéressés par les conférences du club Solomo sont priés de contacter Quentin Fontvielle directement.

à quoi servent (vraiment) les applications mobiles – petit déjeuner Skema (1/2) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

cashback : pourquoi Kraft n’a pas développé d’application mobile

kraft coupon mobileEn Angleterre, Kraft goûte à la promotion dématérialisée avec un produit de circonstance : la pâte à tartinée Philadelphia au chocolat Cadbury en s’invitant dans le smartphone des consommateurs grâce à l’application mobile Shopitize.
La première question qui se pose est de savoir pourquoi Kraft n’a pas choisi de développer sa propre application mobile ou de lier un partenariat avec une application mobile d’enseigne? Quelles comparaisons peut-on faire avec les solutions de dématérialisation des offres promotionnelles existant ailleurs? Pourquoi ne peut-on pas encore parler de Coupon Mobile? Autant de questions sur lesquelles cet article se propose d’apporter un éclairage.

App downloads are vanity, usage is sanity*

De la même manière que pour un produit, le succès d’une application mobile repose sur un savant équilibre de son Marketing Mix.

Si le nombre de téléchargements est un indicateur clé de performance, à lui seul il ne peut garantir la pérennité d’une application mobile qui elle repose sur les fonctionnalités et usages offerts à ses détenteurs.

Se fier uniquement au nombre de téléchargement d’une application mobile est donc pure vanité vs le nombre d’utilisateurs actifs …

Shopitize a connu une phase pilote de 3 mois sur iPhone et Androïd auprès de 15 000 consommateurs en Angleterre. Le taux de conversion annoncé est de 15 % avec près de 50 offres référencées sur la période. Aujourd’hui l’application mobile est disponible à tous les Anglais. Aucun indicateur n’a été communiqué concernant le nombre de vues / impressions des offres, ou le nombre moyen de participations par utilisateur. Or, l’un des principaux atouts de ce type d’application est de loin d’être un véritable média.

Le choix de Kraft peut donc s’expliquer – entre autre – par une économie de coûts de référencement d’une application et de recrutement d’utilisateurs …

Cinématique de l’offre

Le concept de Shopitize est celui du CashBack. Comme l’indique son claim ‘Shop – Snap – Save’**, l’application intègre la prise en photo du ticket de caisse, la preuve d’achat étant l’un des critères fondamentaux des offres promotionnelles – dématérialisées ou non.

Le remboursement du consommateur n’est cependant déclenché qu’à partir de 5 £ ce qui induit une participation à plusieurs offres de la part du consommateur.

Si la géolocalisation du point de vente où les produits porteurs des offres sont référencés est une fonctionnalité intégrée, Shopitize ne permets pas de créditer les offres de réductions sur une carte de fidélité de l’enseigne de son choix comme le fait Coupons.com aux Etats Unis ou Leclerc en France : cette mécanique porte le nom de Load to card mobile.

Shopitize

Digital Deals vs Coupon Mobile

Dans cette optique, peut-on parler de coupon mobile ? Shopitize propose des ‘deals’ et non des coupons de réduction : en effet, les offres référencées dans l’application ne sont pas porteuses de code barres, élément indispensable aux critères de validité d’un bon de réduction.

Vers le Marketing en temps réel ?

Si Shopitize permet de diffuser des offres au bon moment, au bon endroit et à la bonne personne, l’application n’est pas encore interfacée avec Passbook ce qui permettrait d’intégrer le geofencing ou déclenchement d’une offre à proximité du point de vente … Coupons.com aux EU le fait déjà …

Sources : MCDPromoaffinity

* Détournement d’une maxime utilisée en communication financière ‘Revenue is Vanity, Profit is Sanity, Cash is Reality’.

** Acheter, photographier, économiser

cashback : pourquoi Kraft n’a pas développé d’application mobile was last modified: mars 25th, 2013 by christelle

Crowdfunding : SticknFind lève 1 million de dollars sur Indiegogo – #mwc13

Cet article a été originellement publié sur Live.Orange.com lors d’un voyage de Presse réalisé la semaine dernière, dans le cadre du Mobile World Congress de Barcelone 2013

Non, vous ne rêvez pas ! Sticknfind a bien levé près d’ 1m de dollars en janvier 2013

Non vous ne rêvez pas ! La start-up sticknfind a réussi à lever près d’un million de dollars sur la plate-forme de Crowdfunding Indiegogo.

Et les fondateurs de Sticknfind ne sont pas des débutants non plus car ce sont des pionniers du Bluetooth depuis les années 2003 et 2004 et ils ont travaillé depuis ce temps-là avec l’industrie automobile et gagné bien des récompenses a déclaré Jimmy Buchheim dans son introduction hier. Lui et ses équipes ont également développé le projet Blutracker, capable de localiser différents objets dans un rayon de 2500 pieds (projet également financé au travers de Indiegogo : $180 500 ont été levés pour ce projet) de même que Masterplug, une prise intelligente qui mesure la consommation électrique et l’affiche dans la monnaie locale (environ $128 000 levés également sur Indiegogo). « Cette entreprise a fini par être très profitable » a précisé le fondateur de Sticknfind. Il a démarré la nouvelle structure en début décembre. « cela n’a pas été facile » a-t-il dit, mais il avait l’air vraiment très content du financement qu’il a réussi à obtenir de la plate-forme de Crowdfunding. En effet, je connais peu de gens qui ne s’en contenteraient pas !

Jimmy Buchheim, patron et fondateur de SticknFind montre le produit SticknFind

Pourquoi utiliser le Crowdfunding ?

« Le moyen apparemment le plus direct pour démarrer l’entreprise aurait été de concevoir notre produit, le mettre en production, puis d’en faire l’article et ensuite le vendre à un industriel. Mais cela ne nous a pas paru la solution la plus simple. C’est ainsi qu’on a décidé d’aller dans le sens du crowdfunding parce que les retours des utilisateurs sont quelquefois plus intéressants que ceux venant d’une entreprise » a déclaré M. Buchheim. Il a ajouté « les Industriels veulent souvent changer les produits pour les adapter à leurs propres besoins et pas ceux de leurs clients ; quant à faire entrer des fonds d’investissement, cela a pour résultat que trop de gens veulent donner leur avis et c’est comme cela que ça commence à aller mal ! ».

Alors, quelle est cette innovation que les utilisateurs ont jugée falloir 1 million de dollars ?

  1. Tout d’abord, c’est essentiellement une « fonction de géolocalisation exceptionnelle » pour reprendre les mots de Monsieur Buchheim. « Nous avons mis beaucoup de recherche-développement dans ce mécanisme de localisation » a-t-il ajouté. Ce que cela veut dire c’est que cela donne à l’utilisateur la possibilité de mesurer très précisément où se trouve un objet. « La résolution est extraordinaire, le système est capable de mesurer des distances très petites » ;
  2. Deuxièmement, la fonctionnalité d’alertage qui permet au sticker d’envoyer une notification si l’objet appairé apparaît dans le rayon d’action. Les utilisateurs reçoivent donc une alerte sur leur téléphone s’ils oublient l’objet concerné. Vous pouvez mettre ce sticker sur une caméra, vos clés de voiture etc. et vous pouvez même mesurer la température d’un objet (ce qui par exemple, pourrait vous éclairer sur le fait que l’objet est à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment).
  3. Troisièmement, une capacité de zoom exceptionnelle qui permet de trouver ses clés dans un rayon de 45 mètres ; SticknFind a été capable d’étendre cette capacité jusqu’à 90 mètres. Grâce aux retours de ses utilisateurs, ils ont été capables de produire trois prototypes avec des Industriels différents. « Ceci nous a pris beaucoup de temps de mise au point » a ajouté Jimmy Bouchheim, « car ces stickers sont faits de petits composants et requièrent un travail intense mais nous avons fini par identifier la bonne composition du mélange plastique notamment (c’est-à-dire ni trop rigide, ni trop caoutchouteux), ce qui permet d’obtenir une meilleure portée. »

Stick find va commencer à expédier son produit la semaine prochaine. L’entreprise a démarré la production dès le mois dernier, ce qui veut dire que qu’ils sont en avance sur leurs plans initiaux et le produit sera disponible dans les boutiques dès avril. Ceci est la première génération de ce produit, a poursuivi Jimmy Buchheim, « nous sommes en train de créer un nouveau marché et celui-ci va déclencher de nouvelles applications. Les consommateurs et les entreprises perdent beaucoup d’argent avec les objects qu’ils égarent ».

Quid de la génération de 2 ?

« Elle sera encore plus petite », a précisé Jimmy, « vous pourriez même mettre un sticker V2 sur votre brosse à dents ! » a-t-il ajouté en plaisantant. « Ceci est le véritable Internet des objets » a-t-il déclaré. Le prix pour 2 stickers est de $49 et $89 pour 4 et il sera également disponible en packs de 10. L’application sera gratuitement disponible sur Google Play et iTunes et fonctionnera également sur le BlackBerry Z10 (à compter d’avril). La batterie dure 2 ans, donc même pas besoin de la changer très souvent.

Un SDK gratuit sera mis à la disposition des développeurs.  Le SDK sera aussi disponible pour Mac OS X (dès mars) et Windows 8 (à partir d’avril).

Il existe aussi des applications industrielles de cette technologie, comme celle qui consiste à garder la trace d’un inventaire, car il est possible de faire fonctionner le système avec 100 et même 1000 objets qui peuvent être géolocalisés en même temps. Le système, puisqu’il utilise Bluetooth 4.0, marche avec les téléphones de dernière génération (iPhone 4S ou plus récents, Samsung Galaxy SIII etc.) mais aucun accessoire supplémentaire n’est requis pour faire le faire fonctionner. « La seule façon de faire durer la batterie pendant deux ans a été d’utiliser la nouvelle génération de Bluetooth, sinon elle n’aurait pas duré plus de quelques jours » a déclaré le patron de SticknFind. Quant à la sécurité, l’appairage est limité aux appareils qui sont placés dans un rayon d’1 m et « vous devez taper sur le sticker pour pouvoir l’activer, ce qui est plus sûr ».

Cette technologie est une réelle innovation et une des meilleures que j’aie vues dans ce salon; elle remplit un besoin, est disponible tout de suite, est à la fois simple et offre un véritable facteur différenciant. Pas étonnant donc qu’ils aient réussi à lever autant d’argent au travers de Indiegogo.

interview de jimmybuchheim
Crowdfunding : SticknFind lève 1 million de dollars sur Indiegogo – #mwc13 was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Ces Norvégiens qui BOOSTent la publicité mobile – #mwc13

innovationAu troisième jour de ma visite au Mobile World Congress de Barcelone, je me suis arrêté sur le stand de Boost Communications de façon à discuter avec des innovateurs de la première heure dans le marché du marketing mobile. Il est vrai que la publicité sur mobile est devenu le point focal de l’attention de beaucoup de marketeurs. Pourtant, on ne peut pas dire que nous avons été gâtés par les innovations dans ce domaine jusqu’ici. Tout ce que nous avons vu à ce jour sont de simples bannières vaguement adaptées aux écrans mobiles qui détournent l’attention des clients et les laissent partir une fois qu’ils ont cliqué dessus. Pourtant, de nouveaux modèles sont possibles et des outils existent, à l’instar de ce que fait Boost Communications, une entreprise norvégienne dont l’expansion sur le marché britannique est en cours. Voici mon rapport de mon entretien avec un des fondateurs de la société, Øystein Skiri (photo)

Oystein R. Skiri, CEO and co-founder of Boost Communications

le marketing mobile depuis … 2000 !

Boost Communications a été fondée il y a 13 ans et ses deux cofondateurs ont démarré tout de suite leur travail sur les mobiles, ce qui était très visionnaire. Leur idée était que « [ceux-ci] pouvaient utiliser ces appareils pour faire plus que passer des appels ». Ils ont été parmi les pionniers des solutions comme les SMS et les MMS dès 1999. Un contexte dont je me souviens très bien puisque j’étais également dans ce métier à l’époque. Aujourd’hui, « le monde a évolué vers le paysage des médias Paid/Earned/Owned, mais beaucoup de principes qui ont été édictés en cette période sont encore valides », a dit Øystein Skiri. « On peut en effet augmenter le taux de clic à l’intérieur des publicités et du marketing direct au travers de l’utilisation d’informations pertinentes, et du marketing de la permission » et, pour le dire franchement, au prix d’un meilleur respect des utilisateurs. Ceci est exactement ce sur quoi les fondateurs de Boost Communications ont commencé à travailler dès la fin des années 90.

Comme me le montre Øystein Skiri sur la photo ci-dessous, l’entreprise a commencé très tôt avec l’idée que les clients devaient donner leur consentement à propos des types d’informations qu’ils voulaient recevoir, avec quel degré de fréquence et quelle pertinence par rapport à leurs centres d’intérêt.

Permission Marketing, the 2001 way

[un des pionniers du marketing de la permission marketing – Skiri pointe du doigt un formulaire marketing orienté sur la permission client datant de 2001 ; Seth Godin peut être fier]

le démarchage marketing pas près de disparaître

Pourtant, même avec plus de respect du client, « la prospection marketing est loin de disparaître » pour reprendre les mots du fondateur de Boost. Le marketing doit évoluer, notamment sur le mobile où les taux de clics sur les bannières sont très inférieurs aux attentes du fait de l’usage abusif des bannières mobiles interruptives. « La consommation mobile a évolué » a ajouté Skiri : « Maintenant que tout le monde utilise des smartphones et des tablettes, et que nous pouvons faire du display sur ces appareils, du rich média et de la publicité les vidéos. Le problème est qu’avec ces bannières, quand l’utilisateur clique il est amené à quitter la page où il se trouve ; nous avons donc créé un mécanisme à l’intérieur de la bannière de façon à ce que celle-ci continue à capter l’attention du client. »

C’est particulièrement le sens dans lequel Boost Communications a innové en créant de nouvelles formes de bannières d’affichage différentes. « Les bannières de display ne marchent pas véritablement aujourd’hui. La publicité sur mobile a besoin de monter d’un cran au travers de la compréhension, de l’interprétation du contexte de lecture, de la localisation et de la compréhension des usages d’un client » Oystein Skiri a-t-il précisé.

Voici ce que j’ai vu en termes d’innovation dans le domaine de la bannière sur mobile sur le stand de Boost :

  • tout d’abord, un nouveau type de bannières qui tournent sur elles-mêmes. Au travers de cette « publicité tournante « le taux de clic peut être multiplié par sept » a déclaré Skiri. Bien sûr, la bannière réelle peut être plus petite que celle qui est affichée sur cette photo

Mobile banner ad innovation -1

[des bannières mobiles qui font tourner les taux de clic 7 fois !]

  • les deux exemples suivants sont des bannières interactives dans lesquelles les utilisateurs ne quittent pas l’écran mais interagissent à l’intérieur de la bannière directement, soit pour faire un jeu de grattage soit pour tirer un penalty sur l’écran. Bien que je n’aie pas pu obtenir de chiffres quant à l’augmentation des taux de clics avec ce genre de bannières, on peut imaginer aisément que les utilisateurs peuvent rester jouer sur leur écran de mobile plutôt que de quitter la page

Mobile banner ad innovation -2

[un jeu à gratter dans une bannière mobile qui capte l’attention de l’utilisateur]

Mobile banner ad innovation -3

[des bannières interactives qui permettent même de tirer (et de marquer) un pénalty !]

  • Boost Communications est aussi à l’origine de l’application madmaker, un service logiciel en self-service pour produire des bannières et des pages d’atterrissage, principalement destiné aux petites et moyennes entreprises. L’application peut être utilisée telle quelle ou sous marque blanche. Les publicitaires et les agences adorent cette fonctionnalité et des clients finals du B2B peuvent également utiliser le logiciel directement. Cette technologie est très facile à mettre en œuvre, elle produit des pages d’atterrissage sur mobile en formats responsive design qui sont disponibles pour tous les types d’écrans. Un partenariat avec le Google Ad network sera disponible à court terme ajouta Skiri.

Madmaker.com (alpha V2) interface

[écran de madmaker : un outil pour fabriquer soi-même ses campagnes marketing mobiles]

Boost Communications emploie 55 personnes et est basée à Oslo, Trondheim, Londres, Dubai et Johannesburg. Elle fut fondée avec des capitaux norvégiens, et l’année dernière, elle are reçu un financement supplémentaire de 25 millions de couronnes norvégiennes. Leur objectif est désormais d’attirer l’attention de nouveaux projets, dans d’autres pays et notamment sur les marchés en forte croissance.

Ces Norvégiens qui BOOSTent la publicité mobile – #mwc13 was last modified: mars 5th, 2013 by Yann Gourvennec

Unitag : une start-up toulousaine à l’assaut du monde – #mw13

Hier, c’est un peu par hasard que je suis tombé sur Unitag, un service que j’utilise régulièrement pour fabriquer des QR codes personnalisés, et dont j’ai découvert avec plaisir qu’il s’agissait d’une société toulousaine, hébergée sur le Mobile World Congress par le pavillon de la France. Le système Unitag permet de fabriquer des QR codes de toutes sortes, personnalisés, jusqu’à la haute résolution qui permet notamment les impressions de grande taille.

[Benoît Reulieu (CMO) et Simon Ternoir (CIO) de la société Unitag]

En un an d’existence à peine, la société a réussi à intéresser 700 clients, car il s’agit essentiellement d’un service qui s’adresse aux entreprises, même s’il est disponible pour tous de façon gratuite, selon le principe consacré du freemium.

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Cette version gratuite a déjà accueilli environ 100,000 visites par mois, environ la moitié de Français et la moitié d’internationaux. Le référencement naturel du service est déjà très bon sur Google France (c’est d’ailleurs comme ça que je l’ai trouvé) l’objectif désormais pour Unitag étant de conquérir le monde.

La société a été créée en avril 2011 à Toulouse, et a finalement très peu de concurrents, car il n’existe que trois ou quatre acteurs dans le monde sur ce sujet selon les fondateurs. Un bon nombre de ces services de génération de QR codes sont d’ailleurs français comme les sociétés mobiletag et mobilead.

Unitag propose non seulement des QR codes mais aussi un générateur d’applications qui permet de créer soi-même son site mobile en un clic. Le premier site est gratuit, toujours cette même technique du freemium, puis au delà cela devient payant avec des packs par 2 par 5 et par 10 pour un maximum de €300. Ces sites, en responsive design, basé sur une technologie propriétaire permettent à un client, par exemple un musée, de créer une véritable application mobile à partir des QR codes ainsi générés.

Difficile de donner un chiffre exact, mais selon les fondateurs de la société, plus d’un million de codes personnalisés aurait été généré depuis un an.

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Unitag travaille également avec France Télévision dans le cadre de l’émission de Julien Courbet où la chaîne propose des QR codes qui permettent de jouer pour gagner des prix en scannant directement le code depuis son téléviseur. Le client entreprise paie ainsi pour générer plusieurs milliers de QR codes. Cette génération en masse est faite de façon automatique en partant d’un fichier Excel fourni par le client.

Cette solution permet également aux entreprises de faire imprimer en masse des cartes de visite pour tout leur personnel avec des QR codes personnalisés pour chacun de leurs employés.

Unitag compte déjà Michelin, Sephora et Publicis parmi ses clients.

Unitag : une start-up toulousaine à l’assaut du monde – #mw13 was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec