Slideshark : outil professionnel de présentation pour iPad – appli du jour

tablet-largePoursuivons notre quête des applications iPad de référence (cf. notre précédent article sur Cloudon) avec Slideshark : application indispensable pour quiconque fait des présentations sur projecteur … donc tout le monde ou presque. (NB : cette application n’est pas à ma connaissance disponible sur Google Play).

SlideShark1. La première étape consiste à sauvegarder vos fichiers (format PPT/x jusque 500MB) préalablement avec un des services de stockage proposés : Box, Dropbox, Google Drive, Syncplicity, Skydrive et Sharefile. J’utilise beaucoup de ces services, mon préféré étant Skydrive, car étant un adopteur précoce de la solution de Microsoft, j’ai droit à 25GB de stockage gratuit … cela ne se refuse pas.

2. La deuxième étape est assez évidente dans la continuité de ce qui précède, il s’agit de choisir un répertoire sur votre espace de stockage et de sélectionner la présentation qui vous intéresse. Prenons ici la présentation sur la curation faite dans le cadre de la conférence Scoop.it de Mines Paritech en Juin, que j’ai effectivement réalisée via Slideshark.

3. Dans la troisième étape l’application va télécharger la présentation en question, en la répliquant sur votre iPad. Comme cela prend un certain temps, je conseille de réaliser cette étape en amont de votre présentation, au cas notamment où vous ne disposeriez pas d’accès Wifi dans la salle de présentation. Mieux vaut prendre ses précautions.

4. Avec la quatrième étape, votre présentation est téléchargée et vous pouvez la commencer où vous voulez. Une des particularités de Slideshark est que les animations sont préservées. Vous pouvez donc retrouver toutes les fonctions de Powerpoint player sur la tablette sans transporter le gros PC ou le Mac. Par contre, je vous recommande de faire attention aux typos exotiques, qui sont encore mal gérées. Si j’ai une jolie typo non compatible, je la transforme en graphique et je la colle en bitmap dans ma présentation.

5. Cinquième étape, vous pouvez dérouler votre présentation avec le timer, par planche et dans l’ensemble de la présentation …

… avec affichage des notes si vous en avez : là, c’est carrément le luxe, vous pouvez abandonner le papier. Faites juste attention à la taille de vos notes, ce que je n’ai à l’évidence pas fait dans l’exemple ci-dessous.

6. Sixième étape, vous pouvez cacher ou réordonner certaines planches. Cette fonctionnalité est très utile et j’y recours souvent quand je dois adapter ma présentation à la dernière minute – souvent car j’ai entendu une remarque et je décide de réordonner mes planches pour rendre  mon discours plus pertinent.

7. Septième étape : vous pouvez aussi coupler votre iPhone avec Slidehark pour le transformer en télécommande ! Voici une fonction bluffante … sauf pour ceux qui, comme moi, se sont fait voler leur iPhone.

8. Huitième étape : vous pouvez aussi inviter un client à rejoindre votre présentation en réalisant une webconférence (broadcast). Vous pourrez ainsi envoyer un lien par email et votre interlocuteur suivra la présentation en temps réel …

… voici l’explication en graphique …

… le participant se connecte en cliquant sur le lien de l’invitation (un lein raccourci) et il rentre ses coordonnées :

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… il est inscrit, il n’y a plus qu’à attendre que la conférence commence …

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… et voici ! vous pouvez parler, votre client voit votre présentation.

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Une fois terminée, Slideshark vous envoie un tableau de bord de votre broadcast avec le temps écoulé, planche par planche et la liste des participants avec leurs noms et adresses Web.

Les prix

Slideshark est gratuit jusqu’à 100MB ce qui vous permet de stocker largement 4 à 5 présentations de belle taille. Ceci étant, si vous voulez être tranquilles et ne pas avoir à nettoyer votre mémoire tous les 4 matins, je vous recommande d’acquérir la version PRO, qui coûte $84,99 (soit environ €65) [rectification du 04/09 15:22 : PH Brunet nous indique que le prix européen est similaire en euros au prix américain]

Ceci vous donnera droit à

  1. 1GB de stockage ;
  2. notifications et suivi des présentations en ligne (un peu nébuleux pour moi ce point là …) ;
  3. upgrade de la fonction Web conférence jusque 10 utilisateurs (la moyenne des Web conférences est de 2.5 environ)

Conclusion

Slideshark fait à mon avis, partie de ces applications indispensables dont je ne me séparerais pas et dont le coût annuel modeste est largement rentabilisé si vous le comparez à une souscription annuelle de Web conférence. Les fonctions sont basiques mais astucieuses et bien conçues. Le seul inconvénient est inhérent aux applications iPad / tablettes et à leur instabilité permanente, souvent corrigée dans l’instant avec une nouvelle version à télécharger. Un autre inconvénient est l’omission d’une version pour Google Play, même si le succès des tablettes Android est loin d’égaler celui des Smartphones.

Une version business pour équiper des flottes d’employés/commerciaux est également disponible, mais le pricing et les fonctionnalités sont plus opaques.

Retrouvez Slideshark sur Internet à l’adresse http://www.slideshark.com/

Slideshark : outil professionnel de présentation pour iPad – appli du jour was last modified: septembre 4th, 2013 by Yann Gourvennec

Une bureautique Microsoft gratuite dans votre tablette – appli du jour

imageProfitons des vacances qui commencent aujourd’hui, pour certains, pour nous divertir avec cette application de la semaine : cloudon. Tout au long du mois de juillet et je ferai quelques jours sur des applications que je te particulièrement sympathique ou qui ont changé ma façon de travailler, de me divertir, à moins que ce soient les 2 en même temps. Cette semaine, nous nous pencherons sur l’application cloudon, tellement extraordinaire, que je me demande encore comment ils font de l’argent. Est-ce un nouveau mystère de la nouvelle économie ?

Commençons par nous rendre sur le site de l’application, pour nous rendre compte qu’elle existe bien dans les versions Android et Apple. Après vérification vous pouvez la télécharger aussi bien sur votre iPad que votre iPhone.

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Étape numéro 1: après installation, ouvrez l’application. Il vous faudra d’abord paramétrer l’accès à vous espace disque en ligne habituel : 4 espaces sont mis à votre disposition, que vous pouvez cumuler en parallèle. Pour ma part, j’ai paramétré Google drive et Skydrive (de Microsoft, mon préféré, car étant un des premiers utilisateurs, je dispose de 25 Go gratuits). J’ai laissé Dropbox et box de côté pour l’instant mais je pourrais y revenir plus tard les rajouter quand je désirerais. Pour cela il suffit d’autoriser London à accéder à votre espace disque.

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Étape numéro 2 : après avoir sélectionné le disque en ligne correspondant (ici skydrive), l’arborescence de votre disque vous est ensuite présentée, vous pouvez afficher sous forme de liste ou d’icônes.

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Étape numéro 3 : après avoir changé l’affichage (option icônes) je sélectionne le répertoire où je stocke les brouillons de mon blog. Il s’appelle « blogposts »

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Étape numéro 4 : Je sélectionne l’article en format Word dont je vois qu’il a été modifié le 24 juin à 7h39.

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Étape numéro 5 : le fichier se télécharge depuis Internet, la fin de l’afficher, c’est l’image suivante, directement sur ma tablette dans une fenêtre Microsoft Word, un peu chose près identique à celles que j’ai sur mon PC (il s’agit d’une version simplifiée de la version 2010 de Microsoft Word, similaire à celle qu’on retrouve sur scannera lui-même. C’est d’ailleurs la seule faiblesse que je remarque dans cette application, à savoir la lenteur relative à télécharger le fichier à ce moment. Il est fort à parier que nous verrons une amélioration des performances sensibles d’ici les prochains mois si ce système perdure. On comprend aussi que nous sommes véritablement en voie vers un phénomène que j’ai décrit maintes fois sur ce blog, et qu’on appelle « ubiquitous computing » ou informatique omniprésente. Le maillon faible de la chaîne en est la connectivité, même si des progrès énormes ont été faits ces dernières années. Il faudra certainement encore 2 ou 3 ans, peut-être 5, pour avoir une connectivité sans couture, avec un confort d’utilisation similaire à celui dont je bénéficie derrière mon ordinateur au moment de la composition de cet article.

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Étape numéro 6 : je peux écrire directement dans le fichier qui est immédiatement modifiable ; pour le démontrer j’ai souligné un mot en appuyant longuement dessus, ce qui a fait apparaître le menu contextuel Microsoft que tout le monde connaît et qui équivaut au clic droit de la souris sur un ordinateur.

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Étape numéro 6 : je clique sur l’icône qui représente un compas en haut à droite de l’écran, ce qui ouvre un sous menu permettant de créer un nouveau fichier : soit un tableur (peut-être pas ce qu’il y a de plus facile à modifier sur une tablette), un fichier de traitement de texte Word, ou une présentation PowerPoint. Je choisis cette dernière …

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Étape numéro 7 : je donne un nom à ce nouveau fichier qui sera sauvegardé directement dans le répertoire de départ.

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Étape numéro 8 : s’ouvre ensuite un fichier vide PowerPoint que je vais pouvoir remplir exactement comme si j’étais sur mon ordinateur, avec cette version simplifiée de PowerPoint 2010. Simplifiée, mais quand même très complète, avec la gestion des modèles de base Microsoft. Pour créer une présentation dans un modèle personnalisé, je vous conseille d’utiliser une présentation que vous aurez préalablement chargée à vide sur votre ordinateur, afin de bénéficier de tous les modèles de pages. Ceci fait gagner beaucoup de temps et vous évite de bidouiller les modèles de pages sur la tablette, ce qui n’est pas très pratique. Vous pourrez donc ainsi vous limiter à ajouter du texte mais aussi des cliparts, et des images, des vidéos etc. Il est donc tout à fait possible de modifier une présentation PowerPoint et même de la créer directement depuis une tablette, puis de la récupérer ensuite sur un ordinateur afin de la finaliser, ou vice versa. Je rappelle qu’avec Skydrive, il n’y a pas non plus besoin de disposer d’une version locale de Microsoft PowerPoint, puisqu’elle existe en ligne. Personnellement, étant professeur et bénéficiant du tarif spécial enseignant, la possession d’une licence Microsoft locale, reste préférable, d’autant plus qu’elle ne coûte pas une somme extraordinaire.

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Au-delà du côté sympathique, pratique et surtout gratuit de cette application, on peut se poser plusieurs questions. D’une part, qu’elle va être le modèle de revenus de Microsoft dans ses prochaines années. On peut faire un pari, sur le fait que l’accès aux logiciels se fera de plus en plus dans le réseau, notamment à partir du moment où le défi de connectivité est réglé. Des lors, on se demande encore si le modèle de l’application à télécharger survivra très longtemps. Or c’est cela qui a fait vivre le géant du logiciel pendant toutes ces années. Par ailleurs, on peut se poser également la question du modèle économique de cloudon. On dehors de son éventuel rachat par Microsoft.

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Cloudon a, c’est bizarre, peu fait parler de lui, même si un grand nombre de téléchargements ont déjà été réalisés, force est de remarquer que le bruit médiatique autour de la société de Palo Alto est resté un peu coincé sur 2012. Gageons qu’ils n’en resteront pas là, et que les utilisateurs rattraperont le wagon un peu plus tard. Wired a fait remarquer que l’application avait ses limites notamment du fait du stockage des données sur le cloud, ce qui rendait l’affichage un peu ‘”trouble” mais utilisable quand-même. La remarque est valide, mais sur PowerPoint, on n’observe pas ce genre de problèmes.

Il y a bien quelques limites à l’utilisation pour ce qui concerne la diffusion et l’affichage de la présentation en public, mais dans ce cas, je vous recommanderai une autre application gratuite qui fonctionne de façon similaire, dans un prochain article. Comme le fait remarquer Wired, il est encore difficile d’utiliser ces applications de façon à créer une présentation de A à Z et l’utilisation de Cloudon est sans doute, pour aujourd’hui, limitée aux modifications mineures.

Gageons que les “visionnaires” auto-proclamés de Palo Alto n’en resteront pas là.

Une bureautique Microsoft gratuite dans votre tablette – appli du jour was last modified: juillet 1st, 2013 by Yann Gourvennec

Sam4mobile annonce (enfin) le véritable décollage de la pub mobile [startup de la semaine]

phone-largeLe marketing mobile, pour les lecteurs de Visionarymarketing.com, c’est déjà de la vieille histoire. Dès que les Smartphones sont nés (c’est à dire en 2003, et non ! Ce n’est pas Apple qui a inventé ça, loin de là**) on a commencé à en parler. Mais c’était très confidentiel … Sauf pour des pionniers comme Christophe Collet, fondateur de Sam4mobile, encore jeune et pourtant déjà vétéran de la discipline avec 10 ans dans le domaine, avec une entreprise qui s’appelle Adenyo. Alors on est passé du site Web au Wap (les ancêtres se souviennent des premiers sites Wap, rapides et peu conviviaux, ils nous ont cependant permis de naviguer en deplacement dès 2000), puis aux applications mobiles en attendant le responsive design qui va bientôt, via html5, mettre tout le monde d’accord et remettre les OS mobiles à leur place. 

légende : un marché ? une question de temps ! (photo antimuseum.com)

Christophe a donc « l’habitude de créer de l’audience, puis des outils pour monétiser cette audience » m’a-t-il confié en préambule de notre interview ; et je pense que cette interview va marquer dans le temps. Des entrepreneurs, on en croise ici à visionarymarketing.com, des jeunes et des vieux, des petits et des grands … Mais des visionnaires qui attendent en embuscade, tranquillement, sans s’affoler, alors que leur business model s’est déjà avéré en moins de 2 ans, que le marché grossit et qu’il l’ont préempté … c’est beaucoup plus rare.

Un marché se construit dans le temps

Car voici lecteurs, encore une preuve de ce que j’avançai il y a quelques semaines sur ces pages, innover prend du temps et requiert de la patience. Tout l’inverse de ce qu’on vous fait croire. Et innover demande du travail aussi !  C’est qu’il est rétif ce marché du marketing mobile. Et bien petit encore !

Voyez cet article de 2007 (ou encore celui-ci) où j’annonçais qu’il décollait enfin … 6 ans plus tard et quelques générations de téléphones plus loin, alors que la part de marché des Smartphones en France est arrivée quand même à 60%, le mobile ne représente que … 1.4% s investissements des annonceurs ! « Peut mieux faire » aurait dit mon vieux prof de maths.

Les perspectives

Et pourtant, il y a de l’avenir dans ce marché on s’en doute bien, et l’annonce des chiffres par Christophe m’ont fait pas mal réfléchir. C’est que déjà 8% de notre temps média est passé sur le Smartphones mais 20% en moyenne, plus aux USA, des visites Web parviennent des mobiles et tablettes !

Christophe Collet a donc tout prévu en cas de décollage. Il a créé SAM4mobile et a vite convaincu les grands annonceurs et les agences du bienfait de la mesure de l’efficacité publicitaire. Il est déjà sur le coup d’après… Et il prend même un coup d’avance avec l’attaque des marchés étrangers principaux (USA & RU). Anticipation, pensée globale, et essai-erreur et modestie (« on a développé notre produit et on s’est aperçu en « benchmarquant » la concurrence que les concurrents ne faisaient pas aussi bien » m’a-t-il confié), voilà bien les vraies recettes de l’innovation que chaque Startupper devrait entendre.

Place  à l’expert …

**Les premiers Smartphones commercialisés en 2009 étaient de la marque Qtek, ancien nom de HTC

Un vétéran du marketing du mobile

J’ai commencé dans le monde du mobile fin 2002 2003, j’ai à peu près fait tous les métiers du mobilier du marketing mobile. Depuis 10 ans, j’essaie de convaincre le marché les annonceurs que le mobile est le seul média personnel et le média de demain, il est important de toucher ces clients-là. Après 10 ans, ma chance, c’est que le mobile vient enfin à la mode.

Le vrai début du marketing mobile…

J’ai toujours dit que les médias mobiles suivaient le média Web 10 ans après. Le mobile a suivi la même transformation que l’ordinateur, qui au début ne servait qu’à faire du traitement de texte. Au début, le mobile servait à téléphoner, ensuite, il a bénéficié de plus en plus de fonctionnalités technologiques et notamment l’accès Internet. On peut accéder à Internet depuis un mobile depuis les débuts du WAP dans les années 2000, mais le vrai début du marketing mobile c’est l’arrivée de l’iPhone 3G, même pas du premier iPhone, c’est celui-là qui a fait comprendre aux gens qu’on pouvait accéder à Internet depuis un mobile. Du coup, cela a créé une audience et donc, il a été possible pour les annonceurs de toucher les consommateurs au plus près et de manière très personnelle. Le numéro mobile, c’est comme un numéro unique d’identification dans le monde qui permet de lancer la bonne offre au bon moment à la bonne personne.

Le paradoxe du marketing mobile

Un marché, ça prend du temps à se construire. Vous avez commencé à parler d’Internet à la fin des années 90 [NDLR : dès 1996 pour être précis] et pourtant, l’explosion d’Internet n’a eu lieu qu’après 2005, quand les gens ont commencé à acheter en ligne. Sur le mobile, c’est à peu près la même chose. Les médias sociaux, c’est arrivé sur le PC. Le mobile, c’est un nouveau média, de nouveaux formats ; c’est un média très hétérogène en termes de standards techniques. Pour construire une application, on va être obligé de la coder de plusieurs façons pour qu’elle soit présente sur les différentes plateformes, c’est un gros investissement pour les marques. C’est aussi un défi en termes d’expertise. Aujourd’hui, il y a peu d’experts sur le mobile et la façon de le traiter. Les parallèles qui sont faits pour dire que mobile = Web, sont faux. Il faut porter le contenu en fonction de l’environnement où on le consomme et comment le consomme. Il y a donc une certaine inertie sur ce marché, et les marques commencent seulement à construire ce contenu optimisé.

Windows ?

Microsoft a raté le mobile et les OS prépondérants sont l’OS Android (Google) et IOS (Apple). Après, bien évidemment, il y a du BlackBerry, et du Nokia, mais il y a la loi des 80/20 qui s’applique, et aujourd’hui, Android et IOS font 80 % du parc [NDLR: 90% aux USA selon Comscore cité par le JDNet de mars 2013], donc on obtient le « Reach » suffisant en développant uniquement ces 2 plates-formes. Est-ce que demain ce n’est pas le HTML5 et la 4G qui vont l’emporter ? Car on voit déjà aux USA que la consommation mobile se fait surtout via des sites optimisés [NDLR : en responsive design] alors que c’est exactement l’inverse en France.

Les interstitiels

C’est un format publicitaire, comme une pleine page dans un magazine. Quand vous vous connectez une application ou un site, vous récupérez immédiatement une publicité qui fait de la taille de l’écran. C’est là, pendant 34 secondes, vous pouvez le fermer ou au contraire engager avec la marque. Il est très répandu sommes.

La spécificité du mobile en matière de publicité

Aujourd’hui, il y a 2 caractéristiques de mobile :

  1. Il est utilisé à des moments d’attente ;
  2. on l’utilise pour se divertir, jouer, prendre de l’information rapidement.

Il faut donc capter l’attention du consommateur via du contenu créatif. La pire erreur serait d’adapter ce qu’on a fait pour les autres médias au mobile. Les gens veulent pouvoir interagir avec les publicités. Ce qu’on conseille aux marques, c’est donc de penser mobile. Il faut ensuite amener le consommateur interagir avec la marque. Il y avait une donc une réflexion autour du contenu à avoir. Et les campagnes qui marchent le mieux, sont celles pour lesquelles le format a été rapidement pensé pour le mobile, et pas les adaptations. De même, il faut créer un contenu de marque de produits à usage en mobilité.

Sam4mobile, un ad-server dédié au mobile

Je suis parti du constat que la consommation du média mobile représente 8 % de la totalité de la consommation médias d’un utilisateur ; mais seulement 1.4 % des investissements médias ! Pourquoi un tel écart ? Le premier frein a été que l’annonceur ne savait pas où allait l’argent. Si on ne peut pas mesurer l’efficacité de sa campagne mobile, ça ne donne pas envie d’investir !

Ce qu’on a fait, c’est qu’on a créé un produit pour les annonceurs et leurs agences médias, qui généralement pilotent les outils d’efficacité publicitaire des annonceurs, ce qui va leur permettre de :

  1. Mesurer l’efficacité de leurs campagnes : c’est-à-dire de vérifier que ce qu’ils ont acheté auprès des régies a été effectivement livré et ensuite de mesurer les clics, donc le véritable engagement le consommateur ;
  2. Puis de définir des coûts d’acquisition pour optimiser leurs investissements publicitaires et d’optimiser les budgets ;
  3. Et enfin de démontrer à l’annonceur que le mobile n’est pas qu’un média d’image pour les jeunes mais un média qui permet d’obtenir de véritables résultats.

Across both mobile web & apps

Sam a 80 % de parts de marché en France, qui reste cependant un petit marché, quelle est votre stratégie à l’international ?

Sam est jeune, la société a été créée début 2012, et on a réussi à convaincre les grandes agences médias de l’intérêt de ce produit, les annonceurs ont aussi été conquis.

Ensuite, on a fait un benchmark de la concurrence de manière défensive, et on s’est posé la question : « que vont faire les États-Unis, le Royaume-Uni etc. ? Comment on va se faire attaquer, comment on va se protéger ? » Et en faisant cette analyse concurrentielle, on a constaté que nos concurrents sont généralement issus du Web et se disait compatibles pour le mobile, mais qu’ils ne l’étaient pas.

Comme notre logiciel est assez facile et peu coûteux à déployer, on a décidé d’ouvrir dans les pays qui sont leaders en publicité : les États-Unis et l’Angleterre. Ce sont les pays moteur de cette activité pour le monde entier, et on a donc ouvert un bureau à New York et à Londres afin de convaincre les annonceurs locaux d’utiliser SAM. Les premiers retours sont très positifs, les agences sont habituées à contrôler l’efficacité de leurs investissements sur le Web et de n’ayant pas aujourd’hui d’outil pour le mobile, elles trouvent le discours et la technologie pertinents. Et aujourd’hui, elles nous testent, et si ces tests s’avèrent concluants, on est passera à l’étape d’après, et nous passerons des contrats avec les agences comme  Carat, Havas média, Vivaki (Publicis), Performix…

Le marché : 10 % des investissements médias en 2015 ?

Le marché français est petit et la part dédiée au mobile est de 1.4 % seulement de l’ensemble des budgets des marques, cela reste donc très petit. Il est environ 10 fois plus petit que le marché américain mais on espère que d’ici 2 à 3 ans le mobile représentera 8 à 10 % des investissements médias, c’est la grande tendance. Nous sommes spécialisés là-dedans, nous avons de bonnes chances de croître avec le marché.

Sam4mobile

Il y a 15 personnes dans l’équipe Sam4mobile dont 6 ingénieurs dédiés à la R&D, qui développent le produit et créent la fonctionnalité de demain. On crée de nouvelles fonctionnalités environ tous les mois. Ensuite, vous avez 6 personnes qui sont dédiées au support client et 3 personnes au commercial pour vendre le produit aux agences. Pour la première année, nous sommes rentables, nous avons amorti nos investissements. Nous avons fait environ 500 000 € de chiffre d’affaires la première année et sommes en voie de faire 4 fois plus cette année. Notre pari est de prendre des parts de marché et de bien servir les agences et annonceurs pour rendre transparent le média mobile et montrer son efficacité. On est bien placé quand les investisseurs investiront dans le mobile plus tard et on est persuadé que dans les 2 ou 3 ans qui viennent, le mobile aura pris une très belle part de l’investissement publicitaire de certaines marques.

Sam4mobile annonce (enfin) le véritable décollage de la pub mobile [startup de la semaine] was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Non ! Non ! Non ! Le Web social, n’est pas mort … Il s’est juste professionnalisé !

Si vous avez besoin d’une preuve de la concordance des temps entre l’éclatement de la bulle (2000 et 2001-2002 en France) et la période actuelle, période de professionnalisation du Web, il suffit de vous replacer dans le débat au travers des échanges de blogs avec mes amis Grégory Pouy et Hervé Kabla. Échanges d’ailleurs fort courtois et amicaux, tout n’est donc pas mort dans la sphère des « bisounours » 2.0. Alors, qu’en est-il vraiment ? Revenons, comme toujours avec froideur et recul sur les événements et leur interprétation… Et voyons pourquoi je pense que la conclusion qui voudrait que le Web social est mort est fausse. Avec en prime, une vidéo interview de Marilyne Lacaze à l’issue de la conférence.

Un seul être vous manque…

Partons de ce constat qui peut nous rassembler : si Facebook a dépassé le milliard d’utilisateurs vers la mi 2012, il est vrai que l’audience du plus gros de nos réseaux sociaux stagne. Un bref regard à Social Bakers montre que l’audience du réseau de Monsieur Zuckerberg est en effet restée à environ 1 milliard d’utilisateurs. Cela doit sans doute être très grave. Certes, Google+ annonce des chiffres mirobolants, mais chacun sait, sauf à être vraiment de mauvaise foi, qu’il ne s’y passe pas grand-chose. Les sources me disent même que les « rats » (les initiateurs du projet chez Google) auraient même déjà quitté ce navire. Facebook reste donc, qu’on le veuille ou non incontournable. Et si cela changeait ? Eh bien, nous passerions à l’outil suivant, cela ne serait pas la première fois.

[Facebook est-il devenu un désert ? …. hmmmm]

Revenons sur les notes de ce débat qui a eu lieu dans la première moitié d’avril au salon marketing direct, que j’ai animé comme tous les ans, et dont j’étais membre du comité de programme ; il s’intitulait « Facebook pour les marques, comment l’aborder ». Il regroupait un panel de qualité et les échanges étaient de très bon niveau, voire très techniques, signe, s’il en fallait, que la professionnalisation des médias sociaux est une réalité. Pour être tout à fait franc, je me demande même si la salle a vraiment tout compris tant c’était technique.

Voici les panélistes :

  • Marilyne Lacaze, directrice digitale du parc Astérix
  • Danielle Kindermans, Directeur des Opérations Digitales chez GRENADE & SPARKS
  • Laurent Michel, patron de Playapp
  • Benjamin Lemaire, responsable des médias sociaux de Gaumont Pathé

1. Le constat : on ne se pose plus la question

Premier tour de table : la question de savoir si on était présent sur Facebook ne se pose plus. Certes, il y a les « Loved brands » comme parc Astérix ou Gaumont Pathé qui sont un peu atypiques, mais Laurent Michel a aussi cité des clients comme la mutuelle des armées (UNEO) qui avait su aussi tirer parti du réseau. On passe donc à la question suivante…

2. Professionnalisation

Marilyne, a déclaré à juste titre « c’est hallucinant qu’on ne parle que de Facebook » car elle préfère parler de CRM et de « lever les barrières à l’entrée » grâce aux médias sociaux. La démarche se professionnalise, la « course aux fans » que nous avons très tôt décriée, est finie. Ouf ! Attachez vos ceintures. Gaumont approuve la même stratégie de Parc Astérix, car leur métier est de « vendre des billets » et non pas d’accumuler les fans sur Facebook. D’ailleurs Benjamin Lemaire fait remarquer que 250 000 fans, « c’est ridicule, mais il faut bien commencer quelque part », en faisant référence à la proportion de fans par rapport au nombre de clients. L’objectif n’est donc pas d’essayer de faire concurrence au commerce, mais bien « d’amener les clients dans les cinémas à partir des médias sociaux », même si au départ on parle à une petite proportion de gens.

Laurent Michel a ajouté qu’on peut intégrer Facebook à plein d’endroits : le nombre de fans est un chiffre concret pour se comparer aux autres certes, mais la bataille de Facebook en ce moment est sur le flux d’actualités des utilisateurs et non pas sur les pages des marques. il y a donc « une nouvelle stratégie à repenser » selon lui.

Damien insiste également sur Facebook comme plateforme technique, via opengraph2. La principale fonction de Facebook se reporte sur son Facebook connect et son login, qui lui est comptabilisé avec les statistiques de Facebook. Ceci permet de rebondir sur ses audiences et de profiter de leur capacité sociale ; sans être obnubilé par sa page fan.

3. Facebook fatigue … mon œil !

Benjamin Lemaire nous a rappelé que « on a tous le souvenir de MySpace ». La même chose peut arriver donc à Facebook. « Notre métier n’est pas de faire des médias sociaux mais de vendre des billets » a-t-il rappelé à juste titre. Il y a donc des gens qui risquent de quitter Facebook… Mais les internautes continueront d’initier des discussions !

clip_image002Marilyne a fait également allusion au fameux rapport montré par Grégory sur les digital détox (Dagobert) en montrant facétieusement une bouteille de boisson de régime ; mais elle a expliqué que c’était un peu « comme une crise d’adolescence ». Dans cette crise, on peut moins manger, « Maisonneuve passait de manger ». Il faut donc « revenir aux fondamentaux et « se poser la question de savoir ce que veulent les gens ». Damien Kindermans a précisé que le Web communautaire a existé avant (c’est un ancien de multimania il y a 14 ans, il sait de quoi il parle) et il existera après. Intégrer le communautaire dans le service ou le produit, c’est baser sa stratégie sur ses clients.

Damien cependant fait remarquer que pour la première fois, on avait des fermetures de comptes, et même qu’il y avait une sorte de paranoïa sécuritaire, relayée par les médias ; dans un sens c’est plutôt bon cela permet de d’éviter les excès.

Laurent Michel a fait quand même remarquer que 1 milliard d’utilisateurs sur 2 milliards d’internautes est peut-être le signe que l’on avait atteint un plateau et que cela était normal. Facebook représente encore selon lui environ 40 % du temps sur les smartphones (chiffre comscore), et Facebook est rapidement devenu le premier acteur de la publicité mobile (meilleure régie sur ce canal). Dans l’avenir, il est difficile de savoir ce qu’ils vont faire. Quant à Google +, Laurent insiste sur le fait que ces 500 millions d’utilisateurs, sont souvent poussés par Gmail.

Un exemple concret, il cite les pages du PSG, avec 2.8 millions de fans sur Facebook et à peine 220 000 sur Google+. 15 000 like sur Facebook sur le même poste, génèrent environ 87+ sur Google +. Fin de la démonstration.

Marilyne Lacaze a enfoncé le clou en disant que Google+ c’était « quasi rien du tout », et qu’elle préférait se focaliser sur des outils comme tripadvisor par exemple, très important dans le domaine du tourisme.

La question de la Facebook fatigue n’a donc pas soulevé de débat parmi nos professionnels, la question ne semble pas être là

4. Le mass social media ?

J’ai voulu amener le panel sur cette question de savoir si on n’était pas passé du social média, micro ciblé éthique et responsable, au mass social media, publicitaire et intrusif.

Marilyne fait remarquer que cela rejoignait la fameuse question du ROI que nous nous posons depuis de nombreuses années, et qui commence à trouver de véritables réponses aujourd’hui. Cette question trouve sa réponse dans la vente, mais aussi la collecte de données (au travers des jeux) mais aussi au travers de techniques publicitaires sophistiquées comme le RTB (vente de bannières en temps réel aux enchères) et des formes innovantes de publicité sociale.

Elle a fait remarquer que c’était même le sujet sur lequel elle investissait de plus en plus. Une proportion non négligeable de leur budget Google qui passe dans les médias sociaux, c’est un risque, mais qu’elle assume car le retour sur investissement et les impacts sur les fréquentations des visiteurs sont bons. Le parc Astérix se lance donc courageusement sur toutes les nouvelles formes de publicité en faisant baisser les publicités à la performance et en diminuant la pression publicitaire sur les clients. L’objectif c’est de faire de la publicité sociale en se basant sur la préférence des amis.

Les autres participants ont également acquiescé sur ce point en confirmant l’importance de la publicité sur le social. Laurent Michel, qui a commencé sur Facebook en 2009 fait également remarquer que les tarifs de la publicité sociale avaient bien augmenté depuis lors. Si en 2009, pour arriver à 2000 fans, un budget de 1000 € en Facebook ads était suffisant, en 2013 le dispositif se doit d’être beaucoup plus complexe, avec 20 % de ce budget sur la production de jeux et 80 % sur le média en achat d’espaces, et un coût final à l’arrivée qui se rapproche de 1€ par fan (l’exemple donné a été un fabricant de pneus, mais j’étais arrivé à la même conclusion sur d’autres secteurs).

Non ! Non ! Non ! Le Web social, n’est pas mort … Il s’est juste professionnalisé ! was last modified: septembre 7th, 2016 by Yann Gourvennec

Réflexions (à froid) sur la Fatigue Facebook et Facebook Home

“La chouette de Minerve* ne prend son envol qu’à la tombée de la nuit” Hegel

eye-largeIl est triste de voir qu’un vieil outil est en train de mourir, et quand cela arrive, une séquence nostalgie s’ouvre … En essayant de mettre un commentaire sur le blog de Gregory Pouy qui est un des survivants de Typepad (dont je fus client, ainsi que de Movable Type, d’où la séquence nostalgie), et n’y arrivant pas, je me suis résolu à ajouter ce commentaire sur mon propre blog. Car il est tentant de toujours réagir à chaud à l’actualité, même s’il est bénéfique de savoir se hâter lentement (Festina Lente puisque nous sommes dans les citations, d’Auguste cette fois-ci, par la bouche de Suetone).

Dans un article publié la semaine dernière au beau milieu de la folie Facebook Home – qui semble avoir été exterminée par l’affaire Cahuzac et achevée par la mort de Thatcher … Ah ! le temps médiatique ! – Gregory analyse lancement de cette nouvelle “page d’accueil” mobile en expliquant qu’elle se justifie par la “Facebook fatigue” (un thème mémétique). Or, j’ai écrit, il y a quelques mois, qu’il n’y avait pas de Facebook fatigue. J’ai donc dû me tromper.

à moins que …

Facebook.jpg

[image tirée du blog de la HBR – du 26 Février 2008, traitant de la Facebook Fatigue]

Facebook ou Social Media Fatigue ? …

Je suis partagé sur cette histoire de « Facebook fatigue ». Greg avance que la publicité en est la raison, mais si  nous devions jeter les services qui nous pourrissent de pub, on arrêterait immédiatement d’utiliser Google et Yahoo! mail pour commencer. OK, il y a une légère baisse d’utilisateurs Facebook (attention il y a des variations de mois en mois à cause des purges de faux comptes) mais je ne vois pas encore de challenger émerger. L’ouverture d’App.net s’est faite dans la discrétion la plus totale (on peut le déplorer, je le déplore moi-même), car l’investissement pour recréer un environnement de type Facebook sur un autre service est un fardeau trop lourd pour l’utilisateur… jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle révolution, ce qui finira bien par être le cas… un jour.

En attendant, ce n’est pas le cas … et Jérôme Tyerninck, fondateur de Smartrecruiters à San Francisco annonce fièrement déjà recevoir 40% de demandes via les médias sociaux. Dans cette passionnante interview (voir la fin de l’article), il explique aussi pourquoi c’est Facebook, et non LinkedIn, qui est considéré comme l’espace de vie des utilisateurs lambda… et pas seulement : c’est aussi le moyen de se connecter à tout et n’importe quoi. C’est l’effet plateforme, qui fait vraiment la force de Facebook. Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, et bien que je n’utilise pas beaucoup Facebook proprement dit, le Facebook connect est devenu mon Single Sign-on, à tel point que je suis connecté toute la journée via mon navigateur Firefox ! Alors, oui ! je passe moins de temps, voire pas du tout, sur mon mur, mais Facebook devient ma plateforme universelle. C’est imbattable (imaginez les données marketing et le chiffre d’affaires qui en découlera – je parle des données statistiques légales, et non des données personnelles).

Si la pub est la raison de la fatigue, Google+ va faire un carton … euh !

Tiens, prenons Google + – qui n’a pas de pub – ne fait pas vraiment flores et est un désert de partages (et encore, je l’utilise beaucoup, donc on ne peut pas m’accuser de mauvaise foi). Alors, peut-être devrions nous parler de Social Media Fatigue … Il est vrai que Brogan a déjà réglé son compte au Web social : qui est devenue “ch….t” selon lui.

En tout cas, que Facebook  devienne une plateforme de pub et cherche à dominer le monde (et Google) ne me surprend pas. C’est leur but. Et ils ont plutôt su jouer de la pression publicitaire pour générer 4 milliards $ en 2 ans, en partant de rien, sans trop perdre de monde. Finalement, ce n’est pas si mal, pour de la fatigue !

Mobile first : en avant toute !

Le vrai challenge en fait c’est que FB a la pression (boursière) pour devenir une « mobile first company » et qu’il fallait qu’ils frappent fort. Ils ont déjà amélioré leur app et ça ne suffit pas (en fait elle change tout le temps, ils ont compris le message). Alors ils ont fait un « coup » marketing en sortant du cadre et en proposant quelque chose qui n’est ni un OS ni une app, ni une Web app. Et Greg l’a dit : “l’annonce d’un Facebook Phone a fait courir les plus folles rumeurs”. Donc c’est plutôt réussi pour l’instant.

Les pays émergents sont-ils une cible possible pour Home ?

La question suivante, c’est est-ce que ça va marcher ? J’étais d’accord avec Gregory que – à première vue – le sweet spot serait plutôt les pays émergents où Facebook est considéré comme essentiel (et donc pourrait venir étouffer Android), si l’on en croit cette histoire de Facebook Fatigue, mais l’image de la HBR ci-dessus peut provoquer un tant soit peu de réflexion …

sauf que cette histoire de pays émergents ne tient pas vraiment …

Sur les marchés émergents, ce sont surtout les “feature phones” (téléphones classiques à touche) qui dominent ; pour des raisons économiques évidentes.  Le vrai challenge dans ces pays, c’est de passer au Smartphone, mais avec des matériels bien meilleur marché et avec – probablement – des OS ouverts de type Firefox, Tizen ou Ubuntu ou Sailfish ( voir mon rapport sur ZTE à Barcelone en Février). C’est clairement le marché pour ces téléphones là, bien que j’aie été très déçu (et surpris) de la faible réception de la conf de Presse de Firefox/Ubuntu/Sailfish où les présentations n’étaient d’ailleurs pas de qualité (trop tautologiques : on est open parce qu’il faut être open … c’est un peu faible). D’ailleurs, je n’ai pas couvert cette conférence de Presse, mais je vais peut-être y revenir maintenant que l’oiseau de Minerve etc. etc.

Il y a mieux … mais moins spectaculaire

Donc tout cela ne me paraît pas, finalement, illogique. Si je suis franchement sceptique sur le fait de prendre la main sur le Smartphone de l’utilisateur et d’essayer de lui aspirer tout son temps de surf, cela ne veut pas dire que l’objectif à court terme n’est pas atteint par Facebook. Au contraire. Et le temps médiatique étant ce qu’il est (1 à 2 semaines), nous aurons vite oublié … Pas sûr qu’on ait même encore l’occasion d’en parler dans notre livre qui sortira en Juin … d’ici là tout le monde aura zappé.

Il y avait sans doute d’autres manières de faire. Comme Rockmelt (hélas défunt sur PC) et Yoono (Firefox) qui permettent de maximiser la connexion Facebook, sans intrusion.

… mais cela aurait été beaucoup moins spectaculaire.

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à propos de Hegel

* en Allemand : “Die Eule der Minerva beginnt erst mit der einbrechenden Dämmerung ihren Flug” G F Hegel, Fondements de la philosophie du droit. La Chouette, emblème de Minerve (Athena chez les Grecs ) est l’oiseau de la sagesse. La phrase veut dire que ce n’est qu’avec le recul que l’on comprend l’histoire … une phrase que beaucoup de journalistes ont oublié de lire, hélas.

Réflexions (à froid) sur la Fatigue Facebook et Facebook Home was last modified: avril 9th, 2013 by Yann Gourvennec