Un guide en images de mon nouveau bureau portable, le Samsung Galaxy S4

mobile-large_thumb.gifJe vais bientôt me rendre au Gartner symposium à Barcelone, invité par Samsung à rejoindre une équipe de blogueurs, il semblait tout naturel que j’écrive un papier sur la façon dont j’utilise mon tout nouveau Samsung Galaxy S4, vite devenu un véritable bureau portable pour ce qui me concerne. Je n’en ai pas encore découvert toutes les possibilités, et mon terminal n’a pas été entièrement paramétré non plus, mais j’ai déjà trouvé un bon nombre d’applications et de fonctionnalités qui m’ont semblé intéressantes. Laissez-moi les partager avec vous ici en images :

1. Au premier chef, j’ai commencé par classer mes applications par catégorie. Juste en dessous de l’écran Google, une fonction de recherche sur l’ensemble du Smartphone qui est particulièrement utile, j’ai rangé mes applications liées à la photographie et à l’image (utiles pour les partages de photos et les illustrations de blog). La 2e page montre les applications les plus utilisées comme le mail, les espaces de stockage en ligne, les cartes, quelques journaux dont Le Monde et Flipboard. Les autres pages sont dédiées aux utilitaires et les applications plus personnelles. Je n’ai pas encore eu le temps d’installer toutes mes applis bancaires, mais la largeur de l’écran me permet le rajouter autant d’applicatifs que je désire.

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2. Evernote premium est probablement mon application favorite. Je l’utilise sur  tous mes terminaux. J’ai jusqu’à 242 notes en cours d’utilisation dans mon espaces de travail en ce moment, mais beaucoup d’autres notes ont été supprimés de façon à faire de la place. Evernote est une ses obligations que vous ne pouvez plus abandonner une fois vous l’avez essayée. Je l’utilise pour mettre à jour mes articles en déplacement, après les avoir dictés sur mon ordinateur avec dragon NaturallySpeaking (dont on trouve une version simplifiée sur Smartphone aussi).

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3. Une des applications les plus astucieuses pour les hommes d’affaires que j’ai trouvées sur Google play et que j’ai installée sur mon Samsung Galaxy S4 est le camcard business card reader Avec laquelle je peux lire n’importe quelle carte de visite, ou du moins la plupart, et la transformer en une véritable carte virtuelle pour ma liste de contacts Exchange.

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4. Dans mon travail, je dédie beaucoup de temps à la lecture, et notamment d’ouvrages économiques ou professionnels. J’achète mes livres chez Amazon et je les stocke sur l’application Kindle de mon S4. C’est très pratique, car l’écran est grand et très confortable, donc la lecture d’un livre – même de 500 pages – est tout à fait envisageable sur un Smartphone. Je passe mon temps à lire dans les transports en commun, le Smartphone permettant de lire même dans les trains bondés. Pour les fans d’économie, je recommande mass flourishing d’Edmund Phelps.

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5. En tant que professionnel du numérique, je passe énormément de temps à écrire dans WordPress. l’application WordPress pour Android rend cette tâche plus aisée pour les petites corrections et cela est très pratique de pouvoir effectuer un changements sur un blog en déplacement. Sur cette capture d’écran, je vous montre mon blog photo, mais bien-sûr j’écris surtout pour le marketing, la high tech et l’innovation et je participe ou gère un grand nombre de blogs.

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6. Le calendrier Samsung S planner est le calendrier par défaut fourni par le fabricant coréen de smartphones mais je le trouve fort bien fait, donc je l’ai adopté. On peut y mélanger 2 calendriers, ce qui est bon pour moi car j’ai un calendrier personnel (Gmail) et un calendrier professionnel (Exchange) et je ne veux pas mélanger les 2 sans pour autant rater les rendez-vous ! Les onglets sur la droite permettent l’accès aux différentes vues et notamment celle de la liste des tâches.

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7. J’ai découvert l’application de prise de notes Samsung S memo assez récemment (il faut dire que je n’ai mon nouveau téléphone que depuis 15 jours). Si vous avez un stylet, vous pourrez écrire à la main sur l’écran de votre smartphone et vous épargner des prises de tête avec un clavier logiciel capricieux. L’écriture manuscrite est une technologie imbattable !

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8. travailler avec des images fait partie de mon travail et n’est pas seulement un hobby. Une des choses que j’ai remarquées le plus vite sur mon nouveau Galaxy S4c’est le fait que mes albums Picasa sont accessibles directement depuis l’application “Gallery” y-compris les copies d’écran telles que celles que j’ai réalisées pour ce billet. Pour rendre ces images encore plus accessibles, j’ai synchronisé mon répertoire images avec dropbox. Ainsi je peux télécharger ces images très facilement, en me connectant via dropbox sur n’importe lequel de mes terminaux, sans même à avoir à télécharger ces photos manuellement.

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9. Dernier point et non des moindres, la possibilité de lire des pièces jointes directement, qu’elles soient des fichiers pdf ou Office, cela est très utile et fonctionne très bien. Cette fonction est à on avis indispensable pour le B2B.

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En conclusion, il y a peu de choses aujourd’hui que vous ne pourriez pas faire avec un smartphone comme le Galaxy S4. Je ne mentionne pas les paiements ni les accès par lecture de carte permis par la technologie NFC incluse sur ce terminal. Tout est possible. Combinez un véritable bureau mobile comme celui-ci avec des applications cloud computing et vous vous rapprochez chaque jour un peu plus du concept de Mark Weiser, intiulé “ubiquitous computing” (informatique omniprésente).

Un guide en images de mon nouveau bureau portable, le Samsung Galaxy S4 was last modified: novembre 5th, 2013 by Yann Gourvennec

Yves Tyrode : « notre appli mobile ne s’appelle pas voyages-SNCF.com, nous créerons peut-être une marque un jour ! »

SNCFLa deuxième présentation de la 4ème soirée Social Drink Up d’Adobe était celle d’Yves Tyrode, brillant comme à son habitude, mais qui n’était pas sans susciter quelques questions. La politique de voyages SNCF a pour de bon tourné le dos aux interrogations philosophiques sur le devenir du marketing mobile. C’est bien à une politique du tout mobilité qu’a converti l’opérateur e-commerce de la SNCF cet ancien responsable marketing d’un opérateur Télécom, (probablement pas une coïncidence). Et le succès est au rendez-vous. Les questions sont sans doute ailleurs qu’à la SNCF, dans la viabilité d’un projet tout mobile et tout appli dans un environnement plus concurrentiel et aussi moins e-commerce. Plongeons dans le détail de la présentation d’Yves Tyrode au 4ème social drink up d’Adobe :

Yves Tyrode, DG de voyages-SNCF.com, a « travaillé dans le mobile toute sa carrière avant d’arriver à la SNCF ». Voyages SNCF est une société à part de la SNCF qui cultive bien sa différence. Un des participants m’a même confié être un jour allé voir un prédécesseur d’Yves Tyrode et se voir déréférencer car « on ne peut pas travailler avec des fournisseurs du rail traditionnel ! » C’est tout dire. La filiale de la SNCF est composée de 1000 personnes avec 2 marques : « rail Europe » et « voyages SNCF » proprement dite. Son « volume d’affaires est de 4 milliards dont 400 M€ seront réalises hors de France cette année » a précisé Yves. « Le personnel vient du digital, et la moyenne d’âge est de 32 ans » a-t-il ajouté.

SNCF : Confessions d’un pionnier du marketing mobile

Pour en revenir au sujet de départ, Voyages SNCF a été pionnier dans le domaine du marketing mobile et « ça fait 3 ans [qu’ils ont] des applis mobiles et ça semble être une éternité » a déclaré Yves Tyrode. Il s’agit plus que d’une mode ou d’une simple phase dans les innovations du marketing de l’Internet, c’est le business de la SNCF et sa croissance qui en dépendent : « le mobile est clé c’est ce qui génère notre croissance en France, et si on n’avait pas fait le mobile en France on serait stagnants », même si des progrès sont encore affaire de ce côté ci de l’Atlantique où seulement 4 voyages sur 10 en Europe sont achetés sur Internet contre 6/10 aux USA.

Aller chercher clients sur leur téléphone

« On commence à avoir saturé nos cibles et c’est pour cela que le mobile nous a permis d’aller chercher les clients » poursuit Yves Tyrode, même si, comme mon directeur de collection me le soufflait tout bas pendant la conférence, la concurrence est faible, c’est un euphémisme.

Et pourtant, même dans ce domaine, la conquête est possible :  » on avait oublié les chiens et les cartes de réduction des militaires et ces populations sont devenues de fortes populations d’utilisateur » a précisé Yvestyrode, c’est grâce au mobile que l’opérateur de voyages a fidélisé ces clients, a priori gros utilisateurs de mobiles également.

Et si voyages SNCF créait une marque « V » ?

« L’appli ne se nomme pas voyages-SNCF.com ce n’est pas un hasard, ce sera peut être une autre marque un jour ! » A-t-il déclaré car on le voit, la filiale pousse très loin son esprit d’indépendance. Cette application est d’ailleurs un succès en nombre de téléchargements mais aussi de chiffre d’affaires, ce n’est pas un gadget mais une application critique : « 6,7 M de téléchargements, 162 M€ en 2012, et nous espérons en faire 400 M€ en 2013 » a précisé le DG de la filiale de la SNCF.

C’est que l’application a été conçue non pas comme un complément de l’achat mais comme un outil autonome, qui couvre l’ensemble de l’expérience client : « c’est un parcours d’achat complet, pas seulement un morceau du parcours qui se finit sur le web, et l’acte d’achat se passe sur les mobiles » précise Yves Tyrode. Et les actes d’achat sont nombreux et fréquents (un acte d’achat toutes les 2 ou 3 secondes)  avec une application comme celle-là, on est vraiment à la pointe du commerce en ligne, un passage que nombre de nos lecteurs chefs d’entreprise ne connaîtront que dans les 4, 5 ans qui viennent.

Comment ils en sont arrivés là

La première décision fut de créer une équipe dédiée avec un budget dédié avec interdiction d’être gênée ou de gêner le web. L’unique KPI qui a été retenu était le nombre de téléchargements. Même si cela peut paraître restrictif, c’est cédait à permis de se focaliser sur un seul objectif, la méthode n’est pas aussi schématique qu’il paraît. D’ailleurs, et en a peine 3 ans, « le KPI est en train de changer et de passer au chiffre d’affaires » a affirmé Yves Tyrode.

Le browsing sur le mobile a été quant à lui écarté totalement, c’est affaire de conviction personnelle : « la navigation sur mobile ne m’intéresse pas, avec les applications on n’a pas besoin de reconquérir le client tous les jours avec du SEM » mais à l’inverse on pourrait rétorquer qu’on se prive aussi du SEO. En fait, il s’agit presque, on y reviendra, d’échanger une dépendance à Google (via le moteur de recherche) pour une dépendance à … Google (via Android) sans oublier Apple, en perte de vitesse en chiffres absolus, mais toujours majoritairement présente dans les statistiques des sites, comme je peux encore l’observer aujourd’hui, même sur de très grandes audiences.

La convergence ? Les opérateurs Télécom se sont planté sur cette notion

« La Convergence ? Je n’en veux pas, les opérateurs de Telecom se sont planté sur cette notion » a martelé Yves Tyrode, pas très tendre avec son ancien secteur. Car selon lui, il ne faut pas essayer de « réconcilier l’inconciliable » ce qui semble faire écho à la prestation de Benoît Corbin que nous avons relayée avant hier (15/10/2013) sur ce blog. En cela, Yves Tyrode à raison. Un élément de simplification extrême consiste à supprimer le site web « compatible » mobile et de tout passer par l’application. Ainsi, plus d’incohérences, de fonctions manquantes ici ou là, différences d’interfaces … Tout est unifié dans une et une seule application qui fait tout … Jusque l’acte de vente.

Pour autant, il ne faut pas croire que cela est facile. Même en simplifiant ses choix, « il faut concevoir une application sur un iPhone, sur un Android Samsung (il exclut les autres marques, trop peu significatives, et il réintroduit la spécificité du fabricant coréen), sur Windows 8 (on n’a pas le choix) » et tout ceci se traduit par « des applications spécifiques avec des différences ergonomiques sensibles. On va plus vite sur le mobile que sur le Web ». C’est ceci qui implique des choix et la simplicité réclame qu’il ne faut pas mélanger trop de choses et faire du mauvais web. 1 besoin = 1 appli. Ergonomie = usage x device x marque etc… » a précisé Yves Tyrode. On ne peut être que d’accord sur le fond, mais toutes les marques ont elles les moyens de la SNCF ?

Décision radicale et payante certes, mais il est pourtant très irritant de ne pouvoir naviguer sur un site complet avec une tablette, ce qui est mon usage pluri quotidien. Je passe mon temps à pester contre ces éditeurs qui vous poussent à rentabiliser leurs investissements techniques en applications mobiles alors que l’expérience web sur tablette est meilleure. LinkedIn en est un bon exemple, avec une application lente et limitée fonctionnellement. Pourtant Yves Tyrode reconnaît la spécificité de la tablette : « le browsing existe sur la tablette mais pas sur le mobile » précise-t-il, alors il y a peut été des limites au tout application … Du moins en dehors du e-commerce qui trouve sans doute plus de sécurisation de l’utilisateur au travers de l’appli. Il faudra faire attention à l’extension de cette bonne pratique pour ne pas aller trop loin en fonction du contexte.

Le m billet ou billet dématérialisé

Quand on commande via l’application, on reçoit un code 2D (“le NFC n’arrive pas” a précisé Yves Tyrode, décidément peu enclin à croire aux innovations des Télécom) et les contrôleurs ont besoin d’un équipement spécial car il y a un problème de réflexion sur les vitres des appareils. “Il a fallu donc changer tous les parcs des lecteurs” a-t-il précisé. Déjà, “1.8 million de billets vendus ont été contrôlés”. Le NFC, qui finira bien par arriver c’est une question de temps, “c’est pareil, ça prendra du temps il faudra changer tous les portillons”. Mais le mobile n’est pas seulement une affaire de praticité, c’est aussi un élément fondamental en matière de satisfaction client. “Le mobile drive la satisfaction” a poursuivi Yves Tyrode : “on obtient +2% de satisfaction par rapport au Web classique et près de 50% de NPS [Net Promoter Score, la proportions de clients enclins à recommander la marque] avec le mobile” ajoute-t-il.

Nous entrons dans un nouveau monde … propriété de quelques fournisseurs

C’est un nouveau monde dans lequel nous entrons, selon le patron de Voyages SNCF : “le Web qu’on a connu va disparaître, il devient propriétaire, il appartient à Google. On rentre dans un autre monde un peu plus propriétaire lui-aussi. Sur IOS, il faut avoir Passbook “même si ça sert à rien, mais ça améliore le référencement”. Sur Android c’est Samsung qui tient les rênes selon Yves Tyrode. “Mais il faudra aussi compter avec Windows et … Amazon !” Nous sommes bien loin de ce monde rêvé des dieux du Web 2.0 qui pointait à l’horizon en 2004. Le résultat aujourd’hui est effectivement un Internet aux mains de quelques uns, très puissants, et qui dictent leur loi.

Ceci étant …

imageCeci étant, on continue à acheter des mots clefs  » a conclu Yves Tyrode en se contredisant quelque peu. Certes, le tout mobile est une stratégie payante, mais le Web n’est pas mort. Je n’y crois pas une seconde. Il est certain que Google “possède” Internet (il “possède” le mobile aussi d’ailleurs), mais en même temps, il est un acteur trop puissant, dans un réseau devenu trop important pour faire n’importe quoi. Les bonnes vieilles recettes du SEO basées sur le contenu de qualité fonctionnent toujours et même de mieux en mieux ; je le vérifie tous les jours. Il n’y a pas besoin d’être “Google-dependent”, il suffit d’être malin (même si cela demande plus de patience que de payer son dû avec des mots clefs dont les enchères montent, sur le B2B, dans les domaines très pointus du Cloud infra, au-delà de 10€ le clic !). Et même si le mobile et la tablette sont l’avenir il est des acteurs comme Capitaine Train pour faire le Buzz en … faisant de la rétro innovation avec le bon vieux Web ! Et si, rêvons un peu, la concurrence se faisait plus agressive pour pousser l’innovation ? Et si cette innovation n’allait pas dans le sens du “tout appli” qui, reconnaissons-le est très cher et consommateur d’énormément de ressources pour le faire vivre en permanence sur tous les OS, y-compris ceux dont on sent qu’on ne peut les ignorer, même si on ne les voit pas encore dans les statistiques. L’avenir nous le dira, mais je ne serais pas surpris que les choses changent encore beaucoup dans les années qui viennent. Rendez-vous dans 3 ans !

Yves Tyrode : « notre appli mobile ne s’appelle pas voyages-SNCF.com, nous créerons peut-être une marque un jour ! » was last modified: mars 30th, 2015 by Yann Gourvennec

« autant de différences entre mobile et internet qu’entre Tv et radio » – Benoît Corbin (MMAF)

exclamation-smallLa semaine dernière s’est tenu le 4ème Social Drinkup d’Adobe, un événement qui est vite devenu un de mes préférés, tant la qualité des intervenants est grande. Cette dernière édition n’a pas dérogé à la règle, loin de là, et le sujet du Marketing mobile s’est révélé, sans surprise, passionnant. Surtout, j’ai aimé la présentation de Benoît Corbin, à contre courant des idées reçues et Dieu sait qu’il y en a dans ce domaine ! Le marketing mobile est un sujet à la mode, et qui plus est, un sujet souvent traité dans ces colonnes et depuis fort longtemps. Ce qui est amusant avec ce thème, ou à tout le moins qui prête à réflexion, c’est que les poncifs sont souvent servis, mais qu’ils n’ont pas beaucoup de rapport à la réalité. Le Graal recherché par les annonceurs, les éditeurs et les fournisseurs de technologie est le display sur mobile, mais la réalité se trouve dans le Search et le SMS (Sic!). Le mobile est présenté comme un outil de “geo-fencing” mais son utilisation principale est à la maison. La montée des tablettes est souvent vue comme le signe avant-coureur du fait que les PC sont morts, et pourtant, selon une étude de Deloitte, ce sont surtout les seniors qui privilégient la tablette au détriment des écrans plus grands, qui ont toujours la faveur des plus jeunes… Allez comprendre ! Le marketing mobile est un lieu de fantasmes pour marketeurs en mal d’hyper ciblage mais la réalité est ailleurs. Préparez-vous à ce que le renouveau de Google passe par là … ils ont compris ce mouvement il y a bien longtemps et ont même acheté un fabricant de matériel. Plongeons dans cet univers en deux parties, d’abord avec Jacinthe Busson et Benoît Corbin, puis avec Yves Tyrode dans une autre présentation, dédiée aux applications mobiles.

 

Jacinthe Busson de Kontest au micro, devant Benoît Corbin (centre) et mon ami Olivier Saint Léger de Neuromass (co-organisateur)

Jacinthe Busson (Agence kontest et Co-organisatrice de l’événement) a introduit la soirée en présentant un état des lieux du marketing mobile en 2013. « Beaucoup de données sont disponibles » a-t-elle avancé en guide d’introduction, « mais c’est encore plus impressionnant sur ces 3 derniers mois ». Et il est vrai que nous sommes abreuvés de données … Alors qu’en est-il ?

  • Le mobile représenterait (en moyenne) 15% du trafic sur le web  : surtout dans le Commerce où 62% l’utilisent pour se renseigner avant un achat précise Jacinthe ;
  • 45% des transactions de Groupon sur l’Amérique du Nord sont le fait du mobile et 26% chez ventes privées en France ;
  • 62% des utilisateurs d’iPad auraient réalisé des achats mobiles
  • « La question se pose donc : les générations à venir vont elles connaître le PC ? » Même si des rapports contradictoires montrent que la consommation de web sur tablettes, notamment, est plus le fait de personnes plus âgées et que les plus jeunes ont encore une d’entre préférence pour l’en on vieux Pc/Mac ;
  • Les plateformes : on observe sans surprise depuis au moins deux ans le leadership incontesté d’android mais les dernières versions sont plus à jour sur les Apple, car Androïd ne permet pas de mettre à jour son système d’exploitation à la manière d’IOS. Ainsi, ces derniers voient ils les utilisateurs passer des rapidement à IOS 7 malgré certaines railleries ;
  • App ou web app : « 84% du trafic mobile vient des applications natives » ce qui aurait tendance à régler le sort des sites Web mobiles et du responsive design … Un peu vite sans doute car des nuances méritent d’être apportées ;
  • 66% des marketeurs en b2b indiquent que le mobile amplifie l’expérience de marque. Et 51% utilisent le mobile dans leur stratégie digitale.
  • Principaux usages des mobiles pour les campagnes : la visibilité

Il y a encore des responsables Web qui négligent le mobile et les tablettes, c’est une erreur. Le trafic mobile est en effet en plein boom … Même s’il est un peu dangereux d’afficher trop de certitudes dans un domaine très mouvant et en constante reconfiguration : nous y reviendrons.

Benoît Corbin, Président d’honneur de la MMA (Mobile Marketing Association)

La suite de Jacinthe fut assurée lors de cette soirée par Benoît Corbin, Directeur associé de Go Shop et Ancien président de la MMA (mobile marketing association), que j’avais connu dans cette fonction lors d’un jury e-marketing l’an dernier. Sa présentation était riche d’enseignements. Benoît vient de quitter la MMA mais il en est encore président d’honneur et c’est donc en cette qualité qu’il s’exprimait. Benoît s’est chargé de l’intégration internationale de l’association en 2012. Le rôle de cette association est de promouvoir le mobile et la tablette en tant que support de publicité. « On n’en est même plus à dire ‘mobile first’, même en France » a précisé Benoît, indiquant ainsi que la mobilité est déjà inscrite dans les gènes du Web Marketing depuis longtemps … sauf pour les plus myopes.

En voici quelques points, notés lors de sa présentation, qui est disponible ci-dessous également :

La France n’est pas en retard … loin de là

La première réaction de Benoît à l’introduction fut de dire que « le trafic des annonceurs dans les pays développés  est largement au dessus des 15% », ceci « surtout sur les sites des médias » car il s’agit en fait de moyennes, largements démenties par certains sites à fort trafic. Certes, « mais le problème est de monétiser le mobile« . Sa deuxième réaction fut pour corriger un malentendu : « En France on n’est pas en retard sur le mobile, au contraire » a déclaré Benoît : « au MWC le pavillon France est trois fois plus gros que les autres ; il y a une différence très nette en faveur de la France même si sur la monétisation c’est un peu différent ».

L’Internet mobile est mort, c’est un sujet totalement différent

Première constatation, l’Internet mobile est mort : « pendant un temps on parlait d’Internet mobile, mais il y a autant de différence entre le mobile et internet qu’il n’y en a eu entre la Tv et la radio » a insisté Benoît. Il faut éviter de refaire la même chose que ce qu’il y avait sur le Web (le display notamment). Toutefois, « ce n’est pas facile car il y a pression des acteurs de l’Internet qui voient ça comme un levier de croissance » or « c’est tout l’inverse du web : il ne faut pas gommer les différences entre les canaux« . La preuve ? Google et Microsoft ont dû racheter un fabricant de mobile … Il y a une raison à cela, c’est qu’on est bien dans un monde où tout est différent, même le design des interfaces logicielles, même le graphisme ! « Le Pc on ne l’a pas dans la poche » ajoute Benoît, et aussi, les plateformes mobiles (IOS Appstore, Android Google Play …) se permettent aussi de déréferencer les développeurs, c’est inédit, les rapports de force ont changé de bord. C’est aussi un monde beaucoup plus propriétaire, très différent du Web que l’on connaît. « On a mis nos équipes Web [d’entreprise] au digital » a poursuivi Benoît « et la question est de se poser comment on fait évoluer ces équipes car même parmi les graphistes il y a ceux qui sont à l’aise avec les petits formats et ceux qui ne le sont pas »

Deuxième constat : le décalage entre l’audience et l’investissement (ci-dessus) : « la question qu’on peut se poser c’est est-ce que le mobile sera le premier media non perméable aux revenus publicitaires » a ajout Benoît ; et il faut avouer qu’il résiste bien, le bougre. Je parle de publicité mobile sur ce blog depuis 2007, et annonce l’avènement de la pub mobile comme le nouvel eldorado depuis cette époque là … sans que cela soit jamais arrivé ; et pourtant les tentatives et les innovations ont été nombreuses ! « aujourd’hui il y a un rapport de 1 à 7, et une vraie angoisse sur ces revenus publicitaires, c’est ce qui a fait plonger Facebook » ajoute Benoît. Et reconnaissons-le, l’interface Facebook pour le mobile est loin d’être une réussite, même en dehors de ses soucis publicitaires. C’est compliqué le mobile, Benoît a raison, ce n’est pas l’Internet porté sur un petit écran, c’est quelque chose d’entièrement différent. Et selon Benoît, la mesure est aussi le problème : « tous les gens qui mesurent les revenus publicitaires ne sont pas forcément au fait des méthodes mobiles ; ils ne mesurent que le display mobile qui a, à mon avis peu d’avenir » nous dit Benoît. En d’autres termes et comme je l’ai commenté plusieurs fois sur ce sujet, de nouveaux modèles restent à inventer … plus facile à dire qu’à faire, il faudra quelques itérations, et quelques ratés avant que ça marche. Comment faire pour mesure quelque chose que l’on ne comprend pas ? Pas simple… Il y a 3 choses à noter nous dit Benoît :

  • Le mobile a une force terrible c’est la présence du terminal en tout temps et tout lieu. Mais quand il est de petite taille,cela va à l’encontre de la valorisation des CPM ;
  • Il y a un vrai scénario c’est que la publicité, du moins traditionnelle, ne sera pas énorme ;
  • Par contre le poids du Search est énorme et Google a anticipé ce mouvement en 2007 c’était très visionnaire.

Analyez la part de marché des OS mobiles, ajoutez une pincée de Search et vous avez encore compris qui va tirer les marrons du feu de la monétisation du mobile demain.

Troisième et dernier décalage décrit par Benoît Corbin, le lien entre monde « virtuel » (mot que je n’aime pas beaucoup et que j’utilise faute d’équivalent) et réel  : « le mobile est une brique essentielle pour amener des gens en magasin » ce que nos lecteurs savent, pour avoir lu les nombreuses présentations sur ce sujet : « en 2000-2010 on a beaucoup développé de choses virtuelles, mais le Mobile raccroche ces choses là avec le monde réel et il a vrai rôle pour enraciner les digital dans le vrai monde » a poursuivi Benoît. Les récentes expériences du Showrooming, notamment chez But, ou du Family Concept chez Mc Do à Velizy, qui permettent, avec le digital, de ramener le client en magasin, sont des exemples qui ont de l’importance pour le futur, même s’il ne s’agit aujourd’hui que d’expérimentations. Et enfin, il y a ce « sujet que tout le monde trouve ultra ringard, le SMS, alors que ses revenus continuent de croître de 20% et c’est un media très sain, sans trop de spam, et avec de gros potentiels de croissance ».

« autant de différences entre mobile et internet qu’entre Tv et radio » – Benoît Corbin (MMAF) was last modified: octobre 15th, 2013 by Yann Gourvennec

publicité mobile en France : peut mieux faire ! #hubforum

phone-large_thumb.gifpar Natacha Heurtault, auteur invité de visionarymarketing.com

Le Mobile : 73% d’amour fou ! 

Scruté à la loupe, étudié sous toutes ses coutures, le mobile est l’objet de toutes les attentions et de toutes les études. Usages, applications, monétisation, appification (non, non ce n’est pas une faute de frappe mais le prochain buzzword), rien n’est laissé dans l’ombre. Le mobile était par exemple l’objet du  panel « Mobile First : Anytime, Anywhere » du Hub Forum ce Jeudi 10 Octobre 2013.  Une étude réalisée par Médiamétrie et présentée par Laurent Battais a permis de mettre des chiffres sur cet engouement :
– Il y a eu 25 millions de mobinautes en France  au 2ème trimestre 2013, ce qui représente près d’un Français de 11 ans et plus sur deux (46,2%).
– Le téléphone mobile est indispensable pour 73% des français et la tablette l’est pour 55% d’entre eux
–  21% des foyers français possèdent une tablette… contre 2,5% en 2011
– le temps passé par écran est en en très forte progression : +80% pour Internet sur mobile en un an !

publicité mobile en France : décollage laborieux
publicité mobile en France : un décollage laborieux ?

 » Le mobile ce n’est plus seulement le second écran mais c’est la télécommande de nos vies  »

Ces chiffres ont ensuite été commentés par les intervenants. « Le mobile ce n’est plus seulement le second écran mais c’est la télécommande de nos vies » a déclaré l’un d’eux. Filant la métaphore il assure qu’on dépose aujourd’hui son ou ses mobiles sur la table du café comme les cowboys déposaient jadis leur colt en signe de bienveillance !

Explosion de la publicité sur mobile aux Etats-Unis

Les chiffres publiés par l’IAB le 9 Octobre ne disent pas autre chose. En effet l’étude de l’IAB (Internet Advertising Bureau) réalisée par PriceWaterhouseCooper, indique que les recettes de la publicité mobile aux Etats-Unis ont atteint 3 milliards de dollars au cours des six premiers mois de 2013. Ce qui correspond à une augmentation de 145% par rapport à la même période  de 2012.
Il ne fait donc plus aucun doute que l’avenir sera mobile, ou ne sera pas.

Oui mais…

Pourtant certaines ombres viennent entacher ce tableau idyllique et notamment les chiffres de la publicité mobile en France. Bien sûr ils sont aussi en croissance mais celle-ci est moins forte que les usages.   La publicité sur mobile est victime d’un frein technologique car il n’y a pas de cookies sur mobile et le ciblage des mobinautes est beaucoup plus complexe à mettre en place que celui des internautes.
« La collecte de données sur mobile nécessite un processus radicalement différent de ce que nous connaissons pour l’Internet fixe. Le mobile présente un nouveau défi pour les prestataires technologiques, à savoir comment rassembler suffisamment de données, de sources multiples, assurant aux annonceurs, aux éditeurs, d’acheter pour les uns et de vendre pour les autres sans pour autant compromettre ou dégrader l’expérience utilisateur.» précise Frédéric Prigent, DG de PubMatic France, société éditrice d’une plateforme média digitale destinée aux éditeurs de contenus.

Alors bien sûr le mobile est en forte croissance et promet des lendemains qui chantent mais, dans le domaine de la publicité il peut faire beaucoup mieux !

publicité mobile en France : peut mieux faire ! #hubforum was last modified: octobre 11th, 2013 by Natacha Heurtault

Be-bound veut connecter le monde avec une innovation frugale (start-up du mois)

phone-largeC’est la première start-up de la rentrée sur visionary maketing; en ce début septembre nous avons interviewé Albert Szulman, fondateur de Be-bound, une start-up française qui s’apprête à lancer son application sur Google Play fin septembre. Explications sur les ambitions et l’histoire de la start-up, histoire de se redonner le moral et de prouver que depuis Versailles, même sans Louis XIV, on peut encore conquérir le monde !

Innovation frugale pour Monde en crise

Albert Szulman est modeste : « je ne suis pas ingénieur », nous a-t-il confié et pourtant, il est à l’origine, avec Be-bound, d’une rétro innovation fort ingénieuse qui pourrait bien devenir un leader mondial ; c’est en tout cas son ambition, et en se préparant depuis les Etats-Unis, il fait tout pour cela et n’oublie pas, dès le départ, de « penser global ». Be-bound, c’est un parfait exemple d’innovation frugale, un moyen de se connecter en 2G via un Smartphone, à ses applications favorites (gmail, métro

(e-mail, météo, Twitter, géolocalisation…), donc sans payer de coûts d’itinérance (« roaming ») lorsqu’on est en déplacement à l’étranger.

Albert Szulman (Be-Bound) (3)

Albert Szulman à LeWeb 2012 (photo Olivier Ezratty)

En attendant que l’union européenne fasse aboutir son projet de marché européen des télécoms ce qui risque de durer très longtemps, voici une solution qui s’apparente au bon vieux RTC, adaptée pour un mobile : le Smartphone communique avec Internet au travers de messages SMS, ce qui permet au téléphone intelligent de se connecter à Internet quand la 3G n’est pas disponible. Certaines fonctionnalités ne sont pas encore incluses (surf Internet, cartographie, pièces jointes des mails …) Mais si le besoin est là, nul doute qu’une solution technique pourra être trouvée le temps venu …

Un mode hybride particulièrement prometteur

Au-delà de la cible apparemment évidente des 92 % des utilisateurs de mobiles qui coupent leur accès données à l’étranger, d’autres usages peuvent être envisagés. Celui de l’utilisation en mode hybride me paraît probablement le plus intéressant car il s’adresse aux utilisateurs intensifs qui ne supportent plus les déconnexions (zones blanches, métro …) et qui pourraient ainsi, en couplant l’application Be-bound avec leur accès 3 G classique, continuer à travailler, ou à s’amuser, dans le métro par exemple, ou il est devenu quasi impossible de se connecter, depuis plus d’un an, du fait de l’explosion de l’utilisation des Smartphones (1 utilisateur sur 2 environ dans le métro de la RATP !). En tout cas j’en connais un, qui écrit ces lignes, qui serait rudement intéressé…

Le but n’est cependant pas de concurrencer les opérateurs, mais d’élargir le marché, ce qui à terme sera un moyen d’établir une relation gagnant-gagnant. Après tout, si 92 % des utilisateurs coupent par téléphone lorsqu’ils passent la frontière, ce n’est pas bon pour l’ensemble des acteurs. Une solution peut donc être trouvée.

Albert Szulman est trop modeste, le jury de LeWeb 2012 s’en est bien aperçu fin décembre 2012, en décernant à la start-up française, 2e prix de son concours.

Video du lancement de Be-bound

l’innovation frugale se moque des prouesses techniques gratuites

Il y a bien les grincheux tels qu’on peut les lire dans les commentaires du journal du geek, ce qui montre bien que les techniciens sont souvent les plus mal placés pour évaluer un marché, car ils se préoccupent uniquement de la prouesse technique, et non de la praticité de l’usage qui en est fait. Peu importe que la technique de Be-bound soit proche du RTC, c’est loin d’être risible si cela remplit un véritable besoin. D’ailleurs, quand je suis dans ma maison de campagne loin des accès Internet, j’en viens souvent à regretter le bon vieil accès RTC qui, finalement, ne marchait pas si mal, et me permettait de travailler même au milieu des Pyrénées. Retro innnovation de toute façon n’est pas synonyme de régression technologique, mais d’utilisation intelligente de la technique pour le service de l’utilisateur … au contraire, c’est même là qu’on trouve la véritable prouesse technique, celle qui sait se faire oublier !

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Les crédits Be-bound sont à acheter en ligne, en mode prépayé, ils s’appellent les Be-miles et sont payables par carte Visa, PayPal, Allopass ou CB) ; depuis le Web ou directement de son Smartphone. Ils sont vendus par pack (3€ = .35 Be-miles, 6 € = 100 Be-miles, 10 € = 200 Be-miles) auxquels il faut ajouter le coût du SMS.

Plus de détails sur l’application et l’histoire de Be-bound avec cette interview exclusive d’Albert Szulman :

Be-bound c’est une solution mobile pour tous les possesseurs de Smartphones qui leur permet de rester connecté à Internet, sur leur Smartphone, lorsqu’il n’y a pas du tout de connectivité, autrement dit, lorsqu’il y a uniquement du réseau 2G, celui qui permet de téléphoner ou d’envoyer des SMS ; ou lorsque la connectivité est très faible et qu’elle est insuffisante pour récupérer ses mails par exemple. Si on voyage, on peut l’utiliser sur la partie 2G, donc on n’a pas besoin du « roaming[i] », et cela économise bien sûr beaucoup d’argent, tout en permettant de rester connecté. Il y a seulement 14 % de la surface de la terre qui est couverte par la 3G, donc il y a beaucoup d’endroits où on n’a pas de connexion d’office. Et lorsqu’on est dans son pays, et qu’on a une mauvaise connectivité, parce qu’on est dans le métro, ou dans un building, et qu’on n’arrive pas à recevoir ses e-mails, on peut y arriver quand-même, parce que l’application Be-bound fait une utilisation très faible de la bande passante.

Pour utiliser Be-bound on télécharge l’application sur son Smartphone, et ensuite on a juste à rentrer ses informations personnelles et à l’utiliser comme toute autre application sur Smartphone. Lorsqu’on l’utilise en 2G, il faut préalablement acheter des crédits prépayés pour pouvoir l’utiliser au fur et à mesure de son déplacement. L’avantage du prépaiement, c’est qu’on a zéro surprise ! On ne dépense que ce que l’on a mis dedans. C’est une méta-application, que nous avons développée et qui inclut les principales applications dont les gens ont besoin quand ils se déplacent : l’e-mail, Twitter, la météo, trouver un restaurant ou un hôtel, etc. Le but étant de permettre à toutes les personnes qui se déplacent, de trouver l’essentiel des services dont ils ont besoin, un peu comme un couteau suisse, et d’avoir toujours cette solution dans la poche.

On ne peut pas surfer aujourd’hui avec l’application, car on en est encore qu’à la première version ; on pourra peut-être le faire dans le futur, mais pas pour l’instant, c’est prématuré. On peut faire de la recherche sur Internet par contre. On ne peut pas encore mettre de cartes dans l’application pour l’instant, mais on y travaille, mais en tout cas on peut trouver le moyen de se diriger, d’aller dans une direction, et savoir comment on va d’un point A à un point B.

En fait, il y a deux types d’utilisateurs : il y a les gens qui voyagent et qui veulent rester connectés sans avoir à payer le roaming ou qui sont dans des zones qui ne sont pas couvertes en 3G. Et la deuxième cible, c’est vous et moi car qui n’a pas expérimenté le fait d’avoir à attendre une information urgente, juste au moment où vous n’avez plus de couverture ! Ou qu’elle est tellement faible, que l’information ne vient pas. Eh bien avec Be-bound, vous pourrez rester connectés, et récupérer cette information, que votre accès réseau soit très dégradé ou inexistant.

Cela concerne d’abord les pays développés, dans un deuxième temps on ira bien entendu voir les pays émergents, et les quelque 3 milliards de personnes qui ont un téléphone mais qui n’ont pas l’Internet. Mais chaque chose en son temps, notre priorité stratégique, c’est d’offrir un service qui permet à toute personne dans les pays développés de pouvoir rester connecté ; c’est quand même un outil qui est devenu indispensable, et moi j’ai du mal à supporter quand on n’est pas connecté, Be-bound me permet d’être plus calme !

Une énorme majorité des gens coupe leur téléphone lorsqu’ils vont à l’étranger, 92 % des personnes exactement. Lorsqu’il passent la frontière ils éteignent donc les données et la 3G. Et bien avec Be-bound, ces mêmes 92 % peuvent rester déconnectés de la 3G et quand même recevoir leurs mails. Et ils pourront également recourir à la géolocalisation en 2G : trouver un restaurant, une pharmacie etc. n’importe où dans le monde.

Nous ne sommes pas du tout contre les opérateurs puisque 92 % des gens qui vont à l’étranger coupent leur téléphone pour la « data ». En revanche, pour les opérateurs, l’intérêt c’est que chaque fois que leurs clients lanceront des requêtes, ceux-ci vont générer des SMS internationaux ; ça coûte un peu l’argent, mais bien moins cher que le roaming. Celui-ci est tellement cher que quand on veut l’utiliser, en fait, on ne se connecte pas. Ces SMS supplémentaires permettent de générer des revenus pour les opérateurs, donc tout le monde y trouve son compte. C’est beaucoup moins cher et plus pratique pour les utilisateurs, et pour les opérateurs ça génère un peu d’activité supplémentaire.

On est vraiment dans l’innovation fonctionnelle, pas dans l’innovation purement technologique. Je ne suis pas ingénieur, j’ai fait une école de commerce. Toute l’équipe qui est avec moi est intéressée par le fait d’apporter de nouveaux services, pour faciliter la vie des gens et le fait de se dire que l’on peut rester connecté partout, même quand il n’y a pas de couverture est une notion de sécurité, qui fait que je ne suis pas tout seul dans un endroit que je ne connais pas forcément bien, que ce soit en France ou ailleurs. Et pour nous, c’est important de contribuer justement à ce que les utilisateurs puissent avoir une plus grande connectivité grâce à Be-bound.

Nous avons créé la société Be-bound en 2011. Nous avons eu une chance fantastique, car la société a été créée à Versailles et la chambre de commerce et d’industrie de Versailles est extrêmement dynamique ; ils nous ont accompagnés pour le business plan, puis pour lever des fonds : nous avons obtenu un prêt d’honneur, qui a ensuite généré des prêts bancaires. On a pu commencer alors qu’on avait juste un business plan et €130 000 en poche plus le capital que nous avions mis dans la société au départ. Ceci nous a permis de trouver des partenariats, de commencer à recruter, et d’avancer pour pouvoir développer l’application. Avec l’aide d’Oseo bien sûr, qui a été extrêmement moteur dans notre partenariat.

Pour trouver des fonds d’amorçage en France, ce n’est pas facile, mais ce n’est pas impossible ! On peut donc lever l’argent, il faut pour cela avoir une bonne idée et une savoir comment la mettre en œuvre, et avoir les bonnes personnes pour la matérialiser derrière. Ceci ne nous empêche pas d’aller aux États-Unis, mais je ne suis pas sûr qu’on se considère comme un pigeon, quoique… Notre constat aujourd’hui, après avoir vu pas mal de financements pour les start-up, c’est que malheureusement, aujourd’hui il y a encore un décalage entre la France et les États-Unis. La notion de risque, il y a certainement plein de bonnes raisons à cela, n’est pas toujours bien appréhendée. Pourtant, sans prendre de risques, on ne fera rien ! Il faut donc pouvoir trouver les partenaires qui vous aident et qui croient en l’idée, qui croient au produit. Notre produit est en bêta test en ce moment, et nos partenaires nous accompagnent pour accélérer au plan mondial, et nous avons plus de répondant aux États-Unis sur ce point.

Avant d’aller aux États-Unis, on s’est posé la question de savoir comment professionnaliser notre approche, or, autant en technologique en innovation les Français sont très bons, en marketing … d’après ce qu’on a vu sur le marché, les Américains ont une avance nette sur le reste du monde, donc on est allé chercher les partenaires à ce moment-là, et on a fini par signer avec une entité qui dépend de l’université de San José en Californie et qui s’appelle US Market Access (US MAC), et qui viennent de signer un partenariat avec Cap digital.

Nous avons donc suivi un programme de Lean start-up, qui est l’équivalent du Lean management mais appliqué aux start-up, qui nous a ciselé toutes nos stratégies, toute notre approche. Ils ont accompagné 1200 start-ups et ils ont donc une bonne idée de ce qui marche et de ce qui ne marche pas. Et là, je dois reconnaître que j’ai pris une grosse claque ! Malgré l’expérience, il faut reconnaître qu’on a appris des choses qu’on ne savait pas très bien. Cela nous a beaucoup aidés à avancer à nous professionnaliser et à progresser dans le circuit pour non pas devenir une petite société mais une boîte mondiale. Alors grâce aux programmes Lean start-up, on a pu professionnaliser tout ça et on se prépare fait une tournée pour lever des fonds beaucoup plus importants. On a eu beaucoup de retours sur l’approche, et donc maintenant les prochaines étapes en ce qui nous concerne c’est d’abord de finir le bêta test, et de trouver les bêta testeurs dans le monde entier, en plus de la centaine que nous avons déjà, puis de mettre l’application en ligne sur Google Play vers la fin du mois de septembre.

Les prochaines étapes, ce sera la confrontation du marché et écouter les recommandations, les remarques et les retours que l’on aura pour savoir comment répondre aux attentes de nos utilisateurs. L’application sera lancée sur Google Play, en version Android, et nous travaillons en ce moment sur les applications sur les autres OS. Il a fallu faire un choix, dans une approche de Lean start-up, il faut faire des choix ! Il était donc logique de prendre la plate-forme qui était la plus répandue, à savoir androïde, donc on est partis à fond sur Android et maintenant on commence à préparer le reste. Apple passe après Android chronologiquement par rapport à nos choix stratégiques. Avec la conjoncture actuelle et les informations sur le rachat de Nokia mobile par Microsoft, il est clair que nous allons développer pour Windows mobile, mais nous en avions déjà l’intention. Cela ne fait qu’intensifier l’intérêt. Il y a également un petit détail ne pas oublier, c’est que 40 % des téléphones dans le monde sont des Nokia !


[i] coût d’itinérance

Be-bound veut connecter le monde avec une innovation frugale (start-up du mois) was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec