Marc Rougier de Scoop’it : « à l’origine de la curation, l’infobésité ! » – #curationb2b

eye-largeSuite de ce petit déjeuner sur la curation de contenus Marc Rougier, co-fondateur de Scoop’it (transparence : je suis un client de Scoop’it). Marc a rappelé les fondements du marketing de contenu, “qui transforme les marques en médias” dans une présentation claire et directe.

A l’origine de la curation : l’infobésité

“Le curateur est une fonction qui existe depuis toujours, mais la nouveauté est l’infobésité qui nous submerge et qui pose 2 problèmes” a livré Marc en guise d’introduction :

  • si tout le monde peut parler, comment qualifier le contenu ?
  • si tout le monde peut parler, comment puis-je me faire entendre ?

Nous eussions pu ajouter : “si tout le monde peut parler, dois-je pour autant tout écouter ?

La réponse est de ramener l’humain dans ce processus, “cet être humain c’est le curateur, qui va compenser les lacunes du moteur de recherche”. La frontière entre l’écrivain et le lecteur s’est brouillée, et le curateur apporte à nouveau de l’organisation dans ce contenu.

image

“Cet être humain qui revient dans le jeu est non seulement une nécessité mais une opportunité de gagner une voix, une réputation et une visibilité” a dit Marc Rougier.

Comment ça marche ?

Il faut comprendre pour cela “les enjeux des entreprises dans le Web social : Les barrières à l’animation des comptes Twitter ou Facebook sont assez basses. Mais quand on fait du Marketing on a l’habitude de travailler, classiquement, sur les mesures de ROI, or dans le Web social, a dit Marc, on ne le sait, même si on a du mal à se dire qu’on pourrait passer à côté des 4.5 milliards d’Internaute. Par contre, ce qu’on sait faire, c’est créer de ‘l’engagement’ et même si on ne sait pas comment faire pour lui donner une valeur comptable on est sûr que c’est quelque chose d’important”.

Les différentes étapes des entreprises dans le Web social :

  1. ne rien faire (et il y a encore quelques entreprises françaises qui en sont encore là) ;
  2. écouter passivement ;
  3. “réagir à ce qui se dit” et beaucoup d’entreprises sont déjà là a dit Marc ;
  4. La vraie façon d’agir est de “nourrir l’auditoire de façon proactive” et il “faut que les marques et les entreprises deviennent des médias”. Pour cela il faut raconter des histoires et donc apporter des stratégies de contenu.

… Il faut donc une stratégie de contenus. Qu’est-ce qu’un bon contenu ?

  • C’est un contenu qui a de la valeur ;
  • qui résoud des problèmes et qui apporte quelque chose à son lecteur ;
  • qui soit cohérent par rapport à votre image et votre mission ;
  • et qu’il soit dynamique.

Le Web social est très “gourmand” pour reprendre les termes de Marc, il faut donc le nourrir plusieurs fois par jour.

Alors … comment créer ce contenu ?

  • C’est très difficile pour les entreprises et c’est là qu’intervient l’opportunité de la curation ;
  • Ce contenu ne peut toujours être créé ex nihilo ;
  • On peut “augmenter le contenu éditorial en curant les contenus des autres”.

Que faire ? 4 choses principales

  1. définir les thèmes : il ne faut pas pousser les valeurs Corporate, entretenir son écosystème ;
  2. Sources : c’est un métier, il faut organiser et saisir l’opportunité de saisir les bons contenus ;
  3. Il faut aussi une  bonne ligne éditoriale et ajouter un style à son contenu
  4. Une stratégie de diffusion, soit en interne (partage de connaissances) on en externe (communication).

Il faut donc se poser ces questions qui sont assez simples et qui sont à l’origine de la création de Scoop’it, qui n’est pas un outil automatique mais qui permet d’assister le travail de sélection et d’éditorialisation et de partage du contenu. l’offre ouverte au public a été lancée il y a 13 mois et a plus de 1000 clients premium entreprise et a réalisé 6 millions de visites en 13 mois. L’outil existe aussi en mode privé. La société a été fondée à Toulouse et est également présente à San Francisco, où se trouve son autre co-fondateur, Guillaume de Cugis. EDF.com, La Poste et Orange font partie des clients. J’ai d’ailleurs témoigné sur mon expérience avec inside.orange.com.

Marc Rougier de Scoop’it : « à l’origine de la curation, l’infobésité ! » – #curationb2b was last modified: décembre 12th, 2012 by Yann Gourvennec

Marianne2 et la curation de contenus : « Pearltrees a réorganisé complètement notre site » – #curationB2B

J’ai répondu à l’invitation de Marc Rougier de Scoop’it au Dupont Café du Châtelet. La première présentation était réalisée par Patrice Lamothe, fondateur de Pearltrees et Mathieu Maire du Poset pourMarianne. Elle répondait à une question simple : “Qu’est-ce que la curation ?” Et la question n’est pas idiote, 3 ans après, de se demander ce que c’est vraiment, même (et surtout) si nous l’utilisons tous les jours.

A quoi ressemblait le Web en 2010?

En 2010, a dit Patrice Lamothe, le Web était quasiment l’aboutissement du projet de Tim Berners Lee : “une grande bibliothèque”. Au départ on a eu le Web passif, puis le Web participatif (où on a démocratisé la création de contenu : Wikipedia, les blogs, les wikis, les forums …). Le Web en 2010 ressemblait à une boîte à outils. Le problème majeur dès 2007-2009, c’était “comment accéder au contenu qui les intéresse vraiment”. La réponse à l’époque était le moteur de recherche est ce qui a fait les beaux jours de Google.

image

La curation, c’est l’inverse d’un moteur de recherche !

L’idée de curation est une idée simple qui renverse complètement cette logique : “ce n’est pas le Web qui va organiser les contenus pour vous, mais vous qui allez organiser les contenus pour le Web et les autres utilisateurs”. En quelque sorte, c’est la preuve que “le moteur de recherche le plus puissant est l’être humain … et ils aiment ça !” a dit le fondateur de Pearltrees. Pearltrees a peut-être été un des premiers services de ce genre. La conclusion est que, “deux ans après, tout le monde aime organiser les choses” a affirmé Patrice Lamothe.

La curation en 3 mots

Mais comment définir la “curation” : organiser, c’est à dire permettre aux gens de découvrir, et créer du plaisir en partageant. Quelques exemples :

  • Facebook : n’est pas un service de curation, mais le “like” est proche ;
  • Tumblr : est une plateforme de blogs qui a été détournée par les utilisateurs pour le partage ;
  • Pinterest : partager les objets qu’on aime .

Le futur au travers de Pearltrees?

“Maintenant que le mouvement est lancé et que les gens aiment cela et que même Google a incorporé les recommandations sociales (+1) dans son propre service”, qu’est-ce que les différents services existants vont créer à partir de ça ?

En décembre 2009-2010 a été un des premiers à se nommer “curation service”. Aujourd’hui, c’est l’endroit où on bâtit “la plus grande organisation humaine pour l’organisation de la connaissance”. Le service a séduit des particulier et des professionnels. Les usages sont mixtes. Le but est de construire “la base de connaissance non seulement de votre entreprise mais aussi de l’ensemble des personnes qui constituent votre entreprises”.

Pearltrees aujourd’hui, c’est 50 millions de “pearls” qui ont été organisées. “C’est une des plus grandes bases de la connaissance, plus que la bibliothèque du congrés (30 millions de livres)” a précisé le fondateur de Pearltrees.

Exemple de Marianne

Tout part de la volonté d’utiliser le Web comme terrain de jeu. Marianne a été un des premiers médias à travailler avec des blogueurs et un des premiers à les faire participer à la création d’un journal en ligne (avant le Huffington Post et les autres médias qui s’y sont mis depuis). “Pearltrees est venu dans un premier temps aider les journalistes dans leur travail de tous les jours et l’usage de Pearltrees s’est rapidement imposé comme un usage important” a précisé Mathieu Maire du Poset. Google n’est as pertinent pour les journalistes car le “classement n’est pas intelligent, il est juste soit historique ou statistique” a-t-il dit. Le besoin s’est donc fait sentir dans la rédaction d’organiser la recherche des informations. Le but pour les journalistes était de se constituer des dossiers et ensuite de les réutiliser au moment opportun soit pour nourrir des papiers soit comme base de référence personnelle.

image

Les journalistes se sont donc mis rapidement  utiliser Pearltrees et très rapidement “cela est venu croiser un autre usage qui est de documenter nos articles sur Marianne2 et croiser avec d’autres informations. Même s’il y a 20 liens dans les articles, tous les utilisateurs ne vont pas cliquer sur tous ces liens. Sur Marianne on a donc très rapidement fait des dossiers sur des sujets d’information afin de leur fournir une sorte de ‘best-of’ avec des mélanges de contenus de Marianne et externes qui fournissaient des clés de lecture aux lecteurs. C’est là que Pearltrees a permis de répondre à ce besoin.

“On s’est rendus compte au bout d’un moment de l’importance de Pearltrees et de la profondeur de l’outil : avec le moteur de recherche du site on a du mal à trouver les informations et Pearltrees permet de réorganiser complètement notre site afin de relire Marianne 2 de façon différente. Sur 1 an 1/2 2 ans, c’est 1 million de vues sur Pearltrees, ce qui prouve que c’est un véritable usage par nos lecteurs”.

Un autre type d’usage cité par Mathieu Maire du Poset, “c’est la capacité en tant que responsable du site est de se faire des dossiers de Presse sur différents sujets et Pearltrees m’a permis de garder une trace de tout ce qui a été dit sur nous et de garder en archive tous ces articles avec une utilisation plus simple”.

>> accéder au Pearltrees de Marianne

Marianne2 et la curation de contenus : « Pearltrees a réorganisé complètement notre site » – #curationB2B was last modified: octobre 3rd, 2013 by Yann Gourvennec

Médias sociaux : « ni global, ni local : il faut être glocal » @olivcim

Dans le cadre de l’émission « blogonautes » sur BFM radio, notre ami et confrère Olivier Cimelière, directeur de la communication d’Ipsos et blogueur dans le cadre du blog du Communicant 2.0 a relayé ses conclusions de la conférence media aces du 25 octobre 2012.

Voici les points principaux de l’intervention d’Olivier :

  • global/local : c’est en fait plus complexe que cela, ce n’est même pas une question selon Olivier Cimelière. Toutes les raisons d’être s’imbriquent (c’est le local) ;
  • premier exemple (local) celui des agriculteurs de la FNSEA : la FNSEA a utilisé les médias sociaux pour amplifier leur notoriété et se rapprocher de leurs opposants afin de les fédérer localement ;
  • deuxième exemple (global) celui d’Air France : Air France s’est aperçu que son discours global n’était pas appliqué à tous les publics ; tous les voyageurs ne sont pas des voyageurs fréquents, les publics sont variés, et ils ont donc utilisé plusieurs types de réseaux sociaux, plus locaux et plus ciblés.

En conclusion ne faut pas choisi entre global et local, il faut choisir les deux !

… et le mot de la semaine, « il ne faut pas partir avec une ‘bouillie Corporate’ sans s’adapter » nous dit avec beaucoup d’à-propos Olivier que nous remercions de ce relais de notre conférence media aces, dont le titre finalement n’était pas si mal choisi.

Médias sociaux : « ni global, ni local : il faut être glocal » @olivcim was last modified: décembre 11th, 2012 by Yann Gourvennec

CRM et e-commerce : quand les médias sociaux mettent la pagaille dans le Big Data !

yseulys_costesLa 12e journée nationale du marketing de l’Adetem qui s’est tenue à Dauphine 6 décembre, j’ai insisté à une remarquable présentation de d’Yseulis Costes, cofondatrice et PDG de 1000 mercis, société de services fondée en 2000 et pionnière dans la publicité, le marketing interactif et le CRM, principalement dans le domaine du e-commerce. Cette présentation, aussi claire sur le fond que sur la forme à épelé sans ambigüité les réels défis qui se posent aujourd’hui aux e-commerçants et responsables de portails commerciaux et CRM.

les 3 défis de la relation client :

Trois défis principaux se présentent donc aux responsables e-commerce et portails :

  1. d’une part, la multiplication des canaux de collecte, avec une accumulation de données en provenance de sources diverses, Online et offline (magasins, Web, Facebook et mobile. Cette multiplication des sources de données se complique également du fait d’un foisonnement des types de données disponibles. C’est la première fois que je vois une présentation aussi claire qui en un mot explique véritablement ce qu’est le « big data ». La véritable raison pour laquelle ce foisonnement est apparu, c’est que l’on se met « à travailler sur le cookie individualisé, ce qui devient ingérable » a précisé Yseulis. En conclusion, il est plus difficile d’avoir une vue simple du monde, aussi bien en termes de comportement et de navigation et d’achat. On est obligé donc de se rabattre sur des choses qui sont moins tangibles, comme l’attitude, les signaux faibles (les autres marques dont les clients ne sont pas fans par exemple) ou des données plus sociodémographiques. C’est un peu paradoxe, plus on mesure, plus il est difficile d’en tirer quelque chose !
  1. le deuxième défi est celui de la personnalisation selon les contextes de données : la véritable question derrière ce point est que le « segment est peut-être mort ? ! » a précisé Yseulis. En fait, selon elle, ils ne sont pas beaucoup utilisés, sauf pour représenter les différents axes de clientèle. En conclusion, le segment n’est plus un élément d’action mais un élément d’analyse selon 1000 mercis. Cette. Ce défi et lui également remarquablement décrit autour de quatre axes principaux le segment l’individu le client et l’offre.
  1. le troisième défi de la relation client est la multiplication des canaux de contact. Voilà un sujet que j’ai déjà documenté depuis de longues années, notamment à la lumière de mes travaux professionnels autour du social CRM. Il faut donc mélanger tous les défis précédents avec la problématique de cette utilisation des canaux relationnels : le mail, reste toujours le plus utilisé. Mais s’il est beaucoup plus utilisé maintenant sur le mobile (20 à 30 % de la lecture de ces messages sur mobile). Le push notification est quant à lui rendu possible par la géolocalisation. Le SMS n’est « pas très sexy, mais 95 % des consommateurs y sont sensibles ». Et puis il y a les nouvelles technologies de contact comme le RTB (Real Time Bidding), qui est « une nouvelle révolution technologique depuis 2 ans » car, comme vous le savez, cette technologie permet d’acheter des bannières en temps réel (Real Time Bidding signifie système d’enchères en temps réel). Et puis, dernier et non des moindres, les médias et réseaux sociaux divers et variés, multiples et incompatibles qui multiplient la donnée dans tous les sens… voilà qui nous rappelle des souvenirs.

Quelle est la valeur client dans tout ça ?

« Avant, nous avions des valeurs concrètes, ce n’était pas très compliqué de calculer une valeur client » a précisé Yseulis Costes. Les médias interactifs créent cependant un énorme brouillage sur ce marketing relationnel : « il y a beaucoup de valeurs qui sont difficiles à mesurer » a précisé Yseulis. Par exemple, dans priceminister, un client qui vend ne crée pas toujours beaucoup de valeur tangible, mais il augmente de la plateforme dans son ensemble par son activité-même (en valorisant le réseau qui contribue à faire vivre).Il y a donc une complexité nouvelle dans cette mesure de la valeur client.

la donnée n’est pas l’information

Enfin, Yseulis Costes a soulevé les 8 leviers de la relation client dans l’e-commerce qui peuvent se classer en trois catégories principales (ce travail est basé sur une recherche plus académique menée en commun entre l’université de Paris-Dauphine et celle de Montpellier) :

  • Qualité de service du site Web : variété du choix, respect des engagements, design et esthétique, navigabilité et interactivité ;
  • CRM : personnalisation, contact, respect de la vie privée ;
  • Social CRM : communauté.

Ce travail, certes plus académique, est cependant très utile et peut être utilisé comme une check-list par le e-commerçant qui serait perdu dans cette jungle de données car finalement, et Yseulis Costes vient de le démontrer de façon implicite, la donnée – même pléthorique – n’est pas l’information.

CRM et e-commerce : quand les médias sociaux mettent la pagaille dans le Big Data ! was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

la guerre des API entre médias sociaux fait rage (via Gigaom)

eye-large_thumb.gifVoici une illustration concrète et en quasi temps réel de la guerre que se livrent les différentes plateformes sociales au travers de leurs API. Cet exemple me servira lors de ma présentation de ce midi aux JNM 2012 de l’Adetem à Paris.

Pourquoi l’attaque lancée par Instagram montre  que Twitter veut devenir un Média — Tech News and Analysis

Instagram déclare vouloir retirer à Twitter la possibilité d’inclure les photos de son service afin de diriger ses utilisateurs vers son propre site Web afin de consulter ce contenu. Les autres réseaux sociaux devraient également se poser la question de leur relation avec Twitter.

[la suite en Anglais par Gigaom] … Remember when Twitter was just a free and open conduit for whatever content its users wanted to distribute? Those days are long gone now, replaced by Twitter’s desire to control and monetize as much of its platform as possible, and as much of the content that flows through it. The latest skirmish in this ongoing battle came on Wednesday, when Instagram CEO Kevin Systrom confirmed that the service has removed support for Twitter’s “expanded tweets” feature, and therefore photos won’t be showing up in Twitter any more. While Instagram’s relationship with Twitter is complicated, its reasons for doing this should make other media companies stop and think about how they use (or are being used by) Twitter as well.

As noted by Nick Bilton in a New York Times piece and by my colleague Erica Ogg — and confirmed by a post at the official Twitter blog — what Instagram has done is to remove support for the expanded view of tweets that shows up on the Twitter website and in its official apps. These tweets have a special pane that displays excerpts from blog posts and news stories published by certain partners, or photos and videos from certain external services. Twitter originally launched this as something called “expanded tweets” but it has since become a much more ambitious platform called “Twitter Cards.”

via What the Instagram fight says about Twitter as a media platform — Tech News and Analysis.

la guerre des API entre médias sociaux fait rage (via Gigaom) was last modified: décembre 6th, 2012 by Yann Gourvennec