Big Data : 1% seulement des données servent au décisionnel et c’est parfaitement normal

 

eye-largeNON ! JE NE VOUS PARLERAI PAS de l’opération Carambar en vous donnant un point de vue différent comme tout le monde ! C’est un joli coup de pub et de RP, il n’y a rien à (en) dire, sinon un coup de chapeau pour cette manipulation (qui risque de coûter un peu cher à la marque et ou l’agence la prochaine fois car les journalistes n’aiment pas qu’on se moque d’eux). Aujourd’hui, nous allons parler, comme le businessman du Petit Prince, de “choses sérieuses”… Le BIG DATA et le CLOUD COMPUTING.


239854_1.pngLes anciens de l’informatique connaissent bien Information Builders, entreprise pionnière de l’informatique décisionnelle (38 ans d’existence, classée leader de son domaine par Gartner, voir ci-contre en cliquant), et de ce qui se nommait EIS (Executive Information Systems) et a évolué vers le BI (Business Intelligence). J’avais un peu perdu de vue l’entreprise depuis lors, mais à la faveur d’une conférence intitulée “autonomie d’une nouvelle prise de décision” qui s’est tenue le 27 mars 2013 sur les nouvelles tendances de l’informatique et leurs conséquences sur les entreprises en termes de décision. La table ronde accueillait également des intervenants d’EMC et de Inbox.
 On y a parlé beaucoup Big Data, Cloud Computing et décisionnel.

déplacement du domaine du décisionnel

Je ne suis pas un fan du terme “big data” qui tend à faire passer la quantité (big) pour de la qualité, et surtout de la “donnée” pour de “l’information”, ce qu’elle n’est pas bien-sûr. Revenons sur les fondamentaux…

La problématique du décisionnel a beaucoup changé depuis les années 1990. A l’époque, les données étaient rares, mais elles étaient propres (dans les 2 sens du terme). La préoccupation des patrons du Marketing – comme c’était le cas chez Unisys quand j’y travaillais – était de bien utiliser ces données internes, peu pléthoriques, mais déjà difficiles à analyser. L’emphase était alors sur la l’analyse pure et, surtout, la présentation formelle des données propres à la prise de décision, en temps réel dans les réunions de comités de direction. Ce champ a été occupé, au fil des années, par des acteurs comme Business Objects (plus tard racheté par SAP) et Information Builders, mais le décisionnel s’est semble-t-il déplacé sévèrement et a succombé à la mode des médias sociaux. Certes, mais le Big Data ne se limite pas à ça comme le montre ce visuel issu de l’étude IDC /EMC.

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Si l’essentiel des données  viennent aujourd’hui des outils de surveillance (là on se doute des noms des principaux clients des outils du décisionnel, et on imagine leurs galons), il semblerait que le médical parte en flèche dans les années 2020, ce qui n’est peut-être pas étonnant vu le vieillissement des populations occidentales. Mais le fait notable est, selon cette prévision, le tassement (en proportion) des données issues des médias sociaux et surtout la quasi disparition des images et des vidéos utilisateurs. Même si je suis assez étonné par cette dernière trouvaille, je n’ai pas de mal imaginer que les données moins “futiles” sont plus à même de fournir de l’information décisionnelle. Il y a plus à tirer de l’analyse d’une cohorte de malades, que d’une horde de “likers” frénétiques.

Car beaucoup des discussions du panel (voir photo ci-dessous) ont tourné autour de l’analyse de tonalité, un “vieux” sujet de 2006-2007 qui est un peu en mode survie aujourd’hui et que j’ai toujours voulu prendre avec des pincettes. L’analyse des sentiments est effectivement le graal du décisionnel dans les médias sociaux et dans la communication en général, mais … car il y a un mais … Jon Husband, présent dans l’assemblée, l’a fait remarquer, ‘”l’analyse prédictive de la tonalité – sentiment analysis en Anglais – reste un défi car les logiciels sont peu capables d’analyser ces données molles du fait du manque de contexte”. Il faudra ajouter de l’intelligence humaine, c’était ma conclusion dès 2006, à la naissance de ces concepts et de ces logiciels : il s’agit d’un marché – à terme – de conseil et non simplement de mesure.

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Le panel de la discussion lors de la conférence IB, Directeur Adjoint du pôle éditorial de Brainsonic. De droite à gauche : Eric Mokemat, Dir technique IB, Sébastien Schreiber de Brainsonic (animateur), Nicolas Kaddeche, Directeur Conseil, Inbox, Sébastien Verger, CTO EMC France

3 V ou 3 T ?

Le panel de la discussion a évoqué les 3 V  du Big Data : volume, vitesse, variété de données : selon les panelistes, ces 3 enjeux du Big Data, sont aussi ceux de tous les décisionnaires de l’entreprise, pas seulement les top executives. Le 4ème v est encore plus important, c’est celui de la véracité, celui va transformer la donnée en information. Mais où est le véritable problème marketing ?

Sans doute que la problématique de base est plus à chercher du côté du temps et de la maturité marketing (et non informatique) ? Seules 1% des données seraient analysées selon l’étude IDC / EMC. La donnée de base donc n’est pas la donnée ou l’infobésité, une préoccupation d’informaticien en somme, il n’y a que nous – et encore, je n’en fais pas partie – pour nous émerveiller des zettaoctets que nous générons. La plupart de ces inflations de données sont d’ailleurs fictifs et sont dus à l’infobésité des logiciels et des matériels : en revenant sur mes photos numériques des années 90, je me suis aperçu qu’elles faisaient 500 KO, et maintenant, un négatif numérique de photo d’art comme celle ci-dessous fait 25 MO! Certes, elle est plus belle, et me permet de faire de jolis agrandissements, mais ce n’est pas un accroissement d’information, mais un accroissement de données. Donc finalement, l’accroissement du nombre et du poids des photos sur Internet n’a pas changé la donne. La preuve … les photographes professionnels existent toujours, et vous pouvez toujours acheter un Nikon D600 ou même D800 pour essayer les suivre … vos fichiers de 25MO n’y suffiront pas.

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[le négatif digital (.dng) pourtant un format compressé fait 25 MO !]

Le décisionnel dans les médias sociaux, et ses acteurs de niche

Le véritable défi, pour les médias sociaux, me semble se situer aussi autour du fait qu’il semblerait que l’analyse de la donnée à des fins de décision, notamment liées aux médias sociaux, aient échappé – du moins temporairement – aux acteurs majeurs du décisionnel. Ainsi, les incontournables du domaine sont la plupart du temps de petits acteurs, historiquement implantés sur les médias sociaux : certains orientés outils et spécialisés (Tweetreach, imbattable sur Twitter en événementiel, Socialbakers sur Facebook, …) ou spécialisés sur le domaine de l’influence (comme l’excellent e-cairn, une création française, même si elle est implantée dans la Silicon Valley) ou qui viennent du monde de l’édition logicielle Web SaaS ou du service (Digimind en France et Synthesio en France et au UK, Radian6 aux US, Linkfluence, un petit acteur talentueux en France, …). Le responsable digital et décisionnaire ne sait plus où donner de la tête, mais en même temps il est piégé car aucun de ces outils n’est capable de tout traiter correctement.

Les éditeurs n’ont pas fini de chercher ni de mettre au point leurs solutions, à la recherche d’une perfection à 360° dans un domaine où ce n’est finalement peut-être pas possible. J’ai pour ma part arrêté de la chercher et j’essaie de prendre des décisions sur ce que je vois, plutôt que d’essayer de tout mesurer. Voir ma présentation en Anglais au sujet du futur des études de marché.

Peu importe, le vrai problème de la Big Data est hors des médias sociaux, on le voit clairement dans l’étude IDC, et la problématique de temps et de capacité à traiter ces données pléthoriques n’est pas triviale, les 3 v sont peut-être à remplacer par les 3 T : le temps, le temps et le temps.

En fin de compte, ce qui permet de trier la donnée, c’est le filtrage et l’élimination volontaire et arbitraire de la donnée pléthorique : il n’y a rien d’étonnant donc à que seules 1% des données servent à la décision. C’est même presque heureux.

Voici mes notes in extenso de la réunion et du panel

1. LE BIG DATA

Stéphane Schreiber (Brainsonic) a introduit la présentation en donnant “un seul chiffre : seulement 62% des entreprises ont conscience de l’importance du big data et la plupart ne savent pas véritablement ce que c’est”.

image“Ils ne savent pas par quel bout prendre le sujet” selon M. Kaddeche de Inbox, or le retour d’expérience, c’est qu’il faut d’abord explorer et voir ensuite ce qu’on peut mettre en œuvre.

Autre étude IDC (Digital Universe) : C’est une étude EMC qui en est à sa sixième année qui définit la taille de l’univers digital. IDC revient chaque année sur les données de l’année précédente.

En 2005, la taille de l’univers numérique, 130 hexa octets (1 milliard de GO), la prévision pour 2012? c’est 2.8 zettaoctets et pour 2020, on arrive à 40 zettaoctets [je ne sais pas exactement combien ça fait, mais ça doit être beaucoup !]

  • ces données viennent majoritairement 1) du particulier : le particulier est à l’origine de 60%+ des données produites 2) du m2M  : 20-25% des données générées mais à 2020 cela sera 40% des données générées 3)
  • environ 200 milliards d’appareils connectés (7 milliards d’individus) à l’horizon 2020. image

M. Kaddeche de Inbox

  • 16% de ces données sont transmises dans le cloud et cela sera 30% ou plus à horizon 2020. “Finalement, quand on réfléchit, cela ne fait pas tant que ça !” dit M. Verger. “La peur de M. tout le monde, c’est de perdre la main sur ses données”.  L’un des enseignements de cette étude, c’est que le consommateur va avoir le choix.
  • Tout ceci est un enjeu majeur pour les entreprises : 1) les médias sociaux : on sait déjà prédire une épidémie, un succès de cinéma, d’un lancement de produit avec les médias sociaux” a dit M. Khaddeche (photo ci-dessus), et il y a un volet interactif de plus en plus important, et les médias sociaux deviennent un véhicule de communication de plus en plus important. Le client pose déjà ses questions de SAV, et certaines entreprises maîtrisent déjà cela très bien 2) les données de navigation

L’infobésité n’est donc pas près de disaparaître nous a confrmé M Mokemat de Information Builders. “Sur un plan technique, le premier porblème à régler sera celui du stockage, et le deuxième sera l’intégration de ces données”. En effet, beaucoup de ces données sont des données non structurées. Le critère qui va prendre de plus en plus d’importance aussi, c’est l’intégrité de ces informations, leur fiabilité (voir mon compte-rendu sur la présentation de Yseulis Costes en Décembre 2012 sur ce sujet).

Information Builders a pour premier métier l’intégration des données (j’ai souvenir en effet de présentations auxquelles j’ai assisté en 1995 sur le BI ou “Business Intelligence”). Ils avaient construit un middleware ‘ESQL’ qui permettait de se connecter à plein de sources de données hétérogènes. Le vrai enjeu pour la société informatique est maintenant de se brancher sur les automates qui seront les premiers fournisseurs de données. “Le challenge sera de croiser ces données avec les données de l’entreprise, qui sont elles des données maîtrisées et aussi anticiper les événements pour prendre de meilleures décisions”. Il y a une partie dédiée à la collecte, à l’analyse et enfin à la distribution et la présentation de ces données. De plus en plus, il faudra aussi être capable de faire du prédictif.

L’écueil de base est de tenter de résoudre le problème métier par la donnée, même si c’est ce qu’on imaginait au début du CRM” a dit M. Kaddeche. Si un client a besoin de voir un conseiller, il ne faut pas l’envoyer sur un achat en ligne” a-t-il dit

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Big Data : 1% seulement des données servent au décisionnel et c’est parfaitement normal was last modified: janvier 23rd, 2016 by Yann Gourvennec

les pros du Web de ch’Nord seront tous aux Journées du contenu web à Lille les 21-22 mars 2013

Journées du contenu web - web analyticsJe relaie l’annonce de ce superbe événement organisé par Eric Delcroix auquel j’aurai le plaisir de participer … bon ! je retourne finir ma présentation … que je publierai en ligne sur Slideshare le 22/03/2013, jour de mon intervention (pour ceux que cela étonnerait que j’écrive en Ch’ti, je précise que, bien que Breton, j’ai vécu dans le Nord très longtemps et que je suis un heureux diplômé de Skema Lille)
Journées du contenu web – web analytics

Alors que la 1er journée des contenus web à Lille est consacrée à la création de contenu pour le web et la matinée de cette journée au référencement sous toutes ses formes, l’après-midi de la seconde journée est traditionnellement réservée au Web analytics. Nouveauté de cette année, Elle sera suivi d’une conférence de cloture par Yann Gourvennec, visionarymarketing. co-fondateur de Media Aces et auteur avec Hervé Kabla de Les médias sociaux expliqué à mon boss en début de soirée.

Bouton-inscription-2

Nous avons voulu gardé un fil conducteur entre les 2 journées, aussi, des rédacteurs web interviendront également ce 2e jour lors de certaines tables rondes ainsi que des référenceurs à l’image de ce qui se fera la veille avec la présence de référenceurs…

La journée du 22 mars débutera à partir de 9 h (les horaires  : 9 h – 12 h avec une pause vers 10 h 30 et de 13 h 30 – 16 h 30 avec une pause vers 15 h. N’oubliez pas également la conférence de cloture entre 18 h et 20 h.

Nicolas Malo a du déclarer forfait dans l’organisation cette année de son WACAMP comme il l’a expliqué dans son blog ! Cependant, Nicolas avait déjà travaillé sur l’organisation de sa partie et il sera présent lors de cette après-midi analytics 😉 Reconnaissons le, nous avons tiré profit de son travail !

Le programme des web analytics

  • Table ronde : l’avenir de l’analytics (13 h 30 – 15 h) Quel est l’avenir à terme de l’analytics ? Pour mesurer quoi ? Et certainement que la question « big data » sera posée ? est ce que les référenceurs vont s’approprier le métier ?
  • Atelier conférence de Nicolas Malo (15 h – 16 h 30… prévoir 17 h, Nicolas, co-auteur du livre Web Analytics est aussi bavard 😉
  • En parallèle, tout le long de l’après-midi, un enchainement de 6 à 8 mini conférences avec des cas pratiques, etc. complétera le programme.

Intervenants confirmés (la liste n’est pas exhaustive, nous la complétons au fil des jours)

  • Nicolas Malo
  • Aurélien Bouchard
  • Jean-Baptiste Gabellieri
  • Julien coquet
  • Sébastien Monnier

N’oubliez pas qu’il est impératif de s’inscrire par exemple depuis la page comment s’inscrire de ce site, car les places seront comptées comme chaque année !

En soirée, vous aurez le privilége et le plaisir de pouvoir écouter Yann Gourvennec, visionarymarketing. co-fondateur de Media Aces et auteur avec Hervé Kabla de Les médias sociaux expliqué à mon boss. Profitez de la page d’inscription pour vous inscrire à cette conférence en soirée.

les pros du Web de ch’Nord seront tous aux Journées du contenu web à Lille les 21-22 mars 2013 was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

retour (utile) sur la définition des médias sociaux

eye-large.gifLa sélection du jour, c’est l’article de Thomas Jammet de l’agence 71Signe qui revient sur la définition des médias sociaux et cite bon nombres d’ouvrages sur le sujet dont le nôtre : Les médias sociaux expliqués à mon boss. La tentative est loin d’être idiote. Un nom (encore plus un nom composé) est porteur de sens. En changeant le vocable « Web 2.0 » en « Social Media », la « communauté » (il est difficile de savoir qui a défini ce nom pour la première fois, mais voici un des textes fondateurs, peut-être le premier, qui donne d’ailleurs une drôle de définition en exergue…), a de facto reconnu un certain nombre d’évolutions des médias sociaux :

photo http://antimuseum.com
photo http://antimuseum.com
  1. Web 2.0 faisait référence au Web, pas les médias sociaux . C’est que la prédominance du Web mobile (aujourd’hui, environ 20% des visites en moyennes sur les sites que j’ai gérés) se fait pressante ;
  2. En incluant le vocable SOCIAL, le Web collaboratif devient le point focal du partage. Le Web 2.0 était plus le reflet d’expériences de startups, et comportait aussi des éléments technologiques (rss, client léger,…) qui tendent à être pris pour argent comptant ;
  3. En insistant sur le « média », le terme veut dire 2 choses : a) la reconnaissance du Web collaboratif comme nouveau média, comme cela s’est vérifié maintes fois, notamment via Twitter qui devient, on peut d’ailleurs critiquer certaines dérives, un mode d’information même pour les professionnels de l’information. « L’information circule sur Twitter » entend-on, ce qui fait réfléchir… b) le média, c’est aussi un medium de publicité. Le changement de vocable est aussi le signe de la monétisation des médias sociaux, sujet devenu central dans le développement de certaines plateformes, comme Facebook, sommées par leurs actionnaires de monétiser vite et beaucoup (au détriment de l’ouverture de leurs API et du respect, parfois, de leurs utilisateurs).

Voici l’article de 71signe, qui a aussi produit un livre blanc sur lequel nous reviendrons bientôt.

71Signe Experience » Médias sociaux : une esquisse de définition

La curiosité et l’enthousiasme que suscitent les médias sociaux sont à la hauteur de la difficulté de leur appréhension et de leur définition. Peut-on éclaircir en une phrase ce que recouvre ce concept fuyant ? Petit tour d’horizon (non exhaustif) de quelques propositions courantes, disponibles sur le web.

Faire le tri

Trois éléments transversaux caractérisent tous les médias sociaux : le support technologique nécessaire à l’existence et à l’évolution de ces nouveaux outils d’information et de communication, l’interaction sociale qu’ils favorisent ou facilitent par rapport à d’autres médias, et la création de contenu par les utilisateurs (user-generated content, abrégé UGC), qui les singularise et contribue à leur intérêt en même temps qu’elle brouille les rôles culturels traditionnels du producteur, du diffuseur et du consommateur.

Si ces trois caractéristiques centrales font l’objet d’un consensus parmi les théoriciens et praticiens du web, elles ne permettent pas encore l’établissement d’une définition unanime de ce que sont concrètement les médias dits « sociaux ». Ces dispositifs offrent certes un accès plus direct, par rapport à des formes plus « classiques » de médias, à l’expression et à la modification du contenu qu’ils véhiculent. Mais leur diversité, tant en termes de supports que d’usages effectifs, les rend difficiles à subsumer sous une étiquette unifiante.

[…]

via 71Signe Experience » Médias sociaux : une esquisse de définition.

retour (utile) sur la définition des médias sociaux was last modified: mars 14th, 2013 by Yann Gourvennec

Synthesio met Media Aces (et le Nigeria) sur la carte du Social Media Week 2013 #SMW13

eye-large_thumb.gifC’est d’abord un grand honneur d’être au tableau de chasse des « influenceurs » de la social media week de la semaine dernière. Il est vrai que l’événement Media Aces du 18 février 2013 avait été très bien préparé par Jean Marc Goachet de Mines Paristech et mon compère Hervé Kabla (parti skier ce jour là). Il est donc un peu normal, vu la force de cet événement qui a vite pris une bonne place dans le classement des tendances de Twitter (trending topics), que mon compte Twitter soit troisième de la France, étant donné que je faisais  le live tweet … pas de miracle. Un certian nombre de choses étonnent un peu cependant dans ce rapport. D’abord, le fait que le Royaume Uni soit si faible et que l’Italie soit si forte ! Voilà qui est étrange. Que la France cartonne ne m’étonne guère. Pour faire beaucoup d’événements en Europe et ailleurs, je vois bien que nous sommes meilleurs que nous lecroyons. Après tout si des entreprises comme Jive viennent établir leur siège européen en France, c’est qu’il y a une raison (voir mon compte-rendu sur le rapport Lecko). Plus étonnant encore, la présence du Nigéria (Sic!) dans le rapport Synthesio des influenceurs, au-dessus de l’Allemagne (certes ils ne sont pas très nerveux en social media en Allemagne si on omet quelques champions comme Amiando …mais quand-même ! ils ont d’autres chats à fouetter que des lolcats à Lagos en ce moment). Serait-ce le détail qui cloche ? Ah ! Le difficile métier que voilà de mesurer « l’influence », cet ingrédient impalpable et pourtant si visible …

Social Media Week is a worldwide event connecting people and organizations globally, through collaboration, learning and sharing ideas. This week, 10 cities around the world celebrate the tremendous social, cultural and economic impact of social media.

Social Media Week has become an incredible platform and community that has grown to more than 100k members – this year, SMW celebrates its fifth birthday and marks this milestone with a unifying global theme that represents the connectedness and openness of the collaborative, digital world. This global theme is evident when examining overwhelming buzz around the event all across the map.

At Synthesio, we eagerly jump on the opportunity to track global conversations around an event of this magnitude with such a web frenzy surrounding it, so we decided to take a sip from our Twitter Firehose and track all Twitter conversations surrounding Social Media Week 2013, to provide you with engaging insights into the overall reach of the event, trending topics, and finally, our list of top influencers driving the conversations.

So, now it’s halftime for SMW13 and we invite you to stand up, stretch, grab a drink, and enjoy the Synthesio SMW Halftime Report. Congrats to the top influencers in the U.S., France, UK and Singapore, and don’t forget to check back for the full Post-Game Analysis!

via Social Media Week 2013 – Halftime Report – Synthesio #SMW13.

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Synthesio met Media Aces (et le Nigeria) sur la carte du Social Media Week 2013 #SMW13 was last modified: février 25th, 2013 by Yann Gourvennec

infographies, degré zéro du savoir ? (1)

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Un petit coup de gueule du mardi matin. Grâce à mon application Firefox préférée (StumbleUpon) qui me permet de trouver de nouveaux contenus et de nouveaux sujets, j’ai découvert cette très intéressante infographie sur la véritable nature des marques en fonction de leur couleur. Je ne suis pas certain que ces graphiques, Fort beaux au demeurant, « vous disent tout sur la nature de votre business » comme l’indique le sous-titre, mais j’ai par contre la conviction que je commence à mieux comprendre la façon dont nous lisons, comprenons et sommes influencés par les images.

Il y a longtemps (2003), je publiai un article sur Visionarymarketing.com, mon site Web, par Giancarlo Livraghi, un publicitaire italien et l’auteur d’un livre transalpin intitulé « la culture de l’Internet » (au sens voltairien du terme). Giancarlo, dans cet article, décrivait ce qu’il appelait la maladie de  PowerPoint, un concept qu’il avait trouvé en voyant Colin Powell utiliser les images pour convaincre les Nations Unies que la guerre contre l’Irak était justifiée. Son argument était que la plupart des images utilisées par Powell étaient fabriquées mais n’avaient subi aucun questionnement car il est difficile de ne pas croire aux images. Cette théorie fut ensuite accréditée dans un film hollywoodien basé sur une histoire vraie (Green Zone – 2010). Je republierai l’article de Giancaro Livraghi très prochainement.

Imago ergo sum …

Les infographies, notamment les infographies comme celle-ci qui sont particulièrement belles et mises en page avec beaucoup de goût, sautent directement à la conclusion et sont faciles à comprendre. Elles sont émotionnelles et esthétiques. Elles font appel à nos sentiments. De plus, car elles sont si simples et didactiques, elles sont prises pour argent comptant, tant et si bien que personne n’ose dire qu’elles pourraient peut-être être fausses. Tout ce dont vous avez besoin est de cliquer sur votre souris et hop ! L’image est multipliée et partagée dans le monde entier. Il ne s’agit plus de cogito mais de imago ergo sum.

Simplistes et exagérées

Et pourtant, les infographies sont aussi simplistes et exagérées. Elles vous font gagner du temps mais en même temps, les images tendent à vous à priver les lecteurs de leur œil critique (entendons-nous bien, le problème vient bien du lecteur et non de l’objet de la lecture). La plupart du temps elles sont non représentatives et font état de résultats étonnants. On y trouve souvent des mentions à « une étude des meilleurs [remplacez par ce que vous voulez] du Monde » (les marques dans ce cas particulier) mais qui a sélectionné l’échantillon ? Quelles sont ces marques ? Qui a commissionné l’étude ? Où sont les résultats de cette étude ? Quelle en est la méthodologie ?… de telles questions sont et resteront probablement sans réponse.

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Le compte bancaire orange d’ING voué à l’échec ? Ben voyons !

Un regard attentif porté aux détails ci-dessous éclairera encore plus votre lanterne. Je me suis juste focalisé sur la couleur orange pour une raison évidente (transparence : je travaille pour Orange). Comme cette couleur est utilisée par l’entreprise pour laquelle je travaille, j’ai eu le plaisir de m’apercevoir qu’elle était populaire pour la high-tech, si l’on en croit cette infographie, et que le code couleur en est cohérent avec les valeurs de la marque que nous aimons. J’ai lu également que cette couleur est censée être non populaire pour les services bancaires alors qu’ING l’a utilisée avec beaucoup de succès non seulement aux Pays-Bas mais dans le Monde entier et notamment aux États-Unis où son nom est très associé à cette couleur.

Comme un horoscope

Pas besoin d’aller plus loin. Regarder une belle image comme celle-ci me fait penser à la lecture d’un horoscope : c’est sympa, c’est amusant, cela vous interpelle légèrement, mais cela n’est pas du savoir. Celui-ci requiert de sourcer ses informations. Il requiert de la contradiction. Le savoir peut utiliser les images ; mais il peut certainement se passer de certaines infographies.

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infographies, degré zéro du savoir ? (1) was last modified: février 19th, 2013 by Yann Gourvennec