Les boss d’accord pour dire que les médias sociaux ont changé la donne !

La sélection du jour …

C’est l’article de Thierry Moussu, pour tout savoir sur la conférence des « boss qui tweetent … ou ne tweetent pas », qu’il a bien voulu rédiger pendant que nous animions la conférence Media Aces du mardi 11 juin 2013 à Mines ParisTech. Un véritable ravail de titan dans lequel il a consigné chaque point, chaque remarque, en tapant énergétiquement sur sa tablette (voir la photo en bas). Ce qui m’a frappé dans ce débat, en dehors de l’opposition assez nette – et voulue entre les patrons qui twittaient (Nicolas Bordas et Françoise Gri) et ceux qui étaient en opposition (Bruno Witvoët et Gonzague de Blignières) c’est plutôt, cela peut paraître bizarre, une forme de consensus qui se dégageait de la réunion.

Certes, il y a des pours et des contres. Certes, Françoise Gri a recruté son Directeur Digital en utilisant Twitter et elle incite fortement ses managers à tweeter (ce qui a provoqué d’ailleurs des réactions assez hostiles … le choix de Twitter ou non doit rester personnel, c’est aussi ma conviction). Certes, de l’autre bord, on fustigeait la culture du zapping (là encore pas à mauvais titre), ou le fait que toute cette communication en ligne ne devait pas se mettre dans le chemin des humains qui veulent se rencontrer (encore un consensus large dans la salle).

Mais surtout, surtout … ce qui m’a frappé au-delà de toutes ces anecdotes ou de ces points de vue, c’est le fait que tous s’accordaient à dire en fin de partie que, nolens volens, Twitter et les médias sociaux avaient changé la donne.

S’il y avait donc une chose que je voudrais retenir de cette conférence riche et animée, ce serait ce point, qui a rassemblé tous les intervenants, au-delà de leurs divergences.

Vous pouvez retrouver la conférence au travers se sa large couverture médiatique (L’Express, Libération, Les Echos et les blogs) …

Et sur la page  Flickr de Media Aces qui reprend mes photos de l’événement :

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par Thierry Moussu, pour le compte de Media Aces

MINES ParisTech accueillait hier matin la conférence / débat sur l’usage et les pratiques de Twitter par les dirigeants d’Entreprise. Nous avons demandé à Thierry Moussu (voir sa biographie en fin d’article) de faire un compte-rendu de la conférence, nous le remercions chaleureusement pour ce travail très précis et complet.

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Quelques intervenants à la conférence Media Aces du 11 juin 2013 de gauche à droite : Fabienne Simon, Françoise Gri et Nicolas Bordas

L’étude exclusive Ipsos-Media Aces

Fabienne Simon (@FabienneSimon), DGA d’Ipsos Public Affairs a tout d’abord présenté les résultats d’une étude qualitative réalisée par IPSOS en exclusivité pour Media Aces.

Les principales conclusions de cette étude dont vous pourrez retrouver la synthèse ici sont les suivantes :

Pour les boss qui tweetent :

Les dirigeants qui utilisent Twitter le voient d’abord comme un espace de liberté unique, qui casse les schémas habituels de la communication Corporate et leur permet de s’exprimer spontanément et immédiatement, au risque parfois de court-circuiter le département Communication de l’Entreprise

Twitter est un média qui intrigue, qui séduit, qui fascine même parfois, et qui comble à la fois le cerveau droit et le cerveau gauche des dirigeants qui l’utilisent

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Fabienne Simon, DGA d’Ipsos qui a présenté l’étude exclusive Ipsos-Media Aces

L’usage de Twitter est très hétérogène au sein du patronat français, qui dépend à la fois de la personnalité (mais aussi de l’âge) du dirigeant, du type de business (plus « facile » en B2C qu’en B2B), ou du domaine d’activité de l’entreprise. Il est évidemment plus naturel pour un dirigeant d’une PME liée à l’écosystème digital d’être sur Twitter que pour le patron d’une entreprise manufacturière traditionnelle qui a l’habitude de ne communiquer que par Communiqué de Presse.

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Thierry Moussu en pleine concentration sur son compte-rendu 

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à propos de l’auteur …

Ancien d’OpinionWay, OTO Research (groupe FullSIX) et plus récemment de Linkfluence (spécialisé en Social Media Intelligence), Thierry Moussu possède une double expertise en études Marketing et en marketing digital. Il cherche aujourd’hui un poste de Social Media Manager chez un annonceur, n’hésitez pas à le contacter via linkedin ou Twitter !

>> lire la suite de l’article sur le blog de Media Aces : “pour tout savoir sur la conférence des « boss qui tweetent … ou ne tweetent pas”

Les boss d’accord pour dire que les médias sociaux ont changé la donne ! was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Dialogfeed révolutionne le Web avec les réseaux sociaux – en mode cloud ! (startup du mois)

imageGérard Depardieu, reviens ! Les entrepreneurs belges s’intéressent à la France, c’est bon signe. Et ce n’est pas étonnant non plus. La France est un grand marché européen et  l’accueil fait à l’innovation y est meilleur qu’en Belgique selon Alexandre Vandermeersch qui vient d’installer dialogfeed en France. J’ai interviewé Alexandre fin Mai 2013 à Paris ; hors micro, il nous confiait : “quand je paie un employé belge, cela me coûte jusque 3 fois son salaire, il ne lui reste plus grand-chose dans la poche en fin de mois !” Voilà de quoi nous faire cesser de pleurnicher, et nous pourrions même nous réjouir de payer peu d’impôts … du moins en comparaison de certains pays ou certaines régions.

tv-smallEt la startup d’Alexandre, ce n’est pas n’importe quoi, elle est en effet sur un créneau hautement porteur qui est celui de la socialisation des sites Web. Révolution que mes lecteurs connaissent bien puisque je la prône depuis 3 ans, et l’ai pratiquée en entreprise pendant plus de 2 ans. Cette révolution est cruciale, et mène aussi à la fameuse TV connectée (alias 3ème écran) avec la décision de France 24 de choisir Dialogfeed le 4 juin 2013 pour son émission Le Débat. “Le démarrage s’est bien passé” nous a confié Alexandre et “la chaîne va monter en puissance prochainement avec un hub central pour le streaming et la curation sociale à l’antenne en studio et sur le Web”.

Concept très intéressant, ils sont déjà quelques uns, notamment aux US, à proposer la socialisation de sites Web clé-en-main, sans rien avoir à coder soi-même. Ceci est avantageux, car pour l’avoir vécu moi-même, la mise au point de l’intégration sociale dans les sites Web statiques requiert un savoir-faire technique important, et une capacité d’adaptation permanente. Il n’est donc pas idiot, et surtout il est plus économique et rapide, de recourir à un service en mode SaaS qui va permettre l’intégration sociale dans les pages html … sans rien coder.

Et cela, en prime, est accessible aux e-commerçants et aux blogueurs les plus petits, il n’y a pas de limite basse d’usage et la montée en charge est possible. Zoom sur Dialogfeed avec son Directeur Général :

Qui est Dialogfeed et pourquoi venir en France ?

Dialogfeed est une start-up belge, voire même franco-belge puisqu’elle vient d’installer son bureau à Paris. J’ai fondé dialogfeed il y a un an en l’incubant dans dialog solutions et ces deux sociétés sont en train d’être séparées afin de laisser voler dialogfeed de ses propres ailes.

Alexandre Vandermeersch de Dialogfeed pendant notre interview à Paris

Le marché français est beaucoup plus important que le marché belge, et il est aussi plus innovant, plus ouvert aux médias sociaux et à l’innovation, et au digital en général.

Notre philosophie est principalement de rendre les sites Web plus sociaux avec une intégration beaucoup forte des conversations sur les marques, pertinentes, sur les médias sociaux et les contenus sociaux ; tout cela intégré de manière intelligente sur le site de l’entreprise, qui est l’endroit où ils vont convertir et convaincre leurs clients.

Pourquoi la socialisation de sites Web est-elle importante ?

Nous sommes « programmés » pour interagir avec d’autres humains, et pour prendre des décisions en fonction de ce qu’on appelle les « signaux sociaux ». Vous allez rentrer dans un restaurant si vous voyez qu’il y a du monde, et pas dans celui d’à côté qui est vide. C’est exactement la même mécanique qu’on reproduit sur le site, en reprenant le flux des contenus sociaux et en l’associant avec des visages pour augmenter le taux d’engagement et diminuer le taux de rebond. Ceci permet de mieux convertir et convaincre les clients potentiels, via les critiques positives sur les produits, les catégories de produits, le SAV, les commentaires de Facebook sur la marque etc.

On inclut aujourd’hui Facebook, Twitter, YouTube, Google+, LinkedIn en B2B, les flux RSS pour inclure le contenu des blogs ou de Pinterest qu’on intègre aussi via le biais-là. Chaque semaine ou chaque mois, on intègre de nouveaux médias sociaux.

Les résultats sont très variables ; cela va jusqu’à 30 % de taux de transformation sur les produits qui incluent ces témoignages sociaux, voire même plus quand on inclut des flux sociaux sur les pages d’accueil qui manquaient de visibilité auparavant. On a permis d’aller jusqu’à multiplier les ventes de 5 à 6 fois pour un opérateur d’assistance routière par exemple.

À qui cela s’adresse-t-il ?

Cela s’adresse essentiellement aux sociétés déjà présentes dans les médias sociaux et qui ont un site Web important, qui veulent vraiment vendre en ligne ou au moins convaincre les utilisateurs d’acheter leurs produits en ligne. Aucun prérequis n’est nécessaire puisque cela peut s’intégrer en quelques minutes. Il faut juste un minimum de contenu social, pour pouvoir en tirer avantages.

Pour créer un compte, comment fait-on ?

Il faut contacter dialogfeed afin d’accéder à leur site ou leur envoyer un e-mail à Alexandre’@’dialogfeed.com. La société belge va mettre en place dans peu de temps un compte de test gratuit que tout le monde pourra utiliser.

Le modèle économique

Il est basé sur le nombre de pages vues via les widgets, ce qui permet de travailler avec des sites e-commerce qui font juste quelques milliers d’euros par mois, jusqu’à des sites qui font €100 millions par an ou plus, mais avec un prix adapté. Cela commence à partir de €0 du fait du modèle gratuit mis en place pour les blogueurs. Cela peut aller ensuite jusqu’à quelques milliers d’euros par mois pour les grands comptes.

Cas concret : Touring en Belgique

Touring a intégré son flux social sur sa page d’accueil, et on est en train de réfléchir à d’autres intégrations sur les pages produits et les pages pour convaincre. Le but est, quand on a une présence sociale assez développée, avec des vidéos sur YouTube, des pages Facebook, des tweets, et que le terrain Web est quand même limité, de pouvoir intégrer ce contenu de manière intelligente, tout en mettant en avant le contenu de valeur, de façon à ce que les visiteurs passifs, qui ont coûté cher à recruter, voient les choses les plus intéressantes en premier. Ces utilisateurs seront ensuite beaucoup plus enclins à cliquer sur des bannières produits classiques. Si vous ne mettez que des bannières et des contenus purement commerciaux, le visiteur aura tendance à se désintéresser du site.

Les blogs d’entreprise

Beaucoup de nos clients, comme Telenet, qui est le premier câblo-opérateur belge, ont créé leurs propres contenus et se sont aperçus qu’ils ont beaucoup plus de facilité à générer les communautés des commentaires sur les médias sociaux, sur Twitter, Facebook et YouTube, que sur leur propre blog. Donc nous allons chercher ces commentaires pour les réintégrer sur le site de manière à favoriser la visibilité de la communauté qui interagit, valide le contenu, et de manière à augmenter aussi le partage. Ce cercle vertueux qui se met en place quand on crée une communauté, est le centre de la valeur car il n’y a rien de pire qu’un blog d’entreprise qui parle dans le désert, avec aucun commentaire, et aucune visibilité sociale.

Qui est Alexandre Vandermeersch ?

Alexandre VandermeerschAlexandre Vandermeersch est directeur de dialogfeed et aussi de dialog solutions qui est la société mère, et il travaille dans cette société depuis 2009. Avant cela il a exercé le conseil chez McKinsey & Cie ; il est également titulaire d’un MBA et a une formation d’ingénieur informatique.

Dialogfeed révolutionne le Web avec les réseaux sociaux – en mode cloud ! (startup du mois) was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Conférence Media Aces 11 juin : Un patron doit-il tweeter ? (via @olivcim)

La sélection du jour …

C’est le billet d’Olivier Cimelière qui relaie et présente la conférence Media Aces du 11 juin matin : ne la ratez pas !

 

Aux Etats-Unis, un PDG sur 2 du classement Fortune 500 dispose aujourd’hui d’un compte Twitter. Néanmoins, moins de la moitié de ceux qui ont posé le pied dans le gazouillis numérique sont véritablement actifs et partagent régulièrement leurs impressions, leurs lectures, voire leurs coups de gueule ou coups de cœur à un instant T. Une présence relativement faible que déplore l’agence de communication Brandfrog. Selon son étude récente, il s’avère que 82% des consommateurs accordent davantage confiance aux marques dont les dirigeants sont engagés sur les réseaux. 78% se déclarent même prêts à rejoindre leur entreprise pour y travailler et 77% ont envie d’acheter leurs produits. Alors, est-ce un « must » incontournable ou un outil à considérer avec recul et pertinence ?

via Conférence Media Aces 11 juin : Un patron doit-il tweeter ou s’abstenir ? | Le blog du Communicant 2.0.

via Conférence Media Aces 11 juin : Un patron doit-il tweeter ou s’abstenir ? | Le blog du Communicant 2.0.

Conférence Media Aces 11 juin : Un patron doit-il tweeter ? (via @olivcim) was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Faux commentaires : un ex-dirigeant d’Accor coupable d’un défaut de transparence sur Tripadvisor

newspaper-largeQue ce soit avec Media Aces, ou sur ce blog, voire dans nos ouvrages comme les médias sociaux expliqués à mon boss publié en 2012, Hervé Kabla et moi-même sommes fatigués de le répéter : les exigences de transparence dans les médias sociaux (ou en dehors des médias sociaux d’ailleurs) sont impératives, et notre bonne société française n’y échappe pas. Un épisode récent, relayé le 24 mai sur le site du Daily Telegraph au Royaume-Uni, a mis en cause l’entreprise française Accor au travers d’un de ses ex-représentants en Australie (cf. l’annonce de sa mise à l’écart ici). Accor a pu faire valoir sa charte des médias sociaux qui incluait une clause de transparence. Cet incident vient nous rappeler le caractère crucial de ces règles de transparence, souvent minimisées, voire raillées dans nos entreprises.

« L’astro surfing », ou l’art de manipuler l’influence

La manipulation de l’influence, n’est pas nouvelle. Même si le termes « astro surfing », lui-même dérivé du terme « astro turfing**» est assez récent, de tout temps les techniques « d’entrisme, » ont été utilisé une, notamment la politique. Ces approches, hautement non éthiques, sont cependant régulées, notamment en Europe au travers d’une directive européenne de 1972. L’astro surfing, peut se pratiquer en faveur de la société elle-même, ou en la défaveur de ses concurrents. Dans les 2 cas, il s’agit d’avancer masquer, voire de payer une entreprise spécialisée, préférence offshore, afin de parsemer le Web de fausses critiques et de commentaires bidons.

**le terme astro turf est une marque de gazon artificiel. L’expression a été créée pour souligner la différence entre un mouvement du terrain (grassroots) et un mouvement artificiellement créé au travers de l’entrisme. Le terme astroturfing daterait de 1985.

photo : antimuseum.com

Le rappel des faits

Le directeur de la communication d’Accor hôtels en Australie, auteur d’une centaine de revues sur trip Advisor, sur ses propres hôtels et sur ceux de sa concurrence, se fait prendre la main dans le sac au travers de l’application mobile trip Advisor, qui requiert une identification au travers de son compte Facebook (a priori supprimé), ce qui l’a exposé aux yeux de ses concurrents et du monde. En rupture avec la règle de transparence édictée par la société Accor sur son intranet et sur slideshare, le responsable de la communication australien, autoproclamé « directeur de la propagande » (Sic !) a été démis de ses fonctions. Son compte Twitter a subséquemment disparu , mais son compte LinkedIn, dont je ne suis éloigné que de 2 niveaux, est quant à lui toujours visible.

Le bruit fait autour de ce problème a été assez conséquent dans la sphère anglophone du Web, est quasi, voire inexistant en France comme en témoigne cette recherche sur le Google local en Français***.

***Rappelons, pour ceux qui l’ignoreraient encore, que les résultats de Google varient en fonction : 1) de la langue 2) du domaine 3) de l’IP … et même de la connexion aux médias sociaux, depuis peu. La requête tripadvisor Accor ne montre aucun résultat en France et en Français.

Le rappel des règles

exclamation-largeLa vertu de la répétition dans l’éducation n’étant plus à faire (bis repetita placent) rappelons, en la résumant en une phrase, ce qu’est l’exigence de transparence : elle peut se traduire simplement en disant que, quand je m’exprime sur une marque pour laquelle je travaille, je dis qui je suis, pour qui je travaille, puis je peux m’exprimer. Ceci s’applique aussi bien aux articles dans les blogs, que dans les commentaires dans des sites collaboratifs ou commerçants, comme Amazon ou trip Advisor. Cette règle, qui s’applique aussi aux sous-traitants, a été détaillée par socialmedia.org, et ce document traduit et mis à disposition par l’association media aces, dont je suis le président co-fondateur, ainsi que dans le livre « les médias sociaux expliqués à mon boss ».

Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà

Bien entendu, en France, pays de l’intelligence suprême, cette règle ne s’applique pas. Elle n’est valable que pour l’étranger, qui est retors et manipulateur, alors que nous sommes parfaits et irréprochables. Soupirs … Blaise Pascal, sors de ce corps !

C’est un fait, les histoires de ce genre, dans les journaux, en France, sont très rares. Même cette anecdote récente concernant pourtant une société française majeure ; mais, me dire-vous, le mal vient encore de l’étranger et le journaliste est Anglais, ce qui explique pourquoi il ne trouve aucun écho de ce côté-ci de la Manche. Pourtant, l’impact sur la marque, dans ce cas, est bien mondial, et ne préserve pas notre champion hôtelier national. D’autant plus qu’en France il existe une loi ancienne, qui préexiste aux médias sociaux, alors qu’en Grande-Bretagne, celle-ci est récente et issue de la législation européenne. Pourquoi donc si peu d’attention est-elle donnée à ces dérives ?

Peut-être bénéficie-t-on d’une mansuétude plus grande de la part des journalistes chez nous ? Je ne sais. Au Royaume Uni, les affaires de ce genre éclatent au grand jour et sont monnaie courante. Les journalistes, redoutables et implacables, s’en donnent à cœur joie à longueur d’année. On ne badine pas avec le mensonge de l’autre côté de la Manche.

Peu importe, l’erreur est commise, il faut la réparer. Certes, Accor avait pris toutes les précautions à la fin de 2012 (c’est assez récent, mais bien stipulé dans la règle n° 4), dans sa charte des médias sociaux, qui lui a permis de se dédouaner du problème, et probablement de mettre en vacances l’individu en question ; reste à prendre les mesures correctives pour que cela n’arrive plus et communiquer sur ces dernières.

Je profite de cet épisode pour répéter … quelques règles de conduite quant à la transparence

  1. De toutes les règles que vous édictez dans votre charte des médias sociaux, la charte de transparence est probablement la plus importante sinon la seule qui soit importante. Les entreprises prennent un temps infini à essayer de régenter les droits et les devoirs de leurs utilisateurs, alors que j’ai remarqué un certain laxisme, pour dire les choses gentiment, eu égard à ces règles de transparence. Je ne parle pas, de ces collègues à qui j’essaie toujours d’expliquer ce point et qui refusent, ou qui sont incapables, de le comprendre ( “ah bon ! c’est vrai ? mais pourquoi ?!” … re soupirs)
  2. Le problème ne vient pas toujours du bas, cet exemple chez accord montre effectivement l’implication d’un directeur de la communication, à un niveau de direction important de l’entreprise. Ne partez pas du principe que les seuls à surveiller sont le « petit personnel » ;
  3. Il faut s’assurer à tout prix que la charte des médias sociaux a été vue et acceptée : il est par exemple conseillé de la fusionner avec les conditions d’accès à l’Internet, en stipulant que leur acceptation vaut l’acceptation également de la charte de transparence ;
  4. L’évangélisation vaut mieux que la dénégation. Et celle-ci commence par le haut. Répétons-le, le danger ne vient pas que du « petit personnel ». Cet exemple vient nous le rappeler et le démontrer ;
  5. Dans le cadre d’un problème comme celui-ci, apporter 1 démenti, ou 1 mise au point, ne suffit pas tout à fait. Il faut également répéter, de façon ouverte officielle et claire, l’engagement de l’entreprise au respect de la règle de transparence. Ceci a un double effet : envoyer le message clair vers l’extérieur que ceci ne se reproduira plus, et que la société est respectueuse et de sa concurrence et de sa clientèle. Et d’autre part, ceci envoie un message clair aux employés qui doivent lire, comprendre, admettre et respecter cette règle de transparence de façon absolue.

Quelques remarques sur trip Advisor et les sites d’évaluation

Il serait facile de jeter trip Advisor avec l’eau du bain ; trop facile. Les sites d’évaluation sont souvent meilleurs et plus utiles qu’on le croit, même si de temps en temps un canard boiteux fait son apparition. D’une part, le canard boiteux en question est souvent démasqué, ce qui a été le cas ici même. D’autre part, je m’en suis moi-même mordu les doigts lorsque en réservant un hôtel à San Francisco sans réfléchir, je me suis aperçu rétrospectivement que j’avais oublié de lire les avis sur ce site. Cette précaution m’aurait évité bien des problèmes (lire les avis de cet hôtel désastreux pour comprendre ce que j’aurais pu éviter).

Quelques conseils pour bien décoder les avis sur 1 site d’évaluation comme trip Advisor

Je me suis inspiré ici de quelques conseils sur le site d’AOL, que je me suis permis de personnaliser et d’adapter :

  1. Ne pas se limiter à 1 seule revue sur 1 hôtel/restaurant, en lire un grand nombre, et éviter celles qui paraissent « suspectes ». Ne garder en tête les critiques hyper positive ou hyper négative que si elles sont d’une part très argumentées et d’autre part corroborées par d’autres évaluations du même genre ;
  2. Soyez vous-même régulièrement contributeurs, plus il y a de contributeurs individuels, plus vous découragerez et diluerez les astro-surfeurs ;
  3. Si le responsable de l’hôtel ou du restaurant répond lui-même à chacune des critiques, et qu’il apporte un réponse à celle-ci, alors il y a de fortes chances qu’il apporte même soin à son établissement ;
  4. Méfiez-vous des commentaires dont le vocabulaire se rapprocherait de celui d’une brochure commerciale, il s’agit
    probablement d’une fausse évaluation. De même, les évaluations écrites dans une langue approximative, sont peut-être l’œuvre d’une entreprise offshore spécialisée en commentaires bidons ;
  5. Souvent, une fausse évaluation incluera quelques critiques mineures afin de paraître plus crédible, ou l’inverse s’il s’agit d’une fausse évaluation destinée à un concurrent ;
  6. Plus la photo semble professionnelle, moins elle risque de venir d’un utilisateur lambda ;
  7. Toujours regarder le pseudo de l’utilisateur qui a commenté si vous avez un doute sur ce commentaire. Une brève recherche dans Google vous amènera sur d’autres commentaires du même utilisateur ;
  8. Il est difficile de se faire une idée sur un établissement lorsque les évaluations sont peu nombreuses, privilégiez donc ceux où les évaluations sont diverses et variées ;
  9. Et comme d’habitude, il faut croiser vos informations via d’autre sites de façon à vous assurer de leur véracité.
Faux commentaires : un ex-dirigeant d’Accor coupable d’un défaut de transparence sur Tripadvisor was last modified: mai 27th, 2013 by Yann Gourvennec

Retour de Yahoo! sur fond de guerre économique entre géants de la nouvelle économie

Le week-end n’a pas été très favorable aux vacanciers de la Pentecôte, mais comme ceux-ci s’ennuyaient ferme, ils purent lire leur journal et s’apercevoir que Yahoo! était passé à l’offensive en proposant ed racheter Tumblr et en musclant, ce matin-même, Flickr. C’est le retour du Freemium. Accrochez-vos ceintures et comptez les milliards !

C’est officiel depuis ce matin. Si, comme moi (cf. mon compte ici), vous avez un compte Flickr, le service de partage de photos préféré des photographes, vous êtes un utilisateur heureux, et vous allez pouvoir ranger votre carte bancaire : Flickr passe au tout gratuit.

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Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiig data

Le changement est spectaculaire, car le stockage y devient quasiment illimité (soit environ 537,731 d’une résolution moyenne de 6.5 megapixels) : “les autres mesures en gigabytes, Flickr vous en donne 1000 fois plus. Un plein terrabyte. Gratuitement” tel est le message. Et moi qui venait de renouveler ma carte bancaire pour Flickr le mois dernier et pour Google Storage hier ! On peut s’attendre à des alignements de “prix” vers le bas.

Changement de cible

Il s’agit aussi et surtout d’un changement de cible : alors que Flickr se spécialisait, en se focalisant sur les photographes et les partages plutôt haut de gamme, il se prémunissait aussi, par un modèle payant des partages bas de gamme (photos mobiles, filtres préfabriqués Instagram) et les conséquences en trafic étaient prévisibles. On les voit nettement dans ce graphique (non certifié) de Alexa.com, qui indique et confirme la tendance. Elle n’est pas bonne.

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Yahoo! va donc recentrer son système de photos vers le mobile (la métrique est de 6.5 megapixels, un appareil haut de gamme, oscille entre 16 et 34 megapixels), et se détourner des amateurs de la photo qui risquent d’aller chercher un service plus stable … ou se contenter de Flickr mais en cessant de le payer ; car Yahoo! vous le propose : repassez au gratuit et la seule chose que vous perdez sont … les statistiques et les publicités.

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Retour de la nouvelle économie : “le chiffre d’affaires vaut-il 1 milliards €”

C’est le retour de la bonne vieille “nouvelle économie”, et des questions idoines. Quand Yahoo! propose de racheter Tumblr pour 1 milliard de $, la question fuse “une entreprise d’à peine 150 personnes qui fait peu ou pas de chiffre d’affaires vaut-elle aussi cher” demandait en substance un journaliste de France Info ce week-end.

Ce qu’il manquera toujours à Yahoo! cependant, c’est un véritable réseau social à la Google+ ou Facebook. Doit-on s’attendre à un nouveau rachat (les restes fumants de Myspace, juste relooké pour l’occasion ?) à coup de milliards ? ou à la création d’un nouveau (bâillement !) réseau social ? En tout cas, rassurez-vous et prémunissez-vous des analyses à l’emporte pièce, Yahoo! est encore très très riche, car il dispose encore de beaucoup de parts de Alibaba, le géant chinois du e-commerce, part évaluée par Forbes à l’équivalent de la capitalisation boursière de Yahoo! elle-même.

Yahoo! peut donc encore se permettre des erreurs et des achats à coups de milliards.

La guerre économique des géants

L’enjeu va bien au-delà des intérêts et des passions de collaboration des photographes amateurs qui ont pourtant fait l succès de Flickr (admirez le talent de photographes comme Mike Mike Milkshakes par exemple). Certes, les snobs de l’appareil photo – dont je fais probablement partie – iront probablement se réfugier sur Behance, le nouveau service ouvert par Adobe (voir ci-dessous).

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Behance.net, le nouveau bébé d’Adobe, futur refuge des amateurs de photos ?

Mais l’enjeu pour Yahoo! est ailleurs, il est de rester dans la course, voire de recommencer à la mener, course qui implique les 2 autres géants du Web : Google (avec Drive, que Google a fusionné avec Picasa et Google+), Facebook (et Instagram).

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Les “nouveaux” tarifs de Google Drive vont sans doute être revus à la baisse

Une fuite en avant … la Police suit de près

Tout ceci donne le goût d’une fuite en avant, à un moment où le Web social s’essouffle, mûrit et, logiquement, la bataille se déplace sur le prix, sans cesse plus bas du stockage en ligne ; on se demande même si on ne va pas vous donner de l’argent pour stocker vos données ! (peut-être une idée de start-up ? après tout, c’est l’utilisateur qui crée le contenu, pourquoi n’est-il pas rémunéré, et autrement que par les clopinettes habituelles, si c’est lui qui génère la valeur ?)

Il est encore tôt pour dire si ces gesticulations de Yahoo! seront suffisantes pour lui redonner sa position perdue de la fin des années 90, mise à mal par Google (que Yahoo! rappelons-le, a refusé d’acheter en son temps, cf. l’anecdote narrée par Scott Berkun dans son livre sur les mythes de l’innovation).

L’enjeu est plus que jamais sur les audiences, et l’inflation à la baisse pour les attirer n’a jamais été aussi incroyable. Mais tous ces sacrifices financiers mènent aussi à l’optimisation fiscale qui commence à irriter sérieusement les gouvernements, pas seulement français, comme ici au Royaume Uni, et c’est nouveau, même aux Etats Unis (en commençant par Apple).

à suivre …

Retour de Yahoo! sur fond de guerre économique entre géants de la nouvelle économie was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec