Qu’est-ce qu’une marque leader ? (avec Yves Goblet)

construire-marque-leaderA l’occasion de la parution de son livre intitulé « Construire une marque leader » aux éditions EMS, Yves Goblet nous a accordé une interview sur la nécessité de rompre avec les techniques de marketing traditionnelles : quelles entreprises ont osé franchir le pas ? Quel sort est réservé aux autres ? On s’aperçoit notamment que la rupture se fait souvent par la transformation digitale et que certaines entreprises attentistes comme la Comareg n’ont pas su se renouveler pour faire face aux nouveaux arrivants comme Le Bon CoinAujourd’hui actionnaire majoritaire dans le développement de sociétés liées au green business, Yves Goblet a fait partie de ceux qui ont démarré Bouygues Télécom où il a occupé le poste de Vice Président. Il a ensuite été directeur général de TPS, directeur adjoint de TF1, puis président exécutif d’Anovo. C’est donc avec un regard expérimenté qu’Yves Goblet nous apporte son point de vue sur la nécessaire rupture dans les techniques de marketing et l’importance qu’il faut accorder au consommateur à l’heure où le digital prend de plus en plus de place dans notre quotidien. Je dois avouer avoir particulièrement apprécié son point de vue éclairé et son expérience ainsi que son langage direct et précis.

On parle d’une rupture dans les techniques de marketing traditionnelles. En quoi est-elle nécessaire ?

Il faut une rupture, car sans rupture avec ces techniques traditionnelles, une marque risque de perdre le fil avec le consommateur. Ce qui était vrai durant les trente glorieuses ne l’est sûrement plus aujourd’hui. Avant, pour lancer une marque, il fallait être puissant, il fallait faire de la publicité, il fallait engranger un processus commercial qui était nécessaire pour rassurer les distributeurs : il fallait des stocks, il fallait aller plus vite que les concurrents. Mais avec le temps, les entreprises ont mécanisé tout cela et souvent traitent leur consommateur comme un objet, et non comme un sujet avec lequel la relation est complexe, riche et fragile. Je prend un exemple dans mon livre avec Dim et Nespresso qui ont su sortir d’un mimétisme entre marques et partir sur un courant porteur lattent qui créé une réelle rupture sur le marché. Le plus dur en marketing, c’est justement d’isoler ces motivations profondes et cette relation entre une marque et un consommateur. C’est tout l’inverse d’un marketing pousse-produit et mécanique.

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Qu’est-ce qu’une marque leader ? (avec Yves Goblet) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Le ROI (des médias sociaux) expliqué par super content man (#scmlb)

Les personnages de Super Content Man  ( ROI )

Le ROI,  (le retour sur investissement), c’est ce bon vieux sujet qui nous hante et que nous avons abordé dans l’épisode 3 de super content man qui sort aujourd’hui lundi 15 septembre. Dans cet épisode, John Brown, le directeur marketing peu dégourdi de Trocatron Ltd, se fait questionner par la directrice de l’entreprise, Diana Winter : « Votre blog est joli, mais qu’est-ce que j’en tire de palpable? », « Combien ça crache? ». Il est vrai que créer un blog et le faire vivre constitue un investissement dont on doit par conséquent estimer les retombées, afin de savoir si cela en vaut la peine.

Le problème, c’est que chez Trocatron Ltd (et dans beaucoup d’entreprises), certains responsables ont une vision très court-termiste et ont du mal à entrevoir le bénéfice que peut apporter un blog à l’entreprise. Et le fait que le ROI d’un blog soit difficile à estimer n’arrange pas les choses… Nous allons toutefois tenter de fournir une réponse à Diana Winter. Il existe trois façon de calculer le ROI d’un média social : la vente, l’engagement et l’économie.

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1 – La vente : on a souvent tendance à penser que le seul revenu que l’on peut tirer d’un site est la publicité. Il est utopique de penser qu’un blog va rapporter des milliers d’euros par mois grâce à ses emplacements publicitaires… On rentabilise davantage un blog en l’utilisant comme un outil de prospection : je crée du contenu, j’identifie mes visiteurs, je les convertis en clients. L’identification du visiteur peut se faire par le visiteur lui-même qui contacte l’entreprise à partir du blog ; l’entreprise peut également utiliser une solution de retargeting B to B (comme celle conçue par Visionary Marketing avec son partenaire Get+) pour capter, puis « choyer » (en anglais on utilise l’expression « lead nurturing », en français on peut aussi dire « mise sous couveuse) les visiteurs de son site qui ont un profil et un scoring comportemental qui convient à ce que l’on cherche.

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2- L’engagement : cela concerne essentiellement les réseaux sociaux. Par exemple avec Facebook, on va calculer l’engagement en divisant le nombre de Likes, de commentaires et de partages par jour, par le nombre d’amis. Cela nous donne un taux d’engagement se situant généralement dans des valeurs très basses, autour de 0.2%, et qui baisse au fur et à mesure que le compte grossit (et que Facebook bidouille son algorithme aussi).  Ce taux d’engagement n’est pas forcément un signe de réussite, certaines entreprises étant dotées, sans effort, d’un meilleur taux que leurs voisines, du fait de la nature de leur secteur ou de leur marque. Par exemple, les marques dites fonctionnelles (marques avec d’énormes nombres de clients et qui fournissent des services comme les banques et les opérateurs Télécom par exemple), dont les forts taux d’engagement sont souvent le signe que beaucoup de clients se plaignent de la marque sur les réseaux sociaux. L’engagement fort y est souvent le signe d’une activité intense en « social CRM », activité qui n’a pas forcément de sens pour une société qui vendrait, par exemple, des céréales pour les enfants, qui par définition ne tombent pas en panne.

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Le ROI (des médias sociaux) expliqué par super content man (#scmlb) was last modified: mai 20th, 2015 by Cédric Jeanblanc

Les 5 niveaux de transformation digitale en entreprise selon Fayon et Tartar

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Dans leur livre intitulé Transformation digitale : 5 leviers pour l’entreprise (Pearson) qui sortira le 03 octobre, Michaël Tartar et David Fayon nous présentent ces fameux 5 leviers de maturité de la transformation digitale : les produits et services, les technologies et l’innovation, le personnel, l’organisation, et l’environnement. Plus intéressant encore, les 5 catégories de transformation digitale dans les entreprises : les attentistes, les impressionnistes, les externaliseurs, les intégrateurs et les transformateurs. Ce classement a retenu notre intérêt chez Visionary Marketing, car il définit des profils d’entreprises que nous sommes amenés à rencontrer régulièrement dans le cadre de nos missions. Se digitaliser n’est pas faire illusion en créant un site Internet qui  ne sera jamais mis à jour, mais intégrer le digital au coeur de sa stratégie en mobilisant les moyens nécessaires.

On parle beaucoup de transformation digitale, mais qu’est-ce que c’est réellement ?

La transformation digitale, c’est le fait d’intégrer le digital dans tout ce qui fait la vie de l’entreprise : sa capacité à aller chercher ses clients, à opérer au quotidien, c’est aussi l’adoption et l’usage de technologies qui recouvrent toutes les dimensions de l’entreprise. Cela peut être des outils, des services, mais aussi des savoir-faire, des manières d’innover et de fabriquer. Toutes ces dimensions sont prises en comptes dans cette transformation. On connaît la transformation digitale depuis une vingtaine d’années, mais elle a pris de l’ampleur grâce à certaines innovations comme le smartphone et le développement des réseaux sociaux. Ce que l’on observe, c’est que réussir à appréhender l’ensemble de ces technologies et des usages en profondeur dans l’entreprise n’est pas simple. En effet, on parle beaucoup de transformation, mais on a du mal à la mesurer, à mettre des chiffres dessus.

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Si la trasnformation digitale est le passage d’un point A à un point B, tous les protagonistes n’en sont pas au même niveau pour autant : des attentistes aux transformateurs en passant par les faussaires, les entreprises sont en effet loin d’être au même niveau de transformation digitale. Photo Antimuseum.com

L’objectif de ce livre ce n’est pas seulement d’inciter les entreprises à aller vers la transformation digitale, mais aussi de mesurer les données de la transformation digitale.

Il faut d’abord se dire « connais-toi toi-même », c’est à dire connaître l’état de transformation digitale de l’entreprise à l’instant t. À partir de ce moment là, on peut se fixer un cap, une direction où aller par rapport à ses concurrents, à ses clients ou encore à ses fournisseurs. On va ainsi pouvoir accompagner l’entreprise à travers ce changement, sachant qu’on a innové avec un modèle qui est en open source, qui est donc libre et peut être enrichi. Le digital va très vite et on a besoin de se réactualiser en permanence.

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Les 5 niveaux de transformation digitale en entreprise selon Fayon et Tartar was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

La guerre du marketing (et des DSI) n’aura pas lieu ! (transformation digitale)

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les locaux de Visionary Marketing près de la Trinité à Paris

Mardi 9 septembre était une date particulièrement importante pour Visionary Marketing. Il s’agissait en effet de la tenue de notre premier événement dans nos locaux, du square d’Orléans, bâtiment historique du neuvième arrondissement. Comme quoi, la vision du futur, n’est pas forcément antinomique du respect du passé et des grands hommes et femmes (George Sand et Chopin y habitèrent notamment). Hormis cette parenthèse historique, cette réunion a été l’occasion de faire le point sur l’importance de certains principes de base de la transformation digitale. Importance du phénomène, notions de base, et enfin, j’insisterai surtout sur cette partie, la nécessité de travailler ensemble, au-delà des silos (je reviendrai sur ce point, notamment au travers d’un article paru à la suite de la réunion dans les Échos, mais ce sera l’objet d’une mise au point dans un autre article).

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Nous avions donc la chance d’accueillir une vingtaine de nos clients triés sur le volet, dans notre petite salle de la rue Taitbout à Paris (hélas, pas trop de photos sauf celle de Nathalie à droite). Nos invités ont eu droit à trois présentations (toutes disponibles sur Slideshare à http://slideshare.net/ygourven).

Introduction par Michel Perrin

En introduction, une présentation par Michel Perrin, qui, outre le fait d’être notre ami, est professeur HEC depuis des années et l’organisateur du séminaire du marketing digital auquel nous avons la chance de participer depuis 2007. Michel a insisté sur l’importance du marketing digital dans le parcours client et son rôle central dans la stratégie des entreprises, qui fait qu’il est devenu incontournable.

Ces parcours d’influence qui transforment l’entreprise : par Caroline Faillet

La deuxième présentation était celle de Caroline Fayet, directrice et fondatrice de l’agence Boléro Web intelligence, qui nous a fait une brillante démonstration de l’analyse de l’influence, mais bien au-delà, de l’importance de cette analyse de l’influence dans la stratégie des entreprises.

[Fr] La guerre du marketing (et des DSI n’aura pas lieu) – transformation digitale from Yann Gourvennec

En cela,  la démonstration était particulièrement réussie, notamment au travers d’un exemple pris chez Saint-Gobain Isover, qui en est venu, par démarche itérative, à revoir entièrement ses contenus et son référencement, au travers de l’observation des relais, ou manques de relais, sur ses produits via Internet. Car en grand public, a démontré Caroline, là où le bât blesse, c’est que Google, désormais seul moteur de recherche à bord, « désintermédie » les marques, pour, au-delà de tous les résultats naturels, ajouter forces comparatifs,  et surtout des liens vers les distributeurs.

Tant et si bien que le fabricant se fait concurrencer par ses propres distributeurs qui ont eux-mêmes pris la main sur les contenus des produits. En résumé, si vous vouliez savoir quelque chose sur les produits d’isolation de Saint-Gobain, vous aviez plus de facilités à aller voir le site de Leroy Merlin, que celui de Saint-Gobain. Enfin cela, c’était avant la mission de Bolero Web Intelligence.

La marque doit reprendre la main sur son contenu et ses produits

Voilà un phénomène que l’on voit souvent se répéter, et pas seulement dans le grand public, qui oblige les marques, comme le dit Caroline, à « reprendre la main sur leur marketing ». Cette démarche, forcément itérative, amène la marque à réintroduire l’Internet comme un élément stratégique de son marketing, car n’oublions pas que les consommateurs, même s’ils n’achètent pas tout en ligne, se renseignent quasi systématiquement, jusqu’à 7 fois en moyenne, sur Internet avant d’acheter.

Caroline au travers de cet exemple a également démontré comment la collaboration entre marketeurs et DSI pouvait être particulièrement efficace, ce qui ne nous a guère surpris, et qui constituait une excellente introduction à la présentation qui suivait, c’est-à-dire la mienne.

La guerre du marketing n’aura pas lieu

Dans ma présentation intitulée « la guerre du marketing n’aura pas lieu », je me suis attaché à démonter quelques idées reçues de la transformation digitale, et elles sont nombreuses. Je l’ai fait, comme à mon habitude, au travers de mon expérience du terrain et aussi avec une petite dose d’impertinence pour tenir l’auditoire éveillé jusqu’à l’apéritif.

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La guerre du marketing (et des DSI) n’aura pas lieu ! (transformation digitale) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Buzz : copier les memes ne mène à rien, demandez à Marcel ! ( #scmlb )

“Faites-moi un bon buzz !

Ce nouvel épisode de “super content man”, le deuxième de la série, est dédié à une expérience réellement vécue dans une entreprise, que nous ne nommerons pas pour des raisons évidentes. Ici, il convient de rappeler que tel est le parti pris de nos épisodes de super content man : faire passer un message (un seul par épisode) tiré d’une expérience réelle, vécue sur le terrain … dont nous avons néanmoins changé les noms, les situations et adapté les chiffres (parfois, les chiffres cités sont réels et nous les avons indiqués par des astérisques et un mention explicative.

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Marcel : l’home de la situation et le super héros du deuxième épisode de super content man

Un phénomène répandu

Cette expérience-ci, nous l’avons rencontrée plusieurs fois, à divers endroits, tant le phénomène est répandu. Il s’agit même de ce que nous pourrions nommer la hantise des directeurs digitaux, celle qui les fait trembler à épisode régulier et qui semble revenir de façon récurrente, même au moment où ils s’y attendent le moins, où ils pensaient le phénomène enterré. A la faveur d’un changement managérial, d’un renouvellement d’équipes, un génial inventeur arrive avec une idée toute neuve, déjà entendue 5 ans auparavant, et demande “faites moi un buzz !”

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télécharger le dernier épisode de Super Content man

“Je passe pour un rabat-joie”

faites-moi un buzz!

Un ami directeur digital, pourtant assez jeune et qui ne peut donc être suspecté de faire partie de la génération des papys,me confiait à ce sujet récemment : “je leur ai bien dit qu’on l’avait déjà fait, que cela ne marche pas, que nous ne sommes pas faits pour “faire des Buzz” mais il n’y a rien à faire, il faut absolument qu’ils fassent la même erreur que leurs prédécesseurs, c’est une pulsion irrépressible”. Et d’ajouter : “et le pire c’est que nous passons, nous les experts du digital, pour des rabat-joies car nos mises en garde, pourtant légitimes, ne sont prises que du côté négatif. Personne ne veut entendre les conseils des personnes légitimes”.

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Buzz : copier les memes ne mène à rien, demandez à Marcel ! ( #scmlb ) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec