Atteignez les  » Sommets du Digital  » A Val D’Isère – 2015

logo_sommets du digital

Le 8, 9 et 10 avril aura lieu l’événement «  les sommets du digital » à Val d’Isère. Les meilleurs experts français du digital y seront présent pour échanger sur le sujet. Cet événement a la particularité de se dérouler dans le cadre exceptionnel de la station de Val d’Isère où les 350 participants et les 30 speakers seront en totale immersion. Visionary Marketing a le plaisir de s’associer à cet événement – créé et managé par notre éditeur Kawa Editions – ainsi que de présenter une des tables rondes en équipe avec Camille Jourdain, auteur du livre Kawa sur Twitter.

Les sommets du Digital à Val d’Isère est aussi un des networking les plus prometteurs et les plus qualitatifs. Vous partagerez des moments forts avec l’ensemble des participants et des speakers. Que se soit pendant le trajet collectif pour se rendre à Val d’Isère, les soirées privatives, les nombreuses animations tout au long de l’événement ou même les moments de détente comme le ski en fin de sommet, vous serez en immersion professionnelle positive ! Vous gagnerez un temps précieux en multipliant la taille de votre réseau, vos expériences, vos compétences et en élargissant vos horizons. Vous pouvez vous inscrire dès maintenant en cliquant sur ce lien.

sinscrire aux sommets du digital

Programme des sommets du digital 2015 à Val d’Isère

Durant ce sommet, vous serez en contact avec de nombreux experts du digital, dont certains que vous avez pu lire sur notre blog, comme Gilles Babinet, Pierre-Philippe Cormeraie, Emmanuel Fraysse… (voir ici la liste complète des experts). Voici un aperçu non définitif des évènements auxquels vous pourrez participer durant ces sommets du digital 2015.

PARTICIPANTS
Plus d’une trentaine d’expert du digital se retrouveront pendant 3 jours à Val d’Isere : rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte !

# Comment le digital et la data révolutionnent la relation entre les marques de grande consommation et leurs consommateurs

Comment gérer la relation digitale entre la marque et ses consommateurs sur toute la chaine de valeur de la relation (suspect, prospect, conso, ambassadeur) ?

  • Quels dispositifs digitaux mettre en place ?
  • Quelles données récolter ? Pour faire quoi ?
  • Quels indicateurs clés de performance ?

 Speakers :

  • Yan Claeyssen (ETO – Publicis)
  • Frank Rosenthal

# L’esprit start-up pour transformer l’entreprise

Lenteur et processus figés sont les ennemis de la transformation digitale des entreprises, et plus généralement, de l’innovation. Les grands groupes comme Orange ou SFR ont déjà compris tout l’intérêt qu’il y avait à se rapprocher des start-up pour grandir et innover. Et si toutes les PME adoptaient l’esprit start-up ? Management, gestion des compétences, méthodes de travail : une table ronde dynamique, féminine et concrète pour insuffler l’esprit start-up à vos équipes.

Speakers :

  • Marine Deffrennes (Les Louves)
  • Stéphanie Hospital
  • Marlène Schiappa
  • Séverine Perron

# Comment atteindre le sommet avec sa communication digitale ?

La « communication digitale » est dans l’air du temps et au cœur d’un paradoxe. Elle est en phase de maturation avancée (le Web a plus de 25 ans !), et elle devient un passage obligé pour parler et échanger avec ses clients et prospects. Cette communication digitale est-elle devenue incontournable ? Comment l’aborder de façon efficace ? Quelle utilité et quel bénéfice ?

Speakers :

# Comment créer une zone de confort pour le client dans le chaos digital ?

A l’heure où le consommateur / utilisateur est constamment à un clic de tout, information, marque, magasin, achat et aussi partage d’expérience, le chaos s’installe et rend son attention et ses décisions encore plus difficiles à obtenir pour les marques. Avec nos experts et nos témoins, nous expliquerons ce qu’est une zone de confort – pourquoi le cerveau humain a-t-il besoin d’une connexion sociale et affective ? Pourquoi la zone de confort rend fidèle ? Pourquoi il faut créer ces zones de confort pour y accueillir les clients et non pas les engloutir d’offres promotionnelles ou de fausses récompenses – reward programs. Nous vous guiderons vers la fidélité affective et le futur du marketing client !…

Speakers :

  • Patrice Laubignat (Lepartenariat.com)
  • Christophe Duhamel (Marmiton.org et Happy Happening)
  • Henri Kaufman (Hipipip, Cercle Marketing Direct et Editions Kawa)
  • Jean-Marie Boucher (Consoglobe)
  • Vincent Cespedes (Philosophe

Lire la suite

Atteignez les  » Sommets du Digital  » A Val D’Isère – 2015 was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Le véritable Internet des objets n’est pas celui que vous croyez

L’ Internet des objets est pour moi un étrange sujet. En tout premier lieu, c’est un thème aussi vieux que l’Internet. J’ai entendu parler de réfrigérateurs connectés dès 1996. Après avoir disparu pendant quelques années[1], le sujet a ressurgi voilà quelque temps. En même temps, même si l’on en parle encore au futur, il faut reconnaître que nous sommes déjà familiers de l’ Internet des objets. Vous avez très certainement un Smartphone, une montre connectée, ou encore une ceinture cardio que vous sortez le dimanche lors de votre exercice physique matinal. Pourtant, l’ Internet des objets pourrait bien finir par devenir quelque chose de totalement différent. Après tout, qui sait comment cela peut évoluer ? C’était exactement le discours de Doc Searls, lorsque le co-créateur du Cluetrain Manifesto a décrit sa propre vision des choses à venir. Et vous allez le voir, ses conclusions sur ce domaine apparemment anodin et rabâché, ne sont pas exactement celles que l’on peut lire partout.

NB : Cet article a été écrit suite à la conférence Youstice de Prague qui réunissait des pionniers du Web mi octobre 2014 et a été traduit par nos soins en ce début 2015. Par transparence, il faut préciser que Youstice est devenu notre client

Internet des objets : « aujourd’hui, c’est un peu comme les ordinateurs en 1978 ! »

Internet des objetsPour décrire la situation actuelle concernant les objets connectés, Doc Searls fait un parallèle avec le début de l’informatique à usage personnel : « C’est un peu comme en 1978 , du temps des ordinateurs personnels, de nombreux standards ont émergé, mais la plupart n’a pas abouti ». « Nous avons le même souci aujourd’hui : l’ Internet des objets, c’est aujourd’hui le Google des objets, l’Amazon des objets, le Facebook des objets, etc. Et dans ce domaine, c’est pour l’instant Amazon et Google qui s’en sortent le mieux. »

Cependant, nos efforts sont voués à l’échec, dans le cas où l’on réussi à connecter tout ce que l’on a… si on oublie de penser au parcours du consommateur. « Esteban Kolsky a complètement inversé le cycle d’achat du consommateur [2] » Continue Doc Searls. « Nous possédons de nombreux objets qui ont une identité. Le marketing voit le consommateur comme un acheteur, alors qu’il est avant tout un propriétaire, le possesseur d’un objet. »

Internet of things
Diagramme d’Esteban Kolsky, pris sur son blog

 

Or, l’expérience et la possession sont un point essentiel : nous ne sommes pas dans l’acte d’achat, et l‘expérience se gagne sur la durée, dans l’utilisation d’un produit ou l’adoption d’une technologie. Le fait même que l’on aime un produit ou non évolue avec le temps.

NewImage

Afin d’illustrer son propos, Doc prend pour exemple le travail de Paul Windley [3], qui pense que l’on devrait imaginer l’ Internet des objets d’une manière différente. « Supposons que quand vous achetez une voiture, vous disposez d’un Cloud, un espace virtuel où vous avez tout l’historique de vos services. Ce que nous avons là est un espace où vous pouvez apporter et vous servir de tout ce dont vous avez besoin. »

NewImage
Doc Searls explique le diagramme de Kolsky, dessiné au tableau

Dans cet univers des objets connectés, toutes ces données constituent un point de contact entre le client et l’entreprise. C’est une « technologie à la première personne” (« first person technology ») ajoute Searls. Le client contrôle seul son Cloud, sa caméra etc. « La question n’est pas de savoir comment les personnes voient l’ Internet des objets, mais comment je peux faire pour inverser les rôles».

Internet des objets : “Ford veut vous espionner, pas VW”

Ethan Katsh, l’inventeur de la discipline de la résolution des litiges en ligne s’interroge également : « Qui possède le Cloud ? Qui possède les données de ce Cloud de l’ Internet des objets ? ». Pour Doc Searls, « dans l’industrie automobile, les choses sont en mouvement », et les constructeurs sont loin de partager le même avis. Par exemple, Ford « veut espionner, veut placer de la publicité sur le tableau de bord. À l’opposé, Volkswagen prétend qu’ils ne souhaitent pas construire une immense « méduse » de données : pour le constructeur allemand, l’erreur que l’industrie de l’IT est en train de commettre doit être évitée. », poursuit Doc. « Si nous, les consommateurs, prenons le contrôle sur notre cycle d’achat, cela peut être bénéfique pour notre industrie ». Et nous ne sommes limités que par notre imagination. « Les distributeurs comme Tesco ont accès à une quantité illimitée d’informations, uniquement avec les cartes de fidélité des clients. Cela ouvre des perspectives sans bornes pour ces entreprises. ».

Notes de lecture

[1] Si on fait abstraction des quelques contre exemples à forte coloration R&D qui ne manquent pas de ressurgir de temps en temps comme par exemple : http://group.electrolux.com/en/a-refrigerator-that-thinks-intelligent-refrigerator-will-simplify-homes-4349/

[2] http://blogs.law.harvard.edu/vrm/tag/esteban-kolsky/

[3] ttps://twitter.com/windley

Le véritable Internet des objets n’est pas celui que vous croyez was last modified: janvier 26th, 2015 by Yann Gourvennec

Mythes et réalité du Community Management – CMAD 26 janvier 2015 – 10:00 CET

J’ai eu la chance d’être impliqué dans des activités de communauté depuis le début des médias sociaux et j’ai même eu la chance de former plus d’un community manager de cette période pionnière, où le terme même de médias sociaux n’existait pas. le CMAD (alias Community Management Appreciation Day) est probablement la date rêvée pour se pencher sur la dénomination même de “community management” et la signification du mot “communauté”, ainsi que la bonne manière de faire pour choyer (et non “gérer”) une communauté dans un environnement commercial. Le jour du CMAD, c’est-à-dire le 26 janvier à10:00 heure de Paris, je modérerai une table ronde en ligne dédiée à ce thème et j’accueillerai divers experts européens et même australiens de ce sujets à me rejoindre pendant 1 heure sur un Google hangout. Ne ratez pas cet événement qui aura lieu en anglais et sans traduction simultanée, mais qui vous permettra de tout savoir de ce qui se passe sur ce sujet au-delà de nos frontières !

Bouton vert CMAD

La plupart des marques n’ont pas de communauté

Lorsqu’il s’agit de travailler la communauté de nos clients, chez Visionary Marketing, nous nous apercevons généralement que celle-ci est inexistante. Nous partons ainsi très souvent de zéro. Cela ne veut pas dire que ces entreprises-là sont plus faibles que les autres, bien au contraire. C’est la nature de leur activité qui dicte la façon dont ils doivent aborder ce problème de « communauté ». Quoi que l’on puisse en penser, la plupart des marques n’ont pas de communauté.

4 types brandLégende : les marques aimées sont rares. Ce sont les seules qui peuvent générer un esprit de communauté spontané. Leur communauté est d’ailleurs très souvent initiée par leurs propres clients (Nutella, Audi, Air France…).

Bien sûr, la plupart des marques ont des clients, parfois même des fidèles voire des fanatiques, mais cela ne suffit toutefois pas à faire de ces clients les membres d’une communauté.  On peut donc logiquement se demander ce qu’est une communauté et ce qu’elle n’est pas.

Bouton vert CMAD

Ce qu’est une communauté

Une communauté ne peut être créée de toutes pièces : cela se construit à partie de clients enthousiastes qui cherchent spontanément à se réunir, autour de valeurs et d’idées communes. J’ai appartenu à une petite communauté d’amateurs du compositeur  belge Wim Mertens. Ce n’est peut-être pas une énorme communauté, mais c’est est une, qui rassemble des valeurs et une passion. Cette passion constitue notre second ingrédient.

> La passion : la passion constitue la pierre angulaire de toute communauté. Celle-ci n’est pas toujours bien comprise par les personnes qui n’appartiennent pas à cette communauté. Quand Alpha Romeo a sorti sa nouvelle série de voitures à la fin des années 90, l’entreprise a rassemblé des groupes de réflexion constitués de fans de la marque. Une fois les conclusions de ce focus group tirées, on a dû expliquer aux ingénieurs européens que la plaque d’immatriculation devait être située sur le côté et non au milieu. Les sentiments, les avis et les valeurs de la marques portés par la communauté on ainsi pu être partagés et exploités par l’entreprise, grâce à ces groupes de réflexion. La preuve que paradoxalement, la passion n’est pas forcément interne à l’entreprise. Tout comme le diable, la passion est dans les détails.

> L’entraide : les membres d’une communauté cherchent en permanence à s’aider les uns les autres, pour aucune autre raison que d’alimenter leur passion commune et leur soif de reconnaissance en tant que membre d’un groupe. La plupart du temps, une communauté ne demande aucune compensation de la part de ses membres. Dans les faits, cela ne se fait d’ailleurs jamais. J’ai déjà vu des cas où, voulant offrir des cadeaux aux membres d’une petite communauté de bloggeurs, je n’ai fait qu’abîmer l’esprit de communauté de ce groupe.             Heureusement, j’ai pu conserver cette communauté et j’ai, depuis, réservé le budget consacré à cette communauté pour d’autres occasions. Tous les membres d’une communauté ne veulent pas être indemniser : ils veulent avant tout être reconnus.

> Le bénéfice mutuel : les communautés existent lorsque les membres retirent un avantage du fait de faire partie d’un groupe. Il ne s’agit pas d’un bénéfice incroyable ; cela peut être de la reconnaissance, le fait d’appartenir et d’être utile à un groupe, ou tout simplement le fait de faire parti d’une marque que l’on affectionne.

Choyer sa communauté

S’il n’est pas possible de créer une communauté, on peut néanmoins faire en sorte que la marque, le contenu et les actions menées par l’entreprise soient orientés au maximum de façon à générer de l’enthousiasme auprès des clients qui, spontanément, pourront développer une communauté. On ne peut pas créer une communauté mais on peut faciliter et encourager sa création et soutenir celle qui existe. C’est notre rôle de community manager. Je pense ainsi que « community management » devrait être remplacé par « community facilitation ».

un Community Management à multiples facettes

Il y a autant de façons de faciliter la création et la gestion d’une communauté qu’il y a de marques. En effet, il n’y a pas deux marques identiques : chacune est unique et a sa particularité, son histoire, sa stratégie, sa cible et bien d’autres facteurs qui vont faire que chaque entreprise aura sa propre vision de la communauté et ses propres technique pour la gérer.

Pour découvrir les conseils d’experts européens sur ce sujet passionnant, ne ratez pas le Google hangout du lundi 26 janvier entre 9h et 10h.

Mythes et réalité du Community Management – CMAD 26 janvier 2015 – 10:00 CET was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Les BigBoss : de l’événementiel à l’émotionnel

Les événementiels sont en plein chambardement. Il suffit de se promener dans les salons et tous les professionnels font la même constatation : “Il y a beaucoup d’étudiants et de retraités n’est-ce pas ?!” C’est que déplacer des décideurs devient de plus en plus difficile. Certains organisateurs de salons l’ont compris et démontré comme Comexposium avec son événement monégasque “ecommerce1to1” qui a lieu tous les ans en mars (et maintenant son pendant marketing à Biarritz un peu plus tard dans l’année). Ils ont en effet compris que pour déplacer ces fameux décideurs il fallait en faire un peu plus que la moyenne et proposer un événement extraordinaire. Hervé Bloch, qui est souvent intervenu dans nos colonnes, a aussi montré le chemin en créant la franchise “les BigBoss” et en renversant la proposition de valeur de l’événementiel : au lieu de demander à des décideurs de se déplacer en un endroit neutre et de se mélanger au tout-venant, il les emmène faire du ski ou sur la plage et leur propose non seulement un moment privilégié où ils peuvent se détendre et se distraire, mais aussi un lieu de networking où on peut faire du business. Et même beaucoup de business ! Retour sur l’approche d’Hervé au travers de cette interview qui ouvre la nouvelle année, que nous vous souhaitons agréable (nous y reviendrons bientôt).

Retranscription de l’interview d’Hervé Bloch sur le marché de l’événementiel et son événement “les BigBoss »

Comment se porte l’événementiel en ce moment ?

Dans les salons traditionnels, les exposants paient un stand pour que les décideurs y viennent les voir présenter leur offre pour ensuite signer des projets. Dans les faits, les visiteurs vont de moins en moins dans les salons. Ce sont plutôt les candidats, les chefs de projet, peut-être également les cadres moyens. Ce sont des gens qui sont au mieux des prescripteurs mais ce ne sont pas eux qui sont capables de lancer un sujet, un projet, une priorisation… Donc c’est bien plus difficile pour l’exposant de remonter vers le décideur et d’amortir sa dépense, et de générer un retour sur investissement. Les salons traditionnels, que ce soit dans le marketing ou autre, sont en train de souffrir. La tendance est de réunir les décideurs dans des congrès, on en voit à Cannes, Biarritz, Monaco… C’est déjà une première étape. Ce que j’ai créé il y a un an avec le format BigBoss rajoute une logique émotionnelle : quand on passe trois jours très sympathiques très festifs et détendus avec des décideurs (le ratio est de 2/3 de décideurs et 1/3 prestataires), on va créer de l’émotion et favoriser des contacts humains qui vont se transformer en contacts professionnels puis en contacts business. J’estime que c’est une troisième évolution, la première étant de réunir tout le monde dans un salon et la deuxième d’inviter les décideurs en congrès. Nous cherchons donc d’aller à l’étape d’après qui est de créer de l’émotion, de profiter de l’événement pour favoriser le business qui aura lieu après l’événement.

500250067_640
Le visuel de l’événementiel « Les BigBoss » Winter Edition 2014

 

Dans ces événements, il n’y a pas de présentation formelle

Il y a deux temps forts qui durent deux heures chacun. Le premier est un meeting où les BigBoss vont rencontrer les prestataires qui correspondent à leurs besoins. Le deuxième est un pitch où tous les prestataires se présentent deux minutes souvent de manière décalées avec des vidéos pour bien présenter leur offre à l’assistance qui est équipée de télécommande pour voter en live. Cela permet à l’ensemble des BigBoss de voir l’ensemble de sponsors et des sponsors de « marquer des points » auprès des décideurs. Ces deux temps forts business sont très structurés. Le reste du week-end est également structuré business : par exemple, on ne va pas skier avec des gens qui ont la même affaire et les mêmes objectifs, on va plutôt créer des groupe où le hasard va bien faire les choses et va créer des rencontres très sympathiques dont certaines pourront se convertir en business.

Cette sérendipité fournit des résultats concrets, on peut même parler de ROE…

Le nerf de la guerre c’est le financement de l’événement par les sponsors : il faut donc que ceux-ci aient un retour sur investissement : l’année dernière, sur la première édition, il y avait 25 sponsors et j’ai pu mesurer avec eux que cet événement leur avait permis de générer 5 millions d’euros de volume d’affaires, ce qui fait une moyenne de 200 000 euros par sponsor. Il y a un écart type qui va de 9 000 euros à 1,3 millions d’euros ; 1,1 millions d’euros pour un événement de trois jours où l’on mobilise deux personne un week-end, c’est très ROIste, d’autant plus qu’il reste encore aujourd’hui quelques dossiers à signer suite à cet événement. Il y a vraiment un ROI, voire un ROE : l’enjeu n’est pas de passer trois jours à distribuer des plaquettes, des cartes de visite et d’essayer de faire un maximum de contact business. Au contraire, le but est de se faire plaisir, prendre du bon temps, être détendu, et après le business se fera parce que les sponsors business font que les gens ayant un sujet vont rencontrer les prestataires qui savent y répondre, donc les rencontres se feront de manière très intelligentes et structurées dans les temps forts business, et au contraire au grès des animations.

On voit les résultats obtenus avec ces méthodes : comment voyez-vous l’avenir de l’événementiel dans les années qui viennent ?

L’évènementiel ne doit plus être statique et dans une logique annuelle. Pour le format BigBoss, j’ai décidé de faire deux format : le format hivers (les BigBoss font du ski) et les format été (Les BigBoss summer edition) et entre les deux une soirée dans Paris, en mars à l’Olympia, en octobre place Vendôme. Nous réunissons ainsi la communauté tous les trois mois : l’évènementiel n’est pas seulement faire un gros salon par an, c’est aussi animer cette communauté tout au long de l’année. Par exemple, nous avions offert des bonnets au ski l’année dernière et j’ai proposé aux BigBoss de se faire photographier dans un endroit exotique avec le bonnet pour le publier sur le groupe Facebook. La bonnet a ainsi fait le tour du monde : le Brésil, le pôle Nord etc., il y a eu une trentaine de BigBoss qui se sont prêté au jeu et qui ont pris leur bonnet pour se prendre en photo, un peu comme les nains de jardin d’Amélie Poulain. Le but est de souder cette communauté en la réunissant tous les trois mois et en interagissant avec eux tous les jours, par exemple en publiant quelques actus sur le groupe Facebook. La dernière actu est celle de Marc Ménasé qui vient de lever 23 millions d’euros, Frédéric Mazzela qui a levé 100 millions de dollar, Valérie Dassier élue personnalité de l’année ; on a toutes les actus des BigBoss qui font parler d’eux et de leur société. On couvre cela pour que la communauté reste active.

Comment devient-on un BigBoss ?

C’est très structuré. Pour être BigBoss, il faut être dans une société qui fait au moins 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuels online, et avoir un titre de directeur. Pas de chef de projet, de responsable, etc. il faut impérativement d’être directeur général, directeur marketing, directeur e-commerce, directeur internet, bref, être dans un comité de direction, piloter des équipes et des budgets, pour pouvoir signer ensuite avec les sponsors. On est entre decision makers. Il y a en France 500 sites qui produisent plus de 10 millions d’euros par an ; ce sont ceux-là qui nous intéressent. Ce sont des groupes comme Accor, Air France et Groupon. La moitié des BigBoss sont des pure players et l’autre moitié est composée d’acteurs traditionnels qui sont devenus e-commerçants par la force des choses.

 

Les BigBoss : de l’événementiel à l’émotionnel was last modified: janvier 8th, 2015 by Yann Gourvennec

Internet et capitalisme : utopie et dystopie avec Rifkin et Attali au @G9plus

Luc Bretones pendant son introduction Hier soir, la conférence du G9+ était extraordinaire et nos félicitations vont aux organisateurs (et notamment nos amis d’Orange comme Luc Bretones, à gauche, photographié pendant son introduction). On est bien sortis du consensus pendant cette soirée et je ne serai pas en reste. Deux vues se sont en effet opposées hier, celle de Jeremy Rifkin, assez discutable, même si elle a amené sur la table des points de réflexion stimulants. Et l’autre, plus réaliste mais alarmiste, et donc peu enthousiasmante, avec Jacques Attali. Le mode d’interaction imposé par la distance (comme quoi la technologie ne peut pas tout faire, ce n’est pas nouveau) n’a pas permis les débats mais a rendu possible le développement de  deux visions du monde, l’une technoscientiste et l’autre technosceptique, qui nous font poser la question de savoir s’il y a de la place dans le monde pour autre chose que le yoyo entre utopie et dystopie. En un sens, un yoyo assez connu des observateurs du monde de l’innovation et des innovations technologiques en particulier. Une bien belle conférence en somme, dont voici mon compte rendu.

Internet va-t-il tuer le capitalisme ou est-il au contraire l’épitomé de sa formidable capacité d’assimilation ?

Ce qu’il y a de fantastique avec Internet, et cela fait 20 ans que ça dure, c’est qu’on n’hésite pas à aller d’un extrême à l’autre. D’une part les hippies de la Californie, libertaires et ouverts sur le monde, qui ont donné naissance au contenu généré par l’utilisateur, le web 2.0, le wiki, le crowdsourcing etc. Un monde de Bisounours où tout le monde aime tout le monde et le monde devient comme le dit Rifkin, un « village mondial où les habitants ont le sentiment d’appartenir au même village ». D’autre part, le capitalisme sauvage, où « le gagnant emporte tout » (« the Winner takes almost all » pour la version intégrale de Seth Godin) pour utiliser les mots de Jacques Attali ; si tant est qu’on pense que ces monopoles dont Internet serait le but ultime (Attali), seraient le seul fait de l’économie digitale (ce que les lecteurs de Visionary Marketing savent être faux). Entre les agneaux (les premiers) et les loups (les vilains capitalistes monopolistiques), au bord de la route, les philosophes goguenards, voire apôtres de l’apocalypse qui nous annoncent la fin du monde ou à tout le moins la fin de la démocratie, car elle « n’a pas su se globaliser, seul le marché l’a fait ».

Groundhog Day?

Le jour sans fin C’est qu’en fait on croirait revivre la nième rediffusion de cette émission intitulée « visions of heaven and Hell » – je vous l’accorde, il fallait se trouver à Londres à ce moment-là – de Channel Four en 1994 où se succédaient les personnalités (Esther Dyson, Faith Popcorn, Charles Handy, et bien d’autres encore). Qu’y voyait on ? D’un côté, les optimistes mettaient toute leur foi dans la technologie toute puissante qui allait régler tous les problèmes : hiérarchies pesantes, États pléthoriques, état écologique inquiétant (déjà), consommation, économie … L’Internet (que personne alors n’avait vraiment vu !) allait tout résoudre. Et de l’autre côté, les pessimistes qui voyaient le monde en noir, et le diable incarné dans cette révolution technologique qui allait tout tuer, la vie privée, la démocratie, la liberté … Bref, en somme, rien de nouveau depuis les Luddites du 19ème siècle, et depuis 25 ans on n’en finit pas de se poser les mêmes questions.

la digestion des technologies
La fameuse courbe de la digestion des technologies issue de notre premier ouvrage “les medias sociaux expliqués à mon boss”. Cette digestion des innovations amenées par Internet ressemble plus, 25 ans plus tard à une indigestion.

Et nous avons assisté à cette rediffusion hier. D’un côté une extrapolation bizarre et jamais étayée, noyée dans un galimatias faussement séduisant et fait d’ « évidences » sans preuves et de l’autre côté l’apocalypse du genre humain du fait de la technologie, qui serait même un jour à l’origine de la « résurgence du fascisme » (en substance, J Attali). C’est lui faire trop d’honneur. L’Internet des objets est un outil, ou une collection d’outils : de simples objets techniques (on parle abusivement de technologies). Qu’il ne convient ni de diaboliser ni de défier, mais d’essayer d’utiliser le moins bêtement possible (et Dieu sait que les hommes sont bêtes lorsqu’il s’agit d’utiliser la technologie).

Lire la suite

Internet et capitalisme : utopie et dystopie avec Rifkin et Attali au @G9plus was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec