du e-commerce au u-commerce … 7 exemples concrets

eye-largeLe 7 novembre 2012, dans le cadre du 1er Digital Media Forum organisé par Marc Dumas à Paris, je donnerai une présentation sur le thème de l’apport de la technologie vis a vis de la relation clients en magasin. C’est un sujet éminemment d’actualité, car on peut le dire, l’avenir du e-commerce, c’est le « u-commerce », c’est-à-dire le commerce présent partout et en tout lieu (ubiquitous commerce en Anglais), où notamment les clients achètent dans les magasins après avoir sélectionné les produits en ligne ou sur leur mobile, ou simplement recherché de linformation sur ces produits ; par exemple, au travers d’une application dédiée à la géolocalisation des bonnes affaires par exemple.

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Dans cette présentation, volontairement subjective et non exhaustive, je présenterai une vue personnelle (et non une vue d’entreprise), d’où la présence de cette présentation sur mon espace slideshare personnel et non sur mon espace entreprise). Son but n’est pas de donner une vue de toutes les possibilités, mais de montrer le champ des possibles, en me gardant bien de m’engager sur l’adoption de ces technologies par le public et notamment en France. Il faut donc accepter une part d’incertitude, car certaines de ces technologies passeront encore par des hauts et des bas, c’est inévitable.

Ce qui est certain et sur lequel je peux m’engager sans trop prendre de risques, c’est que l’importance du mobile dans le commerce n’est pas prête de se démentir.

Je vous invite donc à découvrir cette présentation en avant-première, au travers de ce Slidecast (présentation synchronisée avec commentaire oral).

les exemples cités dans cette présentation sont les suivants :

  1. shopkick démontre le u-commerce aux Etats-Unis
  2. Sentinelo géolocalise les promos en France
  3. Tesco HomePlus fait marcher les QR codes dans son magasin virtuel dans le métro … et 3 bis Carrefour tente l’expérience en Octobre en France
  4. NFC : décollage du NFC en faits et en chiffres (avec l’aimable concours de Pierre Métivier)
  5. Wizville ramène le questionnaire de satisfaction en magasin
  6. La réalité augmentée est vraiment réelle grâce à Metaio
  7. Orange met en œuvre la gamification avec Foursquare [transparence : je travaille pour Orange]
du e-commerce au u-commerce … 7 exemples concrets was last modified: novembre 6th, 2012 by Yann Gourvennec

glocal vous avez dit glocal ? media aces le 25/10 à Paris

Les réactions, parfois tintées d’incompréhension, au titre de la prochaine conférence média aces m’ont un peu, je dois l’avouer, étonné. Nous y avons intégré un néologisme, pas tout à fait nouveau, le terme « glocal », issu de la combinaison des mots « global » et « local ». Pourtant ce néologisme, parfois remplacé par celui de « globalocal », résume parfaitement bien la réalité de l’internationalisation sur le terrain. D’un côté, la vision romantique, souvent entretenue par la publicité où le Web permet d’un seul clic de vendre partout dans le monde, d’autre part la réalité du terrain où il faut souvent adapter localement les produits et les services pour qu’ils plaisent, dans un monde où finalement, seulement 18 % des communications sur Internet sont internationales (chiffres cités par Nathalie Rastoin d’ Ogilvy, lors du Hub forum le 11/10). Voici ce que je résume dans cette vidéo tournée par notre partenaire Frenchweb, dans laquelle j’annonce la conférence de jeudi 25, qui se tiendra chez ubifrance dans le cadre des cinquièmes rencontres internationales du numérique.

glocal vous avez dit glocal ? media aces le 25/10 à Paris was last modified: octobre 22nd, 2012 by Yann Gourvennec

médias sociaux : quels usages dans les pays du Maghreb – #SMI2012

La première présentation à laquelle j’ai assisté dans le cadre de la conférence SMI 2012 au Maroc, était le fait de Marouaine Harmach, directeur associé de Consultor.ma. Marouane est associé dans ce cabinet et mène des missions sur les stratégies de présence dans les médias sociaux. Sa conclusion était particulièrement intéressante en ce qu’elle soulignait qu’ “alors qu’on pourrait s’attendre à une uniformisation des usages dans le monde, on voit que la réalité est différente, en termes d’usage, même entre des pays a priori proches comme la Tunisie et le Maroc”.

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“On ne peut pas échapper à la mesure” a dit Marouane lorsqu’on veut mener une stratégie de médias sociaux. L’étude est basée sur les internautes de la région nord de l’Afrique (Maroc, Algérie Tunisie et un peu la Mauritanie ; la Lybie a été mise de côté). Le personnage de l’année de Time en 2007 est bien connu : “Vous”. C’est le symbole que  le monde a changé. 4 années plus tard, en 2010, c’est Zuckerberg qui était le personnage de l’année et ce n’était pas terminé car en 2012, c’est le “protestataire” (the protester) qui a été nommé homme de l’année en mémoire du printemps arabe et de Occupy Wallstreet. Ceci a donné des idées à Marouane et l’a poussé à rechercher qui était derrière ces internautes.

L’internaute est-il celui qui accède à un site (quelque soit le moyen d’accès) ou toute personne ayant théoriquement la possibilité d’accès à Internet. Cela permet d’introduire une différence appréciable car au Maroc, c’est une notion plus large qu’un acheteur d’un accès à Internet, car il faut inclure toutes les personnes du foyer familial.

Le taux de pénétration de l’Internet montre clairement que le Maroc est en avance sur la région alors que la Tunisie a un taux d’alphabétisation qui est plus important que celui du Maroc (+ de 50% versus 40% selon les données Google).

7 profils d’internautes (études Meyen et al) :

  1. le virtuose : ce sont les geeks, qui sont passionnés.
  2. le professionnel : soit un usage pour le travail, soit pour faire des affaires
  3. le dépendant : ce sont soit des “joueurs” soit des addicts aux médias sociaux
  4. le fan
  5. le compagnon : pour lui, Internet est une sorte d’accompagnateur dans la vie, une sorte d’extension à la vie sociale
  6. le prudent : il observe
  7. l’affilié

En partant de cette étude, Marouane a mené une étude en posant des question en rapport avec la présence sur les médias sociaux : Cette étude a été menée dans le cadre du “dialogue national média et société 2012”. Cette étude a démontré que 4 motivations sont possibles pour accéder à Internet :

  • divertissement
  • instruction
  • se forger une opinion
  • renforcer une appartenance sociale (familiale, nationale) ..

Une autre étude CESEM-HEM de 2012 a découpé les internautes en 4 catégories :

  1. les affectifs : plutôt des hommes, faiblement engagés, gros consommateurs de chaînes internationales. ils sont là essentiellement pour jouer, réagir, s’engager et éventuellement pour publier mais faiblement
  2. les observateurs : sont de jeunes citadins, mi étudiants mi cadres, dont l’implication sociale est faible. Ils n’ont pas de média de prédilection.
  3. les communicateurs : ce sont plutôt des jeunes éduqués. La gente féminine est fortement représentée, et ils sont plus solidaires qu’engagés. Ils ont là pour créer du contenu, jouer et s’engager
  4. les mobilisateurs : sont les militants et les leaders d’opinion, plutôt masculins et plus âgés que la moyenne

Les usages dans le Maghreb

  • Algérie : 3.8 millions de comptes Facebook (source : Socialbakers) soit une pénétration de la population à 11% et 82% des internautes actifs sur Facebook. Il y environ 85% de jeunes de 16 à 34 ans
  • Maroc : 4.9 millions de comptes actifs sur Facebook avec un taux de pénétration global de 16% soit seulement 50% des internautes qui sont sur Facebook, avec là aussi les moins de 34 ans qui sont majoritaires
  • Tunisie : 3.2 millions de comptes avec 30% de pénétration et 90% des internautes sur Facebook ce qui est très impressionnant. “le départ de Ben Ali est sans doute un peu pour quelque chose dans ce phénomène” a dit Marouane
  • Mauritanie : 92000 comptes soit 3% de pénétration et 122% des internautes ont un compte facebook. C’est à dire qu’il y a des doublons …
  • les pages les plus populaires sur Facebook :
  • Télécoms/IT : Orange Tunisie : 516.000 fans , Meditel 470.000 , puis viennent Samsung, Inwi et Maroc Telecom (324.000)
  • Médias : Nessma a 914.000 fans, Hespress 600.000 et Hit radio à 406.000 fans
  • Divers : Equipe nationale algérienne avec 556.000 et Maroc Insolite est derrière.
  • Twitter dans la région : plutôt un média des influenceurs et blogueurs/journalistes et donc peu répandu par rapport au reste
  • 25% des comptes twitter n’ont jamais twitté
  • en Mars 2012, il y avait 33.500 comptes mais il y a une décélération a dit Marouane. Il y aurait environ 10.000 comptes actifs en Tunisie
  • Portland a montré que 81% des africains  utilisaient essentiellement Twitter pour converser
  • La moyenne mondiale des usagers de Twitter est 39 ans, mais en Afrique, il faut compter avec 10 ans de moins
  • 57% des tweets sont envoyés par des mobiles, en majorité par des Blackberry et des iPhones.
  • LinkedIn
  • Le réseau professionnel avait 154 millions d’utilisateurs au niveau mondial au moment de l’étude, la pénétration au Maroc (419.000) Tunisie (224.000) et en Algérie (324.000) est cependant beaucoup plus modeste.
  • Il y aussi le “désert appelé G+” a dit Marouane mais il en est resté à l’analyse des réseaux principaux.
médias sociaux : quels usages dans les pays du Maghreb – #SMI2012 was last modified: octobre 12th, 2012 by Yann Gourvennec

la place des médias sociaux en entreprise : SMI conference – Marrakech

SMI

I Je prendrai part ) la prochaine conférence Social Media Impact conference qui aura lieu à Marrakech les 11 et 12 octobre. Voici une interview que j’ai réalisée pour le compte des organisateurs et dans laquelle je donne une introduction à ma présentation (slides en Anglais, mais la présentation sera donnée en Français par courtoisie envers les participants francophones, majoritaires dans l’auditoire). A la fin de cette interview vous trouverez l’enregistrement vidéo correspondant, réalisé en Français. La version anglaise est disponible sur mon blog anglais.

Les médias sociaux en entreprise, avec Yann Gourvennec

Quelle est la place des médias sociaux en entreprise aujourd’hui ?

Elle est complètement différente de celle qui était la sienne il y a six ans car on rentre aujourd’hui dans une phase de maturité. Dans un projet médias sociaux il y a trois phases importantes :

  • le déclenchement : on prouve le concept, on démontre que ça vaut le coup de faire les médias sociaux.
  • le développement : on monte en charge, on augmente le nombre d’utilisateurs et on amplifie la conversation, tout en gardant en tête qu’il y a une partie organique dans cette croissance. Faire de l’acquisition à l’extrême ne sert pas à grand-chose…
  • la structuration : on commence à parler de choses qui peuvent peut-être en fâcher certains comme les processus, l’organisation, savoir comment on travaille ensemble correctement et aussi de façon indépendante des personnes.

Avec le développement et la portée grandissante des médias sociaux, est-ce qu’une compagnie peut survivre aujourd’hui sans les médias sociaux ?

Si vous vendez des vaches en plastiques, il y a peu de chance que vous deveniez le roi de Twitter… Par contre, il y a beaucoup plus de produits intéressants qu’inintéressants, et donc si vous êtes comme nous dans les télécoms et dans le high tech, ou dans un secteur grand public ou de la consommation, il y a de fortes chances que vous soyez obligés d’aller la où sont vos clients. Là en l’occurrence on est au Maroc, au Maghreb, où l’utilisation des médias sociaux est en augmentation exponentielle. En ce qui me concerne, la Tunisie et le Maroc sont parmi les pays qui sont le plus en avant sur Facebook.

En tant que compagnie, comment fait-on pour savoir quel réseau social est le plus adapté au message que l’on souhaite faire passer ?

Dans cette présentation, je vais revenir sur cette notion de message, car c’est quelque chose de très traditionnel dans la communication. On a un message, ou ‘la bonne parole’, qu’on essaye de diffuser à un maximum de gens : c’est de l’information que l’on pousse aux gens que ça leur plaise ou non. C’est la démarche antique et traditionnelle qui est complètement antinomique de la façon dont fonctionnent les médias sociaux donc je vais challenger cette notion. On va aussi voir les outils qui nous permettent de choisir notre tactique par rapport à différentes stratégies marketing. Je distingue bien la tactique, rendue possible par les outils, et la stratégie, orientée sur ce que fait l’entreprise pour ses clients en termes de produits. Donc je reviendrai sur une dizaine de business cases du monde entier (Espagne, France, etc…) y compris des choses très récentes, voire même des choses qui ne seront pas encore complètement lancées.

Quels sont les dangers de l’utilisation des médias sociaux en entreprise ?

Le premier danger, c’est de ne pas y être et de passer à côté de la distribution. Le deuxième danger c’est d’y être, mais de ne pas être assez présent, impliqué. C’est-à-dire qu’il faut répondre à toutes les questions et être organisé. Quand on est dans une entreprise comme Orange, où il y a énormément de clients, mais aussi beaucoup d’employés, ce qui rend les choses plus complexes que dans une PME par exemple, cela oblige à avoir de l’organisation et des processus.

Comment voyez-vous l’avenir des médias sociaux en entreprise ?

Je vois des choses très importantes se profiler à l’horizon. On n’a pas fini de voir des changements, des bouleversements dans les quelques mois et années qui viennent. On va assister à un renforcement de la structuration et à l’importance grandissante de la gouvernance au niveau de la gestion. On va également monter en charge en termes d’utilisation et l’ouverture des médias sociaux en entreprise va d’ailleurs créer un enjeu énorme en termes de formation et d’accompagnement. C’est là où va se trouver l’importance des changements dans les mois qui viennent.

http://www.dailymotion.com/video/xtnj4i_fr-les-medias-sociaux-en-entreprise-conference-smi-marrakech-11-octobre-2012_tech

interview : SMI conference en Français

la place des médias sociaux en entreprise : SMI conference – Marrakech was last modified: octobre 10th, 2012 by Yann Gourvennec

TedxParis : Scientisme contre humanisme, jusqu’où l’innovation peut-elle repousser la limite ? – #tedxparis

Que nous réserve le futur ? « 2012 – 2030, ligne de mire », tel était le thème du remarquable cycle de conférences du Tedx Paris de 2012, organisé de main de maître par Michel Lévy Provençal, avec 17 intervenants de très haut niveau. « Ligne de mire » étant un titre particulièrement bien choisi, sous forme de métaphore guerrière, il préfigurait une bataille entre scientisme et humanisme, remarquablement résumée à la fin de la présentation par le blogueur/comédien Vinvin. En sera-t-il de même en dehors de la scène de l’Olympia, sur le terrain qui nous mène à 2030, et dont nous sommes séparés d’à peine 18 ans ? ! C’est peut-être oublier « ô combien compliquée et imprévisible est la mécanique de la vie ». Kurt Vonnegut, s’il n’était décédé, aurait dû être invité lui aussi. [note: invité en tant que représentant d’Orange et partenaire de Tedx, ce compte-rendu est néanmoins un rapport personnel et non officiel – la version originale de ce billet a été écrit pour live.orange.com]

« Everything must have a purpose? » asked God.
« Certainly, » said man.
« Then I leave it to you to think of one for all this, » said God.
And He went away.”
Kurt Vonnegut, Cat’s Cradle

imageImaginer le futur n’est pas chose facile (voir à droite : sortie à l’Opéra en l’an 2000 de Robida). Beaucoup s’y sont essayés, peu ont réussi. Mais il y a des exemples marquants d’hommes et de femmes qui ont imaginé des choses impossibles et que les humains ont réussi à réaliser quand même : Jules Verne et son Nautilus a préfiguré les sous-marins, Hergé a inventé l’exploration lunaire alors qu’elle était impossible et semble avoir été copié par la NASA un peu plus de 10 ans plus tard…

le caractère auto prophétique de l’innovation

Ce sont ces rêves devenus réalités qu’a décrit Thomas Pesquet, astronaute à l’ESA qui nous prédit un voyage habité sur Mars dès 2035. Je n’en serai pas. Ouf ! 3 ans de voyage en conserve, ce n’est pas pour moi. En substance, il nous a expliqué qu’on ne savait pas comment faire pour y arriver aujourd’hui, mais qu’on finirait bien par trouver des solutions.

Thomas Pesquet sur le site spacefacts.de
Thomas Pesquet sur le site spacefacts.de

C’est aussi ce qu’ont annoncé Ariel Fuchs, autoproclamé « mérien » (et non terrien), qui lance avec l’architecte français Jacques Rougerie, l’océanographe Jacques Piccard et le spationaute Jean-Loup Chrétien un projet nommé Sea Orbiter, un vaisseau vertical de 50 m, dont 29 au-dessous de l’eau, qui va « dériver sur l’océan » afin d’implanter une station de recherche sous-marine ; celle-ci permettra de « découvrir de nouvelles espèces et de faire des avancées technologiques dans les domaines de la pharmacologie, de la santé, de l’alimentation, des ressources minérales » etc. etc. C’est 20,000 lieues sous les mers devenues réalité.

Ce caractère itératif et auto prophétique de la recherche et de l’innovation a été confirmé par un remarquable présentateur franco-japonais résidant aux Pays Bas : César Harada. Mu par le désir de nettoyer les océans, il conçoit avec ses équipes des bateaux révolutionnaires dont les améliorations techniques pourraient aller bien au-delà de son projet initial. Ces bateaux « mous » qui résistent aux vents les plus défavorables évitent les obstacles plus tardifs pourraient vous donner aussi le mal de mer…

le côté obscur de la force : vivre jusque 1000 ans ! ?

Cependant, ce côté auto prophétique peut parfois laisser la place à une autre vision du monde, bien différente de ces présentations d’ingénieurs enthousiastes. C’est quand cette vision d’un futur change le vivant, et vise « l’immortalité ». C’est le sentiment que j’ai eu en écoutant bon nombre de scientifiques présents lors de ce Tedx Paris et notamment Fabrice Chrétien, chercheur à l’institut Pasteur, spécialiste de la cellule souche, et Laurent Alexandre, chirurgien. Certes, comme tout le monde, je souhaite que la santé de tous s’améliore, notamment celle des gens frappés de maladies aujourd’hui incurables. Mais où est la limite ? Certes, le cancer est une calamité, personne n’est à l’abri, moi comme vous, mais où s’arrête la vie et comment la mort pourrait-elle disparaître ?

Les deux scientifiques se sont livrés à une surenchère scientiste qui nous a décrit un monde où il n’y a plus de limites : « ma conviction personnelle est que certains d’entre vous (en s’adressant à la salle) vivront jusque 1000 ans ! » A dit Laurent Alexandre. J’ai senti comme un frisson d’épouvante traverser la salle … Et pourquoi pas 2000 ans ?

Sans oublier les délires d’hommes bioniques décrits par Fabrice Chrétien, où les cellules s’auto réparent et où on fabrique des « morceaux d’hommes ». Effrayant, même si je ne comprends pas tout. Qui en outre, aura droit à ces « traitements de faveur » ? Les riches, les dictateurs ?

 

Cette description d’un monde où la science, technicisée à l’extrême devient un moyen de repousser toute limite, me fait froid dans le dos. « C’est le mythe de la tour de Babel » a fustigé Miguel Benasayag, philosophe argentin, ex opposant au régime des militaires et « Guévariste ». Sans partager ses idées révolutionnaires, ni son admiration pour cette idole, il nous a remis les pieds sur terre, en nous rappelant que c’était la limite qui créait la liberté : « Si tout est possible, rien n’est réel » a-t-il ajouté !

C’est pour moi la leçon de cet après-midi passé à rêver l’avenir : rêves d’amour, avec Yann Dall’aglio, qui place la tendresse comme futur de l’homme et du couple ; rêves de fermes urbaines d’Augustin Rosenthiel, improbables mais ô combien poétiques ; rêves de justice et d’humanité de Céline Bardet (« nous avons tous une graine d’humanité » en parlant d’un bourreau de la guerre de Bosnie) ; rêves d’amour, de courage et de pédagogie de Lydie Laurent, mère d’un enfant autiste qui a réussi à le faire parler et à le scolariser malgré un lourd handicap (séquence émouvante lorsque l’enfant est monté sur la scène) ; et enfin rêves d’optimismes d’Anjuli Pandit, cette jeune indienne à la conquête du monde qui nous incite à en faire autant.

Icare se brûlant les ailes …

Plus que jamais, l’avenir se jouera entre ces deux tendances, humaniste et scientiste, où l’homme sera soit mis soumis à une technique toute-puissante, où les médecins « ne toucheront même plus leurs patients » soit il sera capable de guérir et de faire progresser par l’humain.

Vous avez compris dans quel camp je me range, Icare en volant trop près du soleil a vu fondre ses ailes de cire ! Merci à TedX de nous avoir rappelé cette leçon issue de l’Antiquité.

[image : la chute d’Icare par Peter Bruegel l’ancien (détail)]

TedxParis : Scientisme contre humanisme, jusqu’où l’innovation peut-elle repousser la limite ? – #tedxparis was last modified: mars 24th, 2016 by Yann Gourvennec