Eli Khamarov ce célèbre inconnu qui nous apprend Internet

Eli Khamarov est décidément bien intelligentOù que vous alliez sur Internet, vous trouverez au moins une de ses citations. un jour, alors que j’avais besoin d’une phrase marquante pour montrer l’importance de l’inattendu, au bout de quelques clics, je tombai sur notre ami Eli et un site bien connu de citations avait même trouvé le moyen de rajouter un superbe graphique avec une tortue de mer (celui-ci n’est malheureusement plus disponible, mais vous pouvez le voir ci-dessous). Voici la citation question « les meilleures choses dans la vie sont des surprises, car elles arrivent quand vous n’attendiez rien ». Quelle citation intéressante me suis-je dit. Et puis je me suis demandé « mais qui est ce Eli Khamarov ? D’où vient-il ? ». Et « dans quel best-seller international puis-je trouver de si intelligentes citations ? » Voici ce que ma recherche a donné et aussi ce qu’Eli Khamarov m’a appris sur la connaissance et sur l’Internet. 

Elie kahmarov 2

« La pauvreté est comme une punition pour un crime que vous n’avez pas commis »

« Admettre qu’il n’y a pas de dieu (sic ! Et non Dieu avec une majuscule) revient à donner libre cours au pillage et au viol avec la conscience tranquille » (Voltaire n’aurait pas renié cette citation)

« Les meilleures choses dans la vie sont des surprises, car elles arrivent quand vous n’attendiez rien »

« Les poètes sont des soldats qui libèrent les mots des carcans de leurs définitions » (celle-ci est véritablement brillante)

« La plupart des gens attendent l’avènement de la réalité virtuelle ; j’attends pour ma part l’avènement de la vertu réelle » (je vous avais dit que ce gars-là était particulièrement fêté).

Mais qui est donc ce Eli Khamarov ? Ma première réaction fut de vérifier son nom sur Google bien entendu. Après tout, un nom aussi inhabituel va forcément faire ressortir des résultats intéressants, me suis-je dit. Ainsi, ai-je trouvé une seule page véritablement dédiée à Eli Khamarov. Coup de chance, il s’agissait de sa biographie.

Voyage à l’intérieur de la biographie d’Eli Khamarov

Eli Khamarov and the Beatles
Non, il ne s’agit pas d’Eli Khamarov et ses frères

Ce que l’histoire d’Eli Khamarov montre également c’est que l’Internet apporte la puissance de la foule, comme nous l’a déjà démontré Howard Rheingold dans son livre « foules intelligentes » il y a déjà quelque temps. Une petite discussion sur un forum peut faire des merveilles là où des processus internes lourds et rigoureux ont échoué. C’est rassurant, en effet, d’une certaine manière. Le paradis peut lui aussi être pavé de bonnes intentions (ceci d’ailleurs pourrait faire l’objet d’une citation d’Eli Khamarov, qu’en pensez-vous ?). Dans un sens, je regrette d’avoir prévenu Brainyquote que Khamarov était une supercherie. Il est au contraire un exemple brillant de la nécessité et de la facilité avec laquelle on peut croiser les informations, que le réseau fonctionne et que les forces du mal (pas celle de Khamarov mais les vraies forces du mal) peuvent être combattues. Enfin et surtout, j’ai adoré les citations d’Eli Khamarov, je vais le regretter. Allez, c’est d’accord, je n’enverrai pas de mail à IMDB, je le promets.

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Eli Khamarov ce célèbre inconnu qui nous apprend Internet was last modified: septembre 11th, 2015 by Yann Gourvennec

3 conseils pour un parcours client exemplaire – avec Gilles Babinet

Dans les grandes entreprises, la prise de décision et la communication entre les différents services ne sont pas toujours simples, et il est nécessaire d’établir des tableaux de bord pour amener de la cohésion et dissiper la confusion. C’est ce service que propose Gilles Babinet avec CaptainDash, une entreprise qui propose de mettre en place du « dashboarding ». Le fondateur de CaptainDash nous a prodigué 3 conseils afin d’améliorer le parcours client, un parcours client que le digital a unifié et orienté vers une optique plus individuelle, l’objectif étant d’offrir à tous les clients (ou prospects) une expérience unique. Gilles Babinet nous confie ainsi que l’amélioration du parcours client se fait en trois temps : l’identification des points sur lesquels il y a une rupture du parcours client, la recherche et l’analyse de donnée dans tous les domaines de l’entreprises, et l’amélioration de la communication entre les silos, notamment en utilisant le dashboarding qui permet une organisation horizontale.

Quand CaptainDash a t-il été crée ?

La société a 5 ans. Nous avons passé 3 ans à développer le produit en Recherche & Développement. Nous le commercialisons depuis début 2014. Le déploiement d’une telle solution dans les entreprises prend du temps.

Comme les big data, cela commence par des preuves de concept

Nous faisons des POC (Proof of Concept), afin de prouver aux entreprises que cela fonctionne, puis nous les développons. Le fait de montrer que cela fonctionne, d’installer le produit et de le diffuser dans l’entreprise prend entre 3 et 6 mois.

Captain Dash est un outil de « dashboarding » permettant de rassembler les données des systèmes d’informations. Comment cela fonctionne ? A quoi cela sert t-il ?

Nous avons plusieurs métiers dont un qui consiste à placer des sondes dans les systèmes d’informations et de remonter les données. Le parcours client est un domaine dans lequel nous sommes assez performants. Nous permettons de voir où rentre la partie prenante (et non le client car celui peut être aussi des partenaires d’entreprises, par exemple) et ce qu’il fait au travers de l’entreprise, s’il rentre dans le social, l’eCommerce, le web etc. Il ira ensuite acheter des produits : nous allons donc le voir apparaître dans le RP, tout comme nous pouvons le voir dans le SAV etc. Notre métier consiste à expliquer comment se comportent les gens, ce qui permet de casser les silos des entreprises et d’avoir une version unifiée du client.

Parcours client interview de Gilles babinet
L’une des fonctions du dashboarding est de fédérer les différents secteurs de l’entreprise

CaptainDash compte 12 membres du CAC 40 parmi ses clients…

Nous sommes présents dans les TGE (très grandes entreprises, ndlr.) car ce sont des entreprises dans lesquelles il y a beaucoup de complexité. Nous amenons de la simplicité et nous leur permettons d’avoir une compréhension très holistique de ce qu’il se passe, au niveau de leurs clients et d’une manière générale au niveau de leur business.

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3 conseils pour un parcours client exemplaire – avec Gilles Babinet was last modified: septembre 5th, 2015 by Yann Gourvennec

impact du digital sur la productivité : vers l’accélération

On a coutume d’entendre que nous vivons dans une période très innovante, que les changements que nous vivons sont énormes, nos économies avançant à grandes enjambées et de façon très innovante. Quand on recherche des preuves de ces avancées, technolâtres et technophiles présenteront toujours la même réponse : l’Internet et les Smartphones sont partout. Ce qui est déjà discutable. On ne peut le nier, surtout pas moi, l’Internet et les Smartphones ont un impact énorme sur nos vies et la façon dont nous travaillons. Mais il est bien possible cependant que cette période que nous vivons soit moins innovante que nous l’imaginions. Greg IP, auteur d’un article récent dans le Wall Street Journal sur ce sujet a une explication pour cela, qui va au-delà des simples apparences (“Beyond The Internet, Innovation Struggles to Lift Productivity » publié dans le WSJ le 12 août 2015) . En lisant son article, cela m’a fait penser que s’il fallait retenir une chose de son propos, c’était non que la transformation digitale des entreprises allait ralentir mais qu’au contraire elle allait s’accélérer de façon impressionnante. Il va doc falloir s’y préparer sérieusement.

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Légende: il a fallu 4 ans au génial ingénieur breton du métro parisien, Fulgence Bienvenüe, pour réaliser la traversée de la Seine à St Michel. En 1910, il dirigeait les travaux qui menaient au gel de la Seine sur 64 m au travers de 57 puits de 17 m chacun, remplis de saumure de chlorure de sodium, à -27°C. Imaginez-vous faire cela en 2015 ? Pour rappel, l’extension de la ligne 4 sur 1 station au-delà du périphérique a pris quasiment la même durée et n’a abouti qu’à la création d’une seule station. Quant au grand Paris, mes petits enfants le verront peut-être ?

Le nœud du problème est là : l’innovation technologique a-t-elle un impact sur la productivité globale (en dehors de l’Internet) ? Apparemment non si l’on en croit Greg IP, qui se base sur une étude de Michael Mandel (non sourcée), économiste du progressive Institute. Bien des choses, au-delà du fameux Smartphone, n’ont pas changé tant que cela dans nos vies de tous les jours. Imaginez un film qui se passerait en plein centre de Paris, et qui se focaliserait sur une personne placée au même endroit, mettons au Châtelet, au cours des siècles. Un peu à la manière du début de Notre Dame de Paris de Victor Hugo. Prenons la période allant du 16e au XXe siècle, on est sûr que notre film, qui prendrait une image fixe tous les 10 ans, montrerait des changements radicaux de l’environnement autour de notre personnage, au moins jusque 1950. Depuis les années 60 j’en suis beaucoup moins sûr.

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impact du digital sur la productivité : vers l’accélération was last modified: août 24th, 2015 by Yann Gourvennec

Quand les Big Data viennent sauver l’emailing

L’emailing est affublé de tous les maux. Sous la pression publicitaire, les consommateurs (et les clients B2B) ont trouvé la parade : l’indifférence, mais aussi le bouton « spam » qui tend à faire tomber la “déliverabilité” de l’emailing de masse qui reste, qu’on le veuille ou non, le nerf de la guerre du marketing en ligne. Que faire alors, pour faire sortir l’emailing du cercle vicieux : « plus j’envoie de mail moins j’ai des résultats ». Et comment faire pour le faire entrer à nouveau dans un cercle vertueux ? Kwanko, les premiers, ont trouvé la solution, qu’ils ont appelée emailbidding (une startup portugaise intégrée à la société française) et qui est en fait l’application du principe du RTB (Realtime Bidding) à l’emailing. J’ai interviewé François Bieber, il y a quelques semaines, pour faire le point sur cette nouvelle méthode marketing à la performance sur emailing, qui va permettre selon lui, d’éviter à l’outil favori des marketeurs, de s’autodétruire.

Envoyer le bon emailing à la bonne personne

Si l’emailing est souvent conçu par les béotiens comme un moyen de casser les pieds à un maximum de personnes sans efforts, bien utilisé, il devrait être au contraire le moyen d’envoyer juste le nombre d’emails suffisants aux bonnes personnes. « Il faut donc changer de paradigme » nous a confié François Bieber. Non seulement améliorer le ciblage, mais adopter le bon business modèle. En évitant la publicité de masse.


emailing - emailing rtb
François Bieber innove sur le marché pourtant usé de l’emailing

Car ce cercle vicieux décrit plus haut est un obstacle de plus au ROI de l’emailing : « plus on augmente les masses, moins le business modèle est adapté » indique le patron de Kwanko. Mes derniers calculs sur les bases de plusieurs opérateurs télécoms ont démontré en effet des rendements très faibles. Même avec des messages et des contenus bien faits, j’ai ainsi compté un taux de clic aux alentours de 2 pour 1000 ! (c’est-à-dire ramené sur le total de la base. Ce taux est toujours présenté au travers d’une astuce simple : calculer le taux de clic (CTR) par rapport au taux d’ouverture ce qui augmente artificiellement les chiffres). Bref, pas de quoi se réjouir.

Agréger les bases de données d’emailing qualitatives du marché

Voici la solution trouvée par Kwanko : un algorithme qui plonge au cœur du big data pour s’appuyer sur la réactivité de chaque adresse e-mail. En fonction de cette réactivité, on rentre dans un processus d’e-mailings adapté, basé sur un principe d’A/B testing. 2 ans et demi de développement ont été nécessaires pour mettre en place ce nouveau service basé pour partie sur un développement maison en machine Learning (intelligence artificielle) et pour l’autre partie sur le rachat de la start-up portugaise e-mailbidding elle-même, désormais intégrée dans Kwanko.

emailbidding : une innovation protugause autour de l'emailing

La base de données d’emailing comme point de départ

L’origine des bases des mailings et cruciale pour s’assurer d’un processus de qualité : « celles-ci viennent des acteurs média du marché » nous précise François Bieber. C’est de l’opt-in européen cependant, pas de l’opt-in au sens américain (plus strict) du terme. En soi, le manque de rigueur en Europe sur la qualité de l’opt-in, surtout en France, est déjà une des raisons de la résistance des utilisateurs à la pression par l’emailing. L’Allemagne quant à elle fait exception : « un mail non sollicité envoyé par une agence leur a coûté 300 k€ » explique le patron de Kwanko. Ça ne plaisante pas outre Rhin.

Les chiffres ne sont pas encore significatifs, mais les prévisions indiquent que ce service devrait terminer l’année vers 1 à 2 % d’un chiffre d’affaire total, qui lui-même est déjà en forte augmentation. L’affiliation, activité principale de l’entreprise, se porte bien et reste à 90 % du chiffre d’affaires du prestataire de services.

Parmi les autres innovations de Kwanko comptons également ClicTime(r), où au lieu du clic, on vend le temps passé sur le site (Web et mobile) après le clic : on mesure ainsi l’engagement et l’annonceur paie plus cher pour un clic qui a plus de valeur. L’innovation est intéressante.

présentation en français de la plateforme emailbidding

Et enfin pour la bonne bouche : la pub mobile décolle enfin !

Vous allez être contents, chers lecteurs, qui attendez patiemment, depuis 10 ans où nous annonçons sur ce blog le décollage de la fameuse pub mobile : François Bieber indique avoir lui aussi avoir été sceptique jusqu’en 2013 puis a vu le secteur décoller enfin en 2014. Sur l’ensemble de l’année, la norme de visite reste scotchée à 20 à 30 % selon ses dires, une proportion conforme à notre observation. Ce qui fait que ce n’a pas décollé c’est que la publicité sur mobile était trop identique à ce qui se passait sur le navigateur. Ce n’était pas un problème de technologie, mais de contenu nous a indiqué François Bieber. Le téléphone est un objet intime et personnel, et le SMS mobile a été perçu comme un « viol » (on vient m’agresser dans ma sphère intime). L’objet peut-être d’un prochain article ?

Quand les Big Data viennent sauver l’emailing was last modified: juillet 15th, 2015 by Yann Gourvennec