une loi pour rien sur le télétravail mais ce n’est pas grave …

En France, quand on a un problème …  on fait une loi ! Voici une pratique bien singulière et qui doit sans doute correspondre à un besoin sociologique profond. C’est ce que semble nous dire Xavier de Mazenod dans ce commentaire d’une loi récente sur le télétravail, lors d’une interview réalisée avec lui par téléphone le Vendredi 09 mars 2012. Mais cela est-il grave ?

il ne s'est rien passé !
il ne s'est rien passé ! - photo Yann Gourvennec http://bit.ly/picasayann

où en est le télétravail un an après notre dernier point ?

computer-largeIl y a un an, nous avions fait le constat que ça ne marchait pas . Les seuls chiffres étaient ceux du centre d’analyse stratégique, qui disaient qu’environ 10% de salariés français s’adonnaient aux joies du télétravail à distance. On était donc à la traîne, “avec un indicateur très bas, 1 jour par semaine” ajoute Xavier de Mazenod, “le seul pire que nous, c’était l’Italie”. Les numéros 1 n’étaient pas les pays anglo-saxons cependant, même si les pays dits latins étaient en retrait.

Un an après on n’a pas de chiffres plus précis  mais “on voit des frémissements partout” (colloques, journaux, mentions de Google …) nous affirme Xavier avec un certain enthousiasme. “On parle de plus en plus de tous ces sujets : télétravail, co-working, espaces partagés etc. Les gens les opposent mais rien n’est opposable”. Car il s’agit de catégories plus complémentaires qu’il n’y paraît.  Le télétravail gris (c’est à dire le télétravail pratiqué sans déclaration, de gré à gré entre manager et managé) est toujours là, “d’où la nécessité de rassurer l’ensemble des partenaires sociaux” ajoute Xavier de Mazenod et donc “il n’y a pas d’excuses pour ne pas cadrer le travail à distance”.

“En Hollande, l’employeur (le manager) a le droit d’aller voir si l’employé est bien installé quand il télétravaille” poursuit le fondateur de Zevillage, “ce qui est inimaginable en France”. En France, on est dans l’affrontement et la méfiance… “donc en France il fallait une loi”.

la réalité : environ la moitié des employés travaillent à distance

Mais la réalité du travail à distance est bien autre que celle transmise par ce chiffre de 9 ou 10%. “Télétravailleurs gris + télétravail + co-working + nomades = 40-50% des salariés” confie Xavier de Mazenod, car les études qui mesurent l’occupation des bureaux montrent toujours la même chose : “un taux d’occupation à environ 50%”.

La loi qui vient d’être votée

question-largeC’est une loi “qui n’a rien à voir avec le télétravail” commente Xavier : c’est une proposition de loi relative à la simplification du droit et l’allègement des démarches administratives et il y a l’article 46 qui évoque le télétravail et qui le fait entrer dans le code du travail. En 2005, une avancée notable avait déjà été faite, régie par 3 grands principes au sein d’un accord national inter-professionnel (ANI) signé par tous les partenaires sociaux en 2005 (“c’est un texte intelligent” affirme Xavier de Mazenod). Voici ces 3 principes de base :

  1. le salarié doit être volontaire
  2. la contractualisation (accord entre les partenaires sociaux et/ou avenant au contrat de travail)
  3. la réversibilité

“Il n’y avait pas besoin de loi mais on est en France et on adore légiférer pour rien ; c’est de l’archaïsme” poursuit-il. Tous les syndicats ont signé mais ils ne sont pas unanimes. Certains poussent le télétravail, d’autres non. De même au Medef, il y a des groupes qui s’opposent sur ces thèses.

une autre proposition de loi en 2009 … qui a heureusement capoté

“Un groupe de 50 parlementaires en 2009 avait produit un texte complètement fourre-tout sur le maintien de l’emploi et elle n’est jamais sortie du Sénat. Celle ci est enterrée et elle ne sortira plus car la nouvelle loi l’a devancée” avance Xavier de Mazenod.

juste un symbole pour rassurer …

exclamation-largeMais pourquoi faire une loi ? “Ça ne modifie rien par rapport à la situation, l’ANI suffisait” ajoute Xavier, “ça fait cependant sauter les fausses excuse et ça va rassurer tous les gens qui ont une culture du code du travail, c’est donc à prendre comme un ‘signe de l’Etat’,  un symbole ». Grâce à cela, on ne peut plus avoir deux types de salariés, ceux qui ont droit et ceux qui n’ont plus droit. “Dans les pays anglo-saxons ça s’est réglé par la jurisprudence, cela se serait passé ainsi également en France – de façon adulte – mais maintenant on a cette loi. Et puis ce qui est valable pour (certains employés) d’Orange n’est pas valable pour les ouvriers de PSA” commente Xavier de Mazenod.

Quel impact sur le développement du télétravail ?

“Aucun ! C’est juste un épisode amusant qui est révélateur de l’état d’esprit français, l’esprit des lois ! même si ce texte est moins grave que celui de 2009 qui précisait des détails juridiques et techniques et qui visait des employés non concernés par l’ANI”.

en conclusion : une autre forme de “travail en miettes”

En conclusion, beaucoup de bruit pour rien, mais ce qu’il faut retenir de cet épisode, outre le côté amusant du législateur façon “allumeur de réverbère” du Petit Prince, c’est que le mouvement qui est en marche est inéluctable, et que nous entrons bel et bien dans l’ère des “analystes symboliques” décrits il y a un peu moins de vingt ans par l’observateur irlandais Charles Handy. Quand je me repenche sur mes années à l’école, cela me remémore les ouvrages du sociologue Roger Friedmann, “le travail en miettes”, qui décrivait – à l’heure où la société était encore largement industrielle, un travail entièrement vidé de son sens par la taylorisation. Aujourd’hui, c’est en quelque sorte l’inverse, avec chaque employé qui devient sa propre entreprise, mais pour arriver à un résultat similaire, où l’émiettement des acteurs est flagrant. Ceux qui ont su ou sauront s’adapter en sortiront grandis, les autres subiront ces changements. Une nouvelle révolution industrielle se déroule sous nos yeux, à laquelle la loi ne peut rien.

une loi pour rien sur le télétravail mais ce n’est pas grave … was last modified: mars 14th, 2012 by Yann Gourvennec

MEDIA ACES c’est demain et il faut se dépêcher !

La sélection du jour …

C’est le dernier rappel pour les inscriptions à la prochaine conférence de Media Aces qui aura lieu le mardi 6 mars 2012 dans les locaux de l’ESG près de la Nation à Paris. Et comme nous sortons d’une interminable période de vacances – du moins pour certains – les cigales qui n’auront pas vu le temps passer risquent de ne plus avoir de place, car nous avons déjà 100 inscrits ! A vos souris …

Les médias sociaux en entreprise en 2012: la fin du début ou le début de la fin? 

Depuis le début de l’année 2012, un débat fait rage au sein de Media Aces: assistons-nous à la fin des médias sociaux en entreprise, ou bien est-ce le début d’une nouvelle ère, plus sage, plus construite, moins axée sur la conquête de fans à tout va? Difficile de se faire une idée bien précise, même en évoluant dans ce secteur au jour le jour, et même en scrutant notre boule de cristal…

le nombre de places est limité, inscrivez-vous sans plus attendre !

C’est pourquoi ce sera le thème de la première conférence Media Aces de l’année:

Les médias sociaux en entreprise en 2012: la fin du début ou le début de la fin ?

Le 6 mars 2012, de 14h à 17h

à l’ESG – Ecole de Management, Paris

35 av Philippe Auguste, 75011 Paris

Metro: Nation – Les Boulets

La salle de l’ESG a une capacité limitée à 150 places, nous ne pourrons donc accueillir qu’un nombre limité e participants, sur la base de premier inscrit, premier servi!

Tarif

=> place seule 30€

=> place avec le livre « Les médias sociaux expliqués à mon boss« : 50€

Réduction de 20€ pour les étudiants (sur présentation de la carte en cours de validité)

Lire la suite

MEDIA ACES c’est demain et il faut se dépêcher ! was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

les médias sociaux, ça marche aussi pour les start ups?

La sélection du jour …

C’est le compte-rendu de la table ronde organisée par Viadeo, à laquelle j’ai participé le 16 Février, au Camping (l’incubateur de Silicon Sentier), avec un panel d’experts d’horizons divers sur un sujet moins anodin qu’il n’y paraît : les médias sociaux pour booster sa start up ! A première vue, on pourrait croire que la question se passe de commentaires. Il paraît tellement évident pour ces jeunes pousses des high tech de faire son lobbying sur les médias sociaux qu’on pourrait croire la question complètement idiote. Et il n’en est rien ! Les mêmes questions, les mêmes interrogations (“faut-il être sur Twitter ou sur LinkedIn ?”, les mêmes fausses barbes (“je n’ai pas le temps”) que celles qu’on entend dans les grands groupes, voire encore pire … Beaucoup d’inhibition et aussi une faible compréhension du networking, pourtant une valeur essentielle pour un entrepreneur (que ce soit un intrapreneur comme moi ou un entrepreneur comme notre public du 16 février au palais Brongiart). Mais en fait, la question n’est pas de savoir s’il faut être sur LinkedIn, mais si LinkedIn, ou mon blog, ou mon profil slideshare etc. va me permettre de développer mon business. Comme je le disais à mes blogueurs d’Orange Business Services, “vous n’êtes pas des blogueurs, vous êtes des professionnels qui bloguent” … nuance. Vu sous cet angle, toute activité sur les médias sociaux qui soutient le business vaut qu’on y consacre du temps, c’est de la prospection. Tout le reste – et notamment le cyberbabillage sur Facebook – mérite d’être optimisé ou minimisé. Entrepreneurs : à vos souris ! …

Boostez votre start-up avec les réseaux sociaux » | Viadeo Blog

Le 16 février, à l’occasion de la Social Media Week, Le Camping a accueilli des panélistes de différents horizons pour une conférence co-organisée par Viadeo sur le thème« Supercharging Your Start-up – comment les médias sociaux peuvent contribuer au développement d’une start-up ? »

Rassemblés autour d’un modérateur, David Bizer (Chief Talent Geek, Hackfwd) 6 panélistes, 6 profils bien différents ont été invités à s’exprimer : Nicholas Vieuxloup (Directeur du développement sur les pays émergents, Viadeo), Yann Gourvennec (Social Media Director,Orange), Frédéric Halley (Venture Partner, News Corp Capital), Michelle Chmielewski(Community Manager, Uber Paris), Elise Nebout(Community Manager, Le Camping)  et Nicolas Woirhaye (Fondateur, IKO System)

>> L’utilisation des médias sociaux : « relations publiques low cost » ou « outil marketing à fort investissement » ?

Prendre du temps et construire du contenu – Michelle Chmielewski prend en considération les deux  : « la construction d’une communauté prend du temps, il faut rentrer en contact avec les gens, construire une relation, comme dans la vraie vie. Ce n’est qu’une fois que l’on a fait quelque chose pour eux qu’ils feront quelque chose pour nous ».

L’échange est donc primordial sur les réseaux mais comme le souligne Frédéric Halley, « il faut aussi construire du contenu pour communiquer à son audience les sujets sur lesquels on veut la faire réagir ». Sans contenu solide à sa disposition, peu de chance de retenir l’attention des réseaux très longtemps, surtout lorsqu’on se lance ! Les médias sociaux font partie des relations publiques et Yann Gourvennec ajoute que « les agences RP qui n’ont pas pris le virage des médias sociaux ne dureront pas ».

via « Boostez votre start-up avec les réseaux sociaux » | Viadeo Blog.

les médias sociaux, ça marche aussi pour les start ups? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

media aces : faites-vous tirer le portrait par le photographe de Jean Paul Gautier

Le bureau de Media Aces a décidé de verser dans le « People ». Tous les participants de la conférence media aces du 06 mars se verront offrir un portrait professionnel tiré par Christophe Averty, photographe professionnel qui a tiré les portraits – entre autres – Mariah Carey ou Stéphane Grappelli ou Jean Paul Gautier. Vu que la conférence est déjà aux trois quarts pleine et que les inscriptions vont bon train, on n’avait peut être pas besoin de cela pour la remplir. Mais voilà, ça se passe comme ça chez Media Aces, on aime faire des cadeaux comme dans les médias sociaux, il faut donner avant de recevoir… A bientôt à ESG le 6 mars 2012 !

photos par Christophe Averty

media aces : faites-vous tirer le portrait par le photographe de Jean Paul Gautier was last modified: février 17th, 2012 by Yann Gourvennec

Réseau social d’entreprise : « Il faut partir des problèmes des gens ! »

Anthony Poncier, Directeur & consultant chez Lecko nous a décrit son livre dans une interview vidéo introductive. J’ai extrait 3 thèmes fondateurs de son bouquin afin de poser des questions plus précises à Anthony. Dans la 1ère de ces vidéos, Anthony revient sur les 3 étapes clef de la mise en œuvre d’un réseau social d’entreprise. Les voici en résumé :

  1. d’abord partir des problèmes des gens (processus métiers) ;
  2. ensuite, étudier comment on va faire adhérer les utilisateurs à l’outil (conduite du changement) ;
  3. enfin, transformer l’organisation (impact sur les processus).
les 3 étapes de la mise en œuvre d’un réseau social d’entreprise
Réseau social d’entreprise : « Il faut partir des problèmes des gens ! » was last modified: février 7th, 2012 by Yann Gourvennec