3 recettes et 1 conseil pour vivre de son blog en 2013

Non, les blogs ne sont décidément pas morts !

3 recettes et un conseil pour vivre de son blog en 2013À la suite d’un article à succès écrit à la fin de l’année dernière qui montrait que les blogs n’étaient pas morts mais qu’ils subissaient une forte transformation, voici une autre interview enregistrée toujours lors de la dernière édition du Web2connect 2012, dans laquelle j’ai interviewé Aurélien Amacker. Celui-ci m’a expliqué comment il avait transformé sa passion en métier. Aurélien est même allé un cran plus loin, en joignant l’utile à l’agréable, en monétisant son blog, afin d’assouvir sa passion pour les voyages autour du monde. On verra également que cette interview mène à une autre question brûlante en ce jour de polémique autour de la Net neutralité, quant aux modèles économiques du monde numérique, et notamment des blogs.

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[Aurélien Amacker : 2A Editions]

Aurélien est un blogueur et un globe-trotter. Après 2 ans passés en Australie, comme beaucoup de jeunes aujourd’hui qui cherchent à découvrir le monde nouveau des antipodes, il « ne savai[t] pas quoi faire », mais il avait une bonne idée de ce qu’il ne voulait pas faire : « je ne voulais pas d’un boulot ennuyeux à la Défense ! » quoique, je puisse témoigner, on peut aussi avoir un boulot passionnant la défense comme ce fut le cas chez Capgemini pendant 3 ans. C’est là qu’Aurélien a découvert que certains blogueurs arriver à monétiser, en France, leurs blogs jusqu’à 500 à 1000 € par mois et par plateforme.

imageAurélien avait bien un « petit blog » sur le développement personnel que « personne ne lisait » et il a décidé que cela ne durerait pas. Il avait enfin trouvé ce qu’il voulait faire ce qui lui permettait de passer à l’étape suivante et d’essayer de gagner 1000 € par mois avec son blog « pour partir voyager, car c’est ce que j’aime » précise-t-il.

du blog à l’entreprenariat

Au bout de 6 mois, il a en effet atteint cette barre de 1000 € par mois, « avec des hauts et des bas » a-t-il ajouté. C’est ce qui lui a permis de voyager et aussi de capter l’attention de la blogosphère, ce qui arrive encore aujourd’hui ici même. Des blogueurs sont donc venus lui demander comment il faisait, et c’est ce qui lui a donné l’idée de concevoir une formation marketing afin d’expliquer aux autres comment vivre également de leur blog.

La formation d’Aurélien a deux types de publics : des particuliers qui veulent se faire de l’argent de poche, ce qui est bien utile en ces temps difficiles, mais aussi des entrepreneurs en solo des coaches et des consultants…

3 méthodes pour gagner de l’argent avec son blog

1. Google AdSense : il s’agit de l’affichage de bannières et de liens sponsorisés sur son propre support, à l’inverse de Adwords qui consiste à faire l’inverse (bien que je me sois trompé dans l’interview, mais nul n’est à l’abri d’une erreur !) Cette méthode est selon Aurélien, plus adaptée aux blogs qui font beaucoup de trafic, « mais il existe d’autres méthodes » selon lui. Ceci étant, c’est cette forme de monétisation qui a montré sa fragilité en la fin de semaine dernière ;

2. les articles sponsorisés : il s’agit d’écrire un article de blog pour analyser/tester/critiquer un produit. Cette méthode permet de gagner de 250 à 300 € hors taxes par mois, mais « il ne faut pas en abuser » précise Aurélien dans l’interview. En effet, il faut éviter d’en faire plus de 1 à 2 par mois, au risque de faire diminuer l’intérêt pour son blog et de décourager les lecteurs qui pourraient croire que celui-ci devient un espace publicitaire. Par ailleurs, un billet sponsorisé demande également un certain doigté car il faut « apporter de la valeur ajoutée sincère et unique » précise Aurélien Amacker. « On peut même aller jusqu’à critiquer intelligemment un produit » ajoute-t-il car « les marques sont en général compréhensives » même s’il est plus honnête de dire que toutes les marques ne prennent pas la critique avec le même sens de l’humour. Dans tous les cas nous rappelons ici les règles indispensables de la transparence qui oblige un blogueur, d’un point de vue légal et éthique à déclarer explicitement et en exergue qu’un billet est sponsorisé par une marque ;

3. la vente de liens : celle-ci permet de générer environ 100 € par mois, même si c’est une méthode plus critiquable. Elle est surtout « mal vue par Google » précise Aurélien, « même si peu de blogs sont pénalisés » ajoute-t-il.

sortir du modèle tout publicitaire

La combinaison de ces 3 méthodes permet selon Aurélien d’arriver à la somme indiquée de 500 à 1000 € par mois (hors taxes et hors impôt).

Mais il existe encore d’autres moyens non forcément liés au trafic, qui passent par la création de produits d’information spécialisés, qu’on peut aisément raffiner en demandant à ses abonnés (via une bonne vieille newsletter) de préciser leurs centres d’intérêt. Comme le fait justement remarquer Aurélien, « il faut sortir du modèle tout publicitaire ; ceci permet de générer de 10 à 100 fois plus de revenus ». Un conseil particulièrement salutaire, en ces temps difficiles pour les sites qui tiennent compte uniquement des ressources publicitaires, même si cet argument est à nuancer comme l’indique à juste titre notre ami et confrère Eric Dupin.

l’interview

avec mes excuses pour la mauvaise qualité du son …

Aurélien Amacker dévoile ses secrets pour gagner sa vie avec son blog
3 recettes et 1 conseil pour vivre de son blog en 2013 was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Vous prendrez bien un petit kawa, 2e épisode,pourquoi Kawa ? #petitkawa

tv-largeDeuxième épisode de la série que nous avons lancée à la fin de l’année dernière, vous prendez bien un kawa? Nous vous invitons, cette fois, à découvrir pourquoi nous avons choisi de travailler, depuis trois ans déjà, avec un éditeur indépendant, installé en province, encore peu connu à cette époque au-delà de quelques cercles spécialisés [nb : reprise de l’article de Media Aces]

Nos meilleurs vœux en vidéo autour du futur livre la communication digitale expliquée à mon boss

La suite des événements nous a donné raison. Avec près de 30 ouvrages, Kawa Editions se distingue par plusieurs atours: un circuit de distribution innovant, faisant la part belle au digital et aux médias sociaux, et c’est ce qui nous a plu en premier; des ouvrages de grande qualité (la collection des « tout savoir sur… », mais aussi « Trash management », « Internet a tout changé » et les autres), enfin, un directeur de collection talentueux, qui nous fait le plaisir de participer à ce second petit kawa, le premier de 2013.

à suivre…

Vous prendrez bien un petit kawa, 2e épisode,pourquoi Kawa ? #petitkawa was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Médias Sociaux : Instagram et Twitter, ces nouveaux Mass Media

$-largeLes médias sociaux entre « pipolisation » et monétisation à outrance : ceux qui doutent encore de la fin d’un règne et de la mort définitive du « Web 2.0 », une expression que nous devrions désormais bannir de notre vocabulaire tant elle est éloignée de la réalité, en seront pour leurs frais aujourd’hui.

D’une part, commençons par la nouvelle la plus dure, « Instagram déclare qu’il pourra désormais revendre les photos que vous avez stockées sur son service ». On peut, comme la Tribune de Genève, y voir simplement un échange de données avec Facebook, mais c’est en fait beaucoup plus grave que cela.

Cela veut dire d’une part, que les photos que vous avez prises gratuitement, pourront être revendues au profit de la plate-forme qui les héberge, alors que les termes de cette transaction n’étaient pas connus ni clairs dès le départ. Imaginez par exemple, que Dropbox se mettent à vendre vos fichiers de données, à commencer par votre tableur de comptes familiaux !

fin du cordon de sécurité qui entourait les médias sociaux – photo antimuseum

Cela veut dire également que vous avez été bernés : vous croyiez benoîtement toutes ces années alimenter un service ludique de partage alors qu’en fait, vous étiez un des éléments anonymes faisant partie de la constitution d’une base de données marchande. Ce n’était sans doute pas l’intention originelle, mais l’IPO de mai 2012 s’est vite chargée de changer la donne.

Cela veut dire enfin qu’à terme, vous pourriez être amenés à payer pour avoir utilisé votre propre photo prise par quelqu’un d’autre sur Instagram, où la photo de votre entreprise ou de votre hôtel etc.

Tout ceci, comme le fait remarquer Reginald Braithwaite (cité par Cnet), nous donne l’impression que « vous n’êtes pas les clients d’instagram, vous êtes juste un troupeau qu’on mène à l’abattoir et qu’on vend au plus offrant. »

Le droit des images sur Internet n’est pas innocent. Enfreignez les droits, même sur une minuscule vignette d’une photo qui appartient à Getty Images par exemple, et vous encourrez  – logiquement – une amende, qui pour un particulier, peut se monter à 6000 €. Mon expérience personnelle montre que si les démarches entreprises pour collecter les droits enfreints sont parfois inadaptées au droit français, celles-ci sont néanmoins très strictes et vous risquez de passer un sale quart d’heure au cas où vous ne respectez pas les règles. Sauf que pour Getty Images, vous étiez prévenu dès le départ ; le caractère onéreux et contraignant du service ne faisant pas de doute et s’établissant à juste titre (juste rémunération de photographes professionnels). Idem pour Fotolia qui rémunère les amateurs et les professionnels en toute transparence.

Que faire désormais pour stocker ses photos ?

Même si cela m’attriste un peu, car j’aimais beaucoup Instagram et son côté ludique, pour des raisons morales et le principe, je vais certainement fermer mon compte et continuer à stocker mes photos personnelles sur Flickr ou Picasa, dont la politique de droit est beaucoup plus favorable utilisateurs,… Encore aujourd’hui.

Le jour où cela change, je migrerai toutes ces choses sur les espaces personnels… Comme c’était le cas il y a 10 ans, nous sommes bien à la fin de l’ère du partage et du fameux Web 2.0 ! La messe est dite.

mise à jour 18/12/2012 à 13:48 : Instagram a publié un démenti sur son blog indiquant que sa politique n’avait pas changé ; mais Timo Elliott remarque dans un tweet que cela est un exemple « classique de mauvais marketing : vrai techniquement, mais propre à induire en erreur ».

… et Twitter devient un Mass Media

Pour ceux qui veulent encore une preuve de changement, je reçois aujourd’hui une récapitulation de l’année Twitter 2012. Je vous laisse cliquer sur le lien pour découvrir vous-même les tweets les plus importants de l’année. Ma conclusion, c’est que pour lire ou savoir ce que pense Obama après sa réélection ou Justin Bieber, ou Madonna ou Lady Gaga ou n’importe qui de ce genre, je n’ai pas besoin de Twitter.

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Le défunt « Web 2.0 » nous avait ouvert une fenêtre sur l’avenir, un avenir où quiconque, même avec un auditoire de 3 personnes, pouvait créer son propre médium, son « média social ». Mais à partir du moment où ce même médium devient l’expression du plus grand nombre, qu’il se nivelle par le bas, et qu’on y retrouve exactement la même chose que sur les autres médias, la publicité par l’interruption elle aussi revient en masse et la boucle est bouclée, nous avons créé un nouveau Mass Media… sauf qu’il est peut-être moins efficace que la télévision qui reste un véhicule privilégié est indéniable de la publicité ou avantages renvoient aux travaux de Byron Sharp sur ce sujet).

Nous avions anticipé du changement depuis longtemps avec Hervé Kabla, coauteur avec moi en 2011 de « les médias sociaux expliqués à mon boss », et la prochaine version du livre sur laquelle nous travaillons actuellement ne traitera pas des médias sociaux proprement dits, mais de la communication digitale en général, dans laquelle nous inclurons les médias sociaux qui désormais ont bien perdu leur spécificité et deviennent un outil parmi d’autres.

Médias Sociaux : Instagram et Twitter, ces nouveaux Mass Media was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

la malédiction des start-up ou pourquoi l’amitié ne résiste pas à l’argent !

J’ai au moins 3 choses en commun avec Guy Jacquemelle, que j’ai interviewé il y a quelques jours sur la sortie de son nouveau livre :  une passion pour l’innovation, notre éditeur (Kawa) et enfin, le fait de travailler dans la même entreprise. C’est avec plaisir que j’ai reçu Guy pour nous parler de son dernier livre qui est plus qu’un mode d’emploi à destination des entrepreneurs : (tout savoir sur…) la malédiction des start-up (Les créateurs se séparent. Pourquoi ?)

Guy JacquemelleC’est un petit ouvrage d’une centaine de pages, qu’on peut lire ou du moins parcourir assez rapidement, mais il est d’une incroyable richesse, notamment pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’informatique, et ils sont nombreux sur ce site.

Ce livre pose une question simple : pourquoi les créateurs de start-up, souvent un couple d’amis se séparent-ils ?

Afin de répondre à cette question, le livre s’articule autour de 3 grandes sections :

  1. d’une part, un historique détaillé et incroyablement bien documenté de l’histoire des fondateurs de 4 sociétés emblématiques de l’informatique américaine : Apple, Microsoft, Facebook et Twitter. Pour toutes ces entreprises, un couple d’amis fondateurs a permis de faire éclore l’innovation, et le succès, mais aucune de ces histoires d’amitié n’a survécu au succès de l’entreprise ainsi créée.
  2. La 2e section, explique pourquoi l’amitié n’a pas résisté. À cela, beaucoup de critères importants comme l’éducation, complémentarité des profils, et surtout les objectifs divergents, comme dit explique dans la vidéo ci-dessous. Ajoutez à cela l’argent et le « 3e homme » et vous avons un cocktail détonant qui mène souvent, voire toujours, à la séparation.
  3. Le dernier chapitre, probablement le plus important pour les fondateurs de start-up, consiste en quelques conseils avant de se lancer sur le marché ; notamment pour ce qui concerne le choix du bon partenaire. Ainsi les entrepreneurs ne pourront plus commettre les erreurs du passé autrement qu’en connaissance de cause.
Guy Jacquemelle présente son ouvrage : la malédiction des startups

Existe-t-il des contre exemples ? Oui nous dit Guy Jacquemelle dans cette interview vidéo (ci-dessus). Regardez Google, Sergei Brin et Larry Page ne se sont jamais séparés, et le 3ème homme a même été écarté récemment pour laisser la place au fondateur historique qui n’en a pas profité pour éliminer son ancien ami.

une leçon universelle ?

Dans un sens, ce que nous explique Guy dans ce livre, dirigé par notre directeur de collection Henri Kaufman qui est toujours sur les bons coups, est sans doute quelque chose de plus universel que simplement le fait de créer une entreprise ensemble. L’amitié a en général du mal à résister au temps. Avec l’âge, les centres d’intérêt évoluent, les individus divergent.

Ce qui change avec la start-up, c’est qu’en plus il y a l’argent et l’ambition qui viennent se rajouter. Enfin, on pourrait faire remarquer que ce qui se passe dans ces start-up et la façon dont elles se séparent de leurs cofondateurs, est assez proche de ce qu’on observe dans les groupes de rock : en quelque sorte, on y retrouve la même recette : des copains, des complémentarités, du succès, puis l’argent, le 3e homme (producteur) etc. et enfin la brouille.

Les récits de Guy Jacquemelle nous racontent plus que l’histoire des fondateurs de start-up, ils nous content l’histoire des hommes. Ma seule frustration, est de ne pouvoir découvrir l’histoire détaillée et documentée d’un autre grand échec de l’amitié de l’histoire de l’informatique et d’Internet : Wikipedia avec la légendaire brouille entre Larry Sanger et Jimmy Wales.

la malédiction des start-up ou pourquoi l’amitié ne résiste pas à l’argent ! was last modified: février 6th, 2016 by Yann Gourvennec

8 retours d’expérience des pionniers du Web social – #confdigital

2.0-large_thumb.gifDemain vendredi 14 décembre a lieu à l’hôtel Méridien Etoile (Porte Maillot) aura lieu la conférence annuelle du Directeur de la Stratégie Digitale que j’aurai l’honneur de présider. Ma présentation, inédite en Français, sera tournée autour de la veille sur les médias sociaux  je reviendrai sur 6 ans d’expérience dans ce domaine, dont 5 passés aux commandes tout d’abord d’Orange Business Services, puis d’Orange groupe. dii-directeurdigital

Je cite les organisateurs : 

logo_dii_headerV2Pour passer le cap de la digitalisation et injecter du numérique dans vos chantiers traditionnels, les départements marketing, relations clients, ou encore communication se réinventent, allant parfois jusqu’à la création d’une fonction pilote : le Directeur de la Stratégie Digitale. Pourquoi et comment passer de l’opportunisme à la stratégie sur les nouveaux outils digitaux – Ipad, Smartphone, géolocalisation- et répondre aux défis du SoLoMo* ? Comment sélectionner les opportunités innovantes et ludiques pour vous démarquer sur la toile, et attirer la génération Y ?

Des réseaux sociaux à la marque employeur en passant par le social CRM, bénéficiez de témoignages exclusifs des Directeurs Digitaux, Web et Marketing digital lors de ce rendez-vous unique. Cette journée inédite vous permettra notamment de :

 Identifier KPIs pour mesurer la performance et leROI de votre stratégie
 Anticiper les risques 2.0, protéger vos données personnelles et votre e-réputation
 Adapter votre organisation et attirer les talents digitaux face à la rareté des compétences.

Et je vous livre ma présentation brute de fonderie  (le slide important est à la page 22 !) : 

Cette présentation a un titre assez alambiqué mais en fait elle devrait se nommer « veille et médias sociaux : comment passer du bruit au signal ». J’y reviendrai sur notre expérience de 6 ans sur ce sujet.

8 retours d’expérience des pionniers du Web social – #confdigital was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec