Une bureautique Microsoft gratuite dans votre tablette – appli du jour

imageProfitons des vacances qui commencent aujourd’hui, pour certains, pour nous divertir avec cette application de la semaine : cloudon. Tout au long du mois de juillet et je ferai quelques jours sur des applications que je te particulièrement sympathique ou qui ont changé ma façon de travailler, de me divertir, à moins que ce soient les 2 en même temps. Cette semaine, nous nous pencherons sur l’application cloudon, tellement extraordinaire, que je me demande encore comment ils font de l’argent. Est-ce un nouveau mystère de la nouvelle économie ?

Commençons par nous rendre sur le site de l’application, pour nous rendre compte qu’elle existe bien dans les versions Android et Apple. Après vérification vous pouvez la télécharger aussi bien sur votre iPad que votre iPhone.

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Étape numéro 1: après installation, ouvrez l’application. Il vous faudra d’abord paramétrer l’accès à vous espace disque en ligne habituel : 4 espaces sont mis à votre disposition, que vous pouvez cumuler en parallèle. Pour ma part, j’ai paramétré Google drive et Skydrive (de Microsoft, mon préféré, car étant un des premiers utilisateurs, je dispose de 25 Go gratuits). J’ai laissé Dropbox et box de côté pour l’instant mais je pourrais y revenir plus tard les rajouter quand je désirerais. Pour cela il suffit d’autoriser London à accéder à votre espace disque.

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Étape numéro 2 : après avoir sélectionné le disque en ligne correspondant (ici skydrive), l’arborescence de votre disque vous est ensuite présentée, vous pouvez afficher sous forme de liste ou d’icônes.

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Étape numéro 3 : après avoir changé l’affichage (option icônes) je sélectionne le répertoire où je stocke les brouillons de mon blog. Il s’appelle « blogposts »

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Étape numéro 4 : Je sélectionne l’article en format Word dont je vois qu’il a été modifié le 24 juin à 7h39.

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Étape numéro 5 : le fichier se télécharge depuis Internet, la fin de l’afficher, c’est l’image suivante, directement sur ma tablette dans une fenêtre Microsoft Word, un peu chose près identique à celles que j’ai sur mon PC (il s’agit d’une version simplifiée de la version 2010 de Microsoft Word, similaire à celle qu’on retrouve sur scannera lui-même. C’est d’ailleurs la seule faiblesse que je remarque dans cette application, à savoir la lenteur relative à télécharger le fichier à ce moment. Il est fort à parier que nous verrons une amélioration des performances sensibles d’ici les prochains mois si ce système perdure. On comprend aussi que nous sommes véritablement en voie vers un phénomène que j’ai décrit maintes fois sur ce blog, et qu’on appelle « ubiquitous computing » ou informatique omniprésente. Le maillon faible de la chaîne en est la connectivité, même si des progrès énormes ont été faits ces dernières années. Il faudra certainement encore 2 ou 3 ans, peut-être 5, pour avoir une connectivité sans couture, avec un confort d’utilisation similaire à celui dont je bénéficie derrière mon ordinateur au moment de la composition de cet article.

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Étape numéro 6 : je peux écrire directement dans le fichier qui est immédiatement modifiable ; pour le démontrer j’ai souligné un mot en appuyant longuement dessus, ce qui a fait apparaître le menu contextuel Microsoft que tout le monde connaît et qui équivaut au clic droit de la souris sur un ordinateur.

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Étape numéro 6 : je clique sur l’icône qui représente un compas en haut à droite de l’écran, ce qui ouvre un sous menu permettant de créer un nouveau fichier : soit un tableur (peut-être pas ce qu’il y a de plus facile à modifier sur une tablette), un fichier de traitement de texte Word, ou une présentation PowerPoint. Je choisis cette dernière …

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Étape numéro 7 : je donne un nom à ce nouveau fichier qui sera sauvegardé directement dans le répertoire de départ.

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Étape numéro 8 : s’ouvre ensuite un fichier vide PowerPoint que je vais pouvoir remplir exactement comme si j’étais sur mon ordinateur, avec cette version simplifiée de PowerPoint 2010. Simplifiée, mais quand même très complète, avec la gestion des modèles de base Microsoft. Pour créer une présentation dans un modèle personnalisé, je vous conseille d’utiliser une présentation que vous aurez préalablement chargée à vide sur votre ordinateur, afin de bénéficier de tous les modèles de pages. Ceci fait gagner beaucoup de temps et vous évite de bidouiller les modèles de pages sur la tablette, ce qui n’est pas très pratique. Vous pourrez donc ainsi vous limiter à ajouter du texte mais aussi des cliparts, et des images, des vidéos etc. Il est donc tout à fait possible de modifier une présentation PowerPoint et même de la créer directement depuis une tablette, puis de la récupérer ensuite sur un ordinateur afin de la finaliser, ou vice versa. Je rappelle qu’avec Skydrive, il n’y a pas non plus besoin de disposer d’une version locale de Microsoft PowerPoint, puisqu’elle existe en ligne. Personnellement, étant professeur et bénéficiant du tarif spécial enseignant, la possession d’une licence Microsoft locale, reste préférable, d’autant plus qu’elle ne coûte pas une somme extraordinaire.

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Au-delà du côté sympathique, pratique et surtout gratuit de cette application, on peut se poser plusieurs questions. D’une part, qu’elle va être le modèle de revenus de Microsoft dans ses prochaines années. On peut faire un pari, sur le fait que l’accès aux logiciels se fera de plus en plus dans le réseau, notamment à partir du moment où le défi de connectivité est réglé. Des lors, on se demande encore si le modèle de l’application à télécharger survivra très longtemps. Or c’est cela qui a fait vivre le géant du logiciel pendant toutes ces années. Par ailleurs, on peut se poser également la question du modèle économique de cloudon. On dehors de son éventuel rachat par Microsoft.

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Cloudon a, c’est bizarre, peu fait parler de lui, même si un grand nombre de téléchargements ont déjà été réalisés, force est de remarquer que le bruit médiatique autour de la société de Palo Alto est resté un peu coincé sur 2012. Gageons qu’ils n’en resteront pas là, et que les utilisateurs rattraperont le wagon un peu plus tard. Wired a fait remarquer que l’application avait ses limites notamment du fait du stockage des données sur le cloud, ce qui rendait l’affichage un peu ‘”trouble” mais utilisable quand-même. La remarque est valide, mais sur PowerPoint, on n’observe pas ce genre de problèmes.

Il y a bien quelques limites à l’utilisation pour ce qui concerne la diffusion et l’affichage de la présentation en public, mais dans ce cas, je vous recommanderai une autre application gratuite qui fonctionne de façon similaire, dans un prochain article. Comme le fait remarquer Wired, il est encore difficile d’utiliser ces applications de façon à créer une présentation de A à Z et l’utilisation de Cloudon est sans doute, pour aujourd’hui, limitée aux modifications mineures.

Gageons que les “visionnaires” auto-proclamés de Palo Alto n’en resteront pas là.

Une bureautique Microsoft gratuite dans votre tablette – appli du jour was last modified: juillet 1st, 2013 by Yann Gourvennec

impact économique du Web et B2B

opentoleads-marketing-btob-hpC’est le canevas de ma présentation de ce soir à Open2leads.  D’une part une présentation sur la base des chiffres de Digiworld 2012 et, c’est la nouveauté, de 2013 de l’Idate, qui va me permettre de poser le débat sur l’importance du digital dans l’économie, en France, en Europe et dans le monde. Ceci préfigure quelques uns des chapitres de  notre futur ouvrage, les médias sociaux expliqués à mon boss, qui sortira à l’Automne 2013 (la relecture est en cours, comme je l’ai expliqué ce matin).

D’autre part, un ensemble de questions qui me seront posées dans le cours de la discussion :

  • Quel est l’impact du Digital dans notre économie et quels bénéfices de manière générale les entreprises peuvent-elle en tirer ?
  • Les PME françaises ont elles toutes passé le pas ? Quels sont les risques pour celles qui ne se lancent pas ?
  • Pour revenir au sujet qui nous n’intéresse ce soir, à savoir le digital dans un contexte marketing btob
  • Quels sont les grandes tendances marketing que vous observez ?
  • Constatez vous aussi ces tendances à l’échelon international ?
  • Quels sont selon vous les priorités principales des directions marketing en btob?
  • Pensez-vous que le BtoB à un retard sur le BtoC en terme d’usage?

Rappel de la conférence ci-dessous

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B2B Best practices: Le Digital au service de la Performance,
une conférence organisée par Open2leads
impact économique du Web et B2B was last modified: juin 26th, 2013 by Yann Gourvennec

Le Web entre nouvelle économie et capitalisme hégémonique

ebook-largeOuf ! Nous sommes en train de mettre la dernière main à notre nouvel ouvrage La communication digitale expliquée à mon boss, suite de notre précédent livre dédié aux médias sociaux.

Il va s’agir d’une véritable somme du digital sur laquelle nous nous penchons actuellement, en pleine phase de relecture (ce n’est pas la plus drôle je vous l’avoue). En fait, il s’agit même d’un ouvrage double puisque nous l’écrivons à la fois en Français et en Anglais (le titre Anglais en sera Mastering Digital Communications Like A Boss, Beyond Social Media). La version française se construis un poil plus vite, en amont de la version anglaise que nous ré-adaptons entièrement ; elle représente aujourd’hui un corpus de environ 500 pages, avec un grand nombre d’illustrations, de planches PowerPoint (qui seront partagées sur Slideshare comme en 2011 pour le précédent livre), de conseils pratiques, et même de vidéos et d’un panorama assez large et complet de la plupart des aspects de la communication digitale.

Une place importante y est faite bien entendu à la conduite du changement, l’analyse, les chiffres, les moyens et les astuces pour pouvoir convaincre sa direction, mais aussi ses collègues de la pertinence du monde digital tout en faisant valoir ses compétences et son expertise. C’est également un moyen de se perfectionner aux aspects stratégiques du Web.

Nous avons  laissé à nos lecteurs sans nouvelles, malgré nos promesses, depuis de nombreux mois sur ce sujet, alors que nous avions prévu de publier régulièrement des vidéos, honte sur nous ! c’est que la rédaction d’un ouvrage comme celui-là est très prenante : plus de 90 articles d’environ 1500 mots ont été écrits, intégrées, relayés à l’ensemble, cela rend particulièrement de temps.

Mais assez parlé de nous !

Parlons plutôt aujourd’hui du livre d’un de nos confrères, Bertrand Jouvenot, qui vient de publier aux éditions Kawa (transparence : notre éditeur également), dans la collection tout savoir sur… Un livre sur « les dessous du Web ».

Voilà un aspect, que nous n’aborderons pas véritablement dans notre livre, mais qui est aussi une facette intéressante du sujet, celle de l’ambiguïté du Web, qui hésite toujours – nous en avions touché plus d’un mot dans notre premier ouvrage – entre le mouvement libertaire de ses débuts, issu du mouvement hippie de la Californie, et la présence hégémonique de quelques grands groupes capitalistiques, qui tendent de plus en plus à se comporter comme des acteurs historiques en tentant de prendre la totalité ou à tout le moins l’immense majorité d’un marché (“The winner takes almost all” selon l’expression de Seth Godin)

Pas besoin d’attendre d’avoir fini le livre pour savoir ce qu’il y a dedans, Frenchweb nous en livre des extraits publiés régulièrement en voici ci-dessous les 2 premiers. Je livrerai quant à moi les impressions des que j’aurais fini le livre.

À vos souris !

Tout savoir sur … les dessous du Web

Le Web est tout en contrastes. Il ressemble à une pièce de monnaie dont les deux faces ne se quittent jamais, mais ne se rencontrent jamais non plus.

Du côté face, l’apparition d’une nouvelle économie, des créations d’emplois, la croissance spectaculaire d’un nouveau type d’entreprises, l’invention de nouveaux services, l’accélération de l’innovation, la diffusion des idées et des savoirs, l’évolution des modes d’interaction entre les individus, etc.

lesdessouduwebDu côté pile, l’hyper-puissance d’acteurs organisant l’information au niveau mondial, la destruction de pans entiers de l’industrie (musique, cinéma…), la disparition de medias traditionnels (journaux, radios…), le remplacement de l’information par l’opinion, la remise en question de la propriété intellectuelle, l’évaporation de prérogatives des États Nations…

Mac vs. PC ? Derrière cette simple opposition entre deux familles informa­tiques, deux philosophies d’affrontent.

Celle du PC, ou personnal computer, est héritée du passé. Elle demande à l’homme de s’adapter à la machine. Celle du Macintosh est plus moderne. Elle s’efforce d’adapter la machine à l’homme. La première capitalise sur les capacités d’adaptation de l’individu tandis que la seconde s’appuie sur ses potentialités. Dans le premier cas, l’homme est au service de la machine. Dans le second, la machine est au service de l’homme. La première est machine centric, la seconde est human centric. Toutes nos entreprises, nos stratégies, nos process, suivent la logique PC. L’homme est convié à se plier à des règles, des modes de fonctionnement, des habitudes, une hiérarchie, des tableaux de bord, des ERP, des progiciels, etc. Et quand cela ne marche plus, les organisa­tions demandent à leurs collaborateurs de s’adapter encore plus, en devenant toujours plus flexibles, mobiles, souples… Et parce que nous ne sommes pas à un paradoxe près, on observe les vainqueurs du moment, tel Google ou Apple, et on en on déduit que la clef du succès se trouve dans la créativité, l’innovation, la communication… Bref dans les potentialités de l’homme, que la philosophie du Mac se propose précisément de libérer.

via Extrait #1 : Mac vs. PC | FrenchWeb.fr.

Extrait #2 : Le foyer digital | FrenchWeb.fr

Le monde change, l’économie aussi. Elle se tertiarise comme disent les écono­mistes. Le poids des services dans les PIB et autres PNB augmente.

Les équipements informatiques, les connections Internet, les téléphones et autres terminaux, sont devenus les outils de travail, de production et de productivité des salariés. Les collaborateurs d’une entreprise sont désormais mieux équipés, mieux outillés techniquement, informatiquement, télépho­niquement… à titre personnel, qu’à titre professionnel. Quand ils ont deux téléphones et qu’ils ne sont pas dans les sommets de l’organigramme, celui que leur a fourni leur entreprise est rarement le mieux des deux. A la maison, l’ordinateur dont ils disposent est souvent plus récent, mieux équipé en logi­ciels, doté de plus de mémoire que celui qu’ils utilisent au travail.

via Extrait #2 : Le foyer digital | FrenchWeb.fr.

Le Web entre nouvelle économie et capitalisme hégémonique was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Facebook innove (enfin) en publicité en suivant (encore plus) les consommateurs à la trace

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La sélection du jour…

Est cet article de business insider sur une innovation que Facebook lance dans le domaine de la publicité en ligne. Il est encore un peu tôt pour se prononcer sur la réussite future de ce nouveau service de Facebook, mais ce qui est indéniable, c’est que le géant des réseaux sociaux est en train d’innover, enfin, autour de la publicité dans les réseaux sociaux. Énième, et probablement ultime étape de la mercantilisation des réseaux sociaux, cette invention dénommée « partner categories » est en train de sonner le glas définitif du Web 2.0.

Partner categories, c’est la possibilité de, prédictivement, savoir non pas ce que vous aimez (“likez” en termes Facebook), ce qui n’a qu’un intérêt limité, mais ce que vous achetez ou allez acheter (parce que vous vous êtes renseigné sur un produit). À l’évidence, ce service va faire grincer les dents de ce côté-ci de l’Atlantique, et on peut imaginer notamment quel accueil va lui être réservé dans les pays particulièrement sensibles à la protection des données personnelles que sont l’Autriche et l’Allemagne par exemple. En France, où la proportion d’utilisateurs aux médias sociaux selon le Figaro, vient de passer les 80 %, on continuera de couiner et de râler, mais de de se laisser suivre à la trace, sans nul doute.

Ah ! le Web et ses bonnes vieilles métaphores guerrières …

Cette invention fait peur à Yahoo! (comme cela est indiqué dans l’article de business insider ci-dessous). La guerre est lancée, car le monde de l’Internet est friand de ces “guerres” : guerre des navigateurs, guerre des moteurs de recherche et des portails il y 10 ans, et maintenant guerre de la publicité. Et il n’y a pas que Yahoo! Car dans un sens, plus que Yahoo!, c’est Google qui est visé ; le champion de la publicité sur Internet. Grâce à ce nouveau système, Facebook tient enfin un moyen de concurrencer le géant américain de la publicité en ligne.

À moins que le caractère intrusif de cette personnalisation outrance n’ait un caractère plus contre-productif que productif. A voir également si le résultat de ce nouveau dispositif ne va pas finir par être stigmatisé par les utilisateurs, à la manière du retargeting, qui tend à vous proposer les produits que vous avez déjà visités en ligne de façon un peu insistante.

Ce qui est marquant ici aussi, c’est le renforcement de la tendance que nous observions déjà il y a quelque temps sur le mariage du commerce en ligne et du commerce physique. Les réseaux sociaux s’en mêlent également, c’est cela véritablement le social commerce et non pas les boutiques sur Facebook qui ont fleuri il y a 2 ou 3 ans et qui ont fait Pschitt!

Affaire à suivre donc…

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légende : cibler les clients sur la base de ce qu’ils achètent et non plus de ce qu’ils “likent” … (image marketingland)

Le produit anti-Yahoo! est enfin né – Business Insider

A l’Automne dernier, une source proche de Yahoo! nous a confié que Facebook était en train de travailler à un produit destiné à “nous [tuer]”.  Il nous disait :

“Il y a des rumeurs qui couvent à propos de la prochaine grosse opération qu’ils montent – un nouveau business qui viendrait concurrencer Yahoo! sur son produit publicitaire phare et qui nous tuerait”.

Ce produit est enfin arrivé. Il s’appelle “partner categories”. Il permet aux annonceurs Facebook d’afficher des bannières aux utilisateurs qui ont acheté, ou qui ont montré un intérêt prononcé pour l’achat, de catégories spécifiques de produits hors Internet : cela va des produits de grande consommation, aux voitures et au-delà. Ce nouveau produit Facebook est possible du fait d’un partenariat avec une entreprise appelée datalogix. Datalogix analyse l’utilisation des cartes de fidélité dans les magasins physiques.

Facebook est donc capable, et cela a un impact non négligeable sur la confidentialité des données personnelles, de dire qui a acheté environ 50 % de tous les produits de grande consommation vendus aux États-Unis.

Datalogix c’est aussi capable de suivre à la trace les gens qui ont donné des informations d’identification au vendeur à chaque fois qu’ils ont demandé des informations sur leurs produits.

via Yahoo-Killing Facebook Product Is Finally Here – Business Insider.

>> voir aussi l’aricle de Marketingland

Facebook innove (enfin) en publicité en suivant (encore plus) les consommateurs à la trace was last modified: janvier 16th, 2016 by Yann Gourvennec

« En innovation, tout est dans l’exécution » – avec Pierre Yves Chaltiel

idea-visionary-marketingSuite des notes prises lors de ma visite à Telecom Paristech du 13 juin 2013. Après la théorie, la pratique, avec cette mini-conférence donnée par Pierre Yves Chaltiel. Celui-ci a 57 ans et 32 ans d’expérience. “Avec cette expérience [il] a acquis des convictions mais pas de certitudes”. Il y a travaillé à Londres, puis chez Thales, puis chez Bull, dont il a été le directeur général avant de créer sa boîte de conseil en début 2013. Il nous livre ici ses réflexions sur l’innovation et ses conseils. Une belle leçon d’innovation avec des enseignements utiles et inspirants qui permettront au lecteur avisé d’éviter de croire que le processus peut tout faire dans l’innovation, et que l’inspiration et la motivation peut faire des miracles, notamment dans le cadre d’un objectif partagé, celui de concevoir des produits de rêve …

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Pierre-Yves Chaltiel : “de l’expérience, mais pas de certitudes”

Parcours d’un innovateur

Pierre-Yves Chaltiel a travaillé à Londres après avoir fini Supelec, puis il est revenu en France, à une époque où on « s’arrachait les ingenieurs ». Il est ensuite rentré chez Dassault (aviation) où il a travaillé sur les logiciels embarqués et toute la high-tech autour des avions de combats « dont la France est encore un des rares pays à maîtriser la constructions et la conception à peu près du début à la fin » a-t-il précisé.

Il a ensuite intégré Thomson CSF dont il a été patron de la division communication et sécurité (crypto et paiements) et mobiles et réseaux pour les militaires. Il a été président de Thales Optronics (recherches associées à la vision nocturne, la reconnaissance satellitaire etc.) puis patron de Thales aéroporté spécialisé dans les « contremesures » c’est a dire comment protéger les hélicoptères, par exempl, des menaces et les éviter.  Il a fini sa carrière dans le monde de la grande industrie, de  2010 à 2012, comme DG de Bull dans le monde de l’IT, du service et des super calculateurs.

Plus que la loi de Moore

“Le calcul est devenu une denrée rare” a dit Pierre Yves Chaltiel et “Bull est un des seuls fabricants mondiaux capable de sortir des calculateurs de plusieurs pétaflops”. De quoi faire tomber quelques préjugés ; finalement, il reste encore quelque chose de notre industrie informatique. Et la croissance est exponentielle, bien plus encore que ce qui est décrit par la loi de Moore : “le problème est que tous les scientifiques ont besoin de cette puissance de calcul mais en 2020, ils auront besoin de plus de 1000 fois plus !” Donc plus que la loi de Moore, et « nous serons capables de le faire en résolvant le plus grand défi qui est énergétique et non électronique a-t-il encore expliqué.

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Il s’est depuis le début de cette année mis à son compte en créant Quantic Move où il fait du consulting, du développement international (une grande faiblesse française a-t-il dit) et où il côtoie des entrepreneurs “ce qui est très enthousiasmant ».

Qu’est-ce qui fait l’innovation ? la mise en œuvre !

Le monde de la défense n’est pas particulier selon lui et il s’est posé la question de ce qui faisait l’innovation. « Tout est dans l’exécution ! » Car beaucoup de nos entreprises vivent sur l’importance de mettre en place des processus. Dan Pink (Tedx) a fait des études et a remarqué que c’est toujours quand une action n’est pas “incentivée” qui réussit à mettre en place les innovations.

Out of the box…

Selon M. Chaltiel, en innovation il faut sortir du référentiel car on ne sait pas innover sans cela :

  • Avant de développer des « processus » d’innovation qui ne marchent pas !  (cf. mon cours sur l’innovation de Dauphine sur les études comparatives des différents modes de management de l’innovation) ;
  • L’innovation ne se décrète pas elle ne se décide pas ;
  • L’innovation ne se développe pas dans les groupes où il n’y a pas de bien-être ;
  • L’innovation touche tous les domaines, pas seulement technologiques ;
  • L’innovation « produits » requiert du marketing et ce problème est souvent occulté dans les entreprises (peut-être devrait-o rajouter “françaises”). Et les marketeurs ne doivent pas seulement être des gens qui connaissent le client, mais qui savent imaginer ce que pourrait vouloir le client ;
  • Les équipes de R&D travaillent trop loin des clients et des commerciaux ;
  • Il est fondamental d’imaginer de nouveaux usages. L’innovation n’est pas QUE technologique, elle  est aussi une innovation d’usages mais il faut les 2 (se focaliser sur un discours d’usage sans la technologie sous-jacente revient à faire un discours sur le vide).

Le concept Samsung de produit de rêve (“dream product”) 

Dream products samsung galaxy nexus caseChez Thales, Denis  Ranque avait décidé que ses cadres devaient faire des voyages. Un voyage l’a marqué et c’était en Corée, il y a 4-5 ans chez Samsung : “ils ont expliqué qu’ils avaient mis en place la notion d’un dream product”. Pierre Yves Chaltiel nous en a dressé le protrait-robot :

  • Le “dream product” … :
  • Donne de la valeur au client ;
  • Bonne part de marché  ;
  • Bonne marge ;
  • Innovation ;
  • Discréminant par rapport aux concurrents  ;
  • Sans fautes ;
  • Génère de la fierté dans l’organisation.

Le profit de Samsung proche du CA de Thales

“Le profit de Samsung est proche du CA de Thales”. a-t-il ajouté ; ça doit vouloir dire quelque chose… “Et ils déposent en ce moment plus de brevets qu’ Intel en 2004”. Ils ont également mis en place des processus de sélection des produits très sévères.  En conséquence ils sont devenus leaders de la flash mémoire, et des mobiles dans le monde, entre autres produits (Samsung est un conglomérat industriel). Ils ont également une bonne position dans la télévision de future génération (dite SmartTV).

Autres exemples de « dream products » l’iPod, bien-sûr. Dans les critères de succès, il y a aussi la rapidité de l’exécution. Si Apple a raflé une bonne part du marché avec son iPod cela est aussi beaucoup dû à son Time to Market très rapide. M. Chaltiel “ne croit pas que Nokia puisse se réinventer” face à ce raz-de-marée américain. “Si on ne peut arriver premier on a perdu !” a-t-il précisé, même si l’histoire de l’innovation est remplie de contre-exemples.

Il faut aussi avoir une excellente connaissance du marché et des clients et aussi inculquer au personnel le goût de l’amélioration permanente.

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Il a donc donné des critères à son entreprise (Thales) afin d’émuler cette méthode et de se l’appliquer à soi-même. Voici les mots d’ordre qu’il a suivis :

  • Être premier sur le marché ;
  • Nos compétiteurs ne doivent pas l’avoir ;
  • Nous n’étions pas sur ce marché avant  ;
  • Nous avons un brevet qui nous donnent un avantage concurrentiel ;
  • Haute qualité et fiabilité ;
  • Maîtrise des croissances adjacentes ;
  • Support client de très haute qualité ;
  • Bénéfice client facile à comprendre ;
  • Créer un sentiment de fierté chez les employés ;
  • Utilisabilité et retour avec des success stories.

Au feeling

Mais qu’est-ce que tout cela a donné ? La méthode a-t-elle été efficace ? Je lui ai posé la question : “J’ai appris beaucoup sur le tas” a-t-il répondu, “j’ai pris une boîte dans le rouge et 3 ans après elle faisait de la marge ; ce n’est pas seulement dû à l’innovation mais cela a eu un rôle. Il y a eu aussi la motivation du personnel et le management au quotidien mais c’était un ingrédient important”.

Chez Dasssault il a été frappé par cette intervention de Serge Dassault au moment d’une prise décision quant à un investissement important « et n’oubliez pas que c’est avec mon argent que vous jouez ! » C’est une “leçon d’une importance capitale, car chaque innovateur”, a-t-il ajouté, “devrait penser qu’il investit son propre argent”, une chose qu’il n’a pas retrouvée chez Thales, mais le lecteur trouvera lui même d’autres exemples dans les entreprises qu’il voudra.

Les silos organisationnels sont moins nocifs que vous croyez !

« J’ai vu aussi de petites entités dans de grands groupes où les gens arrivent à mieux travailler ensemble et ça fonctionne mieux ». Les processus communs a-t-il enfin conclu, cela fait certes gagner de l’argent mais en fait, le fait que chaque silo invente ses processus, même s’il s’agit de duplications, est moins nocif que la perte de motivation induit par l’imposition de processus descendants.

Personnellement, je pense plutôt que la bonne formule est celle où les processus sont partagés mais incluent directement en leur sein une portion d’autonomie qui laisse la possibilité de créer aux employés.

Dans tous les cas voici une belle leçon d’innovation avec des enseignements utiles et inspirants qui permettront au lecteur avisé d’éviter de croire que le processus peut tout faire dans l’innovation, et que l’inspiration et la motivation peut faire des miracles, notamment dans le cadre d’un objectif partagé, celui de concevoir des produits de rêve …

« En innovation, tout est dans l’exécution » – avec Pierre Yves Chaltiel was last modified: juin 19th, 2013 by Yann Gourvennec