Buzz et e-reputation : le grand méchant loup n’est pas celui qu’on croit

yanngourvennec
sur le plateau de Webcastory

Ca y est ! tous les épisodes du débat de l’Entreprise 2.0 tournés fin décembre 2008 sur le plateau de Webcastory (voir http://www.techtoctv.com pour tous les détails, remarquablement documentés par Frédéric Bascuñana et son équipe de Webcastory). Dans le dernier  épisode dédié au sujet primordial et passionnant de la e-réputation (c’est-à-dire de la mesure et l’appréciation du buzz positif et/ou négatif sur Internet) nous avons abordés de nombreux thèmes, parfois faisant écho à certaines analyses développées dans nos colonnes (voir notamment celle ci : Blogs et Société Générale : les clients n’ont pas eu peur).

Ma vision personnelle est beaucoup plus positive que négative. La réputation en ligne est une opportunité à saisir absolument, même si beaucoup d’entreprises abordent ce sujet négativement par la mesure du buzz négatif et par une sorte de réaction tétanisée vis à vis des critiques que l’entreprise peut essuyer. Comme de nombreux clients me l’ont fait déjà remarquer, il y a beaucoup plus à craindre d’un buzz négatif sur Libération ou Le Monde en France ou le New York Times aux Etats Unis. D’ailleurs, l’exemple le plus cité – le soi-disant Kryptonite blogstorm – est un bon exemple du danger des relais de la presse écrite, pas de la presse en ligne ! La preuve ici, dans cette interview qui démystifie l’histoire Kryptonite (http://www.intuitive.com/blog/debunking_the_myth_of_kryptonite_locks_and_the_blogosphere.html), qui soit dit en passant commence à faire un peu vieux désormais (2005, soit plus de 3 ans). Je vous invite donc à relire l’article de Dave Taylor . Voici ci-après quelques extraits du compte-rendu de Frédéric sur cette dernière session. A bientôt sur TechtocTV pour d’autres débats passionnants. 

c’est toujours avec une réelle légitimité éditoriale que nous traitons ce sujet qui nous intéresse avant tout pour compléter de façon instructive et pédagogique nos premiers plateaux de sensibilisation au thème de l’Entreprise 2.0.  Voilà donc un plateau qui concerne beaucoup plus d’entreprises qu’il n’y paraît : de la TPE à la multinationale… Les intervenants abordent avec moult précautions oratoires la question stratégique de l‘insidieuse « e-réputation »..Premier constat :  Les marques qui identifient depuis longtemps le buzz comme source, tout autant de communication positive que d’inquiétude travaillent de plus en plus sur les opportunités du marketing viral. Elles doivent ainsi mettre en place les outils qui leur permettront de gérer leur réputation online. 

Comme le rappelle Gilbert Reveillon, l’entreprise utilise le « push » avec les supports publicitaires traditionnels et de plus en plus le « pull » via les outils web interactifs

Ces outils accessibles à tous donnent aussi bien aux toutes petites entreprises l’accès à l’énorme caisse de résonnance mondiale que représente Internet.  

Ils permettent aussi de toucher le consommateur de façon plus personnalisée : par sa communauté.  

Après la vague CRM et la communication one to one, la marque a compris que l’individu pouvait avoir différentes facettes qui correspondent aux communautés qui le constituent

C’est pour cette raison que les entreprises se lancent à la conquête de nouveaux territoires

Autre particularité des outils 2.0, leur traçabilité.  Celle-ci est un atout (et permet notamment de calculer facilement le ROI) autant qu’un piège

Un mauvais buzz (ou « bad buzz ») peut être fatidique s’il est mal géré.  C’est à ce niveau qu’intervient Loïc Moisand pour réparer les dégâts d’une mauvaise e-reputation.

[…] » 

SOMMAIRE DES VIDEOS DE TECHTOCTV SUR L’ENTREPRISE 2.0

Buzz et e-reputation : le grand méchant loup n’est pas celui qu’on croit was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Le jour où j’ai eu 250 000 visiteurs sur mon blog !

buzz marketing digg likeVoici une libre traduction d’un article écrit par Darren Rowse , un des bloggers les plus connus aux USA et tenancier du Blog ProBlogger.net. Dans ce cas de figure il présente comment il a réalisé 250 000 visites en 1 jour pour un de ses autres blogs www.digital-photography-school.com.

Ce qui est intéressant c’est la mécanique simple par laquelle il est arrivé à un tel résultat : le Buzz au travers d’outils comme Digg.com et StumbleUpon.com.

Et bien que ces chiffres fassent rêver il faut remarquer, qu’en France c’est également possible d’arriver à un tel résultat toutes proportions gardées... En effet avec un peu de chance et de travail il n’est pas impossible d’espérer atteindre via ces mécanismes et d’autres les 25 000 visiteurs en une journée.

Darren Rowse a écrit cet article sur le pic de visites le plus important qu’il a jamais vu sur un de ses blogs le 20 janvier dernier suite à des demandes sur Twitter pour savoir quel était son secret pour attirer ¼ de millions de visiteurs pour un article qui est des plus classiques pour plus d’un surfeur (c’est simplement une collection de 15 superbes photos avec un temps de pause long).

Chronologie d’un buzz non annoncé…

1 – Publication de l’article avec les 15 photos de photographes qui ont tous utilisés la même technique de temps de pause long à partir d’une sélection de www.flickr.com. Cela signifie que n’importe qui aurait été capable de créer cet article, il n’a rien d’extraordinaire dans cet article qui justifie 250 000 visites.

2 – Soumission de l’article sur Digg.com et Stumbleupon.com, avec l’ajout d’un bouton « Digg this » en haut de l’article (suite au succès de l’article, ce bouton a ensuite été supprimé).

3 – Darren à l’intuition qu’un article de ce genre devrait bien fonctionner avec Stumble Upon (ce qui était le cas !), et donc il envoi un Tweet à ses followers de Twitter, en indiquant que son article démarrait déjà pas mal sur Stumble Upon (sans demander à voter directement…). D’après Darren c’est le seul coup de pouce qu’il a donné à cet article.

4 – Un afflux de visiteurs arrive de Stumble Upon grâce aux votes des milliers de suiveurs de Darren votant pour lui sur Stumble Upon… et dans le même temps ces visiteurs cliquent aussi sur le bouton Digg, ce qui augmente parallèlement le nombre de visiteurs de Digg.com.

5 – 4 h après la soumission à Digg, l’article arrive en première page de Digg.com avec « seulement » 110 votes, grâce à la rapidité de clics de cet article.

6 – 1h après cette Home Page de Digg, le trafic était de 28 000 visiteurs uniques… soit près de 10% de la journée alors qu’aux USA il était minuit sur la Côte Ouest et très tôt sur la Côte Est, ce qui est d’une part une heure creuse pour les visites, mais d’autre part un bon signe pour un article en début de vie.

7 – Les visiteurs de Digg et StumbleUpon continuent d’arriver, lorsque l’article arrive dans la page « Top Populaire » de Delicious.com. Cet article y est resté près de 15h, ce qui est très rare pour ce site de partage de favoris !

8 – Le trafic des visiteurs de Digg commence alors à baisser, Darren va donc se coucher et se disant qu’après tout ce n’est qu’un article qui a bien marché, et donc que le trafic va rebaisser.

9 – Pendant son sommeil, l’article arrive cette fois dans sélection de Digg « Le Top de toutes les catégories », ce qui lui provoque une nouvelle jeunesse avec 25 000 visiteurs en 1 heure !

10 – Durant les 6 ou 7 heures suivantes le trafic de Digg baisse, alors que Stumble Upon continue de ramener un nombre toujours constant de visiteurs. C’est là que d’autres Digg Likes secondaires prennent le relais avec par exemple Wykop, jimmyr, Plime, PopUrls grâce à l’arrivée sur leurs home page. D’autres blogs comme The Agitator, Monitor et Naver reprennent l’article et génèrent ainsi un trafic supplémentaire.

Lire la suite

Le jour où j’ai eu 250 000 visiteurs sur mon blog ! was last modified: septembre 20th, 2014 by conseilsmarketing

e-marketing Paris 2009: le salon incontournable

e-marketing Paris 2009

cette année encore, le salon e-marketing organisé par le magazine en ligne e-business est un événement incontournable de l’e-business (http://ebusiness.info/)  avec tous les sujets de l’e-marketing qui y seront abordés comme d’habitude, (voir ci-dessous) par des professionnels du métier. Cas concrets, réflexions de fond, démonstrations, c’est là qu’il faut être si vous êtes intéressés par le sujet ou – mieux encore – que vous en êtes un acteur. alors, rendez-vous au palais des congrès de Paris, à la porte Maillot (M° ou RER porte Maillot) ces mardi 27 et mercredi 28 janvier 2009. Venez nombreux !

E-marketing Paris 2009
27 et 28 janvier 2009

2 jours pour découvrir les nouvelles tendances du marketing numérique.

Parmi les sujets abordés : E-mailing, Référencement, Vidéo marketing, Réseaux sociaux, Marketing comportemental, Mobile marketing…

Des centaines d’experts seront réunis pour vous – deux jours de rencontres et d’échanges. 200 exposants, 200 conférences gratuites, 8 formations : de quoi nourrir votre curiosité et combler toutes vos attentes sur le marketing numérique.

Cet événement est gratuit !
Inscrivez-vous maintenant et réservez votre place.

L’Equipe E-Business Events
contact@ebusiness.fr


> LE COMMUNIQUE DE PRESSE


> LES EXPOSANTS PAR THEME

> LES EXPOSANTS PAR ORDRE ALPHABETIQUE

> CONSULTER LA LISTE DES PARTICIPANTS

e-marketing Paris 2009: le salon incontournable was last modified: janvier 25th, 2009 by Yann Gourvennec

microblogging : à quoi peut servir Twitter ?

twitter et marketing

Tout le monde entendu parler de Twitter.com, ce service de MicroBlogging qui permet d’envoyer des messages de 140 caractères à ses correspondants. Mais cet outil ne s’est pas encore démocratisé, et il est encore l’apanage d’une minorité férue de technologie.

Pourtant cet outil recèle un énorme potentiel pour trouver des clients, améliorer le référencement d’un site internet, garder le contact avec ses prospects… C’est pourquoi nous allons vous présentercomment utiliser Twitter pour un usage professionnel.

Pourquoi utiliser Twitter ?

Au départ Twitter est un outil dont on ne voit pas trop l’intérêt, car si on veut envoyer un message il y a les emails, si on veut gérer ses contacts il y a Facebook, si on veut chatter il y a MSN, si on veut écrire des articles il y a les blogs et pour partager des liens intéressants il y a les Digg Likes… Alors pourquoi Twitter ? Tout simplement un peu tout cela en même temps !

Attention à ne surtout pas réduire Twitter à une machine à décrire ce que vous faites, car bien entendu cela n’intéresse pas grand monde, et à la fin cela lasse même les plus égocentriques…

Twitter doit au contraire être une source de valeur ajoutée où vous devez envoyer uniquement des informations intéressantes et pertinentes (liens, articles, idées…). Le but ultime étant si possible d’enclencher un débat et de faire réagir vos lecteurs pour provoquer une réaction en chaine.

C’est grâce à cela que Twitter a convaincu plus d’un million de personnes dans le monde (entre 5000 et 10 000 comptes ouverts / jours), et plus de 21 000 utilisateurs en France ! Sachant que cet engouement est récent : selon Hubspot 70% des utilisateurs se sont inscrits en 2008, dont 20% dans les 2 derniers mois.

Toujours selon Hubspot une personne suit environ 70 autres (c’est-à-dire qu’elle reçoit les messages postés par 70 utilisateurs de Twitter), seuls 5% des utilisateurs ont plus de 250 suiveurs et 0,8% plus de 1000 (nous en verront l’importance un peu plus tard).

Lire la suite

microblogging : à quoi peut servir Twitter ? was last modified: septembre 20th, 2014 by conseilsmarketing

Web 2.0 : trop d’information tue-t-il l’information ?

« La chair est triste hélas, et j’ai lu tous les livres », telle était introduction de Stéphane Mallarmé à son poème Brise Marine (voir une analyse ici), ode sibylline et lyrique dans laquelle l’auteur symboliste donnait libre cours à son spleen baudelairien et où l’appel du large (d’où le titre) symbolisait son désir de quitter le foyer, toutes choses triviales et enfin son nouveau-né qui le tenait éveillé et l’empêchait de créer. Voilà la phrase qui me venait immédiatement à l’esprit en lisant l’article de Michael Kinsley dans Time magazine, intitulé ou « de combien de blogs le monde a-t-il besoin(1) ».

Kinsley a mis le doigt dans son commentaire sur de véritables problèmes que tous – à divers niveaux – nous avons pu rencontrer sur la toile. Lors d’un séminaire que j’animais dans le cadre du e-mba d’Insead en décembre dernier, et dans lequel je me faisais l’avocat de l’entreprise 2.0 et des blogs d’entreprise, un des membres de l’assistance me fit remarquer qu’il y avait déjà bien assez de matière en ligne comme ça, et que le Web collaboratif était coupable « d’autoriser n’importe quel imbécile à écrire n’importe quoi ». L’approche de M. Kinsley est similaire. « La possibilité qui nous est offerte à tous d’exprimer nos opinions est magnifique, mais pas la perspective de les lire » affirmate-t-il dans le magazine américain bien connu.
Voilà qui donne matière à penser. Il est vrai que la liberté d’expression est un blanc-seing donné à la parole des idiots. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux. Et pourtant, c’est là aussi que nous pouvons toucher du doigt la définition même du mot liberté – qui orne, doit-on le rappeler, nos frontons – à savoir le sentiment de n’être « […]pas soumis à une ou des contrainte(s) externe(s) » (Trésor de la langue française explication n° I) mais également l’absence d’arbitraire ou d’exercice d’une autorité arbitraire (« Condition de celui qui n’appartient pas à un maître. Anton. esclavage, servitude » Ibid. explication n° 1-a), fût-ce en provenance d’un journaliste célèbre. Liberté, liberté chérie ! Liberté d’écrire ce qui est juste et d’en recevoir la juste récompense, mais aussi la liberté d’écrire ce qui est faux et d’être contredit publiquement.

« De combien de blogs le monde a-t-il besoin ? » annonce Kinsley à la fin de son essai enflammé à la page 56 du célèbre magazine américain (dont je suis je l’avoue sans honte un fidèle lecteur). Les échos de cette question rhétorique me semblent véritablement très mauvais. De combien d’êtres humains le monde a-t-il besoin ? De combien de diplômés avons-nous besoin en dehors de ceux de telle ou telle école ? De combien de pays avons nous besoin en dehors des membres du G8 ?

Ce besoin, à mon avis, est infini. Nous avons besoin d’un nombre infini de pays, de gens, de couleurs de peaux, de langues et d’idées etc. Laissons les s’épanouïr M. Kinsley, pour l’amour du monde et de la connaissance, et si tant est qu’un ou même plusieurs d’entre eux ne soient pas à la hauteur – ou simplement à votre goût – et bien disons-le tout net, cela n’a aucune importance du moment que ces idées ont pu être exprimées librement et dans n’importe quelle langue. Et s’il devait y avoir nécessité ou urgence, la liberté d’en appeler à d’autres voix sur Internet pour commenter et contredire ces blogueurs et prouver qu’ils ont tort est également utile. Et quand bien même 99 % de ce contenu en ligne pourrait être considéré comme sans intérêt, je continue à penser que dans l’ensemble je finirai bien par trouver au moins une page qui vous la peine d’être lue. Et même cette page, cette unique page, vaut la peine qu’on se batte pour elle.
Je suis d’accord avec Michael Kinsley cependant, lorsqu’il critique l’accumulation qui « finit par devenir une mise en abyme ». Certes, une majorité de blogueurs se copie les uns les autres sans ajout de valeur ajoutée, et cela est véritablement mauvais. Il n’empêche que les auteurs intéressants abondent également. Pour prendre une comparaison, à supposer que l’immense majorité des programmes de télévision soit composée d’âneries (cette hypothèse est purement fortuite bien entendue), ceci ne veut en aucun cas dire que rater le pour cent de contenu intéressant qui y réside ne va pas contribuer à l’augmentation de notre connaissance. Cette règle s’applique également à la blogosphère.
Michael Kinsley, comme Mallarmé, se trompe de cible. Il n’y a pas surabondance de mauvais contenu sur Internet. Il y a juste un travail de lecture et d’analyse pour séparer le bon grain de l’ivraie. Et ceci d’ailleurs, n’est pas bien différent de l’ensemble des autres sources culturelles.
Ne nous inquiétons donc pas, le temps (jeu de mots involontaire), et l’histoire feront leur tri pour nous, de la même manière qu’ils ont balayé la plupart des livres que Mallarmé avait eu à la fin du XIXe siècle et qu’il avait jugés si mauvais dans l’introduction dans son poème. Même si je suis d’accord avec la plupart des points soulevés par Michael Kinsley, nous devons résister à la tentation de définir arbitrairement ce qui est juste et mauvais avant même de l’avoir étudié, afin d’éviter de céder à la tentation du jugement hâtif et de passer à côté de quelque pépite qui contribue à la connaissance humaine. La liberté d’expression peut produire des résultats intéressants également, bien que cela ne soit pas une assurance de résultat. En fin de compte, le hasard joue également un rôle important en création, sinon central. Cette liberté qui nous fut accordée par la grâce et M. Tim Berners Lee, de Vint Cerf et leurs amis (nous en profitons pour remercier Vint Cerf de son commentaire sur la version originale anglaise cet article), est si douce et agréable qu’il ne faudrait pas la bouder.
Ironiquement, l’article de Kinsley est également disponible en ligne et même un lien de vote (digg) a été inséré par Time (on fera remarquer d’ailleurs que cet article n’est pas immensément populaire, et que la majorité des votes, plus d’une dizaine, est venu depuis le commentaire sur mes blogs). Et on peut se demander légitimement si Kinsley tout en le critiquant ne contribue pas au chaos de l’Internet qu’il dénonce. Peut-être que cela suffit à appuyer ma démonstration.

(1) how many blogs does the world need par Michael Kinsley, Time Magazine : http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1860888,00.html

Web 2.0 : trop d’information tue-t-il l’information ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec