Internet : une perte de temps considérable, selon les employeurs britanniques

eye-smallMalgré les promesses du travail collaboratif, du SaaS (Software as a Service), du développement professionnel et des communications améliorées offerts par l’Internet, une étude récente du Chartered Management Institute (CMI) a démontré que les employeurs britanniques considéraient Internet comme particulièrement chronophage. L’étude, pour laquelle 1 000 responsables de moins de 35 ans ont été interrogés, indique qu’au sein des directions les réfractaires de l’Internet courent le risque d’aliéner des employés plus jeunes. 16 % des répondants ont décrit leurs employeurs comme des « dinosaures », et j’imagine qu’ils faisaient davantage allusion au lent diplodocus plutôt qu’à l’agressif tyrannosaure.

Internet : une perte de temps considérable, selon les employeurs britanniques was last modified: mars 3rd, 2009 by Yann Gourvennec

l’Internet c’est plus efficace

blog comon
blog comon

je relaie ici une interview à laquelle j’ai participée (« l’Internet ce n’est pas prestigieux, c’est plus efficace » , pour le compte de 2 étudiantes passionnées par les nouvelles technologies et qui animent un blog de qualité sur le sujet.

l’Internet c’est plus efficace was last modified: février 3rd, 2009 by Yann Gourvennec

bluekiwi: une version 2009 plus personnalisable

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Christophe Routhieau, CTO et co-fondateur de Bluekiwi

Bluekiwi (BK pour les intimes) c’est un de ces éditeurs récents – et peut être le plus connu d’entre eux, même à l’étranger – qui ont permis de populariser l’utilisation du wiki (l’anagramme de kiwi dans le cas de BK) tout en occultant la complexité des wikis. Le wiki, je l’ai observé sur le terrain, ça fait peur à l’utilisateur. Le concept est génial, tout le monde peut tout modifier, en tout temps et en tout lieu, c’est la collaboration totale, mais c’est aussi – comme tout espace de liberté offert à des gens qui n’y sont pas habitués – générateur d’interrogations. Bluekiwi quant à lui rassure car il reprend les principes fondateurs des logiciels de réseaux sociaux (il emprunte beaucoup à Twitter, facebook, delicious etc.) sans s’embarrasser du jargon, de la complexité et du côté anarchique (anarchiste ?) du réseau social. En quelque sorte, BK c’est l’entreprise 2.0 mise à la portée de l’utilisateur et des groupes d’utilisateurs. En mode Saas, il évolue avec ces utilisateurs et leurs besoins / frustrations (d’ailleurs la méthode d’évolution du logiciel décrite par Christophe Routhieau rappelle fortement ce que décrit Georges Krycève dans l’interview sur le Marketing Créatique).

le système de votes de BK 2009
le système de votes de BK 2009

Et BK réussit bien, et sa notoriété est très bonne. Il a séduit beaucoup de grands comptes (voir la liste des participants ci-dessous qui est non exhaustive bien sûr) car il permet de faire la synthèse entre le logiciel d’entreprise dans ce qu’il a de plus rassurant et du logiciel de réseau social dans ce qu’il a de plus puissant. La preuve ? même Microsoft est client ! car Bluekiwi a une interface avec Sharepoint et est considéré comme un logiciel complémentaire, non concurrent de Sharepoint.

Les objectifs de BK sont simples : d’une part mettre en évidence les réseaux de compétence interne, et d’autre part améliorer la qualité et la fluidité de l’information en se substituant à l’e-mail dont on sait l’importance dans la mauvaise qualité de la communication professionnelle (voir mon travail sur le sujet). Cette référence à mon article sur les mauvaises pratiques de l’email en entreprise, en écho à ce qu’annonce Christophe Routheau dans cette conférence de ce matin qui s’est déroulée à la Cantine, l’espace collaboratif très convivial du passage des panoramas à Paris 2ème (près de la Bourse). Un outil comme bluekiwi peut en effet servir à palier les difficultés de communication, en tout cas espérons-le.

Minutes (format brut) de la réunion Blue Kiwi 2009 à la cantine du 03/02/09

Participants:

  • Représentants Bluekiwi
  • Legrand
  • Alcatel Lucent
  • Agence rp de bK
  • Bernard Juilhet Consulting, partenaires
  • Sciences Po, partenaire
  • Oddo & cie
  • Bnp
  • Groupe reflect (web agency travaille avec Oddo & Cie)
  • Consultants divers

Christophe Routhieau (CTO – cofondateur):

  • Changement de l’interface:
    • Attente des clients vis à vis de la personnalisation (incorporation de la charte graphique. Abandon des css, vers la simplicité et l’autonomie. Chargement de bannières ou de logos et changement de thèmes de manière autonome
    • Simplifier un certain nombre de concepts qui s’avéraient complexes. Il y avait 2 notions: communautés et groupes : fusionnés en 2009 et on ne garde plus que les groupes pour interagir. La finalité reste de révéler les personnes clefs dans l’entreprise et dégager les réseaux internes
    • Annuaire des groupes: 1) 3 types: atelier, communauté et département 2) filtres (status) publics (visibles de tous les membres) privés (limités à certaines personnes d’autres groupes) ou secrets (non visibles sauf par ses membres)
    • Différents modes d’interaction dans les groupes :
      • Etendus vers le partage d’idée et le mode Questions-Réponses. Partage de docs, de notes, de documents rédigés en commun (wiki notes). Positionnement par rapport à des idées (mécanisme de votes). Questions ouvertes et sondages.
      • Système de suggestion d’idées. Les questions avec le « badge bleu » sont les questions considérées comme pertinentes par l’auteur.
      • Possibilité de changer les labels des groupes.
      • Sondages : votes sur une suggestion avec 4 réponses présélectionnées. Total de la synthèse affiché.
      • Un des concepts fondateurs de bluekiwi sont les échanges informels autour des idées. Les conversations s’établissent autour des idées via les commentaires.
      • Espace de gestion documentaire simplifié. Chaque membre de groupe peut évaluer la pertinence des documents de l’espace. Permet de gérer de façon interactive les ressources
      • Notes en édito : on peut toujours le faire. Grande nouveauté : personnalisation de la colonne de droite par des widgets. Ex: « contenus importants » mis en avant sur la page d’accueil. « navigation » qui permettent de naviguer ou de sélectionner des mots clefs dans un nuage de mots clefs. Widget de « statistiques » et de « favoris », de flux rss externes. Le « top 10 des conversations ». Orienter l’animation des groupes au travers de ces widgets
      • Outils d’admin: pour rendre le gestionnaire du groupe plus autonome. Stats avec les thématiques les plus populaires. Permet de voir les thèmes clefs. Nombre de bookmarks partagés. Nombre de réaction par article. Temps de réponse pour 1) trouver une répnse 2) trouver une bonne réponse. Export des stats vers Xl

o         BK 2009 est donc plus riche est personnalisable, il y a plus d’interactions possibles (q&r, partage d’idées). Beaucoup d’outils de suivi. Suivi mois par mois des usages au sein des groupes.

  • La finalité de BK est de « révéler les personnes clefs dans l’entreprise », d’où l’importance des profils des participants et des fonctions liées à ce profil. En voici quelques unes décrites par Christophe Routhieau :
    • Filtres par sujets, par entreprises et par départements
    • Profil des participants: mots-clefs, ensemble des constributions de la personne. Sur la page de droite, système de widgets propres au propriétaire du profil. Certains sont imposés comme la carte de visite personnelle. Même principe que le « status » twitter ou facebook à l’intérieur de BK 2009. Système de « suivi » des personnes (following/followers) comme dans twitter. Les visiteurs peuvent aussi ajouter des tags à un autre profil. On peut aussi ajouter un commentaire sur le mot clef de l’utilisateur lui même. Permet de voir ce que les autres pensent de vous (« voix de retour ») permet de rappeler de mettre à jour et aussi de valider lesquels de ces mots clefs sont importants pour les autres. Les mots clefs des autres sont toujours soumis à une validation/modération.
    • Q: « Si 2 personnes qui ont le même tag, est-ce que la pertinence de la notation est accrue » : non, la pertinence est accrue par le nombre de notations/tagging
    • Ajout possible d’un widget de photos (flickr)
    • On pourrait aller plus loin
    • Profil de Bertrand Duperrin : bloggueur influent en entreprise 2.0
    • Widget de notification via fllux rss
    • Widget de type postit pour les pense-bêtes
    • +loin : créer un widget pour suivre un ou plusieurs groupes en particulier
    • Se servir des onglets pour suivre des contenus externes. Si on veut partager ce contenu avec les membres d’un autre groupe, on peut créer un bookmark et le partager avec d’autres dans une démarche de bookmark collaboratif. Ceci se passe comme dans delicious. Partage possible avec plusieurs groupes et possibilité de raffiner en affectant une catégorie.
    • On peut aussi établir un partage avec quelques personnes uniquement.
  • Chez BK, tout passe par BK: environ une 100aine de contributions par jour.
  • Groupes ouverts vers l’extérieur: il y a des exemples. Alcatel l’a déjà mis en œuvre.

Questions-réponses

  • « Sans BK on échange par mail et là on a des distorsions en terme de l’échange d’information »
  • On a eu une approche par la simplicité. On va sûrement améliorer, aujourd’hui c’est un premier niveau d’amélioration.
  • Cette année, on va progresser sur la notion de process, qui a un sens dans la gestion de projets. Tâches, gestion de process arrivera dans le 1er semestre.
  • Arborescence ? Non c’est un parti pris de ne pas mettre d’arborescence dans notre gestion de contenus. C’est de la folksonomie, pas de la taxonomie traditionnelle. C’est plus riche que la simple arborescence.
  • Iphone : cela fonctionne avec l’i-phone. Une version mobile sera proposée bientôt. Devrait être dispo au 1er trimestre. Pour le blackberry, un développement sera sous-traité. Pas de date.

bluekiwi: une version 2009 plus personnalisable was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

microblogging : à quoi peut servir Twitter ?

twitter et marketing

Tout le monde entendu parler de Twitter.com, ce service de MicroBlogging qui permet d’envoyer des messages de 140 caractères à ses correspondants. Mais cet outil ne s’est pas encore démocratisé, et il est encore l’apanage d’une minorité férue de technologie.

Pourtant cet outil recèle un énorme potentiel pour trouver des clients, améliorer le référencement d’un site internet, garder le contact avec ses prospects… C’est pourquoi nous allons vous présentercomment utiliser Twitter pour un usage professionnel.

Pourquoi utiliser Twitter ?

Au départ Twitter est un outil dont on ne voit pas trop l’intérêt, car si on veut envoyer un message il y a les emails, si on veut gérer ses contacts il y a Facebook, si on veut chatter il y a MSN, si on veut écrire des articles il y a les blogs et pour partager des liens intéressants il y a les Digg Likes… Alors pourquoi Twitter ? Tout simplement un peu tout cela en même temps !

Attention à ne surtout pas réduire Twitter à une machine à décrire ce que vous faites, car bien entendu cela n’intéresse pas grand monde, et à la fin cela lasse même les plus égocentriques…

Twitter doit au contraire être une source de valeur ajoutée où vous devez envoyer uniquement des informations intéressantes et pertinentes (liens, articles, idées…). Le but ultime étant si possible d’enclencher un débat et de faire réagir vos lecteurs pour provoquer une réaction en chaine.

C’est grâce à cela que Twitter a convaincu plus d’un million de personnes dans le monde (entre 5000 et 10 000 comptes ouverts / jours), et plus de 21 000 utilisateurs en France ! Sachant que cet engouement est récent : selon Hubspot 70% des utilisateurs se sont inscrits en 2008, dont 20% dans les 2 derniers mois.

Toujours selon Hubspot une personne suit environ 70 autres (c’est-à-dire qu’elle reçoit les messages postés par 70 utilisateurs de Twitter), seuls 5% des utilisateurs ont plus de 250 suiveurs et 0,8% plus de 1000 (nous en verront l’importance un peu plus tard).

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microblogging : à quoi peut servir Twitter ? was last modified: septembre 20th, 2014 by conseilsmarketing

Web 2.0 : trop d’information tue-t-il l’information ?

« La chair est triste hélas, et j’ai lu tous les livres », telle était introduction de Stéphane Mallarmé à son poème Brise Marine (voir une analyse ici), ode sibylline et lyrique dans laquelle l’auteur symboliste donnait libre cours à son spleen baudelairien et où l’appel du large (d’où le titre) symbolisait son désir de quitter le foyer, toutes choses triviales et enfin son nouveau-né qui le tenait éveillé et l’empêchait de créer. Voilà la phrase qui me venait immédiatement à l’esprit en lisant l’article de Michael Kinsley dans Time magazine, intitulé ou « de combien de blogs le monde a-t-il besoin(1) ».

Kinsley a mis le doigt dans son commentaire sur de véritables problèmes que tous – à divers niveaux – nous avons pu rencontrer sur la toile. Lors d’un séminaire que j’animais dans le cadre du e-mba d’Insead en décembre dernier, et dans lequel je me faisais l’avocat de l’entreprise 2.0 et des blogs d’entreprise, un des membres de l’assistance me fit remarquer qu’il y avait déjà bien assez de matière en ligne comme ça, et que le Web collaboratif était coupable « d’autoriser n’importe quel imbécile à écrire n’importe quoi ». L’approche de M. Kinsley est similaire. « La possibilité qui nous est offerte à tous d’exprimer nos opinions est magnifique, mais pas la perspective de les lire » affirmate-t-il dans le magazine américain bien connu.
Voilà qui donne matière à penser. Il est vrai que la liberté d’expression est un blanc-seing donné à la parole des idiots. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux. Et pourtant, c’est là aussi que nous pouvons toucher du doigt la définition même du mot liberté – qui orne, doit-on le rappeler, nos frontons – à savoir le sentiment de n’être « […]pas soumis à une ou des contrainte(s) externe(s) » (Trésor de la langue française explication n° I) mais également l’absence d’arbitraire ou d’exercice d’une autorité arbitraire (« Condition de celui qui n’appartient pas à un maître. Anton. esclavage, servitude » Ibid. explication n° 1-a), fût-ce en provenance d’un journaliste célèbre. Liberté, liberté chérie ! Liberté d’écrire ce qui est juste et d’en recevoir la juste récompense, mais aussi la liberté d’écrire ce qui est faux et d’être contredit publiquement.

« De combien de blogs le monde a-t-il besoin ? » annonce Kinsley à la fin de son essai enflammé à la page 56 du célèbre magazine américain (dont je suis je l’avoue sans honte un fidèle lecteur). Les échos de cette question rhétorique me semblent véritablement très mauvais. De combien d’êtres humains le monde a-t-il besoin ? De combien de diplômés avons-nous besoin en dehors de ceux de telle ou telle école ? De combien de pays avons nous besoin en dehors des membres du G8 ?

Ce besoin, à mon avis, est infini. Nous avons besoin d’un nombre infini de pays, de gens, de couleurs de peaux, de langues et d’idées etc. Laissons les s’épanouïr M. Kinsley, pour l’amour du monde et de la connaissance, et si tant est qu’un ou même plusieurs d’entre eux ne soient pas à la hauteur – ou simplement à votre goût – et bien disons-le tout net, cela n’a aucune importance du moment que ces idées ont pu être exprimées librement et dans n’importe quelle langue. Et s’il devait y avoir nécessité ou urgence, la liberté d’en appeler à d’autres voix sur Internet pour commenter et contredire ces blogueurs et prouver qu’ils ont tort est également utile. Et quand bien même 99 % de ce contenu en ligne pourrait être considéré comme sans intérêt, je continue à penser que dans l’ensemble je finirai bien par trouver au moins une page qui vous la peine d’être lue. Et même cette page, cette unique page, vaut la peine qu’on se batte pour elle.
Je suis d’accord avec Michael Kinsley cependant, lorsqu’il critique l’accumulation qui « finit par devenir une mise en abyme ». Certes, une majorité de blogueurs se copie les uns les autres sans ajout de valeur ajoutée, et cela est véritablement mauvais. Il n’empêche que les auteurs intéressants abondent également. Pour prendre une comparaison, à supposer que l’immense majorité des programmes de télévision soit composée d’âneries (cette hypothèse est purement fortuite bien entendue), ceci ne veut en aucun cas dire que rater le pour cent de contenu intéressant qui y réside ne va pas contribuer à l’augmentation de notre connaissance. Cette règle s’applique également à la blogosphère.
Michael Kinsley, comme Mallarmé, se trompe de cible. Il n’y a pas surabondance de mauvais contenu sur Internet. Il y a juste un travail de lecture et d’analyse pour séparer le bon grain de l’ivraie. Et ceci d’ailleurs, n’est pas bien différent de l’ensemble des autres sources culturelles.
Ne nous inquiétons donc pas, le temps (jeu de mots involontaire), et l’histoire feront leur tri pour nous, de la même manière qu’ils ont balayé la plupart des livres que Mallarmé avait eu à la fin du XIXe siècle et qu’il avait jugés si mauvais dans l’introduction dans son poème. Même si je suis d’accord avec la plupart des points soulevés par Michael Kinsley, nous devons résister à la tentation de définir arbitrairement ce qui est juste et mauvais avant même de l’avoir étudié, afin d’éviter de céder à la tentation du jugement hâtif et de passer à côté de quelque pépite qui contribue à la connaissance humaine. La liberté d’expression peut produire des résultats intéressants également, bien que cela ne soit pas une assurance de résultat. En fin de compte, le hasard joue également un rôle important en création, sinon central. Cette liberté qui nous fut accordée par la grâce et M. Tim Berners Lee, de Vint Cerf et leurs amis (nous en profitons pour remercier Vint Cerf de son commentaire sur la version originale anglaise cet article), est si douce et agréable qu’il ne faudrait pas la bouder.
Ironiquement, l’article de Kinsley est également disponible en ligne et même un lien de vote (digg) a été inséré par Time (on fera remarquer d’ailleurs que cet article n’est pas immensément populaire, et que la majorité des votes, plus d’une dizaine, est venu depuis le commentaire sur mes blogs). Et on peut se demander légitimement si Kinsley tout en le critiquant ne contribue pas au chaos de l’Internet qu’il dénonce. Peut-être que cela suffit à appuyer ma démonstration.

(1) how many blogs does the world need par Michael Kinsley, Time Magazine : http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1860888,00.html

Web 2.0 : trop d’information tue-t-il l’information ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec