ma présentation à la conférence SMI 2012 à Marrakech (social media)

Voici une vidéo de mon intervention à Marrakech postée par Farid Yandouz, organisateur de la conférence SMI qui a eu lieu le 12 Octobre dernier. C’est la première fois que l’intervention sur ma présentation « quels outils pour quels messages » a été filmée et surtout la première et seule fois où je l’ai donnée en Français. Les slides quant à eux sont en Anglais, mais voici de quoi satisfaire les non anglophones. Je remets la présentation en dessous de cet article afin de vous laisser télécharger le fichier. 

ma présentation à la conférence SMI 2012 à Marrakech (social media) was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

« vendre sur Facebook, c’est complètement nul ! » (tribune libre)

exclamation-largeLes pieds dans le plat ! Nous accueillons pour la deuxième fois la tribune libre de Denis Fages dont on peut dire tout de go qu’il ne mâche pas ses mots ; et j’aime bien la façon dont il amène le débat sur des sujets qui sont au cœur des questions des e-commerçants. Je viens à l’instant d’achever la lecture d’une étude réalisée par le SNCD et dont on peut voir un extrait public ici. Dans cette étude, fort bien présentée, réalisée sur un échantillon de 10,934 répondants majeurs représentatifs des “socionautes”, j’y ai appris que “15% des internautes seraient devenus clients d’une marque grâce à un réseau social” et encore que si les achats à travers les réseaux sociaux ne représentent que “3% des socionautes actifs, 27% se déclareraient prêts à s’adonner au s-commerce”. Reste à voir quelle a été la méthodologie de cette étude, mais dans cette attente, peut-on rester totalement sceptique ou peut-on déclarer comme Denis Fages qu’il faut revenir aux fondamentaux ? Il est vrai que les e-commerçants présents au e-commerce 1to1 de Monaco en Mars 2012 étaient entièrement d’accord avec Denis : une boutique sur Facebook, ça ne marche pas. Je penche aussi pour une vision où le commerce social est forcément une expérience intense, liée au véritable commerce, comme je l’ai démontré dans ma présentation au Digital Media Forum. Voilà, le débat est posé, à vos souris ! …

par Denis Fages

Comme tous les « petits » e-commerçants qui travaillent dur pour grossir… je n’avais pas de temps à perdre. Je devais me concentrer sur l’essentiel : Mettre en place tous les ingrédients clés pour parvenir à un bon taux de transformation tout en travaillant constamment ma génération de trafic et en prenant soin de mes clients…

Je n’ai jamais compris l’engouement pour Facebook et la soit disant nécessité de s’y intéresser lorsque l’on fait du e-commerce. Le fait que tant de marketeurs, apparemment brillants et censés, puissent croire à de telles chimères me sidère encore aujourd’hui.

Revenons aux fondamentaux
Google (en référencement naturel ou en AdWords) apporte une véritable révolution marketing. Il permet de toucher un prospect en phase de recherche, le prospect idéal. Mieux, il permet de le toucher au moment ou celui-ci est complètement disposé à accepter de rentrer en contact. Il désire être informé.

[Facebook ou Google ? Quel est le meilleur endroit pour faire du commerce ?]

Ceci fait de Google la première brique idéale d’un processus moderne de marketing basé sur la permission.

Facebook, c’est du divertissement.
Lorsqu’on fait de la publicité sur Facebook, on cherche à détourner la personne qui se divertit pour tenter de lui faire acheter un produit auquel elle n’était pas du tout en train de penser.

Dans le cas de Facebook, c’est de l’intrusion. On tente de détourner l’attention du prospect, comme avec de la publicité traditionnelle. Dans le cas de Google, on accompagne l’intention du prospect, on l’aide dans sa quête.

On ne navigue pas dans les mêmes eaux !
D’ailleurs je suis toujours effaré par les stats sur Facebook… Cela prouve bien l’inutilité de toutes ces dépenses…Nombre de fans, de like… On est loin du CA, de la marge et du ROI d’Adwords… C’est peut être très bien pour Facebook, tous ces « j’aime » inter-facebook. Mais cela ne fait pas de business !

J’ai cependant voulu tester et vérifier si on pouvait vendre, directement ou indirectement sur FB. On a fait une page fan, on a mis des boutons j’aime partout sur les site et dans les Newsletters, on a eu des centaines de fans. On a même synchronisé notre boutique complètement sur facebook ! On pouvait se promener dans notre catalogue de 500 produits (de cafés), remplir son panier et acheter… sans quitter Facebook sauf au moment du paiement… Résultat ? : Des ventes qui se comptent sur les doigts d’une main ! Totalement nul.
L’effort n’est absolument pas proportionnel au résultat.

Recruter des prospects sur Facebook, c’est peut-être jouable pour certaines marques dans le divertissement, mais pour la majorité des entreprises, c’est juste du temps perdu.

Quand à l’animation ou la fidélisation sur Facebook ?

Une amie e-commerçante m’expliquait qu’elle ne faisait pas de Newsletter mais qu’à la place elle communiquait à sa « communauté » sur Facebook. C’est du délire ! Moi je ne veux pas de communauté Facebook, je construis mon fichier client. Il vaut de l’or. C’est la valeur de mon entreprise. Je ne veux surtout pas donner ce trésor à Facebook. Encore une fois, à moins d’avoir comme clients des ados qui n’ouvrent plus d’emails car il ne parle qu’avec facebook, construire une base de données propriétaire de prospects et de clients puis communiquer par email reste la bonne stratégie. Une entreprise doit rester au point cause sur son marketing.

Je veux que mes prospects/clients agissent suite à mes communications de la façon prévue ; que je les incite à venir sur mon site et à acheter. Je ne veux pas qu’ils agissent en cliquant sur j’aime ou en écrivant un commentaire (bon ou pas, ce n’est pas le problème) sur mon entreprise à destination de leurs amis. Cela ne génère aucun profit nia court terme ni sur le long terme. !

Quand est-il de l’importance de l’image et des Relations Publiques ?

Bien sur qu’il faut être présent partout, être visible et communiquer, mais il faut être à la source des communications, pas au point effet. Ce n’est pas en transférant son CRM sur Facebook qu’on contrôle son destin.

Je n’ai rien contre les réseaux sociaux. Personnellement, je préfère que les gens s’amusent, communiquent, contribuent ou “likent” plutôt que de s’abrutir à regarder la télé. Il est clair que le temps passé sur facebook est du temps de loisir pris sur du temps « de télé ». Plutôt que de subir les mauvaises nouvelles des journaux télé et la bêtise généralisée des émissions people en n’ayant qu’une zapette pour être « cause », au moins sur Facebook, Youtube on est pas simplement un spectateur. On est « un peu » cause en commentant, en partageant, en échangeant avec des gens. Mais on est loin, très loin d’être en phase active de recherche pour acheter, comme sur Google.

C’est donc les règles de l’intrusion qui s’appliquent.

User d’astuces, de jeux (plus ou moins racoleurs de préférence), de subterfuges pour parvenir à détourner l’attention des gens afin de leur balancer un message, qu’ils regardent en baillant… pour vote retourner à leur vrai jeu : Lire les gags, créations et commérages de leurs milliers d’amis-d’amis.
Oh c’est sûr, Facebook plait aux publicitaires qui peuvent vendre de la « création » aux marques… Et vendre beaucoup de vent autour et de la nécessité absolue de soigner son image de marque et de l’impact colossal de ses milliers de like et de fans …

J’étais dégouté de voir sur fiverr (au demeurant incroyable) les offres « Je vous fais 1 000 fans pour 5$« , « Je vous fais 10 témoignages en vidéo pour 5$« , etc. Et vous voudriez que tout ce brouhaha soit réel ? Et vous pensez que ce « business » puisse être ethique, rentable, sain ?

Un vrai pro du marketing, quelqu’un de rompu aux techniques de marketing direct et au bon sens du marketing de la permission ne tombe pas dans ces pièges.

Les sirènes de Google sont tout autres…

Les résultats de pub adwords sur le réseau Google sont en béton : Des ventes et du CA, sonnants et trébuchants. Les multi-ciblages proposés sur le réseau de Display vont très loin et le réseau publicitaire est énorme. Google n’a pas grand chose a envier à Facebook même ce formidable chiffre … « 1 milliard d’inscrits » ! Google pourra surenchérir facilement avec ses 2 milliards « d’accros » qui l’utilisent tous les jours, pour apprendre, trouver, s’informer, chercher, découvrir… pas juste pour s’amuser.

Le jour ou tout le monde fera ses recherches dans Facebook n’est pas arrivé.

Je veux bien que l’on pense que le vent à tourné à ce moment là. En attendant, ami e-commerçant, ami entrepreneur, ami-marketeur, ne perds pas ton temps avec Facebook, deviens plutôt un top professionnel de Google. A la fois en naturel et en Adwords, il y a vraiment des prospects aàattraper, du chiffre d’affaire à encaisser.

C’est diablement plus important que des fans et des “likes” qui ne durent qu’un instant…. Et si tu veux économiser ton temps et énormément d’argent, je t’invite à apprendre à optimiser à fond tes campagnes AdWords… C‘est prioritaire.

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Denis Fages, ancien e-commerçant, est l’auteur d’un Guide d’optimisation de Google Adwords fort complet, inspiré par le best-seller américain de Perry Marshall. Ce guide est illustré par JWEB, agence spécialiste d’Adwords. Dans ce guide, vous apprendrez en détail comment fonctionne Adwords, les critères de la réussite, on vous donnera des tuyaux pour choisir vos mots-clefs et rédiger des annonces percutantes…

« vendre sur Facebook, c’est complètement nul ! » (tribune libre) was last modified: septembre 20th, 2014 by denisfages

rp blogueurs : 5 raisons qui font que le MEDEF est hors catégorie

Les familiers de Visionary Marketing savent mon goût pour les RP blogueurs et notamment les expériences immersives comme celle que j’ai organisée dans la Silicon Valley (le blogger bus tour) du 17 au 22 Septembre sous ma casquette de Directeur Internet chez Orange. Ceci étant, j’estime que le MEDEF, déjà mis en avant au travers de mon ouvrage les médias sociaux expliqués à mon boss (co-écrit avec Hervé Kabla) est véritablement hors catégorie. Voici 5 raisons qui me poussent à l’affirmer :

1. les blogueurs se battent pour en être 

Les invitations à l’événement se font dans les derniers jours précédant la grand messe de la fin d’été … pas vraiment la meilleure date me direz-vous, certains ne sont même pas rentrés de congés; et pourtant la salle des blogueurs est pleine de monde, c’est un signe qui ne trompe pas !

2. le networking y est exceptionnel

Le networking (« réseautage » au Québec) ce n’est pas nouveau ni original. Mais il y a Networking et Networking ! Aux universités du Medef, c’est le caviar du blogging et de l’influence qu’on y retrouve, et c’est normal, tout vient du point précédent… Et ils font cela depuis de nombreuses années maintenant.

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3. Le contenu est imbattable

Les conférences, c’est comme le réseautage. Il y a différents niveaux. Où pensez-vous rencontrer Lech Walesa ou Michel Rocard, Jean-Pierre Raffarin etc. etc. Il y en a tellement que c’est impossible de citer toutes les vedettes internationales qui s’y pressent. Et les conférences plus techniques sont-elles aussi passionnantes, comme cet exemple sur le Crowdsourcing que j’ai relaté cette année.

4. on peut rencontrer la patronne

Cela a été le cas en 2011, Laurence Parisot est venue nous voir et discuter avec nous ; en toute simplicité, j’ai beaucoup apprécié.

5. les blogueurs ne sont pas traités comme des sous-journalistes et vice versa

Témoin ce panneau photographié le 6 septembre 2012 (ci-dessus) ; une salle dédiée aux blogueurs c’est fort ! Et nous nous sommes pas traités comme des sous-représentants de la gente médiatique, c’est cela qui est agréable. Nicolas Stoop, qui a repris le flambeau laissé il y a peu par Frédéric Chevalier gère cela de main de maître.

En résumé, un bien bel événement, qu’il faut avoir fréquenté au moins une fois, et une leçon qu’il faut retenir si vous voulez faire au-moins aussi bien !

rp blogueurs : 5 raisons qui font que le MEDEF est hors catégorie was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Web et médias sociaux : déconnectés par choix ou la force des choses (2/2)

ebook-largeLe 11 septembre 2012, je me suis rendu à Puteaux, à l’invitation de Havas et de Dominique Delport en particulier, pour la présentation d’une étude particulièrement intéressante sur « la France déconnectée » et désormais disponible sur la plate-forme slideshare du publicitaire. Zoom, explications et analyse personnelle dans cet article en 2 parties. Ceci est la partie 2 de l’article sur la présentation de Havas du 11 Septembre [http://oran.ge/dcnhavas pour rassembler les deux morceaux de l’article] :

4 segments pour comprendre

L’étude réalisée par Havas ne s’arrête pas à ce constat, et s’intéresse avec précision aux déconnectés ; elle structure l’analyse en poussant plus loin que la simple « pause digitale ». Elle décrit ainsi 4 segments pour mieux comprendre la situation; sur un total de 9 millions de Français interviewés soit environ 18 % de la population française. Pour schématiser, on y rencontre 2 types de populations distinctes : les déconnectés subis, et les non-connectés volontaires.

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Rentrons maintenant dans les détails de ces segments, eux-mêmes subdivisés symétriquement en 4 sous-catégories :

La première catégorie est aussi le premier segment des non connectés subis. Ils représentent 4 % de la population de 15 ans et plus. C’est ce que Dominique Delport a surnommé les « minitélistes » bien qu’il ne soient pas seulement français a-t-il précisé. On y trouve essentiellement des gens de 60 ans et plus qui pensent que « tout va trop vite » et même que « l’écran pourrait exploser », ces sentiments étant tirés de l’étude et des Verbatims. Quant à l’interface tactile, souvent avancée comme le remède à la difficulté d’utilisation des nouvelles technologies pour les personnes âgées elles sont jugées « trop compliquées ». 55 % des retraités n’ont pas d’accès Internet, 75 % pour les 70 ans et plus. Pour ce segment, chaque objet doit remplir une fonction, il n’y a donc pas d’hybridation et on observe une incompréhension vis-à-vis des outils couteau-suisses tels que le Smartphone. Le paradoxe soulevé par Dominique Delport, c’est que ce sont les plus isolés qui n’ont pas accès aux médias alors qu’ils pourraient en avoir plus besoin que la moyenne. Les solutions proposées sont le coaching numérique (Orange, dont je suis directeur de l’Internet, est cité comme exemple dans ce domaine) et le « billard en deux bandes », en ciblant les jeunes pour toucher les aînés…

La deuxième catégorie est celle des « exclus ». Ceux-ci représentent 3.8 % de la population de 15 ans et plus. Ils sont donc à peu près équivalents à la catégorie précédente. 8 millions de Français vivent en effet en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de €1500 par mois, a précisé Dominique Delport. Sur cette population, le taux d’équipement est extrêmement faible. Là encore, il existe un paradoxe dans la mesure où le « média des bonnes affaires est inaccessible à ceux qui en ont le plus besoin ». Il s’agit essentiellement de personnes âgées de 35 à 39 ans, dont les revenus mensuels nets sont inférieurs à €1900 ou moins. Ils habitent les communes rurales ou de moins de 20,000 habitants et ont un sentiment de « décrochage ». Dans ces foyers, il y a arbitrage sur les dépenses, car on est à 20 ou €30 près par mois. Environ 5 % de la population française n’a pas de portable, et on a parfois dans ce cadre-là recourt au système D, comme le reconditionnement des appareils tel qu’il est proposé par des marques comme Apple ou Sony. Il y a également des systèmes de location de courte durée comme Lokeo. Ce segment est aussi la cible des forfaits sociaux Internet.

La troisième catégorie est celle des « flippés » ; il s’agit de 7.2 % de la population soit environ 3 millions de personnes de plus de 15 ans. Cette catégorie de déconnectés fait partie des déconnectés volontaires. Ils ont décidé de limiter volontairement leur usage, et s’ils sont connectés, ils prennent leurs distances ou restreignent cet usage. Il s’agit de personnes âgées en moyenne de 35 à 39 ans dont les revenus nets sont supérieurs à €2700 par mois. Ils expriment une méfiance vis-à-vis de la toile et une « incompréhension des médias sociaux ». Pour la plupart des personnes appartenant cette tranche d’âge, on a « la trouille de Big Brother ». Ils sont donc distants et prudents par rapport à l’utilisation des nouvelles technologies. C’est à cette population que s’adressent des solutions comme AXA protection familiale, qui permet de « nettoyer les informations sur Internet ». Pour cette population, on essaie de rassurer (directive des cookies européens). C’est aussi à eux que s’adresse Norton travers de sa solution top search results. Il est vrai que certains médias sociaux n’hésitent pas à suivre les utilisateurs à la trace ; citons notamment Facebook, pour lequel selon Dominique Delport, « de 228 à 308 traqueurs sont relevés chaque session de 20 minutes » !

La quatrième et dernière catégorie est celle des « déconnectées 2.0 ». Ceux-ci représentent 3.4 % de la population de 15 ans et plus. Ils ne sont pas hostiles à l’innovation, ne sont pas conservateurs et ils ont les moyens. Ils font partie des classes les plus aisées, ont des enfants et sont souvent des cadres de 25 à 49 ans. Toutefois ils ne se connectent pas plus d’une heure par semaine. Ils assument également le fait de quitter volontairement les réseaux sociaux, sont actifs socialement mais pas numériquement. Ils favorisent donc les rapports physiques et non les rapports au travers des médias sociaux. Ils picorent également de façon sélective (leurs usages sont principalement utiles : impôts, localisation, achats mais pas d’usages futiles). Ils sont favorables à la journée sans portable et apprécieraient volontiers de travailler chez Volkswagen ou « on coupe les serveurs BlackBerry hors des heures de travail ». Ce qui me fait penser que parfois je pourrais faire partie des « déconnectés 2.0 » lorsque je prône la pause numérique.

En conclusion

Ipsos, en 2011, a lancé une étude qui a démontré que les Français aimeraient avoir 4 heures supplémentaire par jour ; 25 % déclarent manquer de temps, donc pas étonnant qu’une proportion d’entre eux décide d’utiliser ce temps différemment. Derrière cette déconnexion il y a également « la promesse d’une vie plus sociale, mais tout ceci risque de changer dans le futur » nous a dit Dominique Delport, dans la mesure où « les jeunes font pas la différence entre le mode connecté et déconnecté ».  Ce qui pour ma part ne m’apparaît pas être une bonne chose…

La nécessité de se déconnecter pour apprécier la connexion est en effet à mon avis une condition essentielle du bonheur non seulement en ligne mais hors ligne. J’aurais tendance donc à regarder cette étude de deux façon

  • d’une part, les déconnectés involontaires, donc non choisis, qui posent un problème de conscience dans une société riche du monde occidental.
  • d’autre part, les déconnectés volontaires, qui ont pour la plupart les moyens de la connexion et qui choisissent un mode de vie différent ; pas forcément en opposition totale avec Internet, mais dans un souci de rééquilibrage des rapports humains et numériques. un grand nombre des connectés frénétiques pourraient s’inspirer de ceux-là au lieu de s’en moquer.
Web et médias sociaux : déconnectés par choix ou la force des choses (2/2) was last modified: octobre 3rd, 2012 by Yann Gourvennec

Web et médias sociaux : déconnectés par choix ou la force des choses (1/2)

computer-largeLe 11 septembre 2012, je me suis rendu à Puteaux, à l’invitation de Havas Digital et de Dominique Delport en particulier, pour la présentation d’une étude particulièrement intéressante sur « Unplugged : la France des déconnectés » et désormais disponible sur la plate-forme slideshare du publicitaire. Zoom, explications et analyse personnelle dans cet article en 2 parties [http://oran.ge/dcnhavas pour rassembler les deux morceaux de l’article] :

Le 11 Septembre 2012, à cette date anniversaire d’un événement si tristement connu, Dominique Delport a présenté à un auditoire choisi un sujet particulièrement intéressant et à contre-courant, sur le paysage des non-utilisateurs qui ne sont pas connectés à Internet, que ce soit par un ordinateur ou un Smartphone. Ce sujet de la déconnexion a été mis, a rappelé notre hôte, particulièrement l’ordre du jour au travers de l’expérience bien connue de Thierry Crouzet, qui a décidé de couper pendant 6 mois son accès à Internet, à la suite d’une « overdose ». J’ai moi-même, et aussi Fadhila Brahimi, membre active du bureau de notre association media aces, ainsi que Michaël Tartar de Bearing Point, souvent abordé ce sujet de la « pause numérique », que j’estime d’ailleurs pour ma part, plus large que simplement la coupure d’Internet préconisée par Thierry Crouzet.

Un certain Fred Struzman a même inventé deux logiciels : « antisocial » qui pour 15$ permet de se réserver une cure de « 60 minutes d’abstinence », et « freedom », encore plus radical, qui permet de s’offrir un blocage complet de l’Internet pour à peine 10$. Payer pour ne plus avoir accès à Internet … il fallait y penser. Le Credoc a lui aussi, au travers de ses études, prouvé la tendance, sans parler de la perception grandissante de la part des internautes de cette « trop grande intrusion des marques » en ligne (41% des internautes). etc. etc.

Il s’agit donc d’un sujet dans l’air du temps, et qui semble de plus en plus à l’ordre du jour alors que les « générations Y et générations Z ont le « tout connecté » dans leur ADN » a dit Dominique Delport en substance. Ainsi, 27 % de ceux-ci, selon les chiffres fournis via l’étude réalisée par Havas, répondraient à leurs mails et SMS en dehors du travail, 37 % pendant les pauses déjeuner, et 53 % laisseraient même leur téléphone allumé en allant au cinéma ou au musée. Une rapide question à l’auditoire a permis à Dominique Delport de vérifier que ces chiffres étaient partagés par la salle, prise en flagrant délit de connexion impulsive.

attention ! ne pas trop regarder trop les écrans …

À l’opposé, et en contrepoint à cette connectivité omniprésente, se fait jour un besoin de plus en plus pressant de se connecter, avec 75 % des interviewés avouant recourir à la pause digitale, 59 % prétendant y retrouver ainsi plus de tranquillité, et 50 % déclarant que cela leur permet de retrouver leurs « vrais amis ». Au-delà de ces chiffres évocateurs, je retiens surtout les résultats de cette étude (détails ici) montrée par Dominique Delport qui compare les dessins réalisés par des enfants qui regardent trop la télévision à ceux d’autres enfants qui la regardent beaucoup moins (lire ici : regarder la TV tue).

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J’en retire que cette connexion permanente, qui n’est pas le seul fait d’Internet, mais aussi et surtout de la télévision continue, est un sujet beaucoup plus vaste et fondamental que celui de la simple dépendance numérique.

Regarder trop la télévision pourrait avoir un impact négatif, si on en croit ces résultats et en posant l’hypothèse de leur représentativité, que c’est plus que la simple attention des enfants qui se trouve modifiée par cet excès, mais surtout et fondamentalement leur capacité à imaginer les choses et à créer, au-delà de l’écran, que ce soit celui de l’ordinateur, de la tablette ou de la télévision.

Mais ce n’est pas tout, cette étude va plus loin pour expliquer le phénomène, la suite dans la partie 2 [http://oran.ge/dcnhavas pour rassembler les deux morceaux de l’article].

Web et médias sociaux : déconnectés par choix ou la force des choses (1/2) was last modified: septembre 24th, 2012 by Yann Gourvennec