Mot de passe : ce mal nécessaire [infographie]

computer-large-newles mots de passe sont omniprésents. Nous les utilisons tous et malgré le fait que nous nous plaignions sans cesse de leur faiblesse, nous leur vouons encore une confiance aveugle afin de conserver nos données les plus chères : données bancaires, données personnelles et liées à nos achats en ligne etc. Ce que j’ai appris aujourd’hui en regardant l’nfographie de Ken Peterson’s infographics, c’est que les mots de passe ne sont en aucun cas une nouveauté. Ils ont même été créés pendant la seconde guerre mondiale dans le cadre du chiffre et étaient changés tous les 3 jours afin de tromper l’ennemi. Les férus d’histoire se souviendront qu’en fait, le chiffrage des communications est bien plus ancien, et que c’est même à un défaut de chiffrage que la bataille de la Marne a pu avoir lieu, grâce à l’interception via la Tour Eiffel en 1914 d’un message non chiffré des Allemands, qui a permis de donner leur position précise et de dévoiler leurs plans aux Français, qui ont ainsi eu le temps de mobiliser les taxis de la Marne pour organiser la riposte. Ceci étant, ces mots de passe, introduits dans les années 40 ont évolué en 1972 pour prendre la forme que nous leur connaissons aujourd’hui. Indépendamment de cette histoire assez longue (à l’aune des TIC), les usages des mots de passes sont toujours aussi déviants : utilisation de passwords identiques pour accéder à de multiples plateformes (73%), utilisation des mêmes mots de passe pour tous les accès à ses données en ligne (33%) et même utilisation du mot « password » comme mot secret (4%) et autres plaisanteries du style 123456… Toutes les sources des chiffres sont données par Peterson à la fin de son infographie.

Mot de passe : ce mal nécessaire [infographie] was last modified: septembre 5th, 2013 by Yann Gourvennec

Slideshark : outil professionnel de présentation pour iPad – appli du jour

tablet-largePoursuivons notre quête des applications iPad de référence (cf. notre précédent article sur Cloudon) avec Slideshark : application indispensable pour quiconque fait des présentations sur projecteur … donc tout le monde ou presque. (NB : cette application n’est pas à ma connaissance disponible sur Google Play).

SlideShark1. La première étape consiste à sauvegarder vos fichiers (format PPT/x jusque 500MB) préalablement avec un des services de stockage proposés : Box, Dropbox, Google Drive, Syncplicity, Skydrive et Sharefile. J’utilise beaucoup de ces services, mon préféré étant Skydrive, car étant un adopteur précoce de la solution de Microsoft, j’ai droit à 25GB de stockage gratuit … cela ne se refuse pas.

2. La deuxième étape est assez évidente dans la continuité de ce qui précède, il s’agit de choisir un répertoire sur votre espace de stockage et de sélectionner la présentation qui vous intéresse. Prenons ici la présentation sur la curation faite dans le cadre de la conférence Scoop.it de Mines Paritech en Juin, que j’ai effectivement réalisée via Slideshark.

3. Dans la troisième étape l’application va télécharger la présentation en question, en la répliquant sur votre iPad. Comme cela prend un certain temps, je conseille de réaliser cette étape en amont de votre présentation, au cas notamment où vous ne disposeriez pas d’accès Wifi dans la salle de présentation. Mieux vaut prendre ses précautions.

4. Avec la quatrième étape, votre présentation est téléchargée et vous pouvez la commencer où vous voulez. Une des particularités de Slideshark est que les animations sont préservées. Vous pouvez donc retrouver toutes les fonctions de Powerpoint player sur la tablette sans transporter le gros PC ou le Mac. Par contre, je vous recommande de faire attention aux typos exotiques, qui sont encore mal gérées. Si j’ai une jolie typo non compatible, je la transforme en graphique et je la colle en bitmap dans ma présentation.

5. Cinquième étape, vous pouvez dérouler votre présentation avec le timer, par planche et dans l’ensemble de la présentation …

… avec affichage des notes si vous en avez : là, c’est carrément le luxe, vous pouvez abandonner le papier. Faites juste attention à la taille de vos notes, ce que je n’ai à l’évidence pas fait dans l’exemple ci-dessous.

6. Sixième étape, vous pouvez cacher ou réordonner certaines planches. Cette fonctionnalité est très utile et j’y recours souvent quand je dois adapter ma présentation à la dernière minute – souvent car j’ai entendu une remarque et je décide de réordonner mes planches pour rendre  mon discours plus pertinent.

7. Septième étape : vous pouvez aussi coupler votre iPhone avec Slidehark pour le transformer en télécommande ! Voici une fonction bluffante … sauf pour ceux qui, comme moi, se sont fait voler leur iPhone.

8. Huitième étape : vous pouvez aussi inviter un client à rejoindre votre présentation en réalisant une webconférence (broadcast). Vous pourrez ainsi envoyer un lien par email et votre interlocuteur suivra la présentation en temps réel …

… voici l’explication en graphique …

… le participant se connecte en cliquant sur le lien de l’invitation (un lein raccourci) et il rentre ses coordonnées :

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… il est inscrit, il n’y a plus qu’à attendre que la conférence commence …

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… et voici ! vous pouvez parler, votre client voit votre présentation.

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Une fois terminée, Slideshark vous envoie un tableau de bord de votre broadcast avec le temps écoulé, planche par planche et la liste des participants avec leurs noms et adresses Web.

Les prix

Slideshark est gratuit jusqu’à 100MB ce qui vous permet de stocker largement 4 à 5 présentations de belle taille. Ceci étant, si vous voulez être tranquilles et ne pas avoir à nettoyer votre mémoire tous les 4 matins, je vous recommande d’acquérir la version PRO, qui coûte $84,99 (soit environ €65) [rectification du 04/09 15:22 : PH Brunet nous indique que le prix européen est similaire en euros au prix américain]

Ceci vous donnera droit à

  1. 1GB de stockage ;
  2. notifications et suivi des présentations en ligne (un peu nébuleux pour moi ce point là …) ;
  3. upgrade de la fonction Web conférence jusque 10 utilisateurs (la moyenne des Web conférences est de 2.5 environ)

Conclusion

Slideshark fait à mon avis, partie de ces applications indispensables dont je ne me séparerais pas et dont le coût annuel modeste est largement rentabilisé si vous le comparez à une souscription annuelle de Web conférence. Les fonctions sont basiques mais astucieuses et bien conçues. Le seul inconvénient est inhérent aux applications iPad / tablettes et à leur instabilité permanente, souvent corrigée dans l’instant avec une nouvelle version à télécharger. Un autre inconvénient est l’omission d’une version pour Google Play, même si le succès des tablettes Android est loin d’égaler celui des Smartphones.

Une version business pour équiper des flottes d’employés/commerciaux est également disponible, mais le pricing et les fonctionnalités sont plus opaques.

Retrouvez Slideshark sur Internet à l’adresse http://www.slideshark.com/

Slideshark : outil professionnel de présentation pour iPad – appli du jour was last modified: septembre 4th, 2013 by Yann Gourvennec

Comment illustrer son blog sans risquer la prison (banques d’images gratuites)

La lecture du jour …

visionary-publishingEst cet article qui donne 50 tuyaux utiles pour illustrer un blog ou un site Web. C’est la rentrée, et vous allez sans doute vous précipiter pour mettre votre blog ou site Web à jour, après l’avoir dépoussiéré suite à un mois d’inactivité (il faut bien couper un peu l’accès Internet pour faire autre chose !). Or, si mettre une photo ou une illustration sur un blog peut sembler être quelque chose de naturel, voire de quasi automatique, il n’en est rien. On se précipite sur Google images, on tape un mot clef, on fait un copier-coller et … hop ! On enfreint immédiatement et sans difficulté le droit à l’image et le droit d’auteur – qui est inaliénable en France, c’est-à-dire qu’il ne disparaît pas une fois une œuvre achetée, sauf au-delà de la prescription de 70 ans (inaliénable veut dire aussi que la mention D.R. qui semble ignorer l’auteur n’a aucune valeur si celui-ci se déclare et prouve la paternité de l’œuvre en question).

antimuseum.com-summer13-1206Au menu : une bonne manière d’illustrer un blog sans risquer de se faire taper sur les doigts : faire ses images soi-même (photo : antimuseum.com c’est-à-dire … mon site de photos !)

Et ce n’est pas une invention. Les sociétés de banque d’images payantes sont à l’affût. Le champion étant indiscutablement Getty images, passé expert dans la protection de son fonds documentaire (voir les nombreux débats ici). Il est vrai qu’ils ont fort à faire, car les usages du Web en matière d’images sont désastreux. La pratique qui consiste en effet à prendre n’importe quelle image et de la mettre sur son site est non seulement détestable, elle est aussi inefficace, car l’identité de votre contenu dépend aussi et surtout des illustrations qui le composent et l’agrémentent. Les méthodes utilisées par ces sites d’images ne sont toutefois pas toujours légales non plus ; j’en ai été témoin une fois : un agent vous appelle depuis un pays étranger, le Royaume Uni en général, et vous réclame une somme assez conséquente pour une image – aussi petite soit-elle, une vignette dans le cas que j’ai observé – qui dans l’exemple étudié se montait à 6000€ pour une image de très petit format (environ 100px x 100px). Il ne faut pas se laisser intimider ; cette démarche est illégale en France, où la loi impose que la réclamation soit faire par huissier, dans le pays, et via un courrier recommandé. Dans le cas précité, la bonne démarche consiste donc à faire la sourde oreille, à obtempérer immédiatement en enlevant l’image incriminée (il faut donc rapidement la retrouver), et à attendre que le harcèlement cesse … ce qui peut prendre un peu de temps. Certes, la plupart des démarches de réparations suite à un abus de droits (Copyright Infringement en anglais, qui donnent suite à une procédure de mise en demeure : « cease and desist »), notamment pour les textes, se déroule de façon beaucoup plus courtoise. Le lésé, Harvard Business Review par exemple, vous contactera et vous demandera poliment – mais fermement – de retirer le contenu incriminé, vous vous excuserez, obtempérerez et vous en serez quittes. Mais pour les images, la pratique est beaucoup plus violente. La compagnie lésée vous réclamera de l’argent et de façon insistante, car elle est en effet dans son droit.

Il est donc urgent d’agir et de trouver un ou plusieurs moyens d’agrémenter élégamment sont blog ou son site en trouvant des moyens originaux et peu onéreux, quand on est indépendant, une PME ou même une entité fauchée dans un grand groupe … Les temps sont durs.

La première solution est d’apprendre à dessiner, mais cela n’est pas donné à tout le monde. J’utilise Paper de fiftythree.com (voir l’illustration ci-dessus) mais il faut non seulement savoir dessiner, il faut être capable d’apprendre à le faire avec ce nouveau medium, ce qui n’est pas donné à tous. Si vous y arrivez (avec un stylet, le stylet de Kensington à 15€ environ faisant parfaitement l’affaire), je recommande vivement cette application sur iPad qui permet de faire de très jolies illustrations, très rapidement et de s’affranchir des droits à l’image.

Vous pouvez aussi acheter un appareil photo et apprendre la photographie mais là aussi, il s’agit d’un Art – d’ailleurs pas si éloigné que ça du dessin – qui requiert un peu de savoir-faire, artistique et technique. C’est ce que je fais aussi avec mon site antimuseum.com où je distribue des images libres de droit – mais pas de droits d’auteur rappelons-le encore une fois – et que vous pouvez utiliser en citant l’auteur et en faisant pointer un lien vers la source … que vous n’aurez pas modifiée.

Pour les autres, ceux qui ne veulent ou ne peuvent dessiner ou réaliser leurs photos eux-mêmes, alors il reste les banques d’images payantes et les … les banques d’images gratuites telles celles citées dans l’article en référence ci-dessous.

Mon conseil aux entreprises

Quant aux entreprises ? mon conseil est de ne jamais transiger sur le droit à l’image, de payer (même si la démarche de poursuite est plus ou moins légale) et de s’assurer que la licence de ses images est valable, voire de n’utiliser que des images internes ou prises sur le vif par vos soins. Car dans ce cas, la démarche de recours décrite ci-dessus, même illégale, n’est pas opposable si vous êtes une entreprise. Dans ce cas, vous ne pourrez pas faire le mort.

Et surtout : n’oubliez pas d’acheter de vous assurer que la licence de vos images n’expire pas dans le temps car dans ce cas, vous seriez obligé(e) de vous assurer qu’à la date prescrite, les images en question sont retirées, ce qui est difficilement gérable.

… la sélection du jour

50 Banques d’images gratuites.

En vérité toute image que vous trouvez sur Internet et que vous pouvez télécharger est gratuite, vous pouvez en faire ce que vous voulez pour un usage privé, il est donc inutile de se poser la question. Puis-je utiliser telle ou telle photo que j’ai trouvée sur Internet? Réponse : oui. Oui à partir du moment où l’usage de la photo est privé (répétition volontaire). En revanche, si vous commencez à bloguer, à vous servir d’une photo pour faire de la pub, créer des encarts publicitaires, les choses sont un peu moins évidentes et il ne s’agit donc pas rigoler sous peine d’avoir quelques ennuis, même si la probabilité d’avoir des problèmes avec la justice est minime, je ne tenterais pas trop le diable.

Pour utiliser des photos pour votre travail, il y a trois solutions :

  1. Fabriquer vos photos vous-même.
  2. Trouver des images libres de droit.
  3. Achetez des photos.

Personnellement, je pense que je viole en permanence le droit d’image sur ce blogue, car mes illustrations sur ce blogue sont des copies d’écran de produits Internet. Ainsi, je montre un logo, une copie d’écran de logiciel, je suis limité en termes de droit d’image. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne m’a réclamé quoi que ce soit, car il s’agit d’une formule “win win”. En effet quand je parle d’un produit, j’en fais la promotion, il serait dommage que le créateur du produit me réclame des dommages et intérêts sur une des images que j’ai produite sur ce blogue.

En tout état de cause, l’usage d’une photo de façon publique doit être premièrement régie par le bon sens. Et le bon sens consiste au moins à citer la source de la photo quand il s’agit d’un blogue. Maintenant s’il s’agit de créer une pub à afficher dans le métro, vous aurez plutôt intérêt à acheter la photo. Pour nous blogueurs, c’est tout de même moins contraignant.

Voilà une liste à jour des sites qui proposent des images libres de droit et gratuites, il y a parfois des restrictions dans l’usage des photo, par exemple la gratuité est limitée par la taille de l’image, par l’obligation de faire un lien vers l’auteur de la photo… Je viens de remettre à jour cette liste, car les choses bougent beaucoup, des sites disparaissent, des photos deviennent payantes…

Cette liste est classé par ordre alphabitique, sans préférence.

via 50 Banques d’images gratuites.

Comment illustrer son blog sans risquer la prison (banques d’images gratuites) was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Révolutionner la formation par le numérique : stratégie gagnante pour 2020 ? #uemedef13

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C’est la conférence de la rentrée pour ce blog et ceci dans le cadre des universités du Medef 2013, avec son nouveau President, Pierre Gattaz.

Le numerique c’est 3.7% des emplois en France seulement mais « cela touche tous les employés » a dit en guide d’introduction Amaury de Buchet ; et c’est pour cela que le medef a choisi le numérique comme thème des UE de cette année. Ma première conférence était donc logiquement dédiée à ce thème et notamment à comment le numérique peut devenir la « stratégie gagnante pour toutes les entreprises ». Si vous doutiez encore de l’importance du numérique, les quelques témoignages suivants vous aideront à comprendre l’importance de ce phénomène. Et encore une fois, se développe un paradoxe numérique, où la demande d’embauches dans le numérique est en plein essor, alors même que nos niveaux de chômage sont incroyablement élevés, et où pourtant les apprenants dans ces domaines et les offres de formations sont en régression depuis 2005 (un comble si on pense que la révolution du Web social est arrivée en 2004). De même, les experts de la formation insistent à juste titre sur la formation sur la durée de la vie (lifelong learning) et la fin de la formation par l’expert et le « sachant » alors que les amphis n’ont jamais été aussi pleins et que les formes de formation sont très traditionnelles et le restent.

20130829-103243.jpg Légende : de gauche à droite, Patrick Galiano, Diane Lubin et Amaury de Buchet, animateur de cette passionnante conférence

Mais les choses changent cependant dans certains pays qui sont sans doute en passé de devenir les champions numériques de demain : l’Allemagne, les pays bas et les pays nordiques ont déjà pris de l’avance en ces domaines. L’Espagne et l’Italie réagissent également, poussés par une crise sans précédente. Alors quid de la France ? André Richier de la commission européenne nous a incités à faire de même, nul doute qu’il ne faudra pas oublier cette recommandation si nous voulons « faire gagner la France en 2020 » (nom du programme d’action du Medef) !

Titre de la conference : Conquérir c’est transmettre

Intervenants :
Gregory Flipo, chief happiness officer Sikana
Alexis Christine Amara, Codingame
André Richier, commission européenne
Patrick Galiano, Cegos
Diane Lubin, Air France
Amaury de Buchet, comité innovation du Medef

Air France : transformer nos pratiques managériales en profondeur

Diane Lubin d’Air France a initié le débat en narrant l’histoire du numérique chez Air France, qui s’est développé au début sous forme de silos indépendants, mono canal, et au bout de 10 ans, l’Internet est devenu « le canal le plus important » et c’est ainsi que l’ensemble des directions ont été repositionne es début 2012 autour d’Internet. Ce qui est apparu comme une évidence c’est que l’ensemble des directions apportaient le support au client. L’ensemble du projet a été de ans former profondément l’entreprise et exploiter à fond la puissance du numérique dans un esprit beaucoup plus « démocratique » ce qui impose une réforme managériales en profondeur : les sachants ne sont plus les mêmes, les générations nouvelles et le monde collaboratif vient redéfinir la façons dont neufs travaillons.

Commission européenne : en matière d’emploi, une offre inférieure à la demande (carte savoirs numériques)

Nous avons remarqué un déficit quanti et quali en termes de postes non satisfaits dans le numérique : à partir de 2005 on a remarqué j’en baisse d’intérêt sauf en Allemagne ou en Pologne pour les formations numériques … (-30% au Royaume Uni !) Ceci au moment même où la demande augmente, ce qui crée un fort déficit. 70% des besoins non satisfaits sont dans les PME. C’est dans les pays développés et en Europe où les besoins sont les plus fortś l’inertie est dans les pays du Sud. Il faut donc avoir une politique qui prend les dimensions de formation, d’emploi, des compétences spécifiques et tout ce qui concerne les jeunes et les seniors (dimension d’inclusion importante). Les pays qui réussissent le mieux comme les pays bas, l’Allemagne et les pays scandinaves organisent des manifestations avec les entreprises et ils mettent des feuilles de route et des plans d’action. En France il y a des feuilles de route mais … Les organismes de formation ne sont prêts à aller de l’avant que si la demande est avérée. C’est donc un peu un problème d’oeuf et de poule. « Notre but n’est pas d’établir des curriculum » adit André Richier, mais d’établir des bonnes pratiques et d’inciter. (Carte de la commission européenne). Le pays qui a réagi le premier pour réaliser une coalition nationale, c’est l’Espagne, du fait de la difficulté de la situation actuelle. L’Italie a réagi aussi. La commission européen essaie de faciliter la mobilité. SAP a créé l’académie Cube en Allemagne également. Des « coalitions » publiques/privées s créent un peu partout pour faire avancer le savoir.

  • Pour le référentiel européen : ecompetence framework : http://www.ecompetences.eu/

Codingame : aider les entreprises à recruter les talents

Se réunir dans des communautés de codeurs passionnés, c’est la vocation de Codingame qui propose des challenges de programmation et ils mettent les jeunes en relation avec les entreprises qui reçoivent les classements des challenges avec les cordonnées de contact pour pouvoir recruter les jeunes.

Sikana : former le monde avec le digital

Ouvre des écoles en ligne (cuisine, musique etc.) où tout le monde peut se former gratuitement sur YouTube et tout le contenu sera bientôt traduit en 10 langues. Il faut apprendre à pêcher aux gens, plutôt que leur donner du poisson pour « les nourrir pour la vie ». C’est selon Gregory Flipo le vrai enjeu du développement. 2000 vidéos seront en ligne à la fin du mois, et en 10 langues, cela fera bientôt 20000 vidéos. L’entreprise est encore toute petite, incubée par ESCP, mais elle « se développe de manière exponentielle » a expliqué Gregory Flipo. Avec passion, il a expliqué que la formation était une des révolutions les plus importantes de notre époque. Le but n’est plus de remplir le cerveau des formateurs ni de remplir des amphis à outrance, mais de susciter des envies. M. Flipo insiste sur la notion de « lifelong learning ».

Cegos : le numérique a bousculé le monde de la formation

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Le numérique vient bouleverser les marchés. Et ceci est très marqué dans le marché de la formation car l’elearning est arrivé dans les années 2000. Patrick Galiano travaille à la Cegos depuis 5 ans et y est en charge de l’elearning. Les formations électroniques ont bouleversé la formation : l’accès à la formation peut se faire de n’importe où, le savoir devient quasiment gratuit, et aussi la production de l’information est aussi touchée par le phénomène du collaboratif (commentaires/débats/réécriture : le meilleur exemple étant Wikipedia, disponible en 270 langues). C qui ne change pas par contre, c’est l’assimilation et la mise en pratique du savoir à précisé M. Galiano. « On peut lire une vidéo de 5 minutes pour apprendre à bricoler, mais sans la pratique, rien n’est possible » a-t-il ajouté. Il faut s’approprier le savoir ! L’auto régulation est primordiale. Les MOOC (massive online open courses, voir opencourseware sur ocw.mit.edu et coursera.org, edx.org entre autres. ) sont des cours ouverts à tous et c’est passionnant, mais les limites sont celles « fixées par l’infobésité » et c’est là que Cegos est positionné. Il va y avoir aussi un besoin de plus en plus fort d’accompagnement, soit de la part de pairs, soit de coaches. Nous sommes sans cesse en train de nous adapter et faire face à l’incertitude et « il y a une notion de jeu qui est de plus en plus importante » a-t-il ajouté car les systèmes de jeu permettent de faciliter l’apprentissage en apprenant sans faire prendre conscience qu’on apprend. La question s’est posée de la complémentarité entre les modes numériques et traditionnels de formation ; cette question n’est pas nouvelle, au début du Elearning la question s’est déjà posée mais en fait, il y a toujours besoin d’un enseignant qui vient guider l’apprenant. Ce qui a changé fortement c’est le temps disponible pour la formation avec des clients qui veulent les mêmes contenus mais sur des périodes plus courtes. Il faut donc des moyens d’utiliser le numérique pour rapprocher l’apprenant du lieu de formation, et l’apprenant devient de plus en plus autonome mais cela ne fait pas disparaître le rôle du formateur selon Patrick Galiano, cela l’oblige à s’adapter.

Révolutionner la formation par le numérique : stratégie gagnante pour 2020 ? #uemedef13 was last modified: août 29th, 2013 by Yann Gourvennec

Big data : pourquoi l’abondance des données n’a aucune importance #scmw2013

imageLa sélection du jour …

Est cet article fondamental de Chad Wellmon[1] dans The Hedgehog Review (Printemps 2012) qui traite de l’infobésité et dont je pense qu’il est une bonne introduction à mon discours de ce soir) la conférence Scoop.it! qui aura lieu à Paris, dans les locaux de Telecom Paristech à partir de 18:00. Le sujet en sera « La stratégie de contenus marketing Web », avec un focus particulier sur la curation, ce qui se comprend puisque la conférence est menée à l’initiative de Marc Rougier et de son équipe. J’ai déjà annoncé cette conférence la semaine dernière. Cet article sera mis à jour juste avant la conférence afin de permettre aux auditeurs – et aux internautes – de consulter ma présentation.

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J’interviendrai vers 19h30, sur le thème de : « veille, outils et astuces. Comment survivre à l’infobésité ? ». Le sujet central en est les quelques outils que j’utilise pour la veille, mais j’en ai profité pour élargir plus largement le sujet à une réflexion autour du contenu, la façon dont les utilisent dans les entreprises, et en conséquence, ce phénomène auquel nous sommes tous confrontés, qui est l’infobésité. L’infobésité, ou « information overload » en Anglais, c’est-à-dire « surcharge d’information », ne date pas d’aujourd’hui. En ces temps de « big data », où on se glorifie d’accumuler des milliards « d’informations » avec des termes de plus en plus emphatiques (mégaoctets, téraoctets, pétaoctets, exaoctets, zettaoctets et ainsi de suite… n’en jetez plus !) il est urgent de se reposer la question de savoir ce qu’est l’information, et surtout, de ce qu’elle n’est pas, à savoir de la donnée … donc des pétaoctets (ou zettaoctets ou trucmachinoctets).

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note : illustrations antimuseum.com

Étrangement, en me penchant sur ce terme d’infobésité et en en cherchant l’historique, je suis aperçu que cette question n’était pas, loin s’en faut, une question contemporaine, mais qu’elle a toujours été posée, depuis le début de l’invention du livre, même manuscrit, car le livre est aussi, on l’oublie souvent, une invention technologique (a fortiori, lorsque nous nous sommes mis à les imprimer).

Cette question se repose en fait à chaque fois qu’une technologie arrive, et qu’elle contribue à multiplier les signes. Le terme de surcharge d’information a été popularisé par Alvin Toffler en 1970 dans son livre « future shock » mais il a déjà été mentionné par Betram Gross dans son ouvrage « le management des organisations  en 1964. Mais en fait, le problème de l’infobésité est antérieur à cette période moderne et intervient à chaque fois que notre capacité à produire de l’information surpasse notre potentiel à la décrypter et la digérer. D’où la nécessité de développer des tactiques de plus en plus sophistiquées pour filtrer, éliminer, scanner et choisir l’information en faisant bien attention à ne pas prendre le contenant pour le contenu…

Ni les pétabytes ni ses superlatifs n’ont, en l’espèce, aucune importance, car ils sont probablement redondants, inintéressants, dupliqués, parfois mêmes « gonflés » par des logiciels qu’on a oublié d’optimiser et qui génèrent des fichiers de plus en plus lourds mais pas plus signifiants que par le passé. En d’autres termes, ils ne sont pas le signe qu’il y a plus d’information que par le passé, mais simplement celui qu’on a généré plus de bruit (j’ai souvent, dans un passé récent, utilisé la métaphore du signal/bruit pour relativiser l’importance de la veille sur les médias sociaux par exemple).

Voici donc quelques extraits tirés du texte de Chad Wellmon, que je vous invite à lire en version intégrale sur Internet.

[…]

La tâche la plus complexe, et la plus pressante de notre ère digitale, en conséquence, consiste non pas à se demander ce qui vient après le yottaoctet, mais dans notre acclimatation culturelle croissante avec un monde de plus en plus digital. De façon à comprendre comment nos vies sont déjà profondément influencées par la technologie, nous avons besoin de considérer l’information non pas dans les termes abstraits des terraoctets et zettaoctets, mais d’une façon plus culturelle. Comment ces technologies que les humains ont façonnées afin d’interagir avec le monde, viennent-elles nous façonner également à leur tour ? Quel impact a sur nous l’interaction de ces technologies, fabriquées par nous-même, et les éléments irréductibles de nos vies ? La tâche d’analyse consiste essentiellement à identifier et à comprendre les formes d’agencement humain particulières à notre ère numérique, sans réduire la technologie à une extension mécanique des humains, à un simple outil. En raccourci, se demander si Google nous rend plus bête, comme certains critiques culturels l’ont fait remarquer, est une mauvaise question. Elle part de l’hypothèse de la distanciation entre les hommes et de la technologie qui n’est plus, si elle l’a jamais été, tenable.

2 récits opposés

L’histoire de cette influence mutuelle entre humains et technologie a été obscurcie récemment par la cristallisation de 2 récits concurrents quant à la façon dont nous vivons cette information. D’une part, il y a ceux qui prétendent que les efforts de numérisation de Google, la puissance du réseau social de Facebook, et l’ère des big data en général permettent de réaliser le rêve antique de l’universalité de toute connaissance. Le monde numérique deviendrait ainsi un « réseau sans frontières et unique de mondes interconnectés et d’idées », une sorte de connaissance sans distinctions ni différences. À la différence d’autres innovations technologiques plus anciennes, comme l’imprimerie, qui était limitée à une élite éduquée, l’Internet est un réseau de « pages Web, blogs, articles d’information et de tweets fortement inter reliés, visible de tous et de n’importe qui ». Notre ère de l’information est unique non seulement par son échelle, mais par son agencement ouvert et démocratique. L’information a été finalement libérée. Les technologies numériques, prétendent les plus optimistes d’entre nous, nous donneraient accès à une connaissance universelle qui nous rendrait plus intelligents et qui finalement nous libéreraient. Ces prétentions utopiques sont liées à des visions similaires à propos d’un futur trans-humaniste dans lequel la technologie nous supplanterait et nous permettrait de dépasser ce qui étaient autrefois les limites historiques de l’humanité : physiques, intellectuelles et psychologiques. Le rêve d’une humanité post-humaine en somme.

À l’opposé, des observateurs moins emphatiques interprètent la montée en puissance de la numérisation et des big data comme l’annonce d’une surcharge d’information. Nous souffririons d’un déluge de données. Beaucoup s’inquiètent que les hyperliens du Web nous envoient d’une page à une autre, que les blogs réduisent de longs articles en résumés d’1 ou 2 lignes, et que les tweets réduisent les pensées à 140 caractères, créant ainsi une culture de la distraction. Les technologies mêmes qui nous aident à gérer toute cette information minent notre capacité à lire en profondeur et avec attention. Le Web, selon certains, est un média fortement lacunaire qui favoriserait une forme moins intense et plus superficielle de lecture

[…]

Les inventions technologique, qu’il s’agisse de l’encyclopédie imprimée à l’heure où elle fut inventée ou de Wikipédia, ne sont pas des machines abstraites qui, indépendamment de nous, nous rendent bêtes ou intelligents. Comme nous l’avons vu avec les technologies de la lecture amenées par les lumières, la connaissance émerge de processus complexes de sélection, distinction et de jugement, du fait de l’incontournable interaction entre les humains et la technologie. Nous devrions résister ainsi à la fausse promesse représentée aujourd’hui par le champ de sélection situé en-dessous du logo de Google : soit vous accédez immédiatement et sans médiation à la connaissance pure, soit vous vous livrez à une vie de distraction et d’information superficielle. Cette alternative est un piège. La connaissance s’acquiert à force de travail ; elle est façonnée, créée et organisée par les humains et leurs technologies. Le moteur de recherche de Google et ses algorithmes sont uniquement le dernier avatar d’une longue histoire des technologies que les humains ont développées pour organiser, évaluer et interagir avec le monde qui les entoure.

clip_image006Poursuivre cette lecture sur le Web avec l’article en version intégrale : Pourquoi Google ne nous abêtit pas … ni ne nour rend plus intelligent par Chad Wellmon


[1] Chad Wellmon est professeur à l’Université de Virginie aux Etats-Unis. Il est l’auteur de « devenir humain : anthropologie romantique et personnalisation de la liberté » (2010)

Big data : pourquoi l’abondance des données n’a aucune importance #scmw2013 was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec