Internet : quand la foule devient « sentimentale » pour le meilleur ou le pire #reputationwar

Reputation War n’est pas un événement comme les autres. Parler de la technologie qui change le monde sans parler de technologie, voilà le pari, très réussi, de cette 2e édition de l’initiative de Christophe Ginisty et de son équipe. Voici mon compte rendu (qui s’arrête malheureusement en milieu d’après-midi). Media aces est fier d’avoir été un des partenaires de cet événement :

Sur Internet et ailleurs, foule sentimentale et soif d’idéal

antimuseum.com-untitled-4366… disait la chanson. Car tel était le thème de cette conférence, aux invités prestigieux, dans un lieu non moins extraordinaire (le théâtre des variétés à Paris) ; ces foules qui ne seraient plus intelligentes comme le prétendait Howard Rheingold, mais surtout émotives. Ces foules et cette émotivité sont cependant à double face :

Croyances, réalité et limite de la communication

Ce combat entre les « bons et les mauvais » sentiments était d’ailleurs au cœur de la présentation Hisham Zaazou, ministre du tourisme de l’Égypte depuis 2012. Un homme courageux qui n’a pas hésité à remettre sa démission quand un homme politique lié à la Jama Al Islamya allait être nommé gouverneur de Louxor, un lieu endeuillé par un attentat de 97, perpétré par le même groupe islamiste. Depuis 2012, Monsieur Zaazou lutte cependant contre un autre ennemi : les baisses, spectaculaires en 2013 après l’été, de fréquentation touristique, suite à la mise à l’index par l’Europe : 90 % de baisse sur le chiffre d’affaires suite à cette décision européenne.

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un tout petit aperçu de la superbe salle du théâtre des variétés

Mais il faut aussi préciser que la surexploitation touristique de l’Égypte en était à son comble avec une augmentation de 150 % de fréquentation entre 2004 et 2008. Moi qui pensais que le pays avait déjà atteint les limites du raisonnable en 2000 !

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Hisham Zaazou recevant le prix de l’IPRA des mains de son présiden, Christophe Ginisty, également créateur et organisateur de Reputation War

Monsieur le ministre s’est lancé dans un plaidoyer passionné pour nous convaincre, film à l’appui, que l’Égypte est un endroit sûr. Preuve absolue : les rangs de touristes en string en train de se faire griller au soleil à Sharm El Sheik, pas si loin, somme toute d’une des régions réputée les plus dangereuses du monde. Ayant vécu au Liban, j’ai été frappé de constater comment les pays en guerre, et les pays arabes en particulier, relativisent ce danger, car les foules « sentimentales » s’habituent à toutes les situations, même les plus insoutenables.

Tout le monde n’a pas été convaincu. Même si certains reportages en arabe, pour ceux qui parlent cette langue, ont démontré que certains reportages télévisés faisaient prendre des vessies pour des lanternes ; mensonges que la compréhension de la langue permettait de décrypter selon M. Zaazou. Les croyances sont dures à combattre. Gérald Bronner (l’empire des croyances, PUF, 2003) l’a rappelé dans un film enregistré spécialement pour la conférence. Internet est au cœur d’un paradoxe : plus le savoir est accessible au plus grand nombre, plus les croyances de quelques-uns, notamment religieuses, se répandent, et la crédulité des citoyens se développe.

Encore est-il que combattre une croyance par une autre est peut-être la limite de la communication.

>> pour plus de détails sur l’intervention de Hisham Zaazou et l’interview exclusive d’Olivier Cimelière, lire le blog du communicant 2.0

Démêler le vrai du faux

antimuseum.com-untitled-4397Car démêler le vrai du faux, est le devoir de l’Homo sapiens (donc sage si l’étymologie est bonne). Ne pas se forger une opinion avant d’avoir pesé le pour et le contre… comment faire à l’heure de l’Internet quand tout va si vite ? Avec Hoaxbuster bien entendu ! Le site indispensable de Guillaume Brossard (photo à gauche), qui décode les rumeurs du Web depuis 1999. Un site dont je suis un inconditionnel depuis le début. Guillaume et ses bénévoles font un travail formidable de défrichage et d’explications. Un scoop qu’il nous a donné sur scène : l’affaire Julie Gayet était à l’état de rumeurs sur le site depuis des mois paraît-il… Avant d’être rendu public dans les médias. l’Élysée a essayé de faire « disparaître la question » par le truchement de ses avocats. Car il y a encore des gens qui croient pouvoir effacer l’Internet ! Quel choc de voir qu’ils sont au gouvernement d’un pays qui se dit modèle des démocraties (et je ne parle pas de la bêtise de la demande).

Faire plus confiance aux rumeurs qu’aux médias ?

Bruno Jeanbart (@bjeanbart), DGA d’opinionway est venu ensuite partager son baromètre sur la confiance des médias ; une sorte de thermomètre en baisse constante qui donne le vertige. Seulement 23 % des Français feraient confiance aux médias et « seuls les politiques font pire » (14 %). Je ne sais quoi penser. Faut-il se lamenter de la qualité de nos journalistes et de nos hommes politiques (selon la rumeur justement, « les plus bêtes du monde »), ou sur la bêtise d’une « foule sentimentale » qui goberait la rumeur à environ 50 %, même si 87 % la croient infondée. « Il n’y a pas de fumée sans feu »… semble être la devise de cette foule sentimentale peut-être, mais pas très sympathique.

Médias de masse, culture de masse, bêtise de masse ?

Triste époque me direz-vous, où l’éducation généralisée n’a pas fait disparaître l’obscurantisme. Mais dans ce monde d’excès où nous vivons, où la masse a remplacé les castes, à l’instar de ces masses populaires entassées sur d’immenses paquebots du Nil, délaissés quelque peu aujourd’hui, qui ont remplacé les riches aristocrates britanniques découvreurs de tombes, peut-on s’étonner de ce résultat ?

Masse lyncheuse… et sauveuse aussi

Même constatation et Philippe Spanghero (@pspanghero) et Julien Villeret (SFR), tous deux victimes de lynchages sur Internet. L’ancien rugbyman, expert de la communication sportive, a su utiliser les médias sociaux pour rétablir la vérité et défendre l’honneur de sa famille, placée involontairement au cœur du scandale qui portait son nom, alors que son application dans l’entreprise avait cessé 4 ans auparavant. Il y a de l’espoir donc, de voir les utilisateurs des médias sociaux prendre la défense de la vérité. Ouf ! Tout n’est pas pourri.

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Philippe Spanghero (au centre), un indéniable air de famille !

La conclusion est cependant moins claire avec Julien Villeret, malgré une brillante démonstration qui nous a convaincus de l’habileté avec laquelle Xavie Niel (peu cité mais omniprésent) avait manipulé une opinion consentante et émotive. Comment les opérateurs établis sur ce marché vont faire face sur un marché « où les prix sont désormais les plus bas du monde » et où on se fait traiter de « fils de p… » sans vraiment pouvoir réagir, nous paraît beaucoup moins clair. Affaire à suivre…

Le mot de la fin à Henri verdier et Spinoza

Henri verdier nous a donné la clé, et peut-être un moyen de nous rassurer en fin de conférence. D’aucuns, sur Twitter, ont posé la question si l’expression de « foule sentimentale » était bien appropriée.

ImageThierry Herrant ‏@thierryherrant

Foules sentimentales. Ce soir je me demande si l’expression est vraiment appropriée #ReputationWar @strategies1

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Henri Verdier, brillant et pertinent, a laissé la salle sous le charme de sa démonstration

Verdier, dans une démonstration éblouissante, en prenant Spinoza à témoin, nous a quant à lui remis sur le droit chemin : ce qui compte, ce n’est pas la foule, mais son “gouvernement”. Les participations des « foules sentimentales », mal canalisées sur les forums et les zones de commentaires des journaux, sont des accumulations de bêtises et de propos insultants, et peuvent être comparées à Wikipédia ; voilà une initiative qui fait également appel à la création de masse, même si c’est dans une moindre mesure, qui a su établir les règles de la création et placer des bornes, en triant sur le volet l’information et en la croisant inlassablement.

Une conférence qui fait marcher les petites cellules grises

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Christophe Ginisty, créateur et organisateur de Reputation War

Voilà une conférence enrichissante, je ne le dis pas souvent ; Reputation War se situe un énorme cran au-dessus du lot. Dans la lignée de Tedx peut-être, fort heureusement sans scénarisation. Une conférence qui m’a un peu ébranlé, je dois dire, même si les faits sont connus de tous… Ce regard sociologique sur Internet et ses foules bipolaires, était salutaire et il a su sortir des sentiers battus des experts bisounours du Web social, pour qui le monde est toujours peint en rose. Une belle réalisation ; merci Monsieur Ginisty !

Internet : quand la foule devient « sentimentale » pour le meilleur ou le pire #reputationwar was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

5 conseils pour les largués de la communication digitale (1/10)

ebook-largeAlors que les ventes de notre ouvrage « la communication expliquée à mon boss » sur Amazon battent leur plein, nous avons décidé de publier 10 articles (un nouveau chaque lundi) avec les articles qui ont dû être retirés de l’ouvrage du fait de sa taille. Il s’agit donc de 10 bonus qui représentent environ 40 pages de la communication digitale expliquée à mon boss et qui viennent compléter le livre. Il ne s’agit pas de bonus au rabais mais de véritables articles de fond qui nous semblaient même fondamentaux, mais voilà … il n’était pas possible de publier un livre de plus de 400 pages, alors il a fallu faire des choix. Cornéliens parfois, comme dans le cas de ce premier bonus écrit par notre ami Frédéric Canevet de Conseilsmarketing.fr. Voici donc ses 5 conseils pour les largués de la communication digitale :

5 conseils pour les largués de la communication digitale

  1. Le Web est dynamique, rien n’est gravé dans le marbre
  2. Mesurez tout !
  3. Oubliez le hard-selling et passez à la vente au billard à deux coups !
  4. La communication digitale c’est du multimédia !
  5. Le marketing digital doit conserver de l’humain et une petite dose de psychologie

les bonus de la communication digitale expliquée à mon boss

5 conseils pour les largués de la communication digitale (1/10) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

5 idées force à retenir du livre « la communication digitale expliquée à mon boss »

Petite interview réalisée par Frédéric Canevet lors du dernier Web 2 Connect sur le sujet de notre nouvel ouvrage La communication digitale expliquée à mon bossJ’y ai résumé 5 idées force qui seront bientôt retranscrites par Frédéric sur son propre blog :

5 idées force à retenir du livre « la communication digitale expliquée à mon boss » was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

WEB2BUSINESS 2014 : 600 personnalités du Web pour un événement prestigieux

Maison de la chimie

Nous en serons, je relaie ce superbe événement :

Hervé Kabla et Yann Gourvennec, co-auteurs de la communication digitale expliquée à mon boss, participeront en compagnie de nombreux auteurs aux éditions Kawa (Bruno Teboul, Emmanuel Fraysse, Jean-Philippe Wozniak, Olivier Cimelière, Jean-Marc Vauguier, Patrice Laubignat, et bien entendu, Henri Kaufman et Xavier Wargnier), à cet événement haut de gamme qui réunira près de 600 « personnalités » du web et du B2B, dans le cadre des salons de la Maison de la Chimie.

Au programme:

  • Social CRM
  • Big Data
  • E-réputation
  • Multicanal
  • Les entrepreneurs du web

Inscription obligatoire sur le site de l’événement.


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WEB2BUSINESS 2014 : 600 personnalités du Web pour un événement prestigieux was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Steve Ballmer : « je vois encore beaucoup de papier-crayons ; il y a encore de la place pour l’innovation » #ebg

briefcase-large_thumb1J’ai participé à une conférence organisée par l’EBG à Paris, le 8 novembre, à laquelle Steve Ballmer était convié. Cela m’a pris un bon bout de temps pour traiter mes notes, mais voici enfin les réponses du futur ex patron de Microsoft, qui parfois a répondu à mes interrogations et parfois un peu moins. Certes, indéniablement, Ballmer a réussi à captiver la salle de l’espace Pierre Cardin, pleine à craquer, lors d’une interview très interactive menée par le secrétaire général de l’EBG, Pierre Reboul. Steve Ballmer, c’est à noter, est également membre du Board de l’EBG.

Beaucoup d’interrogations se sont fait jour sur le futur de Microsoft ces derniers temps, notamment eu égard à son apparente incapacité à négocier le marché des mobiles (et on ne peut pas compter sur Bill Gates pour contredire ces interrogations). Cependant, il serait faux de croire que Microsoft a perdu la guerre même si elle a perdu quelques batailles. En fait, le géant du logiciel de Redmond, est encore très fort dans beaucoup de domaines à commencer par l’infrastructure Cloud computing, la collaboration dans les entreprises (plus de 70 % de parts de marché pour SharePoint, sans compter Yammer), les jeux grand-public avec la plate-forme Xbox dont le succès ne se dément pas, et bien sûr, Microsoft Office qui est, qu’on aime ou non, toujours très largement utilisé, malgré une flopée de suites Office plus ou moins gratuites téléchargeables depuis Internet.

Ceci étant, les modèles économiques de Microsoft sont soumis à rude épreuve. Office devient peu à peu un logiciel vendu sur un mode de paiement à l’utilisation avec Office 365, Windows 8 vient juste de ressortir des limbes après un tardif lifting 8.1 longtemps réclamé par les utilisateurs (avec notamment le fameux bouton « démarrer[1] » ; alors où va Microsoft ? Voyons ce que Steve Ballmer, actuel PDG de Microsoft sur le point de partir, nous disait à ce sujet, même si il a réussi habilement à taper en touche sur plus d’une question…

Juste après l’introduction, Steve Ballmer a répondu à une question à propos de la toute nouvelle tablette Microsoft surface 2. « Surface 2 est la preuve que Microsoft est en train de devenir un fabricant de terminaux, et qu’il sort du marché des PC standard » Steve Ballmer a-t-il expliqué, confirmant ainsi l’impression que beaucoup d’analystes ont eue après l’annonce de rachat de Nokia, ou plutôt d’une part de Nokia, comme Steve Ballmer l’a expliqué quelques moments plus tard.

Est-ce que cela veut dire que Microsoft va arrêter de travailler avec des OEMs (traduction : fabricants tiers de matériels) ? « Je le dirais un peu différemment » a répondu Ballmer avec grande habileté : « nous continuerons de travailler avec des OEMs, mais nous produirons plus de terminaux ». Microsoft choisit là une voie radicalement différente de celle d’Apple, et son modèle semble bien plus proche de celui de Google, même si les business models des 2 géants américains demeurent complètement différents.

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Steve Ballmer avec Pierre Reboul de l’EBG sur scène à Paris

« Partout où je vais, je vois du papier et des crayons, il y a encore moyen d’innover »

Pierre Reboul, tout en louant les qualités de la tablette Surface 2 s’est interrogé : « comment transformerez-vous cette honnête tablette en un best-seller ? »

« Pour cela, vous avez besoin d’une proposition de valeur d’un tout autre modèle » a expliqué Steve Ballmer. « Ce terminal a pour objectif de vous rendre plus productif ; ça sert à autre chose que juste regarder des films[2]. » En outre, « un apport d’innovation continue est indispensable. À chaque réunion où je vais, je vois encore beaucoup de papier de crayons » a fait remarquer Steve Ballmer. Je vois donc encore beaucoup de place pour l’innovation ». Je ne peux qu’être d’accord avec ça. Il y a 10 ans, je prenais des notes en utilisant l’outil de reconnaissance intelligente de caractères (ICR) de mon mini PC iPAQ. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui n’est plus disponible, et je suis encore en attente d’une technologie qui va nous permettre de nous libérer du papier, du crayon et nous laisser prendre des notes dans d’une manière naturelle grâce à la reconnaissance intelligente de caractères. Après tout, si c’était possible il y a 10 ans cela devrait être encore possible aujourd’hui !

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Steve Ballmer : « je vois encore beaucoup de papier-crayons ; il y a encore de la place pour l’innovation » #ebg was last modified: décembre 6th, 2013 by Yann Gourvennec