Web 2.0 : trop d’information tue-t-il l’information ?

« La chair est triste hélas, et j’ai lu tous les livres », telle était introduction de Stéphane Mallarmé à son poème Brise Marine (voir une analyse ici), ode sibylline et lyrique dans laquelle l’auteur symboliste donnait libre cours à son spleen baudelairien et où l’appel du large (d’où le titre) symbolisait son désir de quitter le foyer, toutes choses triviales et enfin son nouveau-né qui le tenait éveillé et l’empêchait de créer. Voilà la phrase qui me venait immédiatement à l’esprit en lisant l’article de Michael Kinsley dans Time magazine, intitulé ou « de combien de blogs le monde a-t-il besoin(1) ».

Kinsley a mis le doigt dans son commentaire sur de véritables problèmes que tous – à divers niveaux – nous avons pu rencontrer sur la toile. Lors d’un séminaire que j’animais dans le cadre du e-mba d’Insead en décembre dernier, et dans lequel je me faisais l’avocat de l’entreprise 2.0 et des blogs d’entreprise, un des membres de l’assistance me fit remarquer qu’il y avait déjà bien assez de matière en ligne comme ça, et que le Web collaboratif était coupable « d’autoriser n’importe quel imbécile à écrire n’importe quoi ». L’approche de M. Kinsley est similaire. « La possibilité qui nous est offerte à tous d’exprimer nos opinions est magnifique, mais pas la perspective de les lire » affirmate-t-il dans le magazine américain bien connu.
Voilà qui donne matière à penser. Il est vrai que la liberté d’expression est un blanc-seing donné à la parole des idiots. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux. Et pourtant, c’est là aussi que nous pouvons toucher du doigt la définition même du mot liberté – qui orne, doit-on le rappeler, nos frontons – à savoir le sentiment de n’être « […]pas soumis à une ou des contrainte(s) externe(s) » (Trésor de la langue française explication n° I) mais également l’absence d’arbitraire ou d’exercice d’une autorité arbitraire (« Condition de celui qui n’appartient pas à un maître. Anton. esclavage, servitude » Ibid. explication n° 1-a), fût-ce en provenance d’un journaliste célèbre. Liberté, liberté chérie ! Liberté d’écrire ce qui est juste et d’en recevoir la juste récompense, mais aussi la liberté d’écrire ce qui est faux et d’être contredit publiquement.

« De combien de blogs le monde a-t-il besoin ? » annonce Kinsley à la fin de son essai enflammé à la page 56 du célèbre magazine américain (dont je suis je l’avoue sans honte un fidèle lecteur). Les échos de cette question rhétorique me semblent véritablement très mauvais. De combien d’êtres humains le monde a-t-il besoin ? De combien de diplômés avons-nous besoin en dehors de ceux de telle ou telle école ? De combien de pays avons nous besoin en dehors des membres du G8 ?

Ce besoin, à mon avis, est infini. Nous avons besoin d’un nombre infini de pays, de gens, de couleurs de peaux, de langues et d’idées etc. Laissons les s’épanouïr M. Kinsley, pour l’amour du monde et de la connaissance, et si tant est qu’un ou même plusieurs d’entre eux ne soient pas à la hauteur – ou simplement à votre goût – et bien disons-le tout net, cela n’a aucune importance du moment que ces idées ont pu être exprimées librement et dans n’importe quelle langue. Et s’il devait y avoir nécessité ou urgence, la liberté d’en appeler à d’autres voix sur Internet pour commenter et contredire ces blogueurs et prouver qu’ils ont tort est également utile. Et quand bien même 99 % de ce contenu en ligne pourrait être considéré comme sans intérêt, je continue à penser que dans l’ensemble je finirai bien par trouver au moins une page qui vous la peine d’être lue. Et même cette page, cette unique page, vaut la peine qu’on se batte pour elle.
Je suis d’accord avec Michael Kinsley cependant, lorsqu’il critique l’accumulation qui « finit par devenir une mise en abyme ». Certes, une majorité de blogueurs se copie les uns les autres sans ajout de valeur ajoutée, et cela est véritablement mauvais. Il n’empêche que les auteurs intéressants abondent également. Pour prendre une comparaison, à supposer que l’immense majorité des programmes de télévision soit composée d’âneries (cette hypothèse est purement fortuite bien entendue), ceci ne veut en aucun cas dire que rater le pour cent de contenu intéressant qui y réside ne va pas contribuer à l’augmentation de notre connaissance. Cette règle s’applique également à la blogosphère.
Michael Kinsley, comme Mallarmé, se trompe de cible. Il n’y a pas surabondance de mauvais contenu sur Internet. Il y a juste un travail de lecture et d’analyse pour séparer le bon grain de l’ivraie. Et ceci d’ailleurs, n’est pas bien différent de l’ensemble des autres sources culturelles.
Ne nous inquiétons donc pas, le temps (jeu de mots involontaire), et l’histoire feront leur tri pour nous, de la même manière qu’ils ont balayé la plupart des livres que Mallarmé avait eu à la fin du XIXe siècle et qu’il avait jugés si mauvais dans l’introduction dans son poème. Même si je suis d’accord avec la plupart des points soulevés par Michael Kinsley, nous devons résister à la tentation de définir arbitrairement ce qui est juste et mauvais avant même de l’avoir étudié, afin d’éviter de céder à la tentation du jugement hâtif et de passer à côté de quelque pépite qui contribue à la connaissance humaine. La liberté d’expression peut produire des résultats intéressants également, bien que cela ne soit pas une assurance de résultat. En fin de compte, le hasard joue également un rôle important en création, sinon central. Cette liberté qui nous fut accordée par la grâce et M. Tim Berners Lee, de Vint Cerf et leurs amis (nous en profitons pour remercier Vint Cerf de son commentaire sur la version originale anglaise cet article), est si douce et agréable qu’il ne faudrait pas la bouder.
Ironiquement, l’article de Kinsley est également disponible en ligne et même un lien de vote (digg) a été inséré par Time (on fera remarquer d’ailleurs que cet article n’est pas immensément populaire, et que la majorité des votes, plus d’une dizaine, est venu depuis le commentaire sur mes blogs). Et on peut se demander légitimement si Kinsley tout en le critiquant ne contribue pas au chaos de l’Internet qu’il dénonce. Peut-être que cela suffit à appuyer ma démonstration.

(1) how many blogs does the world need par Michael Kinsley, Time Magazine : http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1860888,00.html

Web 2.0 : trop d’information tue-t-il l’information ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

blogs d’entreprise : quelques blogs de confiance

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les membres du Blog Council à la tâche sous l

Les blogs d’entreprise, ce n’est pas de la tarte … c’est Josh Bernoff de la société d’analyse informatique Forrester qui le dit dans un rapport intéressant sur les raisons pour lesquelles les internautes ne font pas confiance à la plupart des blogs d’entreprise. En fait, en regardant les commentaires de Josh à la loupe, ce n’est pas seulement une affaire de blogs mais une question de lassitude vis à vis du ton ‘publicitaire’ employé par de trop nombreuses entreprises. Un sujet (de lamentation) à répétition dans ce blog et dans la vie réelle (alias IRF – in real life) également hélas.

Car ceci n’est pas nouveau pour les fidèles lecteurs de Visionarymarketing.com. Nous en débatons dans nos colonnes depuis des années (16 ans pour être précis). Voici donc le temps venu pour les entreprises de réagir et de démarrer de véritables conversations dans leurs écosystèmes. En b2b, il ne s’agit pas en effet seulement de clients, car selon aMarketing Sherpa, c’est une moyenne de 21 personnes qui prennent part dans les décisions d’achats des grands groupes de plus de 1000 personnes.

Alors, quels sont les blogs d’entreprise qui montrent l’exemple ? Le blog council s’est exprimé sur le sujet, dans la foulée de Josh Bernoff de Forrester, en publiant la liste des blogs ‘dignes de confiance’ qui selon eux méritaient une visite. Et bien je vous le donne en mille, le blog ‘Orange Business Live‘ d’Orange Business Services est cité parmi les blogs de confiance. Alors, en cette nouvelle année, et avant de prendre de bonnes résolutions, levons un dernier verre à la santé de ses auteurs. Voilà une année qui démarre bien 🙂

Ci-après le texte de Michael Rubin du Blog Council (dont Orange est le seul représentant français d’ailleurs.  Avis aux responsables Web des grands comptes qui voudraient rejoindre le club, et qui satisfont aux critères de recrutement (réservé aux grandes entreprises ayant une expérience significative des médias sociaux et deu Web 2.0) n’hésitez pas à me contacter)

The Blog Council | Here are a few trustworthy corporate blogs

Here are some other examples of trustworthy blogs, too (and yes, they are all Blog Council members):

Technorati Tags: , , , ,

blogs d’entreprise : quelques blogs de confiance was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

entreprise 2.0 : le débat

le plateau de webcastory
le plateau de webcastory avec de droite à gauche: Loïc Moisand, Gilbert Réveillon, Frédéric Bascuñana, Yann Gourvennec et Vanessa Orzechowski

Comme je l’ai annoncé précédemment dans un article de ce blog, vendredi a eu lieu une série d’enregistrements sur le superbe plateau de Webcastory (voir l’image de gauche) à Saint Ouen, à 2 pas du métro de la porte de clignancourt.  L’initiative de ces débats en revenait à Frédéric Bascuñana, créateur de Webcastory. S’y sont retrouvés des experts du web d’horizons divers – start ups ou grandes entreprises – et même de vielles connaissances, comme Carlos Diaz, PDG et co-fondateur de BlueKiwi,  Gilbert Réveillon de Laser (Lafayette Services) et dont le nombre impressionnant de casquettes (Blog Brent, laser, commerce extérieur, recherche et enseignement, …) me fait presque passer pour un fainéant. J’y repésentais Orange Business Services (où je vous assure, je ne chôme pas non plus: voir http://orange-business.com et aussi http://blogs.orange-business.com/live/ pour plus de détails).

un des plateaux
Vincent Berthelot de B-r-ent.com dans une explication passionnée sur un des plateaux de l'entreprise 2.0

Les plateaux se sont enchaînés, les débats aussi, passionnants. Qu’est-ce que l’entreprise 2.0 ? (la bonne question !) , n’est-ce pas une avalanche de jargon qui s’abat sur nous ? l’entreprise 2.0 est-elle une affaire de systèmes ou d’humains ? le vocable Entreprise 2.0 est-il un mal nécessaire ? Y-a-t-il des règles d’or pour le Web 2.0 ? Les échanges ont été très riches. D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur le blog de Frédéric en cliquant ici Comme il l’annonce sur son blog et en image, les films seront diffusés par épisodes (1 par semaine si mes souvenirs sont bons) à compter du 07 janvier 2009. J’en rendrai bien entendu compte sur ce blog également.

Les vidéos seront postées sur http://www.techtoctv.com/ ainsi que sur notre nouvelle WebTV http://orange-business.tv.

Voici ci-dessous quelques photos prises pendant le tournage avec mon PDA

plateau 1
plateau n° 1
plateau n° 2
plateau n° 2
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plateau n° 3
plateau n° 1
plateau n° 4
entreprise 2.0 : le débat was last modified: décembre 20th, 2008 by Yann Gourvennec

talk show entreprise 2.0 – mais vous êtes libres de choisir un autre nom

plateau de Wbecastory
le plateau tv de Webcastory

Alors que beaucoup comme Francis Pisani ou le G9+ – à commencer par moi même qui ai relayé ce débat initié par Frédéric Cavazza il y a 6 mois – se demandent si le 2.0 n’est pas mort, les entreprises se mettent au boulot pour essayer de faire décoller le web collaboratif à l’intérieur et à l’extérieur. Ceci n’est pas étrange, c’est un phénomène normal, bien connu et analysé par nos amis du Gartner Group sous la forme du Hype Cycle (voir ci-dessous, et en suivant le lien de Futurelab, l’analyse de Ilya Vedrashko ici (http://blog.futurelab.net/2008/08/media_history_through_gartner.html).C’est en effet au moment où la mode commence à mourir (regardez où se trouve le Web 2.0 sur le schéma du Gartner) que les gens qui sont sérieux commencent à faire du business. Exemple, c’est au moment de l’éclatement de la bulle que certaines des sociétés les plus solides de l’Internet se sont créées, comme PriceMinister par exemple, mais je connais aussi des agences web comme X-prime qui ont suivi le même schéma. Que les convaincus se rassurent donc, c’est maintenant l’an zéro du deux point zéro, pas 2004 !

Gartner Hype Cycle
Gartner Hype Cycle

C’est donc dans ce contexte que ce vendredi 19 décembre 2008, Frédéric BASCUÑANA, fondateur de WEBCASTORY [concepteur de dispositifs WEB-TV et Rich media] organise un  TALKSHOW ENTREPRISE 2.0 dans le studio de Webcastory. Un plateau télé, en mode Talkshow, sur le thème de l’ENTREPRISE 2.0 a été mis en place par Frédéric (voir ici). Cet événement, auquel je participerai, a été impulsé par sa rencontre avec le fondateur de Bluekiwi Software, Carlos Diaz. « Ce talkshow sera régulièrement approfondi et développé dansune série de plateaux télé mensuels dans le droit fil de cette première édition et sur le même thème. Ce plateau sera relayé et diffusé sur les sites Techcrunch, Stratégies et Techtoctv, et réalisé dans nos studios le 19/12 à 14h00 (pour diffusion début janvier). » écrit Frédéric Bascuñana.

Les intervenants seront :

  • Carlos Diaz de chez Bluekiwi Software, CEO / founder ;
  • Vanessa Orzechowski de chez Stratégies (pôle Conférences), Responsable de l’offre marketing et Web (etinitiatrice du séminaire sur l’Entreprise 2.0)
  • Joel Chaudy de chez Microsoft, Community manager ;
  • Yann Gourvennec de chez Orange, Head of Internet and Digital Media (votre serviteur) ;
  • Olivier Fécherolle de chez Viadeo, Directeur Général Viadeo France ;
  • Vincent BERTHELOT, co-fondateur et animateur du blog d’expert B-R-ENT, intervenant stratégie web et intranet, responsable intranet RH d’un grand groupe français. ;
  • Gilbert Réveillon, du groupe LaSer (Lafayette Services), Directeur au sein du pôle PCMC (ProspectiveCoordination Marketing et Commerciale).

Avec aussi les interventions de :

  • Laurent Lasserre de chez Google France, Responsable de l’offre professionnelle ;
  • Ouriel Ohayon, Techcrunch France

Cet événement sera relayé également sur ce blog et sur les supports d’Orange Business Services, et notamment notre WEBTV flambant neuve (qui pour l’occasion sera dotée des fonctions collaboratives dès le début de Janvier 2009).

talk show entreprise 2.0 – mais vous êtes libres de choisir un autre nom was last modified: décembre 17th, 2008 by Yann Gourvennec

Louis Naugès: l’informatique omniprésente « ce n’est pas un rêve, c’est une réalité »

Comme je l’avais annoncé il y a quelques mois sur ce blog (entreprise 2.0, la révolution par la collaboration), j’ai eu le plaisir d’inviter Louis Naugès à présenter un panorama de l’évolution de l’infrastructure et des usages de l’informatique chez Orange Business Service, dans le cadre d’un petit déjeuner du Web que j’organise de temps en temps. Je fais en effet venir les personnalités importantes du monde de l’Internet à l’intérieur de l’entreprise afin de favoriser les échanges des meilleures pratiques et d’y diffuser l’information librement à l’intérieur en invitant ces figures de proue. Nul doute que avec Louis Naugès ce but a été atteint.

A-t-on besoin de le présenter encore ? Il est non seulement l’inventeur du terme ‘bureautique’, mais un agitateur d’idées depuis 30 ans dans le domaine de l’informatique. La présentation fut éblouissante, et je reçois encore des remerciements de personnes qui ont été enchantées non seulement par le caractère humoristique de cette présentation mais aussi par son impact et sa portée. 

Afin de donner une idée de ce qui a été présenté, je mets à disposition ci-dessous, les planches de présentation de M. Naugès, ainsi qu’une vidéo que nous avons pu tourner à la fin de la présentation afin de résumer, en images et en quelques mots, ce qui avait été présenté. La prochaine présentation sera axée autour de l’intervention de certains de mes homologues présents ou passés dans d’autres entreprises afin qu’ils puissent expliquer les challenges qu’ils ont dû surmonter dans leur entreprise dans le lancement des initiatives Web et médias sociaux.

Louis Naugès: l’informatique omniprésente « ce n’est pas un rêve, c’est une réalité » was last modified: décembre 2nd, 2008 by Yann Gourvennec