La start-up du mois : Wizboo réinvente le site web clef-en-mains pour TPE / PME

Benjamin Knopf et Antoine Constantin (tous les 2 anciens de Dauphine), fondateurs de Wizboo sont venus me présenter leur société la semaine dernière. Cette interview s’inscrit dans le cadre de mes articles destinés à encourager les jeunes entrepreneurs du monde de l’Internet et du e-commerce (avis aux amateurs ! – nb: je préfère Twitter)

Wizboo est une solution en ligne de création de sites pour les très petites sociétés, artisans qui désirent assurer leur présence en ligne sans y connaître quoi que ce soit au html. Le site se conçoit un peu comme un blog, avec des modèles et des « assistants » que l’on amène sur sa page en copier-coller (un peu moins intuitif que WordPress ou Wetpaint, mais la solution se construit au fur et à mesure).

L’angle d’attaque est justement la simplicité d’utilisation (voir ici mes réflexions et là celles de mes confrères) et la convivialité. Toutefois, ceci n’est ni la première tentative, ni l’arrivée sur un marché facile et inconnu. Celui-ci a été balisé de nombreuses fois mais reste globalement mal compris, victime du mythe du « big market » (voir ci-dessous l’étude, le lien vers l’analyse de Philippe Lemoine et mon analyse).

L’approche de nos entrepreneurs reste quant à elle très pragmatique, ils ont raison, il faut avancer prudemment et conquérir les parts de marché petit à petit. Ouvert depuis juin 2010, leur site a déjà conquis 1000 clients, ce qui n’est pas négligeable. Certes, il y a 3.2 millions de ces petites et très petites entreprises en France mais, selon une étude réalisée par Ipsos pour Google, 42% ont déjà un site Internet. Toutefois ce chiffre est à relativiser (voir ci-dessous), car seul 30% et non 42% de ces entreprises utilisent ce site Web « activement », et on observe une grosse dichotomie entre artisans/commerçants et industriels qui sont assez réticents voire non consommateurs absolus (à quelques exceptions près) et les acteurs du tertiaire qui sont même souvent en avance sur leurs homologues des grands comptes (demandez à une TPE des high techs si son site Web est important et si une application iPhone serait une bonne idée ?). Il faut donc sous-segmenter et ne pas se laisser berner par des chiffres mirobolants.

La énième tentative ?

Les entrepreneurs de Wizboo ne sont pas les premiers à se lancer sur ce créneau juteux des TPE. La logique est simple, sur le mode de « ce pays en voie développement marche pieds nus, je vais leur vendre des chaussures ! » Sauf que beaucoup s’y sont aventuré par le passé, à commencer par l’Américain Rapidsite (repris par les pages Jaunes dans les années 2000) qui – ironie du sort – est redevenu un hébergeur classique. Certains opérateurs sont également acteurs sur ce marché (transparence : du fait de mon travail et de mes responsabilités, je ne m’exprimerai pas sur ce sujet). D’ailleurs, cette frénésie d’activité  sur le « big market » a eu son effet (les 42% … non 30% pardon), mais reste à transformer en profondeur les comportements des entreprises de ces segments. C’est ce que décrit très bien Philippe Lemoine, avec son talent habituel.

La démarche de nos entrepreneurs est différente de ces tentatives précédentes cependant, car elle se fonde sur une démarche en self-service et vise les déçus des sites web clef-en-mains et les nouveaux entrants. Voir mon interview des fondateurs de Wizboo réalisée la semaine dernière (voir ci-dessous et directement sur YouTube)

et comme à notre habitude, voici un sondage pour nos lecteurs :

COMPLEMENT DE REFLEXION : LE MYTHE DU « BIG MARKET »

[JDNet – 11/2010] Le Web  largement minoritaire chez les PME/TPE françaises (présence en ligne et publicité)

Le Web n’est pas encore la tasse de thé des très petites entreprises françaises. Comme je le faisais remarquer dans ce compte-rendu de l’intervention de Philippe Lemoine sur l’usage des TIC dans les PME en février 2008, la situation a peu évolué en France depuis 10 ans. Voici dans cette étude faite par Ipsos pour Google et commentée par le JDNET en 2010, quelques extraits choisis :

« Pour beaucoup de petites et moyennes entreprises françaises, le Web ne semble pas être une priorité. Seules 42% possèdent en effet un site, selon une étude d’Ipsos pour Google. Et celles qui utilisent activement un site Web ne sont que 30%. Les PME de 10 à 50 salariés sont les plus présentes en ligne. Elles appartiennent pour beaucoup au secteur tertiaire et ont une activité souvent nationale voire internationale.

A l’inverse, les petites et moyennes entreprises absentes du Web se retrouvent deux tiers chez les commerçants indépendants. Les secteurs industriels sont également peu représentés, tout comme les entreprises ayant une activité essentiellement locale. Parmi les PME n’ayant pas de présence en ligne, 6% ont déjà eu un site qu’elles ont finalement abandonné. »

En conclusion, il fut se méfier, comme aurait mon professeur Paul Millier avec malice et astuce, du « big market » (voir son anti-bible du marketing ici). Ce n’est pas parce qu’une population est immense, que sa propension à consommer est proportionnelle à sa taille. Ceci étant, il conviendrait de regarder le marché des Soho dans d’autres pays et de mesurer l’écart, et d’analyser les causes de cet écart.

lire le reste de l’article du JDNet à l’adresse http://www.journaldunet.com/ebusiness/e-pme/une-pme-sur-trois-a-un-site-web-actif-1110.shtml

La start-up du mois : Wizboo réinvente le site web clef-en-mains pour TPE / PME was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Comment un Français a inventé le business model de Google !

J’ai rencontré Daniel Laury à San Francisco où  nous avons discuté business. Puis, je lui ai demandé comment il était arrivé ici et il m’a raconté l’histoire de Lucky Surf, un précurseur du marketing par le jeu (voir l’archive du site ici), mais aussi – et c’était encore plus étonnant – un pionnier du modèle au PPA (pay per action), et donc par extension, l’inventeur du modèle qui a rendu Google si riche. L’histoire de LSF n’a pas été aussi simple, notamment lorsque la bulle a éclaté, mais l’orage est passé et finalement, Lucky Surf a été vendue et Daniel a lancé un spin-off – LSF Network – dédié au marketing Internet, qui est devenu son activité principale. Etonnante interview, n’hésitez pas à voter !

Comment un Français a inventé le business model de Google ! was last modified: novembre 22nd, 2010 by Yann Gourvennec

Discovery Channel : « ce sont nos fans qui font notre marketing ! »

A Blogwell Philadelphie le 9 Novembre, après une présentation du confiseur Hershey (non traduite, voir la version anglaise ici), j’ai pu apprécier le business case très intéressant de Discovery Communications, exposé par ses 2 responsables, Amber Harris et Gayle Weiswasser. Discovery Communications est la société qui chapeaute un grand nombre de chaînes de télévision et de programmes, dont le célèbre Discovery Channel.

Les requins: un sujet qui fascine les foules

Cette 3ème présentation était centrée sur l’événement annuel de la chaîne intitulé Shark Week (la semaine des requins) qui comme son nom l’indique est dédié aux squales, un sujet ô combien populaire auprès des petits et même des parents, avouons-le ! Cet événement revient tous les ans depuis 23 ans et il fait l’objet d’un véritable culte. Voilà pour le terreau de départ, mais comment apporter de l’innovation dans tout cela et passer à la vitesse supérieure ? C’est là que les médias sociaux entrent en ligne de compte, et c’est le défi que se sont fixés nos confrères de la chaîne Discovery.

Leur astuce a donc été de sacraliser cet événement en le rebrandant “Happy Shark Week” et en lui ajoutant un grand nombre d’événements transmédias, à base de Web social. La campagne fut focalisée sur l’interdiction du trafic d’ailerons de requins qui fait rage dans beaucoup de pays, y-compris en Europe, trafic qui consiste à couper les ailerons des requins, relâcher ceux-ci qui du fait sont voués à une mort certaine et douloureuse puisqu’ils se noient, afin de revendre ces ailerons à prix d’or dans les pays où on les consomme notamment pour faire des soupes. Un partenariat fut créé avec l’aquarium d’Atlanta, le plus grand aquarium du monde, où de nombreux requins sont présents, y-compris les énormes requins baleines.

La stratégie de Discovery

Gayle a rappelé utilement que les médias sociaux sont “tout entiers tournés vers l’animation des communautés”. Quand on dispose d’une telle communauté spontanément créée, il serait en effet dommage de ne pas l’animer. Discovery n’a donc pas cherché à réinventer l’eau tiède, mais ils se sont plutôt focalisés sur le travail avec les influenceurs de cette communauté, car ce sont eux, ces “fans qui peuvent faire [leur] marketing pour [eux]. Le travail suivant fut donc de lancer une campagne d’analyse du buzz conséquente afin d’identifier les influenceurs clefs et rentrer en contact avec eux. La semaine des requins avait lieu la semaine du 6 Août mais Discovery a voulu prolonger l’événement au-delà de ces dates.

Approche du terrain

les RP ont réussi, dans un premier temps, à intéresser les grands portails, et des opérations de street marketing ont été mises en place, comme cette inclusion de requin dans un bâtiment à Washington qui a fait s’arrêter plus d’un badeau et nombreuses sont les photos de ce requin qui ont été prises et mises en ligne. Nos 2 présentatrices ont – au cours de leurs recherches – découvert des enthousiastes qui posaient avec leur t-shirt et des fausses machoires de requin et qui se filmaient sur YouTube.

Discovery s’est focalisé sur Twitter pour son côté événementiel, ce qui indique aussi la maturité en termes d’utilisation de Twitter aux Etats-Unis, un phénomène qui n’a rien à voir en France, qui peine à rivaliser avec son voisin britannique sur ce sujet. Les fans étaient encouragés à porter leurs t-shirts et à poster leurs vidéos eux-mêmes sur la chaîne YouTube de la compétition “Shark Week video challenge”.

Discovery n’avait de page officielle dans Facebook avant l’événement, elle fut donc créée. Les vidéos ont apporté beaucoup de trafic sur les sites. La campagne ‘adopter un requin’ a aussi permis de récolter les dons des fans pour la cause sus-citée.

Des résultats impressionnants

Il n’est pas étonnant dans un sens que les résultats aient été au rendez-vous, au vu du thème particulièrement porteur que constitue les requins, mais il faut quand même reconnaître que ceux-ci vont bien au-delà de la moyenne: 14.000 contenus et articles de bogs furent recensés par Discovery durant l’événement et le hashtag #sharkweek fut dès le premier jour au dessus de tous les autres thèmes Twitter sur la planète, un exploit réservé à quelques happy few. Sharkweek a été mentionné plus de 91.000 ente les 1 et 6 Août ce qui permit 100 millions d’impressions (on se souvient du chiffre de 15.000 chez SAP lors de la 1ère présentation du 9 Novembre) sur Twitter, ce qui représente vraiment beaucoup de volume. Avec humour Amber signala que la courbe de Radian 6 ressemblait à un aileron de requin, montrant ainsi la portée de l’événement sur le Web Social.

Des recettes ?

Ce qui a fait que cela a fonctionné selon les présentatrices était la complémentarité du numérique et des relations presse classiques, les partenariats et l’implication de l’équipe dans Twitter. Toutefois, il y eut quelques résultats mitigés comme ceux du concours photo qui n’a généré que 28 clichés, ce qui montre à quel point la collaboration est un art difficile. Facebook lui aussi a quelque peu déçu nos confrères de Discovery Channel mais ce qui est instructif, c’est la conclusion d’Amber à ce sujet : “on ne sait pas toujours ce qui va de travers, des fois on fait tout bien et pourtant ça ne marche pas !”

Un des facteurs de réussite selon nos présentatrices réside largement dans la culture d’entreprise qui règne à Discovery Communications, essentiellement une culture de l’innovation, où ”tout le monde est prompt à vous soutenir”. Amber ajouta aussi que “tout le monde dans l’entreprise devrait avoir un intérêt dans les médias sociaux, et tous devraient essayer de contribue rau succès de telles opérations”

Le plus important ? la collaboration entre les humains

What matters is that people collaborate

Gayle conclut sa présentation par ces paroles que je considère comme fondamentales : “ce qui importe”, dit-elle, “c’est que les personnes collaborent entre elles et cela s’obtient en restant le plus ouvert possible”.

Une leçon à méditer car en effet c’est là que réside le principal ingrédient de la réussite sur les médias sociaux

Discovery Channel : « ce sont nos fans qui font notre marketing ! » was last modified: novembre 18th, 2010 by Yann Gourvennec

SAP dope ses événementiels à coups de médias sociaux

note: reportage depuis Blogwell, à Philadelphie aux Etats Unis

Le 9 Novembre avait lieu Blogwell, un événement organisé par le SMBC, Social Media Business Council, dont Orange Business Services est le seul membre européen. SMBC regroupe les grands groupes américains qui utilisent les médias sociaux dans leur business. La première présentation sur les 4 auxquelles j’ai assisté ce jour là était celle de SAP.

SAP est un des membres fondateurs du SMBC et il était également le co-organisateur de l’événement, le rendez-vous pluri annuel dédié aux entreprises – toutes membres du council – qui utilisent les médias sociaux et viennent présenter leurs cas d’entreprise devant un public rassemblant des participants de tous les Etats-Unis. Blogwell a lieu dans une ville différente à chaque fois.

La présentation d’ouverture de SAP fut dédiée à l’utilisation des médias sociaux dans les événementiels, et notamment l’événement annuel SAPPHIRE. SAP a une communauté importante sur laquelle ils commencèrent de travailler il y a 7 ans, et qui comprend désormais 2 millions de membres.  La présentation était l’oeuvre de Brian Ellefritz, Global Social Media Marketing at SAP, un ancien de Cisco qui a rejoint SAP pour prendre la tête du social media chez l’éditeur germanique. Il est également un vétéran de l’Internet, doté d’une grande expertise du sujet Web et des médias sociaux.

Peu étaient dans la salle ceux qui s’étaient essayé aux vidéos live lorsque Brian posa la question au public. Ainsi, ce genre d’usage des médias sociaux, même aux Etats-Unis, reste l’affaire de quelques professionnels qui se sont lancés, et la nouveauté du sujet reste entière (note: Orange Business Services est également très présent sur ce plan, avec de nombreux reportages notamment sur ses événements clients ; voir notamment http://orangebusiness.posterous.com, notre blog événementiel qui vient en complément de notre blog principal).

Contexte

Sapphirenow est le plus important événement commercial de SAP et a été lancé il y a environ 10 ans. En 2010, SAP organisa 2 événements simultanés, un à Orlando en Floride, et un autre en Allemagne, ce qui était très ambitieux. Les médias sociaux jouèrent rôle important dans cet événement.

L’objectif de SAP avec cet événement était de se mettre au même niveau que son auditoire, et de ne pas juste les traiter comme une cible, ainsi que de démontrer que SAP avait une grande pratique des médias sociaux. Une première tentative avait été faite l’an passé mais SAP a voulu passer au cran supérieur. SAP voulait “prolonger cet événement dans l’espace virtuel” a déclaré Brian Ellefritz à Blogwell en ajoutant que pour l’occasion, “SAP avait utilisé plus de bande passante que CNN”, ce qui place l’éditeur de logiciel sur un plan qui dépasse son cadre habituel.

Le concept d’ ambassadeur des médias sociaux

Des influenceurs mais aussi des clients et des partenaires de l’éditeur allemand allaient en effet prendre part active à cet événement en relayant les informations reçues lors de Sapphirenow. SAP voulait également “toucher ceux qui n’avaient pas pu venir” ajouta Ellefritz. Twitter joua un rôle central car toutes informations en provenance de l’évenement y étaient poussées en temps réel. Le flux d’information démarra en Allemagne le matin et fut poursuivi par celui d’Orlando l’après midi. Le flux Twitter Sapphirenow joua un rôle de pivot dans le dispositif mis en place par SAP. Des écrans géants furent également mis à disposition du public des 2 côtés de l’Atlantique.

Le programme dit des “ambassadeurs” fut démarré 2 mois en amont de l’événement physique. SAP sélectionna 6 sujets principaux et 6 ambassadeurs pour chacun des lieux de l’événement. Les ambassadeurs devaient – pour être sélectionnés – avoir un nombre d’abonnés Twitter (folllowers) significatif mais ils devaient aussi satisfaire aux exigences de compétences requises par SAP. Des caméras portables FLIP furent distribuées aux ambassadeurs. Les ambitions de départ de la part de SAP étaient que chaque ambassadeur écrive 2 articles de blog par jour. Les ambassadeurs, après avoir dûment signé le formulaire d’autorisation de diffusion de tous leurs contenus reçurent ensuite de façon gracieuse des cartes de visite “médias sociaux” réalisées par SAP.

Un audit impartial, des résultats probants

Afin de mesurer l’efficacité du dispositif, SAP décida de lancer un audit sur la démarche, et de le confier à une agence neutre chargée de mesurer et d’évaluer la pénétation des messages et la diffusion des contenus, et de déterminer si cette diffusion “avait un impact ou ne faisait qu’amplifier un chaos d’information”.

Les résultats  furent probants pour l’éditeur, avec 1,5 million de vues de Twitter (Reach en Anglais, résultat donné par l’applicatif de mesure Tweetreach.com), 41 articles de blogs en 3 jours et 152 vidéos publiées, générant 15.506 vues.

Quels enseignements tirer de cet événement ?

  • le choix du compte Twitter – personnel ou business ? – était un problème épineux, pas toujours facile à résoudre ;
  • l’étendue très large des compétences a posé un problème car certains des ambassadeurs ne savaient pas bien comment Twitter fonctionnait ;
  • le hashtag (le mot clef précédé du signe # qui sert à distinguer et étiqueter les contenus dans Twitter) a posé un problème aussi : 1 par thème ? 1 pour tout l’événement ? pas facile de choisir …
  • la vidéo en direct avec des caméras à main a été un élément de dynamisme certain mais a posé des problèmes aux équipes en back office qui n’arrivaient pas à charger les vidéos en temps réel sans créer des files d’attentes et générer du “chaos”.
  • une fois tous ces problèmes digérés cependant, le résultat fut à la hauteur des attentes avec la génération d’un pot-pourri géant d’informations ;
  • au bout d’un certain temps, précise Ellefritz, l’équipe arrêta de se concentrer sur le nombre de tweets et d’articles de blog et commença à se détendre et à prendre plaisir à participer à cette expérience de reportage en direct.

Le chiffre de 1,5 million servait surtout à arrêter les questions du management …

Les interrogations sur la réalité des chiffres étaient au rendez vous cependant avec cette interrogation sur la réelle signification du chiffre de 1,5 million cité plus haut. “les 1,5 million a surtout servi à arrêter les questions du management” a précisé de façon un peu facétieuse Brian Ellefritz, mais c’était aussi “le point de départ d’une prise de conscience de la valeur et de l’énergie mise dans cet événement et dans cette initiative”.

SAP dope ses événementiels à coups de médias sociaux was last modified: novembre 17th, 2010 by Yann Gourvennec

La start-up du mois: Atelier81 rétro-innove sur Internet en relancant la carte de vœux papier

De plus en plus souvent, je suis sollicité par de jeunes entrepreneurs qui me soumettent leurs projets, créés ou à créer. Il m’a semblé intéressant de les présenter ici pour d’une part leur donner un coup de pouce et les faire connaître car les initiatives intéressantes méritent soutient. D’autre part, afin de soumettre à mes lecteurs un cas concret sur lequel ils peuvent réagir, via un sondage PollDaddy en fin d’article. Aujourd’hui, je présente Atelier81, la carte de vœux à l’ancienne sur Internet.

un bon projet commence par un joli nom

Il est intéressant et un peu à contre-courant : les Européens, les Français en particulier – un peu fainéants du stylo – n’enverraient plus de cartes de vœux, d’anniversaire, etc. ? ! Faux ! Nous dit Alexandra Cremona Van der Graaf, cofondatrice avec son mari d’atelier81, un joli nom qui évoque l’atelier d’artistes et … l’année de naissance de notre interlocutrice, année qu’elle déclare symbole de « modernité » (je n’aurais pas personnellement voté pour celle là, mais bon…). Selon Alexandra, c’est même exactement l’inverse qui se produit, car les cartes de vœux papier, jugées ringardes il y a quelques années encore, pourraient bien désormais revenir à la mode.

Le marché de la carterie en France serait de 410 millions d’euros pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 450 millions d’unités vendues (source UPCP ; ce qui nous permet d’évaluer aisément le prix moyen de la carte) et un sondage des éditions Yvon avec Gfk ISL de la fin de 2009, nous confirmerait cette tendance, affirme Alexandra : 70% des Français considéreraient en effet la carte de vœux selon cette étude, comme un support privilégié par rapport aux moyens numériques. Comme le signale le blog papetierdefrance.com le marché français a un beau potentiel de progression dans un pays où on envoie peu de cartes par rapport à nos voisins européens.

2 anciens de Google

Fonder une start-up n’est pas de tout repos : « on croit qu’on va passer beaucoup de temps sur le business plan et on est absorbé par l’administratif ». Ajoute-t-elle (à toutes fins utiles, voir l’envers du décor aux États-Unis avec le témoignage de Stéphanie de Wizeoz, vous verrez que la création d’entreprise est toujours un parcours du combattant, même au pays des entrepreneurs). Nos deux entrepreneurs sont des anciens de Google, spécialisés dans les ventes de mots-clés, où ils ont passé trois ans, en Irlande. Le pari de l’entreprise est osé, sur un marché certainement pas très simple, et où les acteurs américains présents dans les rues commerçantes et les galeries marchandes doivent se tailler la part du lion.

des cartes écologiques made in France

Il faut donc se démarquer. Les différenciateurs choisis par Atelier81 sont l’impression écologique, les cartes dessinées par de vrais artistes du monde entier (Amérique, Grande-Bretagne, Danemark, Hollande etc. et qui sont de vrais illustrateurs) et la fabrication française. Les cartes s’adressent à la fois aux entreprises et aux particuliers. La personnalisation des cartes se fait au travers d’un logo et d’un message, alors que pour les particuliers, Atelier81 propose d’écrire pour le compte de ses clients le message à la main afin de rendre le message plus « personnel ». Deuxième action de personnalisation se fait au travers d’une mini tablette de chocolat qui est incluse dans la carte (voir ci-contre).

Le site a été lancé en septembre, et il est fort à parier que l’on observe un pic des ventes vers la fin de cette année, avec l’arrivée des vœux (44% des ventes se font en effet dans le dernier trimestre).

Mais assez parlé, la parole est à vous, au travers de notre sondage: à vos souris !

La start-up du mois: Atelier81 rétro-innove sur Internet en relancant la carte de vœux papier was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec