Les Français méfiants à l’égard du Web

En France, plus de 55 millions de personnes utilisent Internet en 2016, soit 86% de la population française. Cette proportion atteint même 100% chez les personnes ayant entre 15 et 24 ans. Ces utilisateurs passent environ 18h par semaine sur la toile. Ces chiffres sont considérables. Et pourtant, un phénomène persiste : les Français se méfient du Web. Cette méfiance existe depuis plusieurs années. En 2015, 78% des internautes pensaient aux risques liés à l’utilisation de leurs données personnelles lorsqu’ils les communiquaient. Mais d’après la 5ème édition du baromètre de la confiance des Français dans le numérique de 2016, la méfiance est de plus en plus importante. Seulement 37% des personnes interrogées affirment avoir confiance en Internet. Pour mieux comprendre ce phénomène, voici un état des lieux de la situation actuelle.

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Une utilisation d’Internet de plus en plus importante …

Internet a connu un développement extrêmement rapide ces dernières années. En 2016, environ 56 millions des Français sont utilisateurs du Web contre 8,5 millions en 2000, soit une évolution de 557%.

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Evolution du nombre d’utilisateurs d’Internet en France.

Quotidiennement, un Français passe 4h35 sur Internet3h37 depuis un ordinateur et 58 minutes depuis son smartphone. Ces chiffres sont considérables par rapport aux 24h d’une journée. L’expansion d’Internet a entraîné une importante utilisation des réseaux sociaux. En effet, cette année, un Français passe en moyenne 1h20 sur les réseaux sociaux. 55% des Français sont au moins inscrits sur un réseau social. Et ce chiffre est bien plus important pour les personnes de moins de 40 ans : 84% d’entre eux utilisent les réseaux sociaux. Les nouvelles générations sont donc de plus en plus connectées à Internet.

 

… mais une confiance en chute

Malgré l’essor d’Internet, on observe un paradoxe : 63% des Français n’ont pas confiance en Internet en 2016. Cette méfiance vis-à-vis de la toile s’explique par une prise de conscience des Français : leurs données personnelles représentent un enjeu considérable pour de multiples acteurs. Aujourd’hui, 84% des Français pensent que leurs données personnelles sur les réseaux sociaux sont utilisées, soit une évolution de 26 points en un an. Et cette pratique gêne 81% des Français.

Ils trouvent qu’ils sont de plus en plus mal informés par rapport à leurs utilisations. Effectivement, en 2015, 46% des Français estiment que leur médecin ne les informe pas suffisamment sur l’utilisation qu’ils ont avec leurs données. Ce chiffre a augmenté de 3 points par rapport à 2013. Ce sentiment de méfiance est encore plus important avec les géants du Web : 82% des Français trouvent que les moteurs de recherche ne sont pas suffisamment transparent et 88% pour les réseaux sociaux. Et 68% des Français sont soucieux quant à la collecte de leurs données personnelles par les moteurs de recherche.

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Les Français ont de nombreux autres freins par rapport à l’usage de la toile. Ils sont notamment soucieux de la confidentialité de leurs données personnelles : 45% d’entre eux ont peur que leurs données personnelles puissent être consultées par quelqu’un d’autre. Ils sont également 22% à ne pas avoir confiance en Internet par crainte d’usurpation d’identité. Mais la peur la plus importante réside dans le piratage de leurs données personnelles et bancaires : 47% des Français se méfient d’Internet pour cette raison.

Néanmoins, la notoriété du site Web d’une marque les rassure : 29% des Français la considère comme un levier de confiance. Il en est de même pour 17% d’entre eux concernant la présence d’avis des internautes.

Les Français méfiants à l’égard du Web was last modified: juillet 27th, 2017 by Claire Sorel

Transhumanisme : un premier procès historique, bien que fictif

Le jeudi 22 juin avait lieu un procès historique : celui de Mark Tribun, jugé pour avoir piraté les e-cornées de trois personnes, causant hallucinations et pertes de vision. Ce procès fictif était surtout une réflexion sur le transhumanisme, de sa légitimité à son applicabilité. Si l’action qui se passe en 2039 est une fiction digne d’un épisode de Black Mirror, les magistrats sont eux bien réels, avec entre autres Catherine Champrenault, Emmanuel Daoud, et Gérard Haas, qui organisait ce procès.

Transhumanisme : un contexte pas si éloigné

Tout d’abord, remettons-nous dans le contexte : « En 2037, les hommes « s’augmentent » tant pour améliorer leurs capacités que leurs conditions de vie ». De nombreuses personnes s’équipent de « e-cornée », une lentille équivalente aux Google Glass. Certains sont opposés à cette technologie et usent de toutes les méthodes, y-compris les plus violentes, pour faire disparaître ce qu’ils considèrent comme un fléau : ce sont les bio-résistants. Si l’on réfléchit, cette histoire rappelle des problématiques qui commencent à émerger. Nous connaissons en effet l’homme réparé, qui a recours à la technologie pour faire face à des problèmes de santé : hanche artificielle, cœur artificiel, prothèses, etc. Mais nous commençons tout juste à percevoir l’arrivée de l’homme augmenté, qui utilise la technologie médicale pour se « transformer » afin d’améliorer ses performances. Où se situe la frontière entre les deux ? Que nous dit l’éthique ? Et surtout, que dit la loi ? Réponse dans ce procès.

« Même en l’interdisant, nous ne pouvons empêcher cette technologie de se développer » – Laurent Alexandre

1ere partie : les arguments pour le transhumanisme

Dans une salle comble malgré l’absence de climatisation, Gérard Haas qui représente la partie civile lance les débats : « un spectre hante le monde, celui de l’ignorance, de l’intolérance et l’acharnement de ceux qui se nomment bio-résistants, qui ne sont que des bio-conservateurs, aveugles du futur », attaque-t-il. « Je souhaiterais appeler à la barre M. Laurent Alexandre, le chirurgien chroniqueur, fondateur de Doctissimo et spécialiste du transhumanisme », qui va nous présenter en 3 arguments sa vision de l’intelligence artificielle. Lire la suite

Transhumanisme : un premier procès historique, bien que fictif was last modified: juin 27th, 2017 by Cédric Jeanblanc

Notre indépendance numérique sur le modèle de l’indépendance énergétique ?

indépendance numériqueL’indépendance numérique – et celle de son infrastructure cloud – n’est pas un sujet pris à la hauteur de ses enjeux. C’est un euphémisme. Pas une présentation PowerPoint entendue ici ou là qui ne fasse allusion à la toute-puissance des GAFAM, mais en fait, que faisons-nous, nous en tant qu’utilisateur, en tant que clients, en tant que chefs d’entreprise pour que les choses changent ? Bien peu de choses en réalité pour ne pas dire rien. A tel point que ces antiennes sur les géants du Net en deviennent véritablement ridicules : que faire et que dire en effet de l’importance de cette mainmise supposée des géants de l’Internet qui pour réelle qu’elle soit ne suscite pas pour autant de réactions. Et pourtant, Jonathan Zittrain a publié un sublime livre sur ce sujet… Si peu l’ont lu que son éditeur a fini par le mettre en téléchargement libre et direct sur Internet. Nous proposons avec notre client Orange Cloud for Business, un webinaire sur ce sujet, que j’animerai en binôme avec Didier Renard, directeur de la stratégie de la filiale cloud computing d’Orange Business Services.

De l’indépendance énergétique (et militaire) à l’indépendance numérique

L’indépendance énergétique, et militaire, chevaux de bataille de Charles De Gaulle dans les années 60 est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre. Remettons-nous dans le contexte de ces années de l’après-guerre, et souvenons-nous du choc qu’a suscité la sortie de l’OTAN, sans parler de la dotation de l’arme nucléaire. Sur le numérique, pourtant considéré avec une parfaite unicité de vues comme étant la future révolution industrielle du XXIe siècle, il n’y a pas d’initiatives de ce genre sur l’importance de l’indépendance nationale ni même européenne.
Nous serions-nous redesignés à ne rien peser sur le marché du digital ? A-t-on même le droit de souligner le sujet, au risque de passer pour un ringard ?
indépendance numérique

 Un sujet de plaisanterie mais est-ce à juste titre ? 

avenir de l'internetPire, on entend ici et là ricaner, avec quelques allusions bien senties au plan calcul des années 70 sur le fait que toute tentative dans ce domaine serait vouée soit à l’échec soit au ridicule. Mais pourtant à la différence du domaine militaire, la l’indépendance numérique n’est pas tant une affaire de décision unilatérale régalienne, elle est surtout que de décisions et de choix de la part des utilisateurs et des entreprises.
Pourtant, La mainmise de quelques sociétés de l’Internet constituées en oligopole sur ce qu’il faut désormais reconnaître comme étant notre bien commun, n’est pas neutre, loin de là. Le mail, les applications, La geolocalisation, les ordinateurs, les mobiles, La personnalisation, La publicité et les logiciels de collaboration sont tous aux mains de quelques uns. Des entreprises que pour la plupart d’entre nous, et cest mon cas je l’avoue bien volontiers, nous aimons bien et dont nous apprécions les services, qui nous ont permis d’étendre nos pouvoirs de super consommateurs ou de super entrepreneurs via le réseau des réseaux. Nous les aimons bien donc, mais raison de plus pour être vigilants et ne pas leurs donner trop de super pouvoirs, de peur que ceux-ci se retournent contre nous.

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Notre indépendance numérique sur le modèle de l’indépendance énergétique ? was last modified: juin 7th, 2017 by Yann Gourvennec

Twitter : un réseau social sur le déclin ? Vrai-Faux avec @flashtweet

Il s’agit de l’outil privilégié des marketeurs, il réunit plus de 320 millions d’abonnés, c’est devenu officieusement l’outil de communication n°1 de la maison blanche, mais pourtant Twitter continue de susciter nombre d’interrogations sur sa stratégie. La suppression du compteur de partage, les tentatives de rachat infructueuses, le poste de CEO longtemps resté vacant, ou encore la prolifération des bots (entre 9 et 15% des comptes seraient des bots) et des fake news font douter les investisseurs, et nous, utilisateurs au quotidien de ce merveilleux outil, aussi. En effet, malgré le fait que l’utilisation compulsive du réseau social par Trump le mette régulièrement sur le devant de la scène, Twitter voit le nombre de ses abonnés stagner, alors que son titre en bourse dégringole (lancé à 40 USD, il est désormais échangé à 14 USD). Est-ce le début de la fin pour le réseau social, alors que Mastodon, copie Open Source du Twitter original fait parler de lui depuis quelques mois ?

Pour nous apporter un éclairage sur le réseau social, Emmanuelle Leneuf, créatrice du FlashTweet, a répondu à nos questions, ou plutôt à nos affirmations.

#1 Sur Twitter, tout le monde parle, mais personne n’écoute. 

VRAI et FAUX : « Je dirais que c’est simplement comme dans la vie. Globalement, il y a beaucoup de gens qui parlent et peu de gens qui écoutent, mais ce qu’on constate surtout, c’est qu’il y a une multiplication des contenus en ce moment, et tout ce contenu produit beaucoup de bruit et réduit le taux d’interactions. Il y a moins aussi d’échange et de partage, chacun voulant faire entendre sa propre voix ».

#2 Twitter est devenu le royaume des bots (automates) et des trolls. 

VRAI, mais également FAUX, « parce qu’il y a encore de l’humain. Mais c’est vrai, comme l’a vu pendant les élections américaines où les trolls et les bots ont joué un rôle important. Une étude rapporte qu’un tweet sur 5 autour de l’élection américaine était produit par un bot. Et que lors du premier débat entre Trump et Clinton, il y a eu 500 000 tweets qui ont été créés par ces bots pour Trump contre 140 000 pour Clinton. Je ne sais pas si cela a eu un impact direct sur les résultats des élections, mais c’est une réalité et je pense que cela a dû influencer le débat. Et d’autre part, c’est vrai qu’on voit qu’il y a de plus en plus de bots sur Twitter qui ne représentent pas forcément le côté positif et interactif de Twitter ».

#3 Le nombre de followers n’a pas d’importance, ce qui compte c’est l’échange. 

VRAI : « Quand je vois ce qui se passe autour du FlashTweet, je suis absolument d’accord avec cette affirmation. C’est pas la taille qui compte, mais les interactions : c’est là où on mesure vraiment l’influence, sur les interactions, ce qui se dit, comment engager la conversation avec sa communauté ». Lire la suite

Twitter : un réseau social sur le déclin ? Vrai-Faux avec @flashtweet was last modified: avril 25th, 2017 by Cédric Jeanblanc

Sommes-nous tombés en panne d’innovation ?

Nous sommes en ce moment dans une période d’effervescence technologique : le cloud et le Big Data viennent révolutionner nos usages informatiques, le smartphone et la tablette sont omniprésents et apportent l’internet en mobilité, l’imprimante 3D va bientôt nous permettre de créer nos propres objets du quotidien, et le travail est en train de se réinventer, à cause de l’ubérisation et la robotisation. C’est en tout cas ce qu’on lit et entend.

Pour Kasparov, les intelligences artificielles comme Watson resteraient finalement assez élémentaires. (Source )

J’ai donc été surpris de lire dans cet article un commentaire de Kasparov, grand champion d’échecs Russe, très critique sur l’innovation :

« Les éditeurs informatiques se sont contenté d’améliorer des algorithmes mathématiques. Ils n’ont pas persévéré vers la création d’une véritable intelligence artificielle (…) Chaque année, on nous sort un nouveau programme d’échecs, une nouvelle version. En fait, ce sont des programmes anciens des années 60 et 70 qui se contentent de choisir [des combinaisons] au milieu de millions de possibilités. [Ils ne créent rien] »  

Après quelques recherches, j’ai trouvé une citation du même homme, encore plus catégorique : 

« Nous vivons aujourd’hui dans le progrès technologique le plus lent depuis plusieurs centaines d’années »

C’est peut-être un peu surprenant à lire, mais observons d’un regard un peu moins ébahi les « dernières » inventions : les premières imprimantes 3D, smartphones et tablettes sont nés dans les années 80, les innovations issues du cloud (VDI (virtual desktop insfrastructure), mail et stockage à distance, dématérialisation du logiciel, etc.) apportent finalement plus de légèreté à des outils que l’on utilise depuis les débuts de l’informatique. Les programmes informatiques quant à eux, à part une refonte graphique et l’ajout de nouvelles fonctionnalités, n’ont pas vraiment évolué de façon fondamentale (il n’y a qu’à voir cette démonstration de la première version d’Illustrator pour voir que les changements apportés sont mineurs).

Alors sommes-nous dans une période d’innovation incrémentale où rien de majeur n’apparaitra avant longtemps ? Avons-nous déjà découvert et inventé ce qui pouvait l’être, ne nous laissant aujourd’hui que des miettes ? Voici quelques pistes de réflexion.

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Sommes-nous tombés en panne d’innovation ? was last modified: avril 11th, 2017 by Cédric Jeanblanc