E-commerce : quand les ordinateurs font de la photo de mode

Le monde de la photo de mode pour le e-commerce est confronté à un problème cornélien : les consommateurs, a mesure qu’ils en deviennent des utilisateurs de plus en plus aguerris, sont à la recherche de davantage de visuels (une dizaine en moyenne sur le marché chinois, la moitié environ en Europe). Or, ces visuels coûtent cher. Des équipes pléthoriques sont nécessaires, comme au bon temps des photos pour les catalogues des vpcistes. Allure Systems, une start-up franco-chinoise, a développé une solution pour répondre à ce problème.

Quand la photographie était une oeuvre d’art

photo de mode avec Allure
Cette photo de mode Allure Systems approche le réalisme absolu et il faut beaucoup d’attention pour se rendre compte qu’il s’agit d’une photo reconstituée (à partir d’un mannequin réel). Le processus en 3 étapes, encore assez manuel, préfigure une automatisation complète d’ici peu.

Cela me replonge des années en arrière. Un de mes meilleurs amis avait monté à l’époque un studio de photographie professionnelle dans une petite rue du 17ème arrondissement. Il y régnait une agitation fébrile.

Des myriades de personnes aux métiers divers, des petites mains, des stylistes, des directeurs artistiques, des photographes, des préparateurs et même des cuisiniers pour préparer les plats.

Chaque photo était une œuvre d’art qui passait par un nombre d’états incroyables et qui commençaient toutes par un Polaroïd qui faisait l’objet de commentaires infinis de la part d’une multitude d’acteurs.

A cette époque, préparer un catalogue papier était aussi long que d’écrire un dictionnaire. Lors de mon passage au 3Suisses, aujourd’hui moribonds (ils sont environ une trentaine), on nous avait expliqué qu’on s’y prenait 1 an 1/2 à 2 ans à l’avance.

Place à la nouvelle révolution de la photo de mode

Cette période est bel et bien finie. Place à la nouvelle révolution industrielle de la photo de mode pour le e-commerce. Une révolution qui ne fait que commencer et dont une technologie française venue de Chine nous donne un avant-goût.

Pour vous faire prendre conscience des changements en cours dans de domaine de la photo de mode pour le e-commerce, j’ai interviewé Fanny Forgeau d’Allure Systems.  Lire la suite

E-commerce : quand les ordinateurs font de la photo de mode was last modified: novembre 13th, 2017 by Yann Gourvennec

Soldes et e-commerce : 6 points essentiels à retenir 

Soldes et e-commerce font-ils bon ménage ? Tous les ans Webloyalty conduit un panel (le webloyalty panel) sur 37 e-commerçants dont ils mesurent les activités en ligne. Ce qu’ils mesurent précisément c’est le dynamisme de leur volume des commandes qui sont traités chaque jour sur leurs sites. Ceci permet d’obtenir des découpages fins sur les périodes significatives du e-commerce : par mois, par jour, par semaine, par device voire heure par heure. Ici nous allons nous pencher sur les périodes charnières de l’année qui rythment le commerce en ligne et notamment les soldes. Pour jeter un éclairage sur ce sujet, j’ai interviewé en Septembre 2017 Rodolphe Oulmi, DG France de Webloyalty.

Soldes et e-commerce : un duo gagnant

Nous avons eu la confirmation que le e-commerce est divisé en trois périodes clés qui sont les soldes d’hiver, les soldes d’été puis la préparation des achats de noël.

Soldes et e-commerce

En effet, en 2016, les soldes d’hiver et d’été ont pesé respectivement 13% de l’ensemble des transactions annuelles et la période des préparatifs des achats de noël 12%. Donc 38% des transactions annuels des e-commerçants se jouent sur une période réduite.

Cinq enseignements sur soldes et e-commerce

Le premier enseignement …

Tout d’abord, malgré l’impression que nous avons des soldes permanents et notamment des ventes privées, les soldes continuent finalement d’avoir de l’importance.

Le web est toujours un endroit pour trouver des bons plans et ça l’est encore plus sur les périodes de soldes. Les acheteurs en ligne ne s’y trompent pas et sont systématiquement au rendez vous. On a encore vu cette année sur les soldes d’été qu’il y avait 10 % de transactions supplémentaires par rapport à la même période de l’an passé.

Le deuxième enseignement …

Le deuxième point, c’est que les soldes ont changé mais que cela n’a pas eu d’impact. La loi les a fait passer à six semaines, mais cela n’a changé tout au plus que le mode d’application.

Celui-ci était flottant et il ne l’est plus. Quel a été l’impact de la sixième semaine ? Cela fait deux ans qu’on le mesure puisqu’elle a été mise en place en 2016. Notre constat c’est qu’elle est nulle, c’est à dire qu’aujourd’hui la sixième semaine est devenue finalement une semaine comme les autres.

On ne mesure pas de pic particulier d’activité comme on peut le voir sur sur les trois premières semaines qui sont en général les semaines les plus importantes et les plus dynamiques pour le e-commerce.

Les 6 enseignements des soldes en e-commerce avec Webloyalty

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Soldes et e-commerce : 6 points essentiels à retenir  was last modified: octobre 10th, 2017 by Yann Gourvennec

Les Français méfiants à l’égard du Web

En France, plus de 55 millions de personnes utilisent Internet en 2016, soit 86% de la population française. Cette proportion atteint même 100% chez les personnes ayant entre 15 et 24 ans. Ces utilisateurs passent environ 18h par semaine sur la toile. Ces chiffres sont considérables. Et pourtant, un phénomène persiste : les Français se méfient du Web. Cette méfiance existe depuis plusieurs années. En 2015, 78% des internautes pensaient aux risques liés à l’utilisation de leurs données personnelles lorsqu’ils les communiquaient. Mais d’après la 5ème édition du baromètre de la confiance des Français dans le numérique de 2016, la méfiance est de plus en plus importante. Seulement 37% des personnes interrogées affirment avoir confiance en Internet. Pour mieux comprendre ce phénomène, voici un état des lieux de la situation actuelle.

Français

Une utilisation d’Internet de plus en plus importante …

Internet a connu un développement extrêmement rapide ces dernières années. En 2016, environ 56 millions des Français sont utilisateurs du Web contre 8,5 millions en 2000, soit une évolution de 557%.

Français
Evolution du nombre d’utilisateurs d’Internet en France.

Quotidiennement, un Français passe 4h35 sur Internet3h37 depuis un ordinateur et 58 minutes depuis son smartphone. Ces chiffres sont considérables par rapport aux 24h d’une journée. L’expansion d’Internet a entraîné une importante utilisation des réseaux sociaux. En effet, cette année, un Français passe en moyenne 1h20 sur les réseaux sociaux. 55% des Français sont au moins inscrits sur un réseau social. Et ce chiffre est bien plus important pour les personnes de moins de 40 ans : 84% d’entre eux utilisent les réseaux sociaux. Les nouvelles générations sont donc de plus en plus connectées à Internet.

 

… mais une confiance en chute

Malgré l’essor d’Internet, on observe un paradoxe : 63% des Français n’ont pas confiance en Internet en 2016. Cette méfiance vis-à-vis de la toile s’explique par une prise de conscience des Français : leurs données personnelles représentent un enjeu considérable pour de multiples acteurs. Aujourd’hui, 84% des Français pensent que leurs données personnelles sur les réseaux sociaux sont utilisées, soit une évolution de 26 points en un an. Et cette pratique gêne 81% des Français.

Ils trouvent qu’ils sont de plus en plus mal informés par rapport à leurs utilisations. Effectivement, en 2015, 46% des Français estiment que leur médecin ne les informe pas suffisamment sur l’utilisation qu’ils ont avec leurs données. Ce chiffre a augmenté de 3 points par rapport à 2013. Ce sentiment de méfiance est encore plus important avec les géants du Web : 82% des Français trouvent que les moteurs de recherche ne sont pas suffisamment transparent et 88% pour les réseaux sociaux. Et 68% des Français sont soucieux quant à la collecte de leurs données personnelles par les moteurs de recherche.

les Français

Les Français ont de nombreux autres freins par rapport à l’usage de la toile. Ils sont notamment soucieux de la confidentialité de leurs données personnelles : 45% d’entre eux ont peur que leurs données personnelles puissent être consultées par quelqu’un d’autre. Ils sont également 22% à ne pas avoir confiance en Internet par crainte d’usurpation d’identité. Mais la peur la plus importante réside dans le piratage de leurs données personnelles et bancaires : 47% des Français se méfient d’Internet pour cette raison.

Néanmoins, la notoriété du site Web d’une marque les rassure : 29% des Français la considère comme un levier de confiance. Il en est de même pour 17% d’entre eux concernant la présence d’avis des internautes.

Les Français méfiants à l’égard du Web was last modified: juillet 27th, 2017 by Claire Sorel

Transhumanisme : un premier procès historique, bien que fictif

Le jeudi 22 juin avait lieu un procès historique : celui de Mark Tribun, jugé pour avoir piraté les e-cornées de trois personnes, causant hallucinations et pertes de vision. Ce procès fictif était surtout une réflexion sur le transhumanisme, de sa légitimité à son applicabilité. Si l’action qui se passe en 2039 est une fiction digne d’un épisode de Black Mirror, les magistrats sont eux bien réels, avec entre autres Catherine Champrenault, Emmanuel Daoud, et Gérard Haas, qui organisait ce procès.

Transhumanisme : un contexte pas si éloigné

Tout d’abord, remettons-nous dans le contexte : « En 2037, les hommes « s’augmentent » tant pour améliorer leurs capacités que leurs conditions de vie ». De nombreuses personnes s’équipent de « e-cornée », une lentille équivalente aux Google Glass. Certains sont opposés à cette technologie et usent de toutes les méthodes, y-compris les plus violentes, pour faire disparaître ce qu’ils considèrent comme un fléau : ce sont les bio-résistants. Si l’on réfléchit, cette histoire rappelle des problématiques qui commencent à émerger. Nous connaissons en effet l’homme réparé, qui a recours à la technologie pour faire face à des problèmes de santé : hanche artificielle, cœur artificiel, prothèses, etc. Mais nous commençons tout juste à percevoir l’arrivée de l’homme augmenté, qui utilise la technologie médicale pour se “transformer” afin d’améliorer ses performances. Où se situe la frontière entre les deux ? Que nous dit l’éthique ? Et surtout, que dit la loi ? Réponse dans ce procès.

“Même en l’interdisant, nous ne pouvons empêcher cette technologie de se développer” – Laurent Alexandre

1ere partie : les arguments pour le transhumanisme

Dans une salle comble malgré l’absence de climatisation, Gérard Haas qui représente la partie civile lance les débats : « un spectre hante le monde, celui de l’ignorance, de l’intolérance et l’acharnement de ceux qui se nomment bio-résistants, qui ne sont que des bio-conservateurs, aveugles du futur », attaque-t-il. « Je souhaiterais appeler à la barre M. Laurent Alexandre, le chirurgien chroniqueur, fondateur de Doctissimo et spécialiste du transhumanisme », qui va nous présenter en 3 arguments sa vision de l’intelligence artificielle. Lire la suite

Transhumanisme : un premier procès historique, bien que fictif was last modified: juin 27th, 2017 by Cédric Jeanblanc

Notre indépendance numérique sur le modèle de l’indépendance énergétique ?

indépendance numériqueL’indépendance numérique – et celle de son infrastructure cloud – n’est pas un sujet pris à la hauteur de ses enjeux. C’est un euphémisme. Pas une présentation PowerPoint entendue ici ou là qui ne fasse allusion à la toute-puissance des GAFAM, mais en fait, que faisons-nous, nous en tant qu’utilisateur, en tant que clients, en tant que chefs d’entreprise pour que les choses changent ? Bien peu de choses en réalité pour ne pas dire rien. A tel point que ces antiennes sur les géants du Net en deviennent véritablement ridicules : que faire et que dire en effet de l’importance de cette mainmise supposée des géants de l’Internet qui pour réelle qu’elle soit ne suscite pas pour autant de réactions. Et pourtant, Jonathan Zittrain a publié un sublime livre sur ce sujet… Si peu l’ont lu que son éditeur a fini par le mettre en téléchargement libre et direct sur Internet. Nous proposons avec notre client Orange Cloud for Business, un webinaire sur ce sujet, que j’animerai en binôme avec Didier Renard, directeur de la stratégie de la filiale cloud computing d’Orange Business Services.

De l’indépendance énergétique (et militaire) à l’indépendance numérique

L’indépendance énergétique, et militaire, chevaux de bataille de Charles De Gaulle dans les années 60 est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre. Remettons-nous dans le contexte de ces années de l’après-guerre, et souvenons-nous du choc qu’a suscité la sortie de l’OTAN, sans parler de la dotation de l’arme nucléaire. Sur le numérique, pourtant considéré avec une parfaite unicité de vues comme étant la future révolution industrielle du XXIe siècle, il n’y a pas d’initiatives de ce genre sur l’importance de l’indépendance nationale ni même européenne.
Nous serions-nous redesignés à ne rien peser sur le marché du digital ? A-t-on même le droit de souligner le sujet, au risque de passer pour un ringard ?
indépendance numérique

 Un sujet de plaisanterie mais est-ce à juste titre ? 

avenir de l'internetPire, on entend ici et là ricaner, avec quelques allusions bien senties au plan calcul des années 70 sur le fait que toute tentative dans ce domaine serait vouée soit à l’échec soit au ridicule. Mais pourtant à la différence du domaine militaire, la l’indépendance numérique n’est pas tant une affaire de décision unilatérale régalienne, elle est surtout que de décisions et de choix de la part des utilisateurs et des entreprises.
Pourtant, La mainmise de quelques sociétés de l’Internet constituées en oligopole sur ce qu’il faut désormais reconnaître comme étant notre bien commun, n’est pas neutre, loin de là. Le mail, les applications, La geolocalisation, les ordinateurs, les mobiles, La personnalisation, La publicité et les logiciels de collaboration sont tous aux mains de quelques uns. Des entreprises que pour la plupart d’entre nous, et cest mon cas je l’avoue bien volontiers, nous aimons bien et dont nous apprécions les services, qui nous ont permis d’étendre nos pouvoirs de super consommateurs ou de super entrepreneurs via le réseau des réseaux. Nous les aimons bien donc, mais raison de plus pour être vigilants et ne pas leurs donner trop de super pouvoirs, de peur que ceux-ci se retournent contre nous.

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Notre indépendance numérique sur le modèle de l’indépendance énergétique ? was last modified: juin 7th, 2017 by Yann Gourvennec