5/02/15

la nécessité impérieuse du Règlement en Ligne des Litiges de Consommation (RLLC)

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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenu une agence de Web Marketing en 2014. Ses champs d'action sont la transformation digitale, les stratégies de contenu, la formation digitale et la performance digitale.
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Voici l’adaptation française du résumé de la conférence privée organisée par Youstice*, qui s’est tenue en octobre 2014 à Prague, à l’hôtel Aria, tout juste à côté de la maison où vivait Franz Kafka. Pourtant notre débat n’a rien eu de Kafkaïen. Au contraire nos intervenants ont mis, avec clarté et détermination, le doigt sur les problèmes issus de la relation entre client et e-commerçant. Les notions de respect et de confiance étaient au centre de tous les débats, et la nécessité d’une troisième partie de confiance a été soulignée, particulièrement en Europe, bien que les pays n’aient pas la même approche sur le problème. En somme, c’est bien à la naissance d’une nouvelle discipline du CRM à laquelle nous assistons : le RLLC ou Réglement en Ligne des Litiges de Consommation.

*Par transparence, il nous faut préciser que Youstice est devenu notre client

RLLC - Doc Searls

En dépit du message affiché sur l’écran, le signal envoyé par l’auteur du cluetrain manifesto pendant le meeting était très clair : respectez vos clients !

E-commerce : avant tout une question de confiance

Le titre initial de l’intervention de Doc Searls était « ces termes et conditions générales que nous acceptons sans les voir ». La discussion est partie d’un constat historique de Doc : « la liberté contractuelle a été établie il y a fort longtemps, dans le but de faciliter le business, mais en 1943, dans le but de permettre au commerce de prendre son essor et de monter en charge, la loi a été changée. Désormais, une seule des parties prenantes est maître du contrat et l’autre est forcée de l’accepter ou de le rejeter », précise Doc.

Le Cluetrain Manisfesto, père du RLLC

Doc Searls, pour ceux qui ne se souviennent pas, est le co-auteur du cluetrain manifesto, toujours disponible sur http://cluetrain.com. C’est un ouvrage fondamental sur le marketing du Web qui avait déjà pointé du doigt le besoin de considérer les visiteurs Internet non pas comme de simples visiteurs anonymes, mais de prendre en compte leur humanité. Comme toujours dans le cas d’Internet, tous les usagers sont les véritables décideurs finals, que l’e-commerçant le veuille ou non. De là est venu l’idée du projet “ do not track ” (littéralement “ ne me suivez pas à la trace “). « Nous n’en sommes qu’aux prémices » annonce Doc. Une société appelée Respect Network a déjà publié un document intitulé « Respect Trust Framework » qui édicte quelques principes fondamentaux, dont celui-ci : « chacune des parties contractantes respectera les droits de l’autre partie ». Ces problèmes de confiance et de respect constituent le nœud du RLLC (Règlement en Ligne des Litiges de Consommation) , version française d’une discipline nouvelle née aux USA, l’ODR, ou Online Dispute Resolution, comme nous le préciserons plus tard.

e-commerçants et clients sont nés égaux en droit

Essentiellement, “il y a un besoin d’établir une transaction d’égal à égal”, avance Doc. Le système actuel est dysfonctionnel et nous avons besoin de corriger ses erreurs. Le système qui a fonctionné sans heurts durant l’ère industrielle ne marche plus aujourd’hui quand il est transposé dans le monde de l’Internet. « Nous avons beaucoup de représentants de sociétés comme Salesforce.com et autres grands acteurs de l’Internet », ajoute Doc Searls. Ils ont compris qu’ils doivent traiter les consommateurs d’une façon différente. “Auparavant, ces mêmes personnes pensaient que nous étions des communistes, mais cette époque est révolue, ils ont changé d’avis” poursuit l’auteur du Cluetrain manifesto.

L’accusé de réception de consentement : un projet venu du Royaume Uni

Un nouvel projet vient aussi de voir le jour au Royaume Uni, ce que doc appelle le « consent receipt » ou “accusé de réception de consentement” en français, où à chaque fois qu’un client donne son consentement, un reçu lui est envoyé. « C’est un pas important dans la bonne direction », ajouta-t-il. Ils travaillent sur un bouton « log in with respect » (“connectez-vous, nous vous respectons” pourrions-nous traduire en français) en complète opposition avec ce que font Facebook ou les autres réseaux sociaux. « Ce bouton, activé par un simple code qui se met sur le serveur du e-commerçant, rassure le client sur le fait que l’on va respecter l’utilisateur et qu’on se refusera d’utiliser ses données à son insu » expliqua Doc. Ce projet est en cours de financement, via Kickstarter.

Air France n’a peut-être pas besoin du RLLC (Règlement en Ligne des Litiges de Consommation) mais les petits commerçants en ont certainement besoin

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19/01/15

De l’affiliation à l’affinité avec François Deltour

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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenu une agence de Web Marketing en 2014. Ses champs d'action sont la transformation digitale, les stratégies de contenu, la formation digitale et la performance digitale.
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Deux ans après notre dernière interview avec François Deltour, patron d’Effinity (nouveau nom d’Effiliation*) il nous fallait faire un nouveau point sur l’affiliation et où elle allait. Parle-t-on encore d’ “affiliation équitable” ? Celle-ci fait-elle partie au contraire d’un paysage en pleine reconfiguration ? Plongeons dans le monde du Web à la performance avec un de nos meilleurs spécialistes et pionnier du Web marketing

*Transparence : François (et Effinity) est mon associé dans Visionary Marketing, comme cela est indiqué sur notre site Web 

Il y a deux ans, nous avions parlé d’affiliation équitable, quel est le constat et vers quoi évolue t-on aujourd’hui ?

L’affiliation équitable est une expérience passionnante que nous avons mise en place voilà deux ans, avec le parti pris consistant à ne pas rémunérer uniquement le dernier acteur d’une chaîne de transformation mais tous les contributeurs. Cela nous a éclairé sur la façon dont ont doit accompagner le client dans le programme de mise en place d’affiliation et de stratégie d’acquisition.

Il y a quand même cet enjeu du dernier clic…

Le dernier clic est un sujet très intéressant : c’est la doctrine qui prédomine dans l’univers des e-marchands car c’est simple. Or, tout ce qui est simple est faux, tout ce qui ne l’est pas est inapplicable… La beauté de la simplicité rend ce concept facile, cependant c’est faux. C’est d’autant plus paradoxal que l’on est à l’ère des Big Data et que l’on cherche des informations sur les client, et là, sciemment, les marchands décident d’oblitérer toute une partie de l’information, c’est-à-dire la façon dont le client est arrivé jusqu’à eux. Le dernier clic, c’est la survalorisation du dernier acteur et cela fait perdre énormément d’information.

Que se passera t-il dans le futur ?

Tous les jours, les outils s’enrichissent, que ce soient les nôtres avec les systèmes de tracking,d’attibution de commissions sur plusieurs acteurs etc. On rentre dans une ère plus sophistiquée, plus enthousiasmante.

Et par conséquent, le business model d’Effiliation est en train de s’élargir pour aller au delà de l’affiliation.

Effectivement, le business s’élargit de plusieurs façons : d’abord, on a fait le constat que dès lors que l’on s’intéresse à remonter dans la chaine de transformation et aller à la source de la prescription, la nature des prescripteurs varie. Il est évident que nous ne somme pas influencés par les mêmes personnes dès lors qu’il s’agit d’acheter une photocopieuse ou un pantalon. Les inspirateurs et les personnes compétentes ne sont pas les mêmes : chez nous, cela se traduit en termes d’organisation, de verticalisation de nos activités, avec la mise en place d’acteurs très spécialisés dans des écosystèmes différents. Nous avons démarré avec trois univers particuliers : le B2B que l’on connaissait bien puisque nous avions déjà une agence B2B, la mode avec la création d’Effinity Style, et la décoration et ameublement avec Effinity Home. Lire la suite

8/12/14

alimentaire : l’enfant à problème du ecommerce

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Cédric Jeanblanc

Assistant Web Marketing chez Visionary Marketing
Cédric est assistant Web Marketing chez Visionary Marketing. Il est spécialisé en production de contenus multimédia, texte, vidéo, podcasts.
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secteur alimentaire en ligneAlors que le e-commerce est en pleine expansion, une catégorie de produits vendus en ligne peine à se développer : l’alimentaire. Des produis fragiles, périssables et par conséquent difficiles à gérer au niveau logistique, et qui se vendent donc moins bien que les livres, les vêtements, l’informatique… Pour contourner ce problème, on a créé le Drive qui connaît un certain succès en France avec près de 2500 points de retrait. Aussi, récemment mis en ligne, le site mesprovisions.com permet de comparer les prix sur des paniers de produits et trouve le magasin le plus proche et le moins cher. Nous avons essayé ce service et relevé quelques défauts : absence de certains produits, écarts entre les prix du comparateur et ceux pratiqués en magasin, absence des marques distributeur parmi les choix proposés… Néanmoins, ce service semble être un début de solution pour le consommateur voulant le panier le moins cher au global. Questions/réponses avec Ludovic de Nanteuil, fondateur de Mesprovisions.com.

Quel est l’intérêt de ce énième comparateur de prix ?

C’est un nouveau comparateur de produits alimentaires, sur un marché qui est en train de se structurer. Contrairement à l’idée que l’on peut se faire, il n’y a qu’un nombre limité de comparateurs de prix disponibles sur Internet. Si on prend l’exemple des comparateurs de vols, il y a un très grand nombre de comparateurs mais peu sont connus du grand public. L’idée de mesprovisions.com c’est d’accompagner ce marché afin de devenir une référence connue et appréciée du grand public. Ce service est indépendant, géolocalisé, précis, efficace et rapide. L’intérêt est d’étendre la comparaison du produit à la liste, c’est à dire établir une liste de course pour pouvoir mesurer les écarts entre les différentes enseignes du secteur alimentaire.

Alimentaire

malgré quelques faiblesses, le site offre un observatoire en ligne sur le secteur alimentaire, qui reste à la traîne en termes de développement du commerce en ligne

Et le site indique un magasin où aller…

Effectivement, le principe est, au delà de cette liste, trouver le point de vente le plus proche de chez vous au prix le plus abordable.

Comment trouvez-vous les prix pratiqués par ces magasins ? Vu les différences d’application du digital selon les enseignes, êtes-vous certains que les prix affichés sur Internet sont les mêmes qu’en magasin ?

La majorité des enseignes ont aujourd’hui des sites internet dédiés soit à l’ensemble du groupe, soit dédié à chaque enseigne. Nous avons développé des robots qui chaque jour vont sur ces sites collecter les prix afin de mettre à jour les prix pratiqués sur ces enseignes.

Ce service est gratuit et objectif : il ne dépend d’aucun grand distributeur alimentaire, quelles sont vos sources de revenu ?

Mesprovisions.com est au démarrage de son activité. Nous entrevoyons trois types de sources de revenu : la publicité traditionnelle que nous mettons en place sur le site et qui permet aux distributeurs et aux industriels de trouver le moyen de présenter leurs produits et leurs services, nous proposons aussi un système d’affiliation traditionnel par du lead que nous générons sur les ventes des listes qui seront composées, et enfin nous entrevoyons une troisième source qui est le data mining, c’est à dire toutes les informations statistiques de profiling que nous pourrons collecter sur les visites, les commandes générées par les clients.

Internet est-il un bon outil pour l’achat alimentaire ?

Cela va le devenir très certainement. La majorité des produits proposés sont des produits manufacturés déjà emballés. Que l’on soit en magasin ou sur internet, il n’est pas nécessaire d’avoir un aperçu visuel du produit.

Aujourd’hui les distributeurs en France s’appellent Carrefour, Super U et Auchan, aura t-on demain des TESCO et des Wall Mart ?

Effectivement, le marché de la distribution alimentaire en France est en train de se repenser : c’est un secteur en pleine mutation. Jusqu’à présent, les acteurs européens et internationaux qui essayaient de pénétrer le marché français avaient quelques difficultés car ils avaient en face d’eux 6 centrales d’achat très organisées. Le marché européen est en train de s’ouvrir, la réglementation évolue et la France va devoir accepter l’entrée de nouveaux acteurs sur son marché de manière à ce que l’offre soit plus élargie et plus étendue.

 

20/11/14

Soyooz l’aide au choix technologique – startup du mois

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Cédric Jeanblanc

Assistant Web Marketing chez Visionary Marketing
Cédric est assistant Web Marketing chez Visionary Marketing. Il est spécialisé en production de contenus multimédia, texte, vidéo, podcasts.
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SoyoozChez Visionary Marketing, et particulièrement sur notre blog, nous accordons beaucoup d’importance au vécu et à l’expérience : c’est donc avec attention que nous avons écouté Olivier Pistiaux créateur du site Internet, Soyooz, un outil d’aide au choix permettant de trouver un produit en fonction de son besoin. Il suffit pour cela de répondre à un questionnaire qui se veut être le plus simple possible. Ce questionnaire a la particularité d’être porté sur l’usage que l’on va faire du produit et non sur ses caractéristiques techniques. Retour sur la création et le développement de Soyooz…

Soyooz, plus qu’un comparateur, un outil d’aide au choix technologique … en moins de 3 minutes !

La première étape était de créer une équipe : vous aviez besoin de deux compétences différentes…

Effectivement, et ces compétences étaient d’ailleurs assez rares. Tout d’abord, l’expertise. Le but est d’avoir des personnes connaissant l’ensemble d’un marché et non pas quelques produits, et qui soient aussi capables d’expertiser de façon pointue ces produits. Nous avons commencé par le high-tech, car c’est un domaine où beaucoup de personnes ont besoin d’aide pour plusieurs raisons, notamment à cause d’une barrière sémantique. De plus, les produits high-tech sont compliqués à comprendre et à maîtriser, la technologie évolue très vite et le consommateur peut rapidement être perdu à la sortie de nouveaux produits. Pour cela, il fallait des personnes capables d’analyser les produits en fonction d’une logique que nous avons mise en place qui est particulière et qui n’existait pas jusqu’ici. Nous avons commencé à trouver des experts, principalement issus de la presse spécialisée et qui ont plus de 15 ans d’expérience dans ce domaine. Progressivement, cela a attiré d’autres experts pour former aujourd’hui une équipe plus performante. Le second besoin était plus mathématique, algorithmique, puisqu’il a fallu développer un moteur qui soit capable de prendre en compte tous les besoins qui ont été exprimés pour les mettre en corrélation avec tous les produits du marché, pour offrir instantanément la solution adéquate.

 Comment met-on en place un tel moteur de recherche ?

C’était aussi un travail très long : cela nous a pris un an et demi avant que l’on soit complètement satisfait des résultats que le moteur était capable de produire. Cela a été un travail réalisé en étroite collaboration entre les experts en produits et les experts en algorithmes. Je compare cela à un pilote de formule 1 qui va mettre une saison avant de régler parfaitement son moteur avec les ingénieurs, mais cela fera la différence à l’arrivée. Nous avons donc parcouru la courbe d’apprentissage et nous allons désormais très vite pour intégrer de nouveaux univers car nous savons comment faire.

le site compare des produits pour le grand public selon leurs besoins... Ce qui intéresse les grandes marques de la high-tech.

le site compare des produits pour le grand public selon leurs besoins… Ce qui intéresse les grandes marques de la high-tech.

Pendant cette année de perfectionnement, craigniez-vous que la concurrence prenne votre idée et la développent plus rapidement ?

Oui, car on voit bien que cette idée circule de plus en plus sur le marché : le client a besoin d’aide à l’achat et certaines autres solutions que la notre sont apparues. Néanmoins, celles-ci sont soit trop techniques, donc ont une approche réservée aux personnes qui s’y connaissent déjà, soit trop simpliste, sans aucune expertise, ce qui amène dans les deux cas à un résultat différent.

Pour pouvoir conseiller les consommateurs, vous avez eu accès à tout le matériel nécessaire comprenant les appareils photo, les ordinateurs, tablettes, etc.

Exactement. C’était une contrainte que nous avions eu au début, voire même une crainte, celle que l’accès aux produit ne soit pas possible. Puis nous avons commencé à convaincre certains constructeurs, ce qui a eu pour effet de rassurer les autres constructeurs, voire même de les motiver : aujourd’hui, certains constructeurs nous sollicitent pour tester leurs nouveaux produits. Même Apple nous fournit aujourd’hui ses produits sans aucun souci.

 Vous avez commencé ce projet en vous basant sur un modèle économique qui a depuis évolué.

Nous avions pensé ce site exclusivement en BtoC où le but était de conseiller le grand public. Finalement, nous nous sommes rapidement aperçus que les constructeurs avec qui nous étions en relation avaient ce besoin-là, car ceux-ci ont des sites sur lesquels ils présentent leurs produits : comme leur gamme est large, ils ont besoin d’aider leurs propres clients à trouver le bon produit. Nous nous sommes également aperçus d’une chose à laquelle nous n’avions pas réfléchi au début : le parcours que l’on offre à l’utilisateur nous permet de comprendre de façon très précise les besoins de cet utilisateur. On va pouvoir non pas seulement savoir qu’un consommateur veut une tablette, mais que celui-ci veut pour un usage particulier, par exemple les jeux, pas pour de la photo etc. On a donc une connaissance très précise qui est quelque chose qui intéresse les constructeurs, mais aussi les distributeurs pour pouvoir ajuster leur offre à leur clientèle.

14/11/14

L’occasion : un marché mineur au potentiel majeur

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Cédric Jeanblanc

Assistant Web Marketing chez Visionary Marketing
Cédric est assistant Web Marketing chez Visionary Marketing. Il est spécialisé en production de contenus multimédia, texte, vidéo, podcasts.
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rp_vincent-vandegans-150x150.jpegCrise ou prise de conscience écologique? Peu importe les raisons, toujours est-il que le marché de l’occasion est en plein boom, notamment depuis la création du Bon Coin. Il représente aujourd’hui 1,4 milliards d’euros en France. Si ce montant peut sembler important, il est ridicule comparé aux 57 milliards d’euros du marché du neuf. Nous nous sommes entretenus avec Vincent Vandegans, digital strategist travaillant notamment pour site-annonce.fr, un moteur de recherche de produits d’occasion. Ce site a récemment réalisé une étude sur le marché de l’occasion, marché sur lequel nous avions justement quelques interrogations…

Vous avez réalisé une étude de marché sur les produits d’occasion, quel est le chiffre d’affaires de l’occasion en France?

En France, le chiffre d’affaires de l’occasion représente 1,4 milliards d’euros, comparé à 57 milliards d’euros pour le marché des produits neufs.

On voit qu’il y a encore beaucoup de marge, 1,4 milliard ce n’est pas grand chose finalement.

Effectivement, il y a une marge de progression gigantesque : le marché de l’occasion a littéralement explosé durant ces 10 dernières années, notamment avec l’arrivée du Bon Coin, et on observe une tendance générale en termes de consommation d’aller vers l’occasion, la réutilisation de produits plutôt que l’achat de neuf, avec inévitablement la notion d’économie qui oriente le consommateur vers l’occasion.

Les arrivées d'e-bay puis du bon coin ont fait décoller le marché de l'occasion.

Les arrivées d’e-bay puis du bon coin ont fait décoller le marché de l’occasion.

Dans ce marché de l’occasion, quel type de produit se vend le mieux ?

Nous avons écarté les voitures et l’immobilier de l’étude, car cela faussait complètement les résultats. Il tirent évidemment le marché vers le haut en terme de chiffre d’affaires. Mais si l’on se concentre sur les produits, ce qui ressort en terme de catégorie, ce sont les vêtements, qui sont des produits très recherchés sur les sites d’occasion. Cela représente en France 15% du volume  total de recherche et de produits mis en vente chaque jour. On  constate également dans cette catégorie une réduction  de 50 à 60% par rapport aux produits neufs. En second lieu, on retrouve l’ameublement (10%), tout ce qui est décoration d’intérieur, meubles etc. Puis viennent les livres (8%). Le reste étant occupé par les autres catégories d’un marché qui est d’ailleurs assez fragmenté.

Parmi ces catégories, on retrouve l’informatique, qui étrangement se vend peu dans le marché de l’occasion.

Exactement, l’informatique se vend très bien dans les produits neufs, mais c’est nettement moins le cas dans les produits d’occasion où il occupe 3 à 4% de parts de marché.

Quel rapport peut-on faire entre le prix du neuf et celui de l’occasion?

C’est très variable d’une catégorie à une autre puisque l’on peut avoir un ancêtre de voiture qui a été revendu plus cher qu’il n’a été acheté, mais à côté de cela, la plupart des produits sont vendus à meilleur prix que dans le marché du neuf. Souvent, la réduction est d’au moins 50 à 60%, elle peut monter plus haut en fonction des catégories.

Cela veut dire que le chiffre d’affaires de l’occasion qui fait 1,4 milliard d’euros est ridiculement petit, d’autant plus que l’on peut avoir un produit de seconde main, voire de troisième ou quatrième main…

Effectivement, les produits sont parfois vendus plusieurs fois, ce qui augmente le chiffre d’affaires global, et même si l’on prenait 50% du marché des produits neufs, cela représenterait 25 milliards, chiffre dont on est encore très loin… La marge de progression est encore gigantesque.

Derrière ces échanges, on a des personnes : quelles sont-elles?

Nous avons eu l’occasion de prendre un échantillonnage sur une période de 3 mois, sur notre propre plateforme qui comptabilise 2 millions de visiteurs uniques par mois.  On a une répartition de 54% d’hommes contre 46% de femmes. Au niveau de l’âge, il y a un pic au niveau des 25-35 ans, qui font probablement partie des personnes les plus intéressées par les bons plans, mais aussi les plus adeptes des nouvelles technologies et qui ont ce réflexe d’utiliser l’Internet pour répondre à leurs besoins. On remarque tout de même que 50% de l’échantillon est représenté par des personnes qui ont entre 45 et 65 ans.

La crise et l’écologie (qui s’oppose au gaspillage et à l’obsolescence programmée) favorisent-elles ce marché de l’occasion?

Il est clair qu’il y a des besoins qui ne changent pas, et même si le pouvoir d’achat des gens diminue, le marché de l’occasion va pouvoir les aider à concrétiser leurs achats. Avec des réductions de prix  de 50, 60, voir 80%, on peut acheter plus, ou mieux qu’on pourrait le faire, donc oui, la crise attire les clients vers l’occasion d’autant plus que les produits d’occasion ne sont pas nécessairement des produits sales, abîmés ou dégradés, mais qu’on peut leur donner une seconde vie et s’en servir comme s’ils étaient neufs. Donc globalement dans cette optique-là, de plus en plus de gens pensent, lorsqu’ils achètent un produit neuf, à la seconde vie du produit en se disant « si je dois le revendre, il faut que je garde l’emballage, la facture etc. ».

Il y a t-il des pressions sur certains sites de vente de produits d’occasion pour faire en sorte que ce marché ne vienne phagocyter celui du neuf?

Nous n’avons pas de données exactes car c’est évidemment un aspect très confidentiel. Ce qui est sûr, c’est que l’on remarque une certaine tendance dans tout ce qui est électroménager et informatique, qui est de pousser au produit neuf et aux dernières nouveautés, et de ne pas mettre en avant les produits d’occasion, alors que dans d’autres catégories comme l’ameublement et les livres, nous n’avons pas de soucis à promouvoir les produits  d’occasion directement sur la même page ou à comparer le prix de l’occasion et du neuf sur une page équivalente.

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précisions sur la méthodologie de l’enquête :

Suite à une demande de plus de précisions de la part de nos lecteurs, nous avons demandé à Vincent Vandegans de nous livrer plus de détails sur la façon dont a été effectuée son enquête. 

Estimation de la demande

En tant que plateforme de vente de produits de deuxième main, nous envoyons 2 millions de visiteurs par mois en France vers différents partenaires.

Nous recevons des informations des transactions effectuées pour certains de ces partenaires.  Nous savons alors combien, pour quelle catégorie et à quel prix les objets de seconde main sont vendus en général. Nous croisons ce taux avec les taux de conversion de Mediametrie pour les plateformes les plus connues de France (eBay & PriceMinister), et ce par catégorie.

L’offre

Nous calculons le nombre d’objets par catégories sur les plus grandes plateformes de France (eBay & PM & LBC).
On prend en compte la durée de vie d’une annonce pour estimer le nombre de nouveaux produits par jour.

Nous multiplions ceci avec notre taux de conversion précédemment calculé par catégorie et le prix moyen par catégorie.

L’estimation de la demande a été très proche (+/-5%) de l’estimation de l’offre.
Cela nous conforte dans notre calcul.

Il faut savoir qu’il est impossible d’obtenir un chiffre exact, même avec un sondage utilisateur qu’on pourrait extrapoler.
Cette technique semble donc la plus proche de la vérité.