Marketing de la grenouille – le consommateur enfant de la crise

le marketing de la grenouilleLe mariage entre sociologie et marketing est le résultat d’une longue lignée. On trouve une des premières traces de ce phénomène dans la Bible du comportement du consommateur de Pras et Tarondeau, certes un peu datée (1981). À la suite de la publication le temps des tribus par Michel Maffesoli, on trouve aussi le livre qui a servi d’inspiration à Olivier Badot et Bernard Cova pour leur fameux ouvrage le néo marketing (pour les familiers de ce blog, il s’agit du livre fondateur qui a inspiré notre première publication : le marketing finalitaire alias Visionary Marketing). Quand on parle sociologie et marketing, on pense cependant et avant tout aux fameux sociostyles de Bernard Cathelat qui sont encore plus anciens (1972). Voici le digne héritier de cette lignée, le marketing de la grenouille par Valérie et Philippe Jourdan et Jean-Claude Pacitto, aux éditions Kawa*, qui pour l’occasion organise avec Visionary Marketing un événement exceptionnel à Paris le 16 février à 19:00 au café de l’hôtel Drouot. Cet événement qui rassemblera parmi les meilleurs influenceurs du domaine marketing est également ouvert au public amateur de marketing désireux de se familiariser avec cette nouvelle approche du consommateur, que les auteurs ont appelé le const-battant : il s’agit d’un consommateur aux prises avec un monde en crise économique, écologique et identitaire. Ne traînez pas pour vous inscrire car les places sont limitées (http://bit.ly/lagrenouille). 

* transparence : Kawa est mon éditeur et l’agence accompagne Philippe Jourdan dans l’organisation de cette réunion

Le marketing de la grenouille, vision dynamique du « conso-battant »

Le marketing de la grenouille est probablement l’héritier de ces sociostyles. Comme l’explique Philippe Jourdan dans cette interview réalisée en nos locaux il y a quelques jours, cet ouvrage va au-delà et corrige certains manques de l’approche de Cathelat, en lui donnant une vision plus dynamique, plus moderne et surtout plus liée au monde aujourd’hui, avec l’impact très fort du digital, aux deux bouts du spectre (côté consommateur et côté marque).

Le marketing de la grenouille ?

le marketing de la grenouille
La crise a fait émerger un nouveau type de consommateur, appelé le conso-battant, qui se sert du digital pour apporter un équilibre dans le rapport de force marque / consommateur.

Mais qu’est-ce que le marketing de la grenouille ? Un marketing pour les Français ? Oui sans doute, cette tradition sociologique du marketing est-elle très française et originale dans le paysage internationale. Mais pas seulement. Il y a plusieurs niveaux de lecture du marketing de la grenouille, celui de ce consommateur un peu gluant et insaisissable qui change qui évolue (voir même qui passe d’un segment à un autre un peu comme une grenouille dont la peau changerait de couleur au fil des saisons), mais il s’agit aussi un marketing de l’agilité, car en cette période de transformation digitale, les entreprises figées dans leur approche consommateurs se doivent d’évoluer et de s’adapter au monde qui change.

Pour faire le point sur ces nouveaux modes de consommation d’une part, et ses approches marketing adaptées qui vont permettre aux entreprises du XXIe siècle de se développer, sinon survivre, nous avons organisé pour le compte de notre client promise Consulting et de Philippe et Valérie Jourdan, coauteur avec Jean-Claude Pacitto du marketing de la grenouille, une conférence-événement qui aura lieu en plein Paris, à Drouot le mardi 16 février à 19:00 précises (inscription obligatoire bit.ly/lagrenouille)

le marketing de la grenouille.png

Voici maintenant la transcription simplifiée de notre interview de Philippe Jourdan :

L’évolution du contexte économique et le digital ont donné lieu à un nouveau type de consommateur, que vous appelez le conso-battant.

Effectivement. Il s’agit d’une façon d’affirmer deux choses importantes :

  • L’évolution du comportement du consommateur : celle-ci n’est pas d’ordre purement conjoncturelle. Certes, la crise a accéléré un certain nombre de tendances, mais la cause profonde n’est pas la crise. Un retour à la croissance ne signifiera donc pas un retour en arrière.
  • L’impact du digital explique à la fois l’accélération, le renforcement de ces évolutions et leur installation dans la durée.
le marketing de la grenouille - Philippe Jourdan
Philippe Jourdan lors de notre interview sur le marketing de la grenouille

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Marketing de la grenouille – le consommateur enfant de la crise was last modified: janvier 21st, 2016 by Yann Gourvennec

Télécoms, IT et ubérisation et de l’informatique : mythe ou réalité ?

Le jeudi 4 février aura lieu le 18 diner du CDRT (Club des dirigeants réseaux et télécoms). Ce dîner, qui se tiendra au Restaurant de l’Assemblée Nationale (101 rue de l’Université), aura pour thème « Ubérisation : mythe ou réalité ? (avec un focus sur les télécoms et l’informatique) ». Je plancherai à ce dîner aux côtés d’un ex collègue d’Orange. La préparation de cette conférence m’a fait réfléchir, voici donc l’état de ces réflexions, qui guidera ma présentation du 4 février. 

Ubérisation, qu’est-ce que ça veut dire ? est-ce un vrai sujet ?

Pubérisation : l'arrivée des barbaresremièrement, le terme d’ubérisation et sa véritable signification. Et peut-être aussi une certaine exagération, propre à faire peur à tout le monde (c’est une manière de faire du business, même si ce n’est pas la bonne à mon humble avis). D’abord, une caractéristique commune à toutes les nouvelles ruptures de l’Internet depuis leurs débuts (Amazon et eBay qui ne connaissaient pas la TVA en 95 par exemple. Ou cet entrepreneur du Web qui en 96 au Royaume-Uni avait cybersquatté le nom de domaine de la BBC). Le but est de jouer avec la loi et ses lacunes (« loopholes« en anglais) et d’en tirer un avantage concurrentiel puis de rafler la mise (la fameuse loi de zipf).

Mais dans les télécoms, la rupture vient aussi et surtout de trublions plus établis qu’Uber (giff gaff au Royaume-Uni, mais aussi le Free de Xavier Niel qui est plus proche d’EasyJet que de la démarche d’Uber). Derrière ce débat de l’ubérisation il y a aussi et surtout l’évocation de la fin du travail, telle que décrite par Bernard Stiegler dans son ouvrage (« l’emploi est mort, vive le travail »). Un débat qui trouve un fort écho aux États-Unis sous le nom de « l’économie des cachetons » (ou GIG  economy) et qui alimente tout le débat de la présidentielle outre Atlantique. Sur ce point, beaucoup d’informations contradictoires et de thèses qui s’affrontent : d’une part le digital comme créateur d’emploi et sauveurs de l’économie. D’autre part, le digital comme destructeur d’emploi. La réalité est en fait double, le digital est un « pharmakon » a écrit Bernard Stiegler (à la fois une maladie et son remède).

Informatique et télécoms, sommes nous sur les mêmes sujets ?  l’IT n’a-t-elle pas déjà été « ubérisée » à la fin des années 90 ?

unisys et les télécomsVoilà deux secteurs qu’on met dans le même sac et qui sont pourtant très éloignés. Leur vocabulaire est différent, leurs philosophies sont  différentes, leurs histoires aussi. L’IT est à mon avis le premier secteur à s’être fait numériser par les « barbares » des années 90, qui nous ont amené l’informatique distribuée et Unix. Unisys, où je travaillais entre 88 et 97 est passé de 120 000 à 30 000 employés sur cette période (10 000 à peu près aujourd’hui). Cela fait -75 % de personnel tout de même. Et je ne parle pas de tous les informaticiens comme Control data, DEC etc. qui ont purement et simplement disparu.

À part cela, les télécoms ont toujours un problème avec Internet. Le modèle premium et le modèle au forfait leur a toujours semblé irrationnel. Tout cela sur fond de réglementation (l’informatique n’est pas une profession réglementée et ça change tout), les perspectives d’avenir sont donc très différentes pour ces deux secteurs. L’avenir s’annonce incertain tout en s’annonçant passionnant car l’incertitude est mère d’innovation en cela qu’elle oblige les entreprises à se sortir du train-train quotidien.

N’hésitez pas à vous inscrire cette conférence qui aura lieu au restaurant de l’Assemblée Nationale. Voilà qui est très haut de gamme.

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Nous vous invitons à inscrire d’ores et déjà dans vos agendas, la date de notre prochain dîner CDRT au Restaurant de l’Assemblée Nationale sur le thème :

Ubérisation : Mythe ou Réalité ? (avec un focus sur les télécoms et l’informatique )

 » L’ubérisation néologisme issu du rapprochement du nom de la société Uber avec le suffixe –isation peut se définir comme « le changement rapide des rapports de force grâce au numérique » Lire la suite

Télécoms, IT et ubérisation et de l’informatique : mythe ou réalité ? was last modified: janvier 18th, 2016 by Yann Gourvennec

Quand la RH fait son marketing ( Webinaire )

Un webinaire sur le marketing RH

avec les meilleurs experts du domaine (le 26 janvier 2016 à 13:30, cela ne se refuse pas (transparence : webinaire organisé pour le compte de mon client Orange Business Services).  J’organise souvent des webinaires pour le compte de mes clients, et je ne tarirai jamais d’éloges sur ce « nouveau » mode de marketing que j’ai pour la première fois expérimenté il y a près de 20 ans. Enfin, la mayonnaise commence-t-elle à prendre de ce côté-ci de l’Atlantique, et je dois avouer que je suis très content de l’afflux d’audience sur des sujets très B2B, comme celui-ci. Nul doute que d’autres clients finiront aussi par se lancer sur des modes innovants de webinaires (formation comme je le fais avec MBAebusiness d’ESG depuis 8 ans, réunions de consommateurs, focus groups, réunions de discussions et de spécifications … on peut tout inventer avec cet outil). Mais revenons à nos moutons : le marketing RH

Le marketing RH, que nous avons appelé Marque employeur pendant des années est un des sujets phares de la RH. dans le domaine technique du cloud et des Big Data, cette nouvelle approche est même incontournable. Pour l’expliquer, j’ai écrit un article sur le blog de mon client Orange Business Services, dont vous trouverez un extrait ci-dessous et un lien. Dans les domaines où le marché du travail devient un marché tiré par l’employé et non l’employeur comme le fait remarquer fort justement Bertrand Duperrin, c’est à la RH de faire l’effort et d’aller attirer les talents à elle. La logique est complètement inversée.

Transformation digitale et marketing RH

La transformation digitale a donc un impact au-delà des domaines techniques, elle touche également les métiers de l’humain. En 2016, il est possible d’avoir un bon recul sur ce sujet du Marketing RH, qui est à l’honneur depuis au moins 5 à 8 ans selon les entreprises (tout le monde se souvient des premiers essais réalisés par Arcelor Mittal et Vanksen et Société Générale et Franck La Pinta).

Qu’en est-il donc aujourd’hui ? Quels sont les impacts sur l’organisation, la mobilisation des employés et le fonctionnement de l’entreprise ? Quels sont les outils à disposition ? Quels sont les enjeux pour bien les utiliser, former les employés, éviter que certains se sentent dépassés ? Voici quelques unes des questions que nous allons aborder au cours de ce webinaire auquel nous avons convié deux praticiennes expérimentées, Fadhila Brahimi ou Meike Spahrbier, qui nous feront bénéficier de leur recul et de leur savoir-faire. Enfin et surtout, les deux intervenantes nous donnerons leur opinion sur les tendances 2016 de la transformation RH.

marketing RH

Pour débattre de cette place de la technologie, de ses usages, des enjeux de formation et de connaissances qui vont donner une nouvelle dimension aux ressources humaines en entreprise, Orange Business Services a convié deux praticiennes expérimentées du domaine : Fadhila Brahimi de FB-Associés et Meike Spahrbier du groupe Orange. Lire la suite

Quand la RH fait son marketing ( Webinaire ) was last modified: janvier 16th, 2016 by Yann Gourvennec

Prédictions 2016 : le passé promis à un bel avenir

Je ne vais pas vous casser les pieds avec mes prédictions de 2016

Je vous propose à l’inverse une lecture à rebrousse-poilsles héros des prédictions de certaines prédictions des gourous du Web, prises ici et là et passées au crible de mon analyse. C’est même l’objet d’un double article publié sur le blog de mon client Zebaz. La nouvelle année est arrivée, effaçant la précédente, que nous n’aurons pas de mal à oublier tant elle a été difficile sur le plan humain. Passons. Profitons-en pour souhaiter une bonne et heureuse année, bien plus heureuse, à nos lectrices et lecteurs, même si elle commence mal, avec l’annonce du décès d’un musicien aimé de (presque) tous, David Bowie (la visite est d’ailleurs terminée). La liste des décès des vedettes des années 60-80 ne fait que commencer, nous assistons certainement à la fin de la période des grandes stars universelles. Voilà ma première prédiction, mais elle est certainement le fait d’un biais d’observation. Il y a peu de chances pour que mon fils sache qui est David Bowie, et encore moins qu’il me chante par coeur “We could be heroes, just for one day…” (est-ce là le but de nos prophètes du marketing ? Devenir les héros d’un jour ?). C’est cette réflexion qui m’a mis sur la piste de cet article : tout le monde nous gratifie de ses prévisions marketing de l’année, mais que valent-elles ? Quel regard porter sur ces idées, et quelle valeur leur accorder ? Je vous propose un petit tour de piste de l’innovation, et enfin, je vous inviterai à lire l’article complet.

L’hyperbole des prédictions et du marketing

On ne peut nier une certaine tendance à l’exagération dans les prédictions qui fleurissent ici et là sur Internet. Non qu’elles ne soient pertinentes. J’ai notamment beaucoup apprécié les annonces sur la transformation digitale de notre ami Duperrin. Bon, c’est Bertrand, en même temps, on connaît le bonhomme et on sait qu’il est pertinent. Si on omet le visuel un peu prédictif, il a quelques mots saignants sur les CDO qui me rappellent des souvenirs. A part cela, on sait que le monde du marketing et de la high tech sont des habitués de l’exagération et de l’hyperbole. On y aime les superlatifs, les mots anglais (souvent vides de sens comme le dit le visuel). Le tout est de garder les cheveux bien attachés derrière la tête ce qui, vous en conviendrez, est un exercice particulièrement périlleux pour ce qui me concerne.

prédictions marketing
pour faire de bonnes prédictions marketing, il faut garder les cheveux bien attachés derrière la tête. C’est pour cela que je n’en fais pas !

L’exercice annuel – pourquoi annuel d’ailleurs, est-ce à ranger aux côtés des bonnes résolutions de début d’année ? – des prédictions marketing est donc un pensum auquel nous avons tous droit. Pourtant, un regard critique sur ces prédictions me semble salutaire. Car les innovations ne sont pas linéaires, et encore moins binaires. Comme nous l’avons déjà démontré au travers de la critique de l’ouvrage de Scott Berkun intitulé “Les Mythes de L’innovation”, les chemins de l’innovation sont souvent impénétrables et appellent à l’humilité. La récente lecture de Wired World 2106(UK) à l’occasion de mon dernier voyage à Londres, m’a permis encore d’aiguiser les réflexions que j’ai développées dans l’article du blog de nos confrères nantais.

Prédiction : le monde de demain ressemblera au monde d’aujourd’hui et d’hier

Le titre n’est pas de moi. Il est de Russell Davies, le monsieur digital du gouvernement britannique. Son propos est simple : les innovations arrivent lentement, les comportements changent lentement, nos sociétés développées ne sont pas bouleversées, sauf à la marge.

prédictions et innovations
prédiction : nous sortirons un livre blanc sur l’innovation conjointe en 2016 (oui cela est une vraie prédiction) – graphique issu de notre prochain livre blanc

Un peu radical le bonhomme. Mais en fait il n’a pas complètement tort. Placez vous en haut des champs Elysées et regardez autour de vous. Maintenant, faites un rembobinage de 30 ans et retrouvez-vous au même endroit en 1986. Que voyez-vous. Hmm. Si on devait faire un film sur le monde qui a changé autour de nous en passant les années à l’accéléré sur les 40 dernières années on s’ennuierait un peu. Sans doute que si on enlevait Internet (et le sempiternel SmartPhone, qui n’est d’ailleurs qu’une évolution lente et prévisible de la téléphonie et aussi de la communication radio telle qu’on la pratiquait déjà pendant la 2ème guerre mondiale) on ne trouverait pas grand-chose. Et souhaitons que les nombreuses atteintes à la net neutralité de ces dernières années ne viennent pas mettre fin à cette belle et fondamentale innovation, qui est aussi devenu un de nos droits les plus ouverts à l’expression et d’accès à la connaissance. Ceci étant, Russel Davies a du travail. Finalement, les petits français, tout grognons qu’ils sont, sont bien meilleurs en e-government que les britanniques, selon le rapport 2014 des nations unies. Nous attendrons le prochain rapport avec impatience. Lire la suite

Prédictions 2016 : le passé promis à un bel avenir was last modified: janvier 12th, 2016 by Yann Gourvennec

ING veut changer la banque

Le sujet de la transformation de la banque est un classique de ce blog depuis quelques années maintenant. Nous avons déjà décrit les enjeux des front offices bancaires et des back offices bancaires. Puis est venu l’exposition des querelles entre anciens et modernes à l’occasion de la sortie du livre collectif d’Athling auquel nous avons d’ailleurs collaboré (voir mon article en anglais intitulé ‘cessez d’imaginer la banque du futur elle est déjà là’). En attendant notre analyse de l’agence du futur à la mode Crédit Agricole, que nous publierons ici dans les jours qui viennent, revenons sur la querelle des anciens et des modernes, avec l’intervention de Benoît Legrand, patron d’ING direct France et qui est fervent évangéliste de la Fintech.

changer la banque - comparatif
ING figure en bonne place des banques en ligne, au coude à coude avec Boursorama (Groupe SG) copie d’écran du comparateur Banques-en-ligne.fr

Changer la banque ? Mais pour quoi faire ? Elle marche très bien comme ça

Benoît nous a fait l’honneur d’inaugurer nos nouveaux locaux pour nous livrer une superbe interview tournée dans notre salle de réunion de la rue Taitbout, sur les lieux mêmes où Chopin a vécu au milieu des années 1800. Mais du passé peut naître l’avenir et c’est exactement ce que nous avons évoqué avec lui : le futur de la banque. Or, ce futur de la banque pour Benoît est simple : il faut la changer ! J’aurai assez entendu de critiques, parfois acerbes sinon carrément agressives, pour stigmatiser les acteurs du marché du changement digital  – ils sont réunis dans le livre d’ATHLING la banque de demain – qui veulent changer la banque. Même si cette volonté de changement s’explique par un intérêt fort pour ce secteur (que j’aime particulièrement, car je le trouve complexe et intéressant, et car j’y ai travaillé), il y a aura toujours au moins un grincheux sinon beaucoup pour vous expliquer que vous n’y connaissez rien ou que vous n’êtes pas légitime. Après tout, tout le monde sait que Richard Branson, qui a fait fortune en vendant les disques de Mike Oldfield, n’était pas légitime pour faire voler des avions, n’est-ce pas ?

Qu’importe, il faut laisser les grincheux « grincher », c’est leur raison d’être ; et ils ne s’étonneront pas que c’est le monde qui les changera plutôt qu’eux qui changeront le monde. Cette fois-ci, les grincheux en question vont sans doute encore s’en donner à coeur joie et pester contre un trublion de la banque qui pourtant, « marche très bien comme ça ». Alors pourquoi cette manie de tout vouloir changer, alors que tout fonctionne si bien ? Parce que changer la banque, et c’est ce que veut faire ING, n’est pas seulement une lubie, c’est un positionnement certes, mais c’est aussi et surtout le résultat d’une conviction. Une conviction que Benoît exprime très bien dans cette interview. Et pour une fois, les grincheux ne pourront pas se plaindre que l’interviewé ne connaît pas la banque ni qu’il est illégitime : c’est lui-même un banquier.  CQFD

 

ING vuet changer la banque
Benoît Legrand est venu nous rendre visite. Son objectif est rien de moins que changer la banque. Cette fois-ci on ne pourra pas dire que l’iconoclaste est un outsider

Vous dirigez ING et vous êtes l’auteur d’un livre : Changeons la banque. Pourquoi faut-il changer la banque ?

Il y a beaucoup de choses à changer dans la banque, d’ailleurs si vous parlez aux français en général, la majorité d’entre eux vont vous dire qu’ils ne sont pas très contents de leur banque, prouvant qu’il y a beaucoup de changements à effectuer dans la banque.

ING veut changer la banqueOn va remonter un peu dans le temps et repartir en 2008, date où la crise des subprimes touche l’Europe. Que s’est-il passé à cette époque-là ?

Il y a eu une prise de conscience dramatique, du fait d’éléments exogènes. La première c’est que cette globalisation de l’économie et de la finance, est une réalité : il se passe quelque chose d’un côté de la planète et l’autre côté est affecté. On peut continuer à raisonner en termes locaux, régionaux, nationaux, mais  je pense que c’est une équation qui n’est plus valable. La deuxième est que les choses vont en s’accélérant. On vivait dans des rythmes que l’on maitrisait encore. Aujourd’hui, un événement financier se passe la nuit, le lendemain matin, le reste de la planète en subit les conséquences.

Comment cela s’explique ?

Les échanges commerciaux et l’ouverture de l’économie demandent un soutient des banques qui est aussi transnational. On ne peut plus fonctionner dans un périmètre extrêmement local, parce que nos entreprise, nos clients et les particuliers voyagent et évoluent dans des environnements économiques et internationaux. Donc, les banques qui soutiennent le développement de l’économie sont amenées à suivre leurs clients dans leurs développements.

Troisième point, c’est que la confiance est plus que jamais, un point central

En fait, le monde de la banque, c’est un monde uniquement basé sur la confiance. C’est comme ça que cela a commencé il y a plusieurs siècles avec le Mont-de-piété. Finance vient du latin, la Fiducia, la confiance. Je vous prête de l’argent, je vous le prête parce que j’ai confiance dans le fait que vous allez me le rembourser. La confiance est essentielle, et cette crise a montré que des banques qui se faisaient confiance entre elles se sont trompées. Il y avait une banque qui n’était pas forcément digne de confiance et qui a fait exploser le système. Cette chute de Lehman Brothers, a fait que les banques ont arrêté de se faire confiance. A partir du moment où les banques ne se font plus confiance, le système bancaire est paralysé. Et quand une banque ne fait plus confiance, elle va avoir beaucoup de difficultés à financer les prêts qu’elle accorde, et si elle n’accorde plus beaucoup de prêts, l’économie ralentit.

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ING veut changer la banque was last modified: janvier 14th, 2016 by Yann Gourvennec