Barcelone, capitale mondiale des télécoms pour 4 jours – #mwc13

Ce post a été écrit dans le cadre d’un voyage de blogueurs réalisé pour le compte du Live Orange Blog. Connectez-vous à ce blog pour tout savoir sur l’événement !

Le 24 février 2013, nous avons visité le nouveau site de la Grand Fira qui est le tout nouveau lieu de la conférence MWC de Barcelone. Tout ici est absolument neuf et même s’ils ont construit de fausses colonnes à l’entrée afin de rappeler aux visiteurs l’ancien lieu de la convention, cela manque un peu de l’éclat des vieux bâtiments romantiques de la vieille Fira non loin de la Plaza de Espanya.

cleaning the Barcelona sign at the entrance

[A Barcelone, le Mobile World Congress transforme la cité catalane en capitale mondiale des télécoms]

Néanmoins, ce nouveau lieu de conférence, comme son nom l’indique, est encore bien plus grand et on s’attend à ce que beaucoup de choses se passent en termes d’innovation sur les stands. La promesse de la conférence est qu’un nouvel horizon pour les télécommunications nous attend. Un futur, certainement, où le NFC va jouer un très grand rôle, car l’acronyme en trois lettres est absolument présent partout cette année. On a même demandé aux détenteurs des passes de presse de faire leur enregistrement exclusivement au travers des postes MRC, et j’ai été personnellement très frustré de ne pas avoir pris le temps de renouveler mon téléphone il y a quelques mois et d’avoir acheté un Galaxy SIII flambant neuf, par exemple.

the venue isn't decorated yet ...

[Au MWC, la veille au soir, rien ne transparait. La presse est accueillie au milieu de deux rideaux noirs qui cachent aux yeux des curieux ce qui pourrait se passer demain. Nul doute que les décorateurs vont travailler toute la nuit]

En parlant de Samsung, nous avons été accueillis par un petit stand de la marque coréenne à la sortie de la station de métro Fira. Ceci est probablement un signe qu’ils vont nous montrer de grandes choses cette année. Pourtant, jusqu’ici, nous n’avons rien vu qui fasse appel rappelle à Android comme l’an dernier. 2012 avait définitivement été l’année d’Android. Cela veut-il dire que Google, comme je l’ai entendu sous forme de rumeurs hier, se demanderait s’il ne serait pas opportun de renommer son OS mobile en utilisant son nom de marque principale (comme ils l’ont fait en remplaçant le vieil Android Market par Google Play) ? Ou cela signifie-t-il que de nouveaux acteurs sont en train de préparer la grosse artillerie cette année comme la fondation Mozilla par exemple.

Un nouveau système d’exploitation (OS) dans l’environnement mobile est donc une possibilité. C’est l’avenir qui nous le dira, car je suis déjà enregistré pour la conférence de presse de ces nouveaux systèmes d’exportation mobile ainsi que l’annonce très attendue deux été. Restez donc branchés sur le live orange blog pour plus de nouvelles sur ces sujets avec nos blogueurs invités.

Barcelone, capitale mondiale des télécoms pour 4 jours – #mwc13 was last modified: février 25th, 2013 by Yann Gourvennec

Synthesio met Media Aces (et le Nigeria) sur la carte du Social Media Week 2013 #SMW13

eye-large_thumb.gifC’est d’abord un grand honneur d’être au tableau de chasse des « influenceurs » de la social media week de la semaine dernière. Il est vrai que l’événement Media Aces du 18 février 2013 avait été très bien préparé par Jean Marc Goachet de Mines Paristech et mon compère Hervé Kabla (parti skier ce jour là). Il est donc un peu normal, vu la force de cet événement qui a vite pris une bonne place dans le classement des tendances de Twitter (trending topics), que mon compte Twitter soit troisième de la France, étant donné que je faisais  le live tweet … pas de miracle. Un certian nombre de choses étonnent un peu cependant dans ce rapport. D’abord, le fait que le Royaume Uni soit si faible et que l’Italie soit si forte ! Voilà qui est étrange. Que la France cartonne ne m’étonne guère. Pour faire beaucoup d’événements en Europe et ailleurs, je vois bien que nous sommes meilleurs que nous lecroyons. Après tout si des entreprises comme Jive viennent établir leur siège européen en France, c’est qu’il y a une raison (voir mon compte-rendu sur le rapport Lecko). Plus étonnant encore, la présence du Nigéria (Sic!) dans le rapport Synthesio des influenceurs, au-dessus de l’Allemagne (certes ils ne sont pas très nerveux en social media en Allemagne si on omet quelques champions comme Amiando …mais quand-même ! ils ont d’autres chats à fouetter que des lolcats à Lagos en ce moment). Serait-ce le détail qui cloche ? Ah ! Le difficile métier que voilà de mesurer « l’influence », cet ingrédient impalpable et pourtant si visible …

Social Media Week is a worldwide event connecting people and organizations globally, through collaboration, learning and sharing ideas. This week, 10 cities around the world celebrate the tremendous social, cultural and economic impact of social media.

Social Media Week has become an incredible platform and community that has grown to more than 100k members – this year, SMW celebrates its fifth birthday and marks this milestone with a unifying global theme that represents the connectedness and openness of the collaborative, digital world. This global theme is evident when examining overwhelming buzz around the event all across the map.

At Synthesio, we eagerly jump on the opportunity to track global conversations around an event of this magnitude with such a web frenzy surrounding it, so we decided to take a sip from our Twitter Firehose and track all Twitter conversations surrounding Social Media Week 2013, to provide you with engaging insights into the overall reach of the event, trending topics, and finally, our list of top influencers driving the conversations.

So, now it’s halftime for SMW13 and we invite you to stand up, stretch, grab a drink, and enjoy the Synthesio SMW Halftime Report. Congrats to the top influencers in the U.S., France, UK and Singapore, and don’t forget to check back for the full Post-Game Analysis!

via Social Media Week 2013 – Halftime Report – Synthesio #SMW13.

socialmediaweekinfluencers2013

Synthesio met Media Aces (et le Nigeria) sur la carte du Social Media Week 2013 #SMW13 was last modified: février 25th, 2013 by Yann Gourvennec

Le syndrome de Powerpoint (2) – Tribune

eye-large.gifMon récent article sur la véritable nature des infographies m’a incité à faire surgir du passé cet article de Giancarlo Livraghi vieux de 10 ans, et qui se trouvait à l’origine sur mon site Visionarymarketing.com. Même si certaines de ses références sont quelque peu datées, rien n’a changé depuis loirs, si ce n’est le moyen sans cesse croissant et puissant de fabriquer et faire circuler de la fausse information. Je tiens à noter ici par avance, afin de prévenir les commentaires qui ne manqueront pas de fuser, que ceci est un tribune et que, personnellement,  je n’ai rien contre PowerPoint, dont j’essaie d’etre un utilisateur éthique. Par « maladie de PowerPoint » c’est le lecteur (c’est-à-dire nous tous) et son manque de recul que l’on fustige.

Par Giancarlo Livraghi

Beaucoup des maladies actuelles remontent à l’origine de notre espèce. Il est aisé d’imaginer un peintre préhistorique, qui aurait trouvé un moyen rapide et facile de dessiner un bison, couvrant les murs d’une grotte de scènes coloriées de chasse, sans s’interroger sur sa capacité à nourrir sa famille ou sa tribu.

Le  » syndrome de Powerpoint  » est une maladie bien connue, clairement diagnostiquée, non seulement par de brillants caricaturistes comme Scott Adams, mais aussi dans diverses analyses de l’efficacité et de la communication des entreprises. Cette maladie est appelée Outre-atlantique  » disinfotainment « , que l’on peut traduire par ‘désinformation ludique’.

Il a été prouvé qu’elle peut sérieusement perturber la communication d’entreprise. Certaines firmes, dont Sun, l’ont même bannie de leur organisation.

AP/Wide World PhotosTufte satirizes the totalitarian impact of presentation slideware.
AP/Wide World Photos : Tufte satirizes the totalitarian impact of presentation slideware.

Le magazine Wired de septembre 2003 contenait un article de Edward R.Tufte, professeur émérite de Yale intitulé Le pouvoir corrompt, Powerpoint corrompt absolument. (Sa monographie,  » The cognitive Style of Powerpoint  » est disponible chez Graphics Press).

Voici quelques extraits de cette intéressante réflexion :

Imaginez une publicité largement diffusée recommandant l’usage d’un médicament onéreux qui rendrait beau, mais qui serait inefficace. Au lieu de cela, le médicament aurait de fréquents et sérieux effets secondaires : abrutissement, neurasthénie, aboulie, difficultés d’expression. Ces effets secondaires conduiraient à juste titre à un retrait mondial du produit.

Pourtant, les logiciels de présentation sont partout présents : dans les entreprises américaines, les administrations et même dans les écoles. Plusieurs centaines de millions de copies du logiciel de Microsoft Powerpoint projettent des milliards de ‘transparents’ chaque année. Ces logiciels peuvent aider les conférenciers à étayer leurs messages. Mais cette commodité peut entraîner un affaiblissement du propos ainsi que de l’attention des auditeurs. La présentation type faisant appel à ces logiciels privilégie la forme au détriment du contenu, trahissant une attitude de vendeur de soupe qui transforme tout en  » baratin  » commercial.

Pour une grande part, ces présentations pêchent par la qualité, la pertinence et l’honnêteté du contenu. Si vos résultats vous gênent, alors vous présentez des résultats erronés. Si vos textes ou vos images ne sont pas au point, faisant sautiller les couleurs, ils ne perdront pas pour autant de leur pertinence. L’ennui du public vient généralement d’un contenu défaillant non d’une mauvaise présentation

Une présentation a minima n’est pas dommageable alors que Powerpoint fréquemment hache, domine et banalise le discours.

Les conclusions pratiques sont claires. Powerpoint est un bon outil de gestion de projection de ‘transparents’ mais plutôt que d’enrichir un exposé, il en arrive à s’y substituer. Ce mauvais usage ignore la règle majeure : le respect de l’assistance.

Bien évidemment, les outils de présentation existaient déjà, longtemps avant l’apparition de l’informatique ; il s’agissait des tableaux (noirs ou papier) des rétroprojecteurs de transparents etc… Quelques-uns unes des plus belles peintures et sculptures du patrimoine de l’humanité étaient utilisées pour présenter ou illustrer une idée, une ligne de pensée, une attitude, un projet ou un plan d’action. Mais la plupart des présentations Powerpoint ne peuvent se prévaloir du titre d’œuvre d’art, ni même d’exemple de présentation efficace.

Les aides visuelles peuvent être utilisées efficacement, pour attirer l’attention sur des points-clés, pour mettre en valeur une information importante, pour rendre les choses claires. Mais il est hélas si facile de faire le contraire, d’embrouiller, de rendre confus ou de pervertir délibérément les faits, les enjeux et les concepts.

Nous savons que les données, les bilans, les statistiques, les tendances, les projections et prévisions peuvent être manipulées de différentes manières. Il y a cinquante ans, ceci était clairement expliqué dans un merveilleux petit livre de Darrel Huff : How to lie with statistics (comment mentir avec les statistiques) ; sorti en 1954, il est encore édité et se révèle toujours aussi pertinent.

Darrel Huff explique comment les données peuvent être mal utilisées ou représentées, par erreur ou par manipulation délibérée. Il montre aussi comment elles peuvent en outre être perverties dans une présentation visuelle. Par exemple des données chiffrées peuvent être montrées en deux dimensions plutôt qu’en lignes, colonnes ou barres. La hauteur du schéma indique la valeur exacte mais la perception des écarts est double. En utilisant des images, l’effet est encore plus fort, la perception est tridimensionnelle. Si nous utilisons l’image d’un animal pour montrer l’évolution d’une espèce ou une vache pour représenter la production de lait, nous pouvons faire croire à un doublement quand l’augmentation n’est que de 30%. Et au-delà, des erreurs de perception peuvent être ajoutées en utilisant le mouvement.

Cela peut-il être fait avec les valeurs ? Oui, bien sûr ! Au lieu d’utiliser des courbes ou des graphiques à barres, on peut utiliser des billets de banque, des pièces de monnaie ou des porte-monnaie. Cela s’appelle la dramatisation mais est en réalité tromperie, comme l’expliquait Darrel Huff il y a cinquante ans, lorsqu’il n’y avait pas l’informatique pour faciliter la chose. Les moyens visuels par eux-mêmes ne sont pas en cause, ce sont des outils et le résultat dépend de la façon dont ils sont utilisés. Un exposé bien préparé peut être certifié honnête, mais s’il est délibérément truqué, il peut être un moyen de tromperie ou, s’il n’est pas soigneusement préparé et testé, ses effets peuvent être tout autres que ceux attendus par le présentateur. Les outils et les styles standardisés peuvent rendre les choses encore pires. Les présentations qui suivent une démarche prédéfinie lassent l’assistance par l’emploi répété des mêmes procédés au lieu d’éveiller son intérêt et susciter ses questions.

Un exposé efficace nécessite un travail sérieux, attention et compétence. Il demande à être essayé et testé, afin de trouver la forme la plus efficace en rapport avec le contenu, la cohérence étroite entre les supports visuels, le propos et le but recherché. Même lorsque les moyens techniques étaient moins aisés à mettre en œuvre et plus onéreux que ceux d’aujourd’hui (temps de réalisation, soin à y apporter, qualification, mais aussi coût apparent), il y avait des erreurs et des mésaventures aussi bien que des tricheries. Mais cela n’arrivait pas aussi souvent que de nos jours parce que davantage d’efforts et de compétence technique étaient nécessaires. Les choses ont empiré à cause de l’ivresse provoquée par Powerpoint.

Cela semble si facile. Une présentation sophistiquée peut-être mise sur pied en quelques heures. L’abondance de gadgets et d’outils entraîne l’exagération. Le résultat est souvent déprimant.

Les possibilités offertes par les outils standards de projection sont limitées, aussi les présentations ont-elles un air de déjà vu bien qu’elles traitent de sujets totalement différents. Cela conduit à la confusion et à l’ennui. Nous voyons souvent un présentateur emprisonné dans un schéma prédéterminé, incapable de répondre à une question simple parce qu’il est entraîné à répéter, sans compréhension approfondie, un exposé préparé par quelqu’un d’autre. Même quand les personnes préparent elles-mêmes leurs présentations, elles se perdent souvent dans les mécanismes de formatage d’écrans et manquent la cible qu’elles étaient sensées viser. Une autre conséquence ridicule est que, au terme d’un meeting ou d’un séminaire, au lieu d’un document rédigé, les participants reçoivent une copie des écrans de la présentation. Il est évident que ces images d’écrans préparés pour appuyer l’exposé ne sont pas le support approprié à la lecture et manquent cruellement d’information et d’explications. Mais la hâte, l’habitude, et la soumission irréfléchie à la technique conduisent à la production de documents sans intérêt qui brouillent le message (même lorsque leur caractère décevant n’est pas voulu).

Il y a aussi des résultats désastreux dus à la  » personnalisation « . Il est facile avec un traitement de texte de changer un nom, trop facile. Un document (ou une présentation) qui montre à la page 1 le nom d’une personne ou d’une société du monde de l’édition révèle à la page 12 qu’il a été écrit à l’origine pour un vendeur de voitures. Les choses empirent avec la télécommunication. Il est déjà assez agaçant de recevoir un fichier Powerpoint joint, de 3 mégaoctets pour nous apprendre ce qui pourrait être dit en six lignes de texte, mais il y a aussi des sites web qui contiennent des informations inadaptées manifestement extraites des textes traitant d’un tout autre sujet. Sans compter la bien connue et très répandue maladie qui voit les artifices de présentation prendre le pas sur le contenu. Après de nombreuses années de sérieuse discussion sur la pratique et le contenu du management, les meilleurs concepteurs de sites web savent que la substance importe davantage que l’apparence. (Voir The architect and the gardener : L’architecte et le jardinier).

Mais beaucoup de propriétaires de sites veulent des choses faites à moindre coût, parce qu’ils ne comprennent pas qu’Internet n’est pas la télévision ou parce qu’ils sont infectés par le virus du Powerpoint, ou bien encore parce qu’ils ne veulent pas confier à leur personnel la production d’un contenu signifiant. Aussi sommes-nous harcelés par une prolifération de  » boîtes vides  » à l’apparence brillante mais sans contenu. Le syndrome Powerpoint n’est pas seulement le mauvais usage d’une technologie spécifique, c’est un défaut culturel. L’abondance de moyens pour réaliser des écrans et les présenter d’une manière chatoyante conduit à l’exagération et à la superficialité. Lorsque la forme prend le pas sur le fond, il est plus facile de dissimuler tromperies et tricheries. Nous devons apprendre à maîtriser la prolifération des outils pour les mettre au service de notre propos, du moins chaque fois que quelque chose mérite d’être dit.

Le syndrome de Powerpoint (2) – Tribune was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Conférence Media Aces : les medias sociaux dans votre assiette

Je voulais écrire un retour sur la conférence d’hier sauf que je n’avais pas le temps … Et voici que je découvre le superbe article de Michaël qui semble confirmer notre impression de réussite. Un grand merci à lui pour cet article très complet. Pour les slides c’est sur http://bit.ly/msassiette

Conférence Media Aces : les medias sociaux dans votre assiette was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

infographies, degré zéro du savoir ? (1)

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Un petit coup de gueule du mardi matin. Grâce à mon application Firefox préférée (StumbleUpon) qui me permet de trouver de nouveaux contenus et de nouveaux sujets, j’ai découvert cette très intéressante infographie sur la véritable nature des marques en fonction de leur couleur. Je ne suis pas certain que ces graphiques, Fort beaux au demeurant, « vous disent tout sur la nature de votre business » comme l’indique le sous-titre, mais j’ai par contre la conviction que je commence à mieux comprendre la façon dont nous lisons, comprenons et sommes influencés par les images.

Il y a longtemps (2003), je publiai un article sur Visionarymarketing.com, mon site Web, par Giancarlo Livraghi, un publicitaire italien et l’auteur d’un livre transalpin intitulé « la culture de l’Internet » (au sens voltairien du terme). Giancarlo, dans cet article, décrivait ce qu’il appelait la maladie de  PowerPoint, un concept qu’il avait trouvé en voyant Colin Powell utiliser les images pour convaincre les Nations Unies que la guerre contre l’Irak était justifiée. Son argument était que la plupart des images utilisées par Powell étaient fabriquées mais n’avaient subi aucun questionnement car il est difficile de ne pas croire aux images. Cette théorie fut ensuite accréditée dans un film hollywoodien basé sur une histoire vraie (Green Zone – 2010). Je republierai l’article de Giancaro Livraghi très prochainement.

Imago ergo sum …

Les infographies, notamment les infographies comme celle-ci qui sont particulièrement belles et mises en page avec beaucoup de goût, sautent directement à la conclusion et sont faciles à comprendre. Elles sont émotionnelles et esthétiques. Elles font appel à nos sentiments. De plus, car elles sont si simples et didactiques, elles sont prises pour argent comptant, tant et si bien que personne n’ose dire qu’elles pourraient peut-être être fausses. Tout ce dont vous avez besoin est de cliquer sur votre souris et hop ! L’image est multipliée et partagée dans le monde entier. Il ne s’agit plus de cogito mais de imago ergo sum.

Simplistes et exagérées

Et pourtant, les infographies sont aussi simplistes et exagérées. Elles vous font gagner du temps mais en même temps, les images tendent à vous à priver les lecteurs de leur œil critique (entendons-nous bien, le problème vient bien du lecteur et non de l’objet de la lecture). La plupart du temps elles sont non représentatives et font état de résultats étonnants. On y trouve souvent des mentions à « une étude des meilleurs [remplacez par ce que vous voulez] du Monde » (les marques dans ce cas particulier) mais qui a sélectionné l’échantillon ? Quelles sont ces marques ? Qui a commissionné l’étude ? Où sont les résultats de cette étude ? Quelle en est la méthodologie ?… de telles questions sont et resteront probablement sans réponse.

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Le compte bancaire orange d’ING voué à l’échec ? Ben voyons !

Un regard attentif porté aux détails ci-dessous éclairera encore plus votre lanterne. Je me suis juste focalisé sur la couleur orange pour une raison évidente (transparence : je travaille pour Orange). Comme cette couleur est utilisée par l’entreprise pour laquelle je travaille, j’ai eu le plaisir de m’apercevoir qu’elle était populaire pour la high-tech, si l’on en croit cette infographie, et que le code couleur en est cohérent avec les valeurs de la marque que nous aimons. J’ai lu également que cette couleur est censée être non populaire pour les services bancaires alors qu’ING l’a utilisée avec beaucoup de succès non seulement aux Pays-Bas mais dans le Monde entier et notamment aux États-Unis où son nom est très associé à cette couleur.

Comme un horoscope

Pas besoin d’aller plus loin. Regarder une belle image comme celle-ci me fait penser à la lecture d’un horoscope : c’est sympa, c’est amusant, cela vous interpelle légèrement, mais cela n’est pas du savoir. Celui-ci requiert de sourcer ses informations. Il requiert de la contradiction. Le savoir peut utiliser les images ; mais il peut certainement se passer de certaines infographies.

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infographies, degré zéro du savoir ? (1) was last modified: février 19th, 2013 by Yann Gourvennec