« En innovation, tout est dans l’exécution » – avec Pierre Yves Chaltiel

idea-visionary-marketingSuite des notes prises lors de ma visite à Telecom Paristech du 13 juin 2013. Après la théorie, la pratique, avec cette mini-conférence donnée par Pierre Yves Chaltiel. Celui-ci a 57 ans et 32 ans d’expérience. “Avec cette expérience [il] a acquis des convictions mais pas de certitudes”. Il y a travaillé à Londres, puis chez Thales, puis chez Bull, dont il a été le directeur général avant de créer sa boîte de conseil en début 2013. Il nous livre ici ses réflexions sur l’innovation et ses conseils. Une belle leçon d’innovation avec des enseignements utiles et inspirants qui permettront au lecteur avisé d’éviter de croire que le processus peut tout faire dans l’innovation, et que l’inspiration et la motivation peut faire des miracles, notamment dans le cadre d’un objectif partagé, celui de concevoir des produits de rêve …

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Pierre-Yves Chaltiel : “de l’expérience, mais pas de certitudes”

Parcours d’un innovateur

Pierre-Yves Chaltiel a travaillé à Londres après avoir fini Supelec, puis il est revenu en France, à une époque où on « s’arrachait les ingenieurs ». Il est ensuite rentré chez Dassault (aviation) où il a travaillé sur les logiciels embarqués et toute la high-tech autour des avions de combats « dont la France est encore un des rares pays à maîtriser la constructions et la conception à peu près du début à la fin » a-t-il précisé.

Il a ensuite intégré Thomson CSF dont il a été patron de la division communication et sécurité (crypto et paiements) et mobiles et réseaux pour les militaires. Il a été président de Thales Optronics (recherches associées à la vision nocturne, la reconnaissance satellitaire etc.) puis patron de Thales aéroporté spécialisé dans les « contremesures » c’est a dire comment protéger les hélicoptères, par exempl, des menaces et les éviter.  Il a fini sa carrière dans le monde de la grande industrie, de  2010 à 2012, comme DG de Bull dans le monde de l’IT, du service et des super calculateurs.

Plus que la loi de Moore

“Le calcul est devenu une denrée rare” a dit Pierre Yves Chaltiel et “Bull est un des seuls fabricants mondiaux capable de sortir des calculateurs de plusieurs pétaflops”. De quoi faire tomber quelques préjugés ; finalement, il reste encore quelque chose de notre industrie informatique. Et la croissance est exponentielle, bien plus encore que ce qui est décrit par la loi de Moore : “le problème est que tous les scientifiques ont besoin de cette puissance de calcul mais en 2020, ils auront besoin de plus de 1000 fois plus !” Donc plus que la loi de Moore, et « nous serons capables de le faire en résolvant le plus grand défi qui est énergétique et non électronique a-t-il encore expliqué.

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Il s’est depuis le début de cette année mis à son compte en créant Quantic Move où il fait du consulting, du développement international (une grande faiblesse française a-t-il dit) et où il côtoie des entrepreneurs “ce qui est très enthousiasmant ».

Qu’est-ce qui fait l’innovation ? la mise en œuvre !

Le monde de la défense n’est pas particulier selon lui et il s’est posé la question de ce qui faisait l’innovation. « Tout est dans l’exécution ! » Car beaucoup de nos entreprises vivent sur l’importance de mettre en place des processus. Dan Pink (Tedx) a fait des études et a remarqué que c’est toujours quand une action n’est pas “incentivée” qui réussit à mettre en place les innovations.

Out of the box…

Selon M. Chaltiel, en innovation il faut sortir du référentiel car on ne sait pas innover sans cela :

  • Avant de développer des « processus » d’innovation qui ne marchent pas !  (cf. mon cours sur l’innovation de Dauphine sur les études comparatives des différents modes de management de l’innovation) ;
  • L’innovation ne se décrète pas elle ne se décide pas ;
  • L’innovation ne se développe pas dans les groupes où il n’y a pas de bien-être ;
  • L’innovation touche tous les domaines, pas seulement technologiques ;
  • L’innovation « produits » requiert du marketing et ce problème est souvent occulté dans les entreprises (peut-être devrait-o rajouter “françaises”). Et les marketeurs ne doivent pas seulement être des gens qui connaissent le client, mais qui savent imaginer ce que pourrait vouloir le client ;
  • Les équipes de R&D travaillent trop loin des clients et des commerciaux ;
  • Il est fondamental d’imaginer de nouveaux usages. L’innovation n’est pas QUE technologique, elle  est aussi une innovation d’usages mais il faut les 2 (se focaliser sur un discours d’usage sans la technologie sous-jacente revient à faire un discours sur le vide).

Le concept Samsung de produit de rêve (“dream product”) 

Dream products samsung galaxy nexus caseChez Thales, Denis  Ranque avait décidé que ses cadres devaient faire des voyages. Un voyage l’a marqué et c’était en Corée, il y a 4-5 ans chez Samsung : “ils ont expliqué qu’ils avaient mis en place la notion d’un dream product”. Pierre Yves Chaltiel nous en a dressé le protrait-robot :

  • Le “dream product” … :
  • Donne de la valeur au client ;
  • Bonne part de marché  ;
  • Bonne marge ;
  • Innovation ;
  • Discréminant par rapport aux concurrents  ;
  • Sans fautes ;
  • Génère de la fierté dans l’organisation.

Le profit de Samsung proche du CA de Thales

“Le profit de Samsung est proche du CA de Thales”. a-t-il ajouté ; ça doit vouloir dire quelque chose… “Et ils déposent en ce moment plus de brevets qu’ Intel en 2004”. Ils ont également mis en place des processus de sélection des produits très sévères.  En conséquence ils sont devenus leaders de la flash mémoire, et des mobiles dans le monde, entre autres produits (Samsung est un conglomérat industriel). Ils ont également une bonne position dans la télévision de future génération (dite SmartTV).

Autres exemples de « dream products » l’iPod, bien-sûr. Dans les critères de succès, il y a aussi la rapidité de l’exécution. Si Apple a raflé une bonne part du marché avec son iPod cela est aussi beaucoup dû à son Time to Market très rapide. M. Chaltiel “ne croit pas que Nokia puisse se réinventer” face à ce raz-de-marée américain. “Si on ne peut arriver premier on a perdu !” a-t-il précisé, même si l’histoire de l’innovation est remplie de contre-exemples.

Il faut aussi avoir une excellente connaissance du marché et des clients et aussi inculquer au personnel le goût de l’amélioration permanente.

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Il a donc donné des critères à son entreprise (Thales) afin d’émuler cette méthode et de se l’appliquer à soi-même. Voici les mots d’ordre qu’il a suivis :

  • Être premier sur le marché ;
  • Nos compétiteurs ne doivent pas l’avoir ;
  • Nous n’étions pas sur ce marché avant  ;
  • Nous avons un brevet qui nous donnent un avantage concurrentiel ;
  • Haute qualité et fiabilité ;
  • Maîtrise des croissances adjacentes ;
  • Support client de très haute qualité ;
  • Bénéfice client facile à comprendre ;
  • Créer un sentiment de fierté chez les employés ;
  • Utilisabilité et retour avec des success stories.

Au feeling

Mais qu’est-ce que tout cela a donné ? La méthode a-t-elle été efficace ? Je lui ai posé la question : “J’ai appris beaucoup sur le tas” a-t-il répondu, “j’ai pris une boîte dans le rouge et 3 ans après elle faisait de la marge ; ce n’est pas seulement dû à l’innovation mais cela a eu un rôle. Il y a eu aussi la motivation du personnel et le management au quotidien mais c’était un ingrédient important”.

Chez Dasssault il a été frappé par cette intervention de Serge Dassault au moment d’une prise décision quant à un investissement important « et n’oubliez pas que c’est avec mon argent que vous jouez ! » C’est une “leçon d’une importance capitale, car chaque innovateur”, a-t-il ajouté, “devrait penser qu’il investit son propre argent”, une chose qu’il n’a pas retrouvée chez Thales, mais le lecteur trouvera lui même d’autres exemples dans les entreprises qu’il voudra.

Les silos organisationnels sont moins nocifs que vous croyez !

« J’ai vu aussi de petites entités dans de grands groupes où les gens arrivent à mieux travailler ensemble et ça fonctionne mieux ». Les processus communs a-t-il enfin conclu, cela fait certes gagner de l’argent mais en fait, le fait que chaque silo invente ses processus, même s’il s’agit de duplications, est moins nocif que la perte de motivation induit par l’imposition de processus descendants.

Personnellement, je pense plutôt que la bonne formule est celle où les processus sont partagés mais incluent directement en leur sein une portion d’autonomie qui laisse la possibilité de créer aux employés.

Dans tous les cas voici une belle leçon d’innovation avec des enseignements utiles et inspirants qui permettront au lecteur avisé d’éviter de croire que le processus peut tout faire dans l’innovation, et que l’inspiration et la motivation peut faire des miracles, notamment dans le cadre d’un objectif partagé, celui de concevoir des produits de rêve …

« En innovation, tout est dans l’exécution » – avec Pierre Yves Chaltiel was last modified: juin 19th, 2013 by Yann Gourvennec

débat au G9+ : les opérateurs télécoms sont-ils des « dinosaures » ?

« Banks are dinosaurs » est une citation, jamais prouvée, souvent citée, attribuée à Bill Gates dès 1994 comme en témoigne cet article, véritable reliquat du passé jurassique de l’Internet. Et il est vrai que Microsoft, et Quicken ont remplacé les banques … Euh ! Non, finalement, ce n’est pas ce qui est arrivé [petit divertissement : voir ici le projet de lancement de banque par Microsoft]. Et il est vrai que les  “pure players” de la banque, arrivés de façon tonitruante sur le marché au début des années 2000 ont remplacé les “dinosaures”, c’est bien connu aussi. Ah ! Non plus ? ! Banque directe a été rachetée il y a 100 ans par Axa, ING Direct (leader en France de la banque en ligne, c’est-à-dire pas leader de la banque tout court) n’est pas spécialement indépendante, Eggbank a été rachetée par Yorkshire Building Society (une banque provinciale traditionnelle du secteur du crédit immobilier donc plus dinosaure on meurt), Zebank a fait long feu, elle-même rachetée par Egg (UK), elle fut purement et simplement fermée en 2004. OK ! Il y a Bforbank (Credit Agricole, encore un “dinosaure”) et Boursorama banque … filiale de la Société Générale ! CQFD. Si tant est  qu’on décrive ce qu’est réellement un dinosaure, au-delà de l’effet comique.

Alors, que penser de ce débat au G9+ auquel je vous encourage d’aller, le 24 juin à 18h30 à la maison des arts et métiers avenue d’Iena à  Paris ? Certainement qu’il est intéressant et propre à susciter les réflexions.

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Digiworld Yearbook 2013

digiwordEn guise d’introduction, je propose que nous nous replongions dans la littérature (fraîche) du rapport Digiworld Yearbook 2013 de l’Idate qui vient de sortir, et qui dresse un panorama du secteur digital, avec un angle Telecom assez prononcé. Ce rapport est un classique de ce marché, et je ne saurais trop en conseiller une lecture approfondie. Alors, quels sont les enjeux dans les télécom aujourd’hui ?

  • Tout d’abord un environnement de crise, mais là, rien de nouveau sous le soleil, ce n’est pas particulier au secteur ;
  • Une errosion des valeurs (on l’a vécu en France récemment, mais dans la plupart des pays européens ce n’est pas nouveau ; en Allemagne, en 2012, 22% du marché des mobiles était déjà aux mains des MVNO; mais que dire du Danemark ou des Pays-Bas ou de l’Autriche et de la Suisse etc.) ;
  • Une montée en flèche des acteurs de l’Internet (voir ci-dessous, et aussi l’infographie complète  ici) alors que le marché du cœur du numérique (donc traditionnels comme les Telecom) sont plus à la peine : c’est surtout cela qui préoccupe le secteur, et sans doute ce qui doit justifier la bonne vieille analogie du “dinosaure” (on se demande bien ce que cela veut dire d’ailleurs, trop gros ou trop vieux?) …

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  • Doublée d’un jeu de Go avec  les nouveaux acteurs dits “OTT” (Over The Top). Over the Top, puisque c’est la signification de cet ATL (Acronyme en 3 Lettres ), ce sont les acteurs qui sont supposés créer la valeur au-dessus du réseau et non plus, comme cela était le cas par le passé (on pourrait débattre de cela d’ailleurs) via le réseau. On rappellera qu’en Anglais “Over The Top” se dit aussi de quelqu’un qui en fait un peu trop, un frimeur, en quelque sorte. Une expression fort intéressante issue … des tranchées de 1914. Les acteurs de l’Internet qui sont au top du hit parade de l’Idate sont-elles donc “absolutely over the top”? ;
  • Peut-être pas tant que ça. La vision de l’économie binaire, des perdants et des gagnants s’applique rarement. Car l’économie n’est pas un jeu à somme nulle. Même dans la photographie, symbole d’un secteur « désintermédié » où des géants du secteurs sont morts KO debout, voyez comment les acteurs traditionnels du secteur comme Nikon et Canon (et Minolta via Sony) ont bien résisté aux changements et même redéveloppé un nouveau business bien juteux, en rétablissant leur duopole leader. Certes, Ilford et Kodak font partie du passé. Mais il n’y pas de jeu à somme nulle où les sommes perdues par les autres = les sommes gagnées par les uns. C’est une vue idiote et simpliste de l’économie décriée par le Professeur Simonnot dans un livre fameux (Philippe Simonnot : 39 leçons d’économie contemporaine) ;
  • La preuve en image avec Vincent Bonneau de l’Idate :

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Plus d’infos sur le Yearbook 2013 via cette présentation :

Alors, Dinosaures ou non dinosaures ? Sauf à jouer à se faire peur, je ne vois pas de honte à faire du business avec des services d’infrastructure. D’ailleurs, certains acteurs de l’Internet y sont venus et avec brio, c’est quelque part la preuve qu’il y a de la valeur dans l’infrastructure, et pas une opposition, artificielle, entre ce qui serait SUR le réseau (ou le data center) et DANS le réseau (etc.). Sans infra, donc pas d’Internet. Sans FAI, pas d’OTT. Sans une technologie de rupture, qui permette de se passer de l’infrastructure actuelle ou en cours de construction, pas de dinosaures. C’est un peu comme les pneumatiques du début 1900 dont on peut encore admirer la vieille usine quai d’Ivry, à l’école d’architecture de Paris. Le télégramme et le téléphone ont tué le pneumatique. La technologie, supérieure, a permis de rendre obsolète le réseau de pneumatique. Aujourd’hui, je ne vois pas de technologie de rupture émerger. Le Wimax ? Non. Le roaming Wifi ? Non.

Je ne crois donc pas à un fatalisme du secteur des Telecom. Il y aura certes, à terme, comme dans la photo, les Kodak et les Nikon. La question n’est pas celle d’un jeu à somme nulle, mais d’une transformation industrielle, dans laquelle il y aura les bons et les mauvais.

Quelque part, j’ai la sensation que c’est la conclusion à laquelle arriveront peut-être les débateurs du G9+.

A vos souris !

Grand débat organisé par le G9+: Quel avenir à l’horizon 2020 pour les opérateurs télécoms? RV le 24 juin à 18h30

Cinq personnalités majeures du secteur apporteront leur propre vision sur les évolutions à venir : usages, technologie, valorisation financière, aspects économiques et politiques, …

Côté scène : augmentation des usages et débits, mobilité, objets intelligents/connectés, virtualisation (cloud), hébergement applicatif … , une profusion de nouvelles offres à donner le tournis. Côté coulisse : une concurrence féroce entre les opérateurs télécom et les acteurs venant du web, dont le marché mondialisé et les autorités de régulation sont les arbitres. Dans un tel contexte, combien d’acteurs subsisteront d’ici 5 ans et quels seront leurs positionnements, leurs stratégies industrielles et les chaines de valeurs associées ?

Tradition « sans langue de bois » oblige, le G9+ vous permettra d’interagir avec eux, de challenger leurs visions et de déceler des opportunités personnelles, professionnelles et business pour les 5 années à venir. A l’issue de la conférence, un cocktail permettra de prolonger les échanges avec les intervenants.

Pour s’incrire en ligne, cliquer sur le bouton suivant :

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Fleche titre Intervenants
François Artignan, Head of Media and Telecom Finance de BNP-Paribas

  • Thierry Bonhomme, Directeur Executive de FT – Orange
  • Philippe Distler, Membre du Collège de l’Arcep
  • John Stratton, President de Verizon Enterprise Solutions
  • Richard Viel, Directeur Général des Opérations Commerciales de Bouygues Telecom
  • Animation : Yves Gassot, Directeur Général de l’IDATE

Cet échange sera animé par l’un des meilleurs spécialistes du secteur : Yves Gassot, DG de l’IDATE.

Date
le lundi 24 juin 2013 à 18:30

Lieu
Maison des Arts & Métiers
Salle la rochefoucauld
9 Avenue d’Iéna, 75016 Paris

Retrouvez dès maintenant la vidéo d’introduction sur G9plus.TV et réagissez !

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débat au G9+ : les opérateurs télécoms sont-ils des « dinosaures » ? was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Sam4mobile annonce (enfin) le véritable décollage de la pub mobile [startup de la semaine]

phone-largeLe marketing mobile, pour les lecteurs de Visionarymarketing.com, c’est déjà de la vieille histoire. Dès que les Smartphones sont nés (c’est à dire en 2003, et non ! Ce n’est pas Apple qui a inventé ça, loin de là**) on a commencé à en parler. Mais c’était très confidentiel … Sauf pour des pionniers comme Christophe Collet, fondateur de Sam4mobile, encore jeune et pourtant déjà vétéran de la discipline avec 10 ans dans le domaine, avec une entreprise qui s’appelle Adenyo. Alors on est passé du site Web au Wap (les ancêtres se souviennent des premiers sites Wap, rapides et peu conviviaux, ils nous ont cependant permis de naviguer en deplacement dès 2000), puis aux applications mobiles en attendant le responsive design qui va bientôt, via html5, mettre tout le monde d’accord et remettre les OS mobiles à leur place. 

légende : un marché ? une question de temps ! (photo antimuseum.com)

Christophe a donc « l’habitude de créer de l’audience, puis des outils pour monétiser cette audience » m’a-t-il confié en préambule de notre interview ; et je pense que cette interview va marquer dans le temps. Des entrepreneurs, on en croise ici à visionarymarketing.com, des jeunes et des vieux, des petits et des grands … Mais des visionnaires qui attendent en embuscade, tranquillement, sans s’affoler, alors que leur business model s’est déjà avéré en moins de 2 ans, que le marché grossit et qu’il l’ont préempté … c’est beaucoup plus rare.

Un marché se construit dans le temps

Car voici lecteurs, encore une preuve de ce que j’avançai il y a quelques semaines sur ces pages, innover prend du temps et requiert de la patience. Tout l’inverse de ce qu’on vous fait croire. Et innover demande du travail aussi !  C’est qu’il est rétif ce marché du marketing mobile. Et bien petit encore !

Voyez cet article de 2007 (ou encore celui-ci) où j’annonçais qu’il décollait enfin … 6 ans plus tard et quelques générations de téléphones plus loin, alors que la part de marché des Smartphones en France est arrivée quand même à 60%, le mobile ne représente que … 1.4% s investissements des annonceurs ! « Peut mieux faire » aurait dit mon vieux prof de maths.

Les perspectives

Et pourtant, il y a de l’avenir dans ce marché on s’en doute bien, et l’annonce des chiffres par Christophe m’ont fait pas mal réfléchir. C’est que déjà 8% de notre temps média est passé sur le Smartphones mais 20% en moyenne, plus aux USA, des visites Web parviennent des mobiles et tablettes !

Christophe Collet a donc tout prévu en cas de décollage. Il a créé SAM4mobile et a vite convaincu les grands annonceurs et les agences du bienfait de la mesure de l’efficacité publicitaire. Il est déjà sur le coup d’après… Et il prend même un coup d’avance avec l’attaque des marchés étrangers principaux (USA & RU). Anticipation, pensée globale, et essai-erreur et modestie (« on a développé notre produit et on s’est aperçu en « benchmarquant » la concurrence que les concurrents ne faisaient pas aussi bien » m’a-t-il confié), voilà bien les vraies recettes de l’innovation que chaque Startupper devrait entendre.

Place  à l’expert …

**Les premiers Smartphones commercialisés en 2009 étaient de la marque Qtek, ancien nom de HTC

Un vétéran du marketing du mobile

J’ai commencé dans le monde du mobile fin 2002 2003, j’ai à peu près fait tous les métiers du mobilier du marketing mobile. Depuis 10 ans, j’essaie de convaincre le marché les annonceurs que le mobile est le seul média personnel et le média de demain, il est important de toucher ces clients-là. Après 10 ans, ma chance, c’est que le mobile vient enfin à la mode.

Le vrai début du marketing mobile…

J’ai toujours dit que les médias mobiles suivaient le média Web 10 ans après. Le mobile a suivi la même transformation que l’ordinateur, qui au début ne servait qu’à faire du traitement de texte. Au début, le mobile servait à téléphoner, ensuite, il a bénéficié de plus en plus de fonctionnalités technologiques et notamment l’accès Internet. On peut accéder à Internet depuis un mobile depuis les débuts du WAP dans les années 2000, mais le vrai début du marketing mobile c’est l’arrivée de l’iPhone 3G, même pas du premier iPhone, c’est celui-là qui a fait comprendre aux gens qu’on pouvait accéder à Internet depuis un mobile. Du coup, cela a créé une audience et donc, il a été possible pour les annonceurs de toucher les consommateurs au plus près et de manière très personnelle. Le numéro mobile, c’est comme un numéro unique d’identification dans le monde qui permet de lancer la bonne offre au bon moment à la bonne personne.

Le paradoxe du marketing mobile

Un marché, ça prend du temps à se construire. Vous avez commencé à parler d’Internet à la fin des années 90 [NDLR : dès 1996 pour être précis] et pourtant, l’explosion d’Internet n’a eu lieu qu’après 2005, quand les gens ont commencé à acheter en ligne. Sur le mobile, c’est à peu près la même chose. Les médias sociaux, c’est arrivé sur le PC. Le mobile, c’est un nouveau média, de nouveaux formats ; c’est un média très hétérogène en termes de standards techniques. Pour construire une application, on va être obligé de la coder de plusieurs façons pour qu’elle soit présente sur les différentes plateformes, c’est un gros investissement pour les marques. C’est aussi un défi en termes d’expertise. Aujourd’hui, il y a peu d’experts sur le mobile et la façon de le traiter. Les parallèles qui sont faits pour dire que mobile = Web, sont faux. Il faut porter le contenu en fonction de l’environnement où on le consomme et comment le consomme. Il y a donc une certaine inertie sur ce marché, et les marques commencent seulement à construire ce contenu optimisé.

Windows ?

Microsoft a raté le mobile et les OS prépondérants sont l’OS Android (Google) et IOS (Apple). Après, bien évidemment, il y a du BlackBerry, et du Nokia, mais il y a la loi des 80/20 qui s’applique, et aujourd’hui, Android et IOS font 80 % du parc [NDLR: 90% aux USA selon Comscore cité par le JDNet de mars 2013], donc on obtient le « Reach » suffisant en développant uniquement ces 2 plates-formes. Est-ce que demain ce n’est pas le HTML5 et la 4G qui vont l’emporter ? Car on voit déjà aux USA que la consommation mobile se fait surtout via des sites optimisés [NDLR : en responsive design] alors que c’est exactement l’inverse en France.

Les interstitiels

C’est un format publicitaire, comme une pleine page dans un magazine. Quand vous vous connectez une application ou un site, vous récupérez immédiatement une publicité qui fait de la taille de l’écran. C’est là, pendant 34 secondes, vous pouvez le fermer ou au contraire engager avec la marque. Il est très répandu sommes.

La spécificité du mobile en matière de publicité

Aujourd’hui, il y a 2 caractéristiques de mobile :

  1. Il est utilisé à des moments d’attente ;
  2. on l’utilise pour se divertir, jouer, prendre de l’information rapidement.

Il faut donc capter l’attention du consommateur via du contenu créatif. La pire erreur serait d’adapter ce qu’on a fait pour les autres médias au mobile. Les gens veulent pouvoir interagir avec les publicités. Ce qu’on conseille aux marques, c’est donc de penser mobile. Il faut ensuite amener le consommateur interagir avec la marque. Il y avait une donc une réflexion autour du contenu à avoir. Et les campagnes qui marchent le mieux, sont celles pour lesquelles le format a été rapidement pensé pour le mobile, et pas les adaptations. De même, il faut créer un contenu de marque de produits à usage en mobilité.

Sam4mobile, un ad-server dédié au mobile

Je suis parti du constat que la consommation du média mobile représente 8 % de la totalité de la consommation médias d’un utilisateur ; mais seulement 1.4 % des investissements médias ! Pourquoi un tel écart ? Le premier frein a été que l’annonceur ne savait pas où allait l’argent. Si on ne peut pas mesurer l’efficacité de sa campagne mobile, ça ne donne pas envie d’investir !

Ce qu’on a fait, c’est qu’on a créé un produit pour les annonceurs et leurs agences médias, qui généralement pilotent les outils d’efficacité publicitaire des annonceurs, ce qui va leur permettre de :

  1. Mesurer l’efficacité de leurs campagnes : c’est-à-dire de vérifier que ce qu’ils ont acheté auprès des régies a été effectivement livré et ensuite de mesurer les clics, donc le véritable engagement le consommateur ;
  2. Puis de définir des coûts d’acquisition pour optimiser leurs investissements publicitaires et d’optimiser les budgets ;
  3. Et enfin de démontrer à l’annonceur que le mobile n’est pas qu’un média d’image pour les jeunes mais un média qui permet d’obtenir de véritables résultats.

Across both mobile web & apps

Sam a 80 % de parts de marché en France, qui reste cependant un petit marché, quelle est votre stratégie à l’international ?

Sam est jeune, la société a été créée début 2012, et on a réussi à convaincre les grandes agences médias de l’intérêt de ce produit, les annonceurs ont aussi été conquis.

Ensuite, on a fait un benchmark de la concurrence de manière défensive, et on s’est posé la question : « que vont faire les États-Unis, le Royaume-Uni etc. ? Comment on va se faire attaquer, comment on va se protéger ? » Et en faisant cette analyse concurrentielle, on a constaté que nos concurrents sont généralement issus du Web et se disait compatibles pour le mobile, mais qu’ils ne l’étaient pas.

Comme notre logiciel est assez facile et peu coûteux à déployer, on a décidé d’ouvrir dans les pays qui sont leaders en publicité : les États-Unis et l’Angleterre. Ce sont les pays moteur de cette activité pour le monde entier, et on a donc ouvert un bureau à New York et à Londres afin de convaincre les annonceurs locaux d’utiliser SAM. Les premiers retours sont très positifs, les agences sont habituées à contrôler l’efficacité de leurs investissements sur le Web et de n’ayant pas aujourd’hui d’outil pour le mobile, elles trouvent le discours et la technologie pertinents. Et aujourd’hui, elles nous testent, et si ces tests s’avèrent concluants, on est passera à l’étape d’après, et nous passerons des contrats avec les agences comme  Carat, Havas média, Vivaki (Publicis), Performix…

Le marché : 10 % des investissements médias en 2015 ?

Le marché français est petit et la part dédiée au mobile est de 1.4 % seulement de l’ensemble des budgets des marques, cela reste donc très petit. Il est environ 10 fois plus petit que le marché américain mais on espère que d’ici 2 à 3 ans le mobile représentera 8 à 10 % des investissements médias, c’est la grande tendance. Nous sommes spécialisés là-dedans, nous avons de bonnes chances de croître avec le marché.

Sam4mobile

Il y a 15 personnes dans l’équipe Sam4mobile dont 6 ingénieurs dédiés à la R&D, qui développent le produit et créent la fonctionnalité de demain. On crée de nouvelles fonctionnalités environ tous les mois. Ensuite, vous avez 6 personnes qui sont dédiées au support client et 3 personnes au commercial pour vendre le produit aux agences. Pour la première année, nous sommes rentables, nous avons amorti nos investissements. Nous avons fait environ 500 000 € de chiffre d’affaires la première année et sommes en voie de faire 4 fois plus cette année. Notre pari est de prendre des parts de marché et de bien servir les agences et annonceurs pour rendre transparent le média mobile et montrer son efficacité. On est bien placé quand les investisseurs investiront dans le mobile plus tard et on est persuadé que dans les 2 ou 3 ans qui viennent, le mobile aura pris une très belle part de l’investissement publicitaire de certaines marques.

Sam4mobile annonce (enfin) le véritable décollage de la pub mobile [startup de la semaine] was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Telecom Ecole de Management lance son eMBA 100% digital et innovation

earth-smallHier soir, 13 juin 2013, j’ai bravé la grève et le froid sibérien afin d’assister à la présentation de l’executive MBA de Mines Telecom Paris (la réunion des 2 grandes écoles sous le nom de ParisTech). Le nom du MBA est “leading innovation in a digital world”. Didier Tranchier, Directeur du Programme MBA, nous a présenté le programme, sa spécificité et sa philosophie, 100% digitale et innovation.

Telecom Paris faisait partie du groupe Telecom (sur ses campus de Brest, Evry, et de Telecoms Ecole de management). Le campus de Telecom Ecole de Management est à Evry, mais depuis la fusion avec Mines (même si sur le Web tout cela paraît encore largement confus) le regroupement au sein de ParisTech l’ensemble constitue un des premiers campus européens fait du regroupement de 13 écoles d’ingénieurs (j’en compte beaucoup peu plus que ça sur le site Web, surtout si on ajoute les écoles associées).

Un nouveau eMBA, 100% innovation et digital

Il y a 6 mois, ils ont lancé leur eMBA, accrédité par Aacsb et AMBA (ce qui leur vaut le rang 41 sur la liste du FT des masters in managament) qui est entièrement centré sur l’innovation technologique. Selon Didier Tanchier, Directeur du Programme MBA, entrepreneur et business angel, il s’agirait selon lui du seul MBA en Europe basé sur l’innovation technologique.

Le système est très différent aux USA où on mélange à la fois science et business nous dit Didier. Ce n’est pas le cas en France où écoles de management et d’ingénieurs se tournent le dos. Et pourtant, pour innover, on le répète assez sur ce blog depuis la nuit des temps, il faut comprendre les 2 aspects. Le eMBA de Telecom Institut de Management reprend donc cet état d’esprit des grandes universités américaines pour aider à comprendre la numérisation et la transformation de l’économie via les technologies et l’Internet.

18 mois pour devenir un leader de l’innovation

Il y a dans ce eMBA des programmes similaires au MIT et Stanford selon Didier Tranchier. Un Executive MBA, c’est une pause offerte dans une carrière pour des personnes entre 5 et 15 ans d’expérience qui continuent à travailler et veulent rebondir. Le cycle dure 18 mois ; la prochaine promotion commence en janvier 2014 et finit en avril 2015. La formation est organisée en sessions de 3 jours qui ont lieu à l’ENST (Paris 13ème, rue Barrault) ou aux Mines de Paris (au Luxembourg, que les amis de Media Aces connaissent bien).  A la fin de chaque période un voyage d’étude est organisé. Le 1er voyage, sera Chennai (anciennement Madras) et Bangalore (2 villes très différentes). Le 2ème emmènera les étudiants en Finlande (à Tampere) et il y aua l’inévitable Silicon Valley. Chennai : c’est la nouvelle capitale de l’informatique en Inde. “On y recrute et on y garde le personnel plus facilement” selon Didier Tranchier. Ce ne sont pas forcément des SSII sous traitantes qui s’y implantent “mais des boîtes qui travaillent l’informatique de bout en bout”.

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Légende : Didier Tranchier lors de la présentation du eMba de Telecom Institut de Management

Apprendre aussi des erreurs des autres  …

Pourquoi la Finlande ? “C’est Nokia qui a fait décoller le téléphone mobile mais aujourd’hui Nokia a été éclipsé par Apple” a expliqué Didier Tranchier. La Finlande est pourtant un pays innovant avec un écosystème extrêmement riche. Un nouveau champion mondial va-t-il se développer en Finlande ? C’est toute la question, à laquelle les étudiants pourront tenter de répondre.

Pourquoi ne trouve-t-on pas Silicon Roundabout ni Tel Aviv dans ce programme ? Israël est la « startup nation » nous dit Didier Tranchier mais “son souci est qu’ils n’ont pas de clients locaux” même si la diaspora est très forte et très solidaire.  “Ils sont très forts sur la partie militaire vu la proximité avec l’armée israélienne”. Mais le “but n’est pas d’aller dans tous les endroits (il y a Berlin aussi, et ce serait même plus fort que Londres)”. Quant à la Silicon Valley, “elle commence à être déséquilibrée car le coût du développement est exorbitant et le modèle est en panne” même si la machine est loin d’être arrêtée, on en conviendra.

Aujourd’hui, Didier voit aussi beaucoup de startups venir d’Afrique et autres endroits où il n’y a pas d’infrastructure. De nouvelles perspectives s’ouvrent. Une affirmation confirmée le soir même par Richard Attias sur LCI, “la croissance de certains pays africains comme la Côte d’Ivoire approche de 10% et fait émerger de nouveaux chammpions, où malheureusement la pauvreté subsiste en parallèle” a-t-il dit en substance.

La France n’a pas à rougir

Master Class de Olivier EzrattyLe choix du mba est de comprendre ce qui se passe dans certains endroits mais pas de tout voir. La France n’a pas à rougir selon lui et elle est même bien positionnée notamment sur la R&D. Les profs viennent de France et de l’international (on y trouve Olivier Ezratty entre autres, qui est un de mes confrères auteur chez Kawa éditions).

Une originalité : enseigner le savoir-être

Une des caractéristiques du programme est d’insister sur le savoir-être et non pas se limiter au savoir-faire. Les aspects socio-culturels sont importants et le programme encadre les étudiants et incube aussitôt des startups. Sur la partie multiculturelle le programme traite aussi des sujets comme le management de s équipes à distance par exemple. La crise est une énorme opportunité selon Didier ;  “on est en train de reconstruire une nouvelle économie avec le digital a-t-il conclu”. Car la technologie créé aussi des marchés sans limites du moins sans limites visibles.

Le coût du programme

Il en coûtera 30k€ pour le programme. 10 étudiants seront recrutés sur la première promotion, et la limite “sera fixée à 20 étudiants dans le futur” a précisé Didier Tranchier. Les étudiants auront des origines diverses, avec des commerciaux, des ingenieurs et même des littéraires, des gens de startups et de grands groupes. Les cours sont livrés en Anglais par des professeurs français et étrangers.

>> pour s’inscrire au eMBA

Telecom Ecole de Management lance son eMBA 100% digital et innovation was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Les boss d’accord pour dire que les médias sociaux ont changé la donne !

La sélection du jour …

C’est l’article de Thierry Moussu, pour tout savoir sur la conférence des « boss qui tweetent … ou ne tweetent pas », qu’il a bien voulu rédiger pendant que nous animions la conférence Media Aces du mardi 11 juin 2013 à Mines ParisTech. Un véritable ravail de titan dans lequel il a consigné chaque point, chaque remarque, en tapant énergétiquement sur sa tablette (voir la photo en bas). Ce qui m’a frappé dans ce débat, en dehors de l’opposition assez nette – et voulue entre les patrons qui twittaient (Nicolas Bordas et Françoise Gri) et ceux qui étaient en opposition (Bruno Witvoët et Gonzague de Blignières) c’est plutôt, cela peut paraître bizarre, une forme de consensus qui se dégageait de la réunion.

Certes, il y a des pours et des contres. Certes, Françoise Gri a recruté son Directeur Digital en utilisant Twitter et elle incite fortement ses managers à tweeter (ce qui a provoqué d’ailleurs des réactions assez hostiles … le choix de Twitter ou non doit rester personnel, c’est aussi ma conviction). Certes, de l’autre bord, on fustigeait la culture du zapping (là encore pas à mauvais titre), ou le fait que toute cette communication en ligne ne devait pas se mettre dans le chemin des humains qui veulent se rencontrer (encore un consensus large dans la salle).

Mais surtout, surtout … ce qui m’a frappé au-delà de toutes ces anecdotes ou de ces points de vue, c’est le fait que tous s’accordaient à dire en fin de partie que, nolens volens, Twitter et les médias sociaux avaient changé la donne.

S’il y avait donc une chose que je voudrais retenir de cette conférence riche et animée, ce serait ce point, qui a rassemblé tous les intervenants, au-delà de leurs divergences.

Vous pouvez retrouver la conférence au travers se sa large couverture médiatique (L’Express, Libération, Les Echos et les blogs) …

Et sur la page  Flickr de Media Aces qui reprend mes photos de l’événement :

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par Thierry Moussu, pour le compte de Media Aces

MINES ParisTech accueillait hier matin la conférence / débat sur l’usage et les pratiques de Twitter par les dirigeants d’Entreprise. Nous avons demandé à Thierry Moussu (voir sa biographie en fin d’article) de faire un compte-rendu de la conférence, nous le remercions chaleureusement pour ce travail très précis et complet.

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Quelques intervenants à la conférence Media Aces du 11 juin 2013 de gauche à droite : Fabienne Simon, Françoise Gri et Nicolas Bordas

L’étude exclusive Ipsos-Media Aces

Fabienne Simon (@FabienneSimon), DGA d’Ipsos Public Affairs a tout d’abord présenté les résultats d’une étude qualitative réalisée par IPSOS en exclusivité pour Media Aces.

Les principales conclusions de cette étude dont vous pourrez retrouver la synthèse ici sont les suivantes :

Pour les boss qui tweetent :

Les dirigeants qui utilisent Twitter le voient d’abord comme un espace de liberté unique, qui casse les schémas habituels de la communication Corporate et leur permet de s’exprimer spontanément et immédiatement, au risque parfois de court-circuiter le département Communication de l’Entreprise

Twitter est un média qui intrigue, qui séduit, qui fascine même parfois, et qui comble à la fois le cerveau droit et le cerveau gauche des dirigeants qui l’utilisent

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Fabienne Simon, DGA d’Ipsos qui a présenté l’étude exclusive Ipsos-Media Aces

L’usage de Twitter est très hétérogène au sein du patronat français, qui dépend à la fois de la personnalité (mais aussi de l’âge) du dirigeant, du type de business (plus « facile » en B2C qu’en B2B), ou du domaine d’activité de l’entreprise. Il est évidemment plus naturel pour un dirigeant d’une PME liée à l’écosystème digital d’être sur Twitter que pour le patron d’une entreprise manufacturière traditionnelle qui a l’habitude de ne communiquer que par Communiqué de Presse.

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Thierry Moussu en pleine concentration sur son compte-rendu 

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à propos de l’auteur …

Ancien d’OpinionWay, OTO Research (groupe FullSIX) et plus récemment de Linkfluence (spécialisé en Social Media Intelligence), Thierry Moussu possède une double expertise en études Marketing et en marketing digital. Il cherche aujourd’hui un poste de Social Media Manager chez un annonceur, n’hésitez pas à le contacter via linkedin ou Twitter !

>> lire la suite de l’article sur le blog de Media Aces : “pour tout savoir sur la conférence des « boss qui tweetent … ou ne tweetent pas”

Les boss d’accord pour dire que les médias sociaux ont changé la donne ! was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec