Mieux que le big data … améliorer l’expérience client (interview Marketforce)

ideoshoppingcartLes clients mystère, ça n’a rien de nouveau ; cette technique marketing date même des années 40. Elle fut donc utilisée avant même que le terme « marketing » ait été inventé. Cependant, MarketForce, une entreprise américaine avec des bureaux à Londres, et plus récemment en France et en Espagne, a commencé à révolutionner la façon dont les enquêtes clients mystère étaient réalisées, grâce au recours au Crowdsourcing et à l’utilisation intensive du marketing digital.

Marketforce met à disposition de ses clients un logiciel dans un modèle SaaS, sur lequel ceux-ci peuvent ordonner et consulter leurs données marketing en temps réel. Ceci, en soi, est dans le ton de ce qui se voit un peu partout avec les logiciels qui se développent ici et là dans le big data, et n’a rien d’extrêmement innovant. Mais il y a un domaine dans lequel Marketforce est certainement allé plus loin que les autres entreprises qui ont surfé sur la vague big data, c’est la manière dont ils collectent les données elles-mêmes. En effet, une grande partie de la qualité du résultat qui sort des instruments de big data revient finalement à la façon dont l’information est collectée originellement. Comme le dit le vieux proverbe des informaticiens : « garbage in, garbage out ».

Il faut noter par ailleurs, qu’il y a quelque chose d’un peu naïf dans cette folie big data du moment, qui tend à faire croire qu’un logiciel seul pourrait résoudre comme par miracle les problèmes marketing des entreprises, avec au premier chef, la gestion de la relation clients, juste en pressant un bouton. Avant toute chose, la qualité des données et un objectif clair sont requis. C’est définitivement dans cette voie que Marketforce a réalisé l’intégration d’une chaîne complète depuis la collecte des données jusqu’à leur livraison. En fait, on pourrait dire que l’entreprise américaine es autant un cabinet de recherche marketing qu’une start-up du big data, et c’est cela qui fait qu’elle sort du lot, avec une stratégie qu’on pourrait presque qualifier de « Blue Ocean ».

Janet Eden Harris et  Simon Boydell qui ont répondu à nos questions à Paris

Mais avant tout, ils utilisent intensivement les techniques de marketing digital (marketing automation, marketing de l’affiliation, etc.) de façon à recruter de véritables clients consommateurs qui les aident dans la collecte des données au sein de leurs études.

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Alors que l’entreprise américaine vient de s’établir en France et dans le reste de l’Europe, où le service client est traditionnellement mauvais pour le pas dire désastreux, marketforce fournit un cas d’école à propos des stations-service françaises (voir l’étude 2013 sur les stations-service) qui montre le niveau de satisfaction ds clients, pas aussi évident qu’on pourrait croire, même pour un service aussi basique. Comme ils le disent eux-mêmes dans l’interview, « un service acceptable, n’est pas suffisant » et on espère, que cette étude, et le service que fournit marketforce, sera d’un grand secours à nos entreprises européennes afin qu’elles changent la façon dont elles servent leurs clients, ce qui à son tour leur permettra de traverser la crise plus ou moins sans encombre.

Voyons donc plus en détail cette offre avec Simon Boydell et Janet Eden Harris de marketforce, que j’ai interviewés à Paris il y a quelques semaines*.

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dessin par antimuseum.com

avec Janet Eden Harris, CMO & SVP Strategy at Market Force Information et Simon Boydell, Global Marketing Manager chez Market Force Information

Marketforce, qu’est-ce que c’est ?

Janet : notre solution permet aux grands distributeurs d’améliorer leur business, en se focalisant sur la satisfaction de leurs clients et l’expérience qui leur offrent en magasin.

Simon : notre cible sont les distributeurs, les fournisseurs de services de loisirs et hôtels cafés restaurants, en bref tout type de business qui a un contact avec des consommateurs au travers de tous les canaux de communication. Il n’y a pas que l’expérience en magasin qui est concernée, nous traitons aussi de la relation client en ligne, au travers des call Centers, nous pouvons collecter des données relatives à l’expérience client sur tous les canaux.

Un modèle SaaS : la plate-forme knowledge force

Simon : notre plate-forme de connaissance client Knowledge force est le point d’accès central pour tous nos clients. Une fois identifié, chaque client obtient un accès sur-mesure et individuel au site de façon à consulter ses  résultats en temps réel de telle façon qu’il peut savoir comment les clients perçoivent l’offre du commerçant. Cela ressemble un peu à un modèle SaaS, mais c’est aussi assez différent des autres systèmes de CRM qu’on trouve sur le marché. Toutes les informations sont produites et mises à disposition sur les différents terminaux ; vous pouvez ainsi vous identifier et voir vos tableaux de bord; pas seulement un ensemble de tableaux de bord prédéfinis, mais aussi des instruments personnalisés que vous pouvez créer vous-même et produire sur la plate-forme, de façon à recouper les informations et les analyser à votre guise.

La collecte de données : depuis les clients mystère jusqu’aux médias sociaux

Simon : nous avons 600 000 véritables consommateurs en ce moment, qui sont donc capables de réaliser des visites mystère pour nous et nous renseigner sur leur expérience client, et nous pouvons coupler ça avec des études de satisfaction sur tous les professionnels que nous mesurons. Toutes ces informations viennent nourrir la plate-forme et nos clients peuvent voir directement les résultats sur l’écran, en temps réel, de façon à ce qu’ils gardent puissent mesurer le pouls de la satisfaction de leurs consommateurs en permanence.

Janet : nous pouvons aussi récupérer les données des médias sociaux et les recouper avec les données qui viennent d’autres sources, d’autres fournisseurs de données et même des données financières propres à nos clients que nous pouvons croiser et rassembler.

Assurer la validité des données

Janet : la façon dont nous procédons tient beaucoup à la localisation des  points de vente de façon que, si je suis le gérant d’un de ces points de vente, je peux en consulter les données de satisfaction client et croiser ces données avec d’autre données en provenance des visiteurs mystère et aussi les commentaires dans les médias sociaux. Ainsi, je peux prendre des décisions, car je peux comprendre ce qui va bien mais aussi ce qui va moins bien et que j’ai besoin d’améliorer.

Recruter de véritables consommateurs

Simon : ce n’est pas toujours facile, mais la façon dont on s’en sort tient beaucoup à l’optimisation de notre site Web en termes de référencement naturel dans les moteurs de recherche ; ensuite, nous avons un certain nombre de projets avec beaucoup d’autres sites Web qui permettent d’impliquer beaucoup de consommateurs qui cherchent à vivre une expérience client différente et également recevoir une rétribution alors qu’ils continuent à consommer dans les endroits qu’ils privilégient.

Cette rétribution correspond à un très faible montant, cela permet à ses consommateurs de sortir gratuitement, et de se rembourser, par exemple, un repas au restaurant.

Le Royaume-Uni, la France et l’Espagne

Simon : nous sommes au Royaume-Uni depuis 2003 et nous avons ouvert un bureau à Paris, nous en avons également un à Madrid. La décision de s’installer ici ou là dépend beaucoup des opportunités de business. Nous pensons que nous devons venir soutenir les entreprises en France de façon à ce qu’elles comprennent mieux leurs clients car dans le climat économique d’aujourd’hui, la fidélité client est d’une importance capitale ; et nous pensons que les informations que nous vous pouvons fournir aux entreprises leur permettront d’améliorer cette fidélité, et d’améliorer aussi la façon dont ils travaillent afin de développer leurs ventes.

Le cas d’école sur les stations essence en France : « un service acceptable n’est pas suffisant ! » (Voir l’étude sur les stations essence en France en 2013)

Simon : nous avons récemment entrepris une étude sur un panel de façon à obtenir des retours sur l’expérience client dans les stations essence en France et nous partageons cette étude sur le Web en ce moment. Ceci permet de souligner que les consommateurs ont des stations préférées, mais pas seulement ;  il y a aussi des raisons qui font que ces consommateurs se rendent dans cette station plutôt que telle autre, et que ces décisions qui sont prises par ces consommateurs dans ces stations sont aussi autant de chances pour les commerçants de comprendre en quoi leur qualité de service est acceptable ou non. Ce que l’étude a démontré, c’est qu’ « une qualité de service acceptable n’est pas suffisante ! »

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Expérience client en Europe ? Comme le disait mon vieux prof de maths… « Peut mieux faire ! » (Extrait de l’étude sur les stations essence)

Cette étude fut entreprise auprès de 1500 consommateurs dans toute la France, avec une répartition représentative en termes d’âge, de sexe et d’origine géographique ; toutefois, chaque étude est spécifique, notamment du secteur dans lequel elle s’opère.

retours d’expérience

Simon : l’impact que la satisfaction peut avoir sur les consommateurs et leur propension à recommander un commerçant est un point de vigilance pour les commerçants. Un score de 4/5 est très différent d’un score de 5/5.

L’expérience client

Le prix et la proximité vont toujours être importants, cela est compréhensible, mais il y a aussi le service que les clients reçoivent dans les stations ; l’amabilité du commerçant et l’efficacité de ce service ont toujours un impact très important sur les consommateurs ; quand les clients sont surpris agréablement par l’amabilité et l’efficacité du service, cela change profondément leur expérience client.

À propos de l’entreprise : une stratégie « blue ocean »

Notre ambition est d’aider les entreprises françaises à améliorer le service qu’ils offrent à leurs clients. Nous avons certainement des intentions de nous développer, car nous pensons que nous notre offre est très attractive pour nos cibles. En termes de concurrence, nous n’avons pas un seul concurrent direct, nous en avons plusieurs au travers des différentes disciplines et méthodologies que nous utilisons. Nous avons certainement pour intention de grossir et d’investir ici en France, et nous avons pour but de développer cette équipe rapidement car nous pensons qu’il y a possibilité de prolonger ici le succès que nous avons eu dans d’autres pays. Marketforce emploie aujourd’hui 450 personnes dans le monde, et 156 en Europe, sa croissance est rapide.

Janet : notre chiffre d’affaires est d’environ 60 millions de dollars en ce moment.

*Note : cette interview a survécu au vol de tout mon matériel de travail le 2 juillet 2013, y compris mon carnet avec toutes mes notes de l’interview. J’ai donc reconstitué cette interview de mémoire en réutilisant le podcast que j’avais enregistré pour l’occasion et fort heureusement sauvegardé.

Mieux que le big data … améliorer l’expérience client (interview Marketforce) was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

e-réputation : 10 pièges à éviter selon Emmanuel Vivier

book-new-largeJe me suis rendu le 11 juillet 2013 chez Ladurée à l’invitation de Synthesio (qui poursuit son développement international de façon spectaculaire) pour écouter notre ami Emmanuel Vivier, du Hub forum institute, et ancien patron de Vanksen.

Emmanuel est un vieux routard du Web collaboratif ; dans cette présentation, dont vous trouverez les slides à télécharger ci-dessous, vous avez l’essentiel des pièges à éviter. Rien à redire, sinon que bien entendu la mise en œuvre est toujours plus difficile que la théorie. Encore faut-il la connaître.

Notes prises sur la présentation d’Emmanuel vivier : les erreurs à ne pas commettre en e-réputation

Hub institute : think tank sur le digital et accompagnement des clients sur la transformation digitale. Le digital est un des sujets actuels et la conséquence du digital est que “plus l’expression se libère pour les clients et les employés, plus on voit les crises se multiplier”. On parle beaucoup de digital, mais cela reste le problème de vrais gens avec des problèmes qui sont loin d’être virtuels et qui finissent dans la presse. Les secteurs les plus touchés : aérien, nourriture, FMCG, il faut se poser la question en fonction de son secteur …

comment bien se protéger sur Internet (photo antimuseum.com)

Dans le crash de SF il y avait des gens qui tweetaient quelques minutes après le crash ! Avant d’acheter quelque chose, on sait tout sur les produits et avant d’avoir acheté le produit on sait tout sur lui.  La valeur de la marque est aussi liée à ce qu’on dit sur elle et aujourd’hui on a des gens qui ont, avec les réseaux sociaux, ont autant d’outils et d’infos que les marques et qui sont plus malins et qui sont très renseignés. 

Entre dire que c’est important et s’y lancer, il y a une marge … La difficulté est de savoir qui parle de vous et de quoi ils parlent et si on veut organiser ça avec un tableur ça va être un peu compliqué et ensuite il va falloir quantifier et qualifier tout ça.  Au niveau du web il y a énormément de sites et il ne faut pas oublier les forums.

10 erreurs à ne pas commettre quand on surveille sa e-reputation

Première erreur : croire que c’est simple

  • Si on fait la Chine et qu’on n’a pas Sina Weibo on n’ira pas très loin, il fau d’abord connaît les réseaux locaux
  • Ensuite il y a de la quantification (ça se passe plutôt bien sur la plupart des plateformes)
  • La où ça se corse c’est quand on veut ajouter du qualificatif notamment si du positif et du négatif existe dans la même revue de produits. Les produits permettent de pré qualifier mais il est difficile de tout demander à l’outil.
  • L’aspect réactif est loin d’être aisé

La deuxième erreur : pas un seul outil

  • C’est un écosystème en mouvement il n’y aura jamais l’outil parfait les fonctions bougent tout le temps
  • Se poser les questions sur la vision et la R&D du partenaire de veille
  • On veut tout tout de suite et ce n’est pas possible
  • Si on met des mots clefs trop generiques, c’est mauvais si on est trop précis on passe à côté de beaucoup de choses
  • Exemple : Wdmtg.com pour suivre un Tweet
  • Quel est la disponibilité du prestataire (les US regardent la France comme la Corse des États Unis)
  • Capacité d’analyse : ai-je les équipes qui sont capables par exemple d’analyser les mentions en Arabe ?
  • Capacité de stockage des historique ? (Bases de firehose Twitter sont assez chères)
  • Quels outils de réaction ? Comment savoir si ont a réagi aux mentions et qu’on a agi
  • Multilinguisme
  • Fréquence de mises à jour et éviter de passer à côté d’un problème

Troisième point : toutes les marques ne sont pas egales

  • Pur filtrer entre le bruit et le signal c’est très difficile
  • Playstation : 220000 citations mais beaucoup soient des mentions de compatibilité des jeux dans les descriptions produits donc ça n’a aucune importance
  • Benetton
  • Les opérateurs Telecom

Quatrième erreur : penser qu’un outil est suffisant

  • Si on ne s’oblige pas à y aller, à quoi ça sert d’acheter un outil ?

Cinquième erreur Se contenter de répondre aux bad Buzz

  • Il faut surveiller ses noms de domaine
  • Écouter c’est bien mais il va falloir aussi répondre notamment quand des gens écrivent quelque chose de bien sur vous. Il faut encourager les fans
  • Essayer de gérer les râleurs en amont (sauf si ce sont des zélotes), même si c’est un petit détail mais il faut éviter au consommateur d’avoir un problème et de le laisser se développer
  • Il faut créer des processus pour que les CM sache quand c’est OK ou pas OK de répondre, de réveiller son boss, etc. Il y a un boulot de sensibilisation à mener …
  • Rien que la perte d’un mobile peut démarrer une crise
  • Chez coca cola il y a une adresse dans le monde qui gère la crise au niveau mondial
  • Certains employés peuvent aussi se retourner contre leur employeur (cf. sondent qui n’était pas un top manager et qui a réussi à créer une crise mondiale)
  • Exemple : dirty dirty dominos pizza (plus de chercher à nuire, c’est de la bêtise. Les conséquences ont été importantes pour la marque)
  • Les social media policies de Coca Cola sont hyper simples et les employés ne sont pas autorisés à s’exprimer sur les média sociaux sans avoir passé l’agrément.
  • Il faut aussi tenir compte des lourdeurs de l’organisation car les méthodes de crise traditionnelles sont trop lentes et le digital ne permet pas de se contenter de la complexité de l’organisation et des multiples couches.
  • But but a formé sa communauté de vendeur et la nommée Twelpforce. Il y a des inventives pour les vendeurs afin de les inciter à être plus participatifs et à prendre des initiatives auprès des consommateurs.
  • Vidéo Cisco social miner tarentule

Sixième erreur : être lent à agir

Septième erreur : penser qu’on peut agir seul

  • Il faut trouver ses fans et ses détracteurs et créer une relation privilégiée avec ses fans
  • I faut connaître les influenceurs
  • Éviter d’envoyer un CP à tous comme ça :

Huitième erreur : ne voir que l’aspect ereputation

  • Vous dépensez plein en études et vous passez à côté de la capacité des médias sociaux en termes de retours d’insights
  • Mc do a lancé une Mc raclette car ils ont perçu cette tendance dans les médias sociaux et ils oint lancé le produit, le résultat à été au rendez-vous

Neuvième : se contenter de répondre et de réagir mais … Ne rien changer

  • C’est l’idée derrière le Buzz monitoring, s’il y a des gens qui râlent, il faut changer les choses

Dixième erreur : ne pas intégrer la ereputation dans son marketing

  • C’est bien de savoir si quelqu’un râle mais c’est mieux de savoir si c’est un client, un bon ou un mauvais client etc.
  • Il y a une force tendance avec Adobe, Salesforce et Oracle qui rachètent tout le monde et ceci place le social CRM au centre des préoccupations.
  • À côté des gros mastodontes, il y a aussi des petits acteurs plus souples (suivez mon regard 😉 et plus spécialisés.

Cet écosystème bouge beaucoup et n’est pas facile à comprendre et qui se construit beaucoup en marchant.

e-réputation : 10 pièges à éviter selon Emmanuel Vivier was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Sinek : le cercle d’or de l’innovation (golden circle)

La sélection du jour …

idea-visionary-marketing.gifEst cette superbe et motivante vidéo de Simon Sinek, qui a l’art de vous captiver en vous apprenant 1 seule chose et en vous démontrant qu’il a raison plusieurs fois au cours de la même vidéo. Aussi impressionnant pour ce qu’il dit que pour la façon dont il le dit. Sinek est à l’origine du concept de “Golden Circle of innovation”.

Le cercle d’or de l’innovation est quelque chose de simple, et comme souvent, ce sont les choses les plus simples qui sont les plus efficaces, même si la simplicité réside surtout dans la présentation et l’élocution d’un orateur de classe. Le phénomène en question est une explication du leadership, de l’innovation et de la raison pour laquelle les vrais leaders réussissent à innover et à passer le gouffre de Geoffrey Moore (voir ci-dessous), de convaincre la majorité. Ceci, non pour une forme d’innovation en particulier, mais quoi qu’ils fassent. Sinek prend 3 exemples très différents :

  • Jobs chez Apple [“car tout le monde pourra comprendre cet exemple là” dit-il, en substance] ;
  • Martin Luther King [“qui a partagé un “rêve” et non un “plan”] ;
  • et les frères Wright [qui ont réussi à faire voler un avion alors qu’ils n’avaient rien, pas d’argent, et même pas l’éducation, pour réussir].

Crossing the Chasm par Tom Fishburne

La vidéo de Simon Sinek
Golden Circle of innovation
The Golden Circle of Innovation – Simon Sinek

L’astuce ? Elle est simple, du moins en apparence : il suffit de se focaliser sur le “pourquoi” des choses, et le reste suivra. Or, nous (les marketeurs) nous centrons sur le “quoi” et le “comment” des choses : nous nous appesantissons sur les caractéristiques plus ou moins intéressantes – la plupart du temps pas intéressantes du tout – de nos produits, alors que nous oublions une chose essentielle : pourquoi nous les faisons, dans quel esprit, avec quelle vision.

Comme toutes les choses simples, c’est bien entendu ce qu’il y a de plus compliqué à réaliser : d’une part, cela ne veut pas dire que vos produits doivent avoir n’importe quelle caractéristique (Jobs – et Ives – était un obsédé du produit et de la qualité mais il le faisait avec une vision) ; cela ne veut pas dire que vous serez capable d’avoir une vision (en fait la plupart des gens sont obnubilés par les détails et n’ont aucune capacité d’abstraction) ; et enfin, toutes les visions ne sont pas bonnes (il y a des tonnes de visionnaires qui sont vus – et resteront vus à jamais – comme des illuminés qui prêcheront dans le désert).

Avoir de la vision, de la capacité d’inspiration, d’innovation, de mobilisation, cela ne s’apprend pas, il faut plus qu’une recette pour être innovateur ; c’est un état d’esprit, une tournure d’esprit, “a way of life” diraient les anglophones. Et il ne faut pas avoir peur de déplaire pour cela …

Merci à Séverine Ghys de webrédacteurs d’avoir partagé ce lien avec moi.

Sinek : le cercle d’or de l’innovation (golden circle) was last modified: avril 27th, 2016 by Yann Gourvennec

Métiers du digital : « les réseaux sociaux ont changé la donne » par Jacques Froissant (Altaïde)

tablet-largeIl y a 15 jours, je me rendais à la soirée blogueurs dite “Social drink up” de Adobe dans les superbes locaux de la maison du Danemark sur les Champs Elysées. La premère présentation fut celle de notre ami Jacques Froissant d’Altaïde qui nous a dressé un portrait particulièrement intéressant et éclairant en ces temps de crise de l’emploi, des nouveaux métiers du digital

Voici mes notes, prises en cours de réunion, sur ma précieuse tablette (et d’autant plus précieuse qu’elle me fut volée quelques jours plus tard). Grâce à Evernote, et au cloud computing, les voici sauvegardées, ressuscitées et commentées :

Les nouveaux métiers du digital en 2013

Jacques a “fait une étude quali en début d’année.  Il est dans les métier du recrutement depuis 20 ans et travaille avec les clients sur le digital depuis que sa société existe. ALTAIDE a été créée en 2008 et est spécialisée sûr les métiers du digital.

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Photo : Jacques Froissant lors de sa présentation à la soirée Adobe

Les facteurs de changement principaux, issus de cette étude, ont été décrits comme suit par Jacques Froissant :

  • Facteurs technologiques : accélération des technos ; il est possible de monter un site e-commerce très rapidement avec très peu de monde. Des standards sont en train de se dégager ;
  • Les réseaux sociaux ont changé la donne
  • Il y a aussi des facteurs sociétaux même si Jacques n’aime pas parler de génération Y. Le mélange de vie perso et pro est partout et il y a une volonté d’avoir un équilibre de vie plus important. On trouve partout cette Culture du web avec partage de l’instantané et on apprend beaucoup par le partage ;
  • Les cycles sont courts dans le digital et i ly a beaucoup de projets jetables; un projet à moyen terme c’est 18 mois “car penser à 10 ans comme avant ce n’est plus possible”. En conclusion, “les visions sont assez court-termistes” ;

Quelles conséquences sur les métiers du digital ? C’est là qu’on apprend le plus de choses, notamment sur la spécialisation de ces métiers, avec une hyper segmentation très pointue. Pas étonnant que les recruteurs “standard” et les DRH soient complètement perdus et aient tendance à se rassurer avec des choses connues – et donc des choix souvent assez approximatifs. A leur décharge, cet environnement devient de plus en plus difficile à lire pour les néophytes, d’où les cabinets spécialisés comme celui de Jacques. Voici les tendances :

  • Fort développement des freelances et des indépendants même dans des périodes où c’est difficile comme en ce moment, les freelances sont accrochés à ce statut car ils y trouvent aussi un équilibre de vie et une indépendance forte ;
  • Spécialisation forte des fonctions marketing digital (il n’y a plus besoin de généralistes) “On ne peut plus être directeur digital si on ne s’intéresse pas à la techno” a ajouté Jacques. “Car sinon, on ne pourra pas être à l’écoute des innovations. Il faut un vernis techno. Et notamment bien connaître les réseaux sociaux et savoir ce qu’on y fait”
  • Le contenu est et reste le roi, les évolutions récentes de Google ne font que renforcer ces points ;
  • Les sites ecommerce sont de plus en plus drivés par les data et le « data analyst » est la future star. C’est l’avènement du “big data” dont nous parlons souvent sur ce site pour en décrypter les tendances et le vrai du faux ;
  • “Il y a pénurie de postes experts dans les domaines : technos (java, php, .net, mobile) et spécialistes (SEO, SEM, data analysts, social, CRM…)”. Cette pénurie est durable et il est difficile de recruter ;
  • Il manque 50.000 environ développeurs en France ! “Si on les avait on pourrait tous les embaucher” a ajouté Jacques. “Il faudrait 59 écoles de Xavier Niel car le marché est de plus en plus demandeur” précise-t-il ;
  • La proximité de l’équipe technique et du marketing est indispensable donc les technos ne peuvent être à l’autre bout du monde, c’est bon signe pour ceux qui craignent la disparition de ces métiers et leur départ en Inde.

Quelles sont les fonctions digitales de demain ?

  • Le marketing de l’innovation (toutes les fonctions d’innovation) est au premier rang, ce qui va réjouir les lecteurs de Marketing & Innovation ;
  • La gestion de la marque : on l’a toujours fait mais cela change aujourd’hui et il y a des postes qui se développent autour de cette fonction qui prend de plus en plus d’importance ;
  • Le Story telling de contenu qui fait l’objet d’un développement par Olivier Cimelière dans notre futur ouvrage La communication digitale expliquée à mon boss

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  • Les fonctions de Marketing relationnel : gestion de l’expérience client (ergonomie), social marketing, CRM fidélisation, digitalisation des points de vente … encore des sujets phares de ce blog, décidément, si vus cherchez un boulot, vous savez à quelle lettre d’infos il faut s’abonner ;
  • Buzz management (bon et mauvais) : l’essor des buzz et leur importance, en positif et en négatif, font qu’ en tant que manager on se doit de prendre en compte plusieurs phénomènes :
  • Les profils digitaux sont des passionnés et il faut parler d’agilité intellectuelle. Un manager aujourd’hui doit être capable d’orchestrer et embrasser de plus de métiers différents et devenir des veilleurs ;
  • Tous entrepreneurs : “si l’on n’est pas proactif on recule très vite”. Il faut donc de l’audace et de la créativité. La culture web est la culture de la version bêta. On sort d’une culture industrielle et on rentre dans une culture du test permanent.
  • Être curieux
  • Gérer l’incertitude et apprendre à faire et défaire … Et gérer les frustrations si le contexte a changé.

Que faut-il retenir ?

En résumé, nous dit Jacques, “la passion est importante”

  • Comment recruter digital ?
  • Les outils ont énormément évolué. L’approche recrutement d’Altaide est très proche du contenu digital (contenus, médias sociaux …)  ;
  • Les RH doivent aussi se transformer. Il faut devenir Community manager / recruteur  ;
  • La responsabilité du recrutement est aussi remise dans les mains des cadres. Il n’y a pas mieux qu’un directeur digital pour trouver un autre directeur digital ;
  • Il faut aussi rentrer dans une démarche d’auto-apprentissage ;
  • Présentation sur slideshare (voir ci-dessus) : il y a aussi des métiers qui vont disparaître (page 12/34 : “Leviers marketig externes (street,licences, …) Mécénat/Charity management) voilà des sujets qui mériteraient d’être creusés … ;
  • “Les RH dont démunis car ils  ne connaissent pas les profils et ils ont du mal à définir les fiches de postes sur les métiers qu’ils ne connaissent pas. Ils ont du mal à suivre les impacts et sont ignorants de ces métiers là”. C’est pour cela que ce sont souvent les opérationnels qui recommandent ALTAIDE car les DRH ne connaissent pas le processus de recrutement et les critères d’évaluation de ces métiers. Il n’y a pas de filières de formation même si certaines se mettent en place. Et il y a des choses surprenantes comme “des gens de 22 ans et qui ont huit ans d’expérience en référencement” nous explique Jacques.

En conclusion, c’est à une transformation radicale du paysage du recrutement que nous assistons, ausis bien du côté du marché que des RH, avec des impacts prévisibles à très court terme sur les formations et notamment les spécialisations en MBA sur le digital que nous voyons fleurir ici et là, comme à Mines Paristech, et à ESG, nous aurons bientôt l’occassion d’en reparler.

Métiers du digital : « les réseaux sociaux ont changé la donne » par Jacques Froissant (Altaïde) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

La communication digitale expliquée à mon boss dans la dernière ligne droite

book-new-smallNos lecteurs ont failli attendre, mais qu’ils se rassurent, il n’y en a plus pour bien longtemps. Le manuscrit de la communication digitale expliquée à mon boss a été remis à l’éditeur, ou plutôt à sa relectrice cette semaine. L’ouvrage est une somme de la communication digitale, basé sur l’expérience de ses 2 auteurs, bourré d’exemples, d’anecdotes, de références et de liens. Il a déjà été relu 5 fois par 4 relecteurs différents, avant même d’avoir été envoyé à l’éditeur afin d’assurer une qualité de lecture maximale. C’est pour cela que nous avons pris un peu de retard et qu’au lieu d’un lancement en Juin, nous ne publierons le livre final qu’à la rentrée 2013. Encore une nouveauté : le livre sortira également (en format électronique) en Anglais sous le titre Mastering Digital Media Like A Boss, Beyond Social Media. La version anglaise sera revue un peu plus tard. Elle est rédigée en partenariat avec Futurity Media à Londres.

Sortie prévue : automne 2013

imageCet ouvrage est un véritable concentré des expériences des deux auteurs, pionniers du Web et des médias sociaux en France et en Europe. Il devrait compter environ 500 pages, et est rempli d’exemples, de méthodologies, de schémas, de paroles d’experts, de témoignages de grandes entreprises et illustré par Mathias Bergeaud. Il s’agit d’un ouvrage collectif de l’association Media Aces, sous la direction de ses co-fondateurs, Hervé Kabla et Yann Gourvennec.

Pourquoi ce livre ? Quel angle d’approche et pourquoi la communication digitale ?

Deux ans et quelques mois après notre premier ouvrage, qui connut un franc succès auprès de tous ceux qui se sentaient concernés par l’arrivée des médias sociaux en entreprise, voici donc un nouveau pavé, quelques centaines de pages, quelques centaines d’heures passées à compiler informations et témoignages, sur un sujet bien plus vaste que le précédent : la communication digitale. Avant de vous lancer à la découverte des quelque 90 chapitres de cet ouvrage, voici quelques mots pour vous aider à en tirer le meilleur parti.

Ce livre se veut un guide pratique de la communication digitale en entreprise, expliquée par ceux qui la pratiquent réellement tous les jours sur le terrain. Il ne s’agit pas d’un ouvrage théorique sur la question, même si pourrez trouver, çà et là, des développements plus généraux destinés à éclairer la méthodologie ou la réflexion sur la communication digitale. Ces développements plus théoriques ne sont que le résultat de l’expérience des praticiens interviewés ou de la nôtre, remise en forme et ordonnée de façon à la rendre utilisable et accessible à tous.

la communication digitale expliquée à mon boss

Puisque nous en sommes dans les préliminaires, évacuons tout de suite un problème qui nous a bien ennuyés lors du lancement de l’ouvrage : doit-on dire « digital » ou « numérique » ? Le problème n’est pas si trivial à un moment où la langue française est en pleine mutation. « Digital » est un barbarisme, bien-sûr et nous sentons venir les critiques, partiellement justifiées, qui nous fustigeront pour ne pas avoir utilisé son équivalent, plus correct. Mais sa présence dans le dictionnaire le trésor de la langue française informatisé d’une part, et d’autre part le fait que la pratique s’oriente vers l’utilisation systématique du vocable « communication digitale » nous a fait pencher pour ce terme. Nous utiliserons donc « digital » la plupart du temps et à d’autres moments, « numérique » comme un synonyme.

Nous avons donc conçu ce livre en nous basant sur notre propre expérience de la mise en œuvre de la communication digitale au sein des entreprises, une démarche bien plus ardue que celle qui consiste à regarder les choses de l’extérieur. Dans ces pages, vous trouverez donc uniquement du concret et du réel, éprouvé sur le terrain, avec une forte dose de conduite du changement. Le responsable – ou futur responsable – de la communication digitale en entreprise doit être capable d’aller au-delà de la simple session de « brainstorming » et de diagnostic / recommandations : il doit aussi et surtout mener une conduite du changement et enfin, vivre avec ce changement, afin de le porter et de l’inscrire dans la durée.

Lire la suite de l’article en ligne sur visionarymarketing.com

Lire le précédent ouvrage avec Yooboox

Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, Les médias sociaux expliqués à mon boss peut être consulté gratuitement (avec publicité) et acheté sur Yooboox.fr

La communication digitale expliquée à mon boss dans la dernière ligne droite was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec