E-business : ESG Apprend le digital aux Patrons (MBA)

academia-smallJ’ai rencontré Catherine Headley il y a quelque temps afin de recueillir son témoignage suite à la création récente du MBA e-business executive de l’ESG, où j’interviendrai également. Bien au delà du simple descriptif d’un cursus, c’est une véritable vision, très forte, du monde des affaires et de l’importance capitale qu’est en train de prendre le marketing digital dans ce monde, que Catherine nous a livrée. On y retrouve une approche que je partage également et que je distille au travers de ce blog depuis des années, mais aussi au travers des ouvrages que j’écris en collaboration avec Hervé Kabla (la communication digitale expliquée à mon boss – 2013 éditions Kawa). Ma collaboration avec ESG n’est pas le fruit d’un hasard mais le résultat du partage de la même vue du marché et de son évolution. ESG, école pionnière dans la formation au digital, et sponsor privilégié de Media Aces depuis longtemps, montre qu’elle a encore une longueur d’avance en ce domaine.

 

Interview avec Catherine Headley, ESG Mba Executive e-business

ESG : pionnier de la formation e-business

quotes-smallOn peut dire que l’ESG management School est un pionnier de la formation e-business. On a commencé en 1998 et on avait créé un MBA ESG NTIC. Bien entendu le mot NTIC n’existe plus aujourd’hui, c’est un peu ringard et il a été rebaptisé il y a 10 ans MBA e-business. Je m’en occupe depuis cette époque. Après on a créé une spécialisation à l’ESG  management School en Master 1 et Master 2 qui est le master digital business, et maintenant on ouvre un MBA e-business executive qui ne cible que des professionnels qui ont déjà un bon niveau d’études en général, un bac plus quatre minimum, et qui ont des fonctions de management dans les entreprises.

Le constat

imageimageLe constat, c’est qu’aujourd’hui de plus en plus de responsables de business units, et de responsables de départements sont amenés à gérer des équipes qui sont digitales, sont amenés à piloter des projets en digital marketing, ou même en digital au sens large, pas seulement de e-marketing, et qu’ il y a un manque de séniors dans ce type de fonctions.

Tout ça est relativement récent et on va dire que la partie digitale en France s’ est surtout développée à partir de 97/98. Donc, il y a très peu de monde qui a 17 ou 18 années d’expérience en digital. Et aussi, il y a très peu de personnes qui sont capables d’avoir une vision complètement transverse. C’est un manque au niveau des entreprises en termes de pilotage de ces projets-là.

Donc nous proposons à des managers qui n’ont pas à la base de formation digitale, parce que à l’époque ça ne se faisait pas, de pouvoir aujourd’hui apprendre à maîtriser tous les outils et toutes les stratégies et tous les éléments nécessaires pour encadrer et piloter ces experts.

Le Web n’est pas que pour la génération Y

Catherine Headley au premier rang de la dernière conférence Media Aces

Je pense que par le passé, on a cru que le Web c’était pour la génération Y, que c’était super parce que on pouvait embaucher des gens pas chers, et que ce raisonnement est également celui qui a prévalu dans la presse ; on a cru beaucoup de choses fausses à propos du Web, mais aujourd’hui on s’aperçoit qu’en fin de compte, le Web c’est simplement un canal de vente comme un autre. Est-ce qu’on va donner à la génération Y, la gestion de toutes les chaînes de magasins offline d’un grand groupe ? Non ! Donc c’est la même chose sur la partie Web, l’enjeu est devenu énorme en termes de chiffre d’affaire.

Si on revient sur un sujet un peu plus terre à terre qui est le référencement naturel, le SEO, celui-ci était vu comme un truc de notoriété qui ne servait pas à grand-chose et puis aujourd’hui on s’aperçoit que c’est un enjeu énorme et qu’on investit énormément dessus. Si on investit tant dur cette partie SEO c’est parce qu’on s’aperçoit que si on n’a pas de visibilité ni de notoriété, on n’a pas de chiffre d’affaires non plus.

Alors il y a aussi la mobilité qui rentre en ligne de compte. Les consommateurs utilisent Internet pour acheter, et la génération y utilise même beaucoup plus Internet que les magasins donc il va falloir que les marques s’adaptent à ce type de stratégie. Mais va-t-on mettre tous les budgets sur des personnes qui sortent simplement d’école, je ne suis pas sûre.

Aujourd’hui, le Web devient de plus en plus sérieux. On peut prendre Google en exemple et voir qu’il suit de plus en plus les tendances humaines. Il y a un moment donné où on disait que sur le Web, le contenu est roi et on s’est mis à publier plein de contenu et puis après on s’est dit que pour être référencé il fallait créer de l’ « engagement » alors tout le monde s’est mis à “liker” et à commenter et à partager. Aujourd’hui on est plutôt sur une tendance qui veut qu’un contenu qui remonte, c’est un contenu qui est écrit par une source crédible. C’est ça qui est important : la crédibilité du contenu.

En fait, c’est très logique, parce que si n’importe qui pouvait écrire n’importe quoi avant, ce n’est plus suffisant aujourd’hui. Mais c’est un enjeu énorme qu’on voit se matérialiser aujourd’hui avec la disparition progressive des journalistes. Tout le monde devient en effet journaliste, mais est-ce que le contenu qui est écrit par Monsieur tout le monde a autant de valeur que le contenu qui est écrit par un quelqu’un qui travaille à France télévision par exemple ? Pas forcément.

Or, ça veut dire quoi un contenu crédible par rapport à Google ? C’est un contenu qui est écrit par quelqu’un qui pourra être jugé crédible parce qu’il est connecté à énormément de personnes crédibles ; c’est à dire quelqu’un qui a un compte crédible sur un contenu qu’il écrit et qui est connecté à beaucoup de monde, sur Google plus, qui est référencé par beaucoup de monde et qui a beaucoup d’abonnés sur Twitter et qui est retweeté etc.

Et cela nous enseigne quelque chose par rapport au jeunisme ambiant : est-ce que quelqu’un qui sort de l’école a autant de relations que quelqu’un qui travaille déjà depuis 10 ans ou 15 ans ?

Les buts du MBA Executive e-business

Ce MBA c’est une manière de remettre le Web au sein de la problématique de la technicité métier bien sûr, mais peut-être aussi de continuer à être visionnaire et de se demander s’il y a des changements qui vont arriver et par rapport à ces changements dans le monde des affaires d’en renforcer la crédibilité ; car ce métier va finalement devenir un métier classique, comme les autres.

Cette tendance est une tendance sur laquelle on essaie de préparer les managers et ces managers qui viennent rejoindre le MBA Executive sont des personnes qui ont la confiance de leurs sociétés parce qu’elles vont leur confier des missions très transversales dans lesquels ils seront amenés à piloter des projets e-business.

Apprendre à mener des projets e-business

Ils doivent encadrer des équipes digitales qui n’existaient pas auparavant. Les personnes qui viennent rejoindre ce MBA vont donc se doter de ces compétences. Nous n’avons pas juste créé ce MBA spontanément, nous l’avons créé parce qu’on avait de plus en plus de professionnels dans les MBA classiques. Ce sont des professionnels qui sont en poste, pas des gens qui sont au chômage et qui vont se payer une formation en attendant d’en trouver un nouveau, ce sont des gens qui ont une demande et qui sont en entreprise sur un rythme à temps partiel.

Dans ces entreprises, on rencontre de plus en plus une problématique d’encadrement d’équipes plus jeunes dans la partie digitale. Dans ces encadrements d’équipe, il va bien sûr y avoir des experts SEM, SEO et des Community Managers mais aussi des gens qui vont faire du display et des « stores managers » parce qu’il y a une pléthore de fonctions dans ces métiers là ; ils ont besoin de les encadrer et de les encadrer au même titre que les équipes classiques. Je pense que le responsable digital aujourd’hui va de plus en plus arriver dans les CODIR.

Une maturation de la fonction et des responsables plus âgés

Ce qui m’a frappé notamment aux États-Unis sur des conférences auxquelles j’ai participé il y a un mois, c’est que sur ces conférences, majoritairement, la population avait énormément changé. Il y a 5 ou 6 ans je me sentais vieille dans ces conférences, et pourtant j’avais 39 ans. Aujourd’hui je me sens jeune, parce qu’ils ont en moyenne tous dans les 50 ans. Donc j’ai l’impression qu’il y a un vrai changement, et que les problématiques ne sont plus les mêmes.

Les problématiques aujourd’hui sont véritablement de faire de l’argent et de faire du chiffre d’affaire, pouvoir en effet développer des sociétés, et notamment à l’international. On n’est plus sur les problématiques de design un peu funky d’il y a six ans. Nous nous trouvons dans les problèmes business classiques où le digital est simplement un levier parmi tant d’autres.

 

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E-business : ESG Apprend le digital aux Patrons (MBA) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Un livre de marketing fondamental (collection B.A-BA chez Studyrama)

Le marketing fondamental (lien) est très demandé, nos statistiques nous le montrent tous les jours. Aussi, quand j’ai reçu le béat bas du marketing (édition ce qui dira ma) par Yves Pariot, j’ai pensé immédiatement que cela pourrait intéresser mes lecteurs. Voici une brève introduction de l’ouvrage et les liens pour vous le procurer. Un ouvrage bien utile, notamment pour les étudiants en recherche d’orientation.

Le marketing est une discipline protéiforme avec une myriade de spécialités, et aussi une forte propension à l’autocritique. Mais avant de dépasser les fondamentaux du marketing, encore faut-il les connaître ; un point moins anodin qu’il paraît, car aussi étrange que cela semble, il n’existe pas de définition figée du marketing (page 15), mais de multiples définitions. Le livre d’Yves Pariot revient donc sur ces fondamentaux autour de 6 parties :

  1. Découverte du marketing (définition, organisation) ;
  2. Le marketing stratégique (diagnostic, stratégie, plan d’actes qui ont marketing) ;
  3. Conception des produits et des services… (Mix marketing) ;
  4. Conception des offres (dans l’acception large, au-delà du simple produit, services…) ;
  5. Commercialisation des produits, services et offres.

Gérer son portefeuille

L’ensemble des fonctions marketing est donc évoqué ici, dressant un portrait-robot du métier, vite devenu un incontournable dans la panoplie de la gestion des entreprises (ce n’était pas encore le cas lorsque j’étudiais, même si les choses changeaient alors). Et ici, l’étudiant désireux de s’orienter, trouvera rapidement (en environ 165 pages), autour de chapitres brefs et synthétiques, les infos nécessaires la compréhension de ce métier, sa technicité et ses particularismes.

Le livre est fort bien conçu et décrit le jargon de la profession de façon très didactique. Parmi les nombreux chapitres voici quelques les points qui ont attiré particulièrement mon attention :

  • page 21 : différence entre B2B et B2C pour ouvrir l’horizon des étudiants qui ignorent le plus souvent, et à tort, les perspectives offertes par le marketing du business-to-business ;
  • Page 28 : l’explication sur le big data, un des secteurs en plein essor pour les jeunes désireux de trouver des débouchés sur ce marché ;
  • Page 33 : l’explication des tensions entre commerciaux et marketeurs, très bien vu… ;
  • Page 55 à 57 : les comparaisons des canevas stratégique entre marketeurs low-cost et traditionnels, particulièrement intéressant à mon avis (voir une capture d’image ci-dessous sur un cas fictif de cabinet de conseil low-cost qui viendrait concurrencer un cabinet traditionnel en en changeant les méthodes et les bases de coût) ;

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  • page 82. L’importance de la veille pour rester à l’écoute de l’évolution de son marché ;
  • page 96 à 97 : les études du Credoc sur le « prix juste » avec quelques analyses éclairantes sur perception et déclaration.

Impossible de tout citer ici sans faire de doxographie inutile. Il ne vous reste donc plus qu’à acheter ce nouvel ouvrage, soit pour vous rafraîchir la mémoire, soit pour orienter vos carrières futures. À vos souris !

Un livre de marketing fondamental (collection B.A-BA chez Studyrama) was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

infographie de Samsung au Gartner Symposium (mobilité d’entreprise)

mobile-large_thumb.gifLa journée d’hier fut bien remplie, je suis rentré, après quelques conférences supplémentaires sur le cloud computing que je n’ai pas encore complètement digérées, bien fatigué de ma journée au Gartner symposium, mais aussi conscient que des choses importantes se préparent dans le domaine de la mobilité d’entreprise. Les deux présentations d’hier, celle de Jae Shin et d’Andrew Mills de Samsung (dont je suis l’invité ici au Gartner Symposium), ont été particulièrement éclairantes pour souligner l’importance de la sécurité dans l’environnement de travail d’une part, et d’autre part la façon de résoudre les principaux défis relatifs à la généralisation d’Android en entreprise. Je partage donc ce matin avec vous en guise de récapitulatif, cette infographie tirée de la présentation d’Andrew Mills, à laquelle malheureusement je n’ai pas pu assister, car elle a eu lieu avant mon arrivée. Cette infographie résume la situation (et la stratégie de la division Samsung Entreprise Business) et donne quelques chiffres intéressants sur la mobilité en entreprise. On y voit notamment la part de marché d’Android qui a atteint les 55 %, alors que la part de marché des Smartphones en Europe est proche des 50 %. Enfin, la citation d’Andrew Mills qui synthétise les interviews d’hier autour d’un équilibre à trouver entre confort de l’utilisateur, généralisation des fonctionnalités et sécurité contrôle par l’entreprise. On voit bien que les enjeux du BYOD vont trouver leur résolution autour de ce consensus.

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infographie de Samsung au Gartner Symposium (mobilité d’entreprise) was last modified: novembre 12th, 2013 by Yann Gourvennec

Samsung à l’assaut du marché de la mobilité d’entreprise

J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Andrew Mills,Andrew Mills, Vice President, Enterprise Business, qui nous accordait une interview exclusive pour marquer le lancement de la division entreprise de Samsung (transparence : j’étais l’invité de Samsung aujourd’hui). Cela fait plus de 10 ans que les services de mobilité se vendent aux grandes entreprises, les premières flottes mobiles datant des années 2002-2003 si mes souvenirs sont bons, et au premier abord, j’étais un peu surpris de cette annonce de la création récente d’une entité dédiée au B2B chez Samsung. Réflexion faite, et au travers des explications d’Andrew, tout ceci fait sens. Un seul chiffre permet de comprendre l’ampleur du phénomène : la moitié environ des mobiles achetés en Allemagne dans les entreprises le sont sur le marché ouvert… Samsung désire donc se positionner de façon importante et volontariste sur ce marché d’entreprises, non seulement du côté du matériel, mais aussi du côté du service, sans oublier la convergence entre leurs différentes lignes de produits une particularité due à leur historique de conglomérat.

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Andrew Mills pendant notre interview ce matin

 

Pourquoi lancer une division entreprise en 2013 ?

« Quand on regarde la croissance sur le marché des Smartphones aujourd’hui, on observe une croissance de 10 % d’année en année. Sur le marché des entreprises, c’est 3 à 4 fois ce chiffre ! » a déclaré Andrew Mills dans son introduction. De tels chiffres sont suffisants pour réveiller les consciences et faire en sorte que « nous saisissions le bon moment pour résoudre les problématiques qu’ont les directeurs informatiques aujourd’hui » poursuivait-il. « Les CIOs ont encore quelques soucis autour de la confiance dans la plate-forme Android et ses vulnérabilités, KNOX a été développé pour les résoudre. Mais ce n’est pas tout, le temps est mûr, et de nombreux directeurs informatiques sont en attente de solutions » a poursuivi Andrew Mills.

Se rapprocher de l’utilisateur

Mais avant toute chose, ce que cherche à faire Samsung, c’est de se rapprocher de l’utilisateur… sans casser son circuit de vente traditionnelle, essentiellement tourné vers les distributeurs et les opérateurs. « Avant, nous ne travaillions que de façon indirecte, dans le futur nous continuerons à travailler avec des opérateurs ; mais nous allons nous ouvrir aussi aux revendeurs IT et au marché ouvert (« open Channel ») celui-ci représente déjà 45 à 50 % des ventes de mobiles en Allemagne ».

Une équipe pan européenne

Samsung a donc décidé de mettre en place une équipe européenne qui va travailler directement avec les clients, en leur fournissant des conseils et du support aussi sur l’usage des matériels. Ceci, ira bien au-delà du simple département informatique, impliquant ainsi un rapprochement avec les directions métiers, de plus en plus importantes dans les choix de ce domaines. L’Internet des objets n’est pas non plus en reste car une des particularités de Samsung, étant un conglomérat, est de fabriquer aussi bien des PC des écrans que des mobiles et de « les connecter ensemble » pour reprendre les mots d’Andrew ; ceci avec des solutions de plus en plus verticales qui pourront s’adresser à l’hôtellerie, la distribution et l’éducation.

Vers la convergence ?

Les entreprises ont commencé à réfléchir au remplacement des PC, certaines entreprises ont même déjà franchi ce pas nous a confié Andrew Mills. Le fabricant coréen a d’ailleurs entamé des partenariats avec des intégrateurs comme Atos, notamment pour adresser le marché de la distribution. Dans ces accords, les éditeurs comme SAP ou Citrix ne sont pas en reste. Faut-il pour autant parler de convergence ? « Il y aura une rédaction du nombre de terminaux, mais les PC resteront un segment important » a précisé Andrew, « mais dans certains cas, les PC seront remplacés quand même ». « Les directeurs informatiques ont passé beaucoup de temps à rationaliser leurs infrastructures », a-t-il ajouté, « mais le futur et dans l’interface utilisateur », toute la transformation interviendra de ce côté selon lui.

Où sera l’innovation

L’innovation, il ne faut pas la chercher dans le matériel mais dans le service. Samsung s’est décidé à se positionner « avec de nouveaux services pour les entreprises » a ajouté Andrew Mills. « Le premier service que nous proposerons sera le service de support clients, qui sera disponible à la fois en marque blanche, via des partenaires, et en direct auprès de Samsung. C’est un grand pas en avant pour le constructeur qui sort de la simple relation de fournisseurs de matériels, pour entrer de plain-pied dans le domaine du service B2B.

La double stratégie de Samsung se met en marche au travers d’un programme qui s’appelle STEP et qui s’adresse aussi bien aux éditeurs de logiciels, aux intégrateurs systèmes qu’aux revendeurs distributeurs. Cette plate-forme STEP (« Samsung Team of Empowered Partners » une bien jolie anagramme) permet de fournir aux ventes indirectes un support directement depuis la marque. « L’équipe B2B de Samsung est déjà forte de 600 personnes au travers de l’Europe et a déjà doublé cette année » a précisé Andrew Mills. Elle doublera encore probablement l’année prochaine (ce nombre n’inclut pas le support produit). L’Europe des 7 est déjà staffée, le développement se poursuit avec l’Europe centrale.

Peu de concurrence directe

S’il existe des concurrents dans chacune des différentes catégories où Samsung est présent, Andrew Mills ne se reconnaît pas de véritable concurrent direct qui couvre l’ensemble du spectre de la digitalisation des entreprises ; même s’il se défend d’une certaine arrogance qui selon lui ne serait pas de mise sur des marchés aussi mouvants. Mais le challenge n’est pas mince car si Samsung a un historique dans le marché du consommateur où il a développé des atouts très forts, «la façon dont on adresse marcher B2B et très différente et cela devra être pris en compte par la marque » a-t-il précisé. C’est certainement là leur plus gros challenge, même si Andrew et ses équipes sont prêts à le relever.

Nous n’avons pas fini de voir des changements de position sur ce marché de la mobilité, et notamment la montée en charge des fabricants, comme Samsung, qui se rapprochent de l’utilisateur et du client entreprise.

Samsung à l’assaut du marché de la mobilité d’entreprise was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

BYOD : Samsung KNOX rend le mobile de l’utilisateur compatible avec l’entreprise

La sécurité des mobiles est un sujet que j’ai déjà évoqué sur visionarymarketing, notamment dans le cadre du Mobile World Congress de 2012, lors d’une démonstration prophétique de Kaspersky. L’évolution du marché a fait que l’importance de la sécurité des mobiles s’est déplacée très nettement dans le domaine professionnel, c’est ce dont nous avons discuté ce matin avec Jae Shin, VP Strategic Marketing de Samsung. Monsieur Shin dirige de l’entité marketing dédiée à l’offre de sécurité KNOX (dont le nom s’inspire de la célèbre banque centrale américaine) pour les flottes de mobiles entreprise.

 

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VP Jae Shin, ce matin sur le stand de Samsung au Gartner Symposium de Barcelone

Le problème que nous avons rencontré sur le marché lorsque nous avons lancé le Galaxy S1 a expliqué Monsieur Shin, c’est que les entreprises voyaient d’une vulnérabilité de Google et qu’il n’existait pas à l’époque de solution pour s’en prémunir. Samsung s’est donc attelé à créer des dispositifs de sécurisation des mobiles Android, y-compris le hardware, ainsi que des outils de management de flottes à distance. Tout cela est arrivé il y a environ 2 ans avec le Galaxy S2.

« Il y avait 3 choses qui attisaient les craintes des entreprises et de leurs responsables de la mobilité :

1. un manque de sécurité de la plate-forme ;

2. un manque de sécurité des informations (qui pouvaient trop facilement passer du privé au public) ;

3. et enfin la possibilité de mettre en place un contrôle des politiques de sécurité.

C’est ainsi que Samsung s’est attaché à améliorer Android. « Chaque fournisseur a sa recette secrète pour améliorer Android » a dit Monsieur Shin, « Nous avons créé KNOX pour entrer de plain-pied dans le domaine de l’entreprise ».

Le BYOD a explosé

« Avec l’arrivée du GS 3, nous avons assisté, il y a un peu plus d’un an à une explosion de l’utilisation d’appareils privés dans la sphère de l’entreprise » a poursuivi M. Shin, « via ce que l’on appelle BYOD » (Bring Your Own Device, soit le fait que les utilisateurs apportent leurs propres terminaux au travail. « Nous assistons à une véritable consumérisation de l’informatique et les directeurs informatiques sont très préoccupés ; même leurs patrons sont venus avec des tablettes personnelles au travail ! » a-t-il ajouté. Avec le BYOD, de nouveaux soucis sont donc apparus, en parallèle d’une prolifération d’appareils non contrôlés et non propriétaires.

Un autre souci a résidé dans les parades trouvées par les CIOs eux-mêmes : « certains ont commencé à trouver des parades en permettant l’effacement total des données sur les terminaux des employés, « ce qui est a créé un problème aux utilisateurs qui ont dépensé beaucoup d’argent pour acheter des appareils qu’ils n’étaient plus capables d’utiliser comme ils le voulaient ! ». En outre, ces mêmes employés ne sont pas très enclins à voir leurs employeurs regarder ce qu’ils font en privé sur leurs terminaux, cela est aussi compréhensible. Le BYOD a donc bien changé la donne dans ce domaine, et on arrive donc un conflit total entre la demande de l’employé celle de l’employeur.

KNOX pour résoudre le problème

C’est là qu’est arrivé KNOX, un système de sécurisation qui résout la problématique de sécurité de ces appareils mobiles, sans pour autant empiéter sur la liberté des utilisateurs. Il est composé de 3 parties distinctes :

· D’une part un outil de sécurisation qui permet de faire évoluer la plate-forme Android, tout en la gardant entièrement compatible avec l’écosystème Google. La sécurité sur l’appareil s’effectue depuis la couche applicative jusqu’à la couche hardware avec différentes zones intermédiaires auxquelles seul le fabricant a accès. La tendance des hackers est d’installer des systèmes de « key logging » (saisie des frappes de l’utilisateur) sur les appareils mobiles afin qu’à l’insu de l’utilisateur, celui-ci passe des informations sans même le remarquer. Les hackers sont devenus si habiles qu’ils arrivent à masquer entièrement leurs opérations illégales aux yeux de l’utilisateur et même de l’administrateur. Avec cette modification du système d’exploitation, Samsung arrive à sanctuariser l’appareil de façon plus efficace et redonne le contrôle à l’administrateur ;

· Une deuxième partie de l’offre comprend la capacité de contrôler et de gérer les politiques de sécurité directement en central, permettant ainsi de pousser l’outil de sécurisation directement sur l’appareil de l’utilisateur. L’installation préalable de cet outil permet ensuite de garantir que l’utilisateur pourra utiliser son appareil en toute sécurité ;

· La troisième partie et non des moindres, est son volet destiné aux employés. Comme on l’a vu précédemment, le système KNOX est aussi destiné à préserver l’utilisation personnelle des mobiles par les employés. Après tout, ils ont dépensé une somme conséquente pour acheter un mobile, le système KNOX va donc leur donner la possibilité de séparer de façon étanche leurs données personnelles et privées de leurs données professionnelles. Il ne sera pas possible de faire passer des informations de l’un à l’autre domaine, sauf à les envoyer par messagerie, ce qui serait bien entendu moins facile et surtout non conforme aux règles d’usage. Grâce à KNOX, l’utilisateur peut donc disposer entièrement comme il veut de sa partie personnelle, sans risquer soit l’écoute par l’employeur ni un effacement malencontreux.

Vers une adoption large

Le système KNOX, déjà agréé par le gouvernement américain, est en cours de lancement par Samsung ; il concerne essentiellement les Galaxy note 2 et 3 et les Galaxy S3 et S4 ainsi que les tablettes Samsung Android. Il vient d’être lancé et 90 pilotes sont déjà en cours, dont un avec une banque en Australie et Nouvelle-Zélande. Des pilotes sont en cours également avec nombre d’institutions gouvernementales et des sociétés des secteurs du pétrole, de gaz et d’électricité). Ce pilote touche l’Europe, l’Amérique, l’Amérique du Sud, le Moyen-Orient et l’Asie, donc la quasi-totalité du monde !

Samsung n’a pas de relation exclusive avec Google ni Android ; la société coréenne diffuse également ses appareils avec Windows et Tizen. Mais KNOX n’est fait que pour Android à ce jour, les deux autres OS étant seulement en cours d’évaluation. La nécessité d’introduire un système de sécurisation pour Android a été rendu beaucoup plus impérieux ces derniers temps avec le déclin rapide de BlackBerry qui a créé une urgence pour trouver un nouveau système d’opération d’exploitation pour les mobiles en entreprise.

BYOD : Samsung KNOX rend le mobile de l’utilisateur compatible avec l’entreprise was last modified: novembre 12th, 2013 by Yann Gourvennec