8 conseils pour échapper au Cybercrime sans psychose

CybercrimeJ’ai toujours aimé la façon dont les professionnels de la sécurité de l’Internet vous “vendent” leurs produits … Et l’infographie (source: Trendmicro) suivante m’a interpelé sérieusement ce matin.  Il s’agit de vous mettre la peur au ventre afin de vous faire comprendre une bonne fois pour toute que surfer, acheter ou jouer, est une activité dangereuse en soi ! Mais qu’en est-il vraiment et comment se prémunir des risques majeurs du Cybercrime avec quelques règles simples. Cet article est une rediffusion d’un article de 2013 qui nous a semblé toujours pertinent et que nous avons remis au goût du jour.

FIA-NET publie son Livre Blanc Certissim 2013 sur la fraude à la carte bancaire sur InternetNDLR : pas de mauvaises interprétations, je ne nie ni ne minimise la fraude sur Internet, il suffit de se référer au rapport annuel 2013 de Fianet Group en cliquant ici ou sur le logo pour en connaître les vrais chiffres. À noter qu’en 2014, la fraude identitaire a été en forte augmentation et les techniques de phishing fortement modifiées.

Le cybercrime ou le business de la peur

Ceci passe par le vocabulaire bien entendu : « la face cachée du cyber crime », le « paradis des cyber criminels », vos activités en ligne « vous mettent en péril ». Ensuite, tout est dangereux : regarder ses comptes en ligne ? dangereux. Envoyer des courriers électroniques ? dangereux. Jouer en ligne ? dangereux. Naviguer sur Internet ? Les “logiciels de sécurité habituels” ne les repèrent plus aussi bien (Trendmicro n’est sans doute pas un logiciel “habituel” je suppose).  Il y a de quoi vous déprimer, déjà que la France n’a pas besoin de ça … Je passe sur la grimace du personnage de l’infographie, à elle seule plus parlante que beaucoup des chiffres qui sont donnés.

Les chiffres fantaisistes du business du cybercrime

Comme les 174 M€ (milliards ou millions ?) de vols de donnés en 2011, sans que pour autant on sache si cela s’adresse à la France ou au monde. Probablement au monde et probablement des millions (rappel, le e-commerce en France, c’est 40 milliARDs de CA annuels, le double au RU selon la FEVAD).

3454 victimes de fraude au 1er trimestre en France en 2013. Voilà un chiffre énorme aussi, non ? Passons au “fact-checking”, une de mes activités favorites.

La bancarisation de la France est de 99%, le taux le plus élevé d’Europe (source : FBF 2013), même si la proportion de personnes bancarisées utilisant le Web pour regarder leurs comptes est extrêmement faible (69%) en comparaison avec le RU (97% en 2007 selon Which magazine). Alors, cela représente quoi 3454 personnes ? Si nous prenons les chiffres de 2009 de l’Insee, et ne gardons que les adultes de 18 à 79 ans, soit 87% des 64 millions d’habitants du territoire, et que nous n’en gardons que 99%, il reste 55,6 millions d’habitants adultes bancarisés, soit 0,000062 de la population française bancarisée, et  si l’on multiplie par 4 trimestres, alors on trouve le chiffre astronomique de 0,0002482 soit 0,02482% de cette même population. Effectivement, il faut véritablement envoyer tout le monde aux abris … et rapidement.

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8 conseils pour échapper au Cybercrime sans psychose was last modified: novembre 28th, 2014 by Yann Gourvennec

Internet et capitalisme : utopie et dystopie avec Rifkin et Attali au @G9plus

Luc Bretones pendant son introduction Hier soir, la conférence du G9+ était extraordinaire et nos félicitations vont aux organisateurs (et notamment nos amis d’Orange comme Luc Bretones, à gauche, photographié pendant son introduction). On est bien sortis du consensus pendant cette soirée et je ne serai pas en reste. Deux vues se sont en effet opposées hier, celle de Jeremy Rifkin, assez discutable, même si elle a amené sur la table des points de réflexion stimulants. Et l’autre, plus réaliste mais alarmiste, et donc peu enthousiasmante, avec Jacques Attali. Le mode d’interaction imposé par la distance (comme quoi la technologie ne peut pas tout faire, ce n’est pas nouveau) n’a pas permis les débats mais a rendu possible le développement de  deux visions du monde, l’une technoscientiste et l’autre technosceptique, qui nous font poser la question de savoir s’il y a de la place dans le monde pour autre chose que le yoyo entre utopie et dystopie. En un sens, un yoyo assez connu des observateurs du monde de l’innovation et des innovations technologiques en particulier. Une bien belle conférence en somme, dont voici mon compte rendu.

Internet va-t-il tuer le capitalisme ou est-il au contraire l’épitomé de sa formidable capacité d’assimilation ?

Ce qu’il y a de fantastique avec Internet, et cela fait 20 ans que ça dure, c’est qu’on n’hésite pas à aller d’un extrême à l’autre. D’une part les hippies de la Californie, libertaires et ouverts sur le monde, qui ont donné naissance au contenu généré par l’utilisateur, le web 2.0, le wiki, le crowdsourcing etc. Un monde de Bisounours où tout le monde aime tout le monde et le monde devient comme le dit Rifkin, un « village mondial où les habitants ont le sentiment d’appartenir au même village ». D’autre part, le capitalisme sauvage, où « le gagnant emporte tout » (« the Winner takes almost all » pour la version intégrale de Seth Godin) pour utiliser les mots de Jacques Attali ; si tant est qu’on pense que ces monopoles dont Internet serait le but ultime (Attali), seraient le seul fait de l’économie digitale (ce que les lecteurs de Visionary Marketing savent être faux). Entre les agneaux (les premiers) et les loups (les vilains capitalistes monopolistiques), au bord de la route, les philosophes goguenards, voire apôtres de l’apocalypse qui nous annoncent la fin du monde ou à tout le moins la fin de la démocratie, car elle « n’a pas su se globaliser, seul le marché l’a fait ».

Groundhog Day?

Le jour sans fin C’est qu’en fait on croirait revivre la nième rediffusion de cette émission intitulée « visions of heaven and Hell » – je vous l’accorde, il fallait se trouver à Londres à ce moment-là – de Channel Four en 1994 où se succédaient les personnalités (Esther Dyson, Faith Popcorn, Charles Handy, et bien d’autres encore). Qu’y voyait on ? D’un côté, les optimistes mettaient toute leur foi dans la technologie toute puissante qui allait régler tous les problèmes : hiérarchies pesantes, États pléthoriques, état écologique inquiétant (déjà), consommation, économie … L’Internet (que personne alors n’avait vraiment vu !) allait tout résoudre. Et de l’autre côté, les pessimistes qui voyaient le monde en noir, et le diable incarné dans cette révolution technologique qui allait tout tuer, la vie privée, la démocratie, la liberté … Bref, en somme, rien de nouveau depuis les Luddites du 19ème siècle, et depuis 25 ans on n’en finit pas de se poser les mêmes questions.

la digestion des technologies
La fameuse courbe de la digestion des technologies issue de notre premier ouvrage “les medias sociaux expliqués à mon boss”. Cette digestion des innovations amenées par Internet ressemble plus, 25 ans plus tard à une indigestion.

Et nous avons assisté à cette rediffusion hier. D’un côté une extrapolation bizarre et jamais étayée, noyée dans un galimatias faussement séduisant et fait d’ « évidences » sans preuves et de l’autre côté l’apocalypse du genre humain du fait de la technologie, qui serait même un jour à l’origine de la « résurgence du fascisme » (en substance, J Attali). C’est lui faire trop d’honneur. L’Internet des objets est un outil, ou une collection d’outils : de simples objets techniques (on parle abusivement de technologies). Qu’il ne convient ni de diaboliser ni de défier, mais d’essayer d’utiliser le moins bêtement possible (et Dieu sait que les hommes sont bêtes lorsqu’il s’agit d’utiliser la technologie).

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Internet et capitalisme : utopie et dystopie avec Rifkin et Attali au @G9plus was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Club Zevillage : mais où va le télétravail ?

Ce soir est le grand jour, car c’est aujourd’hui que nous lançons le club Zevillage dont Visionary Marketing est partenaire. Je n’ai pu résister au plaisir de vous partager ma présentation qui est disponible sur Slideshare.net/ygourven. Alors pourquoi lancer un club sur le télétravail ? Et d’ailleurs pourquoi appeler ça télétravail ? C’est ce que nous verrons dans cette présentation, où j’insiste d’une part sur le fait que le mot de télétravail est le seul que finalement les gens reconnaissent, notamment en France. D’autre part, même si la réalité est très diverse (comme je vais le démontrer avec le fameux rapport Star que j’ai également mis en ligne dans mon espace Slideshare), parce qu’il devenu absolument nécessaire pour faire bouger les choses dans ce domaine.

Témoin cette anecdote entendue hier de la bouche d’un ami

Un ami me confiait hier cette anecdote : sa femme, qui est architecte d’intérieur pour les entreprises, lui a rapporté en effet qu’il est en France quasiment impossible de sortir de la logique du bureau seul et fermé, le développement des nouveaux modes de travail implique notamment que les espaces sont partagés et non nominatifs, ce qui est quasi impossible à faire comprendre dans notre beau pays.

Il y a pourtant de beaux développements en France, ici ou là, où certains espaces de coworking connaissent aussi leur heure de gloire. Alors faisons en sorte que le club Zevillage puisse servir à promouvoir toutes les nouvelles formes de travail et en particulier le télétravail qui n’en est qu’un des avatars.

 

 

 

Extrait de la dépêche AFP sur le lencement du club

Club Zevillage, un think tank autour des nouvelles formes de travail

Par Jean-François Rio – Liaisons Sociales

PARIS, 19 novembre 2014 – Le site Internet Zevillage, dédié notamment au télétravail, lance, ce mercredi 19 novembre, le Club Zevillage, un think tank visant à regrouper des entreprises, des experts, des collectivités territoriales autour des nouvelles formes de travail et de la transition numérique.

Déploiement du télétravail, conciliation vie privée/vie professionnelle, mobilité, entreprise étendue, travail collaboratif, coworking, transition numérique…Telles sont quelques unes des problématiques qui seront abordées par ce groupe de réflexion, qui réunit aujourd’hui Orange, Beeotop-Generali, Stop & Work-Regus, SGS Group, la Fédération des entreprises publiques locales et le cabinet d’avocats Alain Bensoussan. « C’est un lieu de rencontre dont la finalité est de proposer une réflexion collective, des actions de sensibilisation pour promouvoir les nouvelles formes de travail. Ce laboratoire d’idées et ce groupe d’action sont au service des entreprises et des territoires qui souhaitent comprendre les mutations en cours du monde du travail et peser sur ces transformations », indique Xavier de Mazenod, fondateur et dirigeant du site Zevillage : http://zevillage.net/.

« Labo d’idées » en ligne

Concrètement, le club Zevillage se réunira une fois par mois autour d’un invité, afin de prolonger les travaux de réflexion prospective dans un « labo d’idées » en ligne . Est aussi prévue l’organisation de « webinaires », réunions d’information accessibles en ligne, et d’événements publics. Les membres du club pourront également accéder à des services complémentaires comme une veille personnalisée ou un véritable “living lab” pour tester des idées, des innovations ou pour s’adresser à un public d’utilisateurs et de prospects qualifiés dans la communauté en ligne de Zevillage.

SALAIRES-CONDITIONS-TRAVAIL-GRH-FORMATION – 19/11/2014 10h38 – AFP-Liaisons-Sociales

Club Zevillage : mais où va le télétravail ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Ce PC qui n’en finit pas de mourir …

La lecture du jour …

PC vs TabletteEst cet article de Ed Bott (photo) de ZDNet de juillet 2014, un de mes journalistes IT préférés, toujours incisif et aux remarques toujours intéressantes. Le sujet de la mort du PC est à l’honneur en permanence et il faut remarquer que la confusion totale règne dans le monde de l’informatique (rebaptisée IT car ça doit faire plus classe). Il faut dire que dans la littérature informatique, on aime bien faire mourir les choses. Mais qu’en est-il des ordinateurs de bureaux. Seront-ils vraiment remplacés par les tablettes et les mobiles ? Rien n’est moins sûr. Voici mon analyse et quelques liens pour alimenter la réflexion.

Les tablettes tueuses de PC ?

La question de savoir si les tablettes et même probablement les “phablettes » (car celles-ci empiètent de plus en plus sur le segment de la tablette), pourront remplacer les ordinateurs est au centre des débats depuis quelques années. Ce débat s’est accru il y a environ 1 an et demi à 2 ans, avec la chute vertigineuse des ventes ordinateurs. Alors que certains, comme ces commentateurs de Networkworld, y voient le signe indéniable de la disparition de l’ordinateur individuel, PC ou Mac (qu’il soit ordinateur de bureau ou portable) y compris dans le monde du travail, d’autres, comme Forbes ou Tabtimes, ne sont pas du tout d’accord.

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le bon vieux du clavier du bon vieux PC sera-t-il suffisant pour le faire survivre ? image antimuseum.com

Difficile de voir clair sur la disparition ou non du PC

Je dois avouer que ma propre vue a énormément fluctué sur le sujet et qu’il est très difficile de savoir où tout cela va aller. Je ne suis pas certain que la logique l’emporte, ni que le fait que tel ou tel ordinateur fasse beaucoup plus de chose qu’une tablette qui finalement se réduit à consommer de l’information soit suffisant pour nous prévenir d’une régression technologique potentielle.

Car il est courant de croire que nous vivons dans un monde informatique est toujours plus puissante et finalement, force est de constater que les ordinateurs n’évoluent plus beaucoup, voire régressent dans certains cas (comptez le nombre de ports disponibles sur votre ordinateur par exemple, les ordinateurs portables en sont de moins en moins pourvus, regardez la taille de votre disque dur qui gagne peut-être en puissance mais diminue en taille comme neige au soleil etc. etc.).

Les 3 phases de mon expérience terrain de l’utilisation des PC et des tablettes

Ce qui est certain, c’est ce que je tire de mon expérience du terrain à utiliser ces outils depuis maintenant plusieurs années (le Smartphone depuis 2007, la tablette depuis 2010). Je suis passé par plusieurs phases d’utilisation :

Phase 1 : la consultation (tablette) et la création (PC)

Tout d’abord, 1 phase où la tablette n’avait qu’une fonction de consultation. Regarder le Web surtout, répondre au mail, regarder un peu de vidéos mais je n’en suis pas un gros consommateur. Il était, surtout au départ, absolument impossible de créer quoi que ce soit sur ces outils qui n’étaient pas faits pour mettre à jour du texte et encore moins les fichiers multimédias.

Phase 2 : le couteau suisse où la tablette remplace (presque) le PC

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Ce PC qui n’en finit pas de mourir … was last modified: novembre 19th, 2014 by Yann Gourvennec

les couleurs, manuel de l’influence du consommateur

La sélection du jour … est cette lecture prise au hasard de ma veille Internet

Cet article traite de la théorie des couleurs appliquée au marketing. Autrement dit, quel impact a une couleur sur le consommateur sur la perception du produit qu’il est sur le point d’acheter? Penser que la couleur peut avoir une influence sur le comportement d’achat peut laisser perplexe…. Mais quand on y pense, de nombreuse marques utilisent les couleurs, consciemment ou non, pour véhiculer ou accentuer un message ou une image de marque. Contrairement à ce que dit l’article, la théorie des couleurs n’a pas été inventée par Charles Lemieux, même anobli pour l’occasion.

Les couleurs ont une influence sur nos sentiments, pourquoi ne pas s'en servir dans sa stratégie?
Les couleurs ont une influence sur nos sentiments, pourquoi ne pas s’en servir dans sa stratégie?

Même si les couleurs ne sont pas perçues de la même façon par tous les consommateurs, elles ne sont pas sans effet sur ce dernier : en règle générale, les couleurs froides apaisent, tandis que les couleurs chaudes excitent. Les vendeurs l’ont bien compris : dans une banque ou une pharmacie, on retrouvera beaucoup de couleurs froides comme le bleu et le vert, qui sont censées rassurer et mettre le client en confiance. A l’inverse, dans les parcs d’attraction, les casinos etc, on retrouvera les couleurs chaudes, le jaune, l’orange et le rouge, qui apportent dudynamisme.

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les couleurs selons les genres : par Kissmetrics cités par Gregory Ciotti

La théorie des couleurs est un des aspects les plus intéressants du marketing mais aussi, comme le fait remarquer Greg Ciotti sur son blog, un des plus controversés. La théorie est assez poussée, mais les chiffres sont difficiles à démontrer, il ne reste plus qu’à faire des tests et procéder par essais et erreurs, ou recourir aussi aux tests clients.

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21% de conversion en plus avec le bouton rouge, mais pas seulement à cause de la couleur du bouton, mais surtout du fait de l’utilisation de couleurs complémentaires qui font ressortir le bouton sur la page (rouge sur une page à dominante verte)

 

Le logo de Visionary Marketing dégage puissance (noir) et optimisme (jaune), des valeurs que nous ne renions pas et un coup de chance – ou d’intuition – pour un logo qui a été développé de façon empirique mais que nous avons gardé du fait de nombreux retours sympathiques et positifs.

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via The Power of Colors: How Colors Are Used in (e-)Commerce to Influence You – Daddu.

Pour poursuivre votre lecture : 


les couleurs, manuel de l’influence du consommateur was last modified: janvier 16th, 2016 by Yann Gourvennec