Ideo, le caddie de supermarché et l’effet de halo: qu’est-ce qu’un – vrai – bon design ?

The Ideo Shopping cart(Presque) tous ceux qui se sont intéressé à l’innovation un jour entendu parler du processus IDEO et de la fameuse vidéo sur un caddie de supermarché qui fut tournée pour l a chaîne de télévision américaine ABC. Et il s’agit en effet d’un sujet récurrent pour les séminaires d’innovation et un exemple renommé d’une méthodologie créative qui fait autorité. Dans la vidéo ABC (vous pouvez l’acheter à la chaîne de télévision en cliquant sur le lien ci-dessous) vous verrez l’équipe vidéo relever un défi sur la conception, ou plutôt la réinvention d’un objet simple de la vie courante, le caddie du supermarché. Et leur démonstration est sans doute très efficace. Voici un objet que nous utilisons tous les jours, qui est devenu quasi incontournable sur l’ensemble de la planète, et voici que nous n’avions jamais pensé à le rendre plus facile d’usage. Tout ceci paraît évident n’est-ce pas ? Et l’équipe d’Ideo se met ainsi à reconcevoir ce caddie susmentionné en moins de deux jours. Voilà qui est impressionnant, tout l’auditoire du séminaire se met debout et applaudit, voici un processus bien remarquable qui mène à des résultats sans faille (voir le caddie terminé sur la gauche)!

Du moins voilà ce que je pensais également, peut être un peu naïvement, jusqu’à ce que je lise les critiques dont des articles dont Jean fournit les liens à la fin de ce post. Parmi les questions des critiques sur ce processus, on notera celles du type : « mais pourquoi ce caddie de supermarché ne fut-il pas mis sur le marché après l’émission et pourquoi ne trouvons-nous pas dans notre supermarché local ? » Et également « s’agit-il d’un exercice réel ou artificiel, notamment au début du processus alors que l’équipe commence l’enquête au moyen de caméras à l’intérieur d’un supermarché, était-ce un exercice réel ? ».

Je me demandais également – alors que je viens de commencer la lecture du dernier ouvrage de Phil Rosenzweig – s’il ne s’agissait pas d’un exemple parfait d’effet de halo, c’est-à-dire « une tendance à faire des déductions sur des traits spécifiques sur la base d’une impression générale » (l’Effet de Halo, page 50 ).

Oui c’est indéniable, la vidéo est véritablement très réussie, toutes ces personnes sont excessivement brillantes et le processus donne véritablement l’impression de fonctionner parfaitement. En deux jours à peine un nouveau caddie, de conception en principe supérieure, fut créé mais la question réelle est la suivante : qu’est-ce qu’un véritable bon design ? S’agit-il d’un design qui est là pour faire joli, ou doit-il inclure également une notion de praticité par exemple ? (Par exemple, si l’on pointe sur ces boîtes qui s’empilent dans le caddie qui est représenté dans la photo d’Ideo, peut-on décréter qu’il s’agit de quelque chose véritablement pratique ? Où va-t-on les ranger ? Comment empile-t-on les caddies les uns sur les autres etc.). Est-ce que le design a pour but seulement de s’adresser à un utilisateur final ou est-ce qu’il doit être également s’adresser au responsable du magasin ? Voici une question importante. Dans la vidéo l’accent est mis au niveau de l’équipe sur le développement d’un caddie qui serait plus pratique. Mais plus pratique pour qui ? Peut-on partir de l’hypothèse que les gérants ne de magasins n’ont pas à se préoccuper du coût de leur caddie, de la façon dont ils sont stockés, et de leur durée de vie ? De plus, la question du caddie est-elle la question principale, même pour le l’utilisateur final ? Par exemple, peut-on penser que les clients préféreraient payer plus pour leur nourriture rangée dans de belles boîtes sur un caddie conçu comme de la haute couture, ou payer moins pour sa nourriture rangée pêle-mêle dans un vulgaire panier à roulettes ?

Ces questions restent des questions ouvertes, mais il y a fort à parier que la réponse se trouve dans le fait que ces fameux caddies ne sont pas présents dans nos magasins.

Attention, ne sautez pas à la conclusion non plus, et non déduisez en aucune manière que le processus d’IDEO ne marche pas. Juger sur un seul exemple serait trop facile, il s’agirait là aussi d’un effet de halo.

Ideo, le caddie de supermarché et l’effet de halo: qu’est-ce qu’un – vrai – bon design ? was last modified: août 28th, 2007 by Yann Gourvennec

polémique sur la moralité d’un concours 2.0

CustimeSur le site d’Olivier Bender, également contributeur sur ce blog, un bon post qui a déclenché une superbe polémique :

« Un concours intéressant

La société Custime vient de me faire parvenir le mail ci-dessous. Le concept est intéressant puisqu’il fait appel à la communauté des gens intéressés par leurs produits et services. Une sorte de « création de communication 2.0 ». … lire la suite de l’article d’Olivier ici

Dans l’esprit, la démarche participative est très bonne. Si cependant la valeur du prix avancé peut soulever quelques remarques quant à l’honnêteté supposée de Custime, elle peut aussi soulever quelques questions quant à l’efficacité du dispositif. En fin de compte, si M. Granclément défend son bifteck de publicitaire, c’est bien légitime. Personne n’a envie de travailler pour rien et on comprend que les publicitaires voient d’un sale oeil qu’une démarche collaborative vienne leur enlever des prestations lucratives. Ces commentaires posent en fait une question de fond qui est celle de la valeur éthique du business. Si Nike a créé son logo en le payant 35$ ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Nike#Le_logo_de_Nike ) à une étudiante cela est-il répréhensible puisque à l’époque Nike était une PME ? Si Custime obtient un logo pour 180€ (un peu plus cher donc) est-ce « immoral » pour autant ? Et en miroir de cette question de fond, une autre question de fond, qui est celle de savoir si le marché peut répondre, et aussi, si les prix habituellement facturés pour ce genre de prestations ne sont pas parfois décalés (d’où les réactions anti publicitaires). Ma vision ici reste pragmatique, si un freelance a envie de se faire connaître et se s’acheter une référence pour pas cher, c’est un problème de marché. J’en ai moi même fait l’expérience il y a 7 ans en négociant le relooking intégral de tous mes sites et de tous mes logos, templates Dreamweaver compris pour moins de 10000€ alors que des agences de pub me proposaient des tarifs de 200k€. En fin de compte, ma démarche était gagnante-gagnante, car le freelance qui a acheté la référence en a eu aussi pour son argent car il a pu revendre cette expérience ailleurs. En fin de compte, il n’y a pas ammoralité, juste du business. CQFD.

Dans le cas de Custime, laissons parler le marché et je suggère à Olivier de nous tenir au courant avec le résultat des courses. S’il est nul, c’est que le prix est trop bas, tout simplement.

polémique sur la moralité d’un concours 2.0 was last modified: juillet 25th, 2007 by Yann Gourvennec

les dernières modes et outils de management passés au crible

small Bain quadrant matrix on system usability

Vu sur le blo blog de mon ami Jean François David (une autorité sur l’informatique et l’organisation), ce post d’une étude de Bain sur l’évaluation de l’usage et de la satisfaction des modes et outils les plus populaires du management. L’étude couvre une période de 14 années et 4 continents. la liste des items évalués inclut la ‘Balanced Scorecard’, le BPR, les blogs d’entreprise (nouveauté de 2007), le CRM, l’Outsourcing, le RFID, et derniers et non des moindres les partnariats stratégiques et l’innovation collaborative.

voir la suite de cet article en Anglais en cliquant ici

les dernières modes et outils de management passés au crible was last modified: juillet 19th, 2007 by Yann Gourvennec

accès aux supports complets du cours de l’ESG sur la collaboration (marketing 2.0, web 2.0, outils de collaboration)

mbaebusiness

En cette année 2007, marquée par la ‘participation’ et la coopération symbolisée par le développement exponentiel de Wikipédia, le phénomène collaboratif est devenu incontournable. Pour les ‘anciens’ du Web, il s’agit là d’une résurrection plutôt qu’une naissance, mais au-delà des discours blancs ou noirs des médias sur ces sujets, qu’en est-il de la réalité humaine et économique de la collaboration ? Est-ce véritablement un phénomène de fond ? A-t-il commencé en 2007 avec quelques sites web aux noms farfelus (Nicholas Carr dirait avec humour et dérision, les ‘Flackr, Knackr ou Wankr’) ou s’agit-il de quelque chose de plus profond qui répond à un vrai besoin complémentaire (et non contradictoire) de liberté, d’autonomie et d’entraide ? Impossible d’aborder ce sujet sans évoquer ses outils et son marché. En effet, le travail collaboratif est devenu un véritable marché aujourd’hui, avec de nombreux acteurs, mais surtout quelques champions qui se placent au-dessus du lot; témoin le rachat spectaculaire de Webex en ce début 2007, le leader de la webconférence, par Cisco pour plus de 3 milliards de $US.

Le site visionarymarketing.com a rassemblé l’état de l’art de la collaboration, depuis le marketing 2.0 au web 2.0 jusqu’aux outils de collaboration et leur marché dans un cours complet de Marketing donné en mba ebusiness de l’ESG fin Juin 2007, et qui est désormais disponible en intégralité sur le web.

  • télécharger le cours de marketing sur la collaboration, du marketing 2.0 au web 2.0
  • contacter l’auteur du cours
  • accès aux supports complets du cours de l’ESG sur la collaboration (marketing 2.0, web 2.0, outils de collaboration) was last modified: juillet 18th, 2007 by Yann Gourvennec

    le pacte écologique rase-t-il les jeunes ?

    Nicolas Hulot et son pacte écologiqueLes supporters de l’écologie responsable sont ils des soixante-huitards boutonneux qui élèvent des moutons dans le Larzac ? Difficile à dire. A priori, 65% d’entre eux vivent dans des villes moyennes (100.000 habitants). Il faudra encore attendre pour savoir si ce phénomène a touché toutes les catégories sociales. En matière de classe d’âge, la majorité est d’âge moyen, entre 29 et 49 ans, ce qui est sans doute plus réjouissant que si elle elle était de 50 à 80 ans, mais tout de même préoccupant car cela tendrait à montrer que les jeunes générations ne sont pas vraiment motrices.

    Chère/Cher signataire du Pacte écologique,Compte tenu de la très forte mobilisation autour du Pacte écologique (près de 740.000 signataires aujourd’hui), nous avons souhaité mieux vous connaître.
    L’étude réalisée auprès de vous avec l’institut de sondage LH2 en avril et mai dernier a recueilli plus de 50.000 réponses sur 330 000 personnes contactées.
    Les résultats nous encouragent à poursuivre notre action. Nous vous en remercions.

    Signataires du Pacte : qui êtes-vous ?
    – plus de 65% ont entre 25 à 49 ans et vivent dans des villes de moins de 100.000 habitants.
    – 51% de femmes et 49% d’hommes : la parité chez les signataires !

    Quels sont vos engagements au quotidien ?
    – 81% d’entre vous préfèrent une douche au bain ;
    – 69% trient leurs déchets régulièrement ;
    – plus de 50% ont une gestion active de leur énergie (par ex : isolation du logement, extinction des appareils électriques, conduite souple et respect des limitations de vitesse).

    Sans être véritablement militants, vous êtes des citoyens engagés :
    – 94% d’entre vous votent à chaque élection ;
    – 68% prennent part à des discussions politiques ;
    – 61% expriment publiquement des opinions politiques pour tenter de convaincre d’autres personnes.

    Pourquoi avez-vous signé le Pacte ? parce qu’il y a « urgence » !
    – 70% d’entre vous jugent la crise écologique très urgente ;
    – 90% estiment que la protection de l’environnement doit être une priorité pour le président de la République.

    Que souhaitez-vous ?
    Vous êtes déterminés à accroître votre engagement environnemental et à agir…
    – très majoritairement (85%), vous vous déclarez prêts à vous former davantage pour changer vos comportements ;
    – à agir localement (60%) ;
    – à participer à des évènements (plus d’1 sur 2) ;
    – 81% estiment que les signataires devraient faire partie d’une communauté d’internautes via le site de la Fondation Nicolas Hulot et 57% seraient prêts à y participer !

    Nous vous avons bien entendus et vous ferons des propositions à l’automne. D’ici là, cap sur le Grenelle de l’environnement !

    La Fondation Nicolas Hulot participe aux six groupes de travail préparatoires du Grenelle : climat et énergie, biodiversité, environnement et santé, agriculture, démocratie écologique, économie compatible avec l’environnement.
    Aux côtés des représentants des associations environnementales, ces groupes de travail impliqueront syndicats, collectivités locales, entreprises et l’Etat. Une première synthèse des discussions doit être prête en septembre. Des débats en région et sur Internet seront alors organisés, conduisant à des décisions d’action dans la deuxième quinzaine d’octobre.

    Le plus dur reste à faire : parvenir à un accord sur un ensemble de mesures significatives, tant avec le gouvernement qu’avec les partenaires sociaux. La mobilisation continue d’ici le Grenelle et nous avons besoin de vous pour afficher notre détermination !

    Je vous invite donc à continuer d’encourager vos proches à signer le Pacte écologique.

    Bien à vous tous,

    Nicolas Hulot
    Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme

    Signez le Pacte écologique sur www.pacte-ecologique.org !
    Objectif 1 million de signataires avant le Grenelle !

    La Fondation a mis un espace en ligne vous permettant de gérer vos informations personnelles et abonnements, conformément à la CNIL et à la loi «informatique et libertés». Ainsi, pour tout désabonnement ou mises à jour d’informations, vous devez vous connecter sur le lien suivant : https://secure.fondation-nicolas-hulot.org/amis
    Vos codes personnels vous ont été adressés par mail.

    le pacte écologique rase-t-il les jeunes ? was last modified: juillet 13th, 2007 by Yann Gourvennec