8 raisons pour lesquelles – à tort ou à raison – les marketing managers adorent les médias sociaux

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le Web 2.0… sans oublier qu’il s’agit d’un véritable métier

J’ai rencontré au cours de mes pérégrinations bien des responsables de tout poil et de toutes origines et il semble qu’ils soient classables dans l’une des 2 catégories suivantes (*): ceux qui adorent et ceux qui détestent les médias sociaux (alias Web 2.0 – je précise car il n’est pas certain que la nouvelle dénomination soit encore entrée dans les mœurs). Pour bien des grandes entreprises, les médias sociaux sont fascinants et ceci de bien des manières, alors que pour beaucoup d’autres il s’agit d’une zone interdite aux marques sérieuses, qu’il convient de laisser aux informaticiens. Quelle que soit la force des opinions que les 2 camps puissent exprimer, dans un sens ou dans un autre, celles-ci ne sont pas toujours soutenues par les faits. Voyons donc certains de ces arguments que nous entendons souvent, et n’hésitez pas à ajouter vos commentaires et vos réflexions. La première partie de cet article dédié aux…

(note: ceci est la traduction française d’un de mes articles publiés sur Bnet en Angleterre et dont une version intégrale est disponible ici dans la langiue originale)

8 raisons pour lesquelles les marketeurs – à tort ou à raison – adorent les médias sociaux

  1. Les médias sociaux portent en eux la promesse d’une croissance exponentielle, sur le modèle des  success stories de sites comme Facebook ou, plus récemment, twitter. Et il est difficile de ne pas être tenté par une telle promesse. Les médias sociaux sont aussi vus comme un moyen privilégié d’avoir accès à la fameuse Génération Y, entre autres (voir l’article de Lev Grossman dans le magazine Time intitulé pourquoi Facebook est fait pour les vieux croûtons. Les médias sociaux paraissent faciles, il suffit de créer un compte chez Facebook et hop ! Vous voici riche et célèbre. Et bien en fait, pas du tout. Les médias sociaux sont un média bien à part qui répond à des règles bien précises (voir mes 15 règles d’Or ici). Il n’est pas donné à tout le monde d’être super cool et de devenir immensément populaire. Les médias sociaux exigent qu’on s’attelle au travail sérieusement. Quand je dis sérieusement, je pèse mes mots, si vous voulez réussir sur les médias sociaux, armez-vous de patience et travaillez beaucoup ;
  2. Pour les marques, il s’agit également d’un nouveau moyen d’attendre plus et mieux ses cibles (si Tara Hunt veut bien me pardonner ce terme d’un autre âge) d’une façon moins intrusive et descendante, plus personnelle, et plus transparente les médias sociaux en est une réponse de qualité aux difficultés croissantes rencontrées par bien des grandes entreprises qui cherchent à atteindre des zones dites voir cible du fait de la fragmentation des médias traditionnels. La communication traditionnelle de haut en bas n’est donc plus de mise, on en parle assez souvent dans ces colonnes, et pour preuve j’en veux l’exemple de Wells Fargo et de leur galerie de publicités télévisées sur trois décennies dont vous pouvez voir quelques échantillons ici [exemple 1 – exemple 2]. Et ce n’est pas tout, car les internautes – qui tendent de plus en plus à ressembler à monsieur tout le monde, vu que la majorité est désormais connectée – sont aussi plus exigeants vis-à-vis de votre marque. Vous ne pouvez donc pas vous permettre de seulement recycler vos bons vieux messages publicitaires (devrais-je parler de réclame ?) et vous contenter de les mettre en ligne. D’ailleurs, je suis de plus en plus d’avis que le Web échappe aux lois de la communication. Alors, apprenez les règles d’or du Web 2.0, et soyez humbles, écrire sur Internet est un métier et demande de l’apprentissage ;
  3. Troisième raison, les médias sociaux, c’est plus moderne et plus à la mode quer le bon vieux site Web d’antan. Mais est-ce un argument valide ? Est-ce que le fait que des des personnes célèbres comme l’acteur anglais Stephen Fry utilise de façon intensive Twitter (voir ici la page Twitter de Stephen Fry) et Posterous, ne veut pas dire que votre entreprise puisse bénéficier des médias sociaux de la même manière. Soyons clairs, Stephen Fry en Angleterre n’avait pas besoin de Twitter pour devenir populaire, car il l’était depuis longtemps (Stephen Fry est un acteur fort connu en Angleterre, à la fois cultivé, élitiste – il a fait Oxford – et populaire). Toutes les marques ne peuvent pas devenir des marques cultes, ni aimées de leur public, et s’exposer en ligne ne permettra pas à toutes ces marques en mal d’amour de rattraper le temps perdu dans des errements marketing. Étonnamment, des marques très populaires comme Apple par exemple ont choisi de ne pas avoir de blog d’entreprise (voir les remarques de Josh Bernoff sur Apple et les blogs d’entreprise ici). Les médias sociaux ne doivent pas être choisis par les entreprises simplement parce qu’ils sont « cool », mais parce qu’elles donnent aux marques des occasions uniques de générer des discussions passionnées avec leurs clients et leurs enthousiastes (ou leurs détracteurs aussi), ou pour devenir des leaders d’opinion et des évangélistes. En fin de compte, il y a une sorte de Retour sur Engagement dans les médias sociaux (ROE et non ROI, retour sur investissement). Mais si dans votre démarche de médias sociaux vous avez omis de prendre en compte la synergie avec votre marque, alors il vous mieux oublier la mode et passer à autre chose ;
  4. Les médias sociaux – l’Internet en général – sont plus mesurables (à condition de bidouiller un peu les statistiques cependant, car il ne s’agit pas d’une science exacte, mais au moins peut-on mesurer quelque chose à la différence de la publicité). On peut suivre les visites – et les visiteurs – à la trace , recruter des personnes individuellement, bâtir des lettres d’information (newsletters) et des fichiers à partir de rien. Enfin presque. Parce que pour en arriver là, il est nécessaire de se séparer du bon vieux syndrome de la plaquette en ligne qui consiste à offrir le service minimum de la reproduction en ligne de ce que vous avez fait sur le papier (qui bien souvent déjà n’est pas très impressionnant) et apprendre comment le média fonctionne. Le tapis de bombes publicitaires n’est pas d’une stratégie valide dans les médias sociaux. Et les opportunités abondent : Facebook offre de la publicité ciblée, Netvibes permet aux marques de créer leurs propres univers (voir la page d’accueil de Cap Gemini ici), ou des widgets personnalisés avec des garanties en nombre de téléchargements et Youtube permet également aux marques de personnaliser leurs chaînes (voir la chaîne Wal-Mart ici) etc.
  5. Les médias sociaux offrent en eux-même la promesse d’être bon marché. Et d’une certaine manière cela est largement vrai. Enfin c’est-à-dire, tant que vous avez embauché les bonnes personnes qui comprennent les médias sociaux et qui ont une forte compétence dans ces domaines. Voici quelques exemples réussis de mises en œuvres par les médias sociaux qui se démarquent par leur coûts minimes ou nuls (example 1, example 2, example 3, exemple 4) ;
  6. Avec les medias sociaux, c’est aussi la promesse tant attendue de la personnalisation, du marketing « individualisé » alias « one-to-one » en ciblant les annonces par rapport aux contenus et en les liant aux profils des utilisateurs. Mais c’est aussi la possibilité de faire de la publicité différemment, en visant les modes de rémunération au résultat : PPC – PPL – PPA – PPS (*), qui sont un échappatoire aux modes traditionnels de la publicité sur Internet où la pression est mise sur l’annonceur et non l’éditeur (le mode du CPM ou coup par mille, où le paiement s’effectue à l’affichage). De tes exemples existent aussi en couple avec les sites de médias sociaux et notamment les blogs ;

(*) c’est à dire : paiement par clic, paiement au prospect (Lead), paiement à la vente, paiement à l’action etc.

  1. Pour plus d’un manager, les médias sociaux offrent également souvent cette promesse d’être « ce machin grâce auquel on va pouvoir manipuler des opinions en infiltrant les médias sociaux et notamment les réseaux sociaux ». J’ai entendu cet argument bien souvent, et j’ai même arrêté plus d’un projet de cow-boys numériques de ce genre. Ne croyez pas que personne ne sait que vous êtes un chien sur Internet parce que, malgré la croyance populaire et le célèbre dessin, ceci n’est pas vrai. Bien des débutants de l’Internet se sont essayé à cela et ce n’est même pas seulement que cela ne marche pas, mais c’est surtout que cela est dangereux et dommageable pour votre marque. Si vous ne me croyez pas, lisez ces exemples relatés par le Financial Times en février 2000 qui a titré : « ces blogs qui tissent une toile de mensonges ». La transparence n’est pas seulement une option pour les marques qui veulent se lancer dans les médias sociaux. Il est plus que conseillé de lire les conseils d’Andy Sernovitz, l’homme derrière le Social Media Business Council ici.
  2. Les médias sociaux séduisent également bien des professionnels du marketing alléchés par l’attrait de la « nouveauté » parce que les marchés sont des conversations selon les termes du Cluetrain manifesto. Tous les experts d’Internet, réels ou autoproclamés, connaissent cela et le répètent à l’envi devant des marketeurs qui découvrent ces préceptes vieux pourtant de 10 ans. Et pourtant, cela n’est pas toujours vrai, loin de là. Les produits high-tech (les téléphones mobiles et notamment les smartphones en ce moment par exemple) déclenchent des discussions passionnées, mais les produits de niche professionnels peu connus ou les services (tels que la téléphonie d’entreprise ou l’outsourcing par exemple) sont des sujets plus difficiles, et ceci ne va pas toujours de pair avec la taille du marché. Ne croyez pas par exemple que mettre en place un site de communauté est suffisant pour démarrer des discussions en ligne. La première chose dont vous aurez besoin est le trafic, avant de pouvoir vous lancer dans des interactions plus qualitatives. Au contraire de ce que la plupart des gens pensent, le web 2.0 n’est pas une affaire de technologie c’est une affaire de personnes. Le 2.0 ne se limite pas à vouloir ajouter des widgets sur votre site statique, un véritable marketing manager sait que cela n’est pas vrai.

Les médias sociaux sont une chance fantastique pour les managers marketing qui désirent ajouter un peu de piment à leur stratégie et à leurs campagnes dans la mesure où ils arrivent à déchiffrer les mythes qui se cachent derrière les médias sociaux, évitent les pièges tendus par les gogos, et apprennent le langage idiosyncratique des médias sociaux, ce qui passe souvent par l’embauche d’un professionnel de qualité qui soit capable de gérer ces initiatives correctement. Bonne chasse, ils ne sont pas si nombreux que cela.

(*) Raymond Aron qui avait pour coutume de dire « quand j’entends de 2 choses l’une j’attends la troisième » me pardonnera de cette simplification outrancière.

8 raisons pour lesquelles – à tort ou à raison – les marketing managers adorent les médias sociaux was last modified: juillet 28th, 2009 by Yann Gourvennec

twitter fait le ménage d’été chez les spammeurs

twitter fait son ménage d'été
twitter fait son ménage d'été

C’est tombé comme un couperet, sur notre compte http://twitter.com/orangebusiness, une baisse radicale du nombre de suiveurs, de 4200 environ à 4080 en une nuit. Moins de soucis sur mon compte http://twitter.com/ygourven.

C’est qu’en fait Twitter fait du ménage. Ils ont décidé de supprimer les comptes des spammeurs – et il est vrai qu’il y en avait un paquet – et qui nuisaient à la réputation de l’outil mais aussi de rétablir la cohérence dans leurs comptes qui montraient des erreurs entre leurs ratios suiveurs/suivis. Voici l’explication de Mashable :

Noticed a drop in your TwitterTwitter follower count? You’re not alone: Twitter announced today that the company is purging spammers and correcting “data inconsistencies”. We haven’t noticed any significant change on Mashable’s Twitter account yet, but if you’ve been the target of spam followers, you might notice a “significant” change in both your follower and following counts.

Il ne s’agit pas d’un problème donc, mais d’un nettoyage salutaire. Honte aux spammeurs !

Affaire à suivre …

twitter fait le ménage d’été chez les spammeurs was last modified: juillet 24th, 2009 by Yann Gourvennec

Media-Aces : EDF crée un blog pour mettre les entreprises sous tension

L’Observatoire Energie d’Entreprises est une initiative d’EDF qui a pour  « ambition d’être un détonateur d’idéesafin de comprendre les mouvements du marché de l’énergie et ainsi questionner les modèles et références actuels. » Le blog fait appel à la contribution d’un panel d’experts du marché, n’appartenant pas à EDF, parmi lesquels un enseignant-chercheur de Dauphine, un avocat, la DG d’un cabinet d’architectes et d’autres professeurs (ils sont 6contributeurs  à aujourd’hui). Si on omet la parenthèse des congés, le blog est animé (le mois de Juin a été riche en informations) avec des sujets divers abordés de façon neutre et non conventionnelle pour une grande entreprise comme EDF avec par exemple des compte-rendus d’ateliers sur l’impact environnemental, des articles nombreux sur les impacts climatiques (voir un exemple ici) ou les usages de l’électricité dans les entreprises.

logo-media-aces
nouveau logo media aces

Pas de blabla, pas de plaquettes, de l’information et du contenu, bref de l’Internet et du vrai. On ne pouvait que saluer cette initiative en invitant nos collègues d’EDF à rejoindre Media Aces. Souhaitons leur la bienvenue.

J’en profite aussi pour annoncer en avant première le tout nouveau logo de media aces qui vient juste de sortir des rotatives. Dans une discussion de 1h1/2 avec les amis Nieuwbourg et Kabla, nous avons fixé au lundi 14 septembre de 16:00 à 18:30 à la grande Arche de la Défense, sous les auspices de Philippe Nieuwbourg et du Musée de l’Informatique (pour ceux qui se demandent pourquoi au musée, ajoutons qu’il nous a paru amusant de mélanger le passé de l’informatique qui a bercé notre prime jeunesse avec le futur que nous écrivons en ce moment. En outre, Philippe est membre de Media-Aces et le Musée de l’informatique – qui a un blog : http://blog.museeinformatique.fr – aussi, CQFD).

Voilà qui promet d’être intéressant, notamment au vu des réticences de l’entreprise vis à vis du 2.0 (voir les ECHOS), il nous paraît donc de plus en plus utile qu’une association comme Media-Aces se constitue pour stimuler le 2.0 productif en entreprise et vers les clients/partenaires/ecosystèmes etc. (merci à Xavier Aucompte de Brent pour l’article des echos qu’il a buzzé sur Facebook)

Media-Aces : EDF crée un blog pour mettre les entreprises sous tension was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Bob Pearson (SMBC) et le Web 2.0 « les médias sociaux sont pour toutes les entreprises »

Bob Pearson - SMBC
Bob Pearson - SMBC

note importante : cet article est la version intégrale d’un article originellement publié sur Silicon.fr

Bob Pearson vient d’être nommé Président du Social Media Business Council, le nouveau nom du Blog Council, après avoir été, le fait est connu, vice-président des communautés des conversations de DELL. Bob a eu la gentillesse d’accepter de répondre à mes questions pour le compte de nos lecteurs de Silicon. Dans cette interview, je me focaliserai plus particulièrement sur l’expérience passée de Bob Pearson, comment celle-ci lui sera utile dans son nouveau rôle, et ses projets d’expansion du Social Media Business Council.

Silicon : le succès de vos initiatives Web 2.0 lancées pour le compte d’une entreprise leader du secteur de la high-tech mondiale est indéniable, ceci veut-il dire que les médias sociaux sont faits uniquement pour les informaticiens ?

BP : non, les médias sociaux ont pour but d’engager directement des conversations avec les clients. Ceci revêt une telle importance stratégique, que les entreprises prennent désormais le temps de construire une relation à long terme avec leurs clients au travers de ces médias sociaux. Dans nos domaines, bien des idées ont pris forme grâce à des informaticiens, pour lesquels j’ai bien sûr beaucoup de respect, mais le monde d’aujourd’hui est un monde de plus d’1,6 milliards de personnes connectées et où tous les jours, plus de 500.000 nouvelles personnes se connectent pour la première fois. Les médias sociaux prennent une place prépondérante pour nos clients aujourd’hui et dans un futur proche, cela sera aussi le cas pour les entreprises.

Silicon : à votre avis, et sur la base de votre expérience, quels sont les trois bénéfices principaux que vous, votre ancien employeur, et vos clients ont pu retirer de ces projets dans les médias sociaux ?

BP : les bénéfices pour les entreprises sont nombreux, les plus importants étant certainement l’apport de nouvelles idées, le lien entre la marque et vos clients et la révélation de la valeur de vos employés. Les médias sociaux ouvrent une remarquable fenêtre sur le monde extérieur et permettent de mieux comprendre les clients et ce qu’ils veulent. Par exemple, pourquoi faire un focus group avec 10 personnes en un seul endroit alors que vous pourriez bâtir une communauté, comme Dell ou Starbucks et recevoir des milliers d’idées et enfin écouter vos clients discuter pendant des mois ? Pour les entreprises, il est également important de faire participer ses clients à une co-création de la marque et de sa réputation en ligne. Si vous regardez vos statistiques avec attention et si vous savez où vous produits sont évalués, vous vous apercevrez rapidement pour une grande marque, il est courant que 5000 conversations lui soient liées. Posez-vous donc la question de savoir à combien de ces conversations vous avez participé réellement , et même de  combien de ces conversations vous connaissiez l’existence ? Si la réponse est zéro, cela veut dire que vous avez laissé votre marque à l’abandon. Cela mérite réflexion n’est-ce pas ?

J’ai pu également voir combien les médias sociaux à l’intérieur de l’entreprise permettent également aux employés de partager leurs idées et, pour être franc avec vous, de vous faire savoir aussi s’ils sont d’accord avec la direction que prend l’entreprise, au travers de leurs commentaires ou, dans certains cas, leur silence.

Silicon : quels sont selon vous les trois principaux facteurs clés de succès quant à la mise en place de nouveaux projets dans les médias sociaux ?

BP : j’ai entendu des gens dire « dans l’abréviation ROI(*), il faut que le R soit en minuscule et le I en majuscule ». J’aime bien cette formule. Les médias sociaux ne coûtent pas énormément d’argent, du moins pour essayer. Ce dont vous avez besoin c’est simplement de courage et de la volonté d’aller prendre part directement aux discussions avec vos clients. J’aime bien demander aux gens « à combien de vos clients parlez-vous réellement chaque jour ? » Pour trop de gens dans trop d’entreprises, la réponse est zéro.

Voilà à mon avis les trois facteurs clé de succès : Premièrement, savoir où les conversations à propos de votre marque prennent place. Deuxièmement, avoir une idée précise de la façon dont vous aller mener votre projet pour vos initiatives en ligne, et notamment en termes de règles de la transparence en Web 2.0. Troisièmement : prendre conscience du fait que les clients ont envie de vous entendre personnellement, et qu’ils n’ont pas envie d’entendre parler « l’entreprise », et donc qu’il faut personnaliser son approche. La nouvelle formule gagnante est « marque + personnalité ».

(* ROI  =  retour sur investissement, c’est à dire ce qu’un projet rapporte par rapport à ce qu’il a coûté)

Silicon : Votre club du blog Council est-il un succès et de quelle sorte de club s’agit-t-il ?

BP : les médias sociaux sont une nouvelle discipline pour les entreprises qui a un impact sur tous les employés de tous les départements de l’entreprise. En conséquence, il est important pour les leaders des médias sociaux (NDLR: originellement appelés Web 2.0) de se retrouver dans un club privé afin de pouvoir partager leurs meilleures pratiques et apprendre les uns des autres en temps réel. Il n’y a pas mieux que l’apprentissage entre homologues car il permet à des professionnels d’horizons différents d’échanger directement, même d’un secteur à l’autre. Le résultat, c’est le Blog Council, qui maintenant comprend 60 des marques les plus importantes dans le monde, dont OrangeMcDonald’sStarbucksIntelMicrosoft et Coca-Cola.

Silicon : est-ce que toutes les entreprises peuvent rejoindre le blog Council, ou est-ce qu’elles doivent remplir certains critères ?

BP : le Blog Council a été conçu pour les grandes entreprises, en général de plus de 5000 employés. La règle pour les nouveaux membres est la recherche de l’amélioration volontariste de leur présence dans les médias sociaux. Nous recherchons des membres qui veulent apprendre en posant à leurs homologues des questions, en partageant des idées et en laissant leurs égos au vestiaire.

Silicon : quels sont vos projets pour le développement du Blog Council ? Acceptez-vous de partager une information avec nos lecteurs de Silicon ? Un scoop peut-être ?

BP : Et bien pour être franc, il est clair que notre nom avait besoin d’un lifting : En fait, nous venons de le changer et maintenant notre club s’appelle le Social Media Business Council et vous pouvez nous retrouver sur Internet à l’adresse : http://www.socialmedia.org.

Silicon : certains « blogueurs qui bloquent sur les blogueurs » pour reprendre les mots d’Andy Sernovitz ont parfois des mots assez durs vis-à-vis du Blog Council, qu’aimeriez-vous leur dire ?

BP : toutes les idées sont les bienvenues. Notre objectif principal est de bâtir une nouvelle discipline autour des médias sociaux et de participer à la réussite de nos membres. Nous sommes entièrement dédiés aux conversations et nous espérons donc que tous puissent partager leurs suggestions d’amélioration (pour le bénéfice de notre association et de nos membres).

Silicon : certains analystes comme Josh Bernoff de Forrester mais aussi Seth Godin (dans son ouvrage Meatball Sundae) ont voulu démontrer que les médias sociaux n’étaient pas pour toutes les grandes entreprises. Votre opinion là-dessus ?

BP : j’ai beaucoup de respect pour le travail à la fois de Josh et de Seth. Cependant je suis en total désaccord avec ce commentaire. Les médias sociaux sont pour toutes les entreprises qui veulent améliorer leur façon d’interagir avec leurs employés et leurs clients. En interne, une entreprise à travers les médias sociaux a une chance unique de révéler le capital intellectuel de ses employés. Et ils utilisent leurs idées pour améliorer plus vite leurs produits. En fait, nous n’en sommes qu’aux balbutiements en termes de co-création avec les clients sur Internet. Imaginons en B2B par exemple, que nous puissions ouvrir de nouvelles voies de communication entre les différentes grandes entreprises pour qu’elles échangent plus efficacement par exemple.

J’ai travaillé dans trois grandes entreprises faisant partie du club restreint des Fortune 500, et j’en ai vu beaucoup d’autres. C’est ce qui me fait dire que les opportunités sont nombreuses pour toutes les entreprises de toutes les tailles.

Silicon : est-ce que le Blog Council n’est centré que sur les blogs d’entreprise ou est-ce qu’il couvre un spectre plus large ?

BP : Le Blog Council traite l’ensemble du sujet des médias sociaux et de la façon dont ils sont utilisés pour améliorer les communications avec les employés et les clients. Les médias sociaux représentent le moyen le plus direct et, dans bien des cas, le plus puissant de créer des conversations, d’apprendre, partager et construire une nouvelle forme de relation. Les entreprises leaders dans le monde se lancent dans les médias sociaux et apprennent à les utiliser efficacement. Toutes les entreprises ne comprennent pas l’importance des médias sociaux aujourd’hui, cela est normal dans un processus de transformation et n’est pas inhabituel. Cela changera avec le temps.

Merci Bob de ces réponses directes à nos questions, les lecturs de Silicon intéressés par le sujet et par le Social Media Business Council pourront se connecter sur http://socialmedia.org.

note importante : au titre de la transparence évoquée par Bob Pearson, il doit être précisé ici que l’auteur est également membre du Social Media Business Council dans lequel il représente Orange. la photographie de Bob Pearson est disponible sur Flickr à l’adresse http://www.flickr.com/photos/hyku/ ;  cette image est mise à disposition par son auteur dans le cadre de la licence Creative Common dite ‘Attribution-Share Alike 2.0‘.

Bob Pearson (SMBC) et le Web 2.0 « les médias sociaux sont pour toutes les entreprises » was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

e-mail au bureau : Papy fait de la résistance

le plateau de webcastory
le plateau de webcastory

Hier 1er Juillet 2009, avait lieu à St Ouen dans les locaux de Webcastory, un débat dit du Hamster sur l’usage de l’email au bureau. [voir ici la page TechToctv.com].

Pourquoi le Hamster ? parce que Ken Blanchard et 2 autres auteurs ont traité ce sujet dans un livre intitulé the Hamster revolution, arguant du fait que le manager moyen perdait environ 1 mois par an à cause de mails stupides et non productifs.

J’ai d’ailleurs moi-même – en tant qu’observateur du mail depuis 21 ans – déjà traité de ce sujet, le plus récemment dans BNET.CO.UK en donnant mes recettes personnelles de productivité.

Le débat avec Vincent Berthelot de B-r-ent, Emilie Ogez de Xwiki et Bertrand Duperrin de Bluekiwi a été très riche et Vincent a poussé un article sur le blog B-r-ent pour poursuivre ce débat, en reprenant certains des échanges que nous avons eus.

Pour ma part, je ne suis bien évidemment pas pour la disparition de l’e-mail, mais j’approuve les actions coup de poing  no email friday – comme chez US Cellular (2007), Deloitte (2008), pains Jacquet (2009) – qui ont pour mérite de fixer les esprits et de réveiller les consciences. Pour le reste, je vous conseille ma liste d’astuces.  Voici le post de Vincent :

Web 2.0 et mail, opposition, complémentarité ?
Le mail fait plus que résister….

Le dernier sujet du plateau techtoctv animé par Yann Gourvennec auquel j’ai participé portait sur le mail et son impact en terme de temps, efficacité, usages…

Bertrand Duperrin qui participait avec Emilie Ogez et moi-même avec son intelligence coutumière du débat a donné en exemple les nouvelles habitudes de son Boss qui passe par leur plateforme sociale, un Direct Message sur Twitter pour communiquer avec ses troupes et retrouve l’usage du mail uniquement sur des cas bien spécifiques et plutôt d’urgence.

Emilie malgré son habitude et son immersion quasi permanente dans le 2.0 confiait se servir encore pas mal du mail, quant à Yann et moi nous faisions le constat que la quasi-totalité de nos échanges passaient par le mail et le téléphone.

Bertrand avançait ainsi l’idée que la plateforme sociale peut utilement et efficacement remplacer le mail dès qu’il s’agit d’échanger sur un projet, dossier avec une équipe. En terme de tracabilité, de classement, d’archivage, de partage et surtout de moindre interruption de tache c’est un pari gagnant.

  • lire la suite sur B-r-ent, le blog de l’entreprise 2.0
  • e-mail au bureau : Papy fait de la résistance was last modified: juillet 2nd, 2009 by Yann Gourvennec