La start-up du mois: Atelier81 rétro-innove sur Internet en relancant la carte de vœux papier

De plus en plus souvent, je suis sollicité par de jeunes entrepreneurs qui me soumettent leurs projets, créés ou à créer. Il m’a semblé intéressant de les présenter ici pour d’une part leur donner un coup de pouce et les faire connaître car les initiatives intéressantes méritent soutient. D’autre part, afin de soumettre à mes lecteurs un cas concret sur lequel ils peuvent réagir, via un sondage PollDaddy en fin d’article. Aujourd’hui, je présente Atelier81, la carte de vœux à l’ancienne sur Internet.

un bon projet commence par un joli nom

Il est intéressant et un peu à contre-courant : les Européens, les Français en particulier – un peu fainéants du stylo – n’enverraient plus de cartes de vœux, d’anniversaire, etc. ? ! Faux ! Nous dit Alexandra Cremona Van der Graaf, cofondatrice avec son mari d’atelier81, un joli nom qui évoque l’atelier d’artistes et … l’année de naissance de notre interlocutrice, année qu’elle déclare symbole de « modernité » (je n’aurais pas personnellement voté pour celle là, mais bon…). Selon Alexandra, c’est même exactement l’inverse qui se produit, car les cartes de vœux papier, jugées ringardes il y a quelques années encore, pourraient bien désormais revenir à la mode.

Le marché de la carterie en France serait de 410 millions d’euros pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 450 millions d’unités vendues (source UPCP ; ce qui nous permet d’évaluer aisément le prix moyen de la carte) et un sondage des éditions Yvon avec Gfk ISL de la fin de 2009, nous confirmerait cette tendance, affirme Alexandra : 70% des Français considéreraient en effet la carte de vœux selon cette étude, comme un support privilégié par rapport aux moyens numériques. Comme le signale le blog papetierdefrance.com le marché français a un beau potentiel de progression dans un pays où on envoie peu de cartes par rapport à nos voisins européens.

2 anciens de Google

Fonder une start-up n’est pas de tout repos : « on croit qu’on va passer beaucoup de temps sur le business plan et on est absorbé par l’administratif ». Ajoute-t-elle (à toutes fins utiles, voir l’envers du décor aux États-Unis avec le témoignage de Stéphanie de Wizeoz, vous verrez que la création d’entreprise est toujours un parcours du combattant, même au pays des entrepreneurs). Nos deux entrepreneurs sont des anciens de Google, spécialisés dans les ventes de mots-clés, où ils ont passé trois ans, en Irlande. Le pari de l’entreprise est osé, sur un marché certainement pas très simple, et où les acteurs américains présents dans les rues commerçantes et les galeries marchandes doivent se tailler la part du lion.

des cartes écologiques made in France

Il faut donc se démarquer. Les différenciateurs choisis par Atelier81 sont l’impression écologique, les cartes dessinées par de vrais artistes du monde entier (Amérique, Grande-Bretagne, Danemark, Hollande etc. et qui sont de vrais illustrateurs) et la fabrication française. Les cartes s’adressent à la fois aux entreprises et aux particuliers. La personnalisation des cartes se fait au travers d’un logo et d’un message, alors que pour les particuliers, Atelier81 propose d’écrire pour le compte de ses clients le message à la main afin de rendre le message plus « personnel ». Deuxième action de personnalisation se fait au travers d’une mini tablette de chocolat qui est incluse dans la carte (voir ci-contre).

Le site a été lancé en septembre, et il est fort à parier que l’on observe un pic des ventes vers la fin de cette année, avec l’arrivée des vœux (44% des ventes se font en effet dans le dernier trimestre).

Mais assez parlé, la parole est à vous, au travers de notre sondage: à vos souris !

La start-up du mois: Atelier81 rétro-innove sur Internet en relancant la carte de vœux papier was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Daniel Laury : “certaines campagnes Facebook sont chères et ne délivrent pas d’aussi bons résultats que LinkedIN en b2b”

Je suis à San Francisco, où j’ai pu rencontrer Daniel Laury, fondateur de LSF Interactive. Daniel Laury, dans cette interview vidéo que j’ai enregistrée le 12 novembre, explique comment les médias sociaux donnent un nouveau visage à la publicité en ligne, aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe: mais les campagnes sur Facebook ne sont peut être pas aussi rentables qu’on veut bien le dire, et il est possible que d’autres outils comme LinkedIn aient de meilleurs rendements. Des soucis en stock pour Google qui voit ses cadres quitter en masse l’entreprise pour franchir les quelques miles qui les sépare de leur nouvel ennemi. Facebook fera-t-il de Google ce que Google a fait de Yahoo! en 1997 et après ?

La menace que constitue Facebook pour Google est réelle: 10% des salariés Facebook viendraient de chez Google, qui a récemment répliqué par une hausse des salaires de 10% (celui dont l’information émane se serait d’ailleurs fait virer par son employeur…).

Enfin, un dernier conseil de Daniel, téléchargez RockMelt, ce navigateur révolutionnaire qui intègre les médias sociaux dans son interface.

Daniel Laury : “certaines campagnes Facebook sont chères et ne délivrent pas d’aussi bons résultats que LinkedIN en b2b” was last modified: novembre 15th, 2010 by Yann Gourvennec

le livre de Bob Pearson « PRE-COMMERCE » en pré-commande sur Amazon

Amateurs de livres en management, fanatiques des médias sociaux, réjouissez-vous ! le futur livre de Bob Pearson (Pre-commerce) est déjà disponible en pré-commande chez AMAZON. Il se trouve que le livre sortira officiellement le 10 mars 2011, ce qui est aussi la veille de la manifestation SXSW, et n’est pas une coïncidence.

Ce livre a reçu les témoignages de nombreux experts dont :  Paul Beverly (Gemalto), Lukas U. Cudrigh (Miscrosoft),  Scott Anderson (TSG Customer Comms), david.witt@genmills.com (Genmills), Kerins Raymond F (Pfizer), Kathryn Metcalfe (pfizer), Richard Jalichandra (technorati), etc. etc. il y en a tant qu’il m’est impossible de les citer tous … sans oublier votre serviteur qui a contribué aussi pour le compte d’Orange Business Services

>> passez dès aujourd’hui votre précommande du livre de Bob à l’adresse http://amzn.to/precom

le livre de Bob Pearson « PRE-COMMERCE » en pré-commande sur Amazon was last modified: novembre 15th, 2010 by Yann Gourvennec

déconstruction du marketing collaboratif : un livre critique et fondateur du marketing postmoderne

Il y a livre de management et livre de management. C’est à un ouvrage majeur et fondateur que nous sommes confrontés aujourd’hui, oeuvre de Bernard Cova et de ses disciples, Marie-Claude Louyot-Gallicher et Audrey Bonnemaizon. Ajoutons par transparence que je m’inscris largement dans cette mouvance initiée par Bernard et Olivier Badot dès 92 avec le néomarketing, ce livre qui a ébranlé pour toujours nos convictions héritées de l’école classique du Marketing, et m’a donné une ligne de conduite pour les 15 ans qui ont suivi. Comme pour le néomarketing, cet ouvrage fait date car – tout en renforçant la mise en avant du SOCIETING, terme avancé dès la fin de 1992 dans le néomarketing – il ajoute une dimension critique des mythologies du marketing collaboratif. Tout ceci fait de cet ouvrage un ouvrage indispensable. En voici une description et une analyse en raccourci pour nos lecteurs de Visionary Marketing.

commander le livre "marketing critique"
commander le livre "marketing critique"

À la base de l’écriture de cet ouvrage, quelques constatations faites par les auteurs : d’une part, la rémanence d’un courant dit « réactionnaire » du marketing, en réaction à tout ce qui n’est pas issu du sérail, et notamment qui vient du monde de l’Internet. Pivot de la création de ce livre, la réaction des caciques à la vue du fameux tableau de Kathy Sierra sur les différences entre vieille et nouvelle école de marketing. En filigrane, « si Kathy Sierra est une blogueuse, et non une professionnelle du marketing, cela doit vouloir dire qu’elle n’est pas sérieuse ». Bernard Cova et ses disciples ont voulu nous montrer le contraire. Toutefois, ce livre va plus loin que les bricolages souvent idéologiques et préparés à la hâte, des différents récits qui se bâtissent autour des mythes et des discours auto nourris des propagateurs des pensées du marketing postmoderne (ce que Cova, Badot, Ampelio et Bucci ont décrit comme étant les panacées marketing). C’est ce qui fait l’originalité de ce livre, un ouvrage qui sort des sentiers battus et qui ose contredire les théories ambiantes, tout en défendant une vision non réactionnaire du marketing précisons-le.

Contre le marketing « colonialiste »
À la base, la critique d’une approche communautaire dite « colonialiste », métaphore qui décrit le marketing qui essaie de convaincre de force la population du bien-fondé de sa démarche, proche du marketing traditionnel, où l’entreprise reste le centre du monde. C’est à cette vision que les auteurs opposent une vision non colonialiste, basée sur le respect des communautés. Pour quiconque a travaillé sur le marketing communautaire, notamment sur Internet, cette thèse s’impose comme une évidence.

Mais c’est aussi un livre qui s’élève contre l’idéologie du marché comme unique objet d’étude, auquel il tend à substituer la société au sens large dans laquelle s’insère ce marché (d’où le terme de societing).

Contre les discours marketing postmodernes préfabriqués
Ces discours postmodernes – souvent préfabriqués – sur le consomm’acteur, le consommateur 2.0 ou encore la fameuse génération Y (souvent dénoncée dans ces pages et aussi à l’ordre du jour d’un séminaire prévu le 22 octobre malheureusement annulé pour cause de grève et qui sera bientôt reprogrammé) ont leurs limites, même si la tendance de fond – comprise par tous – d’un consommateur qui s’extrait de la mainmise du marketing manipulateur, a toujours un sens certain. Pour dépasser ce discours « idéologique » pour reprendre le mot des auteurs, ceux ci se livrent à un véritable décodage de chacune de ces tendances en les passant au crible. La conclusion est somme toute plus complexe que celle des livres de management moyens dont les piles non négligeables passent entre nos mains chaque année et qui développent une thèse, simple et linéaire : ici, pas de développement en noir et blanc, l’approche est complexe, mieux vaut s’accrocher.

Du Web 2.0 à la génération Y : personne n’y échappe
Les auteurs passent ainsi à la loupe tous les discours incantatoires autour de la prétendue mutation du consommateur, la soi-disant révolution « Y » où les jeunes viendraient tout renverser sur leur passage tels une bande de Huns et sur l’impact – plus limité dans la réalité que dans les discours – du Web 2.0 sur nos comportements quotidiens. Les faits sont têtus et les habitudes lentes à changer. N’aurions-nous pas exagéré les changements que nous vivons ? La prétendue révolution d’innovation que représente le XXIe siècle existe-t-elle vraiment ? Ie siècle de l’innovation ne fut-il pas d’ailleurs le XIXe où tout était à inventer ?

Le nouveau consommateur-collaborateur, créature des chercheurs ?
Là encore, tout le monde en prend pour son grade, jusqu’à Bernard Cova lui-même qui remet en perspective son propre travail de vulgarisateur de la sociologie, de « Marketo sociologue » selon le vocable choisi par les auteurs eux-mêmes. Tout ceci dans une savoureuse mise en abyme, discrète mais amusante (p 39).  Nous les remercions néanmoins, ces « Marketo sociologues », de traduire pour nous des ouvrages écrits dans des sabirs souvent impénétrables et de faire progresser ainsi la connaissance.

Le consommateur-collaborateur est ainsi, selon les auteurs, moins une invention que la mise en avant arbitraire par les chercheurs – peut-être sous couvert de simplification – d’une des composantes de la post modernité (elle-même, une constante depuis les années 80). Ce n’est donc pas une création, ce consommateur-collaborateur, mais plutôt une sorte d’auto prophétie : on annonce le consommateur-collaborateur, les outils de collaboration se développent donc, et par là on salue le consommateur-acteur etc. etc.

Je suis en phase largement sur ce point. Le marketing des communautés est largement exagéré. Beaucoup de marques n’ont pas et n’auront pas de communauté; malgré tous leurs efforts. Une masse de gens qui achètent un produit ne constitue pas – ou pas toujours – une communauté, mettons-nous le dans le crâne une bonne fois pour toutes. Ajoutons à cela 2 chapitres dédiés à, pour le premier, les difficultés du consommateur-collaborateur, vues de l’intérieur (cas Warhammer) – et un deuxième où les consommateurs collaborent … sans l’entreprise. Ce dernier point me paraît particulèrement important. J’ai vu des marques paniquer à cause d’une page Facebook à leur gloire, réalisée sur eux et sans eux, au lieu de s’en réjouir, d’en encourager les auteurs (quitte à leur demander de rajouter la mention « non officielle ») et de … collaborer dans le respect de la communauté et non dans cet esprit « colonialiste » dénoncé par les auteurs et si souvent rencontré. Quel imbécile préférerait payer des millions de dollars une agence pour faire moins bien ? Hélas, beaucoup. Triste état du Marketing « réactionnaire » dénoncé aussi bien souvent par François Laurent sur son blog et dans ses livres.

Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain: cela ferait trop plaisir aux « réactionnaires »
Le phénomène de la collaboration cependant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, comme je l’entends de plus en plus, en provenance des fameux « réactionnaires » dénoncés par Cova, Louyot-Gallicher et Bonnemaizon (n’arrivant pas à travailler avec les communautés, mieux vaut tirer dessus, c’est plus confortable et cela évite de se remettre en question). Ce phénomène existe bel et bien … en certains endroits et pas forcément comme les marques aimeraient cependant. Notons aussi que paradoxalement, la collaboration est certainement plus aisée en B2B, même si elle est moins spectaculaire, je l’ai signalé maintes fois, ou d’autres comme Loïc Moisand de Synthesio, même si les discours des marketeurs – et aussi de nos auteurs – reste essentiellement basé sur un marketing de la grande consommation, paré de toutes les vertus, et pourtant bien moins sophistiqué souvent que son petit frère du B2B.

En conclusion
En conclusion, cet ouvrage est un ouvrage majeur et fondateur, en ceci qu’il renforce tout en le critiquant le travail initié dès les années 90 par Bernard Cova et ses disciples. Cependant il est d’autant plus important qu’il apporte cet élément critique, véritablement démystificateur, qui est indispensable à la compréhension du monde qui nous entoure et des approches marketing qui en découlent.

Mes réserves sur le livre sont limitées et amicales (qui aime bien châtie bien): d’une part, en critiquant de façon fort justifiée les mythologies en question, à mon avis, une version anglaise de ce livre me paraît indispensable de façon à faire connaître ce travail sur la scène principalement anglo-saxonne qui contribue à alimenter ces mythologies, afin d’aller porter le fer sur ce terrain là, et non sur le terrain transalpin, déjà acquis à ces causes. Une grosse réserve également sur le titrage et l’aspect extérieur du livre qui mériterait un emballage plus percutant et graphique et un titre plus polémique, ce qui lui donnerait une meilleure visibilité sur le marché. Un peu de Marketing que diable !

Cette visibilité serait méritée, tant cet ouvrage est fondateur et profond. A acheter absolument (134 pp, 29€ seulement, 27.55€ sur Amazon)

Marketing critique : le consommateur collaborateur en question (Collection EDF R&D)

Auteur(s) : COVA Bernard, LOUYOT-GALLICHER Marie, BONNEMAIZON Audrey

Date de parution: 06-2010
Langue : FRANÇAIS
134p. 15.5×24 Broché

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déconstruction du marketing collaboratif : un livre critique et fondateur du marketing postmoderne was last modified: novembre 15th, 2010 by Yann Gourvennec

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réservez notre livre was last modified: novembre 14th, 2010 by Yann Gourvennec