JDNet donne une mauvaise note à Viadeo … trop vite ?

la sélection du jour …

est cette étude circonstanciée et pas très gentille qui compare Viadeo et LinkedIn. Elle semble sans appel, Viadeo ne serait qu’un challenger national en perte de vitesse alors que LinkedIn croquerait des parts de marché à la vitesse grand V. Il est vrai que LinkedIn, créé en 2003 et entré en bourse en 2011 est rapidement passé de 100 millions à 136 millions d’utilisateurs cette année. Son rattrapage en France est particulièrement spectaculaire, ceci malgré un départ tardif dans notre pays, du fait de l’absence de francisation de leur interface pendant de nombreuses années (un comble quand on pense que leur CTO, Jean-Luc Vaillant, a obtenu son diplôme à Marseille !). Mais le JDNet se serait-il emballé et sera-t-il obligé de manger son chapeau ? Viadeo contre-attaque en effet avec une offensive en Russie et 1 partenariat avec le fournisseur de service suédois Mancx. Nos informateurs nous disent aussi que Dan Sarfaty est parti pour la Chine afin d’y établir des bases solides pour notre Viadeo national. Les paris sont ouverts ; à suivre …

Réseaux sociaux pro : Viadeo KO face à LinkedIn – Journal du Net e-Business

Viadeo est-il un véritable challenger à Linkedin dans le monde ? Pas vraiment. Le JDN et Comscore ont épluché leurs audiences en France et à l’international. Résultat : le Français ne dépasse son concurrent américain que dans un seul pays.

via Réseaux sociaux pro : Viadeo KO face à LinkedIn – Journal du Net e-Business.

JDNet donne une mauvaise note à Viadeo … trop vite ? was last modified: décembre 20th, 2011 by Yann Gourvennec

9 conseils pour mettre en œuvre le changement – #likeminds (10/10)

confessions d’un entrepreneur (10/10)

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Le 19 octobre 2011 à Exeter, au Royaume-Uni, je livrai ce discours d’ouverture à la conférence Like Minds. constitué de neuf anecdotes et conseils que j’ai utilisés pour décrire mon approche fétiche de la conduite du changement.

[photographie cc 2011 – Yann Gourvennec]

chaque conseil étant publié séparément, pour retrouver l’ensemble de l’article, taper : http://bit.ly/likemindsfr

leçon numéro 9 : si la route est bosselée, roulez plus vite !

  • La plupart des apprentis es conduite du changement pensent qu’il faut s’arrêter dès que l’environnement devient incertain et chaotique ; c’est une erreur grossière car le chaos est au contraire à la source de toute création ;
  • L’utilisation du terme chaos dans la langue anglaise par exemple, dans le sens de « état de désordre total et de confusion » n’apparaît que la période élisabéthaine, date à laquelle (XVIe siècle), où l’anglais moderne apparaît. Mais le sens originel, issu de la mythologie grecque et autres écrits hiératiques postérieurs, en est la description de l’état du monde avant que celui-ci prenne forme ;
  • Le chaos n’est donc pas synonyme de désordre, mais au contraire décrit la période où tout est possible avant qu’on puisse appréhender la situation dans son ensemble ;
  • Les visionnaires, au contraire, cherchent toujours à mettre en œuvre le changement dans les périodes les plus agitées, car ce sont celles où tout devient possible et où la créativité a le plus de chances de s’exprimer. Quasiment tous mes projets de changement ont été démarrés à des périodes difficiles, où ma position hiérarchique était la moins claire et qui se sont à chaque fois révélées être le moment psychologique pour rebondir au travers d’un nouveau projet.

Lancer un nouveau projet au moment où une organisation est en phase de redéfinition est en fait la vraie bonne idée, car c’est le moment où les directeurs exécutifs cherchent ardemment des solutions à leurs problèmes, et sont donc plus ouverts aux innovateurs qui sont à même de les aider dans cette tâche.

anecdote: : peut-être l’une des périodes les plus délicates de mon activité professionnelle fut celle où, revenant du siège européen d’Unisys, je rejoignais la toute nouvelle division conseil de la filiale française, dans le milieu des années 90. Cette période pleine de bouleversements, sur fond de crise économique, ne laissa pas beaucoup de chance à cette nouvelle entité. Mais juste à ce moment, le World Wide Web commença à devenir populaire et je sus saisir cette chance de mettre mes compétences marketing au service d’une innovation et de devenir un des pionniers de cette discipline dans mon entreprise. Alors que, peu avant j’avais du mal à savoir à qui je reportais, je multipliais, de ma propre initiative, les visites aux clients, départements et sites, afin de promouvoir ces compétences Internet (somme toute assez fraîches) et je finis par rencontrer Steve. J’avais à l’époque, il y a 17 ans (!) conçu un petit site Web qui existe encore (visionarymarketing.com) et qui a donné naissance à ce blog. Lorsque Steve le vit il me demanda immédiatement de le suivre à Londres pour mettre en œuvre un projet similaire dans l’entité qu’il était en train de créer, dédiée à la banque sur Internet, et qui devint http://internet-banking.com. Immédiatement après, c’est la filiale française qui ne voulait plus me laisser partir, et je retrouvais une (très bonne) place dans la hiérarchie, une nouvelle affectation et un nouvel objectif professionnel qui en fin de compte me permit de progresser rapidement par la suite, d’abord chez Cap Gemini puis chez Orange. Si j’avais décidé d’attendre de laisser passer cette période de chaos, j’aurais certainement été grossir les rangs des nombreux camarades d’Unisys dont les effectifs mondiaux sont passés de 120.000 en 1988 à 30.000 en 1997 et bien moins encore aujourd’hui !

9 conseils pour mettre en œuvre le changement – #likeminds (10/10) was last modified: décembre 20th, 2011 by Yann Gourvennec

influence : pourquoi j’ai enfoncé mon Klout …

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Ces derniers mois, de nombreux acteurs du Web, certains à haute voix, d’autres à mots couverts, ont exprimé des doutes voire des critiques sévères à l’encontre du service de mesure de l’ « influence » Klout.com (Les guillemets renvoient à une vidéo de Guilhem Fouetillou tournée il y a quelques semaines). Je me suis joint à cette conversation et ai exprimé également de telles critiques dans un dialogue par blogs interposés avec mon ami et confrère Hervé Kabla et le professeur Christophe Bénavent dont les analyses sont toujours aussi incisives que justes. Il y a quelques semaines, de conserve avec Jérôme Deiss et suite à un échange de tweets avec lui et plusieurs confrères sur twitter en temps réel, nous avons décidé de supprimer notre Klout. Retour sur les lieux du crime …

[légende de la photo : “I’m not a number, I’m a human being!” – Portmeiron, Pays de Gallestoutes les photos sont celles de l’auteur]

NB : Cet article fait écho à l’article de Jérôme Deiss sur le même sujet et a été publié simultanément 

une tenaille pour arracher les Klouts

imageLe dernier changement arbitraire de mesure de Klout, fin novembre en a convaincu plus d’un, dont moi-même, a supprimer son compte. Voici donc la procédure attendue par tant, et cachée si habilement par les promoteurs du système, qui vous permettra de supprimer votre Klout. Pour cela, il suffit de cliquer sur http://klout.com/corp/optout

un Klout chasse l’autre…

Ne vous en faites pas, si vous êtes en mal de mesures, vous pouvez toujours utiliser l’excellent système d’Edelman, Tweetlevel

pourquoi passer en dehors des Klouts ?

Cette démarche appelle à quelques réflexions :

  1. la mesure est utile pour imprimer l’action, mais elle n’a pas de valeur intrinsèque (cf. à nouveau la vidéo de Guilhem Fouetillou) ;
  2. la mesure de Klout est fluctuante, opaque et calquée sur l’activité et non les contenus (il est d’ailleurs impossible de mesurer la « qualité » d’un contenu, preuve en est le débat vieux de 50 ans au comptoir du café du commerce sur la « qualité des programmes de télévision » ;
  3. donner trop de valeur à ce score finit par créer des comportements déviants (conformisme de certains acteurs du Web pour augmenter leur score, notamment via une activité frénétique et pas forcément intéressante, à base de copier-coller et je passe sur le e-racolage sexuel) ;
  4. c’est peut-être anecdotique, mais j’ai un véritable travail, je préfère me concentrer sur d’autres choses ;
  5. imagela réputation n’a pas d’importance … c’est Chris qui le dit ;
  6. je me fiche d’être lu beaucoup. Les articles les plus lus, également sur mon blog, sont souvent, voire toujours, les moins fouillé et originaux. Je préfère donc m’en tenir à des articles de fond, et choisir des sujets sans me préoccuper de leur popularité. Ceci demande du recul, de la réflexion, de la lenteur … (si au contraire, vous faites un blog marketing et désirez racoler facilement, je vous donne un tuyau, faites beaucoup de copier-coller et parlez essentiellement de guérilla marketing et vous allez cartonner !) ;
  7. je revendique le droit à n’être pas connecté (ma femme également, qui m’impose une trève tous les week-ends, à juste titre). Klout pénalise les utilisateurs qui prennent des vacances et qui respectent la trêve du week-end. C’est une dictature stressante et ridicule ;
  8. comme le prisonnier, je me suis pas un numéro, je suis un homme libre ;
  9. imageenfin et surtout, certaines marques et sociétés de relations publiques ont commencé à sanctionner les mauvais élèves de Klout. En dessous d’un certain score, le blogueur est évincé, même s’il est coopératif et compétent. En dehors du caractère méprisant et populiste de ce genre de démarches, mettons également l’accent sur sa stupidité :
    1. renforcement des comportements d’enfants gâtés de certaines personnes ;
    2. biais d’éthique et de comportement de la part des blogueurs qui veulent se faire payer (sous le manteau), sans respecter les règles de transparence ;
    3. multiplication des blogueurs (j’en ai vu beaucoup à le Web 2011) qui se font payer des billets d’entrée par les marques, sans aucun retour sur investissement pour celles-ci, le seul résultat étant l’apport de visites sur le blog dudit blogueur et sans raison ni contrepartie ni même de liens ;
    4. disparition de l’esprit d’entraide et de co-construction qui est à la base du Web et notamment du Web social.

A Le Web, ma discussion avec Pierre Vallet d’ image 7, m’a fourni un exemple de bonne méthode : Pierre a lancé des opérations pour des sociétés de luxe et de beauté, avec des blogueurs moyennement réputés, essentiellement dans des secteurs différents. Cette démarche courageuse et originale a l’avantage de renforcer l’esprit de coopération en minimisant les mauvais comportements décrits ci-dessus. En conséquence de quoi, comme Pierre, je recommande aux marques de ne lancer que des opérations s’inscrivant dans la durée, en partenariat avec des blogueurs de milieu de tableau qui ont le désir de travailler ensemble, qui ont un sens de l’éthique, et qui désirent travailler en équipe avec une marque dans un esprit gagnant/gagnant.

Maintenant, courez arracher votre Klout ou laissez le rouiller et comme Voltaire, cultivez votre jardin …

influence : pourquoi j’ai enfoncé mon Klout … was last modified: décembre 19th, 2011 by Yann Gourvennec

9 conseils pour mettre en œuvre le changement – #likeminds (9/10)

confessions d’un entrepreneur (9/10)

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Le 19 octobre 2011 à Exeter, au Royaume-Uni, je livrai ce discours d’ouverture à la conférence Like Minds. constitué de neuf anecdotes et conseils que j’ai utilisés pour décrire mon approche fétiche de la conduite du changement.

[photographie (cc 2011) Yann Gourvennec]

chaque conseil étant publié séparément, pour retrouver l’ensemble de l’article, taper : http://bit.ly/likemindsfr

leçon numéro 8 : agir promptement

La plupart des entreprises dans lesquelles j’ai travaillé au long de ma carrière, tendaient à se réinventer tous les six mois, ce qui ne me paraît pas exagéré, même si cela peut se révéler fatigant à la longue. J’ai vu cependant très peu de gens s’habituer à cette idée, alors que c’est un fait contre lequel on ne peut rien, et qu’il vaut mieux apprendre à faire avec et essayer d’en dégager les opportunités les plus intéressantes.

Ceci veut dire que si vous voulez mettre en œuvre le changement, vous avez environ une fenêtre de six mois, trois mois étant l’optimum. Ceci vous permet ainsi de montrer en un minimum de temps les résultats effectifs de votre conduite du changement, avec preuves de concept et chiffres d’exemples en témoignage, de façon à à vous préparer et à aider le management à préparer la réorganisation suivante.

Si vous préparez vos équipes et vos projets de cette manière, vous ferez en sorte que vous êtes toujours de la partie lorsqu’une nouvelle organisation est décidée, plutôt que d’avoir à la subir ; il est préférable de mener le changement plutôt que d’avoir à en subir les conséquences.

anecdote: alors que je mettais en œuvre le nouveau blog sur la sécurité de l’informatique chez Orange business Services en 2008, mes premières instructions étaient de ne pas toucher aux blogs. En fait, je réussis à trouver quelques agents de changement dès les quatre premières semaines de mon mandat, ce qui me rendit possible la mise en œuvre de la nouvelle vision très rapidement. Je vendis l’idée du blog d’experts quelques semaines plus tard (un discours dans un ascenseur y suffit) puis parvins à mettre en œuvre ce changement très rapidement, en soulignant l’importance des livrables et du contenu, plutôt que de passer des années à inventer une solution informatique parfaite qui de toute façon n’existe pas. De façon à aller encore plus vite, je choisis de trouver une solution de blogs sur étagères (Typepad), même si ce n’était pas la meilleure solution technique (nous l’avons migré une meilleure solution un peu plus tard) mais c’était une solution qui permettait d’avancer rapidement, suffisamment bonne, et qui permettait de réaliser une preuve de concept, montrer des résultats positifs et immédiats, sortir une annonce de presse, et mettre en œuvre le changement d’organisation rapidement afin de s’inscrire dans une démarche de long terme autour d’une politique de contenus de marque qui dure encore aujourd’hui, quatre ans plus tard.

9 conseils pour mettre en œuvre le changement – #likeminds (9/10) was last modified: décembre 16th, 2011 by Yann Gourvennec

9 conseils pour mettre en œuvre le changement – #likeminds (8/10)

confessions d’un entrepreneur (8/10)

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Le 19 octobre 2011 à Exeter, au Royaume-Uni, je livrai ce discours d’ouverture à la conférence Like Minds. constitué de neuf anecdotes et conseils que j’ai utilisés pour décrire mon approche fétiche de la conduite du changement.

[photographies (cc 2011) Yann Gourvennec]

chaque conseil étant publié séparément, pour retrouver l’ensemble de l’article, taper : http://bit.ly/likemindsfr

leçon numéro 7 : adopter la loi de Murphy comme principe de base

Ce point est particulièrement délicat car il est souvent mal interprété.

Les bons chefs de projet, et responsables de la conduite du changement sont capables de prévoir non pas le futur, mais du moins les différentes voies que le futur pourra emprunter (par rapport à leurs projets s’entend).

Cest ce que j’appelle gérer un projet par la loi de Murphy dont je rappelle ici le principe : « si quelque chose avait une chance de mal se passer, partons du principe que ce sera le cas ! »

Les bons chefs de projet de ce fait, sont capables de prédire à l’avance les mille et une façons dont leurs projets risquent d’échouer, de façon à prendre à l’avance les précautions qui leur permettront d’éviter ces problèmes.

Les mauvais gestionnaires de projets, au contraire de la croyance la plus répandue, sont ceux qui sont à 100 % positifs, entièrement optimistes, et sûrs que leur projet se déroule parfaitement, oubliant ainsi de diriger leur attention vers les choses qui pourraient aller mal ; ils sont donc mal préparés à la résolution des problèmes au moment où ceux-ci se révèlent.

Les bons chefs de projet qui utilisent la méthode de la loi de Murphy, sont souvent victimes de mauvaises interprétations selon lesquelles ils sont négatifs ou pessimistes alors qu’en fait ils sont juste précautionneux, attentifs et professionnels.

anecdote: il est difficile pour moi de citer une anecdote en particulier sur ce sujet, car c’est une méthode que j’emploie en permanence. J’ai un sixième sens pour sentir les projets qui vont partir dans le décor, identifier les mauvais signaux, et comprendre les problèmes qui pourraient mener à l’échec du projet. Ceci me permet de prendre des mesures de précaution à chaque fois que cela est nécessaire. C’est aussi pour cela que je tends à mettre beaucoup de pression sur un nouveau projet dès le début de son lancement plutôt que vers la fin de sa mise en œuvre, car alors, il est trop tard. Très en amont, je pose tout un tas de questions mes chefs de projets à propos des choses qui pourraient aller mal, et sur les façons dont ils pourraient se protéger des problèmes éventuels, ce qui me permet de livrer mes projets souvent en avance et dans tous les cas sans mettre une pression indue sur les équipes. Je n’ai jamais vu un de mes projets générer de tension vers la fin des livrables, comme c’est malheureusement le cas sur la majorité des projets qui sont mal gérés.

9 conseils pour mettre en œuvre le changement – #likeminds (8/10) was last modified: décembre 15th, 2011 by Yann Gourvennec