apprenez des meilleures pratiques européennes en médias sociaux et économisez 120€ !

Je prendrai bientôt part au Social Media B2C Marketing Summit qui aura lieu à Londres les 25 et 26 juin 2012 et alors que je prépare mon intervention, je suis revenu sur le programme de cette conférence  et je me suis rendu compte qu’il ne sagissait pas d’un rassemblement parmi tant d’autres mais bien de la conférence sur les médias sociaux en entreprise en Europe… Le panel de marques représenté est absolument remarquable et il était temps de faire quelque chose qui soit au niveau de Blogwell aux Etats Unis. C’est chose faite, voilà donc un événement que vous ne devriez pas rater, d’autant plus que je vous offre une jolie remise ! Le reste des explications en Anglais ci-dessous :

Social Media B2C Marketing Summit Banner

the pitch

The Social Media Marketing Summit (25-26 June, London UK)
Social media represents a growing marketing opportunity for business to directly engage with their consumers. The phenomenal growth of social media activity has meant consumers are now interacting with their favourite brands and regularly checking for the latest updates online.

Orange, Heineken, Unilever and KLM are a selection of brands which have embedded social media throughout their marketing campaigns. Join these leading brands on the 25-26th June at the 2012 Social Media Marketing Summit, London.

usefulsocialmedia

Learn how to deliver engaging and interactive marketing tactics to entice your consumers to engage with your brand. O2, Honda, Tom Tom, Barclaycard and many more will share exclusive case studies, their everyday experiences and best practice, so you can improve your social media marketing efforts.

£100 off ticket price

Quote YG12 and save an £100 you register at http://bitly.com/Socialreg

about my presentation at the summit

Orange has been very active in the Social Media space since early 2008 and now has an online fanbase of over 3 million fans. With a presence on Twitter,
Google+ and Dailymotion – in which Orange has a stake – Orange has experience in using multiple networks – and insight on which networks are best for different kinds of marketing. Hear how this telecoms giant chooses different social platforms to engage with their community and meet marketing goals.

  • how to decide which tools work for you : hear how Orange decides which social network works best for them and how you can decide depending on your organisations goals.
  • learn which social platforms are most effective to market your brand and build brand awareness:  Orange will share which worked best for them and why
  • hear why Orange doesn’t just rely on Facebook and Twitter: discover which other social networks you should be using and how these can help your online marketing.
apprenez des meilleures pratiques européennes en médias sociaux et économisez 120€ ! was last modified: avril 25th, 2012 by Yann Gourvennec

Médias sociaux : les blogueurs qui bloguent sur les blogueurs qui bloguent ?

le petit monde des médias sociaux tourne-t-il en rond ?

Je vais bientôt attaquer le millième article sur ce blog. Si j’ajoute mes articles en Anglais, cela pourrait atteindre 1300. Certes, nous nous y sommes mis à plusieurs, mais cela fait quand même du travail ! Et ceci sans compter les nombreuses pages publiées sur Visionarymarketing.com depuis 1996 et que j’ai enlevées récemment afin de me concentrer sur mes blogs. Et encore, je ne compte pas les articles sur des sujets annexes comme les aquarelles ou la photographie. Or, une chose m’interpelle depuis peu : le phénomène des blogueurs qui bloguent sur les blogueurs, pas nouveau en soi, s’accentue encore, malgré la maturation du secteur. Zoom et débat (si vous le voulez) sur les bons et les mauvais côtés de ce phénomène :

lesblogueursquibloguent

[photo Yann Gourvennec http://bit.ly/picasayann cc 2012]

Community Management über alles

Les articles traitant des médias sociaux et en particulier du Community management au sein des entreprises, s’envolent. Un post sur le sujet amènera plus d’une centaine de Tweets (plus de 320 pour mon record). Ça commence à faire pas mal ! D’une certaine manière cela montre la puissance des médias sociaux, d’autres part, on est toujours à l’intérieur d’un phénomène incestueux. Reste à faire la démonstration en dehors du Community management. Car les articles « sérieux » sur des sujets d’économie, et même d’économie numérique, attirent quant à eux beaucoup moins de visites, même si parfois on peut faire de jolis scores comme sur cette vidéo de seedbees.com enregistrée à son lancement.

scoop’it s’envole !

scoopit

En soi, c’est une bonne chose. Je suis devenu un récent converti à l’outil de Marc Rougier de Guillaume de Cugis. J’y reviendrai bientôt sur ce blog. Mais d’un autre côté, ceci renforce l’idée que les « geeks » ont pris le pouvoir. Sur la plupart de mes articles d’aujourd’hui environ 50 % des commentaires proviennent de scoop’it, encore plus dès que le sujet se rapproche des blogueurs qui bloguent …

les commentaires se déplacent

Au début des blogs, les commentaires se faisaient sur… Les blogs. Il y a quelque temps déjà, Jacques Froissant me faisait remarquer que les commentaires sur son blog se déplaçaient sur Facebook. Cela est certainement dû au fait que son sujet de prédilection étant le recrutement, et que les principaux clients pour ce sujet étant les jeunes et les étudiants, Facebook est particulièrement adapté. Pour ce qui me concerne, le déplacement des commentaires se fait vers LinkedIn.

image

Depuis l’instauration du bouton du partage du célèbre réseau social américain (voir ci-dessus) , il n’est pas rare que sur certains sujets j’aie un nombre similaire, voire supérieur de partages via le réseau social professionnel que via Twitter. Quand on a un réseau comme le mien de plus de 3.500 contacts professionnels (il s’agit de contacts choisis rassemblés patiemment depuis 2004 ), ceci peut être particulièrement puissant.

certains articles des grands médias pataugent

Un de ces derniers week-ends, je lisais un article sur un sujet brûlant des télécoms dans le Figaro (sujet que je m’interdis de commenter un public vu mon occupation professionnelle ; mais cela n’empêche pas de se renseigner …). Malgré un titre racoleur (et pus que légèrement décalé par rapport aux dires de l’interviewé d’ailleurs), la faiblesse des tweets était frappante (moins que sur mes articles les moins repris ; il y a eu du mieux depuis, mais cela reste faible). Et pourtant, c’est toujours un sujet high-tech. Ceci voudrait-il dire que les blogs ont pris le pouvoir sur ce domaine des hautes technologies ?! Cela est possible, mais nous sommes toujours dans le domaine très fermé de la high-tech et des « dindes qui votent pour Noël ».

la vitesse de libération

Sans titreNous venons de franchir un pas très important. Il y a huit ans lorsque je suis passé du site aux blogs, la volumétrie n’a pas tellement changé au début (et pourtant, je suis vite devenu numéro deux des blogs marketing dans le classement wikio, devenu aujourd’hui e-buzzing, vers 2006 2007). La vitesse de libération est désormais atteinte, le rythme de publication s’accélère, le décollage des « médias alternatifs » est fulgurant. Regardez dans la high-tech, un Korben ou un presse-citron ou un Frenchweb et un Locita qui sont devenus de véritables contre-pouvoirs numériques. Reste à reproduire cette vitesse de libération sur de véritables journaux en ligne qui parlent d’autre chose que de technologie et qui ne se fassent pas racheter par des titres de la Presse classique. Affaire à suivre…

image

[même sur le très médiatisé Huffington Post, et sur un sujet aussi brûlant que le premier tour des élections d’hier, déjà 30 commentaires sur cet article à la Une, mais très peu de partages. Y aurait-il 2 types de lecteurs ?]

parler d’autre chose…

Justement, il est donc temps de parler aussi d’autres choses pour éviter l’asphyxie. C’est pour cela que je continue et continuerai à écrire des articles moins populaires et plus proches de ce que, bien égoïstement, j’aurais moi-même envie de lire !

Médias sociaux : les blogueurs qui bloguent sur les blogueurs qui bloguent ? was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Synthesio : « médias sociaux : vers de profondes réorganisations des entreprises »

hqdefaultEn Juillet 2010 j’interviewais Loïc Moisand, le co-fondateur de Synthesio. Loïc me fournissait alors ce qui allait devenir un des piliers de notre livre Les Médias Sociaux Expliqués à Mon Boss à savoir une lecture très synthétique et visionnaire typologie de marques appliquées aux médias sociaux. Retour sur ces points avec Charlotte Lesage, Community Manager chez Synthesio, 1 an 1/2 après (soit environ 70 ans en années social media) et en images :

Tout d’abord, une transcription sommaire de l’interview

Rappelons d’abord le classement, toujours valable, des 4 catégories de marques différentes :

  1. marque vitale
  2. sous le radar
  3. fonctionnelle
  4. passionnante

Cette typologie permettait aux entreprises de savoir ce qui se disait (ou pas) sur elles et de déterminer leur stratégie numérique et les tactiques sur les médias sociaux associées. Un an après, “ce qui a changé, c’est que la démarche des entreprises est devenue proactive et non plus seulement passive (écoute)”.

La question de savoir si on va ou on ne va plus sur les médias sociaux ne se pose plus”.Il est maintenant évident qu’on doit être sur les médias sociaux et qu’on ne doit pas y être pour rien. Il est question de savoir ce qu’on y fait et de déterminer quel contenu utile on doit diffuser à ses clients.

Synthesio confirme donc bien la fin du début des médias sociaux annoncée par media aces

une réorganisation profonde des entreprises

CRM/ Marketing et R&D ne peuvent plus travailler dans leur coin mais vont devoir mettre en commun leurs informations et collaborer. Combien de temps cela va-t-il prendre ? Quelques mois selon Charlotte, et “2012 sera un tournant” annonce-t-elle. Les plates-formes de Social CRM vont donc s’améliorer et permettre de récupérer l’information et de la transmettre au bon département. Ainsi, Synthesio développe Unity (déjà utilisé par certains clients) :agréger, structurer et lier et organiser les réponses.

Puis l’interview elle-même

Synthesio : « médias sociaux : profondes réorganisations des entreprises »

Le livre blanc de Synthesio intitulé « le Guide de l’E-reputation et du Social CRM » est disponible sur l’espace Slideshare de l’éditeur.

Synthesio : « médias sociaux : vers de profondes réorganisations des entreprises » was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

10 tendances des médias sociaux en entreprise en 2012 – digital Paris

Le 12 avril 2012,  j’ai participé à une table ronde dans le cadre de la conférence digitale Paris 2012, animée par notre ami Emmanuel Vivier. Il aura été difficile dans le cadre de ce panel de discussion,  où de nombreux experts se sont succédés, de développer l’intégralité de mes réflexions. C’est pour cela que j’ai décidé de les inscrire dans cet article et de résumer ce que, à mon niveau de praticien, j’observe comme étant les tendances majeures de l’utilisation des médias sociaux en entreprise, à la lumière des cinq années de pratiques précédentes.
image
[cf. “les médias sociaux expliqués à mon boss” http://amonboss.com/slides ]
Tout d’abord, comme je le soulignais dans un article sur ce blog, et dans le cadre de conférences média aces que j’ai organisées avec mon confrère Hervé Kabla, je pense que nous sommes désormais entrés dans une phase de structuration des médias sociaux (cf. “la fin du début des médias sociaux, la preuve en chiffres avec Philippe Gérard de CEGOS). dans notre livre publié début 2011 « les médias sociaux expliqués à mon boss (http://amonboss.com)», nous évoquions déjà la troisième phase des médias sociaux, autour de la structuration, phase dans laquelle les fonctions de formation, d’officialisation et industrialisation sont fondamentalement ; ceci d’autant plus dans une période de crise, probablement jamais aussi dure depuis les deux ou trois dernières années, et qui commence à se faire sentir sur les budgets.
A l’intérieur de cette phase de structuration, définitivement l’ordre du jour chez Orange pour je dirige les médias sociaux, je sens sur le terrain 10 tendances se détacher nettement. Les voici, en toute ingénuité, je ne prétends ni à l’exhaustivité ni à l’infaillibilité :
tendance majeure n°1 : le mobile l’iPad (et pas la tablette) devient inévitable, qu’on aime ou pas, il faut s’y mettre
Je vais avoir l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, mais j’ai remarqué dans de nombreuses réunions avec mes pairs du domaine du Web en entreprise, que peu savaient combien de leurs utilisateurs regardaient leurs sites via un mobile. Les chiffres chez Orange.com (de 1.2 à 1.5 millions de VU par mois)  sont sans appel. Depuis 2011, nous avons dépassé les 15 % d’utilisateurs mobiles, mais il y a une nouvelle donne un assez récente celle-ci, qui est la proportion en augmentation exponentielle des tablettes. Et pas de n’importe quelles tablettes. A aujourd’hui, on observe en effet sur notre site 2 fois plus de connexions sur iPad que sur iPhone (!). L’audience via Android reste morcelée, les tablettes hors iPad invisibles. C’est du moins ce qu’on observe en ce début de 2012 dans nos outils statistiques. ceci n’est neutre ni pour la création de sites Web, ni pour les médias sociaux, et encore moins pour le mélange des deux qui est une autre tendance majeure (voir ci-dessous).
tendance majeure n°2 : le « content marketing” (alias Brand Content en Français) qui était encore considéré comme un gadget il y a quelques années, s’impose et est reconnu dans les entreprises
J’en observe plein d’exemples chez nous depuis celui de la WebTV connue sous le nom de orange-innovation.TV, le collectif (rubrique musique-ciné-culture ici), live Orange.com et bientôt Orange inside qui sera disponible directement sur Orange.com (voir ci-dessous la tendance destinée à la curation). Je me mentionne pas non plus les blogs d’Orange Business Services que j’ai créés il y a plus de quatre ans maintenant. Tout ceci fait partie désormais du paysage de la communication, ce n’est plus un gadget, c’est directement intégré dans l’entreprise et son ADN.
tendance majeure n°4 : la « curation » (dans son sens noble) peut devenir un atout dans les entreprises qui font du content marketing
La “curation”, dont je n’aime toujours pas le nom, je n’ai pas toujours été pour car notamment dans ses débuts, elle a été synonyme de vol de contenu. Des individus peu scrupuleux, reprenaient facilement les contenus créés par les producteurs de contenu pour reposter sur leurs propres plates-formes sans forcément citer la source. Aujourd’hui, ces plates-formes ont mûri, et il est possible d’utiliser les outils de curation, dans le respect de la déontologie et de l’éthique, pour son propre bénéfice, et notamment pour faire l’agrégation des contenus générés par le “content marketing” cité plus haut. Nous annoncerons bientôt sur Orange.com une page de curation (Inside Orange) directement intégrée au site Corporate qui est en cours de refonte, en collaboration avec une start-up française : scoop’it
tendance majeure n°5 : il faut aller au delà de la page Fan et socialiser son site Web
Il y a un an, je l’annonçai déjà un, l’avenir ne resterait pas à développer des masses de fans dont les taux d’engagement sont de plus en plus faibles, et dont les discussions sont d’ailleurs maintenant assez peu visibles sur les murs du fait de la nouvelle présentation de Facebook (alias Timeline); l’enjeu sera de véritablement capitaliser sur ces plates-formes de discussions pour créer des contenus engageant, que les lecteurs veulent partager sur leurs espaces. cette annonce que je faisais il y a un an a déjà cédé la place à la réalité sur beaucoup de sites de contenu qui intègre désormais de façon standard les commentaires Facebook et les outils de connexion aux médias sociaux (Facebook connect, Twitter connect etc.)  ainsi que les boutons de partage. Nous l’intégrerons pour notre part sur Orange.com entre mai et juin de cette année ce qui sera assez en avance pour un site Corporate.
tendance majeure n°6 : le client est avide de relation, les médias sociaux peuvent aider
Je l’annonçais récemment au salon de la relation client, en citant une étude commanditée par Didier Duchassin d’Orange Business Services, le besoin urgent de la part des clients en termes de contact réel, peut placer les médias sociaux au centre de cette révolution autour de la relation client. Les entreprises les plus mûrs (et nous en faisons partie) en sont déjà à la deuxième ou troisième itération de professionnalisation de la relation client sur les médias sociaux, ce degré d’intégration variant bien entendu en fonction de la complexité de l’entreprise, de son degré de centralisation et de l’hétérogénéité de ses offres.
tendance majeure n°7 : le futur des médias sociaux , c’est le RSE, mais il y a encore du boulot !
Le futur des médias sociaux n’est peut-être pas là-où on croit. La partie interne (renommée réseau social d’entreprise ou RSE) est certainement l’endroit où l’on fera le plus de chiffre d’affaires, même si ça fait moins de bruit que la valorisation d’Instagram (voir ci-dessous). mais la route est longue avant que ces réseaux sociaux d’entreprise aient trouvé leur place à l’intérieur d’organisations parfois méfiantes (plus souvent du côté employé qu’employeur d’ailleurs) souvent  mal préparées, ou tout simplement avec une culture qui n’est pas véritablement en phase avec l’esprit de collaboration qui doit diriger un tel projet. Ensuite, et c’est plus qu’accessoire, le RSE est un allié non négligeable dans le travail du social media satregist qu’il doit pouvoir utiliser afin de transformer ses employés en ambassadeurs de la marque
tendance majeure n°8 : l’enjeu dans les grands groupes, dans cette phase de maturation est de passer à la vitesse supérieure et de transformer ses employés – pas seulement les CM – en ambassadeurs de la marque :
Travailler avec des blogueurs externes c’est bien ; avoir des Community managers spécialistes des médias sociaux c’est pas mal non plus ; former ses responsables de communication comme le fait Orange en ce moment aux nouvelles approches de marketing collaboratif sur le Web c’est encore mieux … mais tout cela ne vaudra encore jamais l’utilisation de l’ensemble de ses employés comme ambassadeur de la marque. Je crois beaucoup à un programme que nous lançons ce moment même, intitulé « social media champions » et dont les détails se trouvent expliqués sur notre page du guide des médias sociaux : http://orange.com/smg
tendance majeure n°9 : le Social Media Strategist va devoir doit gérer la prolifération de plateformes plus ou moins réusssies sous la pression de la mode et de la presse
Chaque jour ou presque, une nouvelle plate-forme naît, qui créé un énorme buzz et met une pression non négligeable sur les équipes Web des grandes entreprises. Peut-on, ou ne peut-on pas, ignorer Pinterest par exemple ? Même si, en fonction de votre métier, de votre positionnement, ou tout simplement de vos ressources disponibles, la réponse à cette question est que vous pouvez vous en passer, il est fort à parier que vous serez obligés de vous y mettre, ne serait-ce que pour ne pas paraître idiot ou dépassé. Il va falloir, la crise aidant, apprendre à dire non … les ressources et le temps humains ne sont pas extensibles, même si les “champions” peuvent aider.
10. tendance n° 10 : il faut aussi se prémunir d’une bulle ou du moins d’un effet d’exagération dans la valorisation de certaines belles réussites du Web social qui sont néanmoins surévaluées
La valorisation délirante d’Instagram et son rachat par Facebook (nb: lien abonné) récent nous rappelle à la dure réalité du moment : nous sommes entrés dans une nouvelle bulle de l’Internet ! Il faudra savoir l’anticiper et parier sur le long terme en oubliant les excès présents ou futurs de ces délires boursiers ou spéculatifs.
10 tendances des médias sociaux en entreprise en 2012 – digital Paris was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

John Dillon de Engine Yard: « un Cloud privé est un oxymore »

eye-largeAlors que j’étais à San Francisco, en attendant Blogwell qui aura lieu cet après midi, j’ai pu m’insérer dans mon ancienne équipe du ‘IT Press tour’ de Philippe Nicolas, avec qui j’ai déjà effectué plusieurs voyages dans la vallée. Aujourd’hui, nous avons rendu visite à Engine Yard, un des nouveaux acteurs de premier plan dans le domaine du “platform as a service” (PaaS c’est à dire le côté infrastructure di cloud computing) pour les start-ups et – de plus en plus – les grands comptes. Le patron de Engine Yard, John Dillon (notre photo), a partagé ses réflexions avec nous sur le sujet du Cloud Computing (informatique dans le nuage) et nous a éclairé sur l’avenir de ce domaine.

“le changement le plus important depuis l’invention du PC !”

imageJohn Dillon a commencé sa présentation visionnaire par ce message on ne peut plus direct : “le Cloud est le changement le plus fondamental dans la façon dont nous pratiquons l’informatique depuis l’invention du PC” ce qui semble être réponse à tous les sceptiques de cette nouvelle vague d’innovation de l’informatique de ces dernières années. “Toutes les révolutions de l’informatique commencent avec l’utilisateur ; la bonne approche est de commencer petit, de progresser par essais et erreurs et de décider ensuite de ce qui fonctionne réellement”  poursuivit-il. “les technologies Cloud sont une rupture” affirma-t-il “mais elles ont en cela la possibilité de changer le paysage pour toujours, et Engine Yard est partie prenante dans ce changement”.

$-smallJohn Dillon a ajouté que son entreprise avait eu la main heureuse et réussi à créer une place de marché pour le Cloud et que Engine Yard avait deux types de clients :

  • d’une part les startups de l’environnement 2.0 qui “cherchent à devenir le prochain Facebook”. Selon Dillon les clients de Engine Yard sont au nombre de 2500 et sont répartis dans 58 pays “bien que nous quittions rarement San Francisco, ce qui est un signe que le Cloud computing fonctionne” ajouta-t-il.
  • Les autres clients de Engine Yard sont les grands comptes (alias “Fortune 500”, les 500 premiers comptes mondiaux), mais dans ce cas, les applications sont différentes : “ces clients-là n’en sont pas encore à mettre le Cloud au cœur de leur informatique” a-t-il précisé, “ils testent cette innovation … et ça marche !”.

Cloud Computing : seulement au début

exclamation-small“Le Cloud n’en est qu’à ses balbutiements” ajouta John Dillon, et “les départements informatiques des grandes entreprises sont encore en train de se demander ce que c’est, mais la plupart des innovations ont déjà lieu, à la périphérie du SI, avec la mise en œuvre de choses qui étaient impensables il y a 5 ou 10 ans ; et si ça ne fonctionne pas, vous le mettez de côté et vous passez à la chose suivante car cela ne coûte pas beaucoup d’argent” commenta-t-il.

“La plupart des dirigeants métiers qui veulent innover se tournent vers l’informatique et c’est le Cloud qui est l’élément déclencheur. L’impact sera profond et durable. Or le schéma d’innovation qui est celui emprunté par le Cloud Computing est en fait très semblable à ce que j’ai observé par le passé. Cela rend les grandes SSII un peu nerveuses quand elles pensent au futur” ajouta-t-il avec un brin de provocation et avec passion, “mais le changement est en cours et il faudra le mettre en œuvre de façon intelligente afin de ne pas casser l’existant du SI qui fonctionne. Le Tsunami arrive” dit il en montant dans la provocation, et en enjoignant aux DSI de faire bien attention”. Pas étonnant entre nous que les DSI des grands groupes ne sautent pas le pas en entendant ce discours-là.

évolution ou révolution, là est la question …

computer-largeLa question est souvent posée : “le Cloud Computing est-il une évolution ou une révolution ?” La réponse de Dillon est claire et sans ambigüité: “s’il s’agit d’une simple évolution, elle est bien rapide, et cela veut dire que dans ce processus, il y aura de la casse. L’arrivée du Cloud sur un marché de masse  est universelle et d’aucuns le voient comme une révolution, d’autres comme une évolution. Certains responsables informatiques sont très optimistes et prennent ce changement à bras le corps, d’autres préfèrent la résistance au changement. Un grand nombre de nos clients font des choses absolument démentes [NDLR: par là John Dillon, désigne les startups innovantes de la Silicon Valley] mais à terme, la plupart de notre chiffre d’affaires viendra des grands comptes” a-t-il conclu.

la DSI, ces “malaimés”

Mais il y a une connnaissance universelle, pour quiconque a travaillé plus d’une semaine dans un grand groupe a poursuivi Dillon, c’est que “tout le monde déteste le département informatique” et le DG de Engine Yard pende que c’est également là  la raison pour cette (r)évolution : “les utilisateurs finals en ont marre d’exprimer des besoins devant les informaticiens et qu’ils répondent soit que ce n’est pas possible, soit que vous l’aurez l’année prochaine”.

Pour lui, un bon département informatique devrait répondre : “on va essayer de trouver une solution et pourquoi pas utiliser ces nouveaux outils pour vous aider. Un département informatique fort est un groupe qui se met au service de ses utilisateurs et qui investit pus dans l’innovation, non pas 20% de son budget, mais 30% ou plus” conclut-il.

Voilà au moins une déclaration avec laquelle peu d’utilisateurs et de responsables métiers seraient en désaccord à mon humble avis …

image

un Cloud privé est un oxymore

Mais l’autre problème avec le Cloud Computing est le phénomène du “neuf avec  du vieux” a-t-il poursuivi.

“Si vous mettez en place un Cloud privé, vous ne fautes que déplacer votre budget d’un département à un autre et c’est le seul moyen de prolonger la vie du département informatique sans rien changer” a-t-il ajouté de façon assez directe.

Toutefois, Dillon n’est pas à ranger dans le camp des détracteurs des départements informatiques, il est plutôt à mettre dans celui qui essaie de les réveiller et de les pousser à innover. “Nous envisageons de devenir un partenaire important des départements informatiques des grandes entreprises” a-t-il ajouté, “mais ils n’achètent rien aujourd’hui, il est trop tôt ; mais dans 5 ans, les choses auront changé !

le Cloud : un changement de paradigme

“A chaque changement de paradigme, c’est la même chose : les tenants de l’historique commencent par nier l’évidence, puis ils essaient de s’emparer de l’idée (avec des messages du style : ‘le Cloud on est déjà dedans depuis un moment »’) et, en fin de compte, le changement s’opère. Il y a des sociétés de l’informatique qui arriveront à effectuer leur transition, mais le modèle économique qui leur est familier dans lequel on vend des produits propriétaires très chers et très complexes et avec des prix d’add-ons si élevés que le commercial peut s’acheter une nouvelle BMW, ce modèle économique-là va disparaître !

C’est ce changement de paradigme que John Dillon a observé de son temps chez Salesforce, “il y a 10 ans”, a-t-il expliqué,  les DSI ne voulaient pas nous parler et maintenant ils sont tous en contact avec Salesforce !”

Ceci étant, le Cloud Computing ne résoudra rien des problématiques d’intégration complexe, et c’est là que les départements informatiques auront un rôle important à jouer , au plus près de l’applicatif métier.

[photos, cc, 2012 by Yann Gourvennec http://bit.ly/picasayann]

John Dillon de Engine Yard: « un Cloud privé est un oxymore » was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec