coup de gueule : la guerre du partage fait rage entre Twitter et LinkedIn …

twitter-square-logoVoici un mail (ci-dessous) que j’ai reçu ce matin-même. Twitter a changé ses conditions et va désormais cesser de relayer les Tweets dans LinkedIn. Ce nouvel épisode dans la guerre de tranchées qui oppose, et va continuer d’opposer, les divers acteurs des médias sociaux confirme les intentions de chacun des quelques réseaux-phare d’établir leur suprématie sur le marché de la publicité et même de faire payer pour que les réseaux que vous avez créés avec patience ou à coup de budget (pour les plus riches) voient ce que vous voulez “partager”. Exemples : Google ne propose plus les tweets de Youtube qu’en sous sous menu, Facebook achète Instagram contre Pinterest, Picasa envoie tous vos fichiers dans Google+ sans vous demander votre avis et avant que vous ayez eu même l’idée de les mettre dans Facebook ou ailleurs etc. etc. A très brève échéance c’est la fin du partage, la fin du Web 2.0, définitivement mort et enterré, et l’avènement du 100% publicitaire. Vous avez dit quoi ? “Net neutralité ?” … ça veut dire quoi ?!

Enfin, en cliquant sur 15 liens différents, grâce à une recette interne de LinkedIn, vous arriverez encore à partager via Twitter … si vous en avez le courage.

From LinkedIn Fri Jun 29 18:54:34 2012
Apparently-To:
xxxxxxx@yahoo.com via 67.195.8.114
Fri, 29 Jun 2012 18:54:40 –0700

Hi Yann,

LinkedIn and Twitter have worked together since 2009 to enable you to share your professional conversations on both platforms. Twitter recently evolved its strategy and this will result in a change to the way Tweets appear in third-party applications. Starting today Tweets will no longer be displayed on LinkedIn.

We know that sharing updates from LinkedIn to Twitter is a valuable service for our members. Moving forward, you will still be able to share updates with your Twitter audience by posting them on LinkedIn.

How can I continue to share updates on both LinkedIn and Twitter?Simply start your conversation on LinkedIn. Compose your update, check the box with the Twitter icon, and click “Share.” This will automatically push your update to both your LinkedIn connections and your Twitter followers just as before.

What changes can I expect to see on LinkedIn? Any conversation you start on Twitter will no longer be automatically shared with your LinkedIn network, even if you synced your LinkedIn and Twitter accounts.

If you would like more information about what this means for your synced LinkedIn and Twitter accounts, please visit our related Help Center topics.

Thank you,

The LinkedIn Team

coup de gueule : la guerre du partage fait rage entre Twitter et LinkedIn … was last modified: juin 30th, 2012 by Yann Gourvennec

Google+ : en retard mais optimiste … sans donner de chiffres

Où en est Google+ un an après son lancement en fanfare en 2011 ? Bradley Horowitz, VP product management chez Google a donné quelques pistes de réponses le 19 juin à Le Web 12 à Londres [cet article fut écrit en Anglais à l’origine pour le blog live.orange blog]

“Google search » a une mémoire à très court terme et Google+ a été conçu pour changer cela. Google+ nous aide à mieux comprendre nos utilisateurs [NDLR: dans le respect des directives européennes et françaises, souhaitons-le] et leur offrir un meilleur service” a annoncé Brad Horowitz en introduction de sa présentation à Le Web, alors qu’il était interviewé par Loïc Le Meur. Pour preuve de la volonté de Google de mettre à niveau l’interface utilisateur de son réseau social, Horowitz ajouta que Google Local avait été  intégré à Google+ il y a quelques semaines. “Le principe de base est que Google améliore ses services actuels en leur ajoutant la puissance du partage”.

“nous reconnaissons avoir été en retard sur le reste du marché”

Alors qu’il était pressé de questions par Loïc Le Meur, il ajouta: “nous reconnaissons avoir été en retard par rapport au reste du marché mais ceci nous donne la possibilité de faire les choses différemment des autres et de permettre aux utilisateurs de discuter entre eux autrement avec d’autres utilisateurs [NDLR: que ceux des autres plateformes]”.

bradleyhorowitz

[Google’s Bradley Horowitz live sur la scène de Le Web 12 à Londres]

tout miser sur les ‘hangouts’

“Notre stratégie n’est pas que les gens s’envoient des messages pour se souhaiter ‘joyeux anniversaire’” a-t-il ajouté. Ce que nous apportons en plus ce sont les « ’hangouts’.  “Tous les types d’utilisateurs, depuis les musiciens jusqu’aux politiciens utilisent les ‘hangouts’” nous a dit Horowitz. “Ceci est un élément différenciant et nous ne faisons que commencer”.

Une démonstration très parlante de cette spécificité de Google+ fut ensuite réalisée avec des participants du monde entier (Canada, USA, UK et France) et les utilisateurs distants ont pu poser leurs questions à Horowitz sur la scène. A quand un Le Web entièrement virtuel sur ‘hangout’ ?

En fait, le ‘hangout’, ce n’est pas fondamentalement différent de la bonne vieille web conférence qui existe depuis plus de 10 ans. Mais le fait que ce service soit lié à une plateforme de web social permet de ‘”changer la donne pour les utilisateurs afin d’interagir un peu de la même manière que sur Youtube” a précisé Horowitz.

hangoutpresentation

[demo live d’un Google+ hangout à Le Web 12 à Londres]

des chiffres?

“170 millions d’utilisateurs ont mis à jour leurs profils. Ceci nous amène à 200 millions d’utilisateurs au total en à peine 11 mois ; c’est un véritable défi et nous allons bientôt annoncer de nouveaux chiffres qui vont montrer que tout va bien” a ajouté Horowitz la semaine dernière. “Le meilleur est devant de nous”. Exemple des nouveautés introduites : le client mobile qui fut lancé sur IOS et Android, “plus graphique et plus fun”. Ceci aurait amené à une importante augmentation de l’usage selon Horowitz, mais aucun chiffre précis n’a été donné malgré l’insistance de Loïc Le Meur. De même, le nombre d’utilisateurs actifs a été remarquablement caché par le haut responsable de Google.

avancer avec prudence …

“Nous avons essayé de faire la synthèse d’une décennie de réseaux sociaux en 11 mois ! et maintenant je suis heureux de pouvoir annoncer un nouveau partenariat avec “Flipboard” ; le service sera ouvert aux utilisateurs dès que nous l’aurons jugé stable et débuggué. Mais “nous reconnaissons avancer avec prudence” a ajouté Horowitz.

Sonia Carter de Kraft Foods a expliqué ensuite comment elle utilise Google+ :  “Le chocolat est un des sujets phares” a –t-elle expliqué, “mais aussi les sponsorings de la marque car nous nous sommes rendus compte que “les gens en parlaient déjà entre eux”. Bonin Bough, qui est le monsieur publicité de Kraft foods a ensuite expliqué que l’introduction des médias sociaux n’était “pas une question de changement de budgets mais de changement de mentalité”.

Google+ : en retard mais optimiste … sans donner de chiffres was last modified: juin 28th, 2012 by Yann Gourvennec

médias sociaux : quelle plateforme pour quel message #csmb2c

A l’inverse de lundi 25 juin, où j’ai couvert l’événement quasi intégralement sur mon blog anglais, je n’ai pas blogué en live hier à Londres, sur la conférence usefulsocialmedia. Ce n’est pas parce que ce n’est pas intéressant, bien au contraire – la conférence a permis de voir beaucoup d’initiatives européennes de ces 2 dernières années – mais parce que j’étais animateur de 2 panels le matin et que je présentais le soir. Ma présentation (ci-dessous pour ceux qui veulent la voir en entier) était sur le thème des outils des médias sociaux, et ce pour quoi ils sont plus ou moins adaptés. Je me suis aussi permis de challenger le titre de la présentation.  La présentation est disponible en creative commons.

médias sociaux : quelle plateforme pour quel message #csmb2c was last modified: juin 27th, 2012 by Yann Gourvennec

Art contemporain : quand digital veut dire tactile

L’Art numérique, déjà évoqué il y a quelque temps sur le blog live Orange, dans le cadre de Fabfest à la Gaîté lyrique, est dans l’air du temps. Mais on aurait tort de croire qu’il est nouveau. Explications avec Anne Cécile Worms, cofondatrice de digitalarti, une jeune pousse qui mêle intelligemment art, informatique, multimédia et … business [article écrit à l’origine pour le compte du blog live Orange]

Social et descriptif jusqu’au milieu du XIXe siècle, l’Art est devenu allégorique, onirique, puis démonstratif et immersif. Cette tendance se confirme depuis bien des années, avec le succès populaire, au départ bien imprévisible, de lieux d’Art contemporain comme le Mac Val à Ivry-sur-Seine, où les installations plongent le spectateur dans l’expérience artistique, voire le transforment en acteur. Poussons cette réflexion un cran plus loin, et l’on obtient la fusion parfaite entre univers artistique et monde « digital », un barbarisme entré par force dans notre vocabulaire, qui justifie par son étymologie qu’on puisse enfin toucher les œuvres d’Art. Tour rapide des installations telles que celles de l’exposition « exposition natural/digital » qui s’est tenue dans le « happen space » d’Accenture, des 4 au 8 juin 2012

image

[regardons pousser l’arbre numérique: Samuel Rousseau, l’arbre et son ombre,  2008, installation vidéo]

imageJ’étais accompagné de mon confrère Georges Edouard Dias, le bien connu directeur du numérique du groupe L’Oréal (l’homme au doigt sur la gâchette sur la droite), et c’est avec lui que nous avons fait le tour des installations de l’exposition qui s’est révélée aussi étonnante que ludique ; Georges Edouard se prêtant même plusieurs fois au rôle de démonstrateur, notamment dans la vidéo située à la fin de cet article. Nous avons commencé notre visite par une partie de « tir au pissenlit » au sèche-cheveux (Sennep & Yoke, 2009), extrêmement amusante. Il est vrai qu’un peu à la manière des stands de foire, le visiteur se sent souvent attiré par les attractions qui lui permettent de vérifier la justesse de son tir.

l’Art contemporain exprime des idées fortes en un minimum de signes

[Sennep & Yoke, DANDELION, 2009. Installation interactive www.sennep.com / www.yoke.dk]

Dans un sens, tout l’humour et l’astuce de l’Art contemporain se résume dans cette installation a priori anodine : le détournement d’une attraction connue et populaire (le stand de tir), l’humour dérisoire de la substitution d’une arme par un objet issu du quotidien, inoffensif et propre à remettre en question notre vision du monde et cette propension à aimer les armes, atavisme probable d’une civilisation qui a érigé la guerre comme le premier et le plus commun des exercices, jusqu’à le qualifier lui aussi d’Art ; ensuite l’immersion car avec l’Art contemporain, il n’y a pas de panneau « ne pas toucher », c’est même l’inverse ; troisième caractéristique, le numérique, thème de base de l’exposition et du travail de DigitalArti en général ; enfin, les graines de pissenlit qui remplissent la dernière promesse, celle de la nature. On remarquera également le caractère forcément métaphorique du jeu de pissenlit, pour toute une génération de Français et de francophones, pour qui le Larousse a été le livre de référence pendant de nombreuses années. Là aussi il y a ironie, car le numérique, encore lui, vient changer la donne et met les livres de référence sur l’Internet, voire, les rend collaboratifs et interactifs. Un jour, cette métaphore vieille d’un siècle ne voudra plus rien dire à personne.

quand Google maps devient une œuvre d’Art

Deuxième arrêt devant une autre installation, sur un écran d’ordinateur (Street Views patchwork, 2009), et émerveillement devant tant d’ingéniosité qui m’a fait chercher à comprendre l’œuvre pendant un bon moment. Un écran partagé en 4 montre des images prises via StreetView, la numérisation du monde réalisée par la firme de Mountain View, en soi déjà une prouesse et une œuvre d’Art, surtout dans sa version satellitaire (Google Earth).

[Street Views patchwork : un exemple parmi tant d’autres …]

L’astuce trouvée par Julien Levesque c’est d’avoir assemblé à chaque fois 4 images similaires, mais prises à divers endroits de la planète, détournant ainsi le projet hyper réaliste de l’indexeur du Web en reconstituant des scènes réalistes mais irréelles : car les images sont superbement superposées afin de réaliser des tableaux très réalistes (j’ai cru un moment que les images représentaient la même scène à des époques différentes !). Prouesse technique impressionnante, mais aussi artistique, car Julien Levesque « fabrique » des paysages impossibles et pourtant probables. Cette fois-ci l’immersion est, en surface, passive, mais en fait le spectateur est littéralement aimanté par l’écran et reconstruit mentalement les différents paysages (de Finlande, France, Amérique ou ailleurs) afin d’imaginer la partie cachée de chacune des quatre photos. Dans ce cas l’immersion est intellectuelle, mais quel tour de force !

la sculpture sort de l’imprimante

imageLa troisième attraction que j’ai choisie de relater ici est celle de Mathieu Briand, Sculptures inhumaines (2009-2011) et ceci pour une raison qui m’est très personnelle : fin mars à San Francisco, j’assistai à la cinquantième réunion de Socialmedia.org, l’association des responsables des médias sociaux en grandes entreprise dont je fais partie au nom d’Orange depuis 2008. Nous eûmes alors la chance de rencontrer Chris Anderson, rédacteur de chef de Wired, qui nous a dédicacé la version BD de son célèbre ouvrage The Long Tail. Anderson nous y présentait sa vision de la prochaine innovation qui bouleverserait le monde (numérique et non numérique) : l’impression 3D. Je dois avouer que j’en avais déjà entendu parler mais que cela représentait pour moi une de ces visions du futur un peu fumeuses et pas vraiment concrète. Je prenais donc bonne note et passais à la chose suivante … jusqu’à ce que je tombe sur la sculpture de Mathieu Briand et que j’aie la révélation ! Imaginer qu’on puisse « imprimer » des objets en trois dimensions est une chose, mais voir une véritable sculpture sortie d’un ordinateur et littéralement imprimée dans un procédé nommé « stéréo lithographie » est autre chose.

interview exclusive de Anne Cécile Worms pour le blog live Orange

Le procédé, inventé dans les années 80 (sic !) Aux États-Unis, permet de sculpter des objets dans la masse d’une résine de poudre de polyamide. Cette technique, originellement réservée à la fabrication de prototypes du fait de la fragilité des sculptures a été perfectionnée dans les années 2000 ce qui permet désormais de l’utiliser à la manière de la fonderie classique. Briand a utilisé ce procédé pour inventer des arbres impossibles, racines en l’air, feuillage en bas, n’hésitant pas à « planter » des personnages fantastiques comme le bonhomme au chapeau haut de forme sur le haut de l’arbre synthétique.

Voici donc présentées succinctement quelques-unes des créations montrées en ce début juin dans les locaux d’Accenture.

une nouveauté vieille de 50 ans !

Émerveillé par tous ces objets qui sortent l’Art des musées et des vitrines pour le mettre dans toutes les mains, on pourrait se laisser aller à croire qu’il s’agit d’une invention récente : pas du tout, nous explique Anne-Cécile Worms, « l’Art numérique existe depuis 50 ans ! » Et je peux en témoigner : fils d’un pionnier de l’informatique, j’ai moi-même eu entre les mains, alors que j’étais très jeune, les premières tentatives artistiques qui sortirent des imprimantes à aiguille des gros systèmes de Bull et Burroughs.

C’était dans les années 60… que de chemin parcouru depuis lors !

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Anne-Cécile Worms, a co-fondé avec Malo Girod de l’Ain et dirige actuellement la société Digital Art International et l’association Musiques & Cultures Digitales. Elle est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, éditrice et journaliste. Digitalarti est un réseau social dédié à l’art numérique et à l’innovation (toutes plateformes, Internet et mobiles), un magazine trimestriel (disponible en version française et en version anglaise, en ligne avec vidéos intégrées, en pdf, iPad, et papier), une société de services innovants aux entreprises. Retrouvez-les sur http://digitalarti.com.

Art contemporain : quand digital veut dire tactile was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

la barre des 1000 articles passée sur visionary marketing !

aeroplane-largeCe n’est pas une course, cela va sans dire. Il n’empêche que la semaine dernière, nous avons passé la barre des 1000 articles publiés sur ce blog http://visionary.wordpress.com depuis 2005 ! Cela fait une sacrée vitesse de croisière, et je remercie bien entendu mes fidèles lectrices/lecteurs sans oublier les nombreux adeptes de twitter et autres réseaux sociaux qui ont bien voulu relayer mes articles lorsque cela en valait la peine.

Je tiens à remercier également les autres contributeurs de ce blog, visibles sur  la page à propos de même si depuis quelques années, les contributions externes ont été moins nombreuses.

Rappel de quelques articles récents et moins récents :

  1. faut-il reconsidérer l’utilisation des médias sociaux (surtout Facebook) ?
  2. Comment faire un “bon” buzz : lol + cute + trashy
  3. les blogs constituent-ils (toujours) une opportunité en B2B ?
  4. le très haut débit sera incontournable
  5. Facebook : startup idéale ou fin de la Silicon Valley ?
  6. Désindustrialisation de la France : explications

… etc. !

la barre des 1000 articles passée sur visionary marketing ! was last modified: juin 25th, 2012 by Yann Gourvennec