DMP : maîtrisez mieux la technologie pour la mettre à sa juste place

La DMP fascine les marketeurs, comme le marketing digital dans son ensemble. Mais au delà de cette fascination, mes nombreuses animations de conférences pour le compte du JDNet sur ce sujet lors des 4 dernières années m l’ont démontré, la connaissance de la technologie et de la donnée par les marketeurs reste faible.

En fait, à chaque vague technologique c’est la même histoire. Et je pourrais même dire, vu mon parcours depuis les années 80 que cela commence à être un peu fatiguant. Les marketeurs, mais il n’y a pas que les marketeurs et nous pourrions étendre cette remarque à d’autres professions, sont à chaque fois fascinés par la technologie, en même temps qu’elle les effraie.

DMP
Plus on maîtrise la technologie, plus on s’en éloigne. Moins on la maîtrise, plus on lui donne une place qui n’est pas la sienne. Une leçon à retenir !

Nous verrons bientôt dans un article issu d’une interview de Philippe Gastaud sur sa boîte à outils du marketing digital (Dunod), que seulement 30 % des patrons de PME ont mis le digital dans leurs priorités stratégiques. On pourrait rajouter que près de 70 % des entreprises françaises ne maintiennent jamais leur site Web à jour et encore, sans parler de la qualité des contenus. Les technologies fascinent, mais en même temps elles effraient. Il faut dire que la littérature ambiante, notamment ceux qu’on lit en ce moment à propos des robots et l’automatisation, ne prête ni à sourire, ni à se réjouir. Lire la suite

DMP : maîtrisez mieux la technologie pour la mettre à sa juste place was last modified: novembre 17th, 2017 by Yann Gourvennec

E-commerce : quand les ordinateurs font de la photo de mode

Le monde de la photo de mode pour le e-commerce est confronté à un problème cornélien : les consommateurs, a mesure qu’ils en deviennent des utilisateurs de plus en plus aguerris, sont à la recherche de davantage de visuels (une dizaine en moyenne sur le marché chinois, la moitié environ en Europe). Or, ces visuels coûtent cher. Des équipes pléthoriques sont nécessaires, comme au bon temps des photos pour les catalogues des vpcistes. Allure Systems, une start-up franco-chinoise, a développé une solution pour répondre à ce problème.

Quand la photographie était une oeuvre d’art

photo de mode avec Allure
Cette photo de mode Allure Systems approche le réalisme absolu et il faut beaucoup d’attention pour se rendre compte qu’il s’agit d’une photo reconstituée (à partir d’un mannequin réel). Le processus en 3 étapes, encore assez manuel, préfigure une automatisation complète d’ici peu.

Cela me replonge des années en arrière. Un de mes meilleurs amis avait monté à l’époque un studio de photographie professionnelle dans une petite rue du 17ème arrondissement. Il y régnait une agitation fébrile.

Des myriades de personnes aux métiers divers, des petites mains, des stylistes, des directeurs artistiques, des photographes, des préparateurs et même des cuisiniers pour préparer les plats.

Chaque photo était une œuvre d’art qui passait par un nombre d’états incroyables et qui commençaient toutes par un Polaroïd qui faisait l’objet de commentaires infinis de la part d’une multitude d’acteurs.

A cette époque, préparer un catalogue papier était aussi long que d’écrire un dictionnaire. Lors de mon passage au 3Suisses, aujourd’hui moribonds (ils sont environ une trentaine), on nous avait expliqué qu’on s’y prenait 1 an 1/2 à 2 ans à l’avance.

Place à la nouvelle révolution de la photo de mode

Cette période est bel et bien finie. Place à la nouvelle révolution industrielle de la photo de mode pour le e-commerce. Une révolution qui ne fait que commencer et dont une technologie française venue de Chine nous donne un avant-goût.

Pour vous faire prendre conscience des changements en cours dans de domaine de la photo de mode pour le e-commerce, j’ai interviewé Fanny Forgeau d’Allure Systems.  Lire la suite

E-commerce : quand les ordinateurs font de la photo de mode was last modified: novembre 13th, 2017 by Yann Gourvennec

Marketing Communautaire : “Les marketeurs manquent cruellement d’imagination !” – Bernard Cova

On ne présente plus Bernard Cova, auteur du livre fondateur du marketing tribal dans les années 90. Le voici à nouveau sur le radar des marketeurs qui n’ont pas peur de bousculer les idées reçues et qui sont prêts à faire face aux 5 états du marketing communautaire. Il s’est prêté au jeu de l’interview sur Skype en début octobre 2017 et nous a livré ses commentaires.

Le Marketing Communautaire : de marginal à mainstream

marketing communautaire

Ce livre va clairement plus loin que le Néo Marketing de 1992 (revu en 2009). Les marques sont-elles devenues incontournables dans nos vies ?

Les marques se sont échappées du marché, elles vont au-delà du marché et elles se sont imbriquées dans notre vie. On peut regarder la vie des marques sans jamais s’intéresser au marketing ni à la vente de produits ou de services et c’est ce que je fais dans ces 200 pages : je regarde façon ethnographique.

Comment, par exemple, on ne peut plus nommer certaines choses sans utiliser des verbes de marque. On se sent obligés de dire qu’on va “skyper” ou “googler“, qu’on a ubérisé un secteur d’entreprise etc. Je montre aussi, sans jugement de valeur, comment se reconstruisent des communautés autour d’une passion pour les marques qui vont jusqu’à organiser des fêtes de la marque.

marketing communautaire

Le 5 février à lieu la journée Nutella qui est maintenant organisée par Ferrero mais qui a été lancée par une consommatrice.  La journée Star Wars a lieu le 4 mai basé sur un jeu de mots (May the fourth be with you!). Tout cela montre la puissance imaginative des individus.

Cela nous rappelle « Les Choses » de Perec mais sous un tout autre jour.

Oui. Cela me rappelle aussi Baudrillard. Mais la nouveauté c’est que l’on est allé au-delà du matérialisme. Le travail a perdu son rôle identitaire. Les individus n’ont plus de poste de travail fixe, le travail est devenu liquide, comme disait Bauman de la société. L’individu recherche d’autres piliers pour construire son identité. La plupart du temps ces piliers il les trouve à l’extérieur du travail, dans les passions qui les animent. On va faire de l’escalade, de la plongée on est passionné d’opéra etc. C’est très intéressant ces passions, on peut les appeler des passions consommantes, parce que si on ne dépense pas d’argent, on ne peut pas les assouvir. La consommation est devenue quelque chose de central dans la vie des gens mais ce n’est pas la consommation de supermarché, c’est la consommation culturelle, sportive etc. qui fait consommer des sommes très importantes. Il y a même l’investissement dans l’entretien de son corps, l’entretien de soi-même. L’individu dépense des sommes colossales pour assouvir ses passions qui sont au centre son identité et cela devraient un phénomène culturel.

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Marketing Communautaire : “Les marketeurs manquent cruellement d’imagination !” – Bernard Cova was last modified: octobre 31st, 2017 by Yann Gourvennec

Commerce physique vs digital : le cas de la cosmétique

cosmétiqueL’association CEW (Cosmetics Executive Women) m’a invité le 10 octobre dans les somptueux locaux de la banque franco-allemande Oddo à la Madeleine pour parler de luxe, de cosmétiques et de digitalisation. Pour cela, qui de mieux indiqué que mon confrère et ami Philippe Jourdan, expert du domaine, pour évoquer ce sujet ? Voici ma retranscription de sa conférence et mes commentaires. Enfin, pour ceux qui auront le courage d’aller au bout de l’article, les chiffres et l’analyse de Promise Consulting en téléchargement. 

Évaluer la portée du digital a sa juste valeur

« Il ne faut pas minimiser la portée des technologies » a expliqué Philippe dans son introduction, et nous ne pourrons qu’être d’accord. Elles ont transformé les modes d’achats en offrant aux marques des outils puissants pour améliorer l’expérience clients.

On peut même parler de ‘séisme’ a-t-il poursuivi”. Mais il serait faux de croire que ce séisme a tout détruit sur son passage. Il est plutôt responsable de la reconfiguration du paysage mais en aucun cas les acteurs établis ne seraient-ils menacés de disparition immédiate par cette vague digitale, comme on peut l’observer dans d’autres secteurs.

cosmétique
8 à 12% des cosmétiques vendus en ligne.

C’est cela que la dernière version du baromètre Promise Consulting a démontré : « Les magasins physiques maintiennent leur poids dans le cosmétique ». A expliqué Philippe. Le e-commerce a bien progressé cependant, mais il ne se situe qu’entre 8 et 12% de l’ensemble, et encore “avec des nuances”.

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Commerce physique vs digital : le cas de la cosmétique was last modified: novembre 1st, 2017 by Yann Gourvennec

Du contenu dupliqué, du plagiat, de la fausse modestie et du bouche à oreille

Du contenu dupliqué, du plagiat, de la fausse modestie et du bouche à oreille

Je suis tombé sur cet article qui date de 2015 mais qui reste valable dans les grandes lignes. Quiconque écrit sur Internet et a la chance – ou le talent, selon les interprétations – de jouir d’un lectorat conséquent a déjà vécu au moins une fois cette expérience de voir son contenu pillé ou recopié.

Il arrive en effet que des individus mal intentionnés, comme cela est indiqué dans l’article par Rosalind Gardner, confondent curation et copie, citation et plagiat, inspiration et recopie. C’est très mal bien entendu, mais en même temps, quand on écrit sur Internet il faut savoir se blinder et prendre un peu de hauteur. Le Web est lieu de memes et de pastiches, de creative commons et non de copyright.

Plagiat, contenu dupliqué
contenu dupliqué : à partir de quand le contenu devient-il pléthorique ?

Du plagiat de la fausse modestie et vrai talent

Il y a un peu de fausse modestie chez certains auteurs du Web, qui ne sont pas non plus des Victor Hugo, à répéter a l’envi (5 fois dans ce texte) que voler c’est très vilain. Moi aussi j’ai été victime du plagiat et la première fois que cela m’est arrivé, j’ai été très mécontent. Mais à y regarder de plus près, le plagiat n’est pas si grave que cela. Dans un sens, c’est même une forme d’hommage.

Ma réaction, au fil des ans, s’est en effet modifiée sur ce sujet. Même si, je le répète à nouveau, sur le fond, le problème dénoncé est techniquement réel.

Un jour, alors que je faisais une présentation à Lille devant un panel de jeunes, dont quelques étudiants fraîchement diplômés, l’un d’eux s’est exclamé devant ma présentation : mais je les ai déjà vus ces slides, mon professeur les avait utilisés (sans dire qui les avait créés bien-sûr). Lire la suite

Du contenu dupliqué, du plagiat, de la fausse modestie et du bouche à oreille was last modified: octobre 23rd, 2017 by Yann Gourvennec