Luxe aux Etats-Unis : le top des marques dans un pays digitalisé

Il y a une semaine exactement, nous étions à l’EIML pour assister à la diffusion des résultats du baromètre US Exclusivité et désirabilité, organisé par Exane BNP et Promise Consulting (transparence : Promise Consulting est un de nos clients). Nous vous avions déjà fait part de la publication du baromètre du luxe en Chine ; le cabinet d’études dirigé par Valérie et Philippe Jourdan, aborde aujourd’hui le sujet sous l’angle Américain. Ils ont réalisé, dans une étude disponible en freemium, un classement des marques les plus désirées et les plus exclusives. Premiers enseignements : on pourrait croire l’inverse, mais les Etats-Unis sont culturellement très éloignés du vieux continent, et les habitudes de consommation du luxe s’en ressentent. Deuxième point, ce marché du luxe, qui est le plus grand au monde, semble dominé par les Italiens : les entreprises françaises sont également placées, mais un peu plus en retrait. Enfin, dans cette conférence a été abordé le thème du digital : c’était un tabou dans cette industrie il y a seulement quelques années, mais des entreprises innovantes comme Burberry et le groupe LVMH semblent avoir compris que le luxe, à l’instar de l’ensemble des métiers et secteurs, ne peut échapper au digital. Et comme nous avons l’habitude de le constater sur ce blog, ne pas saisir cette opportunité peut s’avérer fatal.

Avant les résultats des Etats-Unis, petit rappel du Baromètre du luxe en Chine

Nous avions vu lors du dernier baromètre sur la Chine que les changements des habitudes de consommation du luxe étaient le reflet de changements bien plus profonds, culturels et sociaux. À travers ce baromètre, on observait l’émergence d’une Chine nouvelle, extravertie et ambitieuse, qui désormais ne cache plus son envie de consommer des produits qui n’étaient il n’y a seulement quelques années, qu’à la portée des riches occidentaux.

Autre fait marquant de ce baromètre, l’attrait des Chinois pour le luxe se traduit par le développement d’une expertise : ces derniers peuvent passer plusieurs heures par semaine à la recherche de produits de luxe, et seront ainsi plus à la recherche de qualité et d’authenticité que de visibilité et de mise en avant de la marque. On a ici un public expert et connaisseur qui ne pardonnera pas une baisse de standing ou une faute de goût de la part d’une marque. Qu’en est-il dans un pays comme les Etats-Unis, où la culture n’a pas véritablement évolué, en dehors d’une digitalisation commencée il y a bien plus longtemps qu’en Europe et en Chine ?

Le top des marques qui comptent le plus aux USA

Dans un marché dominé par Ralf Lauren et où les représentantes italiennes sont légion, les marques françaises se distinguent par leur désidérabilité.
Dans un marché dominé par Ralf Lauren et où les représentantes italiennes sont légion, les marques françaises se distinguent par leur désidérabilité.

On parle beaucoup des acheteurs de luxe chinois et européens, mais le principal marché du luxe se situe aux Etats-Unis, avec ses 79 milliards d’euros de chiffre d’affaires (hors voitures et immobilier de luxe), se situant ainsi très largement devant le Japon (20 milliards), la Chine (18 milliards), la France et l’Italie (17 milliards chacun). Le seul état de New-York représente un marché quasiment aussi important que l’Angleterre et l’Allemagne combinées. Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi il est indispensable de scruter ce marché avec attention, et de bien en comprendre les tendances. Voici donc en avant-première les résultats du plus grand marché du luxe, dans une étude portée sur les acheteuses américaines de produits de luxe : Lire la suite

Luxe aux Etats-Unis : le top des marques dans un pays digitalisé was last modified: septembre 21st, 2016 by Cédric Jeanblanc

Design thinking et transformation digitale

Nous avons régulièrement abordé sur ce blog les difficultés rencontrées par les entreprises pour se transformer digitalement. Dans le cadre de nos missions, nous nous en rendons compte : chaque entreprise a son fonctionnement et ses contraintes et la digitalisation ne s’opère pas partout de la même façon. La remise en question est alors essentielle et la recherche d’une solution, quitte à s’éloigner des sentiers battus, est primordiale. Existe-t-il une méthodologie pour innover et trouver des solutions propres à la transformation digitale et aux problèmes qu’elle induit ? Oui, et elle n’est pas nouvelle : nous allons parler dans cet article de design thinking, sujet sur lequel nous avons également écrit un livre blanc, que vous pouvez télécharger en cliquant sur ce lien ou sur le bouton ci-dessous.

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Design thinking : définition et méthodologie

L’approche du design thinking a été inventée dès les années 60, suite aux travaux d’Herbert Simon sur le sujet. Ce concept n’a pourtant trouvé écho auprès des entreprises qu’au début des années 2000. La définition s’est affinée au fil des années et l’on s’accorde aujourd’hui sur celle de 2008 formulée par Tim Brown : « Le Design Thinking est une approche de l’innovation centrée sur l’humain qui s’appuie sur les outils du designer pour intégrer les besoins des individus, les possibilités de la technologie, et les conditions premières du succès commercial». Tim Brown a également créé une méthodologie du design thinking, présentée ci-dessous :

design thinking

Voici point par point la définition des différentes étapes :

Emphatise : Emphatise peut se traduire par « s’identifier ». Il s’agit de comprendre un problème, se placer dans la situation pour mieux saisir les enjeux. Empathie est un terme adéquat car il s’agit de se mettre à la place du client et de comprendre le contexte de l’intérieur. C’est donc un travail d’observation qui doit être effectué avec sérieux, car il s’agit du fondement du design thinking.

Define : Suite à la première étape, il va falloir définir une question sur la problématique rencontrée lors de la phase d’identification. Cette étape consiste à créer une vision commune dans l ‘entreprise, car chaque décideur d’une société a son propre point de vue sur un problème.

Ideate : Cette phase consiste à brainstormer, générer des idées. Attention, il ne s’agit pas de trouver une solution : on va au contraire proposer et explorer les champs des possibles, tout en gardant en tête les besoins du client lors de la génération d’idées.

Prototype : Après le processus d’idéation vient celui de la sélection. Les idées sont triées et les moins applicables/pertinentes sont exclues. Le prototypage (d’un produit, d’un service, d’un fonctionnement, etc.) va ensuite permettre de voir les premiers défauts, les premières modifications à faire, mais aussi les premiers résultats et pistes à développer.

Test : Cette étape est généralement fortement liée à la précédente. Elle permet d’étudier les réactions des clients et de générer des premiers résultats qui serviront à modifier le produit. Une nouvelle boucle recommence ainsi, parfois jusqu’à la première phase, jusqu’à ce que le produit/service soit finalisé.

Le design thinking s’applique à de nombreux cas, allant d’un produit, un service, un mode d’organisation, une amélioration, etc. Voici, pour apporter une vue plus concrète sur le design thinking, un exemple récent.

Airbnb sauvé de la faillite grâce au design thinking

Vu le succès que rencontre aujourd’hui la start-up californienne, on a du mal à croire que celle-ci a bien a failli fermer, peu de temps après sa création. Voici étape par étape comment elle a réussi à survivre et croître, grâce au design thinking.

Emphatise : Après quelques mois de service dans l’anonymat et un chiffre d’affaires de 200 dollars par mois, l’équipe s’est rendue à l’évidence : personne n’utilisait ce site. Le co-fondateur Joe Gebbia s’est donc efforcé de trouver le problème en se mettant dans la peau du client. Après de nombreuses recherches sur le site dans la ville de New-York, il a établi une constante dans toutes les annonces, qu’il a résumé très simplement : « the similarity is that the photos sucked ».

Define : Partant de ce constat, Joe Gebbia a défini le problème du site qu’il avait créé : les appartements étaient loués par des particuliers, et ces derniers n’avaient pas l’expertise des agences de location ou des hôtels en matière de présentation et de mise en valeur du bien loué. « Ce n’était pas surprenant que les clients ne réservent pas d’appartement s’il ne pouvaient pas vraiment voir ce qu’ils étaient censés payer ».

Ideate : Cette étape où l’équipe brainstorm a pour but de proposer des idées sortant de l’ordinaire, et allant parfois à l’encontre de certains principes intangibles. Pour cette jeune start-up, ce principe était celui de la scalabilité. « Nous avions cette mentalité de la Silicon Valley, où la résolution d’un problème doit être scalable. Vous pouvez changer une ligne de code et résoudre un problème pour un client, 10 000 ou 1 million ». L’idée trouvée par Gebbia a été finalement de réaliser lui-même des photos correctes des appartements loués dans la zone de New York.

Prototype and test : Joe Gebbia et ses associés ont donc pris le premier avion pour New-York et loué du matériel professionnel pour produire ces photos de qualité à leurs clients. Une solution non-scalable et non technique qui pourtant a été le point de départ de l’envolée d’AirBNB, la start-up augmentant immédiatement son chiffre d’affaires.

Cet épisode nous montre qu’une approche de design thinking permet de sortir des sentiers battus qui contraignent l’imagination et donc la résolution de problème. Ici le carcan dans lequel étaient contraints les associés d’AirBNB était la scalabilité et l’idée selon laquelle le code est la solution à tous les problèmes. Cette démarche de design thinking s’est depuis ancrée dans la société  pour résoudre des problèmes en se plaçant au plus près du consommateur, comme le montre cet article.

 

Comment se transformer digitalement grâce au design thinking ?

Le design thinking, nous l’avons vu précédemment, trouve des applications dans de multiples domaines. Chez Visionary Marketing, nous utilisons ce concept dans la transformation digitale de nos clients. Le processus de transformation digitale est long, coûteux et difficile à mettre en place, notamment à cause des changements qu’il entraîne. Il est donc impérieux de comprendre les enjeux de la transformation chez chaque client et trouver avec eux les solutions à concevoir, prototyper et mettre en place. Dans ce cas de figure, le design thinking trouve toute son utilité.

C’est cet aspect que nous abordons dans un livre blanc intitulé « Design thinking et transformation digitale », que vous pouvez télécharger en cliquant sur ce lien ou sur le bouton ci-dessous.

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Design thinking et transformation digitale was last modified: septembre 1st, 2016 by Cédric Jeanblanc

Les outils de veille concurrentielle sur Internet

Comme ce sont bientôt les vacances, il est temps de prendre un peu de recul et de retrouver des lectures saines à emporter avec soi pour ne pas bronzer idiot. Voici la rediffusion d’un article d’octobre 2014 sur le sujet de la veille concurrentielle sur Internet.

En théorie, l’Internet permet à une entreprise de bénéficier d’un « coup de projecteur » sur son activité et de bénéficier d’une meilleure visibilité. En pratique, la présence d’une entreprise est souvent noyée par celle des autres et l’internaute n’a besoin que de quelques minutes pour identifier la meilleure offre proposée. La veille concurrentielle devient ainsi nécessaire pour observer, analyser et anticiper les évolutions de son marché et agir en conséquence. Pour se faire, il existe plusieurs outils de veille sur internet, en voici quelques exemples : 

La veille concurrentielle est un exercice difficile et fastidieux. Mais certains outils rendent ce travail moins difficile.
La veille concurrentielle est un exercice difficile et fastidieux. Mais certains outils rendent ce travail moins difficile.

Plusieurs outils de veille concurrentielle :

  • Annuaires d’entreprises : ces sites types Société.com, Infogreffe, Manageo, ou Verif permettent d’obtenir les informations administratives et financières de chacun des concurrents.
  • Whois.net permet d’avoir des détails sur le détenteur du nom de domaine (pays, lieu d’hébergement, date de création et d’expiration du nom de domaine…).
  • Alertes Google : elles offrent la possibilité de se tenir informé sur un sujet, marché, un concurrent… Pour cela, on sélectionne plusieurs mots-clés et Google envoie un mail à l’utilisateur au moment où il détecte une modification ou un nouveau contenu sur le sujet concerné.
  • Flux RSS : de la même manière, s’abonner au flux RSS d’un site ou d’un blog qui traite d’un sujet clé, d’un marché etc. apporte une source d’information utile à la veille concurrentielle d’une entreprise.
  • Le site, blog et newsletter du concurrent : c’est une façon très simple de connaître la façon dont le concurrent communique auprès de ses clients, les offres qu’il met en avant etc.

En matière d’outils de veille concurrentielle sur Internet, l’entreprise n’a donc que l’embarras du choix. La difficulté réside dans la capacité à combiner ces différents outils pour optimiser leur efficacité. Il ne faut pas oublier que l’Internet fait depuis longtemps partie de l’environnement de l’entreprise, que celle-ci le veuille ou non (il existe bien sûr des sociétés qui résistent encore et toujours à l’envahisseur, mais elles sont de moins en moins nombreuses). Par exemple, le community manager est souvent cantonné à un rôle de SAV en ligne, alors que celui-ci possède des informations qui peuvent être essentielles à l’orientation stratégique de l’entreprise.

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Les outils de veille concurrentielle sur Internet was last modified: juillet 22nd, 2016 by Cédric Jeanblanc

Cyber-flânerie : les nouvelles technologies et leur impact sur la productivité

Selon les chiffres de l’Insee, en France 99% des entreprises ont une connexion internet à haut débit et 64% ont un site internet. Aussi, 51% des salariés utilisent internet. Ce chiffre, légèrement plus élevé que la moyenne de l’Union Européenne (48%), suscite une interrogation : internet est-il un facteur de productivité pour l’entreprise ? Nous concernant, la réponse est évidente : c’est un outil indispensable pour pouvoir travailler. Mais à mesure que les salariés ont davantage accès à l’Internet sur leur lieu de travail, on observe des habitudes de surf non directement lié à l’accomplissement de tâches professionnelles. C’est ce que l’on appelle la cyber-flânerie, terme sur lequel nous sommes revenus dans un article que nous avons rédigé pour Secure-IT (transparence : Secure-IT est le blog de notre client Egedian).

Si l’on pourrait croire que l’Internet a été un important facteur de productivité, on ne constate pourtant pas de forte hausse de la productivité horaire en France. À l’inverse, on s’aperçoit même qu’elle a diminué entre 2006 et 2009. Outre-Atlantique, on observe un phénomène inverse. Cela s’explique en fait par l’investissement plus massif dans les technologies, tandis qu’au même moment la France investissait principalement dans du capital non-TIC.

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Cyber-flânerie : les nouvelles technologies et leur impact sur la productivité was last modified: juillet 11th, 2016 by Cédric Jeanblanc

DMP (data management platform) : définition et explications

Utilisée d’abord par les géants du Web et du e-commerce, la DMP a désormais pris place dans des entreprises de taille moins importante, afin de pouvoir centraliser les données relatives aux clients et prospects, provenant de sources diverses, online et offline. Mais qu’est-ce exactement qu’une DMP ? Comment sont rangées toutes ces données ? Comment les analyser ? Quels outils sont utilisés pour les exploiter ? C’est à ces questions qu’ont répondu 3 experts du sujet, Emmanuel Jouanne (Business Development Manager chez Data Publica), Thierry Vallaud (Directeur BVA Data Sciences) et Mick Levy (Directeur de l’Innovation chez B&D), lors d’une conférence organisée par notre partenaire CCM Benchmark le 25 mai dernier et animée par Yann Gourvennec, fondateur de Visionary Marketing

Qu’entend-on par DMP ?

La DMP est un outil récent qui a évolué pour dépasser son but initial ; nos experts nous donnent leur définition des formes que peut prendre la DMP :

Mick Levy définit la DMP comme « une grande machine à la fois à data, ou l’on recueille, et croise les données en temps réel, et à activation de la data (envoi de mails, placement de bannières, agencement du contenu, etc.) »

Selon Thierry Vallaud, « la DMP était à l’origine une base permettant d’optimiser l’achat de publicité en ligne, et était utilisée dans le marché des médias et du real time bidding ». Les DMP permettent d’optimiser l’achat de publicité : grâce à cela, on peut suivre le ROI des campagnes publicitaires. Le terme a ensuite dérivé, et la DMP désigne aujourd’hui une base marketing.

Cette plateforme, en permettant le recueil, le croisement et l’intelligence des données va permettre par exemple de reconnaître les clients : en effet, « un client peut avoir plusieurs images différentes – parfois jusqu’à 15 », précise Mick Levy.

Concernant le marché Thierry Vallaud nous prévient : « ce n’est plus un eldorado, on se dirige vers de la concentration et il aura certainement une redistribution des cartes »

Une DMP B2C mais aussi B2B

Une DMP n’est pas utile qu’en B2C : elle est également utilisée en B2B. Voici ci-dessous un tableau récapitulatif des deux DMP, montrant leurs principales différences.

différences entre une DMP B2B et une DMP B2C
différences entre une DMP B2B et une DMP B2C

On peut ainsi retenir côté B2B, que la collecte des données est relativement aisée car les entreprise sont visibles et il n’y a aucun besoin d’anonymisation. Lire la suite

DMP (data management platform) : définition et explications was last modified: juin 27th, 2016 by Cédric Jeanblanc